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lost moments. (samalon)

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MessageSujet: lost moments. (samalon) Lun 31 Aoû - 13:10

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❝ I felt her absence. It was like waking up one day with no teeth in your mouth. You wouldn't need to run to the mirror to know they were gone. ❞
«  Malo ? » Ça fait dix jours qu’il ne l’a plus croisée nulle part dans le quartier, alors il ne peut pas s’empêcher d’être surpris de la voir là, accoudée à sa boîte aux lettres. Est-ce qu’elle l’attendait ? Il imagine que non, que le fait qu’elle soit là n’est qu’un hasard, un concours de circonstances, qu’elle s’est plantée de boîte aux lettres et va vite repartir vers la sienne. Parce qu’au vu de leur dernier –et seul- échange, Malo Moriarty ne veut rien avoir à faire avec lui. C’est sûrement pour ça, d’ailleurs, qu’il ne l’a plus vue nulle part. Après leur brève discussion, dix jours plus tôt, il n’a plus senti une seule fois son regard sur ses épaules alors qu’il rentrait du boulot, ni entendu le bruit de ses pas pressés le long de l’allée ou les cris de son fils. Il a cherché, pourtant, quelques fois. Il a jeté des regards brefs, s’est arrêté un peu plus longtemps sur le pas de la porte avant de rentrer chez lui, a fait semblant d’avoir oublié un truc dans sa bagnole pour y retourner. Chaque fois, elle n’était pas là et chaque fois, il s’est dit qu’elle était probablement partie définitivement. Est-ce qu’il en a souffert ? Pas vraiment, parce qu’on ne souffre pas de quelque chose qui n’a jamais commencé. Mais il a compté les jours quand même, les jours sans sa voisine curieuse suspendue aux rideaux pour attraper un bout de lui. Il ne sait pas trop pourquoi, s’est promis qu’une fois les dix doigts de ses mains utilisés, il arrêterait de compter et se contenterait d’attendre le prochain locataire. Il n’aura pas besoin d’attendre quelqu’un d’autre et même si l’admettre est impossible, il y a quelque chose qui l’électrocute un peu à cette pensée, comme l’impression d’être en vie à nouveau, ou un peu moins passif.   «  Alors, on en a marre d’être un déserteur ? » Il sourit, tout doucement. La dernière fois, c’était quand elle était encore dans les parages. Comme elle ne semble pas décidée à répondre, il en profite pour remonter la vitre de sa voiture et coupe le contact. Il reste là, quelques secondes, frotte les mains sur son pantalon et se décide enfin à sortir du véhicule. Est-ce qu’il est censé attendre qu’elle parle ? Ou bien doit-il se diriger chez lui sans rien attendre d’elle ? Après tout, il y a très peu de chance qu’elle soit appuyée contre la boîte aux lettres Osborne pour parler avec lui. Il hésite et laisse son dos aller contre la portière. En dix jours, il a eu le temps de l’insulter, de faire rouler son prénom sur sa langue trop de fois, et puis surtout, il a eu le temps d’être un peu moins en colère. Il s’est entraîné à la détester un peu moins et on dirait bien que ça fonctionne. Il n’a plus envie de lui dire qu’elle est comme les autres –même s’il le pense toujours-, il n’a plus envie de la regarder avec ces yeux qui disent Ô combien elle est un nuage de déception. Il a juste envie de lui dire que ça fait du bien de la voir par là, qu'elle écrase un morceau de sa solitude sans s'en rendre compte. Et comme il n'a que ça à lui raconter, Samson se tait. Il se tait parce que ces choses-là, il a choisi de ne plus les dire à personne, surtout pas aux femmes comme elles, qui vont et viennent au rythme des saisons et qui un jour, comme l'hiver soixante-huit, ne reviennent plus du tout. Il se tait parce que c'est la meilleure chose à faire, que même si elle piétine un peu sa solitude, même s'il a compté les jours depuis la dispute, il ne veut rien de plus d'elle sinon qu'elle reste là, dans les parages, en arrière plan. Comme une figurante à qui on ne donnera jamais de premier rôle. Il se tait et quand il en a marre de ne plus parler, il pose une question, pour combler les vides entre eux. « Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ? » Il rajoute en désignant du menton le nom sur la boîte aux lettres. « Ce que je veux savoir par là, c'est est-ce que ta présence devant ma boîte aux lettres a quelque chose à voir avec moi ? » Ca fait déjà quatre questions depuis qu'il est garé. Quatre questions et pourtant, le vide entre eux est toujours aussi grand. Peut-être que toutes les questions du monde ne suffiraient pas à faire un pont entre eux, après tout, peut-être qu'ils sont trop loin, trop différents, trop petits pour supporter tout ça. Ou bien alors peut-être que c'est trop tard, maintenant, qu'elle était là un temps et qu'il s'est trompé d'heure, que son train est parti et que le quai est vide.   
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MessageSujet: Re: lost moments. (samalon) Sam 10 Oct - 4:05



