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flashforward camlc & sas.

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MessageSujet: flashforward camlc & sas. Mar 23 Juin - 19:39


• • cadence l.-carcenac & sterling s. • •
Mademoiselle Levy-Carcenac.. Une voix oscillante de faiblesse vint troubler la quiétude de la reine. Concentrée, mes iris s'appliquaient à rester plantées dans un dossier relié au cuir noir, signifiant que l'heure était pour lui de prendre congé. Excusez-moi madame mais une voiture vous attends devant le bâtiment. Visiblement l'effort lui coûtait beaucoup à celui là. Apeuré, bégayant, tellement intimidé qu'il passait du mademoiselle au madame, il s'y perdait dans sa grammaire, ses petits doigts accrochés et tremblants sur la porte de mon bureau. Qui était-il déjà ? Clyde ? Arold ? Chace ? Il devait être à mes services depuis quelques années déjà mais je n'avais même pas condescendu à retenir son patronyme. Hochement de tête autoritaire toutefois emplit de ma grâce française, je ne lui accordais même pas l'oeillade, mes doigts fins se refermant sur un stylo pour une dernière note avant que je ne range mon ouvrage. Curieuse, mes pensées dérivèrent vers l'inconnu au bord de la voiture pendant que ma stature se redressait dans l'immense office qui m'était attribuée. Mes études françaises finies, New-York m'avait accueillie à bras ouverts, me présentant les plus grandes fortunes de sa mégapole et m'embrassant de réussite. Dorénavant présidente d'une prestigieuse agence de l'événementiel, mes talons couraient prêter main forte à de grands festivals comme celui de Cannes, the Academy Awards ou encore the Billboard Music Awards. Des centaines d'employés à disposition s'ajoutant à un carnet rempli par les plus belles adresses, mes dents éclataient de fierté à la lueur du petit jour, qui donc pouvait arrêter Cadence Aurore Marie Levy-Carcenac et son ascension pétillante. Célèbre parmi les célébrités, rien que ça. Mes songes capturèrent une conversation téléphonique de la veille m'informant du rendez-vous qui m'attendait bien sagement en voiture. Pochette en main, j'arpentais les couloirs de mon entreprise, ma silhouette emprisonnée dans une robe crayon qui tirait sur tout âme mâle qui vive, je descendais à présent les escaliers de pierre débouchant sur une des plus célèbres avenue de Midtown Manhattan. Balayant la rue d'un revers de prunelles, mes yeux verts s'agrandirent lorsqu'ils tombèrent sur une voiture de sport rouge sur laquelle trônait le sigle Lamborghini. Mon visiteur aimait se faire remarquer, cela allait de soi. Tu as troqué ta limousine contre un cheval de course ? le hélai-je impitoyablement moqueuse. Que t'arrivait-il donc Sterling pour apparaître avec un carrosse aussi extravagant que la couleur délavée de tes cheveux - ils étaient d'une pâleur irréaliste. - Tu fais ta crise de la quarantaine bien trop tôt Sandlide, poursuivis-je, mes commissures adoptant une moue malicieuse pendant que mes talons prenaient place côté passager. Mes paupières se soulevèrent vers lui en un battement de cils attrayant, me donnant loisir à détailler sa carrure enfermée dans un costume trois pièces. Le costume typiquement luxueux qui vous permettez de signer un contrat à trois millions de dollars. A la recherche d'un peu d'adrénaline, tes drogues fortes doivent beaucoup te manquer, déclarai-je sardonique, faisant référence au passé d'un vieux gamma enfoui quelque part à la place du conducteur. Il fallait dire que Sterling avait beaucoup changé avec le temps, sa mâchoire avait fait de la géométrie, adoptant une forme plus carrée, sa silhouette s'épanouissait en quelque chose d'assez musclé et le léger début de barbe qui encadrait son visage venait comme la cerise sur le gâteau. Peut-être un jour en reprendrai-je une part, ça se discutait. Abrégeons les déboires bornés de ton passé et retournons à nos millions, intimai-je, le pressant de prendre la route vers la demeure principale de notre client afin d'écourter au plus vite notre coopération. Ladite villa se situant à une heure de voiture qui plus est. Si au moins il disposait d'un fils à la beauté inestimable. Ma journée aurait pu prendre une tournure quelque peu alléchante. Je faisais allusion à notre client commun, un vieux milliardaire accro aux vignes dont j'avais fait la connaissance lors d'un grand gala de charité organisé par mes soins. Le pauvre n'était plus que fossile et avait pour descendance trois fils qui ne se battraient pas pour la première place d'un concours de beauté, s'en était certain. Pas la meilleure des compagnie donc. Redéploie tes yeux sur la route, je ne me rabattrais pas sur toi, tu es loin d'être un substitut de choix. Un sourire malicieux accompagna ma maxime, j'avais senti les yeux du Sandlide dérivaient vers ma chevelure blonde judicieusement attachée en un chignon qui présentait mes délicates épaules à l'air libre. Ma peau satinée brillait tel un délice interdit. You're allowed to look but don't touch my child, it's too magical for you.

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MessageSujet: Re: flashforward camlc & sas. Ven 26 Juin - 23:52

cadence. + sterling., juin 2015, new york city. ; Ils sont complètement différents, pour ne pas dire radicalement opposés. Ils avaient beau chercher, ils ne se trouvaient pas le moindre point commun. Et pourtant... Pourtant, sans explication, ça marchait entre eux. Un lien, aussi étrange et mystérieux puisse-t-il être, semblait les lier. Un lien qui les apaisaient, sous le feu ardent et la glace arctique qu'ils renvoyaient aux autres en guise d'image d'eux-mêmes.


