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 Wherever I go, the past seems to follow me ♣ Hassandre.

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MessageSujet: Wherever I go, the past seems to follow me ♣ Hassandre.   Sam 12 Mar - 21:03

Wherever I go, the past seems to follow me
Hadès & Melissandre




Des rires éclataient, les murs tremblaient ; Hadès, gagné par une douce allégresse se laissait aller au bras de Meleya.  Depuis six semaines qu’il logeait à Salem, la jeune femme avait été une voisine modèle. Échanges de sel, prêts de blu-ray, sorties en ville et confidences, la demoiselle s’était désormais mise en tête de lui trouver une âme sœur. Tâche ardue, pari risqué. Il était d'ailleurs prêt à parier qu’elle n’y arriverait pas et reculerait devant la difficulté de l’exercice. Le visage entre les mains, le trentenaire se massait délicatement les tempes, frictionnant ses paupières par moment. La nuit passée avait été de courte de durée et la fatigue, inévitable, pointait peu à peu le bout de son nez. Levé depuis bien avant quatre heures du matin, l’américain avait revêtu son costume de malfaiteur et rejoint une bande de malfrats dans les méandres de la ville. S’il avait été obligé de sévir dans les dédales de la commune, cette mission d’infiltration, unique raison de sa mutation, l’affectait plus qu’il ne voulait bien l’admettre. Installé autour d’une table de salon, Hadès respirait les effluves d’un café dûment préparé tandis que son hôte répondait à un appel, semblait-il important. Aux vues des sons émis par l’appareil, la personne à l’autre bout du fil devait être une femme. Probablement une charmante créature dont il ferait prochainement la connaissance. Délaissant sa tasse encore brûlante, le trentenaire se déplaça en direction de la baie vitrée du petit appartement. Pour le moins différente de Vegas, la skyline ensoleillée de Salem permettait en cette matinée de parfaitement distinguer les contours de ses plages. Il devait être onze heures lorsque Meleya raccrocha, une lueur de victoire dans le regard. « Je viens d’avoir une idée fantastique. » commença-t-elle en guettant la réaction d’Hadès qui, intrigué, haussa un sourcil. « J’espère de tout cœur qu’elle va te plaire, tu me remercieras par la suite. » Les traits plissés, immobile, le grand brun attendait patiemment qu’elle lui en dise davantage. Mais la jeune femme avait l’air décidée à le laisser se débattre dans le plus grand des suspenses. Rien qu’au timbre de sa voix, il comprenait qu’il n’en saurait pas plus. La patience ne faisant pas partie de ses innombrables qualités, il espérait secrètement que la surprise serait de taille, méritant ce sentiment d’ignorance soudain, aussi infime soit-il. Diverses idées se chevauchaient dans son esprit, plaisantes et avisées, extravagantes et vides de sens. Sans l’avouer ou le montrer, il éprouvait un certain embarras et ne se réjouissait pas de perdre le contrôle de la situation. Glissant les mains dans les poches de son jean, il appuya son épaule contre la surface translucide et se tourna vers Meleya. Ses longs cheveux aux reflets chocolats étaient relevés en une queue de cheval dont d’innocentes mèches venaient rehausser son teint pâle et ses lèvres, habillées d’un gloss nacré, paraissaient plus fines qu’à l’accoutumée. « J’ai beau n’occuper l’appartement d’en face que depuis un peu plus d’un mois, je connais ce regard Mele’. Je suis d’ailleurs à peu près sûr qu’il s’agit de Kenzo. » Levant les yeux vers lui, la jeune femme semblait surprise qu’il ait lu en elle comme dans un livre ouvert et s’empressa de reprendre cet air continuellement serein qu’on lui connaissait bien. Elle était sur le point de formuler une réponse lorsque la sonnerie de l’appartement retentit. Attendait-elle de la visite ? Se redressant, l’américain fit volte-face en direction de la porte d’entrée qui ne tarda pas à s’ouvrir. Puis, il crut mourir. « Melissandre. » prononça-t-il en dans un souffle, avec toute la difficulté du monde. Stoïque, il ne savait plus comment agir face à cette apparition pleine de souvenirs. Son amie l’avait, sans le savoir, placé dans une position difficile. Une posture où il perdait indubitablement pieds et où, même avec l’infinie volonté qu’il avait ne pas s’effondrer, Hadès sentait les traits de son visage se crisper et les muscles de son corps se contracter. Un silence lourd s’était installé entre eux, donnant un caractère pesant à ce moment qui se voulait si serein au départ. Il avait cette envie folle de récupérer sa veste et de s’en aller le plus rapidement possible. Seuls quelques mètres le séparait de la sortie, quelques stupides centaines de centimètres. Mais il rejeta vite cette pulsion viscérale de son esprit. Les années avaient passées et l’agent était dorénavant en mesure de faire bonne figure. Du moins, il le fallait. « Tu es donc de passage à Salem ? » la questionna-t-il en s’éclaircissant la voix. Il se souvenait à l’exactitude de chacun des traits de son visage, de chacune des impulsions de sa voix; et c’en était troublant. Soutenant ses prunelles azurées, le trentenaire retrouvait cette petite lueur de fougue qui n’appartenait qu’à elle. Face à l’expression médusée de celle qui était sa voisine, Hadès comprenait qu’un dangereux engrenage venait de se mettre en marche. Alors qu’il avait pensé ne plus la revoir, Melissandre Kaler se tenait là, devant lui et se trouvait être la réponse à ses interrogations. Plissant légèrement les yeux, il la détaillait dans son ensemble, remarquant soudain un pendentif qu’il connaissait bien. Un bijou de toute beauté qu’il avait un jour sélectionné avec soin pour une jeune femme exceptionnelle. Cette femme. S’il était étonné, il n’en laissa rien paraître et, bien qu’une unique question lui brûlait les lèvres, il se résigna à patienter. Un peu. « Comment se présente ta carrière ? » Meleya s’étant isolée et ne sachant quel sujet aborder, l’héritier Hawkins se contentait de poser des questions d’une banalité exacerbée. Du temps où ils ne faisaient qu’un, la jeune femme était une magicienne reconnue et adulée de tout Las Vegas. Encore aujourd’hui, il ne doutait pas que sa réputation soit restée inchangée. « J’imagine que tu es toujours à la recherche de numéros plus époustouflants les uns que les autres. » dit-t-il d’une voix assurée. Melissandre avait le goût du danger, du jamais vu. Elle avait rarement eu peur de la difficulté ou des défis à relever. La magie était son art et elle était sa parfaite incarnation. Une véritable muse tant pour les moins expérimentés que pour les plus aguerris. Elle l’avait fasciné autrefois, par sa grâce et son talent, sa beauté et sa frénésie. Et à cet instant encore, elle ne le laissait pas indifférent. « Je pourrais peut-être t’inviter à dîner un de ces quatre. » commença-t-il. « Je loue l’appartement d’en face depuis quelques semaines. » Puisque le destin les avait à nouveau poussés l’un vers l’autre, peut-être pourraient-ils être amis...

