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sous les étoiles. (mila)

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MessageSujet: sous les étoiles. (mila) Lun 21 Mar - 3:34


mila & louis-simon.
« Fuir, toujours, et courir sans relâche. Et puis, un jour, s'arrêter pour dire à quelqu'un, en le regardant droit dans les yeux: c'est toi dont j'ai besoin, vraiment. Et le croire. Ce serait beau, alors, de ne pas éclater de rire, d'avoir un peu peur, et de prendre des risques, de faire des trucs ridicules, comme d'offrir des fleurs un autre jour que le 14 février ou de baiser sans être bourré. »



Y’a pas d’âge pour tomber amoureux, ça nous arrive sans prévenir. C’est peut-être pour ça qu’on dit « tomber ». Parce qu’on peut pas prévoir. Sinon, peut-être qu’on éviterait de tomber, peut-être qu’on se rattraperait avant la chute. Avant d’avoir mal. Je n’aurais jamais évité de tomber amoureux de Jade, parce qu’ensuite, on est tombé enceinte de Judith. Enfin, elle est tombée enceinte. Seulement, on fait les bébés à deux alors c’est comme si j’étais tombé enceinte un peu. Avant Jade, y’a rien eu de vraiment significatif. Et après Jade, y’a rien eu non plus. Puis y’a eu Mila. Comme une plaque de verglas inattendue. Je crois que j’ai perdu l’équilibre et que je suis en train de tomber. De tomber amoureux. Je me pose souvent la même question. Est-ce que je l’aurais évitée si j’en avais eu l’occasion ? Et j’en arrive toujours à la même conclusion. Mon téléphone sonne. Je regarde l’heure et lâche un sourire. Elle n’est jamais en retard. « Papa ? » La voix de Judith résonne et tout semble s’embellir, presque naïvement, comme à travers un regard d’enfant. « J’arrive dans deux jours papa. J’ai hâte de revoir l’Amérique mais j’ai toujours aussi peur de l’avion. Tu crois que je serai au-dessus des nuages ? C’était beau la dernière fois, les nuages, on aurait dit du coton. J’aurais voulu les caresser, et même en arracher un morceau pour te l’offrir. » Je laisse échapper un rire, puis elle continue. Elle ne s’arrête jamais, mais c’est une bonne chose. Je voudrais qu’elle me raconte le monde à longueur de journées. « À demain mon papa. », qu’elle finit par déclarer. « À demain trésor. » Je souris. « Je t’aime- » « -jusqu’au soleil. » Comme un rituel, elle complète mes « je t’aime », mais à chaque fois d’une manière différente. Puis elle raccroche, et ce qui s’était embelli un peu plus tôt retrouve finalement sa banalité. La nuit est soudain moins jolie, la lune plus petite. À nouveau, je jette un coup d’oeil à ma montre. Huit minutes. Dans huit minutes, je me rapproche un peu plus des étoiles. Je lâche un soupir. Je n’ai pas envie d’attendre huit minutes. J’attends déjà depuis plusieurs heures. Je n’ai fait que penser à ça, en réalité. Alors j’enfile ma veste, quitte l’appartement et m’engouffre dans la cage d’escaliers. Je grimpe les marches deux à deux, et lorsque j’atteins enfin le sommet, mon souffle se fait presque court. Alors je m’arrête un instant pour reprendre ma respiration, et pousse enfin la porte qui mène à l’extérieur. Elle est déjà là, debout face aux étoiles. Je m’approche d’elle, doucement et silencieusement, et me place à ses côtés. Nous restons ainsi plusieurs minutes, sans le moindre mot. Pour beaucoup, un tel silence serait lourd et gênant. Mais nous, on a transformé les silences en quelque chose de beau. Parfois, on a pas besoin de parler. C’est comme si la simple présence de l’autre nous suffisait. Mais je finis par murmurer. « Tu es en avance. » Je voudrais lui demander pourquoi. Et je voudrais lui dire que moi, si je suis en avance, c’est parce que j’avais trop envie de la voir pour attendre huit minutes de plus. Ça faisait longtemps que je n’étais plus impatient, mais depuis qu’il y a Mila, l’impatience me rend visite assez régulièrement. Je tourne alors ma tête pour la regarder. La Lune l’éclaire avec douceur et lui donne l’allure d’une poupée de porcelaine. Ses yeux brillent, les miens se perdent sur son visage. Elle est jolie. Et moi, j’ai encore cette même sensation à l’intérieur. Celle de perdre l’équilibre et de tomber. De tomber amoureux. Je me pose souvent la même question. Est-ce que je l’aurais évitée si j’en avais eu l’occasion ? Et j’en arrive toujours à la même conclusion. Mila est sans doute ma plus jolie chute.