Assis dans une décapotable rouge flambant neuve au prix exorbitant, Sterling attendait patiemment que son associée d'un jour daigne ramener son derrière. L'Anglais profita de la lenteur exaspérante de Cadence pour rallumer son téléphone, qu'il avait éteint pour son rendez-vous chez l'avocat. Quelques instants plus tard, les messages commencèrent à arriver en quantité. Sa secrétaire lui en avait envoyé une bonne demi-douzaine pour lui rappeler qu'il devait passer chercher la Levy-Carcenac. Sa mère se plaignait qu'il n'avait jamais une seconde à lui accorder – un comble, quand on savait à quel point maman Sandlide avait, tout au long de sa vie, brillé par son absence et son manque d'intérêt pour son unique progéniture. Son avocat lui avait fixé un autre rendez-vous au milieu de la semaine prochaine, pour discuter d'une stratégie afin qu'il s'en sorte au mieux – cette formulation fit frémir Sterling de rage. Il ne comptait pas laisser un centime à cette fausse blonde qui lui servait de femme, et était prêt à tout cramer juste pour le plaisir de la voir chialer face au néant de ses comptes bancaires. Il fut interrompu dans ses songes lorsque son associée daigna enfin se présenter et s'installer du côté passager. « Momentanément, oui. » Il se fichait de son ton moqueur, de ses manières de princesse, de son air hautain – en somme, du Cadence dans toute sa splendeur. Les années avaient passé, depuis leur rencontre à Paris. Mais la française n'avait jamais perdu son ton mordant et incisif – ce trait de caractère qui avait toujours eu le don de profondément agacer l'Anglais, tout en le stimulant d'une façon inexplicable. Sterling n'avait jamais caché les ambiguïtés qu'elle pouvait lui faire ressentir, mais n'avait pas attendu plus de sa part pour autant. Il savait très bien ce qu'il en était, et s'était fait à l'idée que Cadence aurait, pour lui, un éternel goût d'inachevé. « Cadence, Cadence, Cadence... » Souffla-t-il en secouant la tête, presque navré. Une crise de la quarantaine en avance ? Vraiment ? N'avait-elle donc trouvé que cela pour le blesser ou l'humilier ? Elle avait eu des jours meilleurs, c'était indéniable.  « Tu me déçois, ma chère. » Dit-il en faisant la moue, presque déçu des maigres attaques de son associée. « Si je faisais une pré-crise de la quarantaine, je serai venu ici avec limo, chauffeur et champagne. Histoire de pouvoir t'allonger sur la banquette arrière pour finir ce que nous avions jadis commencé, évidemment. » Dit-il en haussant les épaules, sur un ton monotone. Pour une fois, même lui ne croyait pas en ses dires aux accents lubriques. En d'autres circonstances, Sterling y aurait mis plus d'entrain et de conviction ; après tout, sa relation avec Cadence avait toujours été spéciale, unique, atypique. Beau parleur et charmeur avec les femmes, il réservait néanmoins un sort tout à fait différent à cette relation vieille de quelques années déjà. « Ne te sous-estime pas. Tu es bien plus efficace qu'un rail de coke, chérie. » Murmura-t-il en passant un doigt délicat sous le menton de la française. Il la regarda pendant une seconde, avant d'éclater de rire. Personne n'était sans savoir que l'héritier Sandlide avait été d'une fidélité exemplaire à la réputation de sa maison de confrérie ; buvant à en oublier jusqu'à son prénom, fumant jusqu'à en être aveuglé, avalant des pilules de tous genres jusqu'à finir par en être complètement dépendant. Il avait repoussé ses limites, avait joué avec sa propre vie sans sourciller, convaincu de trouver l'absolu au bout du chemin. Mais il avait défié les pronostics de longévité, et avait surpris tout son monde en survivant à son paternel. Ce père absent, inexistant même, qui avait toujours pensé que son héritier n'était rien d'autre qu'un junkie incapable et dénué de bon sens, avait finalement succombé à une embolie pulmonaire. Et avait, logiquement, propulsé son fils toujours resté dans l'ombre sur un siège confortable de dirigeant d'entreprise – entreprise qui brassait des millions. La presse à scandale avait fait ses choux gras en allant fouiner dans le passé chaotique du blondinet qui, pour sa part, avait toujours assumé ses actes. « Sage décision. » Commenta-t-il en hochant la tête, portant son attention sur le trafic urbain. Il n'eut aucun scrupule à emprunter la voie des bus pour dépasser quelques automobilistes trop lents à son goût. Arrêté à un feu rouge, il profita de ce laps de temps pour détailler l'apparence physique de son associée. Ses jambes interminables étaient légèrement dévoilées, le tissu léger de sa robe étant remonté jusqu'à mi-cuisses. Il continua son examen sans se soucier des commentaires de Cadence, et pointa du doigt un détail qui le chagrina grandement. « T'aurais au moins pu mettre une robe digne de ce nom. » Fit-il remarquer après avoir louché sur son décolleté, qu'il ne jugeait que trop peu mis en valeur. « Je crois que l'aîné n'est pas insensible à tes charmes. » Et Sterling avait beau apprécier Cadence d'une manière singulière, il n'hésiterait pas à la pousser dans des bras étrangers – aussi gras, malsains et répugnants puissent-ils être. Les affaires étaient les affaires, un point c'est tout. Sterling emprunta la bretelle d'autoroute qui allaient les mener tout droit vers les New Jersey. « Franchement, on n'a pas idée d'aller s'enfermer dans un trou pareil. » Maugréa-t-il en roulant des yeux. Il soupira en sentant son téléphone vibrer dans sa poche, et se tortilla légèrement pour s'en emparer. Ses yeux roulèrent comme des billes lorsqu'il vit le nom de sa future ex-femme s'afficher sur l'écran tactile de son smartphone. Elle l'avait suffisamment gonflé pour la journée – voire pour les dix prochaines années. D'un air absent, il balança le téléphone sur le tableau de bord, et appuya sur la pédale d'accélération. Plutôt mourir que d'être obligé de crécher dans le New Jersey, alors que son loft dans l'Upper East Side l'attendait, dans la quiétude la plus parfaite possible. « Dis-moi en plus sur notre client. » Exigea Sterling, qui avait désormais endossé son statut de patron.
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MessageSujet: Re: flashforward camlc & sas. Lun 29 Juin - 23:13


