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somewhere between the blurred lines, a few promises of forevers were lost

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MessageSujet: somewhere between the blurred lines, a few promises of forevers were lost Sam 11 Juin - 20:50

I loved him in ways that I can’t explain to other people.
They don’t understand, and it’s not their fault.


« .Bonne soirée !. » héla-t-elle avant de claquer la porte, sa veste déjà sur les épaules. Bonne soirée tête de con, s'était-elle empêchée d'ajouter, au nom de l'éthique, et surtout du salaire exorbitant que son employeur lui versait pour tenir occupé ce mufle de Connor. Sans relever l'habituelle absence de réponse, Jude fit une embardée formidablement contrôlée dans le hall du manoir et s'empressa de rejoindre la première bouche de métro du secteur. Clélia avait exigé une heure de plus avec son père, ce qui avait permis à sa mère d'accorder un peu plus de temps à ses révisions, et à Connor qui terminait à peine son déjeuner (de la purée, où elle avait caché un combo navets/courgettes pour le propre bien de son patient) lorsque Scott avait fait irruption, la remerciant d'un regard appuyé de l'avoir délesté de cette ixième tâche ingrate. Plus tard, inconfortablement assise dans la rame de la ligne 2 du métro de New York,  elle repensa à sa journée en compagnie de Connor, qui n'était que la troisième d'une longue série, et à son humeur massacrante. Bien sûr, elle était parfaitement capable d'admettre qu'on puisse être en colère face à pareille injustice. Bien sûr, elle pouvait comprendre l'irritation, le ressentiment dans lequel il devait baigner en permanence. L'inconfort, aussi. Pourtant, son était justifiait-il d'être aussi odieux avec quiconque voulait apporter une aider ? Partagée par l'envie de lui clouer le bec dès qu'il osait une énième attaque verbale à son adresse, l'empathie qu'elle ressentait quant à son handicap en sachant pertinemment qu'elle ne pourrait s'imaginer vivre dans ces conditions, et le fait qu'il soit finalement sa plus grosse source de revenue, Jude resta un moment à refaire sa journée, à remettre son jugement et ses émotions en ordre, et manqua de louper son arrêt. Toujours aussi pensive, elle remonta les 3 blocs qui la séparait de chez Tom, et provoqua presque un accident de voiture dans l'exercice en traversant la route au bonhomme rouge. Une journée classique, dans le quotidien tout sauf classique de Jude Hallister. « .Bonjour tous les deux !. » claironna-t-elle en poussant la porte d'entrée, enfin arrivée à bon port. À peine s'était-elle engouffré dans le vestibule qu'une fusée vint la percuter de plein fouet, s'égosillant de bonheur face à cette arrivée pourtant programmée. Clélia, les bras enroulés en écharpe autour de ses jambes, força Jude à se baisser pour cueillir un baiser bien mérité, et surtout à marcher en claudiquant vers Tommy qui attendait plus loin, les bras croisés. Arrivée à son niveau, elle déposa un rapide baiser sur sa joue, toujours honteuse, même après une année de séparation, de se restreindre à un baiser alors qu'ils avaient fait tomber toutes les barrières possibles et imaginables. Ce depuis une éternité. Soucieuse de gommer le plus rapidement possible l'embarra, elle poursuivit presque dans la précipitation : « .Tiens, ça t'évitera de manger n'importe quoi ce soir. » l'avisa-t-elle en lui tendant un sac en papier qui contenait des lasagnes maison, et une bonne part de gâteau au chocolat. Il mangeait trop souvent au restaurant, ou sur le pouce selon elle, et entrainait Clélia dans son régime trop copieux, mais bien délicieux, pour une petite fille. À côté de lui, Jude passait pour la mère indigne qui forçait sa gamine à manger fruits et légumes régulièrement, au pays des burgers et des frites. N'était-elle pas