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a living poem.

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MessageSujet: a living poem. Jeu 26 Mai - 17:40

In time, the hurt began to fade and it was easier to just let it go. At least I thought it was.
But in every boy I met in the next few years, I found myself looking for you,
and when the feelings got too strong, I'd write you another letter. But I never sent them for fear of what I might find.
By then, you'd gone on with your life and I didn't want to think about you loving someone else.
I wanted to remember us like we were that summer.

Comme une aiguille dans une botte de foin, Reagan tenta désespérément de se frayer un chemin au milieu des photographes qui s'amusaient. Elle avait oublié combien les rues de San Francisco pouvaient regorger de paparrazis toujours à l'affût de la moindre célébrité à mitrailler, toujours prompt à rompre les règles du respect pour un pauvre cliché d'elle à peu prêt vendable. Elle avait décidé de se rendre à la fête d'anniversaire d'Ethan le plus simplement possible. Seulement elle, sans ses obligations et les contraintes qu'elles imposaient. Sans son emploi du temps trop chargé, les faux amis qu'elle s'était fait tout au long de sa carrière et sans Marcus, son nouveau garde du corps. Sa première erreur de la soirée, et assurément pas la dernière. Quelle misère, pensa-t-elle, tête baissée, tâchant de garder la face devant une horde de flash' ? Après de longues minutes, et de nombreux détours inutiles, elle parvint enfin à se glisser derrière le portail, où nulle n'avait le droit de pénétrer propriété privée oblige, elle poussa un soupir de soulagement tout en remontant la grande allée. Techniquement, la maison lui appartenait. Cela dit elle n'avait pas vécu ici depuis quelques années déjà, et l'avait confié à Ethan qui, à première vue, en prenait grand soin et en avait besoin dans le cadre de ses très (trop) longues études. Sans ressentir le besoin de s'annoncer, elle ouvrit la porte sur un tout autre cortège, composé de personnes qui étaient tant proche de son meilleur ami de toujours, que d'elle à l'époque de ses pitoyables études. San Francisco, à défaut de l'avoir vue naitre, l'avait accueillie en son sein à l'aube de son existence. Alice, Eleanore, Indiana, Jack, tous le monde était là et elle réalisa aussitôt combien elle avait changé depuis le temps. Et eux aussi. Pourtant, l'accueil fut le même. Celui qu'elle avait évidemment espéré, et à la fois redouté durant le long vol qui l'avait emmenée ici, ce soir. Elle comptait sur ces vacances, même d'une journée, pour se ressourcer, et faire face à la critique toujours honnête de son Ethan pour faire un point sur sa vie. « .Surprise ! Bon anniversaire mon maki !. » trompeta-t-elle en lui sautant dans les bras. Passé les hurlements et les longues embrassades, Ethan lui demanda ce qu'elle foutait là, si tard, comme ça, l'air de rien. Elle avait reçu l'invitation, comme tous le monde, mais s'était contenté de le prévenir via sms qu'elle ne pourrait pas venir. Ce qui était le cas. Non, elle ne l'avait pas prévenu du soudain revirement de situation, juste pour le plaisir de voir sa tronche se rassasier de bonheur, et virer au rose joie. C'est tout le principe d'une surprise, pensa-t-elle en le détaillant longuement. Seconde grossière erreur. Elle pouvait le lire dans son regard, et la confirmation orale ne tarda pas à s'enjoindre à la gêne qui semblait le paralyser progressivement. « .Je… je m'y attendais pas. Je suis trop content, je te jure, mais... Je… Putain, je suis désolé. » « .Pourquoi ?. » questionna-t-elle, un sourire intrigué sur la bouche. N'était-elle pas, ou plus, sa meilleure amie ? La meilleure des meilleures ? Ne pouvait-elle pas tout comprendre ? Et tout pardonner ? Peut-être pas aux yeux d'Ethan qui, après avoir bafouillé deux ou trois fois, l'invita à jeter un coup d'oeil derrière son épaule.  Et Matt. Matt la regardait. Un premier regard depuis des années. Après ce qui lui sembla être un long moment sans respirer, complètement figée face à ce mec qu'elle n'avait pas vu depuis des années, et qu'elle ne comptait jamais revoir, Reagan se retourna de nouveau vers Ethan.  