FLASHBACK – octobre 2013 - « Installe-toi ma puce. » Les pupilles scintillantes, Hadès se pavanait fièrement dans leur appartement de Las Vegas. Livré à lui-même tout l’après-midi, le jeune homme avait organisé une soirée romantique pour sa belle, suivie d’une nuit torride dont il espérait qu’elle se souvienne encore longtemps. La cuisine n’était véritablement pas son fort mais il avait souhaité, cette fois-ci, faire un effort qui serait à coup sûr remarqué. Il avait, pour l’occasion, dressé une nappe d’un blanc éclatant parsemée de pétales aux tons carmins sur laquelle trônait une sublime rose rouge fraîchement cueillie. On pouvait retrouver le même type de décoration dans la chambre à coucher où deux coupes d’un champagne brut millésimé les attendaient. Ce fut au moment où l’héritier Hawkins sortit un plat du four que les choses n’évoluèrent plus comme il l’avait prédit. Tandis qu’une odeur de brûlé se répandait dans la pièce, les traits d’Hadès se crispèrent. Manifestement déçu, il adopta une moue boudeuse qui la fit rire aux éclats. Esquissant un sourire à son tour, le grand brun vînt se placer derrière Melissandre. « Ce n’était pas ce à quoi je m’attendais. Mais je peux encore me rattraper sur autre chose… » lui murmura-t-il à l’oreille. Sa voix se voulait suave et pleine de sous-entendus. Déposant des baisers brûlants de désir sur la nuque de sa belle, il entremêla ses doigts avec les siens puis la guida tout droit en direction du septième ciel.


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MessageSujet: Re: Wherever I go, the past seems to follow me ♣ Hassandre.   Ven 18 Mar - 22:44

[flashback]Sa main chevrotante troublait sa vue, concentrée sur le bâtonné immaculé qui réglait son temps de vie à la seconde près. Les minutes défilaient et sa perception prenait le large aussi vite que son courage. Son souffle était coupé. Presque inaudible. Peut-être avait-elle tout simplement arrêté de respirer complètement et qu’elle avait décidé d’assouvir la seule réponse à ses questions les plus candides. « Tu fais quoi quand t’as un gosse qui va briser ta carrière ?, « tu fais quoi si t’as pas envie d’être parent ? », « Quest-ce que je vais lui dire… ». Ca se bousculait, se dispersait et revenait en rampant tels des reptiles cruels qui salissaient l’univers logique de sa boîte crânienne. Melissandre se laissait perdre vers les troubles que lui apportait une réponse à ses questions qui commençait à la ronger petit à petit, doucement, d’une manière des plus nuisibles, il y a près d’un mois. Enceinte que le test lui offrait pour seul et unique châtiment. La jeune femme s’écroulait sur le sol, se répandait en crise de gamine qui se ferait punir par ses parents. Elle aurait presque pu taper des pieds, hurler à la mort jusqu’à ce que quelqu’un lui prête secours. Non, elle refusait l’éventualité même de tout arrêter, d’oublier cette existence qu’elle avait jusqu’alors menée, comme seul but, attendre le sommet. Melissandre elle avait aimé de nombreuses fois mais pas à ce point là. Mais il était suffisant. Lui, dans sa vie, quand elle n’aurait dû que se contenter de son unique présence et de son travail qui était bien plus important que le reste. Mais Mel elle avait le cœur aussi accroché au reste et elle n’avait réussi à faire comme sa mère qui le faisait entrer dans les jeux, qu’elle créait et maniait à la perfection, dès qu’il en était possible. C’était lui et elle plus son travail mais rien d’autre. Il ne pouvait y avoir d’autre option.  Mel qu’est-ce que tu fais ? Le film commence ! Un bon vieux film en noir et blanc. Elle l’avait supplié de prendre la vidéo dans l’une de ces vieilles boutiques qui pariaient sur les amateurs des temps anciens pour continuer à faire recette. Un peu plus haut dans la rue, ils avaient trouvé leur cliente idéale. Melissandre, belle fille compromise par la vie de Vegas qui ne jurait que par le beau d’avant, l’ancien, ce qui était présent avant sa naissance et offrait un peu de réconfort devant toutes les misère de la corruption dans laquelle, elle se vidait les sens chaque jour durant… J’arrive… Qu’elle lançait en dissimulant les preuves qui auraient pu tout changer. Elle le voulait pour elle seule, rien d’autre ne devait entraver ce qu’elle avait déjà accepté d’obtenir et de garder dans sa vie. Ainsi, elle effaçait les striures qui barraient ses joues et avançait enfin dans le salon après avoir refermé la porte de la salle de bain. Un sourire naissait sur ses lèvres pendant qu’elle se lovait dans ses bras, ses pieds repliés sur le cuir usé du sofa. C’était une actrice et le show continuait… [/flashback off] Oui j’arrive. Non je ne veux pas de tes plans foireux, je ne suis pas à l’article de la mort car je n’ai personne dans ma vie. Je vis très bien seule et le jour où je déciderais d’avoir quelqu’un, j’accepterais peut-être une réelle invitation de mes prétendants. Que la belle blonde débitait en accélérant pourtant le pas. Curieuse de nature, Melissandre se demandait qui était l’homme qui séjournait dans le salon d’une de ses plus proches amies depuis son arrivée à Salem. Des nouveaux dans la ville c’était aussi rare que des touristes qui ne parlaient pas de sorcellerie au détour d’une ruelle de la ville mythique. Mel avait besoin de faire des rencontres. Elle se sentait dériver depuis quelques jours, devenir parano, bercée par sa folie du mieux, toujours plus, toujours plus loin. Elle se tuait à la tâche mais sa carrière prenait l’eau. Pourquoi avait-elle fui Vegas ? Parce qu’on avait tenté de l’assassiner et qu’elle avait perdu beaucoup plus que son numéro le plus prometteur. Alors faire un essai ne faisait pas de mal. Son beau-père avait tout arrangé, quelques billets, une influence disproportionnée et elle avait eu sa place dans le plus grand théâtre de la ville. Mais Mel ne sortait pas, elle travaillait. Beaucoup trop selon Meleya qui, de toute manière, n’avait aucune idée de ce que pouvait préparer la jeune femme, plutôt attelée à ajouter des secrets sur elle plutôt qu’à en dévoiler les clés. Elle faisait résonner quelques coups contre le bois ébène de l’entrée et attendait le visage de son amie. Au lieu de ça, ses traits se crispaient, se couvraient d’un blanc maladif et son corps se murait dans une immense paralysie. Salut. Salut. C’était succinct, bref, déplaisant à l’oreille mais trop rapide pour émettre une intonation qui exprimerait bien trop son étonnement et le malaise qui l’empoignait brutalement. La cage thoracique pliée, elle s’avançait dans le salon sans même cesser de le fixer. Qu’est-ce que tu fais là Hadès ? Qu’elle l’arrêtait sur sa lancée en reprenant contenance. Il la suivait, c’était sûr. Il avait fini par retrouver sa trace et voulait quelque chose d’elle. Il avait apprit pour sa grossesse… Pire, peut-être qu’on l’avait lui aussi menacé … J’habite ici. Depuis peu. Il ne semblait vraiment au courant de rien et la regardait aussi dubitativement qu’elle le faisait, deux animaux en proie à se sauter à la gorge à tout moment, s’ils n’avaient pas eu chacun, la queue entre les jambes. Meleya tu… Un ami rencontré à Vegas, tu nous laisses ? Ca fait longtemps ! Que Melissandre disait avec un grand sourire embarrassé et si son amie ne se doutait peut-être pas de l’importance de la relation qui avait brisé ces deux vies, elle connaissait assez les moments délicats pour savoir qu’il était tant pour elle de s’échapper de ces retrouvailles inhabituelles et déjà bien trop pesantes.  Autant dire que pour Melissandre, il était hors de question de se livrer encore sur la sombre histoire… M’inviter à diner ? Je croyais que tu m’en voudrais toujours. Je n’ai eu aucune nouvelle de toi depuis… Tu vas bien ? Qu’elle soufflait entre ses lèvres, une fois assurée que son amie s’était effacée au travers d’un couloir. Oui, je réfléchis à un autre spectacle, ici, à Salem. Cela ne devrait étonner personne en vue de la réputation de la ville. La peur évinçait la rigueur dans sa voix, qu’elle voulait imposer afin de ne pas se montrer chancelante. C’était son regard. Cruellement dévastateur, accusateur même. Elle ressentait la brûlure de l’ironie. La situation bancale qui manquait à tout moment, de faire ressortir un flot d’émotions devant lesquelles, elle n’était toujours pas prête à faire face…
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MessageSujet: Re: Wherever I go, the past seems to follow me ♣ Hassandre.   Dim 27 Mar - 16:33

