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  in the night the stormy night away she'd fly (one shot)

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MessageSujet: in the night the stormy night away she'd fly (one shot)   Mer 7 Oct - 0:53





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Alors qu'elle se tenait au milieu de cette pièce depuis presque une heure, Delia se contentait de suivre la conversation sans oser prononcer un mot. Et puis d'un coup, toute l'attention se concentra sur elle, pauvre petite qui ne savait plus où donner de la tête. Elle avait essayé pendant quelques minutes de se vider l'esprit, de se remémorer cette chanson qui d'ordinaire passait en boucle mais en vain. Sans aucune échappatoire, elle avait l'impression que son cerveau avait décidé de lui bloquer chacune des issues possibles. « Delia, as-tu entendu la question ? » L'adolescente, seulement âgée de douze ans, ne voulait pas se prononcer. C'était bien trop difficile. On lui avait toujours répété que l'amour que ses parents lui portaient était réparti de manière égale. Qu'il était donc impossible pour la petite Hawthorne de faire un choix, si jamais on lui en avait donné l'occasion. Pendant longtemps, elle préféra ignorer cette question, jugeant qu'une réponse de sa part n'était pas nécessaire. Ils savaient très bien ce qu'elle ressentait pour eux, comme elle savait également que ses parents l'aimaient. Delia avait grandi de cette manière. On lui avait appris à aimer, sans aucune limite, de manière égale. Elle fit un signe de tête. Oui, elle avait très bien entendu la question. Alors l'avocate reprit une nouvelle fois. « Il va falloir une réponse aujourd'hui, si tu veux que cette affaire se termine. A mon avis, tu n'as pas très envie de remettre un pied dans ce cabinet, je me trompe ? » Elle se trompait totalement. Mais elle n'avait pas particulièrement envie de le lui dire. Cette femme, si adulte semblait idiote aux yeux de l'adolescente. Comme si en quelques minutes seulement, elle avait perdu toute crédibilité. Pourtant, elle se doutait bien qu'on allait lui imposer ce choix, dès qu'on lui apprit la nouvelle du divorce. Elle le savait, pensait être préparée, mais ce fut tout le contraire. Alors avec son esprit de petit enfant, qui se croyait pourtant si grande déjà, elle persistait à refuser cette vérité. Elle ne voulait pas l'accepter et encore moins en être l'une des actrices. Delia n'avait rien demandé de tout ça, elle voulait qu'on la laisse tranquille. Retrouver son lit dans cette maison immensément grande, assez pour y passer des heures durant sans ne jamais croiser personne. Peut-être était-ce la recette de leur longévité après tout. Ce n'était pas rare de voir des familles éclatées, complètement détruites par des parents ne pouvant plus supporter cette vie commune. Parfois, se séparer s'avérait être la meilleure des solutions. Dans d'autres cas, ça n'envenimerait qu'un peu plus le tout. Delia se considérait dans la seconde catégorie. Elle préférait vivre avec des parents qui ne se regardaient plus, qui ne partageaient plus rien que des disputes, plutôt que de vivre séparément. D'après elle, cette décision n'arrangerait en rien les choses. Elle ferait qu'altérer un peu plus ces faibles liens qu'elle croyait si forts pourtant. Sa vie ne ressemblait plus qu'à un vulgaire château de carte, menaçant de s'écrouler à la plus petite des brises. Toujours silencieuse, Delia haussa les épaules. Ce cabinet représentait désormais le seul endroit où elle pouvait à la fois profiter de la présence de sa mère, mais aussi celle de son père. Dans cette pièce, ils formaient encore une famille, une vraie. Il lui suffisait de tourner la tête vers la gauche puis vers la droite pour s'en convaincre. Mais c'était également dans cette même pièce que tout cet aspect familial allait être détruit. « S'il le fallait, je reviendrais chaque jour. Juste pour pouvoir m'asseoir entre eux une dernière fois. » Elle entendit sa mère retenir ses sanglots, alors que son père passait nerveusement une main sur son front. Delia se demandait bien lequel d'entre eux était le plus curieux. C'était peut-être elle, finalement, toujours incertaine du verdict final. « Il faut que tu fasses un choix. Avec qui voudrais-tu vivre, ta mère ou ton père ? » demanda-t-elle à nouveau, d'une voix douce mais qui lui paraissait tellement agressive. Elle voulait lui hurler dessus, pleurer à chaudes larmes et taper des pieds au sol telle une parfaite enfant capricieuse. Mais elle n'en fit rien. Parce qu'elle était bien trop dégoûtée par la dimension que prenait cette discussion. Comment pouvait-on demander à une petite fille de douze ans de choisir