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Forgiveness is never easy

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MessageSujet: Forgiveness is never easy Mer 15 Juin - 0:01

Mon retour à San Fransisco avait été tout aussi bien fortuit que mouvementé. Depuis que j’étais ici, je passais mon temps dans les cafés du centre avec mon ordinateur afin de pondre les articles qu’on me réclamait depuis déjà quelques semaines maintenant. Il s’agissait de travail d’investigation pas d’une vulgaire pige qu’un gamin en première année d’économie pourrait pondre après une bonne nuit de beuverie. Piqué au vif, je décidais de laisser tomber pour inviter mes amis à venir célébrer le jour de ma naissance et en même temps le fait que j’étais revenu pour ainsi dire sur les bancs de la fac. C’est vrai que cette période avait été la meilleure comme la pire de ma vie. J’avais vécu des drames, comme mes nombreuses ruptures et la mort de mon amie et amante Rowan. Cela dit les moments de bonheur venaient altérer cette vision biaisée et amer que je gardais de mon passage à Berkeley. Passer toutes ces années avec mon meilleur ami Matt m’avait aidé à garder les pieds sur terre, et mes retrouvailles avec Reagan, ma meilleure amie d’enfance et première fois – soit dit en passant – avaient su me redonner le sourire lorsque j’étais au plus bas. Aucun d’eux ne m’avaient lâché au fur et à mesure des années, enfin jusqu’à ce que je parte pour la côte est. Quelque chose s’était brisé, notre amitié était irrémédiablement tâchée par le départ précipité de Matt qui avait provoqué mon incompréhension totale, et avait rendu inconsolable ma pauvre Raiponce, comme je m’amusais à l’appeler. Depuis ce fameux jour, je n’avais plus entendu parler de Matt. Seules quelques photos ou posts vagues sur les réseaux sociaux m’avaient rassuré sur le fait qu’il n’était pas mort au fond d’un ravin, même s’il fallait avouer qu’à une époque cela ne m’aurait inspiré que de l’allégresse car c’était bien plus que mérité.

Aujourd’hui j’avais grandi, nous avions tous grandi. Reagan était toujours aussi magnifique et rayonnante et avait eu la bonté de me donner les clés d’une de ses maisons afin que je puisse prendre un nouveau départ. Et bien que je lui avais précisé un milliard de fois, que mon passage à San Fransisco était temporaire, et qu’on pouvait me rappeler à New York à tout moment, cette tête de mule n’avait cessé de me taquiner sur le fait que je lui étais revenu pour de bons. Bien sûr, une fois de plus elle avait eu le dernier mot. Je n’avais pas la force de la contredire, mais étais-ce par simple lassitude, ou parce qu’au fond de moi, je savais qu’elle avait raison ? San Fransisco et la Californie en général avaient été le lieu de mes nombreuses frasques, même avant la fac. Je connaissais certains quartiers de Los Angeles comme ma poche pour avoir été un grand client des dealeurs du coin, et un pilier de bar érudit. Cela dit cette vie ne me manquait absolument pas, et le fait de m’être calmé et de m’être rangé m’avait fait mûrir. Enfin sans parler de mon fameux esclandre lors d’une conférence de presse où j’étais apparu complètement bourré devant quelques millions d’américains. Je préférais me dire qu’ils avaient tous oublié, mais il m’arrivait encore à me surprendre lorsque quelqu’un me fixait du regard, comme s’ils me jugeaient encore pour mes actes passés. La paranoïa me gagnait au fur et à mesure du temps, et c’est pourquoi j’appréhendais cette réunion de promo qui allait me valoir sans doutes quelques railleries. Au moins mes « amis » auraient sans doute la bonté de ne pas en parler devant moi mais d’en faire un sujet de ragot au coin fumeur dans le patio.