Wherever I go, the past seems to follow me
Hadès & Melissandre




Les pupilles miroitantes, elle l’observait terrée dans un mutisme qui prit fin dès qu’elle entrouvrit les lèvres. Succinctes et cinglantes, les paroles de la jeune femme se déversèrent en une pluie âcre et mordante, balayant l’air faussement serein qu’elle se donnait. Malgré ses talents d’actrice, le petit creux naissant à la commissure de ses lèvres l’avait toujours trahie face à lui. Et aujourd’hui encore, c’était le cas. Depuis qu’il était entré dans les forces de l’ordre en janvier 2015, Hadès avait développé une certaine aisance dans l’art de déguiser ses opinions. On lui avait enseigné les clés essentielles quant à la maîtrise des émotions et la suppression de quelques expressions nerveuses pouvant animer son visage. S’il savait en gommer la plupart, l’opération s’avérait être nettement moins fructueuse devant Melissandre. La sentencieuse et déplaisante locution de la jolie blonde l’avait grandement surpris. Loin d’être accoutumé à cette distance et à ce manque d’intérêt, le trentenaire se heurtait à un mur qui s’élevait dans un paysage nouvellement méconnu. « Comme tu peux le voir, je suis passé rendre visite à une amie. » répondit-il au spectre de la femme qu’il avait un jour aimé plus que sa vie. Un sourcil arqué, l’ombre d’un sourire amusé étirant ses lèvres, l’héritier Hawkins vint poser ses pupilles sur l’innocente silhouette de sa voisine. Abasourdie, elle ne disait mot et regardait se jouer devant elle une scène des plus impromptues. « Eh bien. Vegas ne te convenait plus ? » l’interrogea-t-il avec une pointe d’amertume. Jamais la belle n’avait eu l’idée de quitter la ville de tous les vices et péchés. Pas même pour lui. Sa carrière d’illustre magicienne passait sans cesse avant tout le reste. S’il n’avait su faire preuve d’abnégation autrefois, Hadès avait aujourd’hui pleinement conscience de ce que signifiaient les onze petites lettres composant le prénom de Melissandre. Elle avait l’art et la manière de le faire chavirer, en un sourire, un unique battement de cils. Elle donnait et reprenait, n’étant jamais acquise. Elle était à elle seule un diamant à l’état brut. « Le passé est le passé. » répondit-il froidement, observant sa voisine s’éloigner. Le pardon. Un terme qu’il ne connaissait que trop bien depuis son enfance et auquel il n’adhérait guère. On lui avait répété, d’ailleurs, tout au long de sa formation que la rémission était un signe de faiblesse et qu’elle n’avait pas lieu d’être. Une devise pleine de sens et à laquelle il croyait dur comme fer. Elle avait autrefois fait le choix de l’abandonner, de sacrifier tout ce qu’ils avaient, tout ce pour quoi ils s’étaient battus durant trois merveilleuses années. Et il lui en voulait. Une chose était sûre, sa décision allait bien au-delà de sa compréhension et jamais Hadès ne lui tendrait la main sur le chemin de la rédemption. Tout avait été rayé de la carte, leur histoire, leurs souvenirs communs, leurs projets d’avenir. Ne perdurait que cette sensation de vide inconcevable, inqualifiable, qui le consumait et le hantait. « Comment va Zach ? » demanda-t-il sans même prendre la peine de répondre à sa question. Zach. Quatre petites lettres fâcheusement irritantes lorsqu’elles résonnaient à ses oreilles et un mot lui venant en tête. Traître. Il avait beau ne pas le connaître, ne l’avoir jamais rencontré, le trentenaire haïssait chaque parcelle de son être. L’imaginant brun, blond, petit ou grand, l’héritier entrevoyait son reflet chaque fois qu’il posait le regard sur elle. Il tentait vainement de se contenir, de ne pas sombrer dans l’ironie et la perfidie, mais c’était plus fort que lui. Il se fichait bien de l’état de santé de celui qu’il nommait son adversaire et n’y voyait là qu’un simple moyen de faire entendre à celle qui fut sa belle qu’il n’avait pas oublié. Jamais. S’humectant les lèvres, il décida finalement de reprendre, plus complaisant. « Mon emménagement à Salem n’est l’affaire que de quelques mois. Ce dîner serait l’occasion parfaite de se dire au revoir pour de bon et de saluer les durs efforts de Meleya. » Sévères et inébranlables, ses paroles se devaient de provoquer un électrochoc. Chez elle, mais aussi chez lui. Pour la première fois depuis longtemps il était inquiet. Inquiet à l’idée de la revoir plus d’une fois, inquiet à l’idée de replonger. S’il ne savait comment l’expliquer, Hadès ressentait encore cette folle attirance, ce petit quelque chose faisant toute la différence. Son instinct lui dictait d’enserrer sa taille de ses mains larges et de retrouver le goût divin de ses lèvres. Sa raison, elle, le poussait véhément à fuir et immédiatement. « Je te fais confiance. Tu as toujours su choisir le meilleur pour tes représentations.  » déclara-t-il, laissant l’esquisse d’un sourire se dessiner sur son visage. Spontanément, il lui donnait l’occasion de déceler l’admiration qu’il avait toujours éprouvée à son égard. Pendant toutes ces années passées, rares étaient les fois où il l’avait complimentée et où il avait daigné assister à la mise en scène de ses nombreux talents. Mais pour ces choses-là, il n’était jamais trop tard.


