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Plan B ♣ Valentina

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MessageSujet: Plan B ♣ Valentina Dim 19 Avr - 18:56

- Je suis en train d’élaborer un plan de réserve secret.
- Qu’est-ce que c’est ?
- Si je te le dis, ça ne serait pas un secret.

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~
    Sortant d’un déjeuner dans l’un des nombreux restaurants du quartier, le cadet des Williamson évoluait d’un pas nonchalant dans les rues de San Francisco. Ce repas d’affaire auquel il avait assisté lui avait permis de signer un contrat avec l’une des grosses têtes pointée par la société 20th Century Fox. Un soupir d’apaisement s’échappa d’entre ses lèvres. Une pression démesurée pesait sur les épaules d’Andrew pour son jeune âge. A vingt-quatre ans à peine, nombre de ses collègues taisaient leur jalousie titanesque, le considérant davantage comme un nouveau-né propulsé par aubaine au sommet que pour ses réelles qualités professionnelles. L’assistant directeur de production était parfaitement conscient des bagatelles proliférées à son sujet et s’amusait de toute cette médisance. Nul n’ignorait que la source première de son ascension précipitée au sein de l’entreprise résidait en ses liens du sang avec le grand, l’immense Williamson. Son enfance et sa vie elle-même était calculée, dictée dans son intégralité par son géniteur. Et quand bien même il aurait eu le choix, le jeune fortuné n’aurait su où donner de la tête dans ce monde sournois empli de simulacres qui l’avait vu naître. Car l’unique bribe de vérité qu’il avait un jour côtoyée se nichait dans la figure maternelle que l’existence lui avait enlevé tandis qu’il n’avait pas encore atteint l’âge de l’adolescence. Cette perte l’avait anéanti, pulvérisant sans miséricorde son âme encore fragile. Sa candeur s’était brusquement envolée, le laissant en proie à une maturité précoce. Devenu adulte bien trop hâtivement, il était à présent bien plus sage que ses pairs, exprimant un sens du devoir exacerbé. Contrairement à son frère faisant la une des journaux New Yorkais à chacune de ses frasques, le jeune fiancé était incommensurablement amoureux de la pénombre qui l’abritait. Jetant un coup d’œil aux vitrines parsemant la rue qu’il venait d’emprunter, le grand brun réalisa qu’il avançait en direction de la boutique que son cœur fissuré chérissait le plus à San Francisco. Glissant sa main dans la poche de son pantalon, Andrew en sortit un téléphone portable imposant. Ses doigts pianotèrent vivement sur l’écran tactile de l’appareil, rédigeant un texto à l’attention de son aîné. Du moins, c’était ce qu’il croyait.

    « Salut Aiden. J’ai à te parler d’un sujet plus ou moins sérieux. Tout dépendra de toi en fait. Tu as toujours détesté ma « relation » avec Valentina qui pour tout t’avouer n’était qu’au départ un assemblage de faux-semblants. Je pense qu’en discuter de vive voix et te livrer ses intentions, nulles, à ton encontre t’intéressera. Je suis actuellement à San Francisco et en chemin vers Armani Exchange. Je pense y rester une bonne partie de l’après-midi, rejoins-moi si tu le souhaites. Autrement je passerais chez toi en rentrant à New York. Ton bro. »