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Mila Caldwell
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MessageSujet: Re: sous les étoiles. (mila) Jeu 24 Mar - 23:00

"If conversation was the lyrics, laughter was the music, making time spent together a melody that could be replayed over and over without getting stale."

Mila fait tourner une cigarette entre ses doigts d'un geste familier, le regard vagabondant librement d'une lumière à l'autre parmi les milliers qu'elle aperçoit de son perchoir privilégié. Elle n'a pas encore décidé si elle compte l'allumer ou la laisser glisser éternellement sans jamais en goûter la saveur. Elle a souvent entendu dire que ce n'était pas joli, une fille qui fume. Que ce soit de la bouche de ses parents, de certaines de ses conquêtes ou de encore sa soeur cadette, à une époque qui lui paraît particulièrement lointaine. Mais Mila n'a que faire d'être jolie et encore moins des étiquettes qu'on peut bien lui coller. La fille qui fume. La rebelle ingrate qui renia sa famille. La grande soeur indigne incapable d'endosser son rôle. Ces titres l'indiffèrent presque autant que les compliments inconsistants qu'on peut parfois lui souffler, avec le naïf espoir qu'ils pourront peut-être lui faire plaisir. Non, Mila se fout de tout et de presque tout le monde. Presque, effectivement. Elle entend la porte du toit grincer derrière elle mais ne fait pas le moindre geste susceptible de signifier qu'elle l'a bel et bien entendu. A la place, elle effectue un dernier tour avec sa cigarette et vient la ranger dans son paquet à moitié vide - parce qu'elle a toujours cette tendance à voir les choses à moitié vides plutôt qu'à moitié pleines. L'arrivée de Louis-Simon lui suffit à troquer une drogue contre une autre, qui plus est pour une moins nocive. Quoi que, ça restait encore à déterminer. Elle savoure un silence des plus naturels, sans quitter des yeux les ruelles de Washington. Elle ne tourne pas même la tête vers lui quand il fait remarquer qu'elle est en avance. « Ca t'étonne ? » réplique-t-elle tranquillement. Si son attitude un brin distante aurait suffit à faire croire à la plupart des gens qu'elle n'avait aucune envie de partager la moindre conversation avec eux, elle savait que Louis ne s'en formaliserait pas. Parce qu'après deux ans de relation - elle ne pouvait se résoudre à les qualifier de deux ans "d'amitié" tant elle y sentait quelque chose de plus fort - il avait appris à la cerner et à accepter sa froideur apparente. Mila paraît songeuse, comme à son habitude, laissant planer de longs silences au bout des quelques mots qu'elle prend la peine de prononcer. Malgré tout, elle tourne enfin légèrement la tête afin de rencontrer ses prunelles pour la première fois de la soirée. Si elle n'esquisse aucun sourire, un sentiment d'apaisement l'envahit, comme chaque fois qu'elle le découvre lors des premiers instants de leurs retrouvailles. « T'étais occupé ? » qu'elle demande sans laisser paraître un centième de la satisfaction que sa compagnie peut bien lui procurer. Si elle demande, c'est parce qu'elle a remarqué qu'elle est ce soir arrivée bien plus en avance que lui. Ce n'est pas la première fois, bien sûr, pourtant elle a presque l'impression de l'avoir quelque peu attendu. Son visage ne semble tout d'abord manifester qu'une brève curiosité mêlée de son indifférence habituelle, pourtant ses traits s'éclairent d'une expression un peu plus douce. Peut-être Louis avait-il quelque chose de plus important à faire, et elle ne songeait même pas à le lui reprocher. Elle l'aurait attendu toute la soirée, toute la nuit si ç'avait été nécessaire. Elle avait tout le temps du monde, Mila. Son regard se perd de nouveau sur la vue qui s'offre à elle tandis qu'elle songe aux possibilités infinies d'un début de soirée. « J'ai envie de sortir. Je te proposerais bien de m'accompagner, un de ces soirs, mais je crois que t'es trop attaché à ta tranquillité pour ça. » lance-t-elle soudain en poussant un bref soupir songeur. C'est davantage d'un besoin général dont elle fait part au jeune homme plutôt que d'une envie immédiate. Elle n'a pas l'intention de se défaire de sa compagnie, ce soir. Elle se demande malgré tout si elle sera un jour capable d'échapper à ce monde nocturne dans lequel elle se noie avec une telle facilité. Un monde où elle échappe enfin à cet instinct de préservation qui guide chacun de ses pas depuis ses seize ans, si ce n'est plus. Puis elle pose de nouveau son regard bleuté sur le visage de Louis. Pourquoi pas, après tout ? Si c'était aussi aisé que d'être avec lui, elle parviendrait peut-être un jour à se défaire de ces excès dans lesquels elle se perd aujourd'hui volontiers.