- Juin 2015 - Dans les rues de Las Vegas

Le cœur en miettes, il transportait péniblement sa peine sous les lueurs diffuses de l’astre lunaire. Une effroyable douleur comprimait sa cage thoracique, il savait son cœur prisonnier d’une infinie tristesse. Condamné à n’être plus qu’une coquille vide, il errait détruit dans le tourbillon du Strip ; à travers les néons il partait en quête d’une délivrance. Dans sa chute vers l’agonie il tentait de la supprimer de son esprit, mais elle restait désespérément ancrée dans les méandres de son âme. D’un geste vif l’héritier Hawkins desserra sa cravate qu’il laissa lourdement tomber au sol. Quelque part entre deux édifices aux grandeurs démesurées, Hadès savait qu’il n’oublierait jamais rien d’elle. Ni la forme de ses mains, ni le goût de sa peau, ni l’intensité de son regard. Il entendait encore son rire cristallin résonner aux creux de son oreille, comme si c’était une mélodie dont il ne se passerait jamais. Presque inconsciemment il repensait à ce jour où, pour la première fois, elle s’était abandonnée à lui, laissant ses larges mains effleurer sa chair et épouser les courbes parfaites de son corps. Pendant tout le temps qu’avait duré leur étreinte, ses sens avaient été comme amplifiés. Il avait senti son cœur cogner dans sa poitrine et le bruit puissant de sa respiration. Leurs lèvres s’étaient cherchées, leurs souffles s’étaient mêlés ;  ensemble, ils s’étaient couverts de tendres baisers devenant presque morsures, des baisers dans lesquels chacun avait atteint ce qu’il y avait de plus intime en l’autre. Il avait alors plongé son regard dans le sien, se livrant à elle, lui murmurant ses plus beaux mots d’amour. Elle portait ce fin collier d’argent qu’il lui avait offert pour son anniversaire. Un pendentif rarissime qu’il avait acheté dans la perspective que la vie la ramènerait toujours à lui. Une conception fort idéaliste si l’on en croyait l’état dans lequel il se trouvait aujourd‘hui. Pathétique et esseulé, il se sentait défaillir ne sachant plus où poser les pieds. Poussant les portes d’un établissement à l’enseigne clignotante, le trentenaire se laissa choir sur un vulgaire tabouret près d’un bar. « Un Whisky. » lâcha-t-il, complètement détaché.  À cette heure avancée de la nuit, il se fichait bien de ressembler à une épave et de finir saoul dans les rues de Vegas. Peut-être croiserait-il, par chance, les sbires de son paternel qui se ferait une joie de lui débiter un nombre affligeant de remontrances. Une soif de pouvoir frôlant le zéro, un sens des affaires peu développé, un goût bien trop prononcé pour la simplicité. En définitive, ce n’était jamais assez. « Un autre. » lança-t-il d’un ton plus affirmé encore. Il se devait d’oublier, de tout effacer jusqu’à la dernière bribe de souvenir. Sur le comptoir en bois laqué trônaient les quelques verres vides qui s’amassaient au fur et à mesure qu’il les buvait. S’emparant du smartphone qui traînait au fond de sa poche, Hadès fit défiler les photos enregistrées. Sans attendre, il supprima des clichés pris lors de leurs premières vacances à deux, des diverses surprises qu’il lui avait organisées, des vidéos de leur quotidien et des fous rires qu’ils avaient partagés. « Encore un. » réitéra-t-il, soudainement chancelant. Assis sur son siège, son esprit vacillait entre les pensées floues qu’il lui restait et un mal de crâne qui peu à peu surgissait.