Elle voulut lui demander juste comment. Comment diable était-il parvenu à lui mettre la main dessus ? Comment l'avait-il convaincu de venir ce soir ? Et surtout comment il faisait pour lui pardonner d'avoir décampé aussi vite et aussi aisément, à une époque où ils étaient tous enfin heureux ? Au milieu de tout ce monde, et d'autant de conversations, Ethan insista auprès d'elle sur le fait qu'il avait lancé les invitations sans pour autant avoir l'audace de croire qu'ils allaient tous les deux se ramener, combien il était contre le fait qu'elle puisse même envisager de sortir avec Cameron, et ce qu'elle lui avait manqué. Elle lui expliqua à son tour qu'il n'y avait aucun mal, même si c'était clairement le cas, et qu'elle ferait avec, ravie qu'elle était de pouvoir célébrer ses vingt-sept ans et de pouvoir profiter de ses vrais amis le temps d'une soirée. Elle n'avait pas vu Ethan depuis ce qui lui semblait des lustres, et Ethan s'assura qu'elle n'allait pas décamper en lui faisant promettre qu'elle serait là pour l'aider à tout ranger et discuter une fois que tous le monde serait rentré. Parce que tu n'es jamais là, avait-il ajouté, soulignant, presque sous-entendant, le fait qu'elle ne venait jamais le voir pour noël, ni nouvel an. Qu'elle n'avait pas assisté à sa première remise de diplôme et que son épaule n'était pas celle sur laquelle il avait pleuré lorsque son couple avec Plum s'était achevé sur un énième échec. Elle ferait semblant, au nom de son amitié avec Ethan, et se contenterait de discuter avec tous le monde en prétendant que la présence de Matt ne la troublait pas plus que le fait d'apprendre qu'Ethan sortait avec Indiana. Mais au fond, il était là, et elle le savait parfaitement. Elle savait aussi qu'elle était incapable de s'occuper sachant que Matt était là, et qu'elle ne pourrait pas s'empêcher de le regarder, même si elle hésiterait au moins vingt fois avant de le faire, et qu'elle le ferait en respectant un temps fixe de 3 secondes et pas une de plus. Ethan lui adressa un sourire désolé, et lui indiqua que son ex les rejoignait. La mine basse, elle fit semblant d'être obnubilée par la chemise de son ami, qui n'avait rien d'extraordinaire, et se laissa le temps d'apaiser son coeur qui souffrait de cette présence étonnante, avant d'enfin planter son regard dans le sien. « .Salut Matt'. » le salua-t-elle finalement, trop sobrement pour être crédible, et limite aigre. Elle se détacha presque aussitôt du binôme, et son premier réflex fut de sortir son téléphone et envoyer un message à Cameron, à qui elle demanda s'il passait une meilleure soirée qu'elle, sans en douter la moindre seconde. Après bien des réunions d'anciens, des embrassades et autres présentations, où elle prétendit être la femme la plus chanceuse, la plus heureuse du monde tout en sachant que son ex lâche et fugueur partageait le même air qu'elle,  elle décida d'aller prendre l'air sur la terrasse. Le menton planqué dans la paume de sa main et le regard dans le vide, elle ne remarqua pas la porte qui se fermait sur quelqu'un d'autre derrière elle, ni la personne en question. Ce son parfum qui annonça sa présence en premier. Un parfum bien particulier, corsé, mais pas trop, fruité mais pas trop, qui avait aromatisé son quotidien durant des années, et qu'elle avait pitoyablement reniflé encore des mois après son départ précipité. Elle lui accorda un soupir à la fois triste et railleur en réalisant qu'elle en s'attendait même pas à savoir Matthew en vie. Qu'est-ce qu'elle pouvait en savoir après tout. Cela faisait des années qu'elle n'avait pas posé un regard sur ce type qu'elle ne connaissait plus. Pourtant, son coeur continuait de battre pour lui comme un batteur en plein concert. « .Tu peux t'asseoir là, tu sais. Je vais pas péter un plomb, ou chialer, ou quoi que ce soit dans ce genre-là. » Et heureusement. Les années avaient passés. Si elle lui en voulait ? Peut-être un peu, mais pas autant qu'il y a des années. Elle n'avait pas oublié, mais s'était habituée à vivre avec les questions, les désillusions, et surtout le vide. Après son départ, et grâce à Ethan, Jayan et bien d'autres, elle avait réalisé combien sa vie était fantastique, et qu'elle n'avait pas besoin de Matt et de ses problèmes, ce même si elle cherchait encore inconsciemment ses bras lorsqu'elle s'endormait.
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MessageSujet: Re: a living poem. Dim 29 Mai - 19:22

There are plenty of ways to die.