❝ .Sweeter than the candy about to caress your lips. Imagine all the sugar. ❞
Inconfortablement installée sur le siège en cuir, j'en regrettais amèrement le fauteuil de mon bureau cruellement abandonné quelques minutes plus tôt. Tant bien que mal, je m'appliquais à plaquer mon échine contre le dossier, m'essayant de trouver confort, mes iris détaillant l’asphalte de la route. Sterling ouvrait à peine ses commissures qu'il m'endormait déjà, prêt à me plonger dans un sommeil de cent ans telle Aurore le fût jadis.  On se passait bien du fuseau dans cette situation là. Son langage servit à la Roméo des temps pre-pubère me fit presque sourciller. Jamais homme qui vive n'avait osé déblatérer de telles offenses devant ma couronne. Mes soupirants étaient bien trop enclin à se projeter vers une réussite couverte par mes baisers veloutés, ils se frottaient à la tâche avec une assiduité sans égale, m'offrant la délicate sensation que ma silhouette était taillée au diamant - ce qui n'était pas totalement faux-. Je demeurais la marche à ne pas manquer dans leur ascension au désir et sur laquelle leurs pieds voulaient s'empresser de se hisser. Convoitée mais demeurant inaccessible au grand dam de la foule masculine. Sterling prenait l'aspect d'un séducteur en piteux état, ses comparses s'essayaient à base de roses blanches, boîtes de chocolat hors de prix ou talons aiguilles de luxe afin de séduire mon esprit français, leur voix la plus doucereuse à l'appui. De maigres tentatives mais toujours plus épaisses que le grossier essai du british. De plus est, je n'aimais pas le champagne. Tu te trompes de registre, je ne te parles pas bal de promo et acné Achille, répliquai-je froidement, l'apostrophant par son deuxième prénom avec arrogance. Et la rose que l'on glisse au poignet, il la gardait dans sa poche ? Tu injures tout gentleman anglais qui se respecte, fis-je remarquer, mon sourcil arqué par l'improbation. Il salissait Shakespear, maudit traître de sa propre nation, il préférait s'accoutrer comme une vulgaire vedette d'un lycée américain quelconque avide de conquérir la populaire cheerleader. Le pauvre, même sa maxime manquait de consistance, la seule et unique personne qu'il se risquait d'enjôler tenait un balai, un seau et nettoyer les chambres d'un hôtel miteux. Pouvoir m'allonger, soulignai-je le sourire aux lèvres. Il faudrait déjà me planter une flèche dans le talon et je n'ai pas la peau sensible, répliquai-je sèchement, faisant référence à la mythologie grec et le héros dont il portait le même nom. Ce même héros tombant à genoux dans la mythique Troie avant de se vautrer dans un dernier râle sur le sol. Parîs/Paris avait vaincu, sortez les drapeaux bleu, blanc et rouge. Malheureusement ma mémoire flanche, je ne me souviens pas avoir commencé quoique ce soit. mes lèvres s'étirèrent, dépliaient par la satisfaction pendant que mon index s'aventurait vers la joue de mon compagnon de véhicule. Ou peut-être bien que si, chuchotai-je d'une voix délicieuse garnie d'appétissant sous-entendus. Mon doigt filait sur le profil de son visage en une tendre caresse, câlinant de délices la pommette d'un ancien compagnon d'attraction. Finalement non. J'arrêtai la distribution de cette gourmandise et replaçai ma main sur l'un de mes genoux, reportant mes prunelles sur l'autoroute dans une indifférence déconcertante comme si rien ne s'était passé. Fidèle à moi-même, je soufflais le froid, battais le chaud, sans jamais cesser de touiller ce mélange imprédictible. Et le voilà qui me comparait à ses addictions adolescentes. Multiplie par mille dear, corrigeai-je tout en envoyant valser sa main loin de mon menton. Ma langue claquant le dernier mot dans un parfait accent anglais, j'étais très loin de sous-estimer quoique ce soit, la poudre blanche paraissait quasiment inoffensive à côté d'une Levy-Carcenac entraînée. Junkie à ses heures passées, je ne doutais pas que c'est plus gros coups de chaleur étaient survenus à mes côtés. Plusieurs incendies à notre actif dont un l'avait expédié tout droit dans un pensionnat lointain, il me suffisait de quelques secondes de motivation pour lui offrir quelques années d'enfer, try me if you dare. Ses derniers commentaires m'arrachèrent une oeillade agacée. Tu ne sais même pas faire la différence entre une création Balmain et une oeuvre signée Chanel, terre toi dans ton silence au lieu de briller par des inepties. Sterling devait avoir mis un pied dans les grands magasin deux-trois fois tout au plus, sa science de la mode était si mince qu'il disposait d'une plus grande chance de parler une langue oubliée avant que l'on atteigne notre point de rendez-vous. D'ailleurs en parlant de nos hôtes. Personne n'est insensible à mes charmes, soulignai-je d'une voix veloutée. L'affirmation était véridique, personne n'avait bouder mes avances ni même refuser l'invitation à mes jeux de séduction et autres malices. Une sonnerie vint troubler ce souvenir d'un panel de têtes de beaux garçons croisaient autrefois et mes yeux dérivèrent sur le smartphone de Sterling, captant l'identité de son correspondant au passage. Toutefois, ce premier ne se fit pas prier pour changer de discussion. Hmm voyons voir son dossier.. Il a de l'argent, de l'argent et encore de l'argent, sifflai-je d'un air ennuyé. Je me fiche de savoir comment il est, si il mange sa pizza à la fourchette ou à l'aide de ses gros doigts, ça relève de ta tâche. Mes mains s'étaient refermées sur un crayon à lèvres rosé. Quant à moi, je te présente juste les alcoolos en herbe et je touche ma commission. C'est déjà beaucoup. Appliquée, je crayonnais un instant les courbes flatteuses de mes lèvres, leur administrant une couleur mariée avec mon teint nacré. J'avais pour habitude de lui glisser quelques anecdotes concernant l'acheteur qui lui permettaient de sceller la vente mais le petit pic de tout à l'heure me rendait avare en paroles. C'était ta femme ? Ma question fouetta l'air, parfumée au vice et aux mauvaises intentions. Un sujet bien plus intéressant et disposé à faire sortir le Sandlide de ses gonds. Elle a toujours pas fini de te sucer l'os ? Je rebouchai mon crayon. Sors lui peut-être le petit numéro limousine et champagne. Tu l'allonges et tu vois si ta fortune reste dormir à la banque, suggérai-je, ma bouche formant un O lui envoyant un maigre baiser.
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MessageSujet: Re: flashforward camlc & sas. Lun 6 Juil - 23:35

cadence. + sterling., juin 2015, new york city. ; Ils sont complètement différents, pour ne pas dire radicalement opposés. Ils avaient beau chercher, ils ne se trouvaient pas le moindre point commun. Et pourtant... Pourtant, sans explication, ça marchait entre eux. Un lien, aussi étrange et mystérieux puisse-t-il être, semblait les lier. Un lien qui les apaisaient, sous le feu ardent et la glace arctique qu'ils renvoyaient aux autres en guise d'image d'eux-mêmes.