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MessageSujet: Re: Wherever I go, the past seems to follow me ♣ Hassandre.   Jeu 7 Avr - 20:26

Elle avait entendu ses cris dans son sommeil, un écrin menaçant et inquisiteur qui l’avait poignardé dans le plus obscur de ses rêves, là où l’innocence se préservait encore au fil d’un rasoir aiguisé qui pouvait le cisailler à la racine, à la moindre lueur de lucidité, dans un réveil gorgé d’angoissants mirages. Melissandre rêvait beaucoup, elle se réfugiait dans ce monde idéal ou elle semblait ne plus exister. Il n’y avait aucune contrainte, seulement de belles images qui s’agitaient au gré de ses plus profondes envies. Ses désirs étaient les plus précieux mais les plus détestables car elle peinait à les réaliser tous à la fois. Indomptable indécise,  la fille du feu créait elle-même ses propres illusions utopiques pour émerveiller les autres et se bercer elle-même de l’irréalité surabondante dans laquelle elle s’exprimait sans crainte d’une chute des plus épiques. Hadès était omniprésent dans ses plus profonds sommeils. Toujours une main tendue, un regard d’ivresse berçant ses nuits. Certaines fois il la touchait avec amour, reprenait possession de sa peau brûlante d’extase et d’espoir. Lors d’autres évasion relevant de la fiction, son regard la parcourait en laissant un frisson haletant parcourir sa nuque jusqu’à son échine mais cette lueur plombant et désinvolte, n’avait rien de plaisant. Il la tenait responsable de toutes ses blessures et l’inondait d’une affligeante douleur de responsabilités qu’elle n’aurait su porter. Ses erreurs prenaient le dessus sur le moindre de ses desseins. Elle avait fui Vegas sans se donner une réelle explication et aujourd’hui, elle courrait les salles de spectacle pour se redresser sur les planches à défaut de s’élever personnellement. Il se tenait devant elle dans la plus grande des ignorances. La tension s’accumulaient, se dispersait, prenait peu à peu possession de sa respiration, de son cerveau malmené à perpétuité pour un crime qu’elle aurait commis dans sa plus grande impuissance. Qu’avait-elle fait hormis rejeter le plus précieux présent qu’on aurait pu lui offrir. Melissandre s’était battue et avait perdu en délaissant toutes les armes au moment même où elle aurait pu apercevoir la lumière blafarde et timide de la victoire. Il la regardait comme cette inconnue qui aurait frôler sa vie telle un épouvantable ravage pour le laisser pillé et débordé de doléances abjectes. Qu’elle aurait aimé retrouver son sourire, cette chaleur douce et puissante qui avait plus d’une fois, amenée son propre visage à s’émerveiller de sa réalité au lieu de ses belles parades qu’elle confectionnait durant la majorité de son temps libre. Meleya ne m’a jamais parlé de toi. Comment aurait-elle pu. Melissandre avait toujours remarqué avec quel mépris ses pensées se désordonnaient lorsqu’elle se retrouvait devant une situation qu’elle ne pouvait absolument plus contrôler. Comment aurait-elle pu. Elle comprenait que dans la réalité, aucune solution n’était possible pour acquérir un discernement immuable à chaque instant de sa vie. Pourtant, elle avait l’impression que sa mère avait toujours eu la commodité presque parfaite de mener sa vie et ses sentiments au gré de la lettre. Chaque soupçon de son visage, au changement propice de ses traits, semblaient facilité par cette accoutumance à s’extérioriser avec le plus grand des examens. Soit son intelligence était surdéveloppée, soit son passé avait créé en elle un rejet de tout bon fonctionnement humain. En soit, Melissandre se sentait aussi détraquée pour avoir l’envie d’imité son comportement le plus primaire et censuré. Tu sais que j’ai toujours adoré cette ville. Je ne pourrais jamais m’en défaire totalement. Mais les derniers évènements m’ont fait comprendre qu’il était tant pour moi d’explorer d’autres facettes du monde que je n’espérais pas. Melissandre tentait vainement d’émettre des sons audibles et aux apparences des plus trompeuses. Dans le cercle infiniment rétrécie qui les liait tous les deux, elle aurait voulu à l’instant sentir son souffle chaud et rassurant sur sa joue pour humer son parfum qui la comblait d’adoration. Aujourd’hui, la jeune femme était à la pointe d’une névrose que ni lui ni elle, ne pouvait guérir. Elle ne répondait pas. Le passé s’effaçait dans son regard ou du moins, c’est ce qu’il tentait de lui faire comprendre. La douleur reprenait, lancinante, un fouet qui crachait dans les airs sa fournaise pour dépecer sa peau et éclater sa chair de griffures incurables. Le magnétisme opérait pourtant, toujours et elle sentait son cœur se réchauffer, émettre des bons électriques au cœur de sa poitrine sauvegardée par les peines depuis le rejet d’une vie bien établie à ses côtés. Tu lui demanderas lorsque tu le croiseras. Il habite à Salem aussi. Melissandre n’avait aucune idée de la manière dont Hadès était au courant pour Zach et elle et à vrai dire, elle ne voulait sûrement pas savoir les stratagèmes pervers qu’il aurait pu mettre en place pour comprendre les liens qui régissaient cette perverse relation qu’elle entretenait avec l’homme qu’elle haïssait au plus au point sans pouvoir lui refuser la moindre de ses obsessions exacerbées de sens. Sa voix froide et saccadée montrait la fuite et le désarroi déplaisant qui la gagnait à cette pique nonchalante qu’il avait projeté dans les airs. Melissandre avait été naïve, interdite à toutes couleurs et beauté de langage mais aujourd’hui, elle reprenait la main pour couvrir son manque probant de conscience. Elle avait tout perdu et le savait depuis bien longtemps. Oui, tu as raison… Non, en aucun cas. Elle le détestait d’imaginer une seule seconde renforcer cette précarité sentimentale qu’elle ressentait au cœur même de son palpitant. Chaque seconde à ses côtés lui ordonnait de partir à la vitesse de l’éclair dans les grandes rues bordées de fantaisistes boutiques de Salem. Merci. Mais ne me dis pas ça pour me faire plaisir. Je sais que tu n’as jamais apprécié réellement mon travail… Sa voix était plus distante, pleine de remords et de regrets cachés qu’elle dissimulait en pointant enfin son visage blessé vers le bas. Melissandre avait su le jour où elle se noyait dans ce bassin de verre qu’elle le perdait si elle continuait. Le chemin s’était éclairé et elle avait pris l’autre, plus sombre, tortueux et solitaire. Dinons ce soir. Je n’ai rien de prévu. Elle voulait en finir au plus vite. Ou ne plus tourner les talons une nouvelle fois pour lui dire au revoir. Mitigée et inconstante, elle s’arrachait un sourire pour lui offrir à tord. L’amour était éternel, enfermé dans une bouteille de verre qu’elle avait caché sur les étagères de sa maladresse et il venait, sous le coup du destin, de s’écraser au sol pour faire ressortir ses plus beaux mystères comme ses secrets les plus embarrassants. Non. Je vais sortir et… Te laisser continuer tes… Ta … Et quoi d’ailleurs ? Melissandre redressait ses cils papillonnants vers le jeune homme, encore plus décontenancée que la seconde où son regard s’était posé sur lui. Meleya n’est que ton amie c’est ça ? Melissandre goguenarde désirait tourner les talons et se ravisait la seconde d’après. D’une hésitante immaturité, elle délivrait sa plus belle prestation de maladresse possible. Tu devrais la prévenir si tu as quelqu’un dans ta vie ou que tu cours les filles. Tu étais comme ça avant et je n’ai aucune envie que tu lui fasses du mal. La jalousie s’exprimait soudainement bien mal et dans son regard, la colère répondait à la discorde qu’elle créait en lui.

