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 people change and forget to tell each other (peter)

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Kira Fitzmartin
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» prénom, pseudo : marina.
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MessageSujet: people change and forget to tell each other (peter)   Dim 8 Nov - 15:24

I've learned that people will forget what you said, people will forget what you did, but people will never forget how you made them feel.
Maya Angelou.

« Nina, fais-moi plaisir, limite les contacts avec tes prétendants jusqu'à mon arrivée la semaine prochaine. » souffle-t-elle au téléphone, se heurtant aux grognements de sa jumelle toujours empêtrée dans ses histoires d'amour compliquées. Déjà qu'il n'était pas évident d'en suivre chaque péripéties quand elle habitait encore avec elle à San Francisco, autant dire que c'était devenu mission impossible depuis qu'elle était partie vivre à New York. Bien que la présence de sa soeur soit un manque indéniable dans la vie de la jolie blonde, elle ne parvenait pas à regretter sa décision. Son nouveau travail la passionnait, et elle ne s'était pas encore lassée d'écrire des nouvelles pour le journal qui l'avait embauchée. Certes, son écriture n'occupait qu'une petite partie à la fin d'une page, pour autant avait-elle reçu des critiques positives, ce qui satisfaisait largement ses attentes du moment. Elle savait se contenter de peu quand il le fallait, Kira. Mais elle savait surtout reconnaître quand la chance lui souriait, ce qui était définitivement le cas étant donné la facilité avec laquelle elle avait obtenu le job. « A plus tard. Tu me manques, et je sais que je te manque aussi, pas besoin de grogner. » dit-elle en ricanant doucement face à l'habituelle humeur fragile de Nina, qu'elle ne se lassait pas de taquiner. Elle raccroche et en profite pour regarder l'heure par la même occasion. Presque vingt-et-une heures. Elle jette un regard par la fenêtre de sa chambre, apercevant un bon nombre de silhouettes se hâter dans les rues sombres mais pas moins animées de New York. Elle-même ne tarde pas à les rejoindre une vingtaine de minutes plus tard en direction du 230 fifth où elle a rendez-vous avec une de ses amies fraichement rencontrées, prénommée Caitlyn. L'aisance naturelle de Kira à se faire apprécier des autres lui avait une fois de plus rendu service, si bien qu'à peine une semaine après s'être installée dans son luxueux appartement de l'Upper East Side, la demoiselle s'était déjà crée un bon éventail de connaissances. Bien sûr, cela n'avait rien à voir avec les amitiés solides qu'elle avait crée à San Francisco, notamment lors de ses années universitaires, mais elle était confiante quant à son avenir social. Une fois arrivée à destination, c'est avec un froncement de sourcil surpris que la jeune femme vient s'installer au bar, remarquant que son amie n'est pas encore arrivée. Sceptique, elle regarde de nouveau l'heure sur son portable : dix heures moins dix. Elles s'étaient données rendez-vous à neuf heures et demies. Evidemment, Kira était arrivée en retard, une fâcheuse habitude dont elle n'avait jamais réussi à se défaire, mais qu'on ne lui reprochait presque plus tant on s'y était habitué. Un sourire finalement amusé sur les lèvres, elle hausse légèrement les épaules et accepte avec une certaine satisfaction le fait qu'elle ne soit pas la seule à être incapable de respecter un horaire. « Le cocktail du jour s'il vous plaît. » commande-t-elle au barman quand celui-ci lui demande ce qu'elle veut boire. Encore une de ces manies à la Kira qui ne peut s'empêcher de bousculer ses habitudes, même pour une simple boisson de bar. Cette dernière lui est bientôt servie joliment décorée avec en prime un sourire prononcé du serveur, qui se garde pourtant de tenter une quelconque approche, ce dont elle lui est silencieusement reconnaissante. Elle ne s'est pas encore parfaitement remise de son histoire avec Nate, Kira, et les souvenirs douloureux de l'Université continuent de la hanter encore aujourd'hui. Tout semble la ramener à lui, alors même qu'ils n'ont jamais été aussi loin, sur tous les points. L'Angleterre avec finalement récupéré ce qui lui avait toujours appartenu. Elle sirote doucement son cocktail, les jambes croisées sur le tabouret de bar, jetant parfois quelques regards en direction de l'entrée, s'attardant davantage sur les nouvelles arrivées que sur les hommes afin de discerner enfin celle qu'elle attend. C'est donc presque sans le voir qu'elle observe pourtant distraitement une silhouette masculine pousser la porte du bar. Elle le regarde s'avancer sur quelques mètres sans même s'en rendre compte, titillée par un sentiment de familiarité qu'elle ne s'explique pas encore. Jusqu'au moment où il tourne légèrement la tête dans sa direction, la confrontant à la dure réalité qui la frappe avec violence. Si la présence de Peter Whitmore lui coupe tout d'abord le souffle sous le coup de la surprise, il ne lui faut pas plus de quelques secondes pour que son étonnement se change en ravissement. Une chaleur lui envahit le coeur et elle quitte sa chaise de bar dans un saut agile, se hâtant dans la direction du jeune homme. « C'est pas vrai, Peter ! » souffle-t-elle alors qu'elle arrive à sa hauteur, un sourire éclatant aux lèvres. Puis, à mesure qu'elle se rapproche, les souvenirs lui reviennent en mémoire et lui font l'effet d'une douche froide. Qu'est-ce que tu fais Kira ? Vous ne vous êtes pas quittés en bon terme, rappelle-toi. Et c'est de ta faute, d'ailleurs. Sa main s'étant instinctivement tendue vers lui, elle stoppe subitement son geste, se contentant de frôler du bout des doigts le bras du jeune homme. Paralysée par son enthousiasme déplacé au vu des circonstances, elle laisse mollement retomber sa main et reste là, immobile, sans rajouter un mot. Elle ne comprend pas ce qu'il fait là. Son Peter pour qui l'argent était autrefois si rare et qu'elle n'aurait jamais imaginé errer dans un endroit où les clients suintaient littéralement l'argent. Mais comment pouvait-elle prétendre être étonnée par le comportement d'un garçon qu'elle ne connaissait plus depuis des années ? « Ah, Kira, te voilà ! Excuse-moi pour le retard, je n'arrivais pas à me décider sur ma tenue. » Voilà qu'elle tombe à pic, Caitlyn.
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Alexz Pierce
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MessageSujet: Re: people change and forget to tell each other (peter)   Lun 23 Nov - 0:15

“As smoking is to the lungs, so is resentment to the soul; even one puff is bad for you.”





