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i've got 99 problems but a bitch ain't one - gregory maxwell rosenbach & roman da russo

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MessageSujet: i've got 99 problems but a bitch ain't one - gregory maxwell rosenbach & roman da russo Dim 29 Nov - 0:48

Spoiler:
 


« Je tournais en rond. J'attendais.
Quelqu'un, quelque chose, un soulagement, une déception.
Une histoire. »



Ils frappèrent à sa porte, martelèrent le bois vernis de leurs poings vigoureux, et sommèrent Roman de quitter promptement sa suite. Dans le feu de l’action, ils oublièrent de se présenter; qu’importe, ils n’étaient pas là pour faire preuve de courtoisie mais bien pour répondre aux attentes et aux ordres expressément formulés par Gregory Maxwell Rosenbach, leur patron et de surcroit, le roi autoproclamé de la ville du péché. Ce matin, il avait appelé ses hommes de main -deux gorilles musclés et surentrainés à qui il confiait toutes ses missions privées et périlleuses- afin de régler un dossier ,on ne peut plus sensible, qui commençait à prendre une ampleur inqualifiable. Eileen, un pied au-dessus du gouffre, le corps dangereusement tendu vers les limbes, prête à tomber. Sa fille unique avait ,d’ores et déjà, le doigt sur la détente, la main toute entière dans l’engrenage, ce n’était plus qu’une question de temps avant qu’elle ne succombe à sa propre folie. Parce qu’Eileen faisait partie de ses êtres libres pour qui, les règles sont faites pour être transgressées, pour qui, la fête est une religion et le scandale, une seconde nature. Enfant-roi, princesse du royaume des néons, elle vivait dans l’excès, vibrait aux rythmes des passions et des amours fugaces. Habituellement, il se contentait de faire son possible pour enterrer les affaires susceptibles de renvoyer une image néfaste de sa famille, de son entreprise, de son prestigieux patronymes. Les dérapages répétés d’Eileen devenaient néant, s’évaporaient avant même d’avoir fait le tour du Nevada et ce, grâce au seul pouvoir des billets verts. Mais aujourd’hui, et depuis quelques mois, un obstacle se dessinait sur son chemin. Jeune premier plein d’ambition à l’allure condescendante, un mauvaise garçon caché derrière un costume de gentleman, le vice pour seul point commun de ces amoureux maudits. Dire que Roman Da Russo était une relation toxique aurait été un doux euphémisme, il était pire que ça. Un frein, une plaie, un poison mortel et insidieux. L’ennemi public numéro un. L’homme à abattre. On l’attrapait sans ménagement par les épaules tandis qu’il tentait, vainement, de se débattre. Bientôt, il se retrouvait contre son gré à l’arrière d’une voiture aux vitres opaques, le paysage de Las Vegas défilait, de la démesure ici et là, jusqu’à l’écoeurement. Ils traversèrent le Strip à une vitesse folle laissant derrière eux la poésie des fontaines du Bellagio, les pyramides d’acier, les affiches géantes des stars de la pop. « Un conseil Monsieur Da Russo : -N’opposez aucune résistance. » suggéra l’un des deux hommes, la main posée sur sa ceinture, tout en caressant la crosse brillante d’un Smith & Wesson. Malgré toutes ces mises en garde Roman ne déniait pas reprendre son calme, il employait le mot -enlèvement- à toutes les sauces, hurlait des injures et posait des questions auxquelles personne, dans l’habitacle du véhicule, n’était disposé à répondre. « Vous saurez tout en temps voulu. » lâcha finalement le conducteur en s’engageant dans une ruelle étroite et visiblement, mal fréquentée. Au loin, on distinguait une porte de service rouillée, la peinture bleue, ou du moins ce qu’il en restait, était toute décrépie. Les coulisses d’un palace doré, l’entrée des artistes, là où l’on cache tout ce que la clientèle ne saurait voir : le petit personnel, les kilos de déchets, les affaires personnelles et illégales. « Accélérez le pas ! Le temps de Monsieur Rosenbach est une chose précieuse. » expliquait-on en poussant, sans ménagement, le beau-fils exécré dans un ascenseur ridiculement étroit. L’espace d’un instant, on avait perçu chez lui, une stupéfaction amère, sans doute Roman Da Russo ne s’était-il jamais confronté à plus fort que lui. Les portes s’ouvrirent au dernier étage et l’ambiance changea instantanément. Un long couloir de miroirs, une galerie des glaces qui se reflétaient à l’infini sur les dalles de marbre italien. Ici et là, des statues de granit, des portraits de famille vantant la gloire et la réussite du clan Rosenbach, et des portes en bois précieux refermant tous les secrets de la grandeur. « On l’a trouvé. Il ne se cachait même pas. » déclarait l’un d’eux en faisant signe à Roman de prendre place sur le fauteuil en cuir face au bureau. Debout dans l’ombre, le regard tendu vers son empire, Gregory fit un vague signe de la main, congédia ses sbires et bientôt, ils se