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strangers on a train, berkeley station (cal). ~ pv

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Adriel Eynsford-Baxter
there's no place like berkeley
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MessageSujet: strangers on a train, berkeley station (cal). ~ pv Jeu 17 Mar - 11:12

Yes, I have loved, and although it's none of your business, I have lost. Many things. And no, I am not like any other player in this game and I will never be.  And I‘m sorry your pretty little world got all screwed up, but everybody's does, and you go on. It‘s how you go on that defines you. And I am going to tattoo you, however and wherever I please.
- - - - - - - - - - -

A thousand miles seems pretty far
But they've got planes and trains and cars
I'd walk to you if I had no other way
Il regretta presque de ne pas avoir décroché. Presque. Dans l'hypothèse où il fut un jour capable de pareil émotion, ce dont lui même douta longuement. Son téléphone s'était tué à lui chanter la détresse d'une Ness à l'orée d'une magnifique catastrophe qu'elle appelait une '' vie nouvelle '' dans son message éploré, et lui l'avait copieusement ignoré pour les jambes, la bouche, et les seins d'une Casey toujours aussi décidée à lui prouver qu'elle était plus folle, et donc plus puissante, en terme de sexe que toutes les autres réunies. Avec succès, évidemment.  Il ignorait Ness et ses nombreux coups de fils depuis longtemps, tout comme il crachait sur les nombreuses responsabilités qui le liait à Salem, ce toujours avec le plus grand des sourires.  Tout ça au profit d'une vie plus délurée, plus amusante, et donc beaucoup plus simple. Au détriment de tout. Et à présent tout le rattrapait de nouveau, en commençant par Ness et sa grande escapade californienne. Il avait appris pour son père, et avait choisi de son plein gré de ne pas faire marcher arrière, et de complètement ignorer le fait que sa mort imputerait la vie de Ness. Pourtant une série de coups de fils, et un message l'avaient convaincu d'au moins écouter. Et à présent, posté sur le quai C (celui qui longe Berkeley Station) les mains dans les poches de son pantalon, Finn poussa un soupir. Le train, pensa-t-il, dubitatif, et de toute évidence exaspéré par le besoin traditionaliste de Ness à vouloir créer une scène, planter un décor digne des livres à l'eau de rose qu'elle lisait. Lui avait réservé un billet d'avion via son téléphone, n'avait préparé aucune valise, avait tamponné Casey deux fois et déjeuné avant de monter à bord. Et malgré tout ceci, il était encore parvenu à avoir trois bonnes heures à tuer avant que Ness ne fasse son apparition sur le quai. Il en avait profité pour visiter Berkeley où, étonnamment, il n'avait jamais mis un pied, et pour s'offrir un café devenu froid depuis, dont il n'avait bu que quelques gorgées à peine. Il regarda patiemment le train entrer en gare, se demanda quand diable avait-il pris un train du même genre pour la dernière fois, en grand habitué de l'avion, et passa rapidement à autre lorsque les premiers passagers descendirent des rames bondées, Ness parmi eux. Scène figée, la fille trainant sa valise au bout du quai, droite dans ses ballerines, mais pourtant prête à chuter au premier maladroit qui  la bousculerait. Belle. Evidemment. Fragile, aussi. Fragile au point qu'il le réalise d'un coup d'oeil, si le message qui stationnait encore dans la mémoire de son téléphone n'était pas suffisant. Fragile au point de s'imaginer la prendre dans ses bras sans poser de questions, sans la couler sous ses réflexions acerbes, et son jugement implacable. Il trouva même les larges cernes qui bordaient ses yeux jolies, et s'agaça de constater qu'elle lui faisait de l'effet sans y mettre le moindre effort. Il pensait ne pas vivre assez vieux, ou être assez méritant, pour assister à une scène pareil. Et pourtant… Il la contempla s'approcher, insouciante, et surtout perdue parmi dans ce monde. Tout naturellement, il revêtait le masque parfaitement ciselé du mec que rien ne peut ébranler. Pas même les circonstances, les disputes, et les déconvenues. Et il le conserva