« Pourquoi pas, après tout, je n’ai rien de spécial à faire ce soir. » Après une longue réunion avec son agent et l’équipe de communication de Balmain, Peter venait d’accepter leur invitation à aller fêter cette journée de travail productive autour d’un verre dans un des bars les plus branchés de Manhattan. Ce n’était ni le genre d’endroits, ni le genre de personnes que Peter avait l’habitude de fréquenter, mais il savait pertinemment que ce genre de réunions improvisées étaient essentielles au bon développement de sa carrière. Faire semblant de s’entendre avec tout le monde n’était pas aisé, mais c’était nécessaire pour perdurer dans le milieu de la mode. En traînant de temps en temps avec les décisionnaires des entreprises de haute couture, il s’assurait que son nom reste de manière durable dans les discussions lorsqu’il s’agissait de choisir un mannequin pour une campagne publicitaire. Et si pour cela, il fallait sortir dans un bar où les clients jetaient leur argent pour les fenêtres et où toutes les valeurs en lesquelles Peter croyait étaient bafouées, alors il le ferait, difficilement, mais il le ferait. En quittant San Francisco pour New York, à sa sortie de prison, il savait que pour entamer cette nouvelle vie dont il rêvait tant, loin de tous ceux qu’il connaissait, loin de toutes les emmerdes qui lui collaient à la peau, il devrait faire des sacrifices. Le premier avait été de quitter ses proches pour repartir à zéro. Traîner avec des gens qu’il n’appréciait guère était un autre de ces sacrifices, mais il n’allait pas faire marche arrière désormais qu’il avait réussit à amorcer ce changement majeur dans sa vie. Cette situation n’était que temporaire, viendrait un temps où il n’aurait plus besoin de faire tout cela, viendrait même un temps où il ne serait sûrement même plus mannequin. Mais pour l’heure, il devait s’accommoder de cette situation, vivre avec. Il arrivait à relativiser, après tout, ce n’était pas comme s’il connaissait pléthore de gens ici, à New York, alors entre passer quelques soirées dans des bars avec des presque inconnus, ou passer ces mêmes soirées seul chez soi, à tourner en rond sans ne savoir réellement quoi faire, le choix était vite fait au final. Il ne les portait peut-être pas en haute estime, mais ces personnes lui permettaient de s’évader de la monotonie du quotidien dans lequel il s’était installé depuis son arrivée à New York. C’était d’ailleurs un reproche qu’il se faisait à lui même. Celui de ne pas sortir davantage, mais surtout, celui ne pas s’être fait de réel ami depuis qu’il avait déménagé ici. Autant à San Francisco, il avait été le centre de l’attention de sa petite bande pendant longtemps, autant ici, il n’avait personne avec qui partager son quotidien, avec qui traîner quand l’envie lui prenait, il était seul, terriblement seul. Mais peut-être que tout cela allait changer ce soir, peut-être allait-il rencontrer de nouvelles personnes avec qui il s’entendrait à merveille, peut-être qu’on lui enverrait un signe, un signe pour lui montrer que dans l’immensité de la plus grande ville des Etats-Unis, il n’était pas seul. Environ trente minutes plus tard, ils étaient arrivés devant le 230 fifth, dans les quartiers sud de Manhattan. Peter ne put s’empêcher de lever les yeux au ciel quand une des personnes travaillant pour Balmain fit cinq bises au propriétaire des lieux, l’appelant par plein de surnoms plus ridicules les uns que les autres et en demandant à ce que le coin vip du bar leur soit réservé. Toutes ces manières, il ne pourrait jamais comprendre, c’était trop, c’était faux, ça se voyait à des kilomètres. Mais c’était apparemment la norme dans leur monde rempli d’hypocrisie, ils aimaient se faire brosser dans le sens du poil pour booster leur égos surdimensionnés. Alors qu’il rentrait dans le bar et suivait les autres au fameux coin vip, il entendit une voix prononcer son prénom, avant qu’une main ne vienne effleurer son bras du bout des doigts. Il tourna machinalement la tête pour constater à sa grande surprise qu’il s’agissait d’une vieille connaissance qui surgissait de son passé san franciscain. « Kira ! » s’exclama-t-il, d’abord sincèrement heureux de voir une tête connue ici, de la voir elle, avant que l’amertume ne remonte et ne lui fasse froncer les sourcils. Il ne lui avait toujours pas pardonné, elle l’avait lâchement abandonné, sommée par sa famille de couper les ponts avec le petit prolétaire qu’il était. Ils n’étaient à l’époque que des adolescents, mais Peter n’avait jamais ressenti une telle communion avec quelqu’un d’autre, ils étaient fusionnels, s’entendaient à merveille et Peter avait très mal vécu cet abandon. Aujourd’hui encore, bien qu’il pensait être passé au dessus de tout cela, bien qu’il pensait être allé de l’avant, le simple fait de la revoir faisait tout à coup remonter cette vieille rancoeur. Il ne lui avait jamais dit à l’époque, ne pensant pas la mériter, mais il l’aimait. Elle avait été la première fille de laquelle il était tombé amoureux, celle qui avait fait battre son coeur d’adolescent rebelle, celle qu’il pensait être son grand amour, à l’image de ceux qu’on voit dans les films, mais tout cela, elle avait fait une croix dessus en cédant au caprice de ses parents. « Je suis assez fréquentable pour être reconnu dans un lieu public maintenant ? » enchaîna-t-il, mauvais. Elle avait sûrement changé, peut-être même avait-elle regretté son choix avec le temps, mais Peter n’était pas prêt à passer l’éponge, pas si facilement, pas parce qu’elle lui adressait un simple sourire, aussi envoutant soit-il. Quelques instants plus tard, une autre femme interpella Kira, Peter sauta sur l’occasion pour en remettre une couche, sur le même ton. « Ah je vois, tu reproduis le même schéma, tu me parles, tu me fais penser que j'ai de l'importance pour ensuite m’abandonner dès qu’une personne digne de ton statut se pointe. Charmant. »
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Kira Fitzmartin
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MessageSujet: Re: people change and forget to tell each other (peter)   Dim 13 Déc - 21:06