retrouvèrent seuls -le père et l’amant. « Monsieur Da Russo, j’aurais préféré vous rencontrer dans d’autres circonstances, mais il s’avère que votre nom revient un peu trop souvent dans les conversations actuellement. » commença t-il d’un ton froid et monocorde en s’avançant vers l’origine de ses problèmes. « Je suppose que vous savez pourquoi vous êtes ici, mais dans le doute permettez-moi de vous rafraichir la mémoire. » Lentement, il s’installa à son bureau, enfonça ses prunelles sombres dans celles de Roman, il le défiait ouvertement avant d’attraper trois dossiers cartonnés. Le premier contenait des photographies d’une Eileen méconnaissable, le début d’un été macabre, d’une danse avec la mort. Dans le second, on trouvait la Une scandaleusement réussie du dernier numéro de The Mating Mind, Eileen et Roman, corps contre corps, bouche contre bouche, dans le plus simple appareil, le tout agrémenté de divers articles de presse s’interrogeant sur la possible relation entre les amoureux du cliché, et d’autres se questionnant sérieusement sur les compétences d’une fille à la vie si débridée à gérer un hôtel. Le troisième dossier, beaucoup plus épais que les autres, était essentiellement composé de contrats et d’actes notariés; un mystère incompréhensible pour Roman. « Je connais vos ambitions Monsieur Da Russo et les détruire à jamais ne me demanderait pas un grand effort. Il me suffirait d’un coup de fil et vos rêves de gloire s’effondreraient instantanément. » poursuivait-il en insistant sur chaque mot; il ne bluffait pas. Il ne bluffait jamais. Il avait eu vent des projets de Roman quelques mois plus tôt, la conquête de Playboy, Las Vegas comme point de départ, l’affaire déjà en bonne voie et les premiers accords prêts à être signés dans les jours à venir. Gregory savait tout. Rien de ce qui se passait à Vegas n’échappait à son contrôle. « Entendons nous. La prochaine fois que vous levez la main sur ma fille, vous serez un homme mort. » Rien de plus simple, lorsqu’on s’appelle Rosenbach, que de faire disparaitre un corps. Gregory n’avait pas envie d’entendre les bonnes -et moins bonnes- excuses de Roman, quoi que ce soit pouvant justifier son geste. « Cependant, ne vous imaginez pas obtenir la rédemption si facilement. Si vous avez encore le plaisir de vous promener librement à Vegas c’est uniquement grâce à ceci... Lisez, je vous prie. » expliquait-il en posant l’index sur la première page du troisième dossier où l’on découvrait stupéfait et abasourdi qu’Eileen Rosenbach avait fait l’acquisition d’une suite ,la plus célèbre du Palms, et qu’elle l’offrait généreusement à Roman. Etait-ce le symbole du pardon ou l’une de ses énièmes provocations ? Etait-ce un jeu, de la pure folie, ou un véritable désir de renouer avec l’ennemi ? Tout ce que Gregory savait c’était que le comportement d’Eileen était incompréhensible, imprévisible et par-dessus tout, extrême. Il guettait silencieusement les réactions de Roman, ce dernier passa subitement d’un air fier et énervant à un état de réelle décomposition. Il cherchait des réponses dans les yeux du monarque de la cité du vice avant de reprendre sa lecture, de tourner nerveusement les pages à la recherche d’indices. « Expliquez-moi pour quelles raisons absurdes Eileen, qui officiellement vous déteste, vous offre la plus belle suite de Vegas et, le tout entièrement financé par sa fortune personnelle. » Soudain, un silence étouffant s’installa entre les deux hommes, un calme oppressant qui sembla durer une éternité et qui s’arrêta tout aussi brutalement lorsque Gregory dévoila un trousseau de clés ô combien précieuses. « Une fois que je serai satisfait de vos réponses, elles seront à vous. » il termina son monologue sur cet ultimatum, dont lui seul avait le secret et qui, à chaque fois, mettait ses interlocuteurs dans une posture inconfortable. Roman l’apprendrait à ses dépens mais, rien n’avait plus de valeur qu’Eileen aux yeux de Gregory, quand bien même ce dernier ne l’avouerait jamais. « Vos secrets ne sortiront pas de ce bureau, soyez-en certain. » Il essayait de pousser Roman à la confession lorsqu’on entra précipitamment dans le bureau. Un homme plutôt insignifiant et vêtu d’un costume tendait un morceau de papier chiffonné à Gregory, se dernier fronça les sourcils et poussa un long soupir en découvrant le contenu puis, il reprit rapidement son calme, reportant son attention sur Roman. « Je sais précisément où elle se trouve en ce moment et avec qui. Ce sont là des informations qui pourraient vous intéresser, n’est-ce pas ? » un mince sourire sardonique se dessina sur ses lèvres, le même qu’Eileen lorsqu’elle manipulait son monde pour parvenir à ses fins. Ce même rictus volontairement déplacé, celui qui masque les mauvaises intentions, qui annonce que le pire, s’il ne s’est pas encore produit, ne va pas tarder à avoir lieu.