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MessageSujet: Re: sous les étoiles. (mila) Jeu 31 Mar - 22:46

« Ca t'étonne ? » Louis-Simon sourit, amusé par l’attitude de Mila. C’est étrange, mais il a appris à trouver cela attachant. Cette attitude distante qui lui colle à la peau. Il connait Mila, parfois même, il a l’impression de la connaître mieux qu’il ne se connait lui-même. Il sait qu’elle n’est pas très expressive, pas très chaleureuse, mais que ça n’a rien de personnel. Elle est comme ça, simplement. Alors il secoue la tête légèrement. « Plus rien ne m’étonne venant de toi. » Il dit ça comme pour la taquiner. Puis, silencieux, il l’observe. « Elle est jolie. », qu’il pense. « Elle est jolie au clair de Lune, avec son air songeur. » Intrigué, il cherche du regard ce qu’elle semble contempler. Mais il n’y a rien de spécial. Le vide, les toits, quelques lumières aux fenêtres. Il comprend alors qu’elle ne regarde pas vraiment, qu’elle se contente seulement de penser. Et quand il repose son regard sur le visage de Mila, leurs yeux se croisent, se captent. « T'étais occupé ? » Louis l’observe toujours, bien trop appliqué à contempler son visage s’adoucir doucement, un peu à la manière d’une fleur qui éclôt. Mais elle reporte son attention sur le vide, replongeant certainement dans les pensées qui occupaient déjà son esprit un peu plus tôt. Alors il en fait de même et laisse son regard vagabonder sur les étoiles qui perlent le ciel, puis il répond, d’un air heureux. « J’étais au téléphone avec ma fille. » Il offre un sourire à la ville entière qui s’étend devant lui, avant de fermer les yeux un instant. Il se concentre sur les bruits qui occupent la nuit. Le vent léger qui se faufile entre les immeubles, le bruit des voitures, un rire ou deux, parfois. Washington est belle quand il fait nuit. Elle est belle quand y’a Mila avec qui l’observer. D’aussi loin qu’il s’en souvienne, il n’a jamais vraiment aimé ce genre de choses. Les rendez-vous sur un toit d’immeuble, les silences, contempler l’immensité. Mais ça, c’était avant Mila. Il finit par rouvrir les yeux, enfin, un sentiment de plénitude accroché au coeur. « J’aurais l’air d’un vieux mec sans toi Mila. Je serais probablement en train de regarder les informations en buvant un verre de vin, puis j’irais bouquiner avant de m’endormir à côté de ma photo préférée de Judith. Tu vois, sans toi, je serais tourné vers le passé. Mais grâce à toi, je me surprends à penser à quelque chose de nouveau. » Il pense. « J'ai envie de sortir. Je te proposerais bien de m'accompagner, un de ces soirs, mais je crois que t'es trop attaché à ta tranquillité pour ça. » Lou écarquille les yeux, les pupilles toujours accrochées aux étoiles. Il ne répond pas, pas tout de suite. Il a peu de souvenirs de l’école, mais il se souvient d’une chose. Les silences sont parfois tout aussi significatifs que les mots. Ce silence-là n’a pas forcément plus de signification que les autres, à part peut-être celle de souligner l’importance de la relation qui les unit. Un peu comme si chacune de leur parole portait en elle une promesse inavouée. Alors prendre le temps de répondre, laisser le silence les envelopper, c’est devenu comme une douce habitude. Son visage prend finalement un masque malicieux, et il répond. « Est-ce que tu es en train de me proposer de sortir avec toi ? » Souriant d’un air amusé, il plonge son regard vert dans les yeux bleus de Mila. « Si c’est le cas, j’accepte de troquer ma tranquillité contre une soirée avec toi. » Il se reprend. « Une ou plusieurs. » Pour être honnête, il aimerait beaucoup qu’elle l’emmène avec elle, qu’elle lui fasse découvrir une autre facette de son univers. Pas ce soir, mais un autre soir, voire plusieurs autres soirs par la suite. En réalité, il est prêt à visiter une bonne palette d’endroits tant qu’il est avec Mila. Il est prêt à sauter dans son monde, alors en retour, il lui offre la possibilité de faire un pas dans le sien. « Toi, tu serais prête à rencontrer ma fille ? »
