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how could we not talk about family when family's all that we got? + kenzo & rayan.

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MessageSujet: Re: how could we not talk about family when family's all that we got? + kenzo & rayan. Lun 17 Aoû - 9:19



La fête foraine sans les sucreries, juste les manèges ? Il n'y avait aucun adulte avec nous, j'en ai évidemment profité pour ne pas suivre ce sage conseil... Quand on est hyperactif, l'excédent de sucre n'est pas recommandé, donc dès que mon jumeau ou quelqu'un d'autre de responsable n'est pas dans le secteur, je me lâche. Allez savoir pourquoi ça n'a pas eu l'air de déranger Sara. Je règle les pizzas au coursier puis je reviens en m'amusant de voir que Rayan n'a toujours pas bougé, comme si cette annonce que j'estime mineure l'a chamboulé un peu trop qu'elle n'aurait dû le faire. Qu'importe, sitôt que je me retrouve avec une part monstrueusement grasse dans la bouche, j'oublie tout ce qui se passe autour, hormis le match de basket qu'il a mis à la télévision en face de nous. "Pourquoi on doit toujours tout régler avec toi ?" Les règles par ci par là, tout le temps... Et on s'étonne que sa fille soit hésitante à l'idée de venir lui parler. Là où je ne pose que peu de limites, mon frangin en met trop. Au moins, on s'équilibre l'un l'autre. "De toutes manières, on n'a jamais trop de câlin et de bisous. J'fais ce que je veux." J'ai vingt-trois ans, mais on pourrait croire que je suis en pleine adolescence à me la jouer rebelle ainsi. Je m'empêche toutefois d'ajouter qu'on n'a pas passé notre enfance ensemble et qu'à ce titre, nous aurons toujours une vingtaine d'années de retard en matière d'affection l'un pour l'autre. D'ailleurs, il faut bien que je le sois pour deux, car le Rayan ne fait de geste tendre envers son frère que lorsqu'il est à l'article de la mort ou du désespoir... Mes yeux suivent ardemment la balle qui passe d'un joueur à l'autre, concentré sur ce jeu dont je ne connaissais rien il y a encore quelques mois avant que l'ancien président Delta ne m'emmène voir un match pour m'expliquer les règles. J'avais encore tellement de choses à découvrir de ce monde occidental et ouvert, j'étais un vrai touriste curieux dans l'âme. Néanmoins, le couperet ne tarde pas à tomber et les plaintes fraternelles commencent à s'enchaîner. Je fronce les sourcils en regardant à peine sur le côté, trop absorbé par le décompte des pas des joueurs à chaque fois que la balle tombait entre leurs mains. "Mais c'est rien, va..." J'articule sans le regarder, engloutissant la pizza en trépignant sur le divan à chaque fois qu'un basketteur s'approchait des buts adverses. Quant à son anecdote concernant ce gamin à Vegas, elle ne parvient qu'à m'arracher un bref rire amusé. Tiens, j'ai encore jamais essayé ça... Prochain coup sur talons aiguilles qui se présente, je teste. La seule difficulté que je vois, ce sera de ne pas manger la barre chocolatée avant d'appâter la future demoiselle. Alors que je pense qu'on est débarrassés de ses suspicions, je ferme les yeux un bref instant en retenant un soupir. Et voilà, on est repartis dans la spirale infernale des jérémiades de Rayan Clives-Harabo. Je le laisse finir sans trop prêter attention à ce qu'il raconte, jugeant qu'il s'agissait davantage d'un bruit de fond plutôt qu'une vraie conversation, puis lorsque je sens son regard peser à nouveau sur moi, attendant une réponse, j'hausse les épaules. "C'est bon, t'as fini ? J'écoutais pas trop, j'avoue que j'ai décroché quand j'ai commencé à t'entendre pleurnicher sur ton pauvre sort..." Le tact et moi, ça fait deux. En revanche, la franchise et moi, on est nés dans le même berceau. Je pose la pizza et m'essuie les mains avec une serviette en papier. "C'que ça doit être ennuyeux, dans ta tête... Toujours se poser des tonnes et des tonnes de questions sans arrêt. Sérieux, tu devrais donner des congés à tes neurones, ça ferait du bien à tout l'monde." Vraiment, c'est dit sans aucune méchanceté. Quoi ? Il me parle de la même façon, après tout ! Je me tourne enfin vers lui pour lui accorder l'attention qu'il mérite. "Elle m'en a parlé parce que moi, j'ai le beau rôle. Tu crois vraiment que si c'était ma fille, elle m'en parlerait aussi ? Je la gave de sucreries, je l'emmène faire des manèges et elle a le droit de se coucher à pas d'heure quand elle est chez moi... Dans sa tête, j'suis sûrement le type avec lequel elle voudra se marier plus tard." Je pouffe de rire à cette idée et je m'enfonce un peu plus dans le confort du canapé. "T'es intimidant parce que tu la surveilles pour tout, tu t'emportes dès que quelque chose de travers se passe... Même avec moi ! Tu devrais lever le pied, frangin. Au fond, elle sait très bien qu'elle a qu'un seul papa, et crois-moi sur paroles, j'en entends parler sans arrêt quand elle vient chez moi." Si ça peut le rassurer, autant lui affirmer ce fait : Sara ne sait pas parler de son père autrement qu'en l'imaginant comme un superhéros. Je lui adresse un sourire tout ce qu'il y a de plus gentil, avec un clin d'œil assuré. "T'es la cible facile quand elle veut être de mauvaise humeur. C'est comme ça pour tous les parents, j'suis sûr. Les enfants sont cruels les uns avec les autres, et ça, tu n'y peux rien. Et ne va surtout pas menacer les gamins ou leurs parents de mort, c'est pas du tout la bonne solution." lançai-je en le pointant du doigt en guise d'avertissement. Je le connais, il en serait parfaitement capable. "Tout c'que tu peux faire, c'est être patient et continuer d'agir comme tu le fais, sans avoir peur d'être plus relax avec elle. T'es un mauvais fils. T'es un frère plutôt nul, mais passable. Par contre, t'es un père assez débrouillard." Je lui colle une tape dans l'épaule et reprend une part de pizza en regardant le match, concentré à nouveau. Quoique... Poussons-le encore un peu, juste pour le fun. "Par contre, Sara se demande aussi quand est-ce qu'elle pourra annoncer qu'elle a deux papas... Rapport à un bonhomme à l'accent bizarre qui vient souvent chez vous et qui dort dans ta chambre. Il embrasse bien, au fait ?" Un fin sourire d'emmerdeur magistral se place sur mes lèvres. Sadique ? Entre frères, rien de plus normal. Pire quand on est jumeaux.