 
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MessageSujet: Re: i've got 99 problems but a bitch ain't one - gregory maxwell rosenbach & roman da russo Dim 20 Déc - 0:32

Roman&Gregory ⊹ La lune boisée éclatait ses rayons chauds aux quatre coins de l’horizon. Roman, conquis, observait, verre de whisky en main, le spectacle de la ville déserte qui s’étirait vers l'au-delà ensoleillé, au cœur d’un désert brûlant. Les couleurs se mélangeaient au coucher du soleil multicolore et dans l’aura divin qui s’élevait de cette vision, il sentait tout aussi bien la ville du vice s’éveiller progressivement, faire entendre les premières musiques envoûtantes, faire intervenir les pires créatures de la nuit afin de pervertir tous mâles accomplis. Ci et là, la ville s’enivrait de nouveau et comme chaque nuit, elle devenait vivante, s’emparait de tous, les ruinait, les changeait, les décevait du vide qu’ils pouvaient ressentir et tout ne tenait plus qu’à un fils jusqu’au lendemain. Déserte, presque innocente. Vegas était un mirage en plein milieu du désert, une oasis troublante qui ne changeait ses couleurs que lorsqu’elle était sûre d’avoir en sa possession les derniers idiots arrivés à l’heure pour le grand show, le spectacle nocturne. Roman avait succombé à cette ville déjà des années en arrière, il avait joué, il avait empoché, il avait fait la fête comme jamais, s’était saoulé de ce mal qui sévissait, de cette source de problèmes rafraichissante, addictive. Il s’y était plongé tout entier et, faisant partie des grands, il s’était approprié les sphères de cet empire et dorénavant, s’y voyait presque comme chez lui au contraire des sombres crétins qui avaient pensé dompter leurs nuits et n’en étaient ressortis que la corde autour du coup, une bonne gueule de bois en prime. Roman s’extasiait de cette immondice qui détruisait tout le monde mais pas ceux avec un compte en banque assez grand pour détourner ces lugubres mirages à leur avantage. Il finissait son verre, enfilait une chemise et envoyait un message à Alexander. Il avait une réunion importante le lendemain matin et voulait revoir quelques dossiers importants avant que tout ne soit dit. Roman allait bientôt conquérir Playboy, Alexander était enfin au courant et dorénavant, il était temps que ses projets fassent sujet de discussions beaucoup plus importantes et sérieuses. Ainsi, il avait décidé de réunir actionnaires et autres figures des finances incroyables que détenait The Mating Mind afin de discuter des différentes possibilités que cela pouvait offrir au magazine. Il voulait que son premier empire prospère même s’il devait pour ça assurer une fière et belle descendance. A la porte, des coups brusques résonnaient à ses oreilles. N’ayant pas pour habitude de se presser, l’homme observait les derniers rayons du soleil recouvrir l’horizon pour enfin marcher nonchalamment vers la porte d’entrée. Il détestait les imprévus, il détestait que quelqu’un vienne le déranger s’il n’avait pas accepté la présence de cette même personne. Roman était compliqué à avoir en rendez-vous et pire encore, il ne décrochait que rarement de son agenda professionnel pour se permettre une entrevue personnelle. Quoi que ce soit, il était déjà de mauvaise humeur et cela n’allait pas changer à l’ouverture de la porte. C’était chose faites et son visage restait de marbre malgré la surprise qui égalait sa condescendance. Oui ?... Non je ne crois pas. Voilà. Roman avait demandé d’un ton arrogant l’objet de la venue de deux gorilles à sa porte et avait voulu refermer le battant après que l’un, d’une voix chahuteuse, l’ait intimé de le suivre. Et puis quoi encore. Sauf qu’apparemment, il n’avait pas tous les pouvoirs et que s’il avait voulu fermer la porte, il en était impossible présentement par la force de l’un des hommes qui retenait toute résistance. J’appelle ça un enlèvement, vous serez virez ! Roman aurait presque pu les faire sourire avec la panoplie de l’homme d’affaire qui se sentait avoir tous les droits et pourtant, cela semblait les énerver bien plus à présent. C’est pourquoi, ils le poussaient sans ménagement vers la sortie de ses appartements pour le faire s’enfouir dans une voiture noire, luxueuse, heureusement. Ce que vous faites est illégal, pour qui travaillez vous ?! Qu’il parle d’illégalité lorsqu’il était le pire escroc de l’histoire. Mais aucun des deux hommes ne semblaient avoir l’envie de lui répondre. Pour cela, il tentait de calmer ses menaces et s’enfonçait dans le cuir de la voiture quand il envisageait pourtant sérieusement d’appeler du renfort. Il aurait dû prendre son arme avec lui. Maintenant il était tenu presque à joug par deux gorilles sûrement trop stupides pour comprendre quoi que ce soit qu’un ordre.  