adorable, cette toute récente divorcée ? À s'occuper du régime de son ex-mari qui défiait les lois de la nature en étant parfaitement en forme malgré les sandwichs. « .Le week end s'est bien passé ?. » finit-elle par demander. Clélia l'incita à se baisser en tirant d'un petit coup sec sur la manche de sa veste, et pour lui rendre la tâche plus simple, Jude posa un genoux à terre. Elle avait une question, qui, compte tenu de ses murmures timides, avait l'air d'être capitale. Ce qui eut le mérite d'accentuer le sourire malicieux que Jude lui offrait déjà. « .Ooooh, tiens donc. Je t'écoute. » répondit-elle en se frottant les mains, l'oreille tendue vers la petite demoiselle. « .Moi je voudrais rester chez Papa. - Ce soir ? – Non, pour toujours, avec toi et papa.  - Oh...  - Pourquoi tu veux pas ? Hein ? Pourquoi ? Tu l'aimes plus, c'est ça ? . » Elle resta là, silencieuse, à regarder sa petite fille, le coeur brisé par son ultime question alors que la culpabilité venait noyer ses derniers espoirs de passer une soirée joyeuse avec elle. Elle eut envie de lui dire que papa était très occupé, voire trop occupé. Qu'il n'aurait pas le temps de jouer avec elle la semaine comme il le faisait le week-end, et qu'elle doutait même du fait qu'il puisse seulement passer la chercher à l'école. Qu'il n'était déjà pas capable d'être là pour sa mère à l'époque, alors qu'elle n'avait aucun espoir pour qu'il le soit pour toutes les deux ?  Mais c'était injuste de sa part. Pour Tom, et pour Clélia qui adulait son papa plus qu'elle n'adulait quiconque. Plus que la reine des neiges, avait-elle précisé, une fois. « .Ma chérie, écoute…. » commença-t-elle, incertaine.  Incapable de lui rapporter la véritable raison qui l'avait poussée à se séparer de son père, et pas assez inspirée pour lui sortir un bobard dans la seconde (si tant est qu'elle puisse vraiment mentir à sa grenouille de quatre ans, ce qui n'était évidemment pas le cas), Jude se força à lui offrir un sourire triste en échange de la vérité.  Pour son bien, et possiblement pour ne pas remuer le couteau dans la plaie. « .Va chercher ton sac, tu veux bien ?. » Clélia lui souffla sa déception à la figure, comme c'était souvent le cas lorsqu'elle évoquait ses parents auprès de sa mère, et que Jude s'en sortait par un tour de passe-passe. Un soupir qui eut le mérite de la griffer et pas forcément qu'au visage. Triste, elle suivit la petite fille du regard, tandis qu'elle marchait d'un pas lourd vers sa chambre. Les bras croisés au-dessus de sa poitrine, et résolue à crever le silence pesant qui s'était installé dans la pièce, c'est sans un regard vers Tom qu'elle décida de relancer la conversation de façon innocente. « .Alors ? Avec combien de hamburgers tu as acheté notre fille cette semaine ?. » qu'elle plaisante maladroitement, tout en sachant que ça ne passerait de toute façon pas. Après quelques secondes de trop sans réponse, elle décida enfin à se retourner vers lui et automatiquement, resserra son étreinte autour d'elle-même. « .Quoi ?. » demanda-t-elle, jouant la carte de l'innocence. « .Je sais ce que tu penses... »  Qu'elle faisait un mère pitoyable ? Probablement pas (valait mieux pas pour lui). Qu'il faisait mieux qu'elle ? À écouter Clélia, très certainement, oui. Jude se défendait à chaque fois qu'il fallait quelqu'un qui sache dire non, qu'il fallait forcément un parent plus sérieux, ou ironiquement, plus méchant, que l'autre. Vérité étant, elle n'avait aucune idée de ce à quoi il pouvait penser, et ne voulait pas le savoir. À l'heure actuelle, sa seule envie se résumait à celle de rentrer chez elle, enfiler son pyjama, et raconter des histoires à Clélia avant de s'endormir. Seulement sa fille mettait un temps considérable à récupérer son sac à dos, et Jude n'eut aucun scrupule à penser que la petite fille le faisait exprès.
