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 vents contraires. (thelma)

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MessageSujet: vents contraires. (thelma)   Lun 21 Sep - 22:58


« Je fuis celle qui me plaît,
j'ai peur de ce qui m'attire,
j'évite celle qui m'aime,
je drague celles qui s'en foutent. »


Il y a personne. Simon attend, adossé à la porte vitrée de cet hôtel de riches. Il y a quarante-deux étages au-dessus de sa tête. Quarante-deux étages de gosses de riches qui s’envoient en l’air, qui jettent leur fric par la fenêtre, qui profitent des employés sous-payés dont il fait partie. Et lui il est là, tout en bas. Tout en bas de l’échelle. Mais jamais il n’échangerait sa place contre la leur. Pas même pour une journée. Il a pitié d’eux Simon. Parce qu’ils sont aveuglés par leur fric, par leur pouvoir. Lui, il voit tout. Il voit la beauté, mais surtout la merde. Au moins, il sait dans quel monde il vit. Il sait qu’il y a des inégalités, des politiques qui promettent en croisant les doigts, des guerres et des tués. Les riches, ceux qu’il voit tous les jours, ils ne font pas attention à tout ça. Ils ont le room-service, les tailleurs sur-mesure, leur banquier dans la poche. Simon pense à ces quarante-deux étages au-dessus de sa tête, mais il est sorti de ses pensées de la pire façon possible. Thelma et Holden. Main dans la main. Ils arrivent, beaux comme des acteurs de cinéma. Alors rapidement, Simon reprend sa place et s’apprête à leur ouvrir la porte. Il les regarde s’approcher, sourire aux lèvres. Mais il brûle à l’intérieur. Il ne sait pas si c’est parce qu’il déteste Holden, ou parce qu’il l’envie. Parce qu’Holden est un mec qu’à sa place aux côtés de Thelma, contrairement à lui. « Passez une bonne journée. » Il leur ouvre la porte, accueillant au possible, et les laisse entrer en la fuyant du regard. Mais son parfum ne lui échappe pas. Il reste là, autour de lui même après qu’elle ait disparu. Alors il referme la porte d’un geste vif. Il se sent bouillonner. Il se retourne finalement, vérifie que le couple a disparu, et entre à son tour. « Je prends ma pause. » Il prévient le réceptionniste qui s’empresse d’appeler le second portier. Sa pause, Simon la prend toujours au même endroit. Sur le toit. Alors il se glisse dans l’ascenseur, et il monte. Il monte au sommet. De là-haut, il peut tout voir. Mais le plus important, c’est que personne ne le voit lui. Comme d’habitude, il s’assied au bord du vide, retire sa casquette de portier pour la poser sur le sol, et s’allume une cigarette. Pour la première fois de la journée, il respire. Il sait que l’air de la ville est pourri, qu’il est dégueulasse. Mais il a appris à faire abstraction. Il a appris à fermer les yeux, à oublier le bruit autour de lui, et à imaginer la mer à ses pieds. Une mer à l’eau claire et pure, une mer en pleine nature. Une nouvelle fois, Simon est sorti de ses pensées. Il entend la porte s’ouvrir dans son dos. Il n’a pas besoin de se retourner, il y a son parfum qui l’entoure à nouveau. « Putain. Elle me lâchera jamais sérieux. » Il sait qu’elle l’entend pas, et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il ne se retourne pas. Pas tout de suite. Il fait comme s’il savait pas qu’elle était là. Il se dit qu’elle repartira peut-être au bout de quelques minutes. Mais le temps passe, et y’a toujours son parfum partout autour de lui. Alors Simon se retourne, et lui fait face. « Qu’est-ce que tu veux ? » Il la questionne du regard, d’un air froid et distant. Il voudrait la tenir éloignée de lui. Il voudrait qu’elle lâche prise, qu’elle le laisse en paix. Mais Thelma est toujours là. Même quand il joue au con avec elle. Même quand il dit qu’il est pas un mec pour elle. Thelma ne s’en va jamais. « Je suis en pause. Ça veut rien dire pour toi, mais pour moi ça veut dire beaucoup. Chaque seconde est précieuse tu vois, parce que dans moins de dix minutes, va falloir que je redescende pour ouvrir la porte aux gens comme toi. » Il tire sur sa cigarette, et se retourne volontairement pour lui tourner le dos. « Elle va me niquer ma pause. » Il crache son nuage de fumée, et tourne à nouveau son visage vers Thelma. « J’ai sans doute parlé trop vite, t’as peut-être pas tout saisi. » Il reprend, lentement et en articulant exagérément. « Je suis en pause. Donc si tu pouvais me laisser respirer, j’apprécierais. »
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MessageSujet: Re: vents contraires. (thelma)   Ven 23 Oct - 22:49