Kira se laisse aller au doux espoir que leur relation n'a pas été entachée par toutes ces années de silence ni par la fin brutale qu'elle leur a imposée. Elle retrouve presque une chaleur familière dans la voix de Peter qui semble au moins aussi surpris de sa présence qu'elle ne peut l'être. N'est-ce pas à ce moment précis qu'ils sont supposés se tomber dans les bras et se réjouir de leurs retrouvailles, avant de s'empresser de rattraper le temps perdu ? Ils en sont évidemment très loin, et encore une fois Kira n'a personne d'autre à blâmer qu'elle même. Bien qu'elle sait ne pas pouvoir se le permettre, elle esquisse un très léger sourire où se mêle douceur et culpabilité. Elle appréhende la réaction de son ancien ami autant qu'elle souhaite recevoir ses foudres, histoire d'apaiser au moins un peu ce désagréable sentiment qui la ronge et qui ne l'a pas quittée depuis qu'ils ont rompu tout contact. On ne peut pas dire qu'elle y ait pensé tous les jours, à Peter. Au début oui, plusieurs fois par jour d'ailleurs tant il lui avait manqué. Puis elle s'était finalement habituée à son absence comme on finit par s'habituer à tout. Pourtant, le revoir aujourd'hui la ramenait brusquement à sa perte, et elle en vient même à se demander comment elle était parvenue à passer au dessus de son absence avant tant de "facilité", quoi que le mot soit très loin de la réalité. Bien qu'elle en meurt d'envie, la jeune femme préfère garder le silence une fois passée la surprise de leur présence mutuelle. Il était en effet plus prudent de laisser à Peter l'occasion de lui faire savoir son état d'esprit actuel. Sage décision. Il est loin de lui avoir pardonné ses décisions passées, et le lui faire savoir de la pire des façons. Blessée par sa remarque abrupte, Kira estime cependant qu'elle l'a bien mérité et l'accepte sans broncher. Seule la déception se lit sur ses traits tandis qu'elle réalise que retrouver Peter ce soir ne rime pas forcément avec le retour d'un ami. « Tu l'as toujours été, Peter. Je vois que tu m'en veux encore, et je ne peux probablement pas te le reprocher. Mais je n'ai jamais eu honte de toi et tu le sais très bien. Enfin, j'ose l'espérer... »  qu'elle termine, incertaine, alors que le début de son discours semblait pourtant si affirmé. Elle fronce les sourcils et laisse échapper un soupir découragé alors qu'elle cherche sur le visage de Peter le moindre signe qu'il n'éprouve pas pour elle que de la haine, voire même de l'indifférence. Non, elle pense au moins pouvoir rayer cette dernière option tant ses paroles sonnent amères. C'est toujours ça de pris. Elle avait toujours entendu que le contraire de l'amour n'était pas la haine, mais l'indifférence. Ce qui l'avait d'ailleurs maintes fois fait douter quant à l'amour de sa soeur, Nina, qui avait pendant une longue période de leur enfance montré envers elle une inexplicable et soudaine impassibilité. Mais Peter était bien trop sanguin pour l'ignorer. Elle préférait du moins se raccrocher à cette idée plutôt que de songer à la possibilité qu'il puisse tout simplement tracer son chemin et prétendre qu'ils ne s'étaient pas vus ce soir. Elégante dans une jolie robe bleue nuit qui dévoile ses bras délicats et la couvre jusqu'à mi-cuisses, Kira se sent pourtant presque ridicule d'être ainsi vêtue devant Peter, qui n'apportait depuis toujours qu'un intérêt très limité pour les apparences. Jamais elle n'avait songé à s'apprêter lorsqu'elle allait lui rendre visite, quand ils étaient plus jeunes. Un jogging aurait parfaitement fait l'affaire en sa présence tant il se retenait de la juger, et elle le lui rendait bien. Ce qui n'avait malheureusement pas été le cas de sa famille. Les événements semblent s'enchaîner puisque Caitlyn fait soudain son apparition, réclamant toute l'attention de Kira. Cette dernière avait en effet rapidement découvert que Caitlyn faisait partie de ces personnes qui aimaient qu'on les remarque, mais surtout qui détestaient être relayées au second plan. Son intervention est déjà bien assez délicate sans qu'elle doive en plus encaisser une nouvelle réflexion méprisante de la part du jeune homme. « Tu penses vraiment toutes ces bêtises ou tu as juste envie de me torturer ? »  qu'elle demande d'une voix légèrement tremblante mais d'un ton tout aussi aussi cinglant que le sien. Certes, elle a beaucoup à se faire pardonner, mais elle n'a jamais plié l'échine devant lui et n'a pas l'intention de commencer aujourd'hui. Reportant son attention sur une Caitlyn visiblement troublée - et qui commence à s'agacer de cette scène dont elle n'est pas la principale concernée -, elle hésite un instant devant la stratégie à adopter. « Caitlyn, voici Peter. Peter, Caitlyn. Ecoute, on pourrait peut-être remettre notre verre à plus tard ? Peter et moi sommes... De vieilles connaissances, et je pense qu'on a quelques choses à se dire. »  explique-t-elle en tâchant de choisir ses mots avec une extrême prudence. Elle avait été tentée de les qualifier de "vieux amis" mais Peter aurait certainement trouvé quelque chose à y redire. A en juger par son expression, Caitlyn ne semble pas apprécier sa proposition. Voilà qui ne présage rien de bon quant à ses futures relations amicales à New York, alors qu'elle vient pourtant tout juste d'y mettre les pieds. Indécise et surtout incapable de trouver une solution à cette situation qui commence à devenir gênante, Kira se tourne de nouveau vers Peter. « Tu m'accorderais un peu de ton temps ? Enfin, je ne voudrais pas gâcher ta soirée, tu as sûrement des gens à retrouver. Nous pourrions peut-être nous joindre à vous, Caitlyn et moi ? Sauf si c'est un rendez-vous ou quelque chose comme ça... Oh, je ne sais pas. »  qu'elle conclut, complètement perdue au milieu de ses propres propositions. Elle n'a pas envie de contrarier l'une de ses rares amies, ou du moins ce qui s'en rapproche le plus, mais n'envisage pas non plus de continuer sa soirée en laissant filer Peter alors qu'elle vient tout juste de le retrouver. Son regard passant de l'un à l'autre, elle passe une main distraite dans sa longue chevelure blonde d'un geste nerveux, avant de pousser un léger soupir. « Juste... Reste un peu avec moi ce soir, c'est tout ce que je demande. »  qu'elle conclut à l'intention de Peter, légèrement implorante. Elle est parfaitement consciente qu'elle n'a aucun droit de lui demander quoi que ce soit étant donné les circonstances. Mais en mémoire de leur relation qui avait tant compté pour elle - pour eux - elle espérait qu'il lui accorderait cette faveur.
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Alexz Pierce
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MessageSujet: Re: people change and forget to tell each other (peter)   Dim 3 Jan - 0:32

“As smoking is to the lungs, so is resentment to the soul; even one puff is bad for you.”