« Cadence, j'ai grandi en Italie. » Il aurait pu dire élevé en Italie, sauf que ce n'était malheureusement pas le cas. Sterling avait appris la vie et ses aléas tout seul, par lui-même. Il avait essayé, testé, expérimenté, fauté. Ses parents n'avaient jamais été exemplaires – bien au contraire. Sa mère lui avait toujours fait ressentir qu'il n'était qu'une vulgaire erreur, et qu'il ne méritait pas que l'on s'intéresse à lui. Son père avait, quant à lui, toujours pointé aux abonnés absents. Parti en voyage d'affaires. Parti en réunion d'affaires. Parti tout court. Sterling avait donc, malgré la situation enviable et enviée de ses parents, fait son éducation tout seul. Et s'il s'en était sorti, s'il avait su se sortir de la tête de l'eau, ce n'était pas grâce à autrui. Il s'était forgé, et avait survécu. « Et les gentlemen anglais ne sont rien de plus que des hommes. Cesse de te fourvoyer sur leurs intentions. » Conseilla-t-il, reportant son attention sur la route. Les manières exagérées de Cadence, directement héritées de sa mère, s'opposaient au franc-parler et à l'absence de tact et de finesse qui caractérisaient Sterling. Ce dernier se faisait d'ailleurs un plaisir d'appuyer cette différence essentielle lorsqu'il était en compagnie de la française – ça l'amusait beaucoup. « Tu n'as rien de sensible, chérie. » Fit-il remarquer en haussant les épaules. Derrière ses manières aristocratiques se cachait un cœur de pierre, une indifférence à un peu près tout, et une personne quasiment impossible à cerner. Le mystère constant qui entourait Cadence avait toujours été fascinant, et Sterling n'oserait même pas le nier. « Effectivement. À part avoir partagé un peu de salive, il ne s'est pas passé grand chose. » Admit-il sur un ton neutre, se remémorant les manqués de leur ancienne relation. Quelques baisers plus ou moins chastes, quelques caresses maladroites tout au plus. Cadence et Sterling n'étaient que deux adolescents lorsque la vie et ses perfides acteurs s'étaient décidés à les séparer. « Tu peux rassurer ta mère. » Dit-il, affichant clairement un sourire narquois. Sterling avait toujours su que la mère de Cadence avait précipité l'échec de cette relation naissante. Elle l'avait toujours toisé du regard, et l'avait toujours peu estimé – voire carrément sous-estimé. Pour elle, il n'était qu'une pauvre âme perdue et errante, prête à entraîner n'importe quel innocent dans ses délires qui outrepassaient souvent les règles. « D'ailleurs, comment va la harpie ? » Demanda-t-il sur un ton badin. En réalité, il se fichait comme de l'an quarante de savoir comment allait la mère Levy-Carcenac. Il voulait juste rappeler à son héritière qu'elle n'avait pas toujours bien agi, quoique Cadence puisse en dire. « Pas trop inquiète de savoir que sa petite protégée ne s'associe parfois avec le grand méchant loup pour en tirer quelques profits intéressants ? » Questionna-t-il, se moquant lui-même de l'image que la matrone pouvait avoir de lui. Il n'aurait jamais gain de cause à ses yeux, et préférait en rire qu'en pleurer. Il jubila lorsque Cadence réagit aussi négativement à ses propos, et n'hésita pas à en rajouter une couche. « Qu'importe qui signe la création, le résultat est le même : à la fin, c'est moi qui déshabille et qui me sert de ces quelques bouts de tissu pour m'en faire une descente de lit au petit matin. » De quoi coupler net la respiration de la Levy-Carcenac. Sterling masqua difficilement un sourire amusé, ravi de son blasphème et des poussées de chaleur que cela provoquait à son interlocutrice. Mais là n'était pas le sujet de leur discussion : « Rassure-toi comme tu peux, chérie. Quoiqu'il en soit, je persiste et je signe : plus tu en montres, mieux ça fonctionne. » Encore une fois, il piétinait joyeusement les stéréotypes du gentleman anglais que Cadence semblait particulièrement affectionner. Mais il était un homme, et il savait mieux que quiconque comment lui et ses comparses réagissaient. « Tu sais très bien que ce n'est pas ce que je te demande. » Siffla-t-il, insatisfait du manque de coopération de Cadence. « Des points forts ? Des points faibles ? Des casseroles ? » Énuméra-t-il, avant d'être coupé dans sa lancée par son téléphone qui vibrait au fond de sa poche. Son agacement ne fit que s'accentuer lorsqu'il vit quel était le nom de la personne qui cherchait à le joindre – sa future ex-femme, une Américaine pure souche qui répondait au nom délicat d'Angelina. « Ex-femme. » Corrigea-t-il, agitant sa main gauche sous les yeux de Cadence. Sterling avait retiré son alliance depuis de longues semaines, et ne comptait pas se faire à nouveau passer la corde au cou de si tôt. « Si elle avait terminé, tu crois franchement que je me serais acheté ce genre de voiture ? » Lui, l'amoureux des berlines allemandes noires, et qui s'obligeait presque à s'exhiber dans des italiennes rutilantes aux couleurs criardes. « Et j'ai signé hier pour une résidence secondaire à Bali. Le truc dernier cri, tout confort et super écolo. » Déclara-t-il, fier de la petite trouvaille de l'agent immobilier qu'il avait été voir il y a de cela deux semaines. Sa future ex-femme voulait la guerre, elle allait l'avoir. Sterling ne comptait pas laisser son héritage dans son divorce, et se refusait de signer un chèque au montant exorbitant pour entretenir une dinde à laquelle il n'avait jamais réellement été attaché. « S'il y en a bien une que je n'ai pas envie d'allonger, crois-moi, c'est bien elle. » Dit-il en haussant les épaules. Angelina, mannequin de son état, lui avait été présentée par son défunt père. Il l'entendait encore lui vanter les mérites de celle qui deviendrait plus tard sa future belle-fille. L'idylle n'avait duré qu'un temps – les absences de Sterling, son refus obstiné d'avoir un enfant avec une femme qu'il n'aimait pas, et ses soirées mondaines auxquelles Angelina n'étaient jamais conviées n'avaient pas joué en leur faveur. Quant à Angelina, elle n'avait pas toujours été irréprochable non plus – flirtant ouvertement avec quelques notables notoires, du footballeur professionnel au politicien chevronné. Angelina avait finalement jeté l'éponge après avoir surpris son mari au bras d'Alaina, l'une de ses collaboratrices, lors de vacances paradiasiaques dont elle n'avait eu conscience que grâce à la bienveillance des média. Depuis, elle lui avait déclaré une guerre sans merci, et était bien décidée à dépouiller l'héritier de ses biens. « Mais merci pour le conseil. » Ajouta-t-il, ses yeux se perdant sur les paysages verdâtres du bord de route.
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MessageSujet: Re: flashforward camlc & sas. Dim 12 Juil - 0:05