    Poussant la porte d’entrée du magasin, le cadet des Williamson pénétra à l’intérieur d’Armani Exchange d’un pas certain. Une jeune femme arborant une longue chevelure auburn vînt aussitôt à sa rencontre. Son tailleur bleu marine épousait ses formes à la perfection, rappelant le ton de ses iris et jurant avec ses ondulations soignées. « Je peux vous aider ? » Son timbre de voix cristallin scinda les tympans du jeune homme. Minaudant, il acquiesça et lui tendit sa carte de crédit comme il était usage de le faire lorsque l’on possédait une petite fortune. Puis il suivi l’employée jusque dans l’espace réservé au sur-mesure. Trois jeunes femmes s’agitaient à présent autour d’Andrew dont l’air était aussi fermé que d’habitude. Ce caractère inflexible fit sourire l’une des vendeuses, bataillant avec son mètre dans le but de prendre les mesures du garçon. Pour autant, toute cette effervescence autour de lui ne lui plaisait pas particulièrement. L’assistant directeur de production n’avait jamais été véritablement tactile, notamment avec les femmes. Ce moment n’était donc pas une partie de plaisir pour le New Yorkais qui n’attendait qu’une chose : que cet épisode d’évaluation de sa carrure, de détermination de ses proportions se termine. On lui amena un répertoire des divers tissus et coloris disponibles parmi lesquels il choisi un bleu nuit, laissant le choix du tissu à l’une des employées après lui avoir décrit les sensations qu’il aimait retrouver lorsqu’il se vêtissait. S’ensuivit une séance de découpage d’un patron sous le regard attentif du jeune fortuné. Durant ce temps, on tenta de susciter son envie en termes de cravates et nœuds papillons, de chaussures et ceintures. Mais rien n’y fit. Andrew possédait déjà bien assez de ces suppléments. « Désirez-vous quelque chose à boire Monsieur Williamson ? » l’interrogea la première jeune femme à qui il avait parlé. Il devina que sa carte de crédit l’avait renseignée sur son identité. « Je prendrais bien l’un de vos cappuccinos, merci. » répondit-il cordialement. La patience n’était pas l’une des vertus que l’on pouvait trouver chez lui. Le cadet des Williamson était davantage de ceux qui aimaient obtenir ce qu’ils souhaitaient à l’instant même où ils le désiraient. Et le pouvoir que son statut social lui conférait l’aidait bien des fois dans cette démarche. Injustement de temps en temps. Une vendeuse aux cheveux bruns relevés en un chignon majestueux le pria de bien vouloir retirer la veste de costume qu’il portait. Elle avança l’idée que ce geste aiderait les confectionneuses à réaliser celui qu’il passerait une bonne partie de l’après-midi à attendre. Le grand brun s’exécuta sans rechigner avant de déambuler entre les nombreux rayons qu’offrait la boutique. Pressant les différentes matières utilisées entre ses doigts, le jeune fiancé jugeait les nombreux articles mis en vente. Soudain, une jeune femme blonde qu’il connaissait bien franchi le seuil de la porte. Andrew réajusta le col de sa chemise, se sentant nu sans sa veste. « Valentina. Il semblerait que l’attente soit un peu longue pour être servie aujourd’hui. Comment vas-tu ? » Quand bien même leur amitié n’était au départ basée que sur un ensemble d’artifices, le jeune fortuné avait appris à connaître la belle et l’appréciait dorénavant à sa juste valeur. Il ignorait cependant qu’il déchanterait rapidement.
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MessageSujet: Re: Plan B ♣ Valentina Dim 26 Avr - 0:54

Il y a des jours où, quoique l'on fasse, la journée va de mal en pis. Valentina Jaslang était en train d'en faire l'amère constatation, et elle en était même arrivée à se dire que ça ne pouvait pas être pire. La réunion de la matinée avait été un véritable fiasco, et rien de productif n'en était ressorti. Elle avait ensuite dû s'entretenir avec ses homologues suédois pendant une bonne heure au téléphone pour leur expliquer que : petit a) non, elle n'avait rien de nouveau de concret à leur apporter, petit b) les rivalités étaint poussées à l'extrême en ce moment, elle doutait fortement de pouvoir régler leur question rapidement, petit c) elle n'avait aucunement envie de fouiner dans les dossiers confidentiels de la mairie de San Francisco pour leur apporter des réponses plus précises. Cherchant un peu de réconfort, elle avait ensuite eu la bonne idée d'appeler son cher père. Elle ne l'avait pas vue depuis des lustres, et il lui manquait atrocement. La distance qu'il y avait entre eux n'avait jamais alteré leur relation parfaite, mais Valentina sentait bien que Stieg Jaslang n'était pleinement heureux que lorsqu'elle était dans les parages. Il s'appliquait pourtant à ne pas le lui montrer ; mais Valentina était perspicace et surtout, elle avait vécu seule avec lui pendant des années. Ils avaient pris soin l'un de l'autre, s'étaient mutuellement défendus et protégés, et s'étaient aimés inconditionnellement. Le cœur gonflé de culpabilité, Valentina avait donc cherché à joindre son père par téléphone – sa première réussite de la journée, qui avait pourtant été de courte durée. Il n'avait daigné décrocher que pendant une vingtaine de secondes, pour lui expliquer qu'il ne pouvait pas lui parler parce qu'il était occupé, et qu'il la rappelerait dès qu'il en aurait l'occasion. Et alors qu'elle pensait que cette matinée ne pourrait pas être pire, le maire en personne s'était déplacé jusqu'à son bureau pour lui expliquer qu'elle devait impérativement se rendre disponible pour la soirée, afin de l'accompagner à un repas d'affaire. Une broutille, si seulement elle n'avait pas eu rendez-vous avec Isay. Le maire l'avait regardé d'un air hautain, lui faisant comprendre que sa présence était indipensable et qu'elle avait intérêt de porter une « tenue qui en jette ». Valentina n'avait pas eu le temps de réagir que le maire s'était éclipsé, mais elle avait parfaitement compris où elle voulait en venir. Une opération séduction. Voilà ce que c'était, ce maudit repas d'affaire. C'est le cœur lourd qu'elle s'empara de son cellulaire pour avertir Isay qu'elle ne le retrouverait chez lui qu'en deuxième partie de soirée. Lorsque son cellulaire vibra quelques secondes plus tard, Valentina s'était attendue à une réponse cinglante de la part d'Isay. Mais lorsqu'elle vit s'afficher le nom d'Andrew Williamson, un soupir de soulagement s'échappa de ses lèvres. Son Lindgren n'avait visiblement pas encore subi une désillusion – ou pire, il l'avait déjà subie, et il l'attendrait ce soir de pied ferme à la sortie du restaurant pour l'étrangler de ses propres mains. Ou pire encore, il l'attendrait pour la larguer comme une vieille chaussette, lui reprochant ses absences trop régulières et ses maîtres de stage trop envahissants. Et une petite voix dans la tête de la Suédoise résonna, lui indiquant qu'il aurait toutes les raisons de le faire, et qu'à l'inverse, elle n'aimerait pas qu'il se comporte ainsi. Consciente qu'elle mettait peut-être sa relation en péril, elle décida d'agir. Sa pause de midi serait peut-être écourtée, mais elle la zapperait au profit d'une séance de shopping bienfaisante. D'abord pour son moral à elle, mais aussi pour faire tourner la tête du Russo-Suédois. Pour se faire pardonner. Fière d'elle et de ses petits plans diaboliques, elle sentit un petit sourire naître sur ses lèvres. Sourire qui ne tarda pas à s'évaporer, alors qu'elle lisait les quelques phrases d'Andrew.