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MessageSujet: Re: how could we not talk about family when family's all that we got? + kenzo & rayan. Sam 22 Aoû - 16:19


Impossible de ne pas marmonner dans ma barbe à cet instant : les câlins et Rayan, c’est littéralement incompatible. Même si dans un instant de faiblesse, je suis capable d’un geste attendrissant, ce dernier est immédiatement effacé de ma mémoire après coup. Une fois lancée dans une longue tirade de complaintes, il m’est difficile de m’arrêter. Je ressasse depuis bien trop longtemps les problèmes que j’ai avec ma fille pour pouvoir ne serrait-ce que fermer la bouche pour deux secondes à peine. La pipelette de la famille, c’est supposément mon jumeau, et non moi. Cependant, je prends un peu mal le fait qu’il me remballe sans finesse aucune. « A chaque fois que j’essaie de m’ouvrir à toi, c’est comme ça qu’tu me traites. Tu m’étonnes qu’après tu sois obligé de faire des pieds et des mains pour avoir ne serrait-ce qu’une petite confession. Tu crains. J’t’aime plus. » Dans le genre je peux aussi jouer au gamin... Puis la seule chose que j’aime ici ce soir, c’est ma gigantesque pizza qui meurt d’envie de se faire dévorer, ce que je ne vais pas me prier de faire. D’ici une quinzaine de minutes, elle nagera entièrement au sein de mon estomac. Les yeux rivés sur le match de basket rythmé par les chants des supporters, je ne hausse pas même un sourcil en entendant la suite de ses propos indignes. « Il faut bien qu’un de nous deux ait des neurones. » Méchanceté gratuite, bonjour. Cinq minutes à peine que les jumeaux sont ensemble, mais ils sont bien pires qu’un vieux couple qui se chamaille à longueur de temps. Si je donne par la suite l’impression de me détacher de la conversation, ou plutôt de la tirade que tient à m’offrir mon frère, il n’en est rien. Je jongle à merveille entre ma pizza, le match et les propos de Kenzo qui fusent à travers la pièce. Même si je n’en reste pas moins un âne battu, j’ai toujours tenu à écouter ce que mon jumeau avait à me dire. Libre à moi d’approuver ou non, et bien souvent, c’est le non qui l’emporte, sans aucune surprise. Un sourire assez discret vient toutefois étirer mes lèvres en apprenant qu’au fond, je ne suis pas le monstre de père que je m’imagine constamment être. Certes, je pourrais apparaître sous un meilleur jour, mais difficile de vous mettre à nu après avoir passé bien des années à vous forger un caractère de titan. « C’est pas une question d’avoir le beau rôle ou pas, c’est juste que toi, t’es genre un peu plus… simplet à côté de l’armoire à glace que je suis. J’vais peut-être remuer le couteau dans la plaie, mais t’étais comme ça aussi avec Charlie, même si lui n’avait pas l’âge de pouvoir faire tout ça. » Même avec Charlie, je n’avais pas su montrer autant d’affection que celle de Kenzo à l’égard de sa nièce. Vous pouvez ajouter piètre oncle à mon palmarès également. N’oublions pas non plus qu’en temps que petit-fils, je n’ai pas non plus de quoi décrocher un trophée. Non pas que je hais ma famille au grand complet, c’est simplement que question affection, je suis loin d’être une flèche. Je quitte pendant un instant le match des yeux, posant à présent mon regard sur mon jumeau. Le Rayan va ouvrir son cœur, les enfants, un jour a marqué d’une pierre blanche. « Maman était aussi comme ça avec moi… elle ne me lâchait jamais, elle était constamment sur mon dos et ça ne m’avait jamais vraiment dérangé. Je n’avais qu’elle. C’est pour ça que j’ai du mal à lâcher prise sur Sara. Puis la cruauté des autres, j’sais c’que c’est. J’ai pas toujours été le gros con qui se tient sur ce canapé, aussi incroyable cela puisse être. J’ai longtemps été celui que l’on rejetait. » Bien souvent pour les mêmes raisons qui font préjudices à Sara aujourd’hui. Et d’une certaine manière, si j’agis également comme cela à son encontre, c’est aussi pour me faire croire que je contrôle encore quelque chose dans ma vie. En se frayant un chemin dans cette dernière, Pavel a su bouleverser tout mon monde, ne faisant de moi plus que l’ombre de moi-même, tel un vulgaire pantin de bois inanimé lorsque l’on ne tire pas sur ses ficelles afin de l’actionner. Je manque de m’étouffer avec un imposant morceau de poulet lorsque l’intéressé même se retrouve finalement dans la conversation. Sérieusement ? « J’vois pas de quoi tu parles. » Menteur. Vite, une porte de secours, il m’en faut une… Alors qu’il s’apprête à porter une nouvelle part de pizza à ses lèvres, je l’arrête subitement dans son geste. « Attends, pose ça deux secondes… » Sans la moindre gêne, je lui arrache carrément la part d’entre les mains et frotte mes deux paumes les unes contre les autres. « Voilà, comme ça. Viens voir par là. » Je le regarde pendant une courte seconde et tends les bras en sa direction en fermant les yeux avant que ces derniers ne se referment autour de lui. Mesdames et