Des filles comme Kira, Peter n’en a jamais connu d’autres, ni de près, ni de loin. Celles qu’il avait l’habitude de fréquenter à Los Angeles depuis tout petit n’avait rien à voir avec elle. Elles étaient de son milieu social à lui, elles ne roulaient pas sur l’or, n’avaient pas eu la chance d’accéder à une éducation élitiste et pour la plupart n’avaient pas eu les moyens de se payer l’université. Non, Kira venait d’un autre monde et quand elle était entrer dans le sien, elle avait tout chamboulé, elle avait redéfini toutes les règles, elle lui avait donné de l’importance, à lui le p’tit blanc bec de banlieue, la mascotte du quartier. Pour la première fois dans sa vie, Peter avait eu l’impression que l’argent n’importait pas, qu’il n’avait pas besoin d’avoir une infinité de zéros sur son compte en banque pour susciter l’intérêt de personnes issues de la haute société. Alors quand elle avait abandonné, sans crier gare, il lui en avait voulu autant qu’il s’en était voulu à lui-même. Comment avait-il pu être assez bête pour croire qu’il avait de l’importance aux yeux de Kira. Ces gens là n’accordaient d’importance qu’aux leurs et ne faisaient que se servir des personnes issues de milieux défavorisés. Et Kira, bien qu’il la croyait différente, avait fait exactement la même chose avec lui. C’était peut-être pour cette raison qu’aujourd’hui, il avait du mal à faire confiance aux filles qui l’entouraient dans sa nouvelle vie, dans le mannequinat, entre le strass et les paillettes. Mais elle n’ont plus ne ressemblaient en rien à Kira, elles n’avaient pas sa grâce, son charme et surtout, elles ne l’avaient pas fait souffrir de la manière dont elle l’avait fait souffrir à l’époque. « Je le pensais oui. Pourtant c’est pour cela que tu es partie du jour au lendemain non ? Parce que je n’étais pas assez fréquentable pour ta famille. Parce que je ne venais pas du même monde que toi. Parce que je n’étais qu’un pauvre petit mec de banlieue, pas assez bien pour fréquenter une fille issue d’une famille comme la tienne. » La rancune qu’il avait contenue à l’intérieur pendant des années jaillissaient finalement à travers ces mots. Il lui en avait voulu autant qu’elle lui avait manqué, énormément. Mais si aujourd’hui une partie de lui était ravie de la retrouver, c’était la froideur qui l’emportait. Il ne pouvait pas la laisser revenir dans sa vie avec un grand sourire chaleureux et oublier ce qu’elle avait fait, oublier la manière dont elle l’avait fait se sentir : comme une merde. Après avoir marqué une pause de plusieurs secondes, il poursuivit, cherchant cette fois-ci plus à la provoquer qu’à lâcher ses vérités. « Enfin peut-être que je me trompe. Après tout, tu ne m’as jamais donné la moindre explication, je n’ai pu savoir pourquoi tu t’étais éloignée. Pas une seule nouvelle, pas une seule fois. Pas vraiment le genre de chose que l’on fait à une personne fréquentable. » Si elle n’avait été qu’une simple amie à l’époque, Peter ne lui en aurait probablement pas tenu autant rigueur aujourd’hui. Il lui aurait rapidement des nouvelles et serait passé à autre chose en un claquement doigt. Mais Kira n’avait jamais été qu’une simple amie à ses yeux. Outre l’importance qu’elle lui avait donné, il avait éprouvé de vrais sentiments pour elle, des sentiments qu’il n’avait que trop rarement ressenti depuis, des sentiments qu’il s’était forcé de masquer. Elle avait tout, la beauté, l’intelligence, la richesse, la culture, un avenir brillant qui lui tendait les bras et lui, lui n’était que Peter, un pauvre adolescent de la banlieue de Los Angeles qui ne savait même pas de quoi le mois prochain serait fait, lui, ne la méritait pas, lui, n’avait rien à lui offrir. La manière dont elle l’avait abandonné n’en avait été que plus blessante et l’avait profondément marqué, ébranlant son aptitude à faire confiance aux gens, le poussant à toujours rester sur ses gardes, à ne jamais se livrer complètement. Une peine d’amour qu’il n’avait même pas le droit de qualifier ainsi car l’amour se vivait à deux, et le sien, il l’avait cultivé seul dans cet espèce de jardin secret qu’il s’était construit. Peter échappa volontairement un bruyant soupir lorsque l’amie de Kira les interrompit dans leur discussion. Une personne du milieu social de Kira apparaissait et immédiatement elle éloignait son intérêt de Peter. « A vrai dire, sûrement un peu des deux. » répondit-il du tac au tac à la question qu’elle lui posa. Bien entendu que c’était la manière dont il ressentait la situation, bien sûr qu’il avait l’impression que Kira l’utilisait comme un simple bouche-trou pour passer le temps lorsqu’elle n’avait personne à qui parler. Du moins, un peu, car il la savait trop bienveillante pour utiliser consciemment les gens. Mais surtout, il avait envie de lui donner un aperçu de la manière dont elle l’avait fait se ressentir à l’époque. Alors oui, elle n’allait pas échapper à ces quelques instants de tortures verbales, l’heure était venue pour elle d’assumer les conséquences de ses actes. Et même si son coeur criait à Peter de la serrer dans ses bras, sa tête elle, le convainquait de ne pas la laisser s’en tirer si facilement. Il ne put s’empêcher de rire intérieurement lorsqu’elle les considéra comme de vieilles connaissances. C’était drôle, de vieilles connaissances pour elle, alors que pour lui, elle était la fille qui lui avait brisé sa confiance et son coeur, ni plus, ni moins. « Désolé, si on doit s’expliquer ce soir, je n’ai pas envie d’infliger ça à d’éventuels témoins. » qu’il répond, d’un calme olympien, quand Kira lui demande si elle et son amie peuvent se joindre au groupe de personnes avec qui Peter est venu au bar. La vérité, c’est qu’il n’en a rien à foutre de cette histoire de témoin, il ne veut simplement pas la partager ce soir, mais la fierté qui l’envahit lui empêche de confier son réel ressentiment à Kira. « Mais Caitlyn, je t’en pris, rejoins donc ces messieurs, dis-leur que tu viens de ma part. Je suis sûr qu’ils seront aptes à te divertir le temps que Kira et moi finissons la petite conversation que nous devons avoir. » Le message implicite étant qu’il souhaitait qu’elle se casse au plus vite et qu’elle les laisse, lui et Kira, régler tranquillement le contentieux qu’ils entretenaient depuis des années déjà. Il se tourne ensuite vers Kira en lui adressant un énorme sourire, avant de déposer délicatement sa main sur sa joue pour lui donner une caresse du bout des doigts. « Rester avec toi ? Mais bien sûr Kira. » réplique-t-il alors d’un ton mielleux, avant d’enlever sa main et de rapidement reprendre, cette fois froidement. « De nous deux, je ne suis pas celui qui développe une fâcheuse tendance à l’abandon. » Il s’assit ensuite à une des rares tables disponibles à quelques mètres d’eux puis reprit. « Tu veux un peu de mon temps, très bien. Commence donc par me payer un verre. Qui sait, je pourrai peut-être me montrer plus tolérant une fois alcoolisé. »
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Kira Fitzmartin
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MessageSujet: Re: people change and forget to tell each other (peter)   Mer 27 Jan - 16:32