Je vais me marier avec lui. Je sais qu’il va me le demander. Demain, dans un an, peu importe. Sa mère et son beau-père se tenait de part et d’autre de l’immense table de séjour qui trônait fièrement dans le penthouse d’un des hôtels les plus élégamment vêtue d’une tour de verre, frôlant les hauteurs du ciel, jamais voilé de Vegas. L’homme, puissant mania des affaires, l’un des rois incontestables de la ville, finissait de lire son journal pour acquérir un sourire façonné avec soin sur ses lèvres charnues. Melissandre. Il a l’air d’être quelqu’un de bien mais je ne te laisserais pas épouser n’importe qui. J’ai déjà quelqu’un sur l’affaire. Lorsque j’aurais les informations nécessaires, je te donnerais mon consentement mais jusque là, c’est qu’un voleur de plus qui tenterait par ton biais, d’accéder à des requêtes que je pourrais assouvir. La jeune femme tombait des nues et si, elle connaissait parfaitement les intentions de son beau-père, elle savait aussi qu’il n’était pas judicieux de le contrer. Je vais habiter avec lui. Tes inspecteurs ne trouveront rien. On est plus au moyen-âge,  j’ai le droit de décider de ce que je veux ! Qu’elle disait le ton montant au cœur de sa gorge serré par le courage qu’elle s’ordonnait de faire naître pour éviter de défaillir face à la figure paternelle imposante et toute puissante. Sa mère se levait pour apaiser le futur drame qui se mettait en place, pièce par pièce. Mel est responsable depuis son plus jeune âge. Mais il a raison. Nous devons nous méfier des opportuns et tu devrais toujours garder en tête qu’une femme, dans ce monde et surtout concernant son cœur, doit apprendre à garder une retenue. La belle blonde levait les yeux au ciel. De la retenue, elle n’en voulait pas. Elle aimait sans espoir, sans jeux de mot, sans équivoque. Elle l’aimait comme jamais elle n’avait aimé. Il était son premier et serait son dernier, une évidence pour la petite fille qui sommeillait en elle et qui, ne l’avait jamais quitté depuis la mort de son père. Ta vie c’est ta passion Mel, ce n’est pas l’amour. Tu le découvriras par toi-même au moment où tu devras choisir. La jeune femme se redressait, longeait la table de bois ancestrale et mastodonte pour défier l’unique homme qui avait su rendre sa mère richissime. Jamais je n’aurais à choisir. Et de sa plus haute certitude, le menton redressé en une menace ombrageuse pour l’intimer d’oublier ce qu’il pensait savoir de la vie, du monde et de l’être humain, elle sortait de la pièce pour rejoindre celui pour lequel, elle avait enfin haussé le ton contre l’homme qui lui avait tout donné.
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MessageSujet: Re: Wherever I go, the past seems to follow me ♣ Hassandre.   Dim 24 Avr - 23:54