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Mila Caldwell
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MessageSujet: Re: sous les étoiles. (mila) Lun 11 Avr - 23:33

Il a l'air tellement serein à côté d'elle, Louis. S'ils semblent tous deux parfaitement détendus, l'un est fait tout entier de cette apaisante tranquillité tandis que des ondes définitivement plus sauvages émanent de Mila. Silencieuse à cet instant mais prête à exploser à tout moment. Elle tourne vers lui un regard légèrement amusé quand il lui avoue ne plus être étonné de rien avec elle. Sans se demander un seul instant ce qu'elle doit tirer de cette confession, elle esquisse un imperceptible sourire. « Va falloir remédier à ça. » qu'elle réplique armée de sa répartie tranchante, décidée à ne pas lui laisser le dernier mot cette fois-ci. Et elle est prête à le surprendre s'il le faut. Parce que bien qu'elle ne fasse d'efforts pour personne, elle offre au jeune homme certains privilèges qu'elle n'accorde à personne d'autre ou presque, comme celui de ce genre de remarques taquines. C'aurait été quelqu'un d'autre, elle aurait probablement haussé les épaules et gelé le monde de son habituelle indifférence, sans prendre la peine de s'attarder sur sa remarque. Elle garde encore un instant son attention sur le jeune homme, juste à temps pour voir l'émerveillement s'installer sur ses traits quand il lui annonce avoir été au téléphone avec sa fille. Presque instinctivement, elle détourne le regard et retrouve sa contemplation du vide, son coeur se contractant dans sa poitrine. Chaque fois qu'elle constate l'amour sans limites de Louis pour sa fille, Mila se renferme. Elle tente de fuir face à cet attachement qui lui est si peu familier. Afin de dissiper son trouble, elle se laisse aller à une remarque qu'elle veut plus ou moins détendue. « J'espère que ta morveuse va bien. » Encore une fois, et bien qu'il soit difficile de le concevoir, elle vient là de donner au jeune homme une pincée d'affection envers lui-même et sa progéniture. Progéniture qu'elle n'avait pas encore rencontrée alors qu'elle le connaissait maintenant depuis plus de deux ans. Elle savait beaucoup de lui : ses habitudes, sa passion, ses petits plaisirs. Et la chose la plus importante à ses yeux : sa fille, évidemment. Pourtant elle n'avait encore jamais croisé sa route et tout ça n'avait rien à voir avec le hasard. Elle redoutait plus que tout cette épreuve - qu'elle voyait réellement ainsi et pas autrement - qu'elle savait devoir arriver un jour ou l'autre. Enfin, avec un peu de chance elle parviendrait à retarder encore un peu l'échéance. Elle hausse un sourcil intéressé qu'elle adresse à Louis en guise de réponse à sa reformulation. Si elle l'invitait à sortir avec elle ? Pourquoi pas, après tout. Ils n'en étaient plus à leur premier rendez-vous bien qu'ils n'aient jamais eu de consonance romantique jusque là. « Je ne crois pas, ça me ressemble pas d'être aussi formelle. » répond-t-elle d'un air songeur sans pour autant quitter le jeune homme des yeux. Elle pourrait s'y perdre pendant des heures, dans ce regard, si elle n'avait pas peur qu'il ne s'attarde lui aussi un peu trop dans le sien. Toujours ce recul constant face à l'engagement. Elle lui adresse l'un de ses rares sourires et hoche la tête, visiblement satisfaite. « Parfait. Je te laisse quelques jours pour te préparer, au cas où. » qu'elle s'amuse, légèrement moqueuse à son tour. Elle ne répond pas quand il lui accorde plusieurs soirées au lieu d'une, mais ses yeux pétillants en disent long - et bien assez. Mais bien entendu, la légèreté de la conversation menaçait déjà de s'effondrer au moment même où Louis avait mentionné Judith. La bouffée d'air qu'elle vient tout juste d'inspirer reste bloquée dans ses poumons, et Mila se fige. Non, elle