Ces retrouvailles inattendues prenaient une tournure que Kira était bien loin d'apprécier. Elle avait la désagréable impression que quoi qu'elle puisse faire ou dire, tout cela n'avait aucune importance face à la véhémence de la rancoeur que Peter semblait avoir gardé contre elle depuis toutes ces années. En plus de se blâmer pour la souffrance qu'elle lui avait infligé à cette époque lointaine, la jeune femme commençait désormais à s'en vouloir pour cette haine qu'elle avait engendré et qui n'avait visiblement apporté à son ancien ami que quelques tourments supplémentaires. Une chose était certaine : la culpabilité et Kira n'avaient jamais fait bon ménage, et il ne faisait aucun doute qu'elle finirait probablement par l'engloutir toute entière si elle ne réagissait pas rapidement. « Tu peux me croire Peter, je regrette affreusement la façon dont je nous ai forcé à couper les ponts. Si c'était à refaire, j'agirais différemment. La seule personne qui n'était pas assez bien pour fréquenter l'autre, c'était moi, et je l'ai réalisé il y a bien longtemps. Je ne te demande qu'une chose, c'est de me croire quand je te dis que jamais je n'ai voulu que notre amitié se termine de cette façon. Qu'elle se termine tout court. » dit-elle presque à demi-mots, la voix rongée par les remords qui s'alourdissaient à mesure que les mots de Peter la frappaient de plein fouet. Jamais il n'avait été question pour elle du statut de sa famille ni même de la précarité dans laquelle son ami avait bercé toutes ses années. A vrai dire si Kira avait pleinement conscience de la puissance et de le richesse inestimable de sa famille, elle ne comprenait pas en quoi être différent pouvait être un problème. Peter n'avait-il pas davantage les pieds sur terre en évitant ce luxe qui en contaminait tant ? Elle l'avait toujours vu comme quelqu'un de plus méritant, comme si elle-même n'avais jamais vraiment mérité cette vie facile qu'on lui avait offerte. Peter semblait s'être battu toute sa vie pour obtenir ce qu'il désirait, ce qui avait fait de lui quelqu'un de plus fort d'une certaine façon. Mais la force de Kira avait une autre forme, plus douce, plus apaisante, et elle espérait qu'elle parviendrait ce soir à en faire preuve. « Je peux te donner toutes les explications que tu voudras ce soir. Si tu es prêt à m'écouter. » propose-t-elle tout en sachant pertinemment qu'elle lui offre là une occasion de l'envoyer royalement balader, écrasant un peu plus ses espoirs de rédemption au passage. Mais Kira avait toujours pris des risques dans la vie, plus encore dans sa vie personnelle qu'ailleurs. Elle en avait d'ailleurs pas mal souffert au passage, mais elle avait toujours estimé que ça en avait valu la peine, au final. Bien sûr la plupart des cartes étaient dans les mains de Peter, et s'il refusait de l'écouter, elle ne pourrait sûrement rien faire pour changer ça. La jeune femme toise son ancien ami avec une expression mitigée, quoique sa détermination farouche soit certainement la plus visible. Peut-être qu'en se montrant plus ferme, elle parviendrait à obtenir ce qu'elle souhaitait : son attention pour une petite partie de la soirée à venir au moins. Quand elle lui demande s'il pense réellement les durs propos qu'il lui adresse ou s'il souhaite simplement la blesser, sa réponse la fait immédiatement pencher vers la seconde option. Il vient une nouvelle fois de le confirmer : Peter Withmore ne montrera aucune merci envers elle. « Je suis consciente que beaucoup de choses ont du changer depuis toutes ces années, mais je ne t'imaginais pas un jour capable de te montrer cruel pour autant. » siffle-t-elle d'un ton un peu plus cassant, s'autorisant cette fois un soupçon de colère face à son attitude. Certes, elle méritait mille fois son châtiment, mais le Peter qu'elle connaissait n'aurait jamais cherché à la blesser par simple désir de vengeance. A moins que ce garçon qu'elle avait à l'esprit ait tout simplement disparu le jour où elle avait rompu tout contact avec lui, mais cette idée lui était bien trop douloureuse pour qu'elle s'autorise à la considérer pour l'instant. Elle est presque prête à lâcher les armes lorsque Peter évoque cette histoire de témoins, la forçant à se frotter de nouveau à une agressivité à laquelle elle ne s'est toujours pas habituée - et ne s'habituera probablement jamais. Il finit malgré tout par orienter Caitlyn vers un groupe de joyeux fêtards qu'elle rejoint d'un air désabusé, comme si l'on avait trop abusé de sa patience. Kira la regarde s'éloigner d'un air distrait avant de reporter son attention sur le jeune homme qui lui adresse soudain un sourire bien loin de la rassurer. Au contact de la main de Peter sur sa joue, Kira en sursaute presque de surprise. Mais sa confusion s'efface bien vite pour ne laisser en elle qu'un doux vent de nostalgie et de soulagement quasi viscéral de partager ce contact. Elle n'est pas naïve et ne croit pas une seule seconde que tout est pardonné, pourtant dans sa délicate et incontrôlable sensibilité, elle ne peut s'empêcher de laisser son coeur s'emballer et de rêver à ce fameux pardon. Elle ne le quitte pas un instant des yeux et assiste au changement d'attitude effrayant de Peter, qui lui offre une nouvelle réplique cinglante et un regard glacial. Son coeur s'effrite un peu plus tandis qu'elle lance au jeune homme un regard lourd de reproches. « Ne joue pas avec moi, Peter. » lâche-t-elle d'un ton au delà de la réprimande mais presque menaçant, lui faisant ainsi comprendre qu'elle lui interdisait de s'engager sur cette voie. « Je suis prête à encaisser beaucoup de choses, mais pas ça. » termine-t-elle en ravalant des larmes qu'elle refuse de lui offrir après une attaque aussi cruelle que celle-ci. Ne pouvant supporter plus longtemps le regard de celui qui redevient peu à peu un inconnu à ses yeux, Kira détourne volontairement le regard et accueille avec un stoïcisme inhabituel sa dernière remarque. Elle se dirige vers le bar sans un mot pour lui, ne lui adressant qu'un bref signe lui indiquant de la suivre et se dirigeant volontairement vers le coin le moins fréquenté du comptoir. Elle s'installe sans un mot, interpelle le barman et lui indique Peter afin qu'il puisse commander ce qu'il lui plaira. Le barman lui lance bientôt un regard interrogateur. « Je prendrai ce qu'il prendra, merci. » lance-t-elle la mort dans l'âme, ne pouvant s'intéresser moins à ce qu'elle pourrait bien boire. Qui sait, peut-être que l'alcool lui ferait finalement du bien, à elle aussi. La plupart des gens ne passaient-ils pas une grande partie de leur vie à noyer leurs péchés dans l'alcool ? Et pourtant, elle était tellement étrangère à ce genre de pratiques qu'elle ne parvenait toujours pas à l'envisager comme une solution. Tâchant de reprendre tant bien que mal le contrôle de sa voix tremblante, Kira se tourne vers Peter avec un effort perceptible. « Ce qu'il faut que tu saches, c'est que je n'aurais jamais arrêté de te voir si Nina ne me l'avait pas maintes fois demandé. Tu es bien placé pour savoir que je n'ai jamais eu de mal à désobéir à mes parents, comme l'ont prouvé nos années d'amitié... Clandestine. Mais avec elle c'est différent. C'était différent. Alors oui, j'ai eu peur. Peur qu'elle m'en veuille et peur de la perdre, à la fin. J'ai cédé et pris cette stupide décision, pour une crainte qui n'était peut-être même pas justifiée. Tu peux appeler ça de la faiblesse si ça te chante, je n'aurais probablement rien à te dire pour te persuader du contraire. »
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Alexz Pierce
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MessageSujet: Re: people change and forget to tell each other (peter)   Mar 9 Fév - 23:49

“As smoking is to the lungs, so is resentment to the soul; even one puff is bad for you.”