messieurs, Rayan Armand Clives-Harabo vient de faire un câlin du tonnerre à son frangin ! Que le champagne coule à flot ! Je me recule finalement et me concentre à nouveau sur ma pizza, comme si de rien n’était. « J’ai une voisine de palier, au bout du couloir à droite, faudra que j’te la présente. Un vrai canon ! Et une paire de fesses, mieux que celles de Valentina… Quoi ? » Comme si je n’avais pas senti le regard de Kenzo ainsi que son regard émerveillé se poser sur moi, une véritable plaie. Non, tu ne vas pas commencer à me baratiner parce que j’ai montré une once d’affection à ton égard, je me souviens qu’un simple je t’aime de la part de William l’avait mis dans tous ses états pendant un sacré bon moment. Vite empêche-le de parler ! « C’est vrai, hein… Puis, tu sais, c’qui se passe avec Pavel, c’est pas vraiment intéressant. On se voit un peu dés qu’on en a l’occasion et ça s’arrête là. Puis Sara est pas trop chiante quand il est de passage. » J’esquive le regard de mon jumeau face à la gêne qui monte peu à peu en moi. D’une part, la moitié de mes paroles ne sont que purs mensonges, et d’autre part, je n’ai jamais clairement parlé à Kenzo de cette relation plus que compliquée. Même si je me plais à m’afficher avec le Russe ces derniers temps, le tout reste encore un sujet bien tabou.
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MessageSujet: Re: how could we not talk about family when family's all that we got? + kenzo & rayan. Sam 5 Sep - 18:25



Vous voyez ces multitudes d'images animées qui fleurissent sur Tumblr et autres réseaux sociaux, montrant des chats avec des yeux ronds, noirs et animés d'étoiles, sur le point de fondre en larmes ? C'est précisément le regard que j'adresse en ce moment à Rayan pour avoir osé me dire qu'il ne m'aimait plus. Puis, soudain, je pousse un petit rire, comme s'il venait de lancer une blague en passant. "Non, c'est ridicule. Tout l'monde m'aime." S'il joue au gamin, autant dire qu'il va falloir se lancer dans la périlleuse étape de réduire l'estime que j'ai de ma personne… Mission impossible, twin bro'. Après être passé au-dessus de sa critique, je prends la peine d'écouter sa réaction, non sans garder à l'esprit qu'il a été vexé de ma première réaction. En même temps, comment réagir autrement ? Soit Rayan ne s'ouvre pas, soit il se lance dans une tirade où il crie au complot de la Terre entière contre lui. Aucune demi-mesure. "Armoire à glace, armoire à glace… c'est vite dit." lançai-je en contractant mes biceps avec un air plus fier encore qu'un paon. Si jamais les jumeaux commencent à se lancer dans une bataille pour savoir lequel des deux est le meilleur sur le plan physique, autant planter la tente, car il va y en avoir pour une paille. Cela dit, je ne le contredis pas, il est loin d'avoir tort. Rayan sera toujours plus responsable que moi, même si je me donnais la peine de faire des efforts. Il a ça dans le sang. L'ennui, c'est que j'ai grandi seul et j'ai dû veiller sur quelques personnes qui me tenaient à cœur, afin de survivre dans des conditions qui ne soient pas plus pénibles qu'elles ne l'étaient déjà. Maintenant que je suis installé dans une vie on ne peut plus confortable, j'ai tout lâché. Fun before everything else. "J'étais comme ça parce que Meleya, c'était elle, l'adulte." Si, c'est un argument. Du moins, je le vois comme tel. Peut-être est-ce une des choses qui avaient contribué à notre brutale séparation, sans qu'elle ne me l'ait jamais dit. Malheureusement, je n'y peux rien, c'est dans ma personnalité d'être ainsi. J'écoute très attentivement ses paroles en hochant la tête par moments. Sapira Harabo, l'un des plus gros chapitres dans l'existence de Rayan. Assis en tailleur sur le canapé et désormais tourné entièrement vers lui, je mâche tout en méditant sur ce qu'il vient de confier. Ca n'arrive pas si souvent, autant ne pas le rembarrer ou me moquer de lui, à plus forte raison qu'il demeure encore aujourd'hui une énigme à part entière. Nous sommes jumeaux, mais nous n'avons pas grandi ensemble : parfois, il m'arrive de me dire qu'une vie ne suffira pas pour rattraper ce temps perdu. "Sara grandit dans une situation différente, entourée de gens complètement différents. Tant que tu as ça en tête et que tu continues à la protéger un jour, dis-toi qu'elle t'en sera reconnaissante. Faut pas t'attendre toujours à ce qu'elle te dise merci sur le coup." Je lui glisse un petit sourire en pressant son épaule avec ma main. Non, je m'essuie pas… enfin, pas que. Pour l'heure, ce qui m'intéresse le plus, c'est de parler de cet homme que Sara a l'air de considérer comme son deuxième papa… ce qui, dans la bouche d'une fillette, n'est absolument pas anodin. Rayan a déjà eu beaucoup de mal à m'avouer son attirance pour les hommes, inutile de dire qu'il faut partir à l'assaut de cette forteresse aux cheveux blonds si on veut lui arracher une réponse. La copie conforme de William, sur