But only love can kill and keep you alive to feel it.

Il avait hésité pendant de longues semaines. Cette vie, il l’avait laissée derrière lui il y a bien longtemps. Cette période à l’université ne lui remémorait que des souvenirs douloureux qu’il préférait laisser là où ils appartenaient, au passé. Ça avait été compliqué, d’avancer, de recommencer à zéro, de se lancer dans une nouvelle vie. Un long et douloureux processus, avec ses hauts et ses bas, mais à force de patience et d’obstination, il avait plus ou moins réussi à se reconstruire. Il avait une vie bien rangée, un boulot qui le satisfaisait, quelques amis avec qui tuer le temps, une ou deux personnes sur qui il savait qu’il pouvait compter. Bien sûr, il était bien loin des rêves de grandeur qu’il avait quelques années auparavant. Sa carrière de footballeur, il avait fait une croix dessus depuis que Drew avait décidé de faire feu sur lui. La richesse de son père biologique, il s’en était éloigné, pas intéressé à l’idée de vivre aux crochets de quelqu’un qu’il ne connaissait après tout quasiment pas. L’amour de sa vie ? Il l’avait perdu, bêtement, il avait tout gâché en décidant de suivre son idiot de frère plutôt que de profiter de ce que la vie lui offrait à ce moment-là. Il avait tout perdu, comme il perdait toujours tout. Le temps passait et les mêmes schémas se reproduisaient encore et encore, comme s’il était destiné à vivre seul à jamais. La vie lui accordait quelques accalmies de temps en temps pour le blesser encore davantage par la suite. C’était une idée qu’il avait accepté avec le temps. Le bonheur n’était pas fait pour tout le monde et il ne faisait malheureusement pas parti des rares élus. Alors il avait décidé de tout changer, de tirer un trait sur son passé, de rayer de son existence toutes les personnes qu’il avait connu auparavant et de repartir de rien. Jusqu’ici, malgré des coups de blues de temps en temps, il ne s’en sortait pas trop mal. Jusqu’à ce qu’il reçoive cette invitation d’Ethan. Une invitation à venir célébrer ses vingt-sept ans. Ethan, son meilleur ami dans une autre vie. Un meilleur ami qui avait rapidement choisi un camp entre lui et Reagan alors que personne ne lui avait jamais demandé de faire une telle chose. S’il lui en avait énormément voulu pendant un moment – quel genre de meilleur ami vous tournait le dos à la moindre erreur commise – avec le temps, il avait fini par comprendre ses raisons. Ethan avait toujours préféré Reagan à Matthew, c’était un fait, alors forcément, quand Matt avait fait souffrir la jeune blonde, il s’était empressé d’aller à son chevet pour la soutenir. Accepter cette invitation et faire un saut dans le passé le temps d’une soirée était contraire aux règles qu’il s’était imposé pour repartir de zéro. Mais plus il lisait l’invitation, plus il était tenté, plus certains aspects de son ancienne vie lui manquaient. Mais il y avait un aspect de son ancienne vie qu’il souhaitait à tout prix éviter. Paradoxalement, c’était celui qui lui manquait le plus, ou plutôt celle qui lui manquait le plus, Reagan. S’il serait bien entendu ravi de la revoir, ravi de reprendre contact avec elle, ravi de voir qu’elle se portait bien, il n’avait pour autant aucune envie de s’engager dans une confrontation bien inconfortable. Il l’avait suffisamment blessé comme ça, il ne voulait pas en rajouter. Elle méritait d’être heureuse, d’avoir une belle vie, et cela, c’était impossible si lui était dans le tableau. Alors même si cela le rendait misérable, il préférait ne plus jamais la revoir, ne plus jamais lui infliger sa présence, car d’eux deux, c’était indéniablement elle qui méritait d’être heureuse, certainement pas lui. Alors après des semaines d’hésitation, il avait finalement passé un coup de téléphone à Ethan. Après avoir échangé quelques banalités avec lui, avoir écouté son ancien ami lui raconter ce qu’était devenu sa vie aujourd’hui, il entra finalement dans le vif du sujet, lui demandant si Reagan serait présente à sa soirée d’anniversaire. La réponse fût négative. Partagé entre la satisfaction de l’éviter et la déception de savoir qu’il ne la reverrait sûrement plus jamais, Matthew soupira légèrement avant d’annoncer à Ethan qu’il serait donc présent lors de sa petite fête et qu’il avait hâte de rattraper le temps perdu avec lui.