Toute la rancune qu’il avait emmagasiné durant toutes ces années ressortait maintenant. Et si avec le temps, il avait réussi à ne plus penser à Kira - ou plutôt à n’y penser que de manière ponctuelle - la revoir ce soir avait rouvert une plaie qu’il pensait cicatrisée depuis bien longtemps. La blessure était toujours là, bien réelle. Cet abandon l’avait conditionné à ne plus donner sa confiance aussi facilement qu’il le faisait auparavant, et son séjour en prison n’avait rien arrangé à cette manie. Il aurait tellement voulu la prendre dans ses bras, rattraper le temps perdu avec elle, reprendre leur relation là où elle s’était arrêtée, mais le poids qui pesait sur son coeur était bien trop important pour qu’il ne puisse simplement daigner l’ignorer. Même si elle l’ignorait probablement, Kira avait énormément compté dans la vie et dans l’évolution de Peter, pour les bons comme les mauvais côtés. « Amitié ? » il laissa échapper un léger rire en la reprenant sur ce mot avant de marmonner dans sa barbe. « Ouais, c’était un peu plus que ça à mes yeux. » S’il n’avait jamais révélé la vraie nature de ses sentiments à Kira par peur de ne pas être assez bien pour la mérité, Peter avait pourtant été secrètement amoureux d’elle pendant un bon bout de temps. La voir réduire ce qu’il éprouvait à une simple amitié de la sorte montrait à quel point il avait dû être facile pour elle de tirer un trait sur la relation qu’ils entretenaient à l’époque, quelle qu’elle soit. « Que tu penses regretter, je te crois. Mais ce que l’on retient ce ne sont pas les paroles, mais les actes, et désolé de te l’apprendre mais ils ne plaident pas vraiment en ta faveur. Généralement, quand on regrette sincèrement quelque chose, on tente de reprendre contact, d’arranger les choses. » Pas un mot, pas une nouvelle, rien. Pas une seule fois Kira ne s’était manifestée depuis qu’elle avait rompu tout contact avec Peter, le forçant à faire le deuil de ce qui était apparemment une relation à sens unique. Et c’était plus pour ça, que pour l’abandon en lui-même qu’il lui en voulait aujourd’hui. Si elle lui avait fait part de ses regrets, si elle avait tenté de se racheter, tout serait différent aujourd’hui. Mais elle ne l’avait pas fait. Il avait fallu attendre que le hasard les fassent se recroiser dans un bar de l’autre côté du pays pour qu’elle refasse une apparition dans sa vie, comme si de rien n’était. « Des explications ? Tu penses sincèrement en avoir des convaincantes à donner ? Parce que crois-moi, après ton départ j’ai tenté de comprendre les raisons qui avaient bien pu te pousser à agir de la sorte, et aucune d’entre elles n’était satisfaisante. » Et pourtant, il avait tout fait pour qu’elle paraisse moins coupable à ses yeux, en vain. Il l’idéalisait tellement qu’il était persuadé qu’elle avait une raison parfaitement valable et rationnelle pour l’avoir laissé là, sur le bas côté, comme on laisse un boulet pour avancer plus vite. Il leva les yeux au ciel lorsqu’elle siffla qu’elle ne l’imaginait pas se montrer cruel avec elle de la sorte un jour. Elle ne l’avait pas vu depuis des années et pensait encore le connaître. Non, elle ne le connaissait plus, ils n’étaient plus que deux vieilles connaissances discutant dans un bar, non : ils n’étaient plus que deux inconnus. « La vie, la vraie, est cruelle, il faudra t’y faire. » Il avait insisté sur le mot « vraie », pour bien lui témoigner que la vie qu’elle menait probablement dans un château doré n’avait rien à voir avec ce que la vie que les gens ordinaires affrontaient au quotidien. Elle n’avait jamais manqué de rien, n’avait probablement jamais vu personne refuser un de ses désirs, avait toujours vécu la belle vie, lui, non. Lui avait vu la misère de près, de si près qu’elle l’avait mené tout droit vers la case prison. Mais tout ça, elle l’ignorait, elle l’ignorait puisqu’elle n’avait pas pris le temps de demander de ses nouvelles durant toutes ces années, elle avait juste laissé un gros vide derrière elle, un vide accompagné d’un silence à glacer les os. Et s’il s’en voulait d’heurter Kira de la sorte, sa manie à se positionner comme une victime dans l’histoire ne faisait qu’exacerber la rancoeur de Peter. Alors quand elle l’accusa de jouer avec elle, il s’empressa de lui répondre de manière complètement désinvolte. « Ca fait mal n’est-ce pas ? Ce n’est pourtant qu’un petit aperçu de ce que tu m’as fait subir. » Peter n’avait jamais été une personne qui gardait longtemps en tête un esprit de revanche, rancunier il l’était oui, mais il n’avait jamais spécialement cherché à se venger de qui que ce soit. Dans le cas présent, plus qu’une revanche, il avait surtout besoin de montrer à Kira comment il s’était senti après ce qu’elle lui avait fait subir. Il fallait qu’elle comprenne, c’était une nécessité. C’était la seule manière pour lui d’avancer, de pouvoir lui pardonner, de pouvoir prendre un nouveau départ avec elle. Et malgré toute la rancoeur qu’il entretenait pour la jeune Fitzmartin, un nouveau départ était un de ses souhaits les plus chers, car même après toutes ces années et malgré son abandon, elle gardait une place bien spéciale dans son coeur. Après avoir signalé au barman qu’ils prendraient tous les deux un bourbon, sec, Peter alla finalement s’installer aux côtés de Kira, au coin du comptoir. L’heure des fameuses explications était arrivée et son interlocutrice se lança dans une sorte de monologue pour tenter de justifier ses actes. Selon ses dires, elle l’avait abandonné pour sa soeur, par peur de la perdre elle. La fin de sa prise de parole, lorsqu’elle admit qu’elle s’était peut-être montrée faible toucha Peter d’une manière assez inattendue. La voir blessée de la sorte ne lui donnait aucune satisfaction, bien au contraire. Car même après toutes ces années, il tenait toujours à elle, quoiqu’il en dise. « Et qu’est-ce qui t’a empêché de me dire ça, de me l’expliquer, plutôt que de couper les ponts sans un mot ? Tu croyais que je n’étais pas capable de comprendre que tu aies peur de perdre ta soeur ? Que je te demande de me choisir moi plutôt qu’elle ? Jamais je n’aurais fait une chose pareil. » Il serra son verra avec une poigne féroce et s’empressa de le porter à sa bouche, buvant d’un trait le bourbon qui lui avait été servi. D’un léger signe de la main, il indiqua au barman qu’il aurait besoin d’un second verre. « Peut-être que ça prouve que tu ne me connaissais pas aussi bien que je le pensais. » Il marqua une pause, baissant les yeux de dépit, déçu du terrible gâchis qu’était leur relation. « Je l’aurais compris Kira. J’aurais accepté qu’on se voit encore plus en cachette, ou même qu’on ne communique plus que par sms ou par mail s’il le fallait. Mais j’avais besoin de toi, j’avais besoin de toi et tu m’as abandonné sans dire un mot. » Le ton qu’il employait était désormais beaucoup plus doux, presque compatissant même, malgré les quelques reproches toujours présentes. Plus que de la colère, plus que de la rancoeur, c’était de la déception qui régnait chez lui, déçu que les événements se soient déroulés de cette manière, qu’ils n’aient pas pu profiter de ce lien si spécial qu’ils avaient conçu. Puis, soudainement pris d’un élan de sincérité, il finit par lui avouer à demi-mot ce qu’il éprouvait à l’époque. « Je n’ai jamais voulu te montre mes sentiments, je n’ai jamais voulu te dire que tu me plaisais… et bien plus que ça encore, parce que j’étais effrayé à l’idée de ne pas te mériter. Et quand tu es parti, sans un mot, sans une explication, c’est exactement comme ça que je me suis senti : pas assez bien pour toi. »
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MessageSujet: Re: people change and forget to tell each other (peter)   Lun 29 Fév - 1:28