« De certains mots, de certains regards, on ne guérit pas. Malgré le temps passé, malgré la douceur d'autres mots et d'autres regards. »


« Je suis désolée, je ne vous avais pas vue… » Thelma présente ses excuses à la vieille femme en face d’elle avant de s’éloigner le pas rapide. Ces derniers temps, elle a l’impression que c’est ce à quoi consiste sa vie : ne rien voir de ce qui se passe autour, trébucher sur les gens et s’excuser après. Puis recommencer  un peu plus loin. Elle passe les passages piéton au rouge et se fait klaxonner où qu’elle aille, oublie les dîners avec ses proches, met un rouge à lèvres qui ne va pas avec sa robe lors d’une cérémonie Ô combien importante pour Holden. Elle fait tout de travers, se perd dans les lignes de son emploi du temps, et même les rappels à l’ordre de ceux qui l’aiment ne suffisent pas : Thelma est absente. Du matin jusqu’au soir, du soir jusqu’au matin. Parfois entre les deux. C’est ce qui arrive quand on aime un homme qui ne voudra jamais de vous mais qu’on le choisit quand même, jour après jour, échec après échec. C’est ce qui arrive quand on s’appelle Thelma Baxendale et que de tous les hommes habitant à New-York, on ne veut que Simon Rodehorst, ce portier pas assez friqué et trop tatoué. Elle est tombée amoureuse, tout d’un coup, et puis depuis, elle tombe absente chaque fois qu’elle réalise que Simon n’est pas vraiment là et qu’il ne le sera jamais. C’est plus simple comme ça, qu’elle se murmure à chaque fois pour se rassurer, c’est plus simple d’avoir la tête scotchée dans ses rêves que dans la réalité, et tant pis s’ils sont tout cabossés, tant pis s’ils sont en lambeaux d’avoir été trop piétinés. Ses rêves, c’est le seul endroit où il y a une place pour Simon et elle sur une même ligne et elle en est bien consciente. Elle en est trop consciente. « Qu'est-ce que tu veux ? Ça veut rien dire pour toi, mais pour moi ça veut dire beaucoup. Chaque seconde est précieuse tu vois, parce que dans moins de dix minutes, va falloir que je redescende pour ouvrir la porte aux gens comme toi. » Elle l'exaspère, et le soulagement de le retrouver sur ce toit après six jours loin de lui est effacé par la sensation désagréable de le déranger. Elle devrait faire demi tour, évidemment, après tout il ne l'a pas conviée à se joindre à lui ce soir, elle devrait le laisser seul avec ses dix minutes de pause car il lui a bien fait comprendre que les passer avec elle serait un supplice. Pourtant, elle reste là, bien droite sur ses talons. Elle s'interdit de faire demi-tour ou de basculer ne serait-ce que d'un dixième de millimètre en avant. « J’ai sans doute parlé trop vite, t’as peut-être pas tout saisi. Je suis en pause. Donc si tu pouvais me laisser respirer, j’apprécierais. » Et puis par dessus tout, elle s'interdit de lui montrer comme il lui fait mal, là, dans l'instant, et comme les restes de cet échange lui grifferont encore le cœur deux semaines plus tard. « Tu ne m'as pas écrit. » C'est