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this is what it feels like. (aurore)

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MessageSujet: this is what it feels like. (aurore) Mer 1 Juin - 23:02

aurore & jim.

Se perdre dans la foule, n’être qu’une fourmi parmi les autres, être invisible, inexistante. Ça lui fait du bien, à Jim. Elle évite les regards, slalome entre les passants avec une facilité déconcertante. Elle est sûre que la plupart des gens qu’elle croise ne la remarquent pas. Pourtant elle, elle les remarque tous. Elle est attentive, sans doute par habitude à cause de son boulot. Quand t’es journaliste, tu dois pouvoir capturer le moindre signe, il ne faut rien laisser passer. Alors elle voit tout. La grand-mère qui promène son chien avec une larme à l’oeil. Cette adolescente amoureuse qui sourit bêtement au téléphone. Ce trentenaire étouffé par sa vie de famille et qui regarde une bande de jeunes avec envie. Elle les voit tous, les comprend sans même les connaître. Finalement, elle s’assied sur un banc, seule. Elle sort son carnet et son crayon, se prépare à réfléchir un article qu’elle doit rendre en fin de semaine. Mais y’a rien qui lui vient. Et au lieu d’écrire, son crayon se met à dessiner avec aisance. C’est à un visage qu’il donne naissance. Un visage aux traits fins et doux. Un visage qu’elle dessine un peu trop régulièrement ces derniers temps. Elle ne sait même pas pourquoi. Aurore habite ses pensées plus qu’habituellement, peut-être parce qu’elles ne se sont pas croisées depuis longtemps. Ou alors un truc d’hormones de filles. Peut-être que Jim a envie de se sentir amoureuse, même si elle trouve ça ridicule, l’amour. Elle trouve ça ridicule d’avoir le coeur qui s’emballe en présence de quelqu’un, de se sentir vulnérable. Elle a horreur de cette sensation de non-contrôle qui s’installe en elle quand Aurore est aux alentours. C’est comme si, d’une seconde à l’autre, elle pouvait tout foirer. Lui dire oui et ne jamais la quitter. Pourtant elle sait. Elle sait que ce n’est pas possible, qu’elles ne sont pas compatibles. Peut-être aussi qu’au fond, elle sait qu’elle est amoureuse. « C’est joli. », qu’on lui dit. Un grand-père s’est installé à ses côtés. Elle ne l’avait pas remarqué. En dessinant, elle a arrêté de voir le monde tourner autour d’elle. « Merci. », répond-elle, froidement. Pour la première fois depuis des années, elle culpabilise d’être si froide. Alors elle reprend, plus ouverte. « C’est… Une amie. » Elle fronce les sourcils. « Je crois. », qu’elle ajoute en murmurant. « C’est vraiment réussi. Les traits sont précis. J’ai presque l’impression de la connaître. » Jim ferme son carnet en souriant. C’est plus fort qu’elle, elle a la trouille, sans trop savoir pourquoi. Alors elle se lève. « Je vous remercie. » Elle lui sourit, malgré tout. « Passez une bonne journée. » Puis elle s’en va. Elle s’en va et elle se replonge dans la foule. Elle disparait, une nouvelle fois. Elle n’a jamais trop aimé être jugée par un inconnu, même en bien. Elle préfère être rien. Avoir la liberté de cracher par terre, de ne jamais décevoir. Elle préfère la solitude, en fait. Et au milieu des gens qui grouillent, aussi paradoxal que cela puisse paraître, c’est ce qu’elle retrouve. Sa solitude. Beaucoup pensent qu’en vivant dans une grande ville, on n’a jamais plus la sensation d’être seul. Mais pourtant, Jim ressent tout à fait l’inverse. Plus il y a de monde, moins elle a d’importance. Voilà comment elle passe le reste de sa journée. À se déplacer en fonction de la foule. Et inévitablement, la nuit finit par tomber, les rues se vident, l’air se rafraichit. Elle ne sait pas pourquoi (ou peut-être le sait-elle), mais ce soir, elle a décidé de la voir. Elle ne sait pas si elle ira lui parler, elle se contentera sans doute de la regarder du coin de l’oeil. Mais ça lui suffira. Après ça, elle pourra tenir une autre dizaine de jours sans la voir. C’est comme ça que ça marche. Tous les dix jours, elle a besoin de se recharger, de poser les yeux sur elle quelques instants. Alors elle se rend au bar dans lequel elle travaille en ce moment, et elle s’installe au comptoir assez rapidement, mine de rien. Une fois installée, son regard la cherche à travers la foule, et inévitablement, il s’attarde sur elle lorsqu’il la trouve. Mais Jim est rappelé à l’ordre par le barman qui lui demande ce qu’elle souhaite commander. Elle hausse les épaules, nonchalante, et demande un mojito. Elle a besoin d’un truc frais, d’un truc qui la rappelle à l’ordre pour ne pas qu’elle se laisse noyée par ses sentiments. Toute la soirée, Jimena reste accoudée au bar. Elle a même le temps de commander trois autres cocktails. Et parfois, son regard s’accroche à la silhouette d’Aurore, mais jamais trop longtemps. Les heures passent, le bar se vide. Finalement, il ne reste plus qu’elle et Aurore, même le barman s’est fait la malle. Pourtant, les deux jeunes femmes ne se parlent pas. Jim sirote les dernières gouttes de son cocktail et Aurore nettoie quelques tables. Elle devrait partir Jimena, elle le sait. Rester n’apportera rien de bon. Mais pourtant, elle ne bouge pas. Ou presque. Elle quitte son tabouret, laissant son sac à main sur le bar, et se dirige vers les toilettes. Elle y reste quelques minutes, et quand elle revient, elle croit rêver. Aurore est en train de fouiller dans son sac. Pire, elle a son carnet entre les mains. Le rouge lui monte aux joues, à Jim. Un rouge de colère. « Tu te fous de ma gueule j’espère ? » Elle se rapproche d’elle et lui arrache son carnet des mains. « Tu te prends pour qui, sérieux ? »
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MessageSujet: Re: this is what it feels like. (aurore) Dim 5 Juin - 20:02