Une simple soirée, ça ne devait être qu’une simple soirée. Echanger quelques paroles avec de vieilles connaissances, renouer contact avec quelques anciens amis, partager quelques verres, passer un peu de temps avec Ethan, rien de bien compliqué. Il n’était même pas obligé de rester très longtemps, il n’avait qu’à faire une brève apparition de trois-quatre heures et tout le monde serait content. Un programme qui n’était pas spécialement moins bien que ce qu’il aurait pu faire chez lui, à jongler entre les séries et les talk-show, affalé sur son canapé, maudissant l’attente bien trop longue avant le début de la nouvelle saison de NFL. Il s’était donc retrouvé là, dans cette jolie demeure dans laquelle Ethan habitait. Il discuta un long moment avec Alice, une des rares personnes ici présentes desquelles il était sincèrement content d’avoir des nouvelles. Et puis d’un seul coup, toute ce soirée dérailla. Le plan tranquille qu’il avait concocté se transforma rapidement en quelque chose qui ressemblait étrangement à son pire cauchemar. Une chevelure blonde qu’il ne connaissait que trop bien fit irruption dans la maison, venant s’accrocher au bras d’Ethan, faisant accélérer le rythme cardiaque de Matthew bien trop vite. La revoir était indescriptible. Il avait beau le masquer depuis des années du mieux qu’il le pouvait, la simple vision de son sourire éclatant fit ressurgir toutes les émotions en lui comme au premier jour. Non, malgré cette nouvelle vie qu’il se targuait d’avoir, malgré ce nouveau départ, il ne l’avait pas oublié, pire encore, il l’aimait toujours comme au premier jour. Un amour intact qu’il n’avait pourtant pas su honorer comme il le fallait en faisant les mauvais choix. Il voulait détourner son regard d’elle, se concentrer sur quelque chose d’autre, prétendre qu’elle n’était pas là, prétendre qu’il n’était pas impressionné par sa présence, prétendre qu’il n’était pas affecté non plus, mais il n’y arrivait tout simplement. Inéluctablement, leurs regards finirent par se croiser. Un nouveau big bang éclata dans sa poitrine, mélangeant tout un tas d’émotions, tout un tas de sentiments. Désormais repéré, il était obligé de faire un pas vers elle, il ne pouvait plus l’ignorer comme il aurait souhaité le faire. Le pas hésitant, il s’avançait vers Reagan et Ethan qui étaient en pleine discussion. Comme prévu, l’accueil que lui réserva son ex n’était pas le plus chaleureux qui soit. Pourquoi l’aurait-il été, de toute façon ? Il se contenta de répondre, hésitant. « Salut Reagan, t’as l’air en forme. » T’as l’air en forme, sombre idiot pensa-t-il. Il n’avait jamais été doué pour ce genre de trucs, les retrouvailles, toutes ces merdes, mais là, il était tombé plus bas qu’il ne l’avait jamais été. Il devait être bien bas dans l’estime de Reagan et ce n’était pas comme cela qu’il allait remonter, bien au contraire. Très rapidement, elle le laissa en compagnie d’Ethan, apparemment, il n’était pas le seul à préférer l’éviter et autant cela le blessait, autant il était en partie rassuré, l’affrontement qu’il redoutait temps n’allait peut-être pas avoir lieu après tout. Quelques minutes plus tard, Matt décida de sortir dehors, prendre l’air, décompresser, se griller une cigarette, respirer un coup avant de retourner dans l’arène que représentait à ses yeux la bâtisse dans laquelle vivait Ethan. Il allait devoir être un terrible gladiateur ce soir pour sortir de cette fête d’anniversaire indemne. Et son premier combat arriva par surprise, alors qu’il s’attendait à avoir un peu de répit en sortant dehors, il allait en fait tout droit à l’abattoir. Il lâcha un « merde » presque inaudible lorsqu’il aperçut Reagan qui elle, avait déjà remarqué sa présence. De manière surprenante, elle lui proposa de venir s’assoir à ses côtés, promettant que cela lui serait complètement indifférent. Elle était bien moins hostile que prévu, et même si un trait définitif semblait se tirer sur leur histoire à travers cette indifférence, cela était également la preuve aux yeux de Matthew que Reagan était passée à autre chose, qu’elle était sûrement heureuse, et c’était au final, la seule chose qu’il souhaitait. « Je ne suis pas certain de le mériter, j’ai perdu ce privilège il y a un moment déjà. » lâcha-t-il calmement, plein de contradiction puisqu’il prenait tout de même place aux côtés de Reagan. Un léger blanc s’installa et il n’avait aucune idée de la bonne manière de le combler. S’excuser pour tout ce qu’il lui avait fait subir ? A quoi bon, cela ne changerait rien à ses actes, cela ne changerait rien aux souffrances qu’il avait bien pu lui causer. Le mal était fait et rien de ce qu’il pourrait dire ou faire ne changerait ça, malheureusement. Mal à l’aise, il alluma finalement sa cigarette et en tira deux longues bouffées, avant de les recracher, en soupirant longuement. Matthew n’avait jamais été l’homme le plus bavard qu’il soit, mais cela avait toujours été différent avec Reagan, il avait toujours eu quelque chose à lui dire, des mots doux, des blagues, des reproches, des critiques, peu importe, il n’avait jamais manqué de mots avec elle, jusqu’à aujourd’hui. « Comment tu vas ? » lâcha-t-il sobrement. Moi je suis misérable depuis que j’ai fait le pire choix que je n’ai jamais fait, depuis que je t’ai laissé comme un idiot, depuis que tu ne fais plus partie de mon quotidien, depuis que je suis sorti de ton cœur, se garda-t-il de dire, non sans mal.