Quelques minutes plus tard et il se retrouvait dans un ascenseur étroit, encadré par les deux brutes qui ne lui adressaient dorénavant plus un mot. Encore un peu et il se faisait presque jeter dans une vaste pièce qu’il reconnaissait presque. Eileen, charmante, sur des photos, elle qui parlait de son père, elle qui arrêtait pas de raconter ses exploits, sa vie, son élégance, son goût infaillible pour les œuvres d’art, le roi de Vegas… Roman n’avait aucun doute dorénavant. Encore moins lorsqu’il se retrouvait face au king, son regard froid et pénétrant tentant de lui infliger une baisse de confiance dont seul lui était capable. Roman restait pourtant imperturbable et dévisageait l’homme qui avait osé le traiter ainsi. Il s’y était attendu à cette rencontre. Un jour. C’en était certain, ce n’était qu’une question de temps et voilà que l’homme était devant lui. La même allure, la même nonchalance qu’il lui prêtait. Roman était sûr que Gregory jouissait de cette armure glaciale qu’il vissait chaque matin et qui faisait trembler chacun de ses employés et gens qui avait à faire avec lui. Etrangement, Roman se sentait plus froissé qu’autre chose. Déstabilisé légèrement au début mais dorénavant, la colère venait à s’accroître au fond de lui. Il détestait la famille Rosenbach, il les détestait tous. C’en était sûr maintenant. Je suis tout ouï. Qu’il crachait dans son incontrôlable envie de s’en aller en courant. Oui en courant. Parce que Roman n’était pas fou et imaginait déjà les faisceaux lumineux pointés sur lui pour le descendre au moindre geste menaçant. Il était piégé, qu’il le veuille ou non et s’il avait à faire à l’homme qui tenait d’une main ferme Vegas, il avait tout autant un profond dégoût pour les gens qui lui manquaient de respect et pensaient pouvoir lui marcher dessus avec une suffisance aussi grande que la sienne.  Votre fille m’a sûrement causé beaucoup plus d’ennuis qu’elle ne vous en a causés à vous. Qu’il disait comme un gosse qui se défendait dorénavant devant les informations que le king Rosenbach lui pointait devant les yeux sans jamais cesser de l’étudier minutieusement. Il le jaugeait, le jugeait, il l’écrasait de son imposante stature. Qu’il essaie, Roman ne détournerait pas un instant le regard même si le duel en était que plus brûlant pour sa rétine dorénavant. Votre fille m’a tiré dessus. Je suppose qu’au lieu de prendre des cours d’équitation elle aurait peut-être dû prendre des cours de tirs. Qu’il disait presque méprisant et cette fois-ci en tout ignorance de ce que ses propos sarcastiques pouvaient lui coûter. Cette manière de parler du Da Russo allait lui coûter beaucoup il en était sûr. Mais après tout, n’importe quel père aurait réagit de la même manière alors il se devait de se contenir. J’ai promis que ça ne se reproduirait plus jamais et un Da Russo tient toujours parole. Qu’il disait pour être plus concis et prouver qu’il avait inévitablement le même avis que l’homme. Tout n’avait été qu’une tragédie et il voulait y mettre fin, apprendre de ses erreurs lui avaient coûté beaucoup trop et avait détruit son mentale pendant un temps. S’il était de nouveau sur pied, le vide continuait à le maltraiter. Le vide d’elle. Mais son arrogance fut effacée par son silence. Un silence plombant. Ses yeux restaient perdus dans le dernier dossier pointé par Gregory. Une suite à Vegas, pas n’importe quelle suite d’ailleurs. Je me pose exactement les mêmes questions… Eileen avait payé cette suite pour lui, elle l’avait fait avec son argent, un vrai présent, quelque chose d’immensément gros, d’immensément cher. Le genre de cadeau que l’on offrait décidément pas à tout le monde et surtout pas à celui qui vous avait défiguré une partie du visage. Je ne comprends pas. Pourquoi me montrer ça si vous ne souhaitez pas nous voir ensemble ? Parce que Roman venait de se liquéfier sur lui-même en une seconde, il questionnait à son tour quand il n’avait aucun droit de le faire. Gregory semblait tout savoir et juste lui parler comme à un enfant, pour qu’il réalise peut-être. Peu importe, Roman n’avait qu’une envie, retrouver Eileen. Encore plus qu’avant. Surtout lorsqu’il entendait que l’homme savait exactement, l’endroit où la jeune femme se trouvait à présent. Son regard illuminé désormais, se redressait vers l’homme, les questions noyaient ses prunelles vertes et cette muraille insensible qu’il avait jusqu’alors montrée, s’écroulait. Je suis amoureux de votre fille mais ça vous le savez déjà. C’était incompréhensible. Il avait cette réponse aux lèvres depuis des années et aujourd’hui qu’il l’assumait totalement, seul le père de la dîtes jeune femme pouvait l’entendre. Mais Roman, à ce moment précis était près à tout pour retrouver Eileen, son impulsivité reprenait le dessus, il frétillait d’impatience, il aurait pu supplier qu’on lui donne cette information, peu importe les clés. Ce qu’il voulait maintenant, c’était elle, et lui demander pourquoi… Dîtes moi où elle est. Un ordre presque suppliant devant un beau père qui avait sûrement l’envie de l’étriper sur le champ.


© Grey WIND.
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MessageSujet: Re: i've got 99 problems but a bitch ain't one - gregory maxwell rosenbach & roman da russo Lun 28 Mar - 16:57


« J'ai quelque chose de stupide et de ridicule à vous dire… je suis amoureux. »
—  Alfred de Musset à Georges Sand.