pour ça qu'elle l'a suivi jusqu'ici dès qu'elle a eu un moment de libre qui concordait avec les siens : il lui écrit toujours après l'avoir repoussée. C'est d'ailleurs seulement parce qu'elle sait qu'il l'autorisera à revenir qu'elle accepte d'être valdinguée, jetée si loin de lui. Mais cette fois, il ne lui a pas écrit et elle a eu peur. Elle a encore peur, à vrai dire, parce qu'il ne lui a toujours pas demandé implicitement - sans jamais le dire à voix haute, sans jamais en assumer la responsabilité- de revenir vers lui. « Je sais que je ne dois rien attendre de toi, que t'es un homme qui ne promet rien, surtout aux femmes comme moi, hein ? D'ailleurs, c'est quoi au juste une femme comme moi Simon ? » Souvent, quand il parle d'elle, il la met dans un panier et utilise des phrases du genre "les gens comme toi, les femmes dans ton genre" mais jamais il ne lui a dit ce que c'était, qu'une femme comme elle. Est-ce que c'est une chieuse qui prend la tête plus qu'une belle mère, une trop capricieuse qu'on supporte pas, une qu'a raté sa vie mais qui croit réussir quand même, une trop belle, ou pas assez, trop gentille ou trop naïve, trop amoureuse, trop rêveuse, qu'a trop souvent le mal de lui ? C'est quoi, une femme comme elle ? Est-ce que ça veut dire qu'il en aimera plein d'autres, mais aucune qu'aura ses yeux, ou la même fossette qu'elle qui se creuse quand il la taquine ? Est-ce que ça prend de la place à l'intérieur de Simon, une femme comme elle ? Ou est-ce que c'est juste du vent qui souffle sur ses entrailles ? Elle a jamais osé demander avant ce soir, parce qu'elle voulait à tout prix éloigner la douleur qui viendrait avec la réponse de Simon. Mais elle réalise qu'elle n'est pas à ça près, et qu'au fond, c'est peut-être juste ça, être comme Thelma : toujours arriver à mettre le doigt sur un morceau d'elle qui tient encore le coup et le donner à Simon sans aucune réserve ni peur du noir qui glissera sur elle après. « Mais j'ai quand même attendu, Simon. J'ai attendu un message parce que même si on n'a rien signé tous les deux, c'est un accord tacite entre nous. On se voit, on se dévore du regard, éventuellement tu m'effleures. Puis tu fais semblant de pas m'aimer, tu m'insultes et je m'en vais comme je suis venue : seule. Et quand toi aussi tu réalises que tu es seul, alors on recommence.  » Si elle devait résumer leur histoire, c'est exactement ce qu'elle dirait. Elle ne changerait rien, et tant pis si ça ne ressemble pas à ce qu'on lit dans les grands livres qui parlent d'amour.  Elle parlerait de ce consentement secret entre eux, de ce qu'il s'évertue à prendre pour faux alors qu'elle a toujours l'impression que tout est trop réel quand ils sont tous les deux. Comme là, tout de suite, alors qu'il regarde New-York et qu'elle le regarde lui, alors qu'il semble la perdre et qu'elle retombe amoureuse.  
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MessageSujet: Re: vents contraires. (thelma)   Mer 28 Oct - 4:32