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MessageSujet: Re: somewhere between the blurred lines, a few promises of forevers were lost Ven 17 Juin - 19:07

What screws us up most in life,
Is the picture in our head of how it is supposed to be.

Dimanche soir, après un week end éprouvant en compagnie de sa petite fille, il était l’heure pour Tom de la rendre à Jude qui venait de frapper à la porte. « Regarde qui est là, la plus jolie des mamans. » glissa-t-il à l’oreille de Clélia qui déboula directement du plus vite qu’elle le pouvait vers les jambes de sa mère. La scène arracha un sourire à Tom qui ne put se montrer qu’attendri devant l’amour que leur fille portait à sa mère. Cette scène-là, il aimerait en être témoin plus souvent et il aimerait, lui aussi, pouvoir faire preuve de ce genre d’élans d’affection envers sa femme, ou plutôt son ex-femme. Tout juste une année qu’ils étaient divorcés et il n’arrivait toujours pas à s’y faire, l’alliance qu’il portait toujours à l’annulaire était là pour en témoigner. Il l’aimait. Il était presque sûr qu’elle l’aimait aussi. Alors pourquoi tout devait être si compliqué ? Pourquoi faisait-elle sa crise de la quarantaine à trente-trois ans ? Douze mois qu’il se posait cette question, et il n’y avait toujours pas trouvé une réponse qui lui convenait. Il travaillait trop, c’est ce qu’elle lui avait dit pour justifier ce divorce stupide. Il travaillait trop et ne passait plus suffisamment de temps avec elle ou avec leur fille. La vie était comme ça, il fallait travailler pour faire rentrer de l’argent dans les caisses, pour ne pas avoir à subir des fins de mois difficiles, pour offrir à sa famille la vie qu’elle méritait ; mais cela, malgré les nombreuses explications de Thomas, Jude ne semblait pas en avoir conscience. Cette dernière s’avança finalement vers lui pour lui déposer un baiser sur la joue qui le laissa totalement stoïque. Non, il n’allait certainement pas rentrer dans son jeu et de se contenter de si peu, qu’ils restent bons amis, ce n’était pas ce qu’il souhaitait. Lui, il voulait qu’elle revienne à lui, et rien d’autre. La petite attention qu’elle avait eue en lui amenant un peu à manger lui décrocha tout de même un sourire. Mieux encore, il se montrait reconnaissant à travers un léger hochement de tête. Les petits plats de son désormais ex-femme lui manquaient énormément et il avait pris de très mauvaises habitudes alimentaires depuis son départ, alors il traduisait cette petite attention comme une marque d’affection certaine. « Merci bien. Mais vous pouvez toutes les deux rester manger ici ce soir tu sais. » Il n’y avait peut-être pas assez à manger pour trois mais au pire, il commanderait à manger chez le thaï ou le chinois du coin. S’il pouvait avoir l’occasion de passer la soirée avec Jude et sa petite princesse, ce serait une manière parfaite de clôturer cette semaine. Il s’empressa d’ailleurs d’ajouter, cette fois bien plus malicieux et même un brin provocateur. « Les autres soirs aussi d’ailleurs. » Il n’arrêtait pas de sous-entendre qu’il voulait que Jude et Clélia reviennent vivre avec lui à chaque fois qu’il voyait la mère de sa fille. Et à dire vrai, il n’arrêterait probablement pas tant que la situation resterait telle quelle. « Bien oui, on a profité du beau temps pour faire un tour de Manhattan en bateau. » répondit Tommy lorsque Jude lui demande s’ils avaient passé un bon week end. Ils avaient passé l’après-midi du samedi sur un bateau – sur lequel ils avaient même pique-niqué – avant d’aller faire un tour sur Liberty Island, au pied de la Statue de la Liberté, que Clélia voyait pour la première fois de si près. Cela faisait des semaines qu’elle demandait à son père d’y aller et il avait finalement cédé, bien qu’il ne soit pas vraiment fan