Le regard d’acier, froid et méprisable du saint-patron de Las Vegas, affrontait sans équivoque la débauche d’orgueil qui émanait de chaque phrase prononcée par Roman da Russo. Il avait très peu de considération pour les hommes de son espèce, des arrivistes irrespectueux, convaincus que le monde devait se plier à leurs envies ridicules sous prétexte qu’ils étaient l’avenir de la nation, la relève espérée nageant dans un océan de billets verts et, qu’à ce titre, personne n’avaient droit de piétiner leurs plans, de s’opposer à leurs projets délirants. Qu’importe son ambition démesurée, son courage à toute épreuve et sa volonté de fer, Roman ne serait jamais rien d’autre dans cette ville qu’un carriériste mégalomane sans l’appui des bonnes personnes. Tout le monde le savait, excepté lui, aveuglé par son infinie fierté il cherchait encore, dans les méandres obscurs de son âme, une ligne de défense dont les arguments suffiraient à convaincre Gregory. Pourtant, même accompagné d’un excellent avocat, les actes qu’il avait commis quelques semaines plus tôt, s’avéraient être des plus indéfendables. Il fallait saluer son entêtement, sa capacité à creuser sa propre tombe, sa ténacité à ne pas baisser les armes, et ce, même face à un adversaire beaucoup plus puissant que lui. Roman entendait se livrer à une guerre qu’il avait d’ores et déjà perdu, un geste ridicule et dénué de sens que personne dans cette pièce ne saluerait. Aussi, c’était avec une suffisance déplacée mêlée d’une arrogance intolérable qu’il poursuivait son monologue; il clamait haut et fort que si victime il y avait ce n’était pas elle, l’enfant choyée, la grande provocatrice, la princesse adorée du royaume, mais lui, uniquement lui. L’amoureux abusé dont on avait bafoué la tranquillité, l’amant incapable d’aller de l’avant depuis qu’un démon aux cheveux d’or avait traversé sur sa route privée. Grégory ne put s’empêcher de contenir un rire moqueur face aux jérémiades et aux caprices de l’homme qui entendait, un jour ou l’autre, régner sur Vegas. « Je suis profondément triste pour vous. En effet, je pensais votre armure beaucoup plus solide; n’était-ce pas vous qui vous prétendiez indestructible ? Visiblement vous ne résistez ni à l’impact des balles, ni aux charmes et aux bêtises d’une enfant qui manque cruellement d’attention. » Dans un haussement de sourcils significatifs, il constatait avoir touché un point sensible, une vérité amère mais juste. Eileen était à l’origine de tous ses maux et il prétendait pouvoir sortir indemne de cette discussion imprévue avec Grégory, triste utopie. « Ce sont les faibles qui se défendent avec leurs poings. Ne vous l’a-t-on pas appris ? Je suppose qu’au lieu de prendre des cours de boxe vous auriez peut-être dû prendre des leçons de rhétorique.» Grégory se demandait si Roman avait toujours envisagé la violence comme une solution ou, si c’était depuis qu’il fréquentait Eileen que ses pulsions les plus brutales s’étaient soudainement réveillées. Jamais il ne parviendrait à conquérir quoi que ce soit en frappant à l’aveugle, même en visant les bonnes personnes de son puissant direct du droit. « -Plus jamais- vous dites, gardez donc vos belles paroles et vos promesses pour vos amis du bac à sable. Je ne vous jette pas la pierre pour l’avoir frappée, vous n’avez pas idée du nombre de fois où j’ai eu envie de commettre le même geste que vous. A l’évidence j’ai plus de sang-froid que vous n’en aurez jamais, mais passons. Je vous accuse de n’avoir aucun argument qui justifierait un tant soit peu votre geste. » Grégory fermait immédiatement la porte à toute explications enfantines; peut-être qu’Eileen avait commencé, sans doute avait-elle lancé les hostilités la première, très certainement avait-elle poussé Roman dans ses plus obscurs retranchements; mais il était un homme, un tout jeune homme qui se prétendait -homme de pouvoir- comment pourrait-il gérer un empire s’il n’était même pas capable de contrôler une allumeuse inconsciente ? La question restait suspendue dans les pensées de Grégory, s’il y avait bien une chose dont il ne voulait pas pour sa fille c’était un amant aussi détraqué et puéril qu’elle. « Je suis d’une grande bonté aujourd’hui, laissez-moi vous offrir une dernière chance. Je vous écoute, prouvez-moi que vous n’êtes pas aussi immature et capricieux que vous le laissez paraitre. » Il laissait à Roman tout le loisir de s’exprimer, de se confesser sur ses doutes, ses ambitions, ses envies, ses solutions. L’avenir s’offrait à lui, mais il était le seul à posséder toutes les cartes dans sa main. Grégory restait attentif à chaque bribes qui s’échappaient de Roman, il espérait entendre les paroles matures et sensées d’un homme qui aurait compris la leçon, d’un homme neuf, d’un combattant prêt à tout pour aller au bout de ses rêves; même si ces derniers portaient tous le même nom : Eileen. « Détrompez-vous. Le problème n’est pas de savoir si j’ai envie ou non de vous voir ensemble. Le problème c’est de savoir à quel point vous avez envie d’elle. Vous voulez ma fille ? Prouvez-moi que vous