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MessageSujet: Re: a living poem. Mar 14 Juin - 16:25

Elle pouvait avoir l'air en forme, car elle, contrairement à lui, n'avait pas parcouru la moitié du pays en cavale pendant un temps, elle le réalisa sur l'instant, encore inconnu. Probablement une paire de mois, si ce n'est d'années, pensa-t-elle, tout en le détaillant discrètement du regard. Jusqu'alors suspendue au bras d'Ethan, qui dégustait l'embarra à la grosse cuillère, Reagan s'en alla voir si l'air était plus respirable ailleurs aussi rapidement qu'elle n'était arrivée. Au fond, elle savait en venant, et en créant la surprise par-dessus le marché, qu'il y avait un risque pour tomber droit dans la fausse aux lions. Cela dit elle n'avait pas eu l'insigne honneur d'avoir des nouvelles, et ce depuis des années maintenant. Pas une lettre, un appel, un simplement un message pour lui faire savoir que, malgré tout, il allait bien. Ou au moins qu'il était vivant. Pas qu'elle se soit inquiétée, trop occupée qu'elle était à lui en vouloir, et surtout par sa carrière pour laquelle elle donnait toujours plus. Mais un signe aurait été apprécié. Incapable d'en vouloir à Ethan d'avoir convié un ami de longue date, et en l'occurence le meilleur, tout en tenant compte du fait qu'il avait délibérément pris position à ses côtés lors du départ précipité dudit meilleur ami, Reagan lui assura du regard qu'il n'avait pas à s'inquiéter. Elle était encore civilisée, probablement plus que n'importe qui, et si Matt faisait l'effort de son côté, nulle doute que la soirée se placerait sous les meilleures auspices. Malgré leur propension phénoménale à s'engueuler pour tout et rien, ce qui avait fait contre toute attente donné une bonne lampée de passion à leur couple, ils avaient tous les deux évolués vers l'âge adulte. L'âge de sagesse et ses compromis. Le temps avait passé, et fait son œuvre sur eux. Et si ce n'était pas le cas, ils s'en rendraient compte plutôt rapidement. Lorsque contrariée, elle ressentait une électricité dans les doigts, caractéristique de la musicienne en manque qui crevait d'envie de gratter quelques notes sur sa guitare. Jusqu'ici occupée à jouer avec tout ce qui lui tombait dans les mains, à défaut de pouvoir mettre la main sur une guitare correctement accordée, Reagan délaissa son jeu de anti-stress pour se tourner vers Matt. Merde ? Ouais, elle aussi l'avait pensé en arrivant. Probablement si fort que toute la pièce l'avait entendu, même au-dessus de la musique. Ce qui ne l'empêcha pas de tromper son envie de s'en aller le plus loin possible par un élan de gentillesse, et de l'inviter à s'asseoir. Une gentillesse dont, quoi qu'on puisse dire, elle était faite. Qui plus est, même si elle ne s'en doutait pas encore tout à fait, elle avait besoin de réponse. De vraies réponses, lassée qu'elle était de n'avoir que des suppositions au sujet de Matt. Sa réaction la fit brièvement sourire. Ca et le fait qu'il se contredise en étant déjà assis à côté d'elle. Matthew, Matthew, Matthew. Pour première réponse, un demi-soupir à la fois amusé et nerveux parvint à franchir le seuil de ses lèvres. Un grand nombres de personnes, des fans pour la plupart, paieraient une fortune pour pouvoir accéder à telle invitation, et lui n'en faisait rien, ou presque. Mais Matt ne faisait jamais comme les autres, et c'est probablement ce qui lui avait plu à l'époque.   « .Tu te prends trop la tête. » Comme ça a toujours été le cas, et en un sens, ça la rassurait. Au moins ça, ce trait-là, n'avait pas changé. « .J'ai tourné la page depuis longtemps, tu sais. » avoua-t-elle, le ton paisible. Difficilement, mais elle y était parvenue. Il l'y avait aidé en gardant le silence, et elle s'était occupé du reste avec l'aide de ses proches. Les Ethan, Jayan, et autres Eleanore, Augusto (bizarrement). Bien sûr, il ne faisait aucun doute qu'elle l'aimerait toujours, malgré tout. Malgré les erreurs, les conflits bien trop nombreux, les abandons et les désillusions trop cruelles. Des sentiments aussi forts en pouvaient être effacés, elle en était certaine. Seulement elle avais appris à les mettre de côté pour son propre bien,  même si le revoir ravivait incontestablement certaines braises qui resteraient toujours chaudes. « .Puis si on devait marcher au mérite, c'est clair que t'aurais pas le droit de faire grand chose. » finit-elle par ajouter, un poil trop honnête et elle s'en rendit compte une fois le mal fait. Toutefois, il ne pouvait s'attendre à trop de politesse de son côté, moins encore à des excuses. Elle faisait l'effort de ne pas faire d'esclandre, parce que d'accord, le temps avait pansé la blessure, et qu'aujourd'hui ils fêtaient l'anniversaire d'Ethan, mais comme tout, elle connaissait ses propres limites.  C'était de bonne guerre après tout, et même lui ne pourrait trouver à redire. « .Quoi ? Je suis sympa, mais pas complètement idiote, non plus. » Et il le savait parfaitement. Probablement lui plus que n'importe qui. Elle avait essayé d'ajouter à sa maxime une petite dose d'humour afin d'alléger l'atmosphère déjà tendue à la base, qu'elle avait presque tuée. Passé un léger blanc, aussi froid qu'une paire de fesses sur la banquise, elle se concentra pour répondre à la question à un million : comment allait-elle ?   « .Comment je vais, comment je vais… bien, j'imagine. » répondit-elle de façon hasardeuse. Elle allait bien, sur le papier au moins. Rien à redire du côté professionnel où elle excellait. Sa santé se conjuguait au plus-que-parfait, et ses relations, amicales et fraternelles étaient au beau fixe. Toutefois elle ne pouvait s'empêcher de se questionner. Sa vie sentimentale se résumait à rien, ou si peu que ça en devenait risible. Elle le réalisa un peu plus en la présence de Matt, qui était à lui seul 95 % de sa vie amoureuse. Les 5 % restant étant grappillé progressivement par Cameron, qui commençait à se faire une place malgré qu'il ne se passe rien de plus concret que quelques conversations énamourées autour d'un café (jus de pêche), et quelques messages loin d'être trop engageants. Mais Cameron… elle y repensa une demi-seconde, le sourire aux lèvres, et la simple idée qu'elle puisse le voir de nouveau en rentrant à New York lui permit de répondre :   « .Très bien, en fait. » Sa vie était parfaite, ou presque. Elle n'avait de comptes à personne, et la réciproque était aussi valable. Elle avait rêvé cette vie si longtemps qu'il lui était difficile de réaliser que le rêver était là, presque atteint, et qu'il ne lui restait que quelques détails à régler avant de pouvoir enfin le saisir pleinement.   « .Je suis à l'anniversaire de mon meilleur ami du monde entier. Que demander de plus ?. » Cameron, peut-être ? Encore qu'elle était sûre qu'Ethan n'aurait pas approuvé. Comme il n'approuverait rien qui se rapporte à un rapprochement avec n'importe quel type, mais Cameron, et Matthew en tête de liste. Les joies de l'amitié fusionelle, à n'en pas douter. « .Et toi ?. » À la limite de demander comment se portait son frère, qui visiblement comptait plus que tout, elle réalisa de justesse que non, elle ne voulait vraiment pas rentrer dans ce débat. Que l'ignorance était finalement peut-être mieux que d'avoir des réponses qui ne lui conviendraient. De toute façon, il y avait fort à parier pour qu'aucune réponse ne lui convienne. Comment pouvait-on laisser quelqu'un qu'on aime derrière soit, comme ça, sans regarder en arrière ? Elle en serait incapable de son côté. Même si Jayan avait été en danger, elle aurait trouvé une solution. Mais elle et Matthew était différent, n'abordait pas leur relation passée de la même manière, et il était temps pour elle de l'accepter pour passer à autre chose. « .Qu'est-ce que tu deviens ?. » La question pour un champion.