de ce qui était probablement le monument le plus célèbre du sol américain. Il ne put s’empêcher de jubiler intérieurement à la vue de la scène suivante. Leur petite fille chuchotait à l’oreille de sa mère et de ce qu’il put comprendre, elle lui demandait pourquoi ils ne restaient pas ici, non pas ce soir, mais toujours. Sans qu’il ne lui ait demandé quoique ce soit, sa petite Clélia marquait des points pour lui auprès de Jude, la mettant par la même occasion dans une situation bien inconfortable. Thomas prêta bien attention à la réponse de son ex-femme, qui ne répondit pas par la négative quand leur fille lui demanda si elle n’aimait plus son père. Un air satisfait et un sourire convaincu s’affichèrent alors sur le visage de Tom qui comptait bien profiter de cette situation pour défier une nouvelle fois Jude. « Alors, tu ne veux pas faire plaisir à ta petite fille ? » s’enquit-il une fois que Clélia était partie dans sa chambre récupérer ses affaires. Avant de reprendre rapidement, sans laisser à Jude le temps de répondre. « Enfin… préviens nous quand ta petite crise passagère sera terminée. De nous trois, tu es apparemment la seule qui n’est pas prête à fonder de nouveau une famille. » Ses mots étaient durs, mais ils étaient terriblement vrais d’après lui. La vie de famille était une histoire de sacrifice. Il sacrifiait du temps avec sa famille pour pouvoir leur offrir le train de vie qu’ils méritaient, mais Jude elle, n’avait pas compris cela. Elle pensait qu’il pouvait travailler moins et passer plus de temps avec eux, comme si son entreprise pouvait bien fonctionner s’il n’était pas là pour la gérer. Elle avait tout faux et c’était elle qui mettait en péril l’avenir de leur famille avec son incompréhension de la manière de gérer un business. Plus tard, Jude remis sur le tapis une conversation qu’ils avaient déjà eue trop de fois. Elle n’aimait pas la manière dont Tommy nourrissait Clélia et lui reprochait de la soudoyer avec des hamburgers. Plutôt que de rentrer dans un nouveau conflit, il décida de s’amuser avec un double-sens qui la toucherait tout particulièrement. « Que veux-tu, c’est comme ça, je m’occupe des hamburgers, tu t’occupes des légumes. » Il visait bien entendu l’handicapé avec qui elle passait la majorité de ses journées, et que Tom ne pouvait absolument pas encadrer, ce, même s’il ne le connaissait pas personnellement. Et si jamais Jude le blâmait pour ce double sens douteux, il pouvait toujours prétendre qu’il ne l’avait pas fait exprès, c’était du gagnant-gagnant. Son ton devint beaucoup plus sec lorsque Jude l’accusa de savoir ce qu’il pensait. « Ah bon ? Et donc je pense quoi d’après toi ?  Vraiment dis-moi, je suis curieux de savoir. » Il marqua un léger temps d’arrêt avant de reprendre, toujours sur ce même ton de défi. « Excepté le fait que je trouve toujours ce divorce ridicule. »
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MessageSujet: Re: somewhere between the blurred lines, a few promises of forevers were lost Jeu 29 Sep - 15:20

Elle n'eut besoin d'aucun talent particulier pour savoir qu'il tirait une grimace, maintenant devenue habituelle, alors même qu'elle le gratifiait d'un baiser tout à fait chaste. Tom ne faisait aucun effort pour cacher le véritable fond de sa pensée et elle ne s'attendait pas à ce qu'il lui fasse un jour cet honneur. À elle de contrer ses nombreux sous-entendus et ses allusions tout sauf délicates. Dans le fond, elle ne pouvait s'empêcher de trouver dans ses mots la preuve irréfutable qu'il tenait encore à elle malgré leur divorce. Mais elle savait aussi pertinemment que le problème ne résidait pas dans ses sentiments, mais bien dans son comportement. Alors non, Clélia et elle ne resteraient pas pour le dîner, moins encore ne viendraient lui tenir compagnie