The reason it hurts so much to separate is because our souls are connected.
Maybe they always have been and will be.
Maybe we've lived a thousand lives before this one and in each of them we've found each other.
And maybe each time, we've been forced apart for the same reasons.

◇◆◇

Des nombreux jobs qu'elle a expérimentés au cours de ces derniers mois, celui de serveuse s'avère sans conteste le plus éreintant. Constamment en mouvement, sujet aux moindres désirs de ses clients venus étancher leur soif et parfois cible de remarques qui dépassant les limites du raisonnable aisément franchies par l'alcool, le moins que l'on puisse dire c'est que depuis quelques semaines, Aurore ne chômait pas. Si certaines auraient râlé face à de telles contraintes, la jeune femme, elle, n'y voyait qu'un moyen rentable de dépenser une énergie qu'elle savait presque inépuisable. A défaut de pouvoir se laisser aller à sa passion pour le sport, il avait bien fallu qu'elle trouve un moyen de s'endormir le soir avec l'esprit libre et tranquille, vide de toutes pensées parasites. Alors chaque soir quand elle se rendait dans ce petit bar accueillant de San Francisco, Aurore travaillait sans rechigner et laissait défiler les heures avec une sérénité particulière. Elle salue ses collègues avec sobriété, chaleureuse mais sans effusion de joie superflue, attache ses cheveux en un sobre chignon et se met rapidement au travail, recevant le bonsoir de quelques habitués du bar qui se sont déjà habitués à sa présence. Evidemment, son visage d'ange et son physique agréable y étaient pour beaucoup, quoique sa répartie et ses allures de gosse indépendante et un peu rebelle fussent également appréciés. Vêtue d'un short en jean s'arrêtant mi-cuisse, d'un débardeur blanc et d'une paire de bottines beiges, Aurore voit passer les heures durant lesquelles elle sert des verres, suffisamment concentrée sur sa tâche pour ne pas commettre d'erreurs mais tout en laissant son esprit voguer librement à des envies d'ailleurs. Elle s'imagine perdue dans une montagne à ne faire rien d'autre que respirer une bonne dose d'air frais et se perdre dans un téméraire parcours d'escalade. Ce n'est d'ailleurs qu'une question de temps avant qu'elle ne retourne dans un de ses voyages improvisés, quittant ses modestes jobs du jour au lendemain pour une imprévisibilité à laquelle elle se drogue. C'était là l'une des principales raisons du tournant qu'avait pris sa vie professionnelle dès la fin de ses études à Berkeley, l'année passée. Aurore ne pouvait s'imaginer s'attacher à un seul endroit et ainsi à se priver elle-même de toute possibilité d'évasion. Non, la jeune Hemingway ne s'attacherait à rien ni à personne, ou du moins pas de cette façon. La porte du bar s'ouvre pour l'énième fois de la soirée et laisse cette fois-ci entrer une personne bien plus familière. Jim. Aurore reste parfaitement impassible devant cette arrivée, ne sachant trop quoi en penser bien que son rythme cardiaque se soit légèrement accéléré de quelques battements par minute. Elle ne la suit pas du regard et la laisse faire son chemin tandis qu'elle sert quelques verres à une table du fond de la salle. Elle revient vers le bar, dépose le plateau vide sur lequel étaient auparavant posées les commandes puis pose ses prunelles noisettes sur la jeune femme. Sans discrétion, sans retenue, sans intention de lui adresser la parole pour autant. Jim est elle occupée à toiser le barman qui prend sa commande, mais elle est intimement persuadée qu'elle peut sentir le regard d'Aurore qui s'attarde sur son profil. Elles ne se saluent pas. A