A mesure que les minutes passent, Kira réalise peu à peu l'absurdité de ses attentes. Elle retombe brutalement au sol à mesure qu'un flot de propos aigres s'échappe des lèvres de Peter. Elle se trouve malgré tout prise de cours face à la révélation à peine masquée qu'il lui offre d'une voix plus basse mais pas moins audible pour autant. Si son regard était jusque là vague et volontairement détaché du jeune homme, elle retrouve cette fois-ci le chemin de ses yeux et le toise avec une expression pas loin de la stupeur. Etait-ce un nouveau jeu de sa part ou était-il réellement en train de lui faire une déclaration vieille de plusieurs années ? En étant parfaitement honnête, elle ne pouvait pas non plus limiter leur relation à une simple et banale amitié. Si leur complicité était grande et leur affection l'un envers l'autre indéniable, elle n'aurait pu jurer avec certitude que leur connexion était entièrement platonique. Pourtant rien dans sa mémoire ne laissait suggérer que Peter avait déjà tenté un quelconque rapprochement romantique avec elle, si bien qu'elle conserve une certaine prudence face à sa confession. « Tu sais bien ce que je veux dire. Evidemment que tu étais davantage qu'un simple ami à mes yeux. Tu étais... » Quoi ? Comme mon frère, mon meilleur ami, mon binôme ? Sa phrase reste suspendue un bon moment à ses lèvres tandis qu'elle peine à mettre un mot sur leur relation qui selon elle ne pouvait se résumer à si peu. « Mon Peter. » conclut-elle tandis que la réponse lui vient comme une évidence. Il avait toujours occupé une place importante à ses yeux, il était son Peter, ni plus ni moins, et peu importe que cela induise une ambiguité ou non. Elle lui offre sa réponse avec un bref haussement d'épaules, l'air de balayer d'avance la prochaine réplique impitoyable qu'il lui réserve sûrement. Kira se retrouve une nouvelle fois coupable face aux reproches du jeune homme et considère pour la première fois l'option de quitter le bar sur le champ. A quoi bon rester si à chacun de leur échange elle perdait un peu plus la mince estime qu'il devait encore avoir d'elle ? Incapable de lui fournir les réponses adéquates, elle cède à ce besoin premier de s'isoler lorsque ses émotions menacent de la submerger. « J'aurais dû. Bien sûr que j'aurais dû. » souffle-t-elle à demi-mot, plus vraiment sûre de la personne à qui elle destine sa réponse. Croyait-il sincèrement qu'elle avait été mieux sans lui durant toutes ces années ? Elle n'avait éprouvé aucune satisfaction à le perdre, et le fait qu'il se borne à croire qu'elle n'en avait pas souffert ne faisait que la déprimer un peu plus. Elle n'avait en son pouvoir que sa vérité à lui offrir et il semblait y être hermétique. Elle peine une fois de plus à le reconnaître lorsqu'il lui parle de la vie qu'il qualifie de cruelle. Seigneur ce qu'il avait pu changer. Il ne semblait plus rien avoir du gosse plein de vie et d'humour qu'elle avait connu. Ravalant sa salive avec difficulté, elle retrouve la dureté désormais familière de ses prunelles. « Si c'est à ça que ressemble la vie à tes côtés désormais, je n'ai pas envie de m'y faire. » Les mots lui brulent la gorge tant ils résonnent comme un au revoir. Pourtant elle aimerait ne pas avoir à les dire, ces mots. Dans sa tendance à toujours souffrir en silence, Kira se sait parfaitement capable d'encaisser encore une bonne quantité de sa rancoeur, si ça lui permettait d'entrevoir ne serait-ce que l'espoir d'une réconciliation. Mais sa volonté vacille une fois de plus. Bien qu'elle ne les compte plus, elle encaisse sa réponse plus difficilement encore que les autres. C'était comme s'il prenait plaisir à la faire souffrir, et pire encore, comme si c'était son but depuis le début. C'est de ce même regard plus sévère qu'elle le toise désormais, prenant davantage conscience de la colère que parvient à lui inspirer son comportement. « Est-ce que ça marche au moins, Peter ? Tu as vraiment réussi à te persuader que j'ai... Quoi, joué avec toi, avec tes sentiments ? C'est ridicule. Tu me connais, ou du moins me connaissais vu que tu tiens visiblement à me cantonner à ton passé. Si c'est ce que je tu crois, je ne vois vraiment pas ce que je fais ici, à tenter de t'arracher autre chose que des propos haineux. » qu'elle lâche sans ciller, n'étant plus vraiment certaine d'avoir encore envie de se justifier. Elle se traîne malgré tout jusqu'au bar où elle porte à ses lèvres le verre de bourbon que lui tend le serveur. Après une brève hésitation elle repose la verre inerte sur la table sans en avoir bu une gorgée. Elle garde malgré tout sa main autour du verre glacé tandis qu'elle s'apprête à entamer la partie la plus délicate. Encore aujourd'hui, elle n'est pas persuadée qu'une discussion à coeur ouvert à cette époque aurait épargné leur relation. Quand bien même elle lui aurait confié la difficulté du climat familial quant à leur amitié, ils n'auraient pas pu y faire grand chose. Après tout ils n'étaient que des gosses. « Et qu'est-ce que ça aurait changé, tu peux me le dire ? La finalité aurait été la même, ma famille était formelle. Tu auras au moins eu le loisir d'avoir quelqu'un à blâmer toutes ces années. » Car aussi difficile que cela avait du être pour lui, elle ne pouvait s'empêcher de l'envier d'une certaine façon. Elle aurait donné cher pour avoir quelqu'un d'autre à haïr qu'elle même pour toute cette histoire. Elle ne répond pas lorsqu'il lui glisse qu'elle ne le connaissait peut-être pas aussi bien qu'elle le croyait mais lève de nouveau son verre à ses lèvres et en avale cette fois-ci une gorgée. Elle tourne la tête vers lui avec une surprise non dissimulée face au ton terriblement plus doux que Peter emploie soudain. C'est à se demander si c'est la même personne qui s'adresse désormais à elle. Pourtant, si elle semblait attendre une telle attitude depuis le début de leur conversation, cela ne parvient qu'à lui fissurer le coeur. Les larmes lui montent aux yeux sans qu'elle ne puisse les retenir, impuissante, tandis que la main qui tient son verre est prise d'un léger tremblement. Une fine larme glisse silencieusement sur sa joue lorsqu'il porte le coup de grâce avec la fin de la confession qu'il avait amorcée un peu plus tôt à propos de ses sentiments inavoués. Elle repose son verre sur la table et reste un instant immobile, pesant une dernière fois le pour et le contre. Puis, balayant toute appréhension, elle attrape la main de Peter et entremêle ses doigts aux siens. « Je suis désolée, tellement désolée. Ca me tue de ne pas avoir été là pour toi, crois-moi. Je ne veux plus t'entendre dire que tu n'étais pas assez bien pour moi, c'est tellement absurde, je n'arrive pas à croire que je t'ai donné un tel sentiment. Pardonne-moi. » Son regard ne quitte pas le sien tandis qu'elle abandonne ses dernières barrières et offre l'étendue de sa culpabilité par le biais d'excuses ô combien sincères. Déchirée d'assister de nouveau à la fin de leur relation, Kira ressert légèrement son étreinte sur la main de Peter de la même façon qu'elle s'accroche au mince espoir que la flamme de leur amitié n'est pas encore définitivement éteinte.