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MessageSujet: Re: a living poem. Mer 29 Juin - 0:28

There are plenty of ways to die.
But only love can kill and keep you alive to feel it.

Il aurait voulu la prendre dans ses bras, lui dire combien il était désolé de lui avoir infligé tant de souffrances, respirer de nouveau ce parfum qui l’enivrait autrefois, l’embrasser, goûter ces lèvres qu’il chérissait tant et rester accroché à sa bouche jusqu’à ce qu’il lâche son dernier souffle. Mais il ne pouvait plus, il ne pourrait probablement jamais. Il ne pouvait pas agir avec tant d’égoïsme, il ne pouvait pas lui dire qu’il ferait tout pour se racheter, qu’il attendrait le temps qu’il faudrait, même si c’était son désir le plus cher. Reagan méritait mieux, elle méritait mieux qu’un type qui l’avait déjà blessé, à plusieurs reprises. Toutes choses considérées, il commençait à regretter la soirée solitaire qu’il aurait pu passer devant la télé. Même s’il était gêné, il était plus qu’heureux de revoir Reagan après toutes ces années. Mais ce n’était que du bonheur à court terme, avant de ressentir les effets secondaires plus tard qui eux, seraient bien plus dévastateur, il en était persuadé. La revoir, ressentir de nouveau l’effet qu’elle avait sur lui allait bouleverser la petite vie tranquille qu’il s’était efforcé à construire ces dernières années. Et si son envie de retrouver Reagan était inégalable, il n’avait pour autant pas très envie de se replonger dans tous les drames, toutes les pleurs, toutes les disputes, toutes les colères que son ancienne vie lui procurait. Lui qui se nourrissait de ce genre de relations auparavant avait appris à apprécier le calme, à vivre paisiblement, loin de toutes ces petites choses qui pouvaient lui pourrir la vie. Certains pourraient dire qu’il vivait désormais sans passion, ils n’auraient probablement pas tort. Mais après toutes ces années de galère, après toutes les déconvenues qu’il avait subies depuis sa plus tendre enfance, il avait aisément choisi entre l’ennui paisible et la passion destructrice. Il ne put s’empêcher d’esquisser un sourire lorsque Reagan lui affirma qu’il se prenait bien trop la tête. Il l’avait toujours fait et le ferait probablement toujours. C’était sa façon d’être, toujours à réfléchir, toujours à tout remettre en question, toujours perdu dans ses choix existentiels. « Il parait oui. » répondit-il ironiquement. C’était plus fort que lui, il n’avait jamais pu s’empêcher d’agir de la sorte. Ce trait de caractère s’était d’ailleurs peut-être accentué encore davantage depuis qu’il avait décidé de repartir de zéro. Il réfléchissait pour chaque décision qu’il devait prendre, prenait en compte toutes les conséquences qui pouvaient entrer en jeu, avant de prendre sa décision finale. La réplique de Reagan qui suivit lui enleva cependant bien rapidement le sourire qu’il avait aux lèvres. Elle avait tourné la page depuis longtemps. Tant mieux pour elle, lui aimerait bien pouvoir en dire autant. Il ne s’était pas écoulé un jour depuis son départ où il n’avait pas pensé à elle. Alors oui, avec le temps, il pensait moins à elle, qu’avant, il ne passait plus des journées entières à se morfondre sur son sort, mais il avait toujours cette pensée quotidienne, qui parvenait souvent dans les petits détails. Il était de toute façon difficile d’oublier une personne dont on entendait les tubes plusieurs fois par jour à la radio. Et tout à coup, il brisa cette promesse tacite qu’il s’était faite à lui-même. Sous le poids des sentiments, il se livra. « Je sais que je n’ai pas le droit de te dire ça après ce que j’ai fait. Mais pas moi. Je ne suis pas passé à autre chose. Je n’y arriverai sûrement jamais. » lâcha-t-il, honteux, les yeux rivés sur le sol, par peur d’affronter le regard de Reagan qui, il imaginait, était loin d’être chaleureux et amicale. Il n’avait pas le droit de faire cela, pas le droit de ramener cette histoire sur le tapis de la sorte, pas le droit d’essayer de la retenir, mais son cœur avait pris les commandes et son cerveau ne répondait plus. S’en suivit un blanc gênant durant