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no rest for the wicked (r/e)

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MessageSujet: no rest for the wicked (r/e) Jeu 15 Jan - 22:44

“ Keep spending most our lives,
living in the gangsta's paradise,
tell me why are we so blind to see,
that the one's we hurt are you and me. ”

▬▬▬
(coolio, gangsta's paradise)

Sous les couleurs incendiaires des spots de lumières remuant d'effervescence, des pétales d'or brutes se jetaient dans l'air saharien du Lexington Club. Sur cette piste de danse, entourée de richesse insolente estudiantine, et si seule dans cette allégresse démesurée, alors que la vieille foule de minuit se balançait, en avant puis en arrière, chantant à s'en péter les cordes et buvant à en avoir plein le bide, elle était la clé dorée de cette nuit. Ruby, la douce Ruby, petite anglaise entrelaçant la vie, devenue sirène de minuit. Grande comme deux mètres sur ses talons vernis de noir, elle surpassait le monde, et éclaboussait toutes les âmes pleines de sueurs de sa joie. Une liberté intemporelle émanait de sa fine silhouette d'ancienne athlète. A la regarder se mouvoir ainsi, les mains agitées dans les airs sans aucune retenue, les jambes aussi fines que les dernières mannequins en vogue défilant à la Fashion Week de Paris, elle ressemblait à toutes ces filles héritières perdues dans les liasses de billets de leurs parents absents, oubliant ses déboires passés dans le fond d'un shot de vodka. Elle aurait pu être l'une d'elles. Se nourrir que d'amour et de somnifères, jouer les princesses indolentes dans les bras d'un prince faussement charmant. Elle aurait pu. Mais elle n'était pas. Pleine d'énergie, sautant, dansant comme jamais elle ne l'avait fait de sa vie, Ruby savourait chaque instant de ces heures délicieuses où enfin, oui enfin, elle n'avait de compter à rendre à personne. Suaves gaités d'une jeunesse à l'aube de ses prouesses. Bien que peu adepte de ce genre de soirées – l'idée de se retrouver au beau milieu d'une foule d'inconnus en train de se trémousser comme des félins en chaleur ne lui disait franchement rien – l'enfant de Sheffield sentait en ces lieux les palpitations de son cœur sursauter d'une fraicheur naturelle. C'était ça, la - vraie - vie. Elle avait toutes les lumières dans les yeux, du rouge, du bleu, des flashs. Et des mains humides qui enserraient ses poignets, suis-moi qu'on lui disait, alors, elle suivait, buvait ce qu'on lui offrait, parlait à des gens en riant, parce qu'elle riait tout le temps Ruby. Et puis, une fois accoudée nonchalamment sur le zinc visqueux du comptoir, son regard dénué de remords balaya les têtes alentours, des troupes de filles en expédition, des gens sans joie venus se perdre et fondre leurs désespoirs dans les lumières électriques du Lexington Club, et puis. Une silhouette, grande et imposante, dont elle n'apercevait que le dos, l'intriguait. Le front plissé par mille et une question, elle se débarrassa bien assez vite de son verre, cul sec comme dirait l'ami, et partit à toute vitesse dans sa direction. L'avantage de sentir l'alcool couler abondamment dans ses veines, c'est qu'il est bien plus aisé d'agir sans réfléchir. Sa peau de pêche se colla à celle des autres, de sueurs et folies entremêlés, elle marcha avec l'allure d'une gamine de quinze ans, maladroite, hésitante et candide. Après avoir jouer des coudes et bousculer sans retenue tous les sales types gênant son chemin, Ruby se retrouva juste derrière cette ombre noire, éclairée de temps à autre par les spots du club. Une moue dubitative s'afficha sur son visage d'enfant. A croire qu'elle ne se souvenait déjà plus de ce qu'elle était venue foutre là. Histoire d'avoir bonne conscience, elle laissa le bout de son index tapoter légèrement l'épaule robuste de l'étranger. « Excusez-moi ! » qu'elle gueula d'une vive voix au-dessus de la musique, qui crachait désormais le dernier hit de Robin Schulz. Le gars se retourna mécaniquement, verre dans la main et yeux bruns en guise d'avions de chasse. Deux prunelles à l'éclat authentique, et à la conclusion évidente. Elijah. Autour de lui, des filles, des tonnes de filles, jouaient les belles demoiselles à coup d'oeillades appuyées, rivalisant d'ingéniosité pour se faire remarquer. Un pure spectacle qu'on aurait dit tout droit sorti de Broadway. Ecoeurée, Ruby s'empara d'un verre à moitié plein abandonnée sur le comptoir, et le but d'une traite. « Pas mal.. je devrai peut-être en prendre un autre, tiens. » qu'elle se balança à elle-même, le nez au fond du verre. Tristement vide. Tandis qu'une mèche blonde vint lui tomber sur son front, elle se rendit compte de toute l'attention qu'elle avait inconsciemment provoquée. Elle releva la tête, posa empressement le verre, se racla la gorge, et afficha un sourire drôlement naïf sur sa mine amusée. « Navré, je vous dérange peut-être ? » Le visage froissé, elle défia Elijah du regard. Un regard soutenu et délibérément mesquin. « Je ne savais pas que tu amenais tout ton harem dans ce genre d'endroit. Ça ne fait pas beaucoup à porter à la fois ? » Son index se mit à compter toutes les têtes féminines qui buvaient avec passion ses paroles de gentleman, un, deux, trois, puis quatre et cinq, et merde, elle n'y arrivait même plus. Les chiffres se mêlaient aux lettres dans sa tête, un vrai bordel, que l'alcool était venu créer. Un étau lui serrait le cœur, mais elle ne le sentait pas, elle ne sentait rien. C'était comme ça lorsqu'elle était face à lui : il avait toujours le culot de lui prendre sa sagesse, l'innocence juvénile de sa vie, pour laisser transparaître aux yeux de tous quelle fille elle était réellement. « Permettez-moi de vous dire mesdames que ce mec-là, sur lequel vous bavez depuis trois quatre heures, il n'en a rien à foutre de vous. Arrêtez de perdre votre temps. » fit-elle remarquer avec cet air si sérieux qu'elle parvint à en écarter quelques uns, puis d'autres suivirent le mouvement. Un sourire satisfait se dessina sur la commissure de ses lèvres lorsqu'elle reporta son attention sur le delta. « La prochaine fois, t'y réfléchiras à deux fois. »
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MessageSujet: Re: no rest for the wicked (r/e) Ven 20 Mar - 23:52

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