❝ .Sweeter than the candy about to caress your lips. Imagine all the sugar. ❞
Dommage que casanova ne t'ai pas pris dans sa classe, conclus-je d'un ton las, faisant toujours lumière sur son incompétence du flirt. L'Italie était un berceau d'Apollons, tous combattant de beauté et d'une éloquence rare qui faisait fondre les femmes. Plusieurs avaient d'ailleurs croiser ma route, mes préférés restant les jumeaux Da Volpedo et leur caractère ombrageux. Sterling ne devait malheureusement la classe italienne qu'à son costume, me servant multiples remarques désobligeantes alors qu'il avait tellement plus à gagner en me berçant. Tant pis, ma foi. Tu converses beaucoup trop Sterling, cesse d'émettre la moindre inquiétude à mon sujet. L'inepte, il osait me conseiller comme il l'aurait fait pour une petite soeur dont les premières pétales avaient éclos à la saison de l'adolescence. Prévins ces gentlemen de ne pas jouer avec le feu. Ils pourraient se brûler. Comme toi par le passé mon chéri, ouch. Mes commissures se déplacèrent, lui adressant un sourire éloquent tandis que mes iris le détaillèrent d'un air moqueur. Ah Sterling, tellement indélicat, agaçant, contrariant mais demeurant irremplaçable. A la fois il procurait l'idée du flirt mais une douce envie de le cogner dans ses parties génitales pour qu'il la ferme. Désintéressée de cette conversation sur le passé, mes doigts fins s'agitèrent sur les pixels de mon cellulaire à la recherche de derniers clichés en vogue apte à m'inspirer pour l'achat d'une future robe. Ce ne fut qu'au mot harpie que Sterling me sortit de ma fouille virtuelle. Elle va mieux que toi, sifflai-je sur un ton qui ne conviait pas la réplique. Ma chère mère était loin d'emporter l'unanimité aux suffrages mais demeurait intouchable en ma présence. Héritière de la noblesse française, elle était ce que je connaissais de plus stricte au monde mais éprouvait pour ses enfants un amour infini. Aussi infini que la haine qu'elle éprouvait pour tous les autres personnages qui n'entraient pas dans ses convenances. Une femme à l'influence redoutable et dont on évitait de s'attirer les foudres si l'on voulait rester quelqu'un. Un rire sans joie s'échappa de mes lèvres suite à la question de mon compagnon de véhicule. Non, était-il vraiment sérieux ? Pourquoi céderait-elle à l'inquiétude alors que nous savons très bien tout les deux que je la devance et ce de très loin. Ma liste de méfaits se confondait en centaine de pages et j'avais acquis un répertoire qui faisait envier Oprah Winfrey herself. Dans la planète mondaine, tout passait par moi, on s'offrait mes services à millions de dollars et multipliaient les courbettes au son de mes talons. Je réclamais, on m'exauçait, j'exigeais, on me cédait, je disputais, on s'excusait. Impossible que l'information est échappée à Sterling, mon nom était devenue une entreprise multinationale et j'apparaissais photographiée à côté des plus grands. Un claquement de doigts et je bousillais les actions financières de mes petits camarades en appelant au boycotte. La question est plutôt qui est véritablement le grand méchant loup, minaudai-je prête à dévorer mon chaperon rouge. J'espérais d'ailleurs qu'il ait dans son panier la galette, le petit pot de beurre et la confiture. J'haussai les épaules face à sa suggestion de descente de lit qui devait être bien misérable avec si peu de tissu. Fais-en des torchons la prochaine fois, plus utile et je pense que ta femme de ménage sera ravie d'effleurer le Balmain. Heureusement qu'Anna Wintour n'était pas là pour l'entendre, elle l'aurait sûrement étripé à mains nues, ce qui n'aurait été guère déplaisant à regarder. La tendance de Sterling à vouloir m'exposer pour amadouer la clientèle me conforta dans l'idée de ne rien lui révéler des tiroirs de l'acquéreur. Pas à ma connaissance, répondis-je buttée. Toutefois, je vins m'approcher de son oreille prête à la confidence. Mais d'après les bruits de couloir il préfère désormais les blondinettes avec deux balles de ping-pong entre les jambes donc n'hésite pas sur le clin d'oeil et dévoile lui ton jardin secret si tu en as l'occasion. Entends bien prostitue toi si tu veux mais moi tu me laisses tranquille. Si il n'était pas si bon vendeur, il fallait songer à changer de métier et ne pas compter sur les merveilleux atouts de ses collaborateurs. Mes iris se tournèrent vers la route quand il évoqua sa femme et je mimais un bâillement gracieux traduisant l'inestimable intérêt que je portais à leur histoire brisée en deux. Ne la sous-estime pas, elle commence juste. J'avais déjà eu quelques brefs aperçus sur la vengeance des femmes et les maris appauvris. Aujourd'hui on roule en voiture de sport et demain on roule sa bosse sous un pont. Je le regardais un instant, cherchant les petits morceaux qui pouvaient transparaître après que sa femme l'eût abîmé. J'avais beau pressé la gâchette à chaque fois que l'occasion se présentait mais étonnement Sterling demeurait l'un de mes piliers. Il avait été présent dans mon enfance, mon adolescence, durant la vie étudiante et maintenant dans la vie active. C'était une figure répétitive et même si on se montrait une haine cordiale nos pas ne s'étaient jamais dit au revoir. Ne t'inquiète pas. Je te rachèterai cette résidence à Bali si jamais tu dois t'en séparer pour régler tes dettes. La maxime était déguisée sous les aspects de la raillerie mais dissimulait une intention particulière. Mes paupières retournèrent à l'autoroute juste à temps pour entrevoir un véhicule en arrêt sur la voie rapide. Peut-être Sterling l'avait également décelé mais mon encéphale avait compris qu'il n'aurait guère le temps de freiner et que deux secondes plus tard les deux carrosses d'acier entreraient en collision. Deux secondes plus tard nos corps seraient meurtris. Deux secondes plus tard nos pas se diraient au revoir pour de bon. Deux secondes plus tard mes talons iraient arpentaient le sol des enfers. Oui, parce que deux secondes plus tard nos vies s'achèveraient sur un cent trente kilomètres à l'heure.