ce plan. "Eeeh, mais j'ai pas fini !!" Ma pizza, sérieux ! Je lui fais de gros yeux, m'apprêtant à ignorer son ordre, mais soudain, il tend les bras vers moi. "Pourquoi ? Tu vas m'étrangler, c'est ça ? C'est pas moi qui ait cassé ton verre Batman, l'aut'jour !! C'est Sara, j'ai promis que j'dirai pas, mais…" Je ferme les yeux, comme un enfant attendant sa sentence parentale, mais au lieu de ça, il me faut deux bonnes secondes pour réaliser que mon frangin est en train de me faire un câlin. Sous le choc, je suis incapable de le serrer contre moi en retour. Je ne fais même pas attention à ce qu'il me raconte sur sa voisine de palier, incapable de détacher mon regard du sien. Lorsque mes lèvres se décousent enfin, je le saisis par les épaules et le tourne de force vers moi. "T'es malade ? C'est grave ? Phase terminale ? Ton cholestérol. Je le savais. On n'aurait jamais dû commander des pizzas !! Jette-moi ça, on va manger de la salade ! C'est qui ton médecin ? Laisse, j'vais demander à…" continuai-je à débiter, sans même faire attention à lui. Et voilà, c'est parti, il est impossible de m'arrêter quand je suis parti dans un délire pareil. Pour quelle raison Rayan se serait-il donné la peine de me serrer contre lui, si ce n'est le début de la fin de sa vie ? Je me lève du canapé et je referme le carton des pizzas avant de le jeter dans la poubelle. Geste fort, non ? "… puis on fera un bilan toutes les deux semaines. T'as de la tension ? Parce que si ça se trouve, tu fais la même chose que le chat de mon v…" Je m'interromps en le fixant droit dans les yeux. "Ou alors…" Interrogation en suspens. "… tu voulais juste me distraire pour éviter qu'on parle de Pavel." Et la lumière fut. Tout espoir n'est pas vain. En regardant la tête qu'il fait, je tape du pied en posant mes mains sur mon visage, soulagé. Drama Queen inside. "Me fais plus jamais une peur pareille !" Par contre, on s'en parle du fait que je me sois monté la tête tout seul, et que Rayan n'y est pour rien ? Non, on n'en parle pas, c'est mieux comme ça. Je viens me rasseoir à côté de lui après avoir récupéré le carton de pizzas dans la poubelle et l'avoir ramené sur la table. Quoi ? C'est encore mangeable. "Bref, on en était où ? Ah oui, tu voulais pas m'parler de Pavel. Pour le moment, vous vous voyez et vous couchez ensemble. C'est cool, c'est fun, mais entre nous, c'est vraiment c'que tu veux ?" Je m'assieds en tailleur et l'observe avec sérieux. "Si c'était juste un coup comme ça, tu m'en parlerais, mais c'est pas le cas. Si t'as envie de plus avec lui, faut le dire, même si ça fait flipper. J'pense que Sara se poserait moins de questions et, si ça se trouve, vous pourriez trouver une solution pour vous voir plus souvent." Par contre, t'as pas le droit de retourner à Las Vegas. Même pas en rêve. Je te l'interdis.
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MessageSujet: Re: how could we not talk about family when family's all that we got? + kenzo & rayan. Sam 12 Sep - 17:22


D’un simple regard déplacé, je me plais à laisser planer le doute quant au fait que tout le monde aime Kenzo… Des fois, je pencherais presque pour de la pitié à le savoir si inoffensif, voir complètement décalé. « Pas la peine d’exhiber tes muscles de crevette, y’a rien à voir. », lançais-je sur un ton fort condescendant. Tu ne fais pas le poids, morveux, pas même avec tout l’entraînement et toute la volonté du monde. Par moment, j’aimerais savoir comment on se sent lorsque l’on a un jumeau qui se trouve supérieur à nous… quoi que non, je me plais dans mon rôle de dominant qui en a fait trembler plus d’un, jusqu’à mon propre père. Il est bien loin à présent, le petit gringalet qui courrait dans les rues de son village au cœur de l’Israël. Mes yeux roulent instinctivement dans leurs orbites tandis qu’un soupir m’échappe. C’était Meleya l’adulte… La connerie de mon frangin n’a donc aucune limite. Souvent, j’en viens à me demander comme il est possible de se ressembler autant tout en étant si différent. C’est presque contre nature, mais dans le fond, c’est sans doute la raison pour laquelle j’ai tant de mal à m’ouvrir à lui : j’ai constamment cette impression qu’il ne comprend rien, qu’il se paie ma tête dés lors que je m’hasarde à dévoiler une infime partie de moi. J’ai toujours su l’écouter, lui, même si niveau conseil, je ne suis en rien un exemple à suivre puisqu’à m’entendre, les problèmes se résolvent essentiellement à coups-de-poing ou de mots cassants, blessants, voir même humiliants. Lorsque je le prends finalement par surprise contre moi, je ne peux m’empêcher de resserrer quelque peu mon emprise autour de lui. Frangin, j’pourrais te briser les os sur le champ si j’le voulais. « Vous avez cassé mon verre Batman ? Qui était un collector ? Vous allez me le payer. Tous les deux. » Une menace murmurée au creux de l’oreille de Kenzo : bonjour, je suis un parfait psychopathe. En plus, il ne