n'est pas prête à rencontrer sa fille. Elle ne l'était pas il y a un an, ne le sera probablement pas dans autant de temps. Dans un silence qui devient soudain pesant, la jeune femme recule d'un pas et fait volte face avant de se mettre à faire les cent-pas avec une certaine lenteur. Distraitement, elle vient sortir la fameuse cigarette qu'elle avait auparavant soigneusement rangée dans son paquet et se met à jouer de nouveau avec entre ses doigts. Elle n'accorde pas un regard à Louis, pas encore. Mila réfléchit, et ne confit pas la moindre miette de ses réflexions à Louis-Simon. Puis elle se tourne de nouveau vers lui, enfin, laissant volontairement une distance de quelques pas entre les deux voisins. « Et si je te répondais non, Louis ? Qu'est-ce que ça ferait de moi, hein ? » Une égoïste. Une fille pas foutue de s'ouvrir aux autres et qui ne leur laissait pas la possibilité de s'ouvrir à elle. Et alors ? Après tout elle vivait ainsi depuis vingt-trois ans, et elle ne voyait presque aucune raison de changer aujourd'hui. Oui, presque. 
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MessageSujet: Re: sous les étoiles. (mila) Mer 25 Mai - 2:12

« Va falloir remédier à ça. » Louis-Simon ne répond pas. Il se contente de sourire, impatient de la voir le surprendre. Même si, d’une certaine manière, elle le surprend toujours. Il n’en est simplement jamais étonné. Il le sait, Mila est un électron libre. Ou du moins, elle y ressemble grandement. Ce qui est étrange, c’est qu’il a l’impression qu’elle lui offre une facette différente de sa personnalité. Quelque chose de plus rare, de plus précieux. Alors il se sent chanceux. Puis finalement, quand il lui parle de Judith, Mila s’échappe en plongeant son regard dans l’horizon. Lou, de ça non plus il n’en est pas étonné. Il a remarqué que c’est un sujet qui la rend nerveuse, mais il ne sait pas vraiment pourquoi. Il voudrait seulement la réconforter. Lui présenter sa fille pour aller de l’avant, pour qu’elle se rende compte qu’elle n’a rien à craindre. « J'espère que ta morveuse va bien. » Il laisse échapper un léger rire tout en secouant la tête. « T’es pas croyable… » Puis il sourit. « Mais elle va bien, je te remercie. » Elle ne s’en souciait pas vraiment, il le sait. Elle essayait sans doute d’être polie, de faire mine de s’intéresser. Au moins, elle essaie. Et tant pis si elle n’est pas convaincante, Louis-Simon y voit du positif, malgré tout. C’est un pas en avant, aussi minuscule soit-il. Finalement, Mila revient. Elle repose son regard sur lui, l’air songeur. « Je ne crois pas, ça me ressemble pas d'être aussi formelle. » Un sourire amusé se dessine sur le visage du presque trentenaire. Il sait qu’entre eux, il n’y a pas de formalité. Il aimerait, parfois, savoir exactement dans quoi ils s’engagent, à quoi ressemble la route qu’ils empruntent. Avoir une idée de l’endroit où tout ça les mènera. Peut-être qu’à son âge, il a besoin de plus de sûreté, de plus d’engagement. Mais il sait que ce n’est pas du genre de Mila. Elle a toute la vie devant elle. Alors il se laisse aller, avec elle. « Parfait. Je te laisse quelques jours pour te préparer, au cas où. » Louis lui lance un clin d’oeil en signe de réponse. Il est plus ou moins déjà prêt. Il n’a pas peur de sauter dans le vide. Il n’a pas peur de la vie, de celle qu’il n’a plus l’habitude de fréquenter. Il est prêt à nager à contre-courant, à se mêler à des gens qu’il ne connait pas et qui n’ont rien à voir avec lui. Il est prêt à ça pour Mila. Alors naïvement, il lui demande si elle est prête à rencontrer Judith. Il sait ô combien le sujet est fragile, et même s’il n’y a aucune formalité entre eux, il aimerait faire un autre pas en avant. Il aimerait que sa fille mette un visage sur celle dont il lui a tant parlé. Et il aimerait que Mila accepte ce qu’il a de plus important dans sa vie. Mais elle s’éloigne, Mila. Elle s’éloigne et Lou