Wherever I go, the past seems to follow me
Hadès & Melissandre




« J’ai sans doute omis de lui dire que tu t’étais réfugiée dans les bras d’un autre, après t’être presque noyée sous mes yeux, quand j’imaginais passer le reste de ma vie avec toi.  » Il avait fait l’erreur, deux minutes plus tôt, d’abaisser ce masque qu’il portait en permanence depuis de nombreux mois déjà. Seul à bord d’un navire menaçant de sombrer, il transportait avec peine cette multitude de faux semblants qui l’empêchait de partir à la dérive. Marin solitaire arpentant les planches du Titanic, futur rescapé d’un naufrage inévitable, il était incontestablement pris au piège par son seul obstacle au bonheur : Melissandre.  « Tu te souviens de ça ?  » demandait-il, son regard soutenant le sien comme pour lui signifier qu’il était inutile d’essayer de se décharger de toute culpabilité. Le cœur battant, il avait la détestable impression d’haleter, brûlant du désir de la secouer et de peut-être dépasser les limites qui le caractérisaient. Depuis qu’elle avait franchi le seuil de cette porte, la jeune femme avait fait resurgir en lui de vieux démons jusqu’alors reclus dans les tréfonds de son âme. Ses lèvres à elles seules étaient un appel au vice, une tentation divine, son propre péché originel. Immobile les poings serrés au centre de la pièce, Hadès ressassait leurs destins continuellement liés. La surprise encore présente exaltait ses sens et l’adrénaline s’écoulant à flot dans son sang tanguait dans ses artères vermillon. Tournant son visage de trois quarts, il laissa apparaître la ligne à la fois puissante et élégante de sa mâchoire ; le son des violons résonnait dans ses oreilles, annonçant la descente aux enfers du paquebot de rêve. « De quels derniers événements parles-tu ? » répondait-il instinctivement, reposant les yeux sur elle. Sylphide de son cœur et de son amour impérissable, elle déversait son venin aphrodisiaque chaque fois que son regard rencontrait ses iris bleu clair.  Si le feu ardent de la passion perdurait, tout son corps était tendu, comme sur la défensive, paralysé par la pensée de leur histoire passée et par le caractère inévitable de la confrontation qui les attendait. Il s’approcha d’elle, sa stature impérieuse grandissant de secondes en secondes. Le trentenaire adopta un air interrogateur, emporté par la conviction soudaine qu’elle ne se livrait qu’à moitié. C’était une chose étrange que Melissandre lui donne une réponse aussi vague, et il se montrait plus inquisiteur encore, soucieux de connaître la cause de ses tracas les plus intimes. Après tous ces mois d’absence, Hadès se surprenait à sempiternellement ressentir ce sentiment d’inquiétude à son égard, ce souhait absurde, cette volonté irrationnelle de toujours lui apporter le meilleur. C’était une promesse qu’il lui avait faite des années auparavant et qu’il tenait immanquablement depuis le premier jour.  Puis les paroles de la magicienne s’abattirent sur lui avec une force sans pareille. « Je m’en contrefous Mel’ ! » s’écriait-il enfin, le regard tendre et implorant. Zach était tellement frivole. Il savait déjà, ayant eu des échos de son comportement que leur vie commune, si elle le choisissait, serait artificielle : pleine de silences, d’incompréhensions et de nuits sans amour. Et contre toute attente, il ne pouvait envisager cette option. S’il songeait à cet autre ne serait-ce qu’un seul instant, il imploserait. « Si tu avais ouvert les yeux, tu te serais rendue compte que j’admirais ta façon d’illuminer la scène, d’émerveiller les enfants, de faire naître des sourires instantanément. » Il reprit son souffle, s’humectant les lèvres. Les prunelles scintillantes tournées vers la skyline ensoleillée de Salem, il repassait les images de leur relation oubliée qui se déroulaient dans son esprit comme un vieux film au rythme saccadé, et le cœur gros il lâcha un soupir. Un soupir douloureux qui lui écorcha le myocarde, le laissant à vif et sanguinolent. Tout n’était qu’une boucle malsaine, un recommencement perpétuel. Ensemble ils franchissaient des montagnes, atteignaient des sommets, mais ils chutaient de haut, de si haut que le choc en était mortel. « Ne t’imagines pas qu’il accourra  pour te sortir de ta prison de verre lorsque ça arrivera. » reprenait-il d’une voix basse et froide. Les sourcils de Melissandre se froncèrent d’une façon émouvante, il avait la sensation qu’elle se mettait presque à trembler, le regard larmoyant. Sentant son smartphone vibrer de manière continue dans le fond de sa poche, il l’attrapa et rejeta l’appel entrant à l’aide de son pouce. Lloyd. Sans doute avait-il des informations sur leur affaire en cours. Une sale histoire dans laquelle trempaient par soif de pouvoir et par abandon de dignité, des hommes haut placés. Pourtant loin de Vegas, il avait parfois l’impression que la ville du vice se matérialisait dans la noirceur de la nuit et ce peu importait l’endroit où il se trouvait. Un insidieux sentiment de nostalgie lui étreignit la poitrine. C’était donc cela que le manque de sa ville natale, le mal du pays. Chaque souvenir était une suspension du temps, une vague fugace de plénitude creusant un trou béant au milieu de son palpitant. « Bien. Disons le Finz, à 20 heures. Je passerai te prendre à 19h30. » annonçait-il comme une invitation à lui transmettre son adresse. Il se demandait ce qu’il se passerait après, les yeux rivés sur elle une fois de plus. Et malgré le tiraillement entre ses différents sentiments, le trentenaire ne pouvait s’empêcher d’apprécier la tournure que prenait l’événement. « Et si je te disais qu’elle est bien plus que cela. Qu’est-ce que ça changerait Mel’ ? » murmurait-il en s’approchant, toujours plus près. Un mince sourire se dessinait sur son visage tandis que l’envie de l’embrasser lui brûlait les lèvres. Il se tenait droit et à quelques centimètres d’elle, la regardant d’un air amusé teinté d’un autre sentiment qui s’apparentait nettement à du désir. La petite voix criarde dans sa tête lui dictait de caresser sa peau, de la défaire de ses vêtements et de la renverser voluptueusement sur le sofa ; mais il n’en fit rien. Il n’était pas question de baisers volés et de relations charnelles sans lendemain. S’il devait replonger, ce serait pour de bon.  « C’est la seule chose que tu as trouvée ? Remettre sur le tapis mes erreurs passées ? » S’il avait été un homme à femmes, l’héritier Hawkins s’était assagi depuis. Tous ses efforts déployés depuis des années venaient de s’anéantir, laissant place à une colère qu’il ne pouvait alors plus contenir. « T’ai-je déjà blessée Mel’ ? Je t’ai tout donné. Et qu’as-tu fait si ce n’est détruire tout ce qu’on avait ? Tu pourras garder cette alliance en pendentif autant que tu le voudras, elle ne te donnera pas meilleure conscience.  » Comment avait-il réussi à articuler ces quelques mots ? Il l’ignorait. Mais elle avait déclenché en lui l’échec et mat, le dernier coup d’une partie laissée en suspend depuis bien trop longtemps...

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MessageSujet: Re: Wherever I go, the past seems to follow me ♣ Hassandre.   Mar 3 Mai - 22:24