quoi bon ? Toutes deux sont parfaitement au courant de la présence de l'autre, et les formules de politesse vides de sens n'avaient jamais vraiment trouvé leur place dans cette relation. Une relation difficile à définir, d'ailleurs. La jeune Hemingway reprend son travail, impassible, consciente à son tour que le regard de Jim se perd parfois sur elle, alors qu'elle prend quelques commandes. La fin de soirée approche et le calme retombe bientôt dans le bar, désormais entièrement vidé, ou presque. « Tu me sers un verre avant de partir, Gale ? qu'elle lance depuis le milieu de la salle, terminant de nettoyer les dernières tables. Le barman acquiesce sans broncher (Gale avait toujours été un peu bourru mais véritablement adorable quand on savait l'apprivoiser) puis s'éclipse du bar avec un signe de main pour Aurore. Cette dernière avait aisément remarqué les verres vides qu'avait régulièrement reposé Jim sur le comptoir au cours de la soirée : quitte à ne pas se parler, elle partageraient au moins la même activité. Elle vient prendre place derrière le comptoir en se plaçant pas tout à fait face à Jim pour ne pas les forcer à soutenir le regard de l'autre mais assez proche tout de même pour qu'on ait l'impression qu'elles puissent être en pleine conversation. Le silence renforce un peu plus son emprise, jusqu'à ce que Jim se dirige vers les toilettes. Assise sur un tabouret de bar, Aurore sirote son verre, savourant la fin de son travail avec une délicieuse satisfaction. Elle est interrompue par une sonnerie de téléphone venant du sac de la brune, déposé sur le bar. Elle hésite un instant puis hausse les épaules avec une certaine indifférence, considérant que répondre à son téléphone n'était pas un très grand crime. Elle ouvre son sac, repose sa main sur le mobile. Pourtant elle ne décroche pas, ne regarde pas même l'appel entrant, et se saisit à la place d'un carnet de dessin. Curieuse jusqu'au bout des ongles et sans songer un instant aux possibles représailles - même s'il devait y en avoir, elle n'en avait aucunement peur, de toute façon - et se fige face à sa découverte. Elle a à peine le temps d'apprécier ses propres traits couchés sur une feuille de papier que Jim réapparaît en furie et le lui arrache des mains avant de l'apostropher avec véhémence, visiblement piquée au vif. « Attends je suis plus très sûre là. De nous deux, qui viole l'intimité de qui ? » qu'elle siffle en tachant de saisir la portée ce qu'elle vient de découvrir. Ce sont là les premiers mots qu'elle lui adresse de la soirée, et ils ne présagent rien de bon. Aurore ne sait pas ce qui la scandalise le plus : tomber sur un tel dessin ou se voir ainsi traiter comme la totale indiscrète qu'elle n'avait aucunement prévu d'être. « Pour ton putain de modèle non consentant, voilà pour qui je me prends. » lâche-t-elle avec condescendance, bien peu habituée à ce genre de situations qui instaure chez elle un indescriptible malaise. « Quelqu'un a cherché à te joindre au fait, dans le cas où ça t'intéresserait. » Information lâchée dans un but purement ironique, son ton cassant n'ayant rien de sympathique. Elle se détourne de Jim, évitant ainsi son regard. Une part d'elle est furieuse, celle de sa fierté qui n'accepte pas d'avoir été secrètement dessinée. Pourtant de l'autre côté, elle ressent une certaine flatterie, une esquisse de sentiment qu'elle ne s'explique pas encore et une pointe de curiosité. Pas assez cependant pour lui demander des explications : elle n'a pas encore décidé si elle a envie de les entendre ou non.
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