Tandis que la fête battait son plein, je vis Matt arriver sans trop se faire remarquer. Je l’avais invité comme par pure politesse était persuadé qu’il ne pointerait pas le bout de son nez ici, mais voila qu’il était là. Est-ce que j’étais sensé aller le voir ? Lui parler ? Lui demander comment il allait ? Revoir son visage faisait remonter en moi la colère que j’avais ressenti par rapport à son comportement avec Reagan, mais pas seulement. Puisque j’avais décidé de prendre le parti de la jeune femme, il m’avait aussi pris en grippe, comme s’il s’attendait à ce que je lui donne raison lorsqu’il piétinerait le cœur de la blonde. J’aurais fait n’importe quoi pour lui et bien sur que si la situation était inversée, j’aurais pris son parti. Mais le fait était qu’il était un bel enfoiré et que Reagan était la victime de sa connerie, point final. Lorgnant sur le bar où l’alcool coulait à flot, je dû prendre une grande inspiration pour éviter de retomber dans mes vieux travers, ce serait une occasion de plus de donner raison à ces idiots qui me traitaient d’épave. Le bruit des gobelets qu’on frappait doucement les uns contre les autres avant de s’enivrer de bière ou de whisky me faisait presque baver d’envie, oui même aujourd’hui j’étais encore dépendant, et il n’était pas anodin pour moi d’encore téléphoner à mon parrain des alcooliques anonyme qui me rappelait que j’étais plus fort que ça. Quand je pense qu’à une époque c’était Matt qui m’avait sorti de là, qui m’avait empêché de boire et de me saouler. Je secouais la tête, il n’était pas temps de devenir nostalgique, je ne devais pas oublier que je le détestais. D’ailleurs je félicitais la coïncidence qui avait voulu que Reagan n’avait pas pu se joindre à nous ce soir, si les deux avaient été réunis dans la même pièce, nous aurions pu assister à une véritable hécatombe à la Drew/Constance pour citer un exemple bien connu de l’époque Berkeleyenne. Me contentant donc d’un verre de gin tonic avec seulement du tonic à l’intérieur, je me dirigeais vers Matt qui semblait maintenant être seul, tournant la tête à la recherche sûrement de la prochaine fille à qui il allait briser le cœur. Bon il fallait avouer que si ça n’avait pas été Reagan je m’en serais fichu complètement, mais le fait que vos deux meilleurs amis au monde tombent amoureux ne facilitait pas les choses non plus. Salut Matt, je ne pensais pas que tu viendrais, c’est cool de te voir ici. dis-je avec un grand sourire qui passerait presque pour un véritable signe de courtoisie. Si c’est Reagan que tu cherches ne t’inquiète pas elle m’a dit qu’elle ne viendrait… pas. Dis-je en voyant avec horreur que la blonde se trouvait dans l’entrebâillure de la porte. Je me dirigeais immédiatement vers elle, ayant des sueurs froides à l’idée qu’elle pense que j’ai essayé de la piéger, mais comme à son habitude elle ne me blâmait pas pour cette erreur de casting, elle avait même l’air de prendre ça plutôt bien. Enfin, même si elle me souriait et qu’elle me sortait quelques vacheries par rapport à mon anniversaire, elle ne pouvait pas me tromper moi. Je l’invitais donc à entrer, la laissant se mélanger à la foule, et tournant à nouveau mon attention vers Matt. Je n’avais aucune idée que vous seriez là tous les deux, ne va pas croire que j’essaye de jouer les entremetteurs pour que vous vous réconciliez. Dis-je pour mettre les choses au clair. Je bus une gorgée de mon verre essayant de paraître le plus naturel possible. Mais le fait d’être à la fois si content de le revoir et en même temps d’avoir envie de lui mettre mon poing dans la figure rendait la situation des plus étrange. Bon j’espère que tu n’es pas venu les mains vides, après tout c’est mon anniversaire dis-je en riant à moitié imaginant qu’il n’était bien sur pas là pour ça. Je n’arrivais même pas à être aussi sec et froid que je le voudrais… de l’eau avait passé sous les ponts depuis l’incident Reagan, et je devais avouer que j’avais eu envie de lui parler chaque fois que quelque chose tournait mal dans ma vie, ou même dès que je réussissais quelque chose. Après tout ne disions-nous pas à une époque qu’il était le frère que je n’avais jamais eu.
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MessageSujet: Re: Forgiveness is never easy Ven 17 Juin - 14:13

Now you're just
Somebody that i used to know.