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MessageSujet: Re: flashforward camlc & sas. Lun 27 Juil - 15:40

cadence. + sterling., juin 2015, new york city. ; Ils sont complètement différents, pour ne pas dire radicalement opposés. Ils avaient beau chercher, ils ne se trouvaient pas le moindre point commun. Et pourtant... Pourtant, sans explication, ça marchait entre eux. Un lien, aussi étrange et mystérieux puisse-t-il être, semblait les lier. Un lien qui les apaisaient, sous le feu ardent et la glace arctique qu'ils renvoyaient aux autres en guise d'image d'eux-mêmes.




« Il avait peur de la concurrence, j'imagine. » Dit-il sur un ton badin. Sterling n'avait jamais eu besoin qu'on lui tienne la main pour aller courtiser le sexe opposé. Ses balbutiements d'adolescent avaient été plus ou moins concluants ; il avait aussi vite compris que son côté mystérieux et ses airs de mauvais garçon n'étaient pas pour déplaire – notamment auprès des filles de bonnes familles ayant l'habitude des manières cristalisées et d'une bienséance coutumière. « Débrouille-toi seule avec tes amis de la haute. Je ne suis pas intéressé. » Lâcha-t-il en haussant les épaules. Après tout, Cadence n'en avait toujours fait qu'à sa tête. Elle avait eu suffisamment de caractère pour se faire entendre et respecter ; il n'était donc pas question que Sterling vienne se mêler des déboires sentimentaux et sexuels de sa collègue. Le silence s'installa rapidement, et l'Anglais reporta son attention sur le bitume. Il regardait les paysages défiler, et les panneaux de circulation se succéder. Sterling s'accommodait du silence, mais la présence de Cadence le réjouissait et lui donnait l'envie d'être bavard. Il adorait leurs petites joutes verbales, leurs prises de bec insensées, leurs piques assassins derrière lesquelles se dissimulaient un tant soit peu de bienveillance. « Tu m'en vois ravi. » Qu'il commenta avec dédain, alors que la Française lui annonçait que sa génitrice se portait mieux que lui. Il ne mentait pas – en réalité, il se contrefichait de la mère de Cadence. Ils n'avaient aucun point commun, ne s'entendaient pas, s'assassinaient du regard – et ça leur convenait parfaitement. « Pour ta mère, il ne faisait aucun doute que c'était moi le grand méchant loup. » Fit-il remarquer en haussant un sourcil. Bien sur, la harpie n'avait jamais eu pleinement connaissance des agissements interdits, inconscients et rebelles de sa petite fille chérie. Cadence n'était pas aussi innocente qu'elle avait voulu le faire croire, et Sterling le savait pertinemment. Il l'avait couverte à l'époque, acceptant une punition sévère. Il n'avait jamais cherché à trahir leur secret ; il savait, de toute façon, que Cadence n'aurait jamais assumé. « Elle avait tellement peur que je te ravisse ton innocence. À tout point de vue. » Ajouta-t-il sur un ton moqueur, faisant à la fois référence à sa virginité et à son âme pure de petite fille de bonne famille. Si la harpie avait su... Elle ne se serait pas fait autant de cheveux blancs, et aurait fait des économies dans les salons de coiffure. « Ça pourrait être une idée. » Admit-il, songeur. Sterling s'imaginait déjà, vidant le dressing de sa future ex-épouse dans son entièreté pour en faire des confettis. Juste pour le plaisir de la voir changer de couleur, et déclencher une colère noire. Ça n'aurait été qu'un juste retour des choses, en fin de compte ; après tout, Sterling avait presque intégralement rempli ce dressing envahissant. Il remit néanmoins ses plans diaboliques à plus tard, préférant se concentrer sur sa conversation avec Cadence. « Sans moi. » Dit-il en faisant la moue. Sterling se fichait royalement de la sexualité de ses clients, mais il avait espéré que la présence charismatique de Cadence aiderait à faire pencher la balance en sa faveur. « Je suis en instance de divorce, je ne veux pas d'un scandale supplémentaire. » Grommela-t-il, se sachant déjà dans une situation peu enviable. Sa femme aurait sa peau, si jamais il venait à batifoler à nouveau avant que leur divorce soit prononcé. « C'est bien ça le problème. » Dit-il, ne masquant pas sa mauvaise humeur. En ce moment, il avait l'intime conviction que ce cauchemar ne prendrait jamais fin. « Je profite à fond. Pendant qu'il est encore temps. » Fit-il remarquer. Sterling savait pertinemment que la vie était courte. Certains de ses amis n'avaient pas eu la chance d'atteindre les vingt-cinq ans ; il se considérait donc comme chanceux. « Serait-ce un début de déclaration ? » Demanda-t-il en souriant largement, amusé par la réaction de Cadence. Il ne s'attendait pas à ce qu'elle lui saute au cou, ni à ce qu'elle lui dise clairement que leur relation atypique ne lui déplaisait pas. La française ne s’épanchait pas, mais Sterling avait appris, avec le temps, à lire entre les lignes. « Mais merci. J'apprécie. » Souffla-t-il sur un ton plus solennel, sans aucun sarcasme. Il ne s'imaginait pas que ses précédentes paroles étaient sur le point de prendre un délicieux accent prophétique. Il comprit qu'une voiture était arrêtée au milieu de la voie rapide une ou deux secondes trop tard. Il roulait beaucoup trop vite, Sterling. Depuis son plus jeune âge, il avait pris l'habitude de brûler la vie par les deux bouts. Il avait outrepassé les lois, il s'était mis dans des états lamentables, et avait risqué sa vie un nombre incalculable de fois. Pour autant, il n'avait jamais imaginé qu'il finirait sa vie ainsi. La tête parsemée de milliers d'éclats de verre, le corps presque disloqué. Un pantin désarticulé, voilà ce qu'il était. Une marionnette, au sens propre du terme. Voilà qui aurait fait plaisir à Cadence, si elle avait été en état de se moquer de lui. Elle s'en serait donnée à cœur joie. « Cadence... » Son prénom n'était qu'un murmure sur ses lèvres rougies par le sang. Sterling fit un effort qui lui parut surhumain pour faire remonter sa main droite sur le cuir abîmé du siège passager. Ses doigts entrèrent finalement en contact avec la peau éraflée de sa collègue et amie, mais ses lèvres fines ne s'ouvrirent pas pour l'interpeller. Il avait beau essayer – c'était comme si son cerveau ne parvenait plus à se coordonner avec son corps affaibli. Il lutta pendant ce qui lui parut être une éternité pour garder les yeux ouverts, tandis que son pouce et son index pinçaient avec ardeur la peau crémeuse de Cadence. Un mal de tête violent lui voilait de plus en plus la vue, et il se sentait faiblir. Une quinte de toux lui fit cracher un peu de sang, mais un sentiment de légèreté s'empara de lui lorsqu'il croisa le regard déphasé mais clair de Cadence. Il relâcha la pression qu'il avait exercé sur l'épaule de son amie, et sa main retomba mollement sur le bitume. Elle était en vie. Et c'est avec cette satisfaction que Sterling laissa le néant l'emporter – ce même néant qui lui offrait un confort certain, et qui l'accueillait avec mille et unes promesses toutes plus merveilleuses les unes que les autres.
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MessageSujet: Re: flashforward camlc & sas. Ven 7 Aoû - 22:51


