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 (milo) L'air est plein du frisson des choses qui s'enfuient.

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MessageSujet: (milo) L'air est plein du frisson des choses qui s'enfuient.   Mar 17 Nov - 1:33

« Tu te rappelles Cam ? De ce moment de plénitude qui te saisissait lorsque ton corps se balançait sur le sol ? C’était comme si tu volais au moment où la foule acclamait le moindre coup que tu lançais.  Ils hurlaient encore et encore et ton corps tendu ne répondait plus que par l’adrénaline déployée. C’était beau, c’était épique… » Cam ouvrait les yeux. Une nouvelle fois. La salle de sport n’avait plus la même luminosité et les néons ne se balançaient plus que par détresse des impacts répétés du vent et non plus par la clameur de la foule qui projetait leur fièvre au travers du décor. Le ring, usé et épuisé vivait son troisième âge. Cam observait son ancien entraîneur. Lui aussi avait changé. Sa peau tournait vers le gris maladif, ses yeux étaient tirés et des poches se formaient à la racine de ses cils bruns, constat des nombreux paquets de cigarettes qu’il avait écoulés au fur et à mesure de ses longues journées d’angoisse permanente. Elle non-plus n’était plus la même et regardait dorénavant d’un regard troublé la scène maudite qui avait perpétré sa fin imminente. Elle ne remonterait plus jamais sur un ring pour un championnat car son dernier avait fini par la terrasser. Apeurée par les migraines qui ne cessaient dorénavant de la gagner, la dernière des Warren caressait l’idée qu’un jour, elle finirait par ne plus passer ses nuits à rêver de son ancienne et brève ascension dans le monde du sport. Un bref sourire s’étalait sur son visage habituellement fermé et mystérieux. Pourquoi m’as tu appelé ? Dans la pénombre de l’espace cloîtré, les traits de son ancien entraineur prenaient soudain un aspect lisse et sans défaut. Elle voyait d’une netteté surprenante quand la majorité des gens peinait à scruter la personne qui leur faisait face. « Je soupçonne qu’un club clandestin se soit ouvert dans la ville. Je n’ai pas de réelles preuves mais si c’est bien vrai, j’aimerais que tu ne prennes pas part à ce genre de choses. C’est dangereux Cam et… » Cameel jouait de son regard bleu en l’observant intensément. En posant une main sur son épaule elle tentait brièvement de le rassurer et de faire taire l’inquiétude qui le gagnait depuis que la jeune femme avait abandonné la compétition. Elle avait été une championne, une combattante. Jamais personne ne lui disait quoi faire car elle avait la persuasion aussi immense que la solitude. Elle ne se laissait guider que par son instinct et, s’il le savait, Cam détestait imaginer qu’il puisse la conseiller comme un parent aimant pourrait le faire. Il avait pourtant été comme un père, une seconde main qu’on lui avait tendu lorsque ses parents étaient décédés. Il n’avait jamais jugé les scandales rencontrés par sa famille et jamais ne s’était fié aux rumeurs qui circulaient sur elle et le sang qui coulait dans ses veines. Tout ce qu’il désirait c’était la protéger mais il était évidemment, bien trop tard pour ça. Ne t’inquiètes pas, je dois aider grand-mère et… J’ai un mariage à préparer. Si ses paroles se voulaient convaincantes, elles n’en avaient pourtant par l’once d’un trait. Cam savait mentir mais n’utilisait rarement ce trait de personnalité et lorsqu’elle se retrouvait face à des gens qu’elle considérait comme de sa famille, elle préférait détourner le sujet plutôt que de répondre clairement aux questions désagréables qu’on lui posait. Sans s’embarrasser de répondre clairement à ses doutes, elle déposait un baiser sur sa joue qui se voulait chaleureux quand dans son cœur, rien ne baignait plus que ses organes dans une eau glacée et incolore. […] Cameel pinçait ses lèvres d’impatience pendant qu’elle patientait sur la moquette rouge imprégnée de splendeur d’un des bureaux de la mairie. Vestige de son passé, la migraine la reprenait et faisait affluer le sang à ses tempes. La douleur courait le long de son crâne, caressait le bout de son doigt qui essayait de masquer le mal par un geste lent et circulaire sur sa peau tourmentée. Aucune photo n’apparaissait sur le bureau immense qui imprégnait la pièce d’une puissance ternit par le peu de lumière que laissait passer les rideaux tirés devant les immenses fenêtres de verre. S’avançant, elle prenait place sur l’un des sièges prévus à l’effet des divers employés et représentants pour délivrer ses jambes de la lourdeur qui les assaillait. Le ventre noué, elle entendait enfin une cloison s’ouvrir derrière son dos et des pas résonner sur le parquet luisant. Milo apparaissait à sa vue et s’installait face à elle, un sourire aux lèvres, agrémentant rapidement sa vue d’un léger baiser sur le haut de son visage. Cameel aurait pu hurler de frustration. Elle détestait tout. Cette manière d’agir, si froide, désinvolte, rabaissante. Elle n’était que le trophée d’un mania du pouvoir, la putain d’un roi, la soumise d’une histoire qui s’était échouée avant même d’avoir réussi à voguer. Malgré l’écoeurement qui la submergeait, elle jouait de convenance et attestait de la présence de son fiancé par un sourire façonné avec soin. Milo, en bon communicant, n’aurait aucun mal à détailler ce mirage mais jamais il n’avait pourtant émis le moindre commentaire sur le malaise poignant qui travaillait le cœur même de leur relation désuète. Cam aurait pu croire au prince charmant mais elle n’en avait pas eu la chance. Le sport avait été son seul bénéfice, sa seule opportunité d’oubli, sa gloire à elle, l’amour de sa vie. Dorénavant, elle n’avait plus ça et se rabattait sur ce qu’on lui offrait à défaut de vouloir mieux et de tout faire pour obtenir l’exigence qu’elle aurait dû mériter. Tu me fais toujours appeler comme l’un de tes employés… Qu’elle cédait enfin devant le silence ravageur du jeune homme. Elle savait ce qu’il voulait. Lui parler du gala de charité du soir, l’événement lucratif qui pouvait lui obtenir des voix et des donateurs. Ce qu’elle devait faire c’était simplement porter une robe élégante choisie par ses soins et se présenter rayonnante à ses côtés. Mentir, s’abreuver de mensonges, couronner l’amertume de cet échec social par une bonne rasade de faux semblants. Tout le monde devait y croire, Selina, Blake, le coven… Toutes ses amies qui étaient en train de s’éloigner par sa négligence et qui n’envisageaient pas que son futur mariage n’avait rien de plus factice. Pourtant ils avaient eu la recette du succès à leur première rencontre. Elle avait presque pu sentir un flot de sentiments affluer à l’organe vital. Mais leur vie respective avait fait sombrer cette idylle naissante et les joignait dorénavant dans une macabre corruption de leur bonheur.



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Keith O. Phillips
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MessageSujet: Re: (milo) L'air est plein du frisson des choses qui s'enfuient.   Ven 11 Mar - 19:13

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(milo) L'air est plein du frisson des choses qui s'enfuient.

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