1000 :plop: :plop:
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MessageSujet: Re: people change and forget to tell each other (peter)   Lun 25 Avr - 23:01

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La revoir, il en avait rêvé pendant des années, avait souvent réfléchi à ce qu’il pourrait se passer, à la manière dont il s’y prendrait pour la faire revenir dans sa vie. Et puis, au fur et à mesure, les étoiles dans les yeux qu’il avait rien qu’à la pensée de retrouver Kira s’étaient évanouies et avaient laissé place à une rancoeur, à une aigreur qu’il ne s’était pas fait prié d’afficher aujourd’hui. S’il était fier du comportement qu’il abordait ? Certainement pas. Mais c’était plus fort que lui, c’était comme un mécanisme de défense qui s’enclenchait automatiquement, pour se protéger d’elle, comme pour se protéger de lui-même. Il savait que s’il laissait de nouveau son coeur parler, s’il baissait sa garde trop rapidement, il serait celui qui finirait inévitablement par en pâtir au final. Et son coeur, il l’avait laissé de côté depuis son séjour derrière les barreaux. Alors même si désormais, ses répliques étaient légèrement moins acerbes qu’au tout début de leur conversation, il n’était pas pour autant prêt à tourner la page, à prétendre que rien ne s’était passé et que la relation qu’ils entretenaient pouvaient être reprise là où ils s’étaient arrêtés. « Ton Peter… Je suppose que je vais devoir me contenter de ça après tout. » Son Peter, ça ne voulait strictement rien dire, mais même s’il en était déçu, Peter ne pouvait pas se prétendre surpris pour autant. Elle n’avait jamais eu autant d’affection pour lui que lui en avait pour elle à l’époque, c’était la seule explication possible, il s’en était persuadé au fil du temps. Dans le cas contraire elle ne l’aurait pas abandonné sans lui fournir la moindre explication, sans donner une dernière chance à leur relation. Et même si elle lui soufflait qu’elle aurait dû tenter de reprendre contact avec lui, Peter lui, a du mal à croire en sa sincérité. Aujourd’hui, il ne savait plus vraiment à qui il faisait face, leurs chemins s’étaient séparés il y a tellement longtemps qu’il n’était plus sûr de connaître la personne qu’il avait en face de lui. Cette pensée lui glaça le sang, car si elle était vrai, elle signifierait qu’il avait définitivement perdu Kira, que tout était fini, pour de bon, et que cette conversation serait probablement la dernière qu’ils partageraient tous les deux. Et les paroles de Kira ne font que confirmer les doutes qui planent chez lui depuis quelques instants. « Ce n’est pas la vie à mes côtés qui est comme ça, c’est la vie tout simplement. Si tu penses que tout est toujours tout rose, que tout va toujours bien, que les gens sont toujours heureux, tu t’es probablement perdue dans l’un des fameux contes de ta famille. » répondit-il, d’un calme olympien. Il aurait pu être plus vexant et lui dire qu’elle ne connaissait rien de la vie, depuis sa tour d’ivoire, mais Peter n’avait pas envie d’envenimer les choses, d’empirer une situation qui était déjà suffisamment compliquée telle quelle. Multitude de propos acerbes lui brûlent la gorge tant il a envie de lui exprimer toute sa rancoeur, tant il a envie de la voir souffrir de la même manière que lui a souffert, mais malgré tout, dans un élan d’empathie, il se retient. Mais alors qu’il tentait d’apaiser sa colère intérieure pour qu’elle ne fasse trop de ravages sur ce qu’il restait de leur relation, la manière dont Kira se portait en victime de l’histoire ne pouvait pas le laisser insensible pour autant. « N’inverse pas les rôles s’il te plait. De nous deux, je ne suis pas celui qui a souhaité cantonner l’autre dans son passé. J’étais prêt à tout pour te garder dans ma vie et je ne suis certainement pas fermé à l’idée de t’y laisser entrer de nouveau, sinon cette conversation n’aurait même pas lieu. Mais je ne te veux dans ma vie que si l’on repart sur des bases saines et pour cela, il faut avant tout chose s’expliquer une bonne fois pour toutes, plutôt que de traîner de vieilles rancoeurs qui finiront par ressurgir un jour et viendront polluer notre relation. » lâcha-t-il, partagé entre la colère et la compassion, entre la rancoeur et le pardon. Il reprit néanmoins rapidement la parole, cette fois-ci davantage sur un ton de défi. « Après, si tu n’es pas capable d’encaisser le moindre conflit, je n’y peux rien. » Elle allait devoir forcer sa nature, accepter de prendre part à cette dispute, à ce règlement de comptes si elle souhaitait que leur relation ne s’achève pas ici, dans ce bar prétentieux de Manhattan. Car si Peter était prêt à envisager de mettre toute cette histoire derrière eux pour leur donner une chance, il n’était néanmoins pas enclin à le faire à n’importe quel prix. Il était hors de question à ses yeux de pardonner sans explication, d’être le bouche trou que l’on venait voir quand on en avait envie, quand on en avait besoin, puis que l’on oubliait ensuite pendant des années. « Ce que ça aurait changé ? Tout. Je n’aurais pas eu toute cette rancune à ton encontre, j’aurais essayé de garder contact avec toi en secret, ne serait-ce que par une correspondance ponctuelle, mais j’aurais tout fait pour qu’on ne devienne pas ces inconnus que nous sommes aujourd’hui. Et puis aussi, je ne me serais pas senti comme un moins que rien, un moins que rien que l’on abandonne sans sourciller, sans se retourner, sans même dire un mot. Ca aurait changé beaucoup de choses. » Le ton s’était adoucit. Peter avait formulé ces paroles presque par dépit, las de voir qu’elle ne comprenait pas la situation dans laquelle elle l’avait laissé, qu’elle ne comprenait pas non plus les conséquences que ça avait eu sur lui en tant qu’homme en devenir. Si aujourd’hui, il cultivait cette peur de l’abandon, cet épisode avec Kira n’y était certainement pas étranger. Mais toute cette amertume, toute cette rancune qui s’échappait de lui depuis le début de leur conversation s’évapore soudainement laisse place à un Peter, bouleversé, désemparé devant les larmes qui coulent des yeux de Kira. Il ne voulait pas en arriver là. Ou plutôt, si. Son objectif depuis le début avait été de lui donner un aperçu de ce que lui avait ressenti à l’époque. Mais maintenant qu’il avait réussi, il s’en voulait terriblement de l’avoir conduite aux larmes. Malgré toutes ces années loin d’elle, il tenait toujours énormément à Kira et la voir dans cet état l’avait complètement décontenancé. C’est terriblement coupable qu’il la laisse resserrer l’étreinte sur sa main puis qu’il finit par la prendre dans ses bras dans une tentative bien trop tardive de réconfort. « Ca va aller. On va trouver le moyen de faire en sorte que ça marche. » lui chuchota-t-il à l’oreille, tout en maintenant cette étreinte qu’il avait engagé. Elle lui avait tant manqué et après toutes ces années, il ne voulait plus la laisser partir, il ne voulait plus qu’elle quitte ses bras. Après plusieurs secondes, il se résigna à la relâcher. Il saisit néanmoins délicatement sa tête entre ses mains, la regardant droit dans les yeux, lui adressant de nouveau la parole, plein d’espoir. « On va essayer de repartir sur de nouvelles bases, mais je ne te laisserai pas partir, pas une seconde fois. » Et en la regardant, la seule chose à laquelle il pouvait penser était à quel point Kira était magnifique et à quel point il avait été un idiot de vouloir lui faire payer autant son abandon. La seule chose dont il avait envie à cet instant était de faire ce qu’il n’avait jamais osé faire à l’époque, l’embrasser. Mais une nouvelle fois encore il se défilait, pour la même raison qui le bloquait depuis l’adolescence : elle ne le voyait pas comme lui la voyait.

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MessageSujet: Re: people change and forget to tell each other (peter)   Dim 19 Juin - 22:57

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