❝ .Sweeter than the candy about to caress your lips. Imagine all the sugar. ❞
Qui a dit qu'il y avait une innocence à ravir ? interrogeai-je, la risette enjôleuse et la position séductrice. Il faisait là les mêmes erreurs que ma fondatrice, me prenant pour le doucereux ange que je n'étais point. La démarche ensorcelante, j'accaparais toute attention depuis des lustres et avais ravagé quelques coeurs bien avant celui de Sterling, allant du professeur de latin à la progéniture élitiste française. Mes prunelles mordorées charmaient au hasard mais je prenais toutefois soin de choisir mes lits. Je te trouve bien trop prétentieux, as-tu inventé l'eau chaude pour que je t'accorde tel privilège ? Le sourcil arqué, je jouissais à lui rappeler ce qu'il n'avait jamais eu. Il avait beau se montrait sous ses angles les plus odieusement obtus, je savais pertinemment que rester à mes côtés pendant ces longues années sans effleurer plus que ma bouche ne pouvait provoquer qu'une frustration chiatique. Goûté le charme de la France, s'emballer devant des dentelles coûteuses et s'extasiait devant la merveilleuse couleur de ma peau chaude, bien sûr que oui il en rêvait le Sterling, ça se refusait pas la gastronomie hexagonale. Je me fis distraite une énième fois quand il aborda ses problèmes conjugaux, assommée j'en ronflais presque. Que le mariage était malsain, il enfermait des gens à l'aide d'une alliance en or et les privait d'une succulente liberté. Même lors de la séparation les loisirs étaient restreints, les parties se déchiraient devant la cours et les souvenirs devenaient cauchemars. Qui aurait pensé qu'un minuscule anneau puisse être si agressif. Tiens toi à tes stratégies de ventes alors et ne me demande pas la lune Sandlide. Le chemin est bien trop long à parcourir pour que je l'emprunte pour toi. Et si jamais il voulait charmer le client, il n'avait cas le gaver de vins, l'esprit étourdi, il ne resterait plus qu'à lui mettre le stylo dans la main et il signerait le contrat sans broncher. Mes lèvres se fendirent au mot déclaration. Réputée pour plutôt brandir le bâton que distribuer des baisers, la moindre petite remarque agréable était synonyme de la cagnotte de l'Euromillion. Les avertis étaient préparés à ma méchanceté absolue et être frôlé par ma douceur était aussi fréquent qu'une éclipse. Tu le souhaiterais tellement, n'est-ce pas ?, l'aguichai-je, dévoilant un sourire étincelant d'attraction, l'appâtant lentement sur le terrain glissant de ma séduction nuisible. Fuyez tant qu'il en est encore temps ils disaient, puisqu'une fois frappé par la foudre on en ressort pas indemne. Mon attention reportait sur la route, je remarquais que la tentative de fuite n'était pas une option pour notre situation routière. Je n'eus même pas le loisir de prendre une nouvelle inspiration, notre convoi percuta de plein fouet la voiture immobilisée devant nous et les roues divorcèrent du goudron, nous entraînant dans un tournis endiablé composé de looping. La ceinture me serrant la poitrine, je subissais impuissante les malheurs de notre véhicule, entendant les vitres se briser et la taule se plier et meurtrir mes jambes. Les airbags s'actionnèrent, bousculant nos corps mais nous protégeant du pire. Une douleur irradia mon abdomen, m'arrachant un soupir cruel. La voiture s'immobilisa enfin, me laissant l'action cruelle de regarder le résultat de ses péripéties. Mon esprit s'agitait d'inquiétude pour mon ventre mais refusait de s'informer par un coup d'oeil de son état. Le monde semblait arrêté, plongé au fond de l'eau où tout n'était que mutisme et ralenti. Les paupières fermées, je m'interdisais de les ouvrir, préférant rester dans mon ignorance et ne pas m'enquérir d'horreur. Un murmure à l'agonie brisa le silence qui avait suivi le choc du carambolage, celui de mon prénom. Progressivement, le son revenait, délivrant toute son ampleur et révélant affreusement les bruits délirants qui accompagnent un accident. Les crépitements, les tonalités du verre brisé, les cris des spectateurs, les crissements de pneus qui hurlent pour ne pas s'ajouter à la fête menée par les cadavres des voitures déjà meurtries. Mes yeux cherchèrent la voix qui m'avait si doucement appelée et se posèrent sur un Sterling altéré, la bouche rougi par le sang et la vitalité s'échappant de son enveloppe. Mes iris le considéraient avec une affection qui ne m'étais pas connue, comme si je voulais laisser un dernier instant de bonté avant l'adieu final, comme si j'avouais à la dernière seconde que je ne le listais pas dans la caste des gens ordinaires et qu'il prenait un poids de valeur à mes yeux. Ses derniers efforts se traduisaient par le pincement de ma peau, lui octroyant le frisson. Je continuais de le regarder muette, incapable d'esquisser le moindre remous ou d'élaborer la moindre parole. Le regard immensément ouvert, les lèvres délicatement collées, le teint rosé par les blessures, je restais figée dans un calme parfaitement irréel, une sérénité de poupée s'achetant au millier de dollars et débordant d'une beauté figée. Il s'immobilisa aussi, ses paupières se refermant et son corps s'en allant dans un profond sommeil. Non. Mes doigts s'étirèrent enfin, d'abord doucement agités par la terreur et en réponse à mon coeur transpercé par l'angoisse. Non. Il ne pouvait pas, il n'avait pas le droit. Mes pensées étaient tractées par les ténèbres, séduites par une somnolence qui me guettait également. J'étais persécutée par Morphée mais ma conscience s'acharnait à lui échapper. Sterling, l'appelai-je férocement, poussant mes bras à aller vers son corps avec pénibilité. Mes doigts tombèrent lourdement sur son torse, vidés de leur énergie après ce si maigre parcours. Sterling, ne t'endors pas, ordonnais-je méchamment, le secouant grâce aux dernières forces dont je disposais. Il ne pouvait pas avoir jouer le fanfaron durant tout le trajet, foncer dans un tas de ferrailles, nous abîmer et s'en aller comme si de rien n'était. Mes paupières gagnèrent en lourdeur et la douleur courant mon corps s'apaisait. Soit là quand on se réveillera. Soit là. Morphée gagna. La lumière du jour, les hurlements, l'agitation, l'odeur du sang, les picotements, tout fut gloutonnement avalés par le noir.