en êtes digne.» Eileen n’avait eu que très peu de relations sérieuses et Grégory n’avait jamais eu le plaisir de rencontrer les prétendants de sa fille; pourtant il savait qu’elle avait une capacité à aimer sans limites, sans bornes, sans frontières. Eileen pouvait se donner corps et âme à celui susceptible de la mériter et de coller, impeccablement, à ses exigences en matière d’amour. Roman avait les yeux rivés sur les lettres manuscrites du contrat, sans trop y croire, il paraissait éteint, abasourdi, absent, pourtant la partie n’était pas terminée et le jeu se poursuivait, avec ou sans lui. Parvenait-il à lire entre les lignes, à voir dans cet achat autre chose qu’un investissement onéreux, qu’un cadeau généreux ? Y voyait-il le pardon, les remords inavoués, les regrets d’une princesse découragée, d’une fille éperdument amoureuse qui, lorsqu’elle avait eu la sensation irradiante de tout perdre avait tenté le tout pour le tout, jusqu’à se dépouiller elle-même, se mettre à nue, courir à sa perte, foncer vers la ruine ? Percevait-il le profond dégout qu’elle avait envers elle-même, la haine qui la rongeait toutes les nuits parce qu’elle se savait la seule coupable, parce qu’elle l’avait laissé partir par fierté tout en sachant qu’elle avait mérité son sort, ses bleus, ses blessures, ses ecchymoses et son coeur en miettes ? Comprenait-il que ce rendez-vous avec Grégory n’avait rien d’une mise en garde conventionnelle, qu’elle avait mis son paternel dans la confidence parce qu’elle n’avait pas trouvé d’autres moyens pour renouer le contact et qu’elle savait qu’il saisirait l’occasion pour rencontrer l’odieux Roman ? « S’il vous plait. Vous êtes un homme intelligent alors lisez entre les lignes. » Alors que Roman semblait perdre pied, Gregory quitta son imposant fauteuil en cuir et fit quelques pas, le trousseau de clés se balançait entre ses doigts tandis qu’il observait, pensif, les reliefs de Las Vegas; petite oasis prise au piège du désert. Eileen prise au piège d’un monde trop violent. Il attendait le bon moment pour lui dire. Lui dire qu’il avait tout échoué dans l’éducation de sa fille et quelle était, une fois encore, en train de jouer avec le feu, de se brûler les ailes, de cicatriser ses plaies et les fêlures de son palpitant à grands coups de produits stupéfiants. Il avait échoué mais peut-être Roman parviendrait-il à la sortir de cet Enfer. Bientôt, après un silence qui sembla durer une éternité, Roman prononça la phrase tant attendue; celle qui justifiait bien plus de choses qu’il ne le pensait et qui faisait de lui un homme qui, malgré toute sa fierté, son arrogance, et son orgueil était capable de faiblesse et mieux encore, d’assumer, de crier, de hurler haut et fort ses faiblesses. Ainsi, il déposa les précieuses clés et le petit morceau de papier griffonné sur le bureau, face à Roman, suppliant, abattu, prêt à retourner toute la ville s’il le fallait. -Marc Antony Villa, Caesar Palace- pouvait-on lire. « Expliquez-moi ce que vous faites encore ici ? » Cette suite, l’un des plus onéreuses de la ville, était le quartier général d’une petite partie de la jeunesse dorée de Las Vegas; pas l’élite sérieuse et intellectuelle, mais celle qui flambait sans tenir compte de l’heure, des lois, des prix. Celle qui n’avait de respect pour rien, pour personne, dont le champagne avait remplacé le sang, dans la fumée avait remplacé l’air. La jeunesse dans tout ce qu’elle avait de plus détestable, un cercle dont Grégory avait souvent cherché à l’éloigner. Des joueurs de poker, fils de milliardaires, amateurs de sexe, d’orgies, de débauche; ceux-là même qui jouaient à la roulette russe sur les toits de la ville et dont le répertoire téléphonique contenait les noms de certains des pires narco-trafiquants du globe. Les pires d’entre tous. Ceux qui avaient fait de Vegas, leur terrain de jeu. Alors que Roman s’apprêtait à quitter son siège Grégory le stoppa, à bien y réfléchir, il ne pouvait pas se rendre dans l’antichambre de la débauche seulement armé de son amour indéfectible et de sa belle gueule. « Le coffre derrière vous. Composez la date de naissance d’Eileen à l’envers. » déclara-t-il avec un sourire complice en travers du visage, le premier et le dernier que Roman aura la chance de voir. Roman s’exécuta sans poser la moindre question et bientôt, l’épaisse porte en acier blindé fut ouverte; laissant apparaitre une mallette noire contenant une petite fortune et un revolver à la crosse rutilante. « Prenez-tout, ça pourra vous être utile, ils adorent le poker et l’argent. Puis si les choses venaient à mal tourner Eileen ne manquera pas d’idées pour vous aider à vous débarrasser d’un corps. » S’esclaffa-t-il en constatant que Roman était de nouveau en train de se liquéfier, il n’avait pas la moindre idée de ce qui l’attendait, du chemin encore long et semé d’embuches qu’il lui faudrait parcourir pour retrouver Eileen; pour la libérer de cette tour infernale dans laquelle elle s’était volontairement emprisonnée. Eileen captive. Eileen au milieu des voutes de fumée grises. Eileen chancelante.