entre son père et sa mère ? Comment allait-elle faire pour répondre à cette question ? Elle ne savait même pas sur quoi se baser. La gentillesse ? L'amour ? La plus grande maison ? Devait-elle en déduire que l'un d'entre eux était plus mauvais ? Et surtout, comment saurait-elle que son choix est le bon ? A une simple question posée par cette inconnue, Delia en formulait des dizaines d'autres dans son esprit. Instinctivement, elle tourna le regard vers sa mère. Cette femme qui l'avait mise au monde avant de jurer assurer sa protection. Mais cette même femme n'avait pas que Delia dans sa vie. Elle avait son travail, qui lui aussi prenait beaucoup de temps. Son deuxième bébé, en quelque sorte. Concernant son père, c'était pareil. Du travail, encore et toujours. Alors sa déception fut bien grande lorsqu'elle comprit qu'en fait, elle ne pouvait se baser que sur ce critère : leur absence. Malgré tout cet amour qu'ils lui portaient, ils n'avaient jamais été assez présents. Delia s'en contentait largement, d'ordinaire. Mais pas ce jour-là. Parce qu'elle aurait clairement eu besoin d'un peu d'aide. Elle quitta difficilement les yeux de sa mère pour tourner le regard vers son père. Elle eut un pincement au cœur puis une douce sensation de chaleur. Le genre de sentiment qui réussit à lui faire changer complètement d'avis. Elle qui s'était toujours crue plus proche de sa mère semblait être bien plus affectée par la possible perte d'un père. Sa raison lui disait de la suivre alors que son cœur s'y opposait. Une centième de seconde suffit à se projeter dans l'avenir, à s'imaginer ce que ce serait de vivre avec l'un d'entre eux. Et ça, elle ne l'avait que très peu ressenti en observant sa mère. Sans plus attendre, elle lâcha un léger « Papa » avant que les doutes ne la reprennent, suivis des regrets. Sitôt avait-elle prononcé ce simple mot qu'elle hésita, encore. Mais cette fois-ci, il n'y avait plus de retour en arrière possible. C'était dit. C'était sa décision.

De nos jours« Delia, tu vas manquer ton avion ! Dépêche-toi ! » Dans sa chambre en train de vérifier les derniers préparatifs, elle avait du mal à se concentrer avec Sophie à ses côtés. Âgée de seulement trois ans, ses longs cheveux blonds dorés et son petit rire mélodieux la faisaient littéralement craquer. Enchaînant les allers et retours dans la pièce, elle attrapait chaque objet sous la main pour le lui rapporter, alors que Delia dissimulait discrètement tout ceci en-dessous de son lit. « J'arrive, je suis avec Sophie ! » Depuis le divorce de ses parents, leur vie avait totalement changé. Sa mère avait fait ses valises pour s'envoler le soir-même à New-York. Elle avait eu le droit à quelques embrassades, des étreintes durant lesquelles Delia avait pu étouffer ses larmes avant d'afficher un dernier sourire. Elle avait lu dans les yeux de sa mère de la tristesse mêlée à de la tendresse, ce qui l'avait rassurée, ayant désormais la preuve qu'elle l'aimait toujours. Quant à son père, il était resté fidèle à lui-même. A part la maison, rien n'avait vraiment changé. Toujours le même métier, beaucoup plus de temps à y consacrer et rapidement, il se mit à fonder une nouvelle famille. Elle ne pouvait pas lui en vouloir, dans le fond. Ça devait bien arriver un jour. Si elle n'était pas toujours d'accord avec les choix de celui-ci, l'arrivée de la petite Sophie parmi eux avait apporté un peu de joie dans cette vie trop monotone. Elle avait toujours rêvé d'une petite sœur à pouponner et en tant qu'aînée, elle pouvait la chérir comme jamais.   « Allez viens, on va aller voir papa. On se reverra très vite, promis. » La petite se jeta dans ses bras et déposa un doux baiser sur sa joue avant de repartir en riant. Encombrée de sa valise, Delia ne pouvait suivre la cadence et elle l'entendait déjà crier du bas des escaliers. « N'oublie pas, tu dois être lundi matin au tribunal. Amuse-toi bien. » Sur ces quelques paroles, il jeta un œil alarmé à sa montre et rassembla ses affaires pour claquer quelques secondes après la porte derrière lui. Elle venait tout juste d'être admise à l'école de droit et son père avait fait en sorte qu'elle obtienne un stage en parallèle dès le début. Il était comme ça, prenant la plupart des décisions à sa place sans même la consulter au préalable. Il aimait tout contrôler et il fallait avouer qu'elle ne s'y opposait pas tellement. Si ça ne tenait qu'à elle, Delia se serait lancée dans une carrière totalement différente au lieu de suivre ses pas. Quelque chose de complètement fou, peut-être pas assez bien pour des personnes de leur condition, mais un métier qu'elle apprécierait avant tout. Parce que à Chicago, tout lui semblait bien trop fade.