« Fill my cup half empty cause it’s never been half full,
Fill me up, paint me over like a damp patch on the wall. »


Samson Osborne. Malo fixe le nom de son voisin, gravé sur la boite aux lettres qui lui sert d’accoudoir. Elle a l’impression de l’attendre, et elle trouve ça stupide, de l’attendre. De l’attendre lui. Ce voisin un peu suspect, dont elle ne connait rien (du moins officiellement), celui sur lequel elle s’est énervée dix jours plus tôt. Alors elle lâche un soupir, tourne les talons et s’apprête à rentrer chez elle. Mais y’a une voiture qu’approche, et sans même regarder de qui il s’agit, elle sait que c’est lui. C’est comme un signe, un signe qu’on pourrait interpréter de tant de façons différentes. Ils étaient faits pour se croiser est celle que Malo choisit. Elle sait pas pourquoi, elle sait pas non plus si c’est bon ou mauvais. Mais ça lui plait au fond, de penser qu’ils sont sur le même chemin, que leurs routes s’entrecroisent, et s’unissent par moment. Alors elle reste là, accoudée à sa boite aux lettres, l’air de rien. Comme un épouvantail qu’on plante pour effrayer les oiseaux, Malo reste plantée là pour intriguer Samson. « Malo ? » Il la questionne à travers la vitre, toujours assis dans sa voiture. Elle reste silencieuse. C’est amusant le silence, puis ça l’amuse de le mettre mal à l’aise. Ça l’amuse de le laisser perplexe, de le laisser se poser des questions, sans savoir ce qui l’attend. Elle y prend plaisir Malo, alors elle le fixe, le visage figé, fermé, sans rien laisser paraître. « Alors, on en a marre d’être un déserteur ? » Un déserteur ? Elle a rien à déserter, enfin, pas lui en tout cas. Pour le déserter, il aurait fallu qu’ils soient quelque chose l’un pour l’autre. Quelque chose de plus que de simples voisins. Elle n’a aucun engagement envers lui, aucun poste à déserter. Mais y’a un truc qui lui fait plaisir dans cette question. Il s’en est rendu compte, qu’elle l’a évité. Elle a envie de sourire, mais ne sourit pas. Elle laisse planer le mystère de sa présence ici, sans détourner le regard. Elle l’observe remonter sa vitre, et prendre son temps avant de sortir de sa voiture. Ça aussi, ça lui fait plaisir. Elle le sent, qu’il comprend pas. Mais lui aussi il est fort pour jouer au roi du silence. Alors ils se regardent un instant, comme pour savoir lequel craquera en premier. Ça sera pas Malo. Elle est têtue, et jamais de sa vie elle perdra un jeu comme celui-ci. C’est donc Samson qui brise le silence. « Est-ce que je peux faire quelque chose pour toi ? » Elle le fixe toujours, sans bouger. « Ce que je veux savoir par là, c'est est-ce que ta présence devant ma boîte aux lettres a quelque chose à voir avec moi ? » Elle finit par sourire Malo, parce que sourire est la plus belle manière de briser un long silence. Et puis parce qu’elle a pas trop eu l’occasion de lui sourire à Samson, et maintenant qu’elle a essayé, elle trouve ça plutôt agréable. Comme un courant d’air en plein été. Puis dans ce sourire, elle lui présente un peu ses excuses. Un peu mais pas trop, elle refuse d’admettre qu’elle est la seule coupable. De toute façon, elle est pas là pour parler de leur dispute de la dernière fois. Elle préfère faire comme si ce n’était jamais arrivé. « Tu peux faire quelque chose pour moi oui, et je crois que je peux faire quelque chose pour toi aussi. » Elle finit par se relever, et se place à côté de lui, s’appuie contre sa voiture. Elle ne le regarde plus lui, elle regarde leurs chez eux. Ils regardent dans la même direction, pour une fois. « Tu vois Samson, je crois que j’ai besoin de toi. C’est dur de l’admettre, j’ai jamais eu besoin de personne. C’est peut-être ça mon erreur. Peut-être que j’ai besoin d’avoir besoin de quelqu’un. » Elle se tait quelques secondes, parce que les silences sont aussi signifiants que les mots parfois. Puis elle reprend. « Et je crois que t’as besoin de moi toi aussi. »
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MessageSujet: Re: lost moments. (samalon) Ven 30 Oct - 0:18