lequel Matthew ne savait pas vraiment où se mettre, jusqu’à ce que Reagan ne le brise par une nouvelle remarque acerbe à laquelle Matt répondit cette fois-ci de manière plus détachée. « Touché. » Les remarques de ce genre étaient bien moins compliquées à encaisser. Il savait qu’il avait merdé, prendre des centaines de reproches était normal, Reagan était complètement dans son droit. Non, c’était lorsqu’elle avait déclaré être passé à autre chose que Matt avait été blessé. Comme un aveu que son amour pour lui était mort et enterré, qu’il ne ressusciterait pas et que leur histoire appartenait au passé et n’avait sa place dans aucun avenir. « Tu n’as jamais été idiote Reagan. De nous deux, c’est moi le plus idiot, de loin. C’est moi qui suis parti pour un frère qui ne pouvait pas être sauvé de lui-même, pas toi. » reprit-il, véhément, lorsqu’elle l’accusa à moitié de la prendre pour une idiote. Non, il n’avait certainement pas de reproches à faire à Reagan, le seul et unique fautif dans l’histoire, c’était lui. C’était lui qui avait déconné, lui qui avait pris ses jambes à son coup, lui qui avait le rôle du bourreau dans l’exécution de leur relation. Comme tout le monde, Reagan avait des défauts, mais l’idiotie n’en faisait certainement pas parti. Mieux encore, ses petits défauts étaient les détails qui faisait d’elle l’amour de sa vie. A ses yeux, elle était parfaite, jamais il n’aurait voulu rien changer chez elle. Mais il l’avait pourtant fait. Il avait ôté ce si beau sourire qui ornait son visage lorsqu’ils étaient ensemble. « Tant mieux alors. Parmi toutes les personnes que je n’ai jamais connues, s’il y en a bien une qui mérite de goûter au bonheur, c’est toi. » répondit-il, calmement, heureux de voir qu’elle allait bien, même si une partie de lui aurait aimé qu’elle ne se soit pas tout à fait remise de leur rupture, qu’après des mois et des mois d’excuses, naisse une possibilité d’un retour de leur couple.  « Moi ? J’essaie de repartir de zéro. Je suis entraîneur de football dans un lycée, à défaut d’avoir pu être joueur… Et puis, si je peux éviter à des gamins de faire les mêmes erreurs que moi… » expliqua-t-il lorsque Reagan demanda à son tour des nouvelles. Permettre à ces joueurs de progresser, en tant que joueur, mais aussi en tant qu’homme, c’était ce qui rythmait aujourd’hui ses journées. Il prenait son nouveau métier à cœur et se retrouvait même chez certains de ces gosses. Ils étaient doués, ils étaient imprudents aussi, téméraires et s’il pouvait leur faire profiter de son expérience personnelle pour éviter de tout gâcher comme lui l’avait fait, c’était la moindre des choses. Il ne menait pas une vie de rêve, mais il s’en contentait. Aider les autres, c’était aussi sa manière à lui de se racheter pour toutes les erreurs qu’il avait commises dans le passé. Il soupira un long moment, regardant de nouveau le sol, les yeux fixés sur ses chaussures, à la recherche d’un moyen d’expliquer ce qu’il avait sur le cœur. Il devait des excuses à Reagan, des vraies excuses, pas des sous-entendus pourris comme il le faisait depuis tout à l’heure. Il cherchait ses mots, il cherchait la bonne manière de le dire, la bonne manière de lui prouver à quel point ces excuses étaient sincères, mais il n’y arrivait pas. Aucun mot n’était suffisamment fort pour expliquer à quel point il était désolé, à quel point il avait honte et encore moins pour expliquer à quel point il aimerait revenir en arrière et ne jamais la quitter. Après de longues secondes et une grande inspiration, il se lança finalement. « J’ai beau chercher toutes les manières possibles et imaginables de le dire, je ne trouve pas de mots, pas de formules qui me paraissent suffisantes pour te dire à quel point je m’en veux, à quel point je suis désolé. Désolé d’être parti, désolé d’avoir précipité la fin de notre histoire, désolé de t’avoir perdu, mais surtout, et plus que tout, désolé de t’avoir fait souffrir. » Au moins, c’était sorti. Maladroitement, mais sorti.
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a living poem.

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