Le cœur tambour battant, les membres tétanisés. Matthew venait d’entrer dans une soirée qui avait des allures très similaires à ce que pourrait être son pire cauchemar. Ajoutez un Drew McFendders au bras de Reagan, et le tableau était complet. Pourquoi. Pourquoi avait-il – ne serait-ce le temps d’une soirée – quitté le confort de sa nouvelle vie, loin de son passé, loin de tous ces drames en série pour revenir vers des personnes qu’il avait déçues ? Il n’aurait jamais dû venir. Il aurait dû rester chez lui, tranquillement, faire un marathon Star Wars avec Harley ou toute autre activité qui rythmait aujourd’hui son quotidien. Venir assister à cette soirée en l’honneur d’Ethan lui avait déjà demandé énormément d’efforts. Il s’était dit que, peut-être, il n’était pas trop tard pour sauver leur amitié, peut-être qu’il était encore temps de renouer des liens qui étaient autrefois si forts, que, peut-être Ethan pouvait être cette personne du passé dont la présence subsistait dans sa nouvelle vie. Mais il n’avait clairement pas prévu ça. Il n’avait pas prévu Reagan. Si avec le temps, il avait appris à assumer les conséquences de ses choix, Reagan était sans conteste l’exception. Après des années, il regrettait toujours de l’avoir quitté. A vrai dire, il le regrettait probablement chaque jour jusqu’à ce que l’heure de son dernier souffle n’arrive. Elle représentait tout pour lui, elle était la meilleure chose qu’il ne le soit jamais arrivé, un amour épique duquel il ne se remettrait probablement jamais. Mais à cause de ses putains de principes, sa putain d’idée reçue comme quoi le lien du sang est plus fort que tout, que la famille doit toujours être la priorité, il avait décidé de suivre de son frère, de l’aider. Manifestement, même ça, il n’avait pas réussi à le faire correctement. Après plusieurs mois de cavale, les forces de l’ordre l’avaient retrouvé plus ou moins par hasard, alors qu’il avait été otage dans un braquage de banque. Et il avait tout perdu, son frère, comme cet amour qu’il pensait jadis éternel, indestructible. Il avait fait ce qu’il faisait de mieux : tout foutre en l’air. Il avait sacrifié ce qu’il y avait de plus précieux pour lui en ce monde pour quelques mois de cavale avec un frère qui ne sortirait pas de prison avant une bonne dizaine d’années. Il donnerait tout pour pouvoir agir différemment, pour faire le bon choix, pour rester auprès d’elle, mais c’était malheureusement impossible. Il avait voulu arranger les choses après l’arrestation de son frère. Il avait essayé de l’appeler, mais il n’était jamais allé plus loin que la première sonnerie. Il ne pouvait pas, il ne pouvait pas réapparaitre dans sa vie comme si de rien n’était, il ne pouvait pas la blesser davantage encore qu’il ne l’avait fait. S’il l’aimait vraiment – et il l’aimait plus que tout – il devait être capable de la laisser partir, de lui offrir une chance de vrai bonheur loin de lui, loin des complications qui rythmaient sans cesse sa vie. Ce fût la décision la plus douloureuse de sa vie, mais aussi sûrement la plus désintéressé. Il l’aimait tellement qu’il avait sacrifié l’idée même de la revoir un jour pour lui éviter davantage de souffrances. Et il en payait, encore aujourd’hui, le lourd prix. Il lui avait écrit des lettres, plein de lettres, un peu plus d’une quarantaine. Mais jamais il n’avait eu la force d’en envoyer une seule. Elle restait dans une petite boîte, chez lui, à prendre la poussière. Une boîte qu’il fixait longuement chaque fois qu’il devait prendre une décision importante. Une boîte qui lui rappelait les erreurs qu’il avait faites, une boîte qui le poussait à devenir un homme meilleur, quelqu’un qui prenait les bonnes décisions, pour les bonnes raisons, une boîte qui l’empêchait de redevenir quelqu’un qu’il haïssait plus que tout. Mais même si lors de l’apparition de Reagan, son instinct lui disait de partir le plus loin possible, il ne voulait plus être ce lâche qu’il avait été autrefois, celui qui avait passé sa vie à fuir. Alors, il s’avança vers elle et vers Ethan pour les saluer d’un ton tout ce qu’il y avait de plus solennel. Ce à quoi Ethan répondit qu’il était surpris de le voir ici, qu’il ne pensait pas qu’il viendrait. Matthew voulut lui dire que dans ce cas il ne fallait pas lui envoyer une invitation, mais se