lorsqu'enfin, elle remarqua. Qu'il était là, debout, au bout du quai, les mains toujours dans les poches. Qu'il la regardait, la jaugeait du regard, avec toute la condescendance qui l'habitait et dont il ne pourrait probablement jamais se défaire. Ne pouvant se contenter d'un simple bonjour, ou pire : de la sermonner sans mettre les formes, Finn continua de la regarder un moment, silencieux. D'ordinaire, il trouvait toujours quelque chose à dire. Un truc sarcastique, qu'il balancerait avait détachement, et le rendrait aussi irrésistible qu'insupportable. Toutefois, pour une fois dans son existence, il goûta à l'arôme âpre du silence.  Il repensa au fait qu'elle venait de perdre son père, et qu'aux dernières nouvelles, elle n'avait plus de boulot, donc plus un rond dans les poches. Et que dans tout ça, lui n'avait pas pris la peine de même appeler. Frappé par ses lèvres où un sourire pourtant permanent avait disparu, et par la tristesse presque lancinante qui décorait son visage, Finn poussa un soupir. « .Et maintenant ?. » questionna-t-il enfin. Maintenant quoi ? Qu'est-ce qu'elle comptait faire de plus à San Francisco qu'à Salem ? Ici où elle n'avait personne, et pas plus de billets qu'à Salem. Où elle devrait payer un loyer, et rendre des comptes à des inconnus qui ne sauraient pas l'apprécier. Pas comme lui l'avait fait à Salem. Qu'est-ce qu'elle comptait bien foutre dans ce trou de la Californie ? Dormir sur la plage ? Sidéré, Finn poussa encore un soupir, une énième, ce sans la quitter du regard. Lorsqu'il s'agissait de Ness, plus le temps passait et moins il en savait. Il s'éparpillait en contradictions, incapable de se recentrer, et se contentait de la repousser un jour, et de recoller les morceaux cassés le lendemain. Toutefois,  il attendait une réponse, et une bonne. Et comme aucune ne le serait, il était prêt à la foutre dans le premier train en direction du Massachussetts. Et maintenant, quoi ? Conscient qu'il n'adoptait pas le bon comportement, mais incapable de faire autrement, Finn insista du regard pour qu'elle accélère la réflexion, lorsque son regard dévia sur sa valise, qu'elle tenait dans son étreinte toute tremblante. Il n'eut aucun mal à deviner qu'elle se retenait. De fondre en larmes, ou bien de piquer une crise, qu'importe. Elle lui fit regretter son manque de compassion. Comme toujours. Parce que Ness était douée pour ça, même si elle ne s'en rendait pas compte. Elle était capable de le faire culpabiliser comme personne, alors qu'il n'était même pas sûr d'avoir la compassion dans sa palette d'émotion indiscutablement restreinte. En la contemplant plus longuement, il l'imagina se recueillir devant la tombe toute fraiche de son père, et se dire avec toute la tristesse du monde que le vieil homme  ne connaitrait jamais ses petits enfants, ni ne l'accompagnerait sur la longue allée qui la séparerait de son futur époux. Finn l'imagina le faire seule, sans aucune épaule sur laquelle pleurer, et fondre devant la tombe de quelqu'un qu'on avait déjà oublié depuis bien des années, et ne serait regretté que par sa seule famille encore vivante : elle. La pauvre fille n'avait rien. Rien à part ses espoirs, et encore. Finalement, il fit sortir l'une de ses mains de ses poches et la tendit dans sa direction. « .Donne, je vais la porter. » ordonna-t-il, à la fois ferme, et doux. Sa main se posa sur le sac, et glissa vers sa main, puis son poignet. Elle se figea là quelques secondes, et finalement, Ness décida de lâcher le sac, que Finn fit tomber par terre, le temps de la prendre dans ses bras. Le temps d'une étreinte réconfortante, il déposa un baiser protecteur dans ses longs cheveux blonds. Probablement avait-elle de quoi lui en vouloir pour le siècle à venir, mais elle pouvait oublier combien il pouvait être con, juste cinq petites minutes, parce qu'il était là, au bout du quai, sans que personne ne puisse l'expliquer.
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Ness Glaswell
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MessageSujet: Re: strangers on a train, berkeley station (cal). ~ pv Mar 19 Avr - 15:23

After a while, I just stopped waiting.