s’agit pas de n’importe quel verre. Un verre de collection qui accompagne celui de Spider-Man, Superman, Wonder Woman et Catwoman. Mon verre Batman… On va m’entendre pleurer pendant bien des années. Cependant, je range ma vengeance dans un coin de ma tête. Que l’un ou l’autre soit coupable, je m’en fiche, les deux payeront pour le crime commis et le jour où je leur tomberais sur le coin de la figure, ils feront moins les malins et ils repenseront à deux fois avant de poser ne serait-ce qu’un doigt sur tout ce qui touche de près ou de loin à l’univers de Marvel et des super-héros en général. Juré qu’à Halloween, je me déguise en Batman et je vais sur Times Square avec Sara déguisée en mini Batgirl… bref, je m'égare. « Hé, ma pizza ! » Too late, le jumeau est épris dans un discours sans queue ni tête et ne m’écoute pas. Le carton de la pizza finit dans la poubelle et la diva continue de débiter des absurdités sans me laisser le temps d’en placer une. Continue à t’inquiéter, c’est mignon, j’aime bien me sentir aimer. Même si je ne le montre jamais. « Putain, pourquoi tu me parles d’un chat ? » J’suis pas un animal non plus, faut pas commencer à me comparer avec ces choses qui ne servent à rien. Sauf à faire une multitude d’expérimentations qui ne riment à rien. Il faudrait prendre des nouvelles de Socrate, depuis le temps. Je passe furtivement ma langue sur mes lèvres et porte mon regard sur le match de basket : mis à découvert. Mais un froncement de sourcils plus tard et je me tourne à nouveau vers Kenzo. « Oh, c’est toi qui t’ais monté le bourrichon tout seul, viens pas m’accuser. Et après, on dit que c’est moi le jumeau parano, sérieux… » Lorsque la pizza revient sur la table basse, je tape immédiatement dans une nouvelle part… Pas de jugements, on ne gaspille pas. Puis y’avait encore le carton autour. Je deviens subitement nerveux à chaque nouveau mot prononcé par mon frère, si bien que je me mets à taper du pied sur le tapis couvrant une bonne partie du parquet. Il frappe toujours dans le mille, l’enfoiré. « Parce que tu crois sérieusement que je fais mention de tous mes coups d’un soir ? Non, absolument pas, et surtout pas lorsqu’il s’agit d’autres hommes. » Autant à Berkeley j’étais le roi des vantards, autant depuis notre arrivée à Vegas puis à New-York, c’était silence radio. Et pour cause, les conquêtes avaient fini par se faire rare et Pavel avait commencé à se faire une place de choix à mes côtés. Je tape une dernière fois du pied, pose mon morceau de pizza et éteint finalement la télé avant de me tourner complètement vers mon jumeau, m’installant à mon tour en tailleur sur le divan. « Ok, très bien… Écoute… Pavel et moi sommes bien trop indépendants pour sans doute pouvoir imaginer aller plus loin dans cette relation, alors peu importe ce que moi, je veux, ça vaut sans doute mieux pour nous de continuer comme ça. » Je sens une boule se former dans ma gorge : ai-je vraiment envie de continuer à voir Pavel à mi-temps ? Non, bien sûr que non, et oui, ça me fiche une trouille incroyable de ressentir ça à l’encontre de quelqu’un. Comme si j’avais ce besoin de me savoir à lui. Après avoir passé une main sur mon visage, je reporte mon attention sur Kenzo. « Tu veux la vérité ? D’accord, mais si tu t’avises de me jeter ne serrait-ce qu’un regard moqueur, j’te balance par la fenêtre. » Et je prends le prochain avion pour Las Vegas sans plus jamais me soucier de toi. J’ai pas besoin de me faire bassiner alors que j’arrive enfin à poser des mots sur un sujet que j’ai pendant longtemps voulu éviter aussi bien avec mon jumeau qu'avec le reste de mes proches. « J’ressens quelque chose pour Pavel. Quelque chose qui va au-delà de tout ce que j’ai pu ressentir jusqu’à présent et je ne supporte plus de le voir juste comme ça, deux ou trois jours par-ci, par-là. » Et c’est ça qui doit me rendre plus exécrable que je ne le suis d’habitude. « J’ai vraiment besoin de lui dans ma vie, de l’avoir à chaque instant à mes côtés et de ne plus le lâcher. Et être autant séparé de lui… J’supporte plus, tu comprends ? J’sais pas ce que j’fais encore ici alors que c’est à Vegas que j’voudrais être, ça faciliterait sans doute bien des choses. C’est avec lui que je veux être. » Je le sais, je le sens, j’en suis sûr. Les yeux rougis, je décide de me lever et de faire quelques pas jusqu’à l’espace cuisine afin de me servir un verre d’eau. Attends, frangin, j’vais encore t’en annoncer une bonne, la meilleure de la soirée. « Mais dans tous les cas, jamais j’pourrais lui avouer ce que je ressens vraiment. Pas tant que je ne saurais pas ce qui se trame dans son indéchiffrable esprit… Je ne donnerais l’occasion à personne de piétiner ce qu’il y a là-dedans juste parce que j’ai fait l’erreur de passer outre mes règles et de tomber amoureux. », lançais-je tout en indiquant ma poitrine. Le Rayan est amoureux, sortez les ballons et faites exploser les confettis !