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❝ You may not be her first, her last, or her only. She loved before she may love again. But if she loves you now, what else matters? She's not perfect - you aren't either, and the two of you may never be perfect together. She may not be thinking about you every second of the day, but she will give you a part of her that she knows you can break so smile when she makes you happy and miss her when she's not there. ❞

Après ce qui semble être une éternité à Samson, le visage fermé de Malo laisse place à un sourire. D’aussi loin qu’il se souvienne, elle ne lui a jamais souri avant. Ou peut-être qu’elle l’a fait quelques fois, au début, quand il ne faisait pas attention à elle et ne lui retournait jamais ses bonjours. Peut-être qu’il les a loupés, n’y a pas fait gaffe parce qu’il avait la tête remplie de Millie et d’Abi. A cette pensée, Samson a un pincement au cœur, si petit qu’il le distingue à peine, mais là quand même, juste en dessous de l’aorte. Des sourires comme les siens, il croit n’en avoir jamais vus avant. Malo a un sourire absent : quand ses lèvres s’étirent, au lieu de se mettre à briller, elle se transforme en ombre. Mais pas le genre d’ombre qui cache le soleil et déversent de la nostalgie dans les entrailles des gens, non, quand elle sourit, Malo se change en ombre chinoise et raconte des histoires qui se jouent sur les murs autour d’elle. Et ses histoires à elle, même s’il refuse de l’admettre, Samson aimerait les lire, les écouter, les mettre en boule dans sa bouche et les mâcher très fort pour mieux s’en imprégner. Après elle en arrière-plan dans sa vie, puis au premier plan le temps d’une dispute pour finir complètement hors champ, Samson réalise qu’il en a marre de ne pas savoir ce qui se cache vraiment sous le nom de Malo Moriarty.   « Tu peux faire quelque chose pour moi oui, et je crois que je peux faire quelque chose pour toi aussi. » Il l’interroge du regard, dubitatif. Lui, il n’a pas l’impression de pouvoir faire quelque chose pour elle. A vrai dire, il pense même tout l’inverse. Que pourrait-il bien faire pour elle, hein ? Plus il la regarde, plus il la voit. Et plus il la voit pour ce qu’elle est vraiment, plus il a le sentiment que personne ne peut rien faire pour Malo. Que personne ne doit rien faire, plutôt. Parce qu’il a encore son sourire en travers de la gorge et qu’il l’a bien aimée, comme ça, avec ses ombres et ses yeux qu’on aurait cru voir revenir du bout du monde. Peut-être qu’elle est à part, après tout. Oui, ça doit être ça. Malo est à part, inclassable, avec aucune étiquette à lui coller sur le front et aucun panier dans lequel on pourrait la jeter. Si elle a un jour été une étoile, alors elle ne brille plus. Si elle a su autrefois comment attirer un homme, elle fait aujourd'hui une bien piètre séductrice. Quand il l'observe, Samson aperçoit le jour, la nuit, le calme et la tempête, l'esquisse d'un moment heureux et l'écho des regrets, et personne ne devrait venir mettre un ordre dans tout ce bordel. Ni lui, ni aucun autre homme. « Tu vois Samson, je crois que j’ai besoin de toi. C’est dur de l’admettre, j’ai jamais eu besoin de personne. C’est peut-être ça mon erreur. Peut-être que j’ai besoin d’avoir besoin de quelqu’un. Et je crois que t’as besoin de moi toi aussi. » Il fait mine de réfléchir alors que dans sa tête, son opinion est toute tranchée. Lui qui se plait si souvent à dire la vérité, qu'elle soit blessante ou non, hésite un instant à mentir. Pour la première fois depuis qu'il sait le nom de sa voisine, Samson a envie d'y faire un peu attention, de ne pas la bousculer, de ne pas la rayer encore plus. « Moi, tu sais ce que je crois ? » Il s'appuie un peu plus contre sa bagnole et désigne du menton la baraque de la jeune femme, un peu plus loin. « Je crois que t'es bien, comme ça, et que tu t'en sors très bien toute seule. » Il soupire, se demande s'il doit poursuivre, choisit de le faire. « Je veux dire, regarde toi. T'as un toit sous lequel te réfugier tous les soirs, un boulot qui tient la route et t'as rencontré un homme qui t'a aimée suffisamment pour te faire un gosse. T'as une famille, Malo. Et t'es une famille pour quelqu'un. Moi, si je devais me présenter en trois phrases, tu veux savoir ce que ça donnerait ? » Il n'attend pas sa réponse et se lance. « Samson Osborne, PDG d'une société dont je n'ai jamais voulu, amputé de mes rêves, propriétaire de trois maisons immenses dans lesquelles on n'entend aucun rire, bientôt trente ans et terriblement seul. »
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MessageSujet: Re: lost moments. (samalon) Ven 19 Fév - 4:34

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