sent la tension qui les entoure. Il la voit jouer nerveusement avec une cigarette, tout en faisant les cent pas. À quoi pense-t’elle ? Puis Mila revient vers lui, mais garde une certaine distance. « Et si je te répondais non, Louis ? Qu'est-ce que ça ferait de moi, hein ? » À sa réponse, il serre la mâchoire et fronce les sourcils. Il reste con, plusieurs minutes, surpris par sa réaction. Qu’est-ce que ça ferait d’elle ? Il en sait rien. Mais ce n’est pas la bonne question. Alors il la reprend. « Non Mila. Qu’est-ce que ça ferait de nous ? » Il plonge son regard dans les prunelles océan de sa voisine. Il y cherche une bouée pour ne pas s’y noyer, un espoir auquel s'accrocher. Il aimerait tant qu’elle le comprenne, qu’elle fasse un effort. Mais elle n’en fait rien. Alors la colère s’installe dans les veines de Lou. Il respire plus vite, plus fort, serre les poings et hausse un peu la voix. « Je suis prêt à plonger dans ton monde Mila. Je suis prêt à sortir dans des endroits que je ne connais pas, je suis même prêt à faire des choses qui ne me ressemblent pas. » Il la regarde avec dureté, comme pour la confronter à la réalité. « Ça fait deux ans. Deux ans, et j’ai l’impression qu’on en est toujours au même point. Parfois, j’ai la sensation que ça me suffit. Mais la plupart du temps, je me demande où on va. » Il finit par la regarder d’un air interrogateur, curieux. « De quoi t’as peur ? De Judith ? » Il ne la quitte pas des yeux, attend plusieurs secondes, mais avant qu’elle ne réponde, il reprend. « Tu sais quoi, laisse tomber. » C’est à son tour de faire volte face. En colère, il s’apprête à quitter le toit de l’immeuble. Il attrape la poignée de la porte qui mène à l’intérieur, mais ne l’ouvre pas. Il reste là, dos à Mila. Il inspire, profondément, tentant de retrouver son calme. Une fois que c’est fait, il lâche la poignée et reprend sa place à côté de Mila. Il ne la regarde pas, et reste silencieux, le regard plongé dans le vide qui lui fait face. L’air de rien.
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Mila Caldwell
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MessageSujet: Re: sous les étoiles. (mila) Dim 19 Juin - 18:46

Son premier instinct lui souffle de fuir cette conversation qui ne promet rien de très réjouissant pour la suite. Elle n'a pas envie d'être contrainte de se défendre et pire, de devoir offrir à Louis des explications sur sa totale réticence à rencontrer sa précieuse fille. Mais pouvait-on vraiment lui reprocher un tel comportement ? Certes, Mila était excessive. Excessive dans ses attitudes de rejet envers tout ce qui l'entourait et qui avait le malheur de l'approcher d'un peu trop près. Et avec l'envie incessante de Louis de vouloir partager avec elle son nid d'amour paternel, elle ne pouvait que réagir de cette façon. Parce qu'elle ne savait pas comment faire autrement de toute façon, et qu'elle n'avait pas l'intention d'apprendre aujourd'hui. Elle se mord la lèvre inférieur avec une frustration et un agacement certain devant la réponse de Louis, qui demande à son tour ce que ça ferait d'eux. Elle en sait rien, Mila. C'est le mot "nous" qui l'angoisse tandis que lui ne semble pas en être perturbé d'un poil. Mais rien de très étonnant après tout, il avait été marié et était aujourd'hui père célibataire, avec toutes les responsabilités qui allaient avec. Alors qu'elle n'avait jamais rien eu d'autre à assumer qu'elle-même, et encore, elle n'était même pas certaine de s'occuper de sa propre personne avec la considération qu'il aurait fallu. Une pointe de culpabilité la ronge quand il poursuit son discours, la colère cette fois-ci pleinement visible dans son ton et ses paroles. Une fois encore, rien de très surprenant. Mila était tout bonnement impossible à gérer pour quiconque attendait quoi que ce soit d'elle. Malgré tout, la jeune femme soutient son regard et reçoit ses mots sans broncher, consciente