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MessageSujet: Re: how could we not talk about family when family's all that we got? + kenzo & rayan. Dim 20 Sep - 14:13



Casser le verre Batman de Rayan, c'est comme lui annoncer qu'il va vivre sous les ponts jusqu'à la fin de sa vie : dans le déni, il serait capable de pulvériser la Terre entière, et sans le secours des codes nucléaires. Je sais que la vengeance sera terrible, d'où le besoin de partir quelques jours en exil sans mon téléphone ou un quelconque moyen de me traquer par GPS. Quoi ? Moi aussi je regarde les séries de super-héros. Non seulement il m'a fait lire quelques comics, mais le twin bro' a poursuivi mon initiation – ou contamination – en me faisant regarder tous les films et séries imaginables sur le sujet. Au terme de cet emportement que je mets uniquement sur le compte de mon frangin par mauvaise foi, je me réinstalle à côté de lui pour prendre une nouvelle part de pizza et avoir une vraie conversation sur ce qui le perturbe autant en silence : Pavel. Accepter que mon frère puisse être attiré par d'autres hommes avait été une étape à franchir, mais moins difficile que ce que j'aurais cru. Fréquenter un milieu comme celui de la mode m'a permis d'effacer des représentations archaïques acquises au gré de la fréquentation d'un monde aussi traditionnaliste que l'Inde et le Pakistan. Je ne me vois pas personnellement tomber dans les bras d'un homme, mais je peux tout à fait le concevoir pour d'autres personnes, à commencer par Rayan. En le voyant taper du pied, j'écarquille un peu les yeux par surprise. Tiens, j'ai encore fait mouche. "Donc c'est plus qu'un coup comme ça, j'avais raison." Quitte à être suicidaire, autant enfoncer le clou avant que le twin bro' ne me courre après pour m'enfoncer la tête dans les coussins du canapé jusqu'à ce que mort s'ensuive. Cela dit, il n'a pas tort : il ne m'a jamais parlé de ses aventures masculines. Dommage, parce que j'avoue être assez curieux de savoir comment ça se passe. Des questions clichés qui me prennent la tête de temps en temps, jusqu'à ce que mon attention de furet hyperactif ne se focalise sur autre chose. Lorsque Rayan se tourne pour de bon dans ma direction, je lui dédie un regard rassurant. Première étape, le déni en prétendant que tout va pour le mieux. Un grand classique, je le connais parfois bien plus qu'il ne peut se le figurer. Non, ça ne vaut sans doute pas mieux pour eux de continuer comme ça. A la façon dont je l'observe, je lui fais comprendre que je ne me moquerai pas. "Ça peut pas être pire que moi quand j'parlais de… d'elle." me repris-je en fronçant les sourcils. Combien de fois ai-je joué les amoureux éperdus en parlant de mes sentiments pour Meleya à mon frère ? Autant de fois qu'il s'est tapé la tête contre les murs en priant pour que son système auditif le lâche pour de bon. Ses menaces glissent sur moi comme si de rien n'était, semblables en tous points à celles que notre père est capable de lâcher avant de se confesser. Ca les rassure, les bonhommes. Enfin, sa bouche se délie et il va au fond des choses en avouant les sentiments qu'il éprouve à l'égard du Russe. Plus les secondes passent et plus mon regard se fait sérieux, attendri… puis triste. Je comprends que dans ma descente aux enfers à Vegas, j'ai coupé mon propre frère d'une personne à qui il tient comme personne. J'ai été égoïste sans même m'en apercevoir, et je suis la raison pour laquelle il se montre de plus en plus chiant – oui, c'est le mot – ces derniers temps. Amoureux. Le mot est lâché. Je déglutis et le regarde sans rien dire, incapable de savoir quoi lui répondre. Mais finalement, je parviens à articuler sans le lâcher des yeux. "J'aimerais pouvoir te dire de faire tes valises et de partir maintenant pour le rejoindre. Sans attendre. Que je m'occuperai de Sara si tu préfères y aller seul pendant un temps. J'aimerais, frangin…" Mais je ne peux pas. J'ai beaucoup trop besoin de toi, et même si je ne souhaite que ton bonheur, je ne peux pas m'imaginer sans toi. Dans ces quelques mots, je veux lui faire entendre que j'ai compris le sacrifice qu'il a fait pour moi, plus que je n'ai pu le faire ces derniers mois. Je l'observe au niveau de la cuisine et je me lève à mon tour. Je peux faire un câlin ? Non, visiblement, je ne peux pas. Pas encore. Adossé à une poutre, je pousse un long soupir. "Je sais que ça fait flipper de se lancer, de parler… ça n'a déjà pas dû être facile avec moi, hein ?" On a beau être jumeaux, Rayan est toujours très réservé sur sa vie personnelle… et si je ne le harcelais pas autant, il le serait peut-être encore plus. "Mais tu crois que si t'étais qu'un coup comme ça pour lui, il continuerait aussi à venir à New York juste pour te voir ? Si t'arrêtais d'te voir comme un amant d'folie et que tu voyais les choses sous un autre angle…?" Je ne me moque pas, j'essaye juste de lui faire prendre le problème à l'envers en se mettant à la place du Russe. Je me connais assez pour savoir que même si je passe un temps génial au lit avec une fille, je ne traverserai pas le pays juste pour m'envoyer en l'air avec elle. Et Rayan non plus. J'avance près de lui, un sourire affectueux sur les lèvres. "T'es peut-être pas obligé d'avouer tout ce que tu m'as dit… mais essaie de le mettre sur la piste pour qu'il en parle en premier. J'suis pas un génie, pas autant que toi. Mais sur les relations, j'ai rarement faux. S'il ne ressentait pas la même chose que toi, ça ferait un moment qu'il aurait mis un terme à votre relation." lâchai-je avant de revenir m'asseoir sur le canapé, pour le laisser réfléchir à ce fait. C'est prendre un risque, mais en amour, la moindre petite chose devient un risque.