« J'aurais aimé t'aimer comme on aime le soleil,
te dire que le monde est beau, que c'est beau d'aimer.
J'aurais aimer t'écrire le plus beau des poèmes
et construire un empire juste pour ton sourire.
Devenir le soleil pour sécher tes sanglots,
et faire battre le ciel pour un futur plus beau.
Mais c'est plus fort que moi, tu vois, je n'y peux rien.
Ce monde n'est pas pour moi, ce monde n'est pas le mien. »


La clope pendue aux lèvres, Simon attend que Thelma s’en aille. Il croit que parce qu’il le lui a ordonné, elle s’exécutera sans attendre, et qu’elle finira par disparaître, par le laisser seul. Mais il aurait dû se douter que Thelma n’est pas comme ça, qu’elle baisse pas les bras, qu’elle le laisse jamais filer. « Tu ne m'as pas écrit. » Il soupire. Et comme lui n’a pas besoin de la regarder quand elle lui parle, il tourne la tête et laisse son regard plonger dans le vide. Il voudrait être sourd, juste maintenant. Il voudrait ne pas entendre ce qu’elle s’apprête à lui dire. « Je sais que je ne dois rien attendre de toi, que t'es un homme qui ne promet rien, surtout aux femmes comme moi, hein ? D'ailleurs, c'est quoi au juste une femme comme moi Simon ? » Il laisse échapper un rire nerveux, tout en secouant la tête. Alors il se demande comment tout a commencé. Comment il a fait pour qu’elle s’attache à lui si fort. Et surtout, comment il a fait pour s’attacher à elle encore plus fort. Si fort que ça lui fait mal. C’est pour ça qu’il essaie de s’en débarrasser, mais qu’il n’y arrive jamais. « Mais j'ai quand même attendu, Simon. J'ai attendu un message parce que même si on n'a rien signé tous les deux, c'est un accord tacite entre nous. On se voit, on se dévore du regard, éventuellement tu m'effleures. Puis tu fais semblant de pas m'aimer, tu m'insultes et je m'en vais comme je suis venue : seule. Et quand toi aussi tu réalises que tu es seul, alors on recommence. » Il tourne sa tête, à nouveau, pour s’adresser à elle. « Comment tu sais que je fais semblant ? » C’est si évident, Thelma ? Que je t’aime mais que ça me détruit ? Il envoie finalement son mégot valser dans le vide, et se lève pour s’approcher d’elle. Alors Simon reste immobile, plusieurs secondes. Immobile à quelques centimètres de celle qui brûle dans ses veines. « Tu veux que je te dise ce que c’est, une femme comme toi ? Très bien. » Il pose une main sur ses yeux, pour l’empêcher de lire sur ses lèvres, et il lui dit. « Les femmes comme toi sont sourdes. Elles restent là, plantées comme des connes, même quand on leur dit qu’on veut pas d’elles. Et tant pis si c’est faux. Tant pis si en réalité on crèverait sans elles. Les femmes comme toi devraient s’en aller avant qu’il ne soit trop tard. » Mais il est déjà trop tard. Simon est tombé amoureux de Thelma à la seconde même où son regard a croisé le sien. Le truc, c’est que tomber amoureux d’elle est une chute sans fin. Il tombe à mille à l’heure, le vent lui fouette le visage, et il s’écrase sur le bitume. Puis ça recommence, ça recommence et ça s’arrête jamais. C’était agréable au début, quand il pensait s’envoler. Mais maintenant, il sait qu’il y a une différence entre voler et tomber. Il libère ses yeux, finalement. « Les filles comme toi méritent mieux qu’un mec comme moi. » Simon pose son doigt sur le coeur même du problème. Il ne veut pas qu’elle s’amourache de lui, il ne veut pas parce qu’il est persuadé qu’il finirait par la détruire. Il ne voit aucune fin heureuse à leur potentielle histoire. « Tu comprends Thelma ? Vas-t’en. » Sa voix est calme, presque tendre. Elle ne peut pas l’entendre alors parfois, il parle de manière douce au lieu de s’énerver. Puis il attrape Thelma par la taille et la soulève aussi facilement qu’une plume, un peu à la manière des danseurs lors des portés. Il la repose juste devant la porte qu’elle a emprunté quelques secondes plus tôt. « Vas-t’en. » Mais elle ne bouge pas, et lui non plus. Il reste là, comme aimanté à celle qui n’entend pas son désespoir. Il faut que tu partes Thelma. Il faut que tu partes maintenant, parce que plus t’attends, plus tu restes, plus c’est trop tard. J’espère que tu comprends. Que tu comprends que si je suis méchant, c’est pas pour te faire du mal mais pour t’épargner, justement. « Si je t’ai pas écrit, c’est peut-être parce que je veux pas que tu reviennes. »
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Alexis Atwoodth
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MessageSujet: Re: vents contraires. (thelma)   Ven 19 Fév - 4:28

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