les autres soirs. Elle avait décidé de reprendre sa vie en mains, et de le faire bien. Cette résolution avait pris effet à leur séparation, et elle la mettait tous les jours en œuvre en passant le moins de temps possible en sa présence. « .Merci, mais ça ira. » déclina-t-elle, un sourire de courtoisie sur les lèvres. Elle aurait pu en rire, ou pire, rentrer dans son jeu, mais la journée écoulée avait tiré en longueur et elle sentait que le chemin vers la maison rongerait les dernières bribes d'énergie qui la tenait encore debout. L'envie n'y était plus, et tout ce qu'elle demandait aujourd'hui se résumait à un câlin de sa fille devant un vieil épisode de Friends. Le week end avait été chargé en réflexions tout sauf badines, parfois même insultantes, de la part d'un Connor au sommet de son art, et il lui était inconcevable d'être confrontée à un autre tortionnaire maitre en la matière. Bien qu'elle n'approuva pas le programme du week end, elle n'eut d'autre choix que de prétendre être ravie que sa fille passe du temps avec son père. Même si ça impliquait un bateau. Au moins, il lui accordait du temps, à elle, et au jour d'aujourd'hui, c'est bien là tout ce qui importait à sa mère. Ca, elle ne pouvait le lui enlever : Tom faisait des efforts pour être disponible lorsque Clélia était à sa charge. S'il pouvait en faire dans son sens à elle aussi et cesser de surjouer le rôle de l'ex-mari arrogant, Jude lui en serait indiscutablement reconnaissante, mais comme il ne fallait définitivement pas trop lui en demander, elle jugea avisé de ne rien dire. Une vraie éponge, cette Jude. Elle encaissait en silence, se contentait d'envoyer des sourires de façades, et de contourner les petites remarques méprisantes (qu'elle ne méritait pas) en respectant l'adorable  Aujourd'hui ne ferait pas exception à la règle. Pas même lorsque Clélia, ingénieuse et sans l'ombre d'un doute du côté de son père, fit une sortie bien trop théâtrale pour la petite fille de 4 ans qu'elle était. La gorge aussi nouée que son coeur ne l'était, Jude regarda la petite fille s'en aller en trainant des pieds. Si la bouille désemparée de Clélia aurait pu, à un moment, inciter Jude à se montrer plus conciliante et à chercher une solution (non pas pour guérir son mariage, mais pour guérir sa fille), l'envie ne dura qu'un temps. Comme toujours, Tom parvenait à trouver tout, excepté les mots justes. Elle ne le supportait plus. Ce sourire satisfait aux échos caustiques, son attitude désinvolte et la facilité qu'il avait à la provoquer, ce sans éprouver le moindre remord. Tout ça, elle ne le supportait plus. Pendant un temps, elle avait regretté. De le quitter, d'entamer une procédure de divorce, et même après. Elle l'avait regretté à chaque fois qu'ils s'étaient croisés, qu'elle avait déposé Clélia chez lui, ou qu'elle refusait de passer l'après-midi avec eux parce que c'était trop difficile pour elle. Elle n'avait pas divorcé parce qu'elle ne l'aimait plus, plutôt parce que lui ne l'aimait plus assez. Plus autant que sa compagnie. Mais ça, à en juger par son sourire, et le ton parfaitement ingrat qu'il lui claquait à la figure, il était très loin de s'en rendre compte. Grâce à quoi tout regret s'estompait. Au moins un peu.   « .Ne commence pas. » souffla-t-elle, d'ores et déjà persuadée qu'elle ne pourrait éviter une énième confrontation. Sans le regarder, elle se mordit le bout des doigts et refusa de se concentrer sur autre chose que la vue : le centre de New York, qui fourmillait un peu plus bas. Comme toujours, Tom trouvait les bons mots, et savaient parfaitement où appuyer. Il connaissait ses failles, et, à sa plus grande peine, n'hésitait pas à s'en servir. Ses mots la firent tressaillir, et son coeur fit un bond dans sa poitrine. Il ne comprenait pas. Ne comprendrait jamais, buté qu'il était. Elle était prête à fonder une famille, du moins elle l'avait été. Mais la naissance de Clélia l'avait confortée dans son idée que Tom était prêt à autre chose. À plus de grandeur, sans aucun doute. À plus qu'un rôle de père, ou d'époux, mais un rôle de leader. Et grand bien lui en fasse, Jude jouait la mère, et s'était lassée du rôle d'épouse croisé pot de fleur. Elle voulait la famille qu'il évoquait, et arrivait encore à se l'imaginer clairement. Lui, elle, clélia, et d'autres après. Elle le voulait plus que quiconque, ou quoi que ce soit. Mais il y avait des rêves qui devaient rester des rêves, sans doute. « .T'as toujours rien compris, pas vrai ?. » demanda-t-elle, sans prétendre vouloir une réponse. Tom lui en donnerait une de réponse, qu'elle le veuille ou non, et généralement, il s'arrangeait pour que celle-ci soit systématique une déception douloureuse. « .Tu as déjà fondé ta famille, Tom. Toi, ton entreprise, et Clélia une fois de temps en temps, lorsqu'elle ne fait pas trop de bruit et ne prend pas trop de place. » expliqua-t-elle, le ton modéré, mais vacillant. Elle s'était progressivement retournée vers lui, et se faisant, s'était juré de ne pas rentrer dans son jeu de sarcasmes et autres ironies douteuses. Le simple fait qu'il puisse évoquer Connor, et sa condition, conforta Jude dans le fait qu'elle ne lui reviendrait pas. Il savait qu'elle comprenait le sous-entendu, comme elle savait qu'il saurait parfaitement s'en sortir d'une courbette si jamais elle s'énervait à propos de Connor. La conversation était sans issue, et comme toujours, elle se résigna. « .Très classe. » finit-elle par souffler, prête à l'applaudir des deux mains. Elle espéra que Clélia finirait par ramasser ses affaires rapidement, afin qu'elles puissent partir le plus rapidement possible et éviter une confrontation qui ne lui faisait décidément pas envie. Mais elle devina que sa fille prenait son temps pour profiter de sa grande chambre, et surtout parce qu'elle entendait le ton qui montait entre ses parents. Un moment, Jude regretta d'en être arrivée là. Pas tant pour elle, mais pour Clélia qui souffrait de ce divorce qui ne fonctionnait que dans un sens, et ce de façon pitoyable. Un regret qui, grâce à son ex mari, ne dura pas plus longtemps. Ses lèvres se plièrent en une moue contrariée, et elle fourra les mains dans les poches de son pantalon pour éviter de les lui mettre dans la figure. Il utilisait ce ton ingrat qu'elle ne connaissait que trop. Celui qu'il employait lorsqu'il était mortellement offensé, comme c'était le cas depuis qu'il avait enfin consenti à signer les papiers du divorce. « .Ne me parle pas sur ce ton, Thomas Hallister. Je ne suis pas ta fille, et encore moins une quelconque employée de ta saleté de boite. » gronda-t-elle, comme une mère réprimande son gosse.   « .Non, tu sais quoi ? On ne va pas avoir cette dispute pour la millième fois. J'en ai assez de devoir rabâcher les mêmes choses avec toi, parce que t'es pas foutu de comprendre. » Elle s'était reprise d'un coup, sans trop savoir d'où l'énergie de le faire lui venait.   « .Clélia finira par comprendre, un jour. Serait grand temps que tu te décides à en faire de même. » poursuivit-elle, résolument plus calme. Et plus bouleversée, peut-être. « .Si tu veux passer plus de temps avec Clélia, on peut s'arranger. Mais si tu voulais passer plus de temps avec moi, il fallait y penser avant. » Le divorce lui pendait au nez depuis un moment lorsqu'elle s'était décidée à le quitter pour de bon. Et même entre le moment où elle avait claqué la porte derrière elle, et la signature des papiers, il avait eu un temps considérable pour essayer de faire mieux. Mais il ne l'avait pas fait.
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