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MessageSujet: Re: how could we not talk about family when family's all that we got? + kenzo & rayan. Mer 14 Oct - 14:52


Si cela faisait des semaines que Kenzo et moi avions emménagé chacun de notre côté au cœur de New-York, cela faisait également des semaines que je me sentais tranquille d’une certaine manière, même si mon esprit était plus torturé que jamais. Privé plus que jamais de l’occasion de voir Pavel, éloigné de la seule personne capable de canaliser l’égocentrique être que je suis et de faire fondre la calotte glacière entourant mon cœur de pierre, cette nouvelle vie ne semblait pas vouloir me sourire pour l’heure, et ce, malgré le temps passer à vouloir essuyer des pensées qui ne cessaient de me tourmenter. Impossible de mettre toutes ces choses à plat, impossible de mettre des mots dessus, je suis meurtri dans un silence d’or depuis bien trop longtemps, cherchant à enfouir au plus profond de mon être des sentiments qui cherchent constamment à remonter à la surface. Un doux supplice qui me tue à petit feu jour après jour et qui me rend de plus en plus exécrable. Difficile de passer d’un pur connard égoïste à dépendant d’un seul être sur un si cours laps de temps. La dernière fois que je m’étais muré derrière pareille silence avait été suite à la fin de mon service dans l’armée. Des jours voir des semaines à communiquer avec ma mère avec rien de plus que des regards ou des hochements de tête, tâchant tant bien que mal à camoufler des blessures bien trop profondes pour qu’elles puissent être dévoilées. Elle avait cherché à me faire cracher les mots, tout comme bon nombre de médecins et de spécialistes en tous genre sans jamais obtenir le moindre résultat. Et jamais personne ne m’avait entendu parler de tout ce qui avait pu se passer pendant ses trois longues années. Aujourd’hui, il en était de même quant à Pavel. Il était une part de ma vie que je tenais à garder en moi. Une simple pensée envers lui était similaire à un coup de poignard en plein cœur, une lame tranchante et froide qui se plantait en moi et se retournait dans tous les sens afin d’être sûre de ne pas louper son coup. Et je souffrais silencieusement, une douleur qu’aucune torture physique ne pourrait provoquer, telle qu’elle soit. « C’est sûr, à force de t’entendre en parler, je me suis réveillé un jour en me demandant si ce n’était pas moi qui étais marié. La grosse angoisse. » Il m’avait bassiné pendant bien trop longtemps avec sa Meleya, si bien que j’avais connu les moindres détails de leur vie de couple, quitte à savoir à quelle heure exactement chacun d’entre eux se rendaient aux toilettes ou encore à quel moment ils se devaient de changer la couche de Charlie. Une véritable horreur. Enfin, lorsque je finis par m’ouvrir à Kenzo, je sens comme un terrible poids s’extirper au même moment de moi. Je ne ressens néanmoins pas cette sensation de légèreté dont je suis constamment à la recherche, sans doute parce que je ne m’adresse à nul autre qu’à mon jumeau et non pas à l’intéressé même qui me met dans un état plus que second. Mon regard ébène scrute ses pupilles bleutées. Et maintenant, frangin, qu’est-ce que tu vas dire ? Qu’est-ce que tu vas faire maintenant que tu sais le sacrifice que j’ai dû faire en venant à m’installer ici à cause de toi et de tes petits caprices ? Cependant, les mots qui viennent finalement à s’élever au cœur de l’appartement ne sont en rien ceux que je rêve d’entendre, bien au contraire. Ils font mal et ils me donnent cette impression de tomber dans un gouffre sans fond. Instinctivement, mes yeux se ferment et je fais le nécessaire afin de ravaler une rancœur qui monte en flèche. « Après tout ce que j’ai fait pour toi… Après tous ces sacrifices, c’est la seule réponse que t’es capable de m’offrir ? T’es qu’un sale égoïste, Kenzo. Mais t’inquiètes pas, j’ai pas besoin de ton accord pour passer un peu de temps à Vegas, aussi éphémère soit-il. » Je ne passais pas deux ou trois jours d’affilée à San Francisco, loin de là. Les rendez-vous avec Joe Shark une fois achevés, je bouclais ma valise et prenais le premier avion pour Las Vegas afin de profiter d’instants privilégiés avec Pavel. Mon regard se pose à nouveau sur mon frère, un regard ampli de déception et d’incompréhension. Ça te tue tellement de vouloir voir ton frangin réussir sur ce plan de sa vie, là où toi, tu as finalement échoué ? « C’est pas qu’avec toi. », soufflais-je à ce dernier. Et dire que dans ma famille, seuls Kenzo et William sont au courant que sur le plan sentimental, je joue sur les deux bords… Et le dernier a été mis dans la confidence par accident, c’est pour dire à quel point j’aime à parler de ma vie aux autres. « Je suis un amant de folie, c’est scientifiquement prouvé. » Évidemment, je ne peux m’empêcher de brailler après coup afin de me défendre. En fait, je ne tiens pas vraiment à avoir le point de vu de mon jumeau qui pense toujours tout savoir sur les relations alors qu’il a fièrement planté son mariage. Je ne cherche de conseils de la part de quiconque sur le plan sentimental, bien trop borné et mystérieux pour accepter une main amicale tendue en ma direction. « T’as foiré ta relation et t’es encore capable de donner des conseils… n’importe quel abruti serait capable de remarquer ce qui cloche dans cette phrase. Mais imaginons une seconde que tu puisses avoir raison… » A mon tour, je viens à m’installer à nouveau sur le canapé en attrapant une autre part de pizza. Mon estomac ne perd jamais le Nord, peu importe la situation qui se présente à moi. Et subitement, je me mets à rire seul, sans la moindre raison apparente, mais cette dernière est tout bonnement intérieure et vient de me prendre par surprise au vu des pensées qui ont traversé mon esprit. Je me gratte le menton, tâchant de ne pas éclater de rire une fois de plus devant Kenzo. « Donc, imaginons que t’aie raison, qu’est-ce qu’il se passe ensuite ? Pavel décide de quitter sa villa à Vegas pour venir s’installer dans le coin puisqu’il m’est clairement interdit de partir d’ici, on se retrouve plongé dans une vie à deux où l’on va se supporter au quotidien, sans compter la présence de Sara à nos côtés. Et après quoi ? Encore un p’tit chien pour faire le couple comblé ? Et ils vécurent heureux jusqu’à la fin des temps ? C’est pas pour moi. C’est pas pour nous. On n’est pas comme toi, frangin. On ne cherche pas à se créer une vie à deux, que se soit entre nous ou avec quelqu’un d’autre. » Ou peut-être que pour Pavel, je saurais faire ce sacrifice.