New-York, la ville qui ne dort jamais. Elle appréciait flâner dans ses rues, s'y perdre et découvrir à chaque escapade de nouveaux coins. Ça lui rendait le sourire, l'envie de croire en elle et de s'affirmer pleinement. D'humeur joyeuse, il était temps de faire une visite surprise à sa mère, qui devait sans doute s'impatienter derrière son comptoir, à surveiller la rue depuis l'ouverture. Quant à Delia, elle avait bien hâte de voir les merveilles de cette nouvelle collection, qui comme toujours serait grandiose. Mais sa surprise fut bien grande lorsqu'elle se retrouva devant la maison de joaillerie, fermée. Téléphone en main, elle comptait prendre un nouveau taxi pour aller directement à l'appartement, avant qu'une voix ne l'interpelle dans la rue. « Delia ! Quel plaisir de te voir ! Entre. » Un large sourire aux lèvres, sa mère l'invita à la rejoindre à l'intérieur, comme si de rien n'était. En y réfléchissant, elle espérait s'être affolée pour rien. Peut-être s'était-elle offert une journée de congé pour se reposer, ou bien pour mieux préparer sa venue. Elle voulait tellement y croire. Parce qu'elle n'arrivait pas à envisager une fermeture définitive de son œuvre. Mais un mauvais pressentiment lui laissait croire que tout ça ne présageait rien de bon. « Assieds-toi, as-tu fait bon voyage ? » s'empressa-t-elle alors d'ajouter avant de la serrer fort dans ses bras. D'autres questions suivirent, tellement que Delia n'avait pratiquement pas le temps d'y répondre correctement. Tout y était passé : ses études de droit, les amis, les petites maladresses concernant les histoires de cœur, sa demi-sœur Sophie et enfin, son père. Le tout semblait trop exagéré et sonnait faux. Elle fixait sa mère depuis de longues minutes, jusqu'à ce qu'elle décide de ne plus répondre. Un silence lourd s'installa alors, suivi d'un grand malaise. « Tu dois te demander ce qu'il se passe, non ? » commença-t-elle alors d'une voix beaucoup plus sombre. « C'est que... c'est compliqué, Delia. En ce moment, rien ne va en fait. » qu'elle poursuivit, légèrement tremblante. Le cœur de la jeune femme se noua. Jamais elle n'avait vu sa mère dans cet état, ou du moins plus depuis le divorce, et elle se demandait bien ce qui avait pu la rendre ainsi. « Tu sais que tu peux tout me dire, non ? Même si on ne se voit pas tous les jours, même si on ne vit pas ensemble, tu sais que je t'aime ? Tu le sais, dis-moi ? » Elle lâcha un léger rire nerveux. Elle hocha la tête. Bien-sûr qu'elle le savait. Tout comme elle aimait sa fille d'un amour inconditionnel. Delia se leva pour jeter un œil autour. Elle ne l'avait pas remarqué avant, mais il ne restait presque plus rien. Les vitrines ne brillaient plus de mille feux, elles étaient tristement ternes. On trouvait une pierre ci et là, derniers vestiges d'une bijouterie pourtant si convoitée par le passé. « La maison s'essouffle, à New-York du moins. En France, c'est toujours un grand succès. » Elle croisait et décroisait sans cesse ses mains, puisant dans ces dernières forces pour soutenir le regard inquiet de sa fille. « Mais tu sais, c'est une affaire de famille. Et ici... ici je suis seule. Il n'y a que moi. Moi coincée avec le souvenir de la madame Hawthorne d'il y a dix ans. C'était une très très mauvaise idée. » Delia ne s'était jamais rendue compte de toute cette détresse. Jamais avant ce jour. Elle était sûrement trop égoïste, aveuglée par sa misérable vie à Chicago loin d'être à la hauteur de ses ambitions pour remarquer à quel point sa mère allait mal. « Je suis restée dans le passé, alors que vous, vous avez avancé. Sans moi. Et j'en suis heureuse, ne crois pas le contraire. Vraiment. Mais je n'imaginais pas ce genre de vie, voilà tout. » « Tu n'as qu'une chose à me dire. Si tu veux que je reste ici, on peut s'arranger. Papa comprendra et puis, les universités dans le coin sont plutôt pas mal, on ne va pas se mentir. » la coupa-t-elle avant qu'elle ne poursuive. Elle s'était