Valentina avait prétexté avoir besoin de temps pour se préparer pour la soirée. Le maire l'avait regardée, suspicieux, mais avait daigné l'excuser une heure avant l''heure réglementaire. Elle comptait bien mettre ce temps libre à profit, et était plus que jamais déterminée à régler ses différends avec Andrew. Elle n'avait pas digéré son message (qui ne lui était visiblement pas destiné), et ne comptait pas passer l'éponge. Elle se dirigea d'un pas assuré vers Armani Exchange, et se composa un visage de circonstance avant d'entrer dans la boutique. « Andrew, quelle bonne surprise ! » S'exclama-t-elle, se dirigeant vers lui pour aller le saluer. Comédienne jusqu'au bout des ongles, elle poussa le vice encore plus loin. « Tu ne m'avais pas dit que tu étais à San Francisco ! Tu ne comptais tout de même pas m'éviter, hein ? » Elle voulait le tester, et savoir s'il avait compris qu'il avait commis un faux pas. Ce dont elle doutait fortement. Les vendeuses allèrent s'affairer ailleurs, tandis qu'une autre restait en retrait et préparait quelque chose pour le New Yorkais. Valentina décida de prendre les devants à cet instant précis. « Ne bouge pas. » Qu'elle lui ordonna, un grand sourire plaqué sur les lèvres. Elle s'approcha de lui et replia son col correctement. « Décidément, le service n'est plus ce qu'il était. » Déclara-t-elle, plus pour elle-même qu'à l'intention d'Andrew. En réalité, Valentina cherchait à endormir la possible méfiance d'Andrew à son égard. Elle releva les yeux vers lui, et lâcha : « Surtout, tu restes comme tu es. » Elle se détourna rapidement du brun, et partit en quête d'une cravate. La vendeuse s'avança vers elle, mais Valentina lui lança un regard noir pour la dissuader de venir l'emmerder. La Suédoise savait parfaitement ce qu'elle faisait. Elle n'avait pas besoin d'une blonde siliconés des pieds à la tête pour lui donner des conseils en matière d'esthétique. Elle s'empara d'une cravate noire classique, et retourna dans le fond de la boutique, où elle retrouva le Williamson, qui n'avait pas bougé d'un pouce. « Avec ça, tu auras plus d'allure. » Qu'elle fit remarquer. Elle le vit ouvrir la bouche, mais anticipa sur ses mots. « Fais-moi confiance. » Ou pas. En réalité, pars le plus vite possible, et cache-toi pour les dix prochaines années. Valentina fit passer le tissu soyeux de la cravate derrière la nuque du New Yorkais, et lui montra l'étendue de son talent en matière de nœud de cravate. Mais alors qu'elle était sur le point de se décaler de son champ de vision pour qu'il puisse admirer le résultat dans le miroir, elle fit tira un peu plus sur le nœud, le serrant plus que nécessaire. Consciente qu'un comportement suspect alerterait les vendeuses, Valentina se rapprocha hâtivement d'Andrew pour endormir leurs éventuels soupçons, et murmura : « Alors Andrew, on a des choses à cacher ? » La journée de la Jaslang avait été atroce. Rien n'avait été, et le coup de poignard de celui qu'elle pensait être son ami avait été de trop. Elle allait se venger. Lui faire payer.
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MessageSujet: Re: Plan B ♣ Valentina Dim 5 Juil - 18:19

corbeille
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