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5 000 :plop:
Front posé contre la vitre glacée du train, Ness voit défiler un paysage totalement inconnu, différent de celui qu'elle a pu connaître à Salem. Salem, derrière elle désormais, et pour toujours elle l'espère. Elle a pris cette décision un peu sans y réfléchir, du jour au lendemain, sans rien demander à personne. A qui pouvait-elle en parler de toute manière ? Finn parti, son père ayant rejoint sa mère et sa sœur, il ne lui reste plus personne dans sa vie et cette triste réalité lui a sauté à la gorge, une fois le cercueil de son père enfoui dans le sol. Elle était seule désormais. Complètement seule et déboussolée. Sans savoir quoi faire de sa vie. Rester à Salem ? Pourquoi faire ? Cette ville ne lui avait apporté que des malheurs. Sa seule source de 'pseudo' bonheur connu ici résonnait en un seul nom : Finn Hazelgrave. Mais lui aussi avait fini par déserter et s'était lassé de cette fille insipide, sans ambition, qui jonglait entre heures de ménage et visites à son alcoolique de père. Quelle image donnait-elle d'elle ? Une image froissée, grisée, qu'aucun homme ne voudrait tenter de colorer. Elle a tout de même essayé de le joindre, une dernière fois. Lui indiquant sa destination, dans l'espoir de le voir arriver avant qu'elle ne prenne ce maudit train et s'apercevant, une fois montée dedans, qu'elle n'était qu'une idéaliste, une utopiste qui devrait se réveiller. Finn était à des kilomètres d'elle, entrain de s'amuser avec d'autres filles qu'elle. Plus jolies, plus frivoles, plus drôles aussi. Bref, plus scintillantes qu'elle. Ness, c'est le genre de fille qui a de l'or entre les mains, sans le savoir. Elle pourrait faire changer le monde si seulement elle voyait en elle ce que d'autres peuvent voir. Etriquée dans une vie qui n'est pas la sienne, elle éteint sa flamme depuis quelques années déjà. Le problème, c'est qu'une fois complètement morte, il est difficile de la raviver. De rallumer ses étoiles qui gisaient au fond de ses yeux, à l'époque où tout n'est pas si sombre dans sa vie. Son portable a trouvé le mode silencieux et elle profite de ces heures de train interminables pour penser à celui qui est parti sans qu'elle ne s'y attende. Un matin, elle venait le voir pour lui raconter sa dernière journée, il semblait aller bien – bien que plus affaibli que d'habitude – et le soir on lui annonçait son décès. Embolie pulmonaire. Mort sur le coup, ils n'avaient rien pu faire pour le sauver. Il avait fallu qu'elle organise ses funérailles en deux jours, en sachant pertinemment qu'il n'y aurait qu'elle à la cérémonie. Elle l'avait enterré, et dans la foulée, avait quitté son poste de femme de ménage à l'hôpital. Elle avait fait ses valises, remercier grassement les parents de Finn pour lui avoir loué leur studio et avait ruiné ses dernières économies pour un train en direction de San Francisco. Elle n'avait pas réfléchi, mais avait senti qu'elle ne tiendrait pas toute seule dans cette ville qui lui semblait si étrangère tout à coup. Elle avait besoin d'un nouveau départ, de se retrouver, d'enfin apprendre à savoir qui elle était vraiment et ce qu'elle voulait. « Le train est arrivé à destination. Merci de ne rien oublier à vos places et bonne journée ». Il était là son nouveau départ. Confiné à l'intérieur de ces quelques mots. En silence, Ness se lève et récupère sa valise, avant de de descendre du train. Elle fait quelques pas sur le quai avant de laisser échapper un léger hoquet de surprise. Cette silhouette, elle le connaît. Evidemment. Finn Hazelgrave, en chair et en os, la mine fermée et l'air condescendant, la scrutant avancer vers lui, écrasant les derniers mètres qui la sépare d'elle. De lui. Ness pose sa valise à terre et soupire. « Et maintenant tu t'écartes de mon chemin et tu me laisses vivre ma nouvelle vie ». Sans toi. Loin de toi. De préférence. Elle était vraiment déterminée à poursuivre son chemin, toute seule, comme l'a toujours fait. A commencer une nouvelle page. Blanche de toutes rencontres, blanche de tous sentiments, blanche de lui. De Finn. Qui ne cesse de la décevoir et de lui faire du mal. Qui ne cesse de l'abandonner, comme tous les autres. « Pourquoi tu es là ? » quémande-t-elle, d'une petite voix. Pour mieux repartir par la suite ? Pour lui rappeler à quel point elle est attachée à lui et que lui n'en a rien à foutre. « Dis moi Finn, pourquoi tu me repousses tout le temps, pour finalement te pointer dans ma vie au moment où je prends enfin la décision de t'oublier ». Et d'arrêter d'aimer un mec comme toi, eut-elle l'envie d'ajouter. Ness en est consciente, qu'elle mérite mieux. Qu'elle pourrait être heureuse avec quelqu'un d'autre, de gentil, de bon. Mais son coeur ne cesse de battre la chamade dès qu'elle pense à lui. Et il dégringole au fond de ses godasses à l'évocation de toutes ces filles qu'il met dans son lit. « J'essaye de me convaincre que tu n'es pas un mec pour moi, parce que je le sais, que tu ne me combleras jamais comme je le voudrais, mais quand j'ai besoin de quelqu'un, c'est toujours toi qui est là. ». Et elle craque. Elle se laisse complètement aller au creux de ses bras si protecteurs. Elle pleure comme elle n'a jamais pleuré. Elle relâche la pression des derniers jours. Elle se rince de cette tristesse opprimante. Lancinante.