que Louis est bel et bien le seul à fournir quelques efforts dans cette relation. Ou du moins ses efforts étaient-ils bien plus importants qu'une simple question aléatoire et ô combien rare de Mila concernant Judith. Les mots qu'il lui adresse alors confrontent violemment Mila avec la réalité. Deux ans qu'ils se côtoient. Deux ans que Louis subit et accepte ses exigences et ses manoeuvres pour rester aussi loin que possible de sa fille. Mais aujourd'hui, il semble être arrivé au bout. Les voilà donc, les limites de sa patience : deux ans. « J'ai vingt-trois ans, ma vie commence à peine, j'ai pas besoin de me demander où je vais. Pas de gosse, pas de petit boulot parfait à la maison blanche. Ton chemin est tout tracé, pas le mien. Moi je vais où je veux, Louis. » qu'elle lui lâche en le fixant dans le blanc des yeux, ne laissant apparaître rien d'autre sur ses traits qu'une indifférence et une lassitude glaciale. C'était là le meilleur moyen de marquer une très nette distinction entre lui et elle, brisant de quelques mots l'existence de ce "nous" qu'il se bornait à utiliser. Il valait mieux pour lui, mais surtout pour elle de stopper ce soir cette relation qui ne semblait visiblement mener nul part, ou tout du moins pas tant qu'elle refuserait de s'investir davantage dans la vie de Louis. Dieu sait que ça la tue de siffler ces mots tant elle tient à lui, au fond. Pourtant elle préfère le forcer à tout arrêter maintenant plutôt que de prendre le risque de le voir se lasser peu à peu de son incapacité à se lier aux autres. Au moins, en agissant ainsi, tout serait peut-être plus simple. Elle le pousserait à bout, lui ferait comprendre qu'elle ne devait rien à personne et le laisserait s'en aller sans broncher. C'est d'ailleurs exactement ce qu'il est en train de se passer, à cet instant précis. Alors qu'il lui demande de quoi elle peut donc avoir si peur, il préfère finalement abandonner. Il rend les armes, se sépare de ce combat qu'il sait probablement perdu d'avance tant on ne peut rien gagner contre un mur. Il fait volte face et laisse finalement sa phrase en suspend, sans laisser à Mila la possibilité de lui offrir une nouvelle réplique cinglante et pas totalement sincère. Elle l'entend s'éloigner bien qu'elle-même n'esquisse pas le moindre mouvement. Alors qu'elle aurait du déjà entendre la porte s'ouvrir lourdement, il n'en est rien. Et elle comprend que Louis hésite. Qu'il ne peut se résoudre à quitter le navire qui menace pourtant de couler à tout moment. Mila ferme les yeux, le coeur tremblant mais le corps impassible. Qu'il parte serait tellement plus facile. Qu'il la laisse là avec ses regrets et son comportement stupide. Pourtant le voilà qui retrouve la place qu'il occupait quelques secondes plus tôt. La jeune femme attend un bon moment avant de daigner réouvrir les yeux. Elle tourne lentement la tête vers Louis qui s'obstine à regarder droit devant lui. Mila ouvre la bouche, prête peut-être à lui siffler de partir ou à s'excuser à sa manière, de façon peu délicate et sûrement indirecte. Pourtant elle referme la bouche sans qu'aucun mot ne s'en soit échappé. Elle baisse pour la première fois les yeux, un brin honteuse. Il n'a rien fait pour mériter tant de froideur. Mais ça, elle n'y peut rien. Elle n'a jamais pu. « J'ai pas envie de vous voir vous rouler dans votre petit bonheur familial, et encore moins d'y participer. J'ai déjà une famille, j'en veux pas d'une deuxième. » Ni de la première d'ailleurs, ceci étant dit. Elle porte finalement la cigarette à ses lèvres dont elle vient allumer le foyer avec un briquet qu'elle tire de sa veste en cuir. Ses mots sont encore une fois durs, elle en est consciente. Et elle risque de nouveau de voir Louis s'éloigner un peu plus. Mais plus le temps passe, plus elle réalise que c'est une étape qu'elle n'est réellement pas prête à surmonter.
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