retint, ne souhaitant pas envenimer la situation plus qu’elle ne l’était déjà. « C’est de ma faute, j’aurais dû te renvoyer ma réponse sur le carton d’invitation. Tu m’en vois navré. » lâcha-t-il du ton le plus aimable qu’il avait en réserve. Geste compréhensible, Reagan s’échappa rapidement de cette réunion vraiment étrange et Matt se retrouvait donc seul avec Ethan. Après tout, c’était sûrement le plus simple de commencer par lui. Il y avait peut-être une chance de remettre les choses à plat avec son ancien meilleur ami, tout n’était peut-être pas perdu ; alors qu’avec Reagan, même s’il allait probablement essayer, il pouvait prédire à l’avance l’échec cuisant qui l’attendait. Rapidement, Ethan se défendit de jouer les entremetteurs, expliquant qu’il pensait que ni l’un, ni l’autre, ne daigneraient se montrer à sa soirée. Matthew ne pût s’empêcher d’esquisser un léger sourire. « T’en fais pas, je sais. » puis il rajouta, désabusé. « De toute façon, même le meilleur entremetteur du monde ne serait pas capable d’effacer ce que j’ai fait. » Malheureusement, eut-il envie d’ajouter. Mais connaissant la position d’Ethan sur le sujet, il fallait très certainement faire profil bas et éviter de s’apitoyer sur son sort (tâche à laquelle il avait pourtant un talent manifeste). Pour le plus grand plaisir de Matthew, Ethan finit par tenter de détendre l’atmosphère en réclamant son cadeau d’anniversaire. Bien embêté de ne pas pouvoir lui offrir la traditionnelle bonne bouteille de vin, ancien alcoolique qu’il était, il avait dû réfléchir à un cadeau davantage sentimental. Après tout, c’était peut-être le meilleur moyen d’apaiser les tensions avec Ethan, jouer sur la nostalgie. Il lui offrit donc la balle de football qu’il avait dans la main. Pas n’importe laquelle, c’était celle de leur sacre lors de la finale du championnat d’état à Berkeley, contre l’université de Stanford. Un moyen de lui remémorer qu’avant que leur relation ne se dégrade, ils étaient des coéquipiers, des amis, des frères. « Finale du championnat d’état 2011, Berkeley-Stanford. » Il espérait sincèrement que ce cadeau lui plairait, qu’il le mettrait dans de meilleurs dispositions pour une éventuelle réconciliation. Car Matt n’était pas venu ici pour se battre, c’en était fini de ce temps-là, il était loin derrière lui et il espérait que ses efforts allaient se montrer payant. « Alors qu’est-ce que tu deviens ? Tu t’es décidé à quitter la côte Est ? T’as bien raison, il fait bien meilleur en Californie. » lâcha-t-il pour lancer la conversation, pour essayer de rattraper le temps perdu, pour essayer de réapprendre à connaître un ami qui n’était désormais plus qu’un souvenir, une nostalgie, un fantôme du passé.
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MessageSujet: Re: Forgiveness is never easy Mar 21 Juin - 21:25

« C’est de ma faute, j’aurais dû te renvoyer ma réponse sur le carton d’invitation. Tu m’en vois navré. » Que de sarcasme dans la bouche de Matt qui m’arrachèrent un sourire en souvenir du bon vieux temps. La vérité c’est que nous avions toujours été si proches qu’il était parfois inutile de se dire les choses pour comprendre. Je pouvais très bien imaginer à quel point venir ici était compliqué pour lui. Non seulement nous nous étions quittés en mauvais terme, mais en plus il avait désormais cette réputation de connard qui quitte tout pour suivre un frère taulard alors que la femme de sa vie trônait à ses côtés. Je ne pouvais ni ne voulais juger l’attitude de Matt car je savais qu’il avait sans doute ses raisons, mais je ne pouvais tout simplement pas l’accepter non plus. Prendre parti n’avait peut-être pas été la plus brillante des idées que j’ai eu, mais je n’avais pas eu le choix. Les larmes de Reagan m’avaient touchées au cœur. Non pas que je ne sois pas content de te voir, mais c’est vrai que si j’avais su j’aurais prévu un peu plus de bouffe te connaissant dis-je en riant à moitié. C’est vrai que Matt et moi ayant toujours été férus de sport et notamment de football, avions toujours eu un appétit d’ogre, et parfois je me demandais comment il faisait pour avaler tout ça. Les banalités que nous échangions restaient tout de même assez naturelles, notre relation y était pour beaucoup sans doute. Mais je devais admettre que je ne connaissais plus rien