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Adriel Eynsford-Baxter
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MessageSujet: Re: strangers on a train, berkeley station (cal). ~ pv Lun 2 Mai - 16:46

Sa nouvelle vie ? Son visage se fendit d'un sourire mesquin. « .Quelle nouvelle vie ? . » qu'il ricane. Il aurait pu la ménager. Faire un effort, et au moins essayer de ne pas en rire. Surtout pas de façon aussi cynique. Mais Finn était dépourvu de toute retenue, et heureusement pour elle, il s'était astreint au moins au point de ne pas la traiter d'idiote. « .Tu connais personne ici. T'as pas un rond, pas de boulot, pas d'avenir, et si tu crois que ta jolie petite gueule va t'ouvrir des portes, tu t'trompes lourdement. Ici c'est la Californie. Faut que tu prennes un ticket, et que tu fasses la queue derrière un milliard de nanas qui sont cent fois plus expérimentées, et déterminées à tout donner pour réussir. Et quand je dis tout, c'est tout. On sait tous les deux que c'est pas ton genre. » débita-t-il, en bon donneur de leçon. S'il était mauvais élève à l'école de la vie, et donc pas habilité à dispenser ses leçons de moral, en revanche il pouvait très largement se permettre de disserter sur la vie à San Francisco, et ainsi dissuader Ness de poser ses valises dans ce trou de l'enfer. Il connaissait cette partie du pays comme sa poche, et avait abusé de son indiscutable charme sur un grand nombre de californiennes. Assez pour savoir que ces filles n'étaient que des coquilles vides qui l'emporteraient sur des filles comme Ness malgré tout grâce au physique, et à une technique assez particulière, d'une ambiguïté dégueulasse, pour combler un homme susceptible de leur donner une vie rêvée. Et qu'ici, on ne connaissait aucune pitié pour la noblesse de coeur de sa précieuse Ness. Finn ne donnait pas dans la dentelle, ni dans les détours, encore moins dans l'enrobage gentillet. La vérité sortait de sa bouche à grande vitesse, et il connaissait assez la vie californienne pour savoir que celle-ci prendrait Ness toute entière, et n'en laisserait qu'une carcasse vide. Fallait savoir certes rêver pour vivre en Californie, mais Ness ne semblait pas se rendre compte que les rêves n'était pas gratuit ici. Le soleil, la plage, et le bon temps, c'est du pognon qu'elle a de toute façon jamais possédé. « .Allez vas y. Tu veux y aller ? C'est ce que tu veux ? Passe. Fonce. Mais tu pourras pas dire que j'ai pas essayé de t'en empêcher » qu'il lance, détaché, limite provocateur en lui laissant même la voie libre. Il n'était pas d'humeur à la ménager, si tant que ce fût un jour le cas. Il se savait de toute façon incapable de se comporter autrement. Elle le connaissait assez pour savoir qu'il n'était pas capable de débiter de long et grand discours éloquent. Que le romantisme qu'elle recherchait peut-être à cet instant, ne s'était jamais trouvé dans ses gênes. Il aurait pu essayer, pour elle. Pour tout ce qu'elle représentait à ses yeux et qu'il se tuait à ignorer. Il s'apprêta à lui répondre qu'il était là parce qu'il le voulait bien, mais Ness  le coupa à temps pour lui étaler son besoin perpétuel d'explications à la figure. Las de devoir toujours se justifier auprès d'elle, alors qu'il estimait ne devoir le faire auprès de personne en général, Finn leva les yeux au ciel. Son sang ne fit qu'un tour, et c'est la mâchoire contractée qu'il se lança dans une réponse houleuse : « .Mais pourquoi t'as toujours besoin d'explications pour tout ? Tu peux pas juste te contenter d'être soulagée de me voir et te dire que j't'empêche de faire une connerie monumentale, comme tu le voulais quand tu m'as laissé ton message. Parce que c'est exactement ce que tu voulais, pas vrai ?  Tu voulais que je vienne, non ? Me voilà. Je suis là. C'est au-dessus de tes forces de me faire l'honneur de pas chercher plus loin ?. »  Elle recherchait une réponse qu'il n'était pas prêt à donner. Un signe quelconque d'une affection qui était là, mais qu'il refusait de ressentir et d'assumer pleinement. C'est toujours la même rengaine, siffla-t-il pour lui même, repensant à toutes les fois où Ness lui avait demandé des putains d'explications.  