Melissandre ne s’était pas réfugiée dans les bras de Zach, elle s’y était perdue, détruite et brisée. Dans sa course pour éviter le fléau d’une morsure visant sa jugulaire pour la vider de l’hémoglobine de vie, elle avait vibré au son de la mort, rampante, qui la talonnait de près. Dans sa course elle avait perdu les images de ces trois années d’existence, comblées d’espoir, d’amour et de haine enfouie. Car Melissandre avait toujours vu l’homme qu’elle aimait comme un rempart contre toutes les folies qu’elle avait envisagées exprimer lors de ses spectacles. Si la dernière mise à jour l’avait presque faites succombé dans le liquide froid et pénétrant, à jamais enfermée dans une boîte aux contours mordorés, Melissandre avait avalé la goulée d’air qui lui avait rendu la vie comme la dérision parfaite de ce qui allait, à coup sûr, la tuer peu à peu, dans l’inconscience des prémisses de ses idées follement naïves. Exploits retentissants d’un avenir glorieux, la jeune femme avait imaginé pouvoir augmenter sa visibilité avec la simple image de son triomphe, perdu dans les eaux claires. Parce qu’à Vegas, le spectacle était primordial et elle en avait donné. De la moins bonne des façons et pourtant, il était évident qu’on parlerait d’elle. Les journaux signeraient des contrats juteux avec son attachée de presse afin d’obtenir une interview de la rescapée de la scène et la queue s’agrandirait encore pour venir l’applaudir et retenir son souffle face à ses nouveaux tours encore plus travaillés et effrayants. Melissandre avait failli donner sa vie mais elle le voyait comme un obstacle qui ne pouvait que la propulser en avant. Le public était friand de sang, de la chair en lambeaux, des frissons horrifiques qui parsemaient les corps et faisaient contenir les souffles de stupeur. Ils s’acclameraient devant ses nouveaux numéros, se contorsionneraient sur leurs strapontins et finiraient par hurler devant les peurs qu’elle faisait naître sur scène. Hadès en avait trop vu et trop entendu et loin d’entretenir cette flamme qui avait battit les plus érudits, il n’octroyait aucun plaisir à voir la femme qu’il aimait se détruire pour son métier. Ainsi, tout était allé trop vite. Les propos, les regards, les gestes. Melissandre l’avait laissé partir, pensant à l’époque que c’était le mieux à faire. Obstinée, elle s’était rassurée à la seconde même où il était partie en imaginant qu’une nouvelle vie s’offrait à elle, de solitaire éperdue qui ne vivrait que de sa passion mystique. Bien au contraire. Elle s’était enfouie dans les bras d’un homme qu’elle détestait pour se faire du mal et pour se montrer, inconsciemment qu’elle avait créé une entité qu’elle détestait, une autre femme déplorable qui avait laissé partir sa chance. Alors elle faisait naître cette deuxième facette d’elle-même et la laissait s’emporter vers de nouvelles caresses qu’elle n’aurait, jamais envisagées jusqu’à présent. Se faire du mal, se faire souffrir les pensées, la conscience gonflée de maladresses et de pesantes agonies. Arrêtes de ressasser le passé Hadès. Toi et moi savons que la page est tournée. Pour de bon. Ma vie privée actuelle ne te concerne plus. Ses lèvres pincées, la colère acérée, elle braquait sur lui l’arme de son canon fumant qui avait craché ses verbes aussi vite que sa langue fourchée. Mélissandre n’acceptait pas les remontrances. Elle avait vécu d’or et de paresse, s’était contemplée dans un donjon galbé de pierres précieuses, de belles manières et d’opulence. Melissandre vivait Vegas, respirait ses foutaises, ses mensonges et son égocentrisme et jamais, elle n’avait laissé quiconque lui faire regretter ses choix. Hadès n’était pas en vaine. S’il attaquait son coeur, elle déchirait son âme de la même manière. De notre rupture. De vegas qui avait l’étrange envie de me voir finir morte souillée par les eaux plutôt que sur scène, acclamée par un public que j’aurais soi-disant volé. Les magiciens avaient vu leur réputation décliner et leur audience s’esquiver face à la mine odieusement charismatique de la jeune femme. Elle apportait du neuf, du féminisme, une différenciation qui attirait les regards et la curiosité. Melissandre avait joué de sa silhouette galbée, de son ascendance aux noms les plus exquis, renflés d’un pouvoir dominant. Les mauvais oeils avaient accusé leurs pertes dans la bénédiction d’une vengeance salutaire. Tu as voulu que j’arrête tout. Qu’elle disait sous le ton du reproche quand ses mots résonnaient dans l’embrument de sa boîte crânienne. Je ne lui demande rien. Gardes tes remarques puériles Hadès, tu n’es clairement pas venu pour me faire la morale et tu sais tout comme moi que ce genre d’attitude ne me fait ni chaud ni froid. Mais c’était lui, planté devant son regard dans une position d’attaque façonnée avec la plus viles des nonchalance quand son arme se braquait sur sa tête renfrognée. Melissandre évacuait la tension en s’époumonait intérieurement dans cette revêche bataille qui ne mènerait qu’à les blesser un peu plus. Melissandre déglutissait. L’attention d’Hadès attardait sur ses lèvres, sur ses pommettes poudrées, sur son teint de coton, elle sentait dorénavant son souffle sur son visage, cette effrayante verve qu’il pouvait déployer à tout moment pour la faire plier. De douleur mais tout autant de plaisir, dans le confinement de la chaleur intense de son corps, braqué sur sa poitrine, ses mains perdues à l’abandon sur son corps… Melissandre redressait son regard hautain, mordait l’intérieur de sa bouche pour s’empêcher de lui hurler au visage. Il avait visé juste encore et encore et la jeune femme finissait par arracher le médaillon qui s’accrochait dans le prolongement de sa poitrine pour lui tendre avec affront alors que son âme hurlait de reprendre son dû, cette icône qui l’avait déshérité et fendue de milliers de regrets qui se répétaient à sa vue. Reprends la. Elle ne m’appartient plus désormais. Je ne t’aime plus. A vrai dire, elle me rappelle juste les erreurs du passé. Mensonges éhontés et permanents. Elle continuait à aborder ses revendications macabres en lui enfouissant de force dans la main, l’anneau d’or qui était devenue soudainement terne au moment même où elle l’avait détaché de sa nuque frissonnante. A ce soir. Melissandre avançait, frôlant son corps du sien pendant qu’elle passait la porte et s’enfonçait dans les rues débordantes de vie lorsque qu’au fond même de sa poitrine, c’était une morte lente et pénible qui dévorait ses sens un par un. Un regard en arrière et elle le voyait. Son regard déposé sur elle, dans une vive violence, l’hésitation de la rejoindre, de la secouer ou même de la frapper. Mais cette violence déclenchait en elle les pires hostilités, la réaction en chaîne d’un désir extrême, bouillonnant, une appétence sexuelle et l’emballement jouissif de comprendre qu’il allait entrer de nouveau dans sa vie sans jamais pourtant, l’avoir quittée…
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Cameron Eynsford
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MessageSujet: Re: Wherever I go, the past seems to follow me ♣ Hassandre.   Dim 22 Mai - 15:09

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Wherever I go, the past seems to follow me ♣ Hassandre.

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