toujours demandée ce que serait sa vie à New-York, le genre de personnes qu'elle fréquenterait, ses habitudes, toutes ces choses-là. C'était peut-être une seconde chance, corriger les erreurs du passé et enfin trouver sa place. « Non. » lâcha-t-elle alors, sèche. « Mais je pensais que... » « C'est non. » répéta-t-elle, beaucoup plus insistante cette fois-ci et brusque. « Je ne veux pas de cette vie pour toi. Retourne auprès de ton père, son épouse ainsi que Sophie. C'est trop tard. Cette décision, c'est dix ans avant qu'il aurait fallu la prendre. » Prise de tremblements, une larme coula le long de sa joue, provoquant la même réaction chez Delia mais en plus intense. Elle ne comprenait pas. Elle ne comprenait ce comportement alors que quelques secondes avant, elle évoquait la famille et tout son mal-être. Elle voulait seulement l'aider, qu'y avait-il de mal à ça ? « Tout ça n'est qu'une immense erreur. La prochaine fois, garde tes discours larmoyants pour papa. Bon courage. » conclut-elle. Ce n'était pas elle qui parlait, mais plutôt son impulsivité. Lorsqu'il s'agissait de sa mère, elle perdait souvent le contrôle. Parce qu'au fond d'elle, elle était persuadée d'avoir commis la plus conséquente des erreurs ce jour-là, chez l'avocate.

Une cigarette en main, Delia fit une escale dans un grand hôtel new-yorkais avant d'enfiler sa plus belle tenue. Des larmes coulaient le long de ses joues, noircies par un maquillage pas assez tenace pour supporter de telles émotions. Elle ressentait de la colère, de l'injustice et de la tristesse, le tout se mêlant dans un cocktail explosif. Parce que ça lui faisait mal. Parce que sa mère venait de la briser comme elle avait pu la briser une décennie en arrière. Sur la route, elle croisa un miroir, qui reflétait beaucoup trop la véritable personnalité de Delia : perdue. Elle l'avait toujours été, en réalité, coincée entre deux personnes et à refaire le monde avec des si. Et cette journée n'arrangeait en rien les choses. Alors elle décida de se reprendre en main, effaça soigneusement ces traînées sur sa peau et s'arma de son sourire le plus charmeur. Non loin de là, une fête battait son plein. De quoi rendre cette dernière nuit mémorable. Rapidement, elle se retrouva coincée parmi la foule, attendant son tour pour entrer dans la cette fameuse boîte de nuit. A voir l'agitation devant, ça devait en valoir la peine alors pourquoi pas. Mais l'irruption d'un jeune homme, particulièrement insistant, lui rappela à quel point cette journée était minable. « Ça devrait plus poser de problème. » Cette personne réussit à se débarrasser de l'indésirable en quelques secondes seulement. A en juger sa tenue, il était sans doute le videur. « Je m'en sortais très bien seule ! La situation était sous contrôle. » lâcha-t-elle alors, sans même le remercier. Elle n'en avait pas envie, pas d'humeur à être gentille ce soir-là. Delia voulait seulement s'amuser et oublier, le plus vite possible. « Mais oui, bien-sûr. » qu'il répondit d'un air nonchalant, avant de s'éloigner en grognant quelques mots puis de reprendre place devant l'entrée. Il ne semblait pas vouloir faire la conversation non plus, ce qui n'était pas plus mal. Mais cette intervention eut le mérite de l'intriguer ne serait-ce qu'un millième de seconde. Elle le fixa longuement, pensive, hésitant même à le retrouver pour s'excuser de son attitude et enfin le remercier comme il se doit. Parce qu'il lui avait suffi de croiser son regard un court instant pour y retrouver quelque chose de familier, cette même sensation qu'elle traînait comme une boulet depuis dix ans. Qu'importe, pensa-t-elle, qui sait quand je reviendrai à New-York de toutes façons.
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Alexis Atwoodth
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MessageSujet: Re: in the night the stormy night away she'd fly (one shot)   Jeu 3 Mar - 22:22

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