 
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MessageSujet: Re: i've got 99 problems but a bitch ain't one - gregory maxwell rosenbach & roman da russo Sam 16 Avr - 14:45

Roman&Gregory ⊹ Roman écoulait ses sens au rythme effréné de la balle qui avait percé son épaule et corrompu toutes ses bonnes aptitudes d’homme aguerri et redouté. Il n’entendait plus, son ouïe fracturée par le sifflement régulier du coup d’envoi qui avait signé la giclée de sang de son épaule, celle qui avait violemment blessé son égo et son orgueil. Sa vue ne voyait plus. Ses épaules fines et douces sur lesquelles il avait tant de fois apposé ses mains comme une preuve de la protection qu’il avait pu lui offrir à l’époque. Ses mains ne caressaient plus ses longs cheveux brillants, ses joues rosies, ses lèvres carmin et sa jugulaire tendue en une offrande pour qu’il y dépose les plus envoûtant desseins. Roman n’était plus et ne serait plus jamais. Il avait succombé à l’agonie et détruit le pêché éternel qui lui avait permis de conquérir monts et disgrâces. L’homme à la carrure si imposante reposait sur des ruines néfastes dans lesquelles il avait enfoui toutes ses plus viles passions et attirances. Roman ne voulait plus vivre dans l’espoir mais voulait redevenir celui qu’il était auparavant. Cette belle époque où il se trouvait à l’université pensant qu’il créait son monde idyllique et avait à ses côtés, toutes les belles successions des plus hauts seigneurs de ce monde. Zadig, Alexander, Alejandro, Eileen… Oui, sa belle Eileen, celle qui avait détruit en un touché habile de la gâchette, toutes ses espérances et l’homme puissant qu’il était devenu au fur et à mesure des années à se murger dans une opinion si haute de lui même qu’il frôlait la skyline. Habile et dangereux, il avait été un démon pris au piège de sa propre assurance et certitude et aujourd’hui, il regrettait tout sans jamais en avoir émis un mot. Dans le monde confiné et solennel de l’empereur de Vegas, il couvait son regard sur cette puissance qu’il désirait atteindre tout en observant, impuissant, les icebergs de nacre couverts de vitres, qui s’entremêlaient à la voute céleste et le flou des vagues de sable du désert qui s’échappaient dans les plus belles hauteurs. Vegas toute princière, Vegas aux portes d’un enfer cuisant. Vegas avec elle mais sans sa présence. A qui la faute. Vous devriez me remercier de lui avoir apporter plus d’attention que vous ne le ferez jamais. Votre fille aurait dû être plus cadrée. Si ce n’avait pas été moi et si je n’avais pas été là, qui sais ce qui aurait pu lui arriver. Elle a une tendance fâcheuse à se fourrer dans des histoires qu’elle ne peut contrôler malgré ce qu’elle peut en penser. Où était-il à ce moment là ? Ce père arrogant, froid comme une statue de pierre, un masque percé sur sa peau laiteuse et siphonné par les cigarettes qu’il allumait une à une dans son bureau. Si dehors la canicule empêchait toute âme qui vivait de rester des heures à l’extérieur, Roman sentait le froid de la tension immiscée entre eux, désintégrer la chaleur de ses membres. Il le poignardait de ses rétines grises sans même qu’il ne daigne paraître plus clément. Roman se foutait bien de l’arrogance qu’il déployait dans ses paroles puisqu’elles n’en étaient pas moins, d’une franchise imparable. Gregory Rosenbach l’avait bien senti puisque lui-même s’armait de son plus grand sang-froid malgré un jeune imbécile suffisant, planté là à lui faire la morale. Il avait raison… En quelque sorte. Il est évident que ces leçons sont dispensés par un maître dans l’art de faire dans la dentelle. Impertinent, son ton froid et cadré dans le seul but de ne pas se laisser démonter témoignait de son empressement à mettre fin à cette discussion qu’il ne voulait avoir en aucun cas. Tout ce qu’il souhaitait, c’était retrouver Eileen dans un but inespéré. Il se redressait sur son fauteuil puis se levait, n’appréciant pas le ton que prenait la discussion et l’immense autorité que l’homme apposait sur lui comme pour lui montrer qu’il pouvait à tout moment le faire plier. Le roi de Vegas pouvait lui parler de leçon de rhétorique et du monde du pouvoir mais l’aristocrate ne pouvait se vanter de jouer en conséquence des lois et des bonnes manières. Rosenbach était connu et non pour sa manière de jouer avec délicatesse. Ecoutez, vous ne me connaissez pas. Mais moi je vous connais. Vous pensez que je suis quelqu’un d’arrogant, qui a toujours tout eu et qui agira toujours sans se soucier des conséquences de ses actes car en réalité, on en a rien à foutre. On peut dilapider notre argent et on sait qu’une liasse de billets vert résoudra toutes les merdes de ce bas monde. En réalité vous ne savez rien. J’ai dû m’occuper de votre fille quand je devais aussi gérer une sœur anorexique qui a passé plus de temps de sa vie dans un centre pour jeune fille à problème qu’à jouer la pompom girl comme toutes les filles de son âge. Mon frère a disparu pendant deux années entières et même si c’est moi qui ait retrouvé notre père mort sur le plancher de la cuisine, c’est encore moi qui ait dû soutenir notre mère depuis toutes ses années car elle ne s’est jamais remise de sa mort. Comprenez moi bien, vous avez un empire à gérer mais moi en plus de ça j’ai ma famille à m’occuper et ça je peux vous dire que vous ne savez clairement pas ce que c’est alors épargnez moi vos belles leçons d’humilité et vos belles paroles sur ce que c’est que d’être un homme. Roman avait hurlé, sa mâchoire