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MessageSujet: Re: how could we not talk about family when family's all that we got? + kenzo & rayan. Jeu 22 Oct - 17:34



Penaud et gêné, j'avais baissé la tête en entendant Rayan me reprocher mon attitude vis-à-vis des concessions qu'il avait dû faire pour me tirer du mauvais pas qui avait suivi mon divorce. Me faire traiter de sale égoïste, c'est douloureux, vexant. Je déglutis et refuse de croiser le regard impitoyable de mon jumeau. J'aimerai lui balancer que c'est faux, qu'on ne tarit pas d'éloges sur ma générosité, mais au fond, il est l'un des seuls qui sait voir au-delà de la carapace de surface… J'aime qu'on s'occupe de moi, et je suis incapable de rester seul. Même à mon arrivée par la petite porte en Inde, j'ai trouvé un simulacre de famille où j'ai pu me développer, avant d'être adopté… puis de me retrouver aux États-Unis. Pourquoi ? Pour y rencontrer mon oncle biologique. Je n'ai fait que voyager d'un foyer à l'autre, incapable de me projeter dans une vie solitaire et détachée. C'est facile d'être le jumeau insouciant, ça l'est même davantage lorsque l'autre jumeau est responsable au-delà de ce qu'il est possible de considérer. Oui, c'est la seule réponse que je peux lui donner, car malgré mes vingt-quatre ans qui arrivent, j'ai une peur panique à l'idée de me retrouver seul dans une ville sans un semblant de famille pour m'aider à tenir debout sur mes deux pieds. J'ai beau m'en vouloir d'infliger ça à mon frère, je n'arrive pas à faire autrement. Un vrai poussin perdu sans sa mère poule. Après tout, de nous deux, il a toujours été celui qui pouvait clairement se faire passer pour un adulte sans être considéré comme un Peter Pan refoulé. Je préfère ne pas insister et m'écraser, préférant de loin axer la suite de la conversation sur sa façon de voir les choses vis-à-vis de Pavel. A mon tour, je serre le poing sur ma cuisse, virant au rouge pivoine en un quart de seconde lorsqu'il me fait fièrement remarquer que j'ai laissé les choses se défaire entre Meleya et moi. "T'as raison, j'vais finir par croire que tu sais vraiment que dalle sur l'amour… toi aussi, t'as du mal à me donner raison." Il n'y avait rien de comparable entre mon mariage et la relation entre le Russe avec l'Israélien. Pourquoi ? Parce que malgré tout, Meleya et moi sommes toujours fous amoureux l'un de l'autre, et il en sera toujours ainsi. Elle est et restera la seule et unique femme avec qui je me vois passer le restant de mes jours sans avoir à faire de sacrifices… mais il y a des choses que même le couple le plus soudé peut avoir du mal à dépasser : perdre un enfant en couche en fait partie. Mais quoiqu'il dise, je sais que j'ai raison pour eux. Ils se tournent autour et n'osent pas avancer dans la même direction par peur de perdre la face. Je croise les bras sur mon torse, une fois ce vif passage de colère passé, puis j'arque un sourcil en écoutant l'ironie de son ton. "Et pourquoi ce serait pas pour toi, ou pour vous ? Parce que ça fait mauvais genre ? Parce que ça fait cliché ? Parce que c'est ridicule ?" Je me penche sur lui, au risque de le gêner dans sa bulle de suffisance, plongeant mes pupilles azur sur lui comme un couteau chauffé à blanc. "Ou parce que tu penses que t'es incapable de pouvoir t'autoriser à être heureux avec quelqu'un ? Parce que tu penses que ça n'existe pas, car Monsieur Rayan a vécu dans un foyer qui a volé en éclats…" Là, je sais que je viens de toucher un nerf à vif : son enfance ET sa mère, dans une vie de couple avec un homme qui les a tous deux rejetés. A cet instant, son poing doit le démanger, et je m'en moque, parce que je suis convaincu d'avoir mis le doigt sur le nœud du problème. Rayan et Pavel ont grandi loin d'un modèle idyllique que les séries télés veulent nous vendre, alors ils préfèrent s'en moquer plutôt que de risquer d'être heureux. "Fais-moi tous les reproches que tu veux, frangin. Tu peux l'dire, que je suis égoïste… mais toi, t'es un angoissé qui se cache derrière son cynisme. T'es frustré de ne pas voir Pavel comme tu voudrais… mais tu flippes rien qu'à l'idée de faire ta vie avec lui. Et pourtant, au fond, on sait tous les deux que tu mérites largement d'être heureux jusqu'à la fin des temps." Je viens d'appuyer du bout de mon index sur son torse, au niveau de son cœur. Finalement, je me lève et je le contourne pour aller récupérer ma veste. "T'aimes bien les comics ? Cool. J'ai jamais lu les aventures des super-héros pour m'en sortir, même pas dans les rues en Inde ou au Pakistan… par contre, j'suis fan des contes des Mille et Une Nuits. Et j'me suis toujours promis qu'un jour, je serai le prince qui partirait avec sa princesse. Ca te paraît cucul ?" J'enfile ma veste et passe mon foulard autour du cou, avec un petit sourire en coin. "J'ai été retardé, mais au moins, je m'accroche à ma princesse et je sais que je la retrouverai à la fin de l'histoire. Bruce Wayne, lui, il finit toujours tout seul quand il a fini de tirer son coup avec Catwoman." Je me penche et l'embrasse brièvement sur la joue avant de le planter là, quittant l'appartement sur ces bonnes paroles. La nuit porte conseil, twin bro'.
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MessageSujet: Re: how could we not talk about family when family's all that we got? + kenzo & rayan. Jeu 3 Mar - 22:00

:out:
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