Elle s'attendait à un déclic, et qu'ici se joue une scène mélodramatique et romantique à souhait. Le cliché des grandes accolades, des déclarations d'amour enflammées à gerber sur le quai d'une gare, et à l'heureux pour toujours. Mais ça n'allait pas se passer de cette manière, et Finn le lui expliquait de la façon la plus odieuse qu'il ait trouvé. Réalisant qu'il s'emportait, comme toujours, pour rien et qu'en la jouant de cette manière, il allait la convaincre un peu plus de faire une grossière erreur, Finn se mordit les lèvres et retrouva un petit calme. Un calme précaire, mais qui serait amplement suffisant. « .Ness. Si je suis venu, c'est parce que tu m'as laissé ce message. Tu voulais que je vienne, et je suis là. Alors ne me demande pas ce que je fous là, et ne me fais pas l'affront de me demander de me casser, et de te laisser vivre ta prétendue nouvelle vie. » acheva-t-il, plus détendu. Voilà des explications. Elle ne gagnerait rien de plus de lui à ce sujet. Pourtant ses mots suivants eurent le mérite de le toucher. Ou au moins l'ébranler. Assez pour qu'il fixe sur elle un regard vide, et n'ouvre ses grands bras sur elle alors qu'elle fondait en larmes. Il enroula une étreinte ferme, et tiède tout autour de ses épaules. Elle paraissait si petite, perdue au milieu de ses bras qu'il déposa son menton sur sa longue chevelure blonde, laquelle dégoulinait sur les manches de sa veste. « .J'suis pas un mec pour toi. Tu le savais depuis le début, et bizarrement, j'ai pas essayé de te prouver le contraire. » qu'il confirme, toujours lancé dans son idée de ne pas la ménager malgré ses larmes. Il aurait pu, et largement. Il aurait pu lui sortir son meilleur jeu d'acteur, lui faire croire qu'il trainait une réputation d'enfoiré qu'il méritait absolument pas et l'aurait embobinée en beauté comme il le faisait avec trop d'autres. Mais il ne l'avait pas fait, et s'était même restreint à la respecter. Après s'être paisiblement détaché de son étreinte, il prit soin de déposer ses deux paumes tièdes sur ses épaules, et fixa un regard presque tendre sur elle.   « .Mais au moins j'ai répondu à ton appel, comme à chaque fois, et je vais arranger la situation parce que… putain Ness, tu peux pas faire des trucs comme ça. Partir à l'aventure sans rien dans les poches, ça marche que dans les films. T'es une gentille fille, tu mérites au moins une vie confortable. Pas de vivre dans une auberge de jeunesse à la con où tu paieras un loyer dérisoire pour récurer les carreaux dégueulasse de la salle de bain commune. » Comme ce serait très probablement le cas ici. L'une de ses commissures s'étira en un petit sourire, et d'un mouvement délicat, il estompa les larmes qui tombaient encore sur ses joues. « .T'avais un appart' à Salem. Et un boulot. Alors d'accord, ici y a le soleil, la chaleur et un gros pont tout rouge, mais bon… Au moins t'avais quelque chose de correcte là-bas. » D'accord, sa vie était loin d'être aussi dorée que ce qu'elle méritait, et rêvait, mais au moins elle n'avait pas à se soucier d'où elle pourrait bien dormir la nuit suivante. « .Je suis désolé pour ton père. Pour de vrai. Désolé. » ajouta-t-il, sage et toujours aussi sincère. Chez Finn, la sincérité pouvait avoir du bon, comme du très mauvais. Mais dans ces moments, il était aussi capable de faire du bien. Pour une fois. Le père de Ness était un bordel ambulant, rien de particulièrement bon pour sa fille. Pour Finn, sa mort enlevait un poids conséquent sur les épaules de la jeune femme. Plus personne ne dépendait d'elle, et inversement. Toutefois, il ne pouvait s'imaginer sa réaction si son père venait à mourir. Ca arriverait un jour, et il était fort probable qu'aucune larme en viendrait tracer son sillage sur sa joue. Pour son frère en revanche… Chassant l'idée de son esprit, il poursuivit : « .Mais c'est pas une raison pour foutre ta vie en l'air comme il l'a fait. » Et c'est exactement ce qu'elle était en train de faire ici. « .Y a un train pour Salem dans une petite heure, et je compte sur toi pour le prendre. On va te prendre un billet, et attendre qu'il arrive. Ma mère est déjà au courant pour l'appartement, t'auras qu'à t'installer à nouveau et si t'as besoin, je passe un coup de fil à un pote qui te dégotera un nouveau boulot. » finit-il par conseiller, ramassant au passage sa valise qui trainait sur le quai.

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