se décrochant de son visage pendant que les nerfs obliquaient vers le haut, le regard tendu, les poings serrés, la tension au plus haut point. Si jusque là, il avait montré son sang-froid, il n’en était plus. Roman ne s’était jamais plaint de sa vie et avait toujours fait ce qu’il pouvait pour réguler ses affaires tout en aidant sa famille qui n’avait pas suivi ses ambitions. Mais aujourd’hui tout détonait et il voulait hurler. Roman n’était pas un homme bon mais il faisait ce qu’il pouvait depuis toujours avec la force d’une seule personne pour conquérir Playboy, continuer à faire prospérer un magazine aux milliards de dollars de recette et en aidant une famille chancelante. La vie ne lui avait pas apporté que de belles notes et ça il tenait à le souligner malgré son silence depuis toutes ses années. Votre fille ne sera jamais plus en sécurité qu’avec moi. Qu’il disait, la voix armée à toutes nouvelles répliques cinglantes. Mais au lieu de ça, Gregory lui offrait les clés de son sésame, sa libération. Ce pour quoi il était présent dans son bureau. C’était plus qu’une suite luxueuse que tous les plus grands désiraient obtenir. C’était la considération du shaman de la ville, sa bénédiction la plus sincère quand bien même leur relation en avait été affectée dès le début par la fierté qu’ils détenaient tous deux. Puis, pour énième surprise, l’homme lui intimait de se rendre au coffre et de taper la date de naissance d’Eileen facile, dérisoire. Mais Roman se questionnait, l’observait comme il l’incitait du regard à suivre ses directives. D’un semblable accord, l’apprenti suivait les conseils du maître et s’emparait finalement de la mallette cachée dans le cadre de bêton pour y déceler argent et arme. Elle n’aura pas besoin de le faire. Car depuis le début, Roman s’était juré de ne plus jamais la mêler au pire. Il n’était pourtant pas le mieux pour elle mais au moins, ils pouvaient tous les deux se soutenir dans leur envie d’arpenter de meilleurs destinées de fortune. Merci. Il n’y avait pas de poignée de main qui les accordaient ni de sourires immenses et d’encouragements exaltant. Pourtant, ils s’entendaient. Roman, après un léger signe de tête, le visage toujours calé dans ce marbre de volonté acharnée, disparaissait à travers la porte et accélérait le pas jusqu’à courir. Pour la rejoindre.[…] La table aux tapis vert résonnait sous les coups de poings enragés des adversaires d’une meilleure prédatrice. La partie s’était finie, les cartes étaient retournées et deux hommes se redressaient, montrant leur imposante stature sous les chemises amidonnés d’un faux luxe prétentieux. Dans l’espace prodigieusement éclairés de cristaux suspendus au plafond, elle était là, de dos, observant les deux énergumènes la pointer du doigt pour tenter de l’embarrasser et mépriser sa victoire en insultant sa beauté irrévérencieuse. Roman n’avait pas besoin de voir son visage pour savoir qu’elle répondait à leur manque de respect par un sourire prodigieusement méprisant et amusé. Une main se redressait et Roman l’interceptait à la base du poignée au moment où le pire allait se produire. Tu ferais mieux de me laisser la place avant que je te t’abattes toi et tes deux chiens. Qu’il disait en s’adressant à lui si près que personne ne pouvait réellement entendre ce que l’homme qui venait d’apparaitre dans son plus bel aparas venait de siffler entre ses lèvres. L’arme de Gregory Rosenbach était braquée contre son flanc dans le plus secret des pans de son costume. Il appuyait fermement le canon sur la hanche de l’homme pour le faire céder. Après une altercation où le silence pesant grisait l’univers emblématique des jeux rutilants, il décidait de s’en aller, aboyait quelques mots à ses acolytes pour leur ordonner de le suivre et crachait des titres de vengeance sans pour autant que le Da Russo ne l’écoute d’avantage. Lui prenait la nouvelle chaise disponible devant des joueurs qui attendaient depuis plus d’une heure de prendre une place qui se libérerait à la table des plus grosses fortunes. Là où les conséquences d’une perte pouvaient tout vous prendre. Roman observait les jetons qui s’amassaient devant lui et jetait deux liasses de billets pour suivre l’entrée de jeu et la première mise. Son regard brun se redressait enfin et percutait celui d’Eileen, fixé sur lui depuis son arrivée triomphale pour la délivrer des mauvaises mœurs de la plèbe qui se prenait pour des rois. Du champagne mademoiselle Rosenbach ? Qu’il disait avec un sourire confiant et charmeur pendant qu’il prenait deux coupes posées sur le plateau d’un serveur qui venait de se pencher près de lui. Il se levait, se foutant de faire perdre du temps à ses adversaires et lui offrait le millésime en se penchant à sa nuque. Je gagne et tu montes avec moi dans la suite. Impérieux, Roman imposait ses conditions et n’acceptait aucune réponse négative de la part de la jeune femme. Il voyait Eileen comme pour la première fois, domptée aux vices les plus chatoyants, droguées aux substances les plus électrisantes, éternellement libre et à jamais sienne. Roman déposait un léger baiser sur sa nuque en la plus belle des provocations et retournait à sa place tout en l’observant. Que la partie commence.


© Grey WIND.
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Nina Fitzmartin
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i've got 99 problems but a bitch ain't one - gregory maxwell rosenbach & roman da russo

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