sur lui aujourd’hui. Certes ses goûts n’avaient pas dû changer tant que ça, mais ce qu’il avait fait depuis son départ, est ce qu’il avait retrouvé quelqu’un ? Est-ce qu’il travaillait ? Je savais par le bouche à oreille qu’il était désormais coach, métier qui lui allait tout simplement comme un gant. Il avait toujours eu le truc pour pousser les gens vers le haut. D’ailleurs, je pouvais en témoigner moi-même car si j’en étais arrivé là, c’était en partie grâce à lui. S’il n’avait pas été là je serais surement aujourd’hui fauché, à errer dans la rue pour quelques pièces afin de m’acheter ma bouteille quotidienne. C’est pourquoi je mis bien vite les choses au clair concernant sa présence et celle de Reagan aujourd’hui. « T’en fais pas, je sais. De toute façon, même le meilleur entremetteur du monde ne serait pas capable d’effacer ce que j’ai fait. » J’acquiesçais d’un signe de tête. Tu as bien raison. Dis-je presque un peu trop franchement avant de me rendre compte qu’une fois encore mon ton avait été surement un peu trop cinglant. D’ailleurs si on pouvait éviter de parler de cette histoire, ce serait assez cool. Tu sais, j’ai eu le temps d’y penser toutes ces années, et même si à l’époque j’ai pris parti et que je ne comprends toujours pas, je trouverais ça con de se focaliser là-dessus. Non je n’étais pas en train de m’excuser pour mon comportement passé face à lui, je voulais simplement faire table rase du passé pour retrouver un semblant de notre amitié fraternelle qui je devais bien l’avouer me manquait terriblement. Moi qui n’avait plus de famille en dehors de ma sœur que je voyais assez rarement, j’avais besoin d’un point de repère. Certes j’avais Reagan, sur qui je pouvais compter en toutes circonstances, mais avec Matt c’était différent. D’ailleurs, il me comprenait de bien des manières que Reagan sans doute désapprouveraient, avec lui je n’avais pas peur de me montrer sous mon plus mauvais jour. Avec Reagan, je ressentais une espèce de honte lorsque je pensais à mon alcoolisme, le scandale politique dont j’avais fait l’objet etc… je ne voulais pas la décevoir tout simplement. Je baissais finalement les yeux vers le ballon qu’il me tendait. M’expliquant l’importance que celui-ci avait pour nous deux je me sentis tout à coup encore plus nostalgique de l’époque de la fac. « Finale du championnat d’état 2011, Berkeley-Stanford. » Je me dépêchais de le ranger dans un tiroir de la commode qui se trouvait non loin de là pour éviter qu’il finisse couvert de bière ou autre et donnait une tape sur l’épaule de Matt. Je n’arrive pas à croire que tu l’ais encore après tout ce temps ! Je ne te pensais pas aussi sentimentale, je dois m’attendre à une lettre d’amour l’an prochain ? dis-je en plaisantant. Non sérieusement tu n’aurais pas pu trouver mieux. Dis-je en me resservant un autre verre. Finalement au fil de la discussion il en vint enfin à me demander ce que je devenais. Je me doutais qu’il devait sans doute savoir ce qui m’était arrivé auparavant. Cette histoire avait été tellement médiatisée qu’il faudrait être un ermite pour l’avoir raté. « Alors qu’est-ce que tu deviens ? Tu t’es décidé à quitter la côte Est ? T’as bien raison, il fait bien meilleur en Californie. » Je décidais de m’appuyer contre la petite table qui se trouvait derrière nous plongeant les yeux dans mon verre, laissant passer 10 ou 20 secondes avant de répondre. New York était un peu trop pour moi, j’ai eu envie de revenir aux sources, mais rassure toi tu ne devrais pas avoir à me supporter trop longtemps, d’ici 6 mois on devrait me rappeler au bercail. Je bosse pour la rubrique politique du Financial Times je ne peux pas me plaindre Dis-je avec un mélange d’amertume et de soulagement. Je sentais que les problèmes allaient surement me rattraper bien plus ici que dans une ville où personne ne me connaissait. En même temps tous mes vrais « amis » se trouvaient ici. Le dilemme était donc bien présent même si la décision ne m’appartenait pas vraiment. Et toi alors j’ai entendu dire que tu étais devenu coach ? Qu’est-ce que tu as fait toutes ces années ? Je savais bien que notre amitié n’allait pas redevenir ce qu’elle était du jour au lendemain, mais je sentais que nous étions sur la bonne voie malgré tout.
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