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MessageSujet: Re: flashforward camlc & sas. Mar 11 Aoû - 22:55

cadence. + sterling., juin 2015, new york city. ; Ils sont complètement différents, pour ne pas dire radicalement opposés. Ils avaient beau chercher, ils ne se trouvaient pas le moindre point commun. Et pourtant... Pourtant, sans explication, ça marchait entre eux. Un lien, aussi étrange et mystérieux puisse-t-il être, semblait les lier. Un lien qui les apaisaient, sous le feu ardent et la glace arctique qu'ils renvoyaient aux autres en guise d'image d'eux-mêmes.


« Maman Carcenac aurait-elle enseigné à sa fille chérie les recettes miraculeuses pour faire fondre les hommes de la haute société ? » Demanda-t-il, moqueur. La mégère n'avait sans doute pas ménager ses efforts pour apprendre à sa progéniture les règles de bienséance. Mais Sterling ne l'imaginait pas franchement lui faire part des envies triviales et des besoins libidineux de la gent masculine. « Elle me décevrait presque. » Dit-il en faisant la moue, un sourire narquois clairement affiché. Mais cette légéreté s'amenuisa petit à petit, et laissa place à une embrouille dont eux seuls avaient la recette. Sterling se demanda ce qui l'avait poussé à débaucher Cadence pour ce job – puis il se souvint qu'elle était la meilleure dans son domaine. Sachant que s'embourber dans une dispute avec elle ne mènerait à rien, Sterling préféra soupirer – ce qu'il considérait comme une réponse toute aussi éloquente. Elle ne voulait pas y mettre du sien, soit : un sois belle et tais-toi lui convenait aussi. Tant que la signature était apposée au bas du contrat... Pendant de longues secondes, Sterling se demanda s'il avait besoin d'une déclaration en bonne et due forme de la part de Cadence concernant son amitié à son égard. L'Anglais avait beau faire de son mieux, il ne parvenait pas à imaginer la Française lui donner de la formule de politesse et du sentimentalisme en veux-tu en voilà. Ce n'était tout simplement pas elle, pas son caractère. Il aurait été dommage de la dénaturer – elle était si spéciale, si... Unique. « Je n'en ai pas besoin, Cadence. » Finit-il par répondre après de longues secondes de silence. Il s'autorisa une œillade rapide sur sa voisine, et enchaîna : « Le temps a passé. Et tu es là. » Conclut-il, affichant un mince sourire. Ce n'était pas un sourire narquois et moqueur, que Sterling avait l'habitude de sortir en présence de la Française. Ce n'était pas un sourire amusé, qu'il se serait empressé d'afficher s'il s'était payé sa tête. Non, pour une fois, Sterling offrait à l'unique Cadence un sourire sincère. Le silence se fit, mais fut de courte durée. Le pied droit au plancher pour freiner, l'Anglais ne put éviter la voiture arrêtée au milieu de la voie. Un instant plus tard, et ils étaient violemment propulsés vers l'avant. Après avoir fait des efforts surhumains pour pincer la peau pâle de Cadence, veiller pour s'assurer qu'elle avait gardé un soupçon de vie en elle, il s'autorisa à fermer les yeux. Sa tête le brûlait – pire encore, elle irradiait. Il espérait que la douleur prendrait vite fin. Et par chance, Dieu – enfin, un truc dans le genre, puisque Sterling n'était pas croyant – exhaussa sa prière. Le néant, qui était jusqu'à maintenant resté tapi dans l'ombre, l'accueillait avec une douceur et une chaleur réconfortante. Il s'y laissa tomber entièrement, sans retenue, et le silence se fit autour de lui.

Lorsque les yeux de Sterling s'ouvrirent à nouveau, il ne comprit pas tout de suite ce qu'il se passait. Il pensa d'abord qu'il était mort. Son corps semblait flotter dans du coton, et une douce chaleur enveloppait son corps. Le silence était de mise, ce que l'Anglais apprécia à sa juste valeur. Malheureusement pour lui, deux éléments dérangeants lui firent douter de son état : le premier, la lumière était aveuglante. La deuxième, sa tête lui semblait toujours être sur le point d'exploser. Ses doigts se replièrent avec fermeté sur les draps rêches de ce qu'il devina être un lit d'hôpital. Il tenta de s'aclimater à ce nouvel environnement, mais ce paisible réveil se transforma rapidement en cauchemar. Non seulement sa tête menaçait d'exploser à tout moment, mais sa respiration fut obstruée par un élément extérieur et inconnu. Les doigts de sa main droite remontèrent à toute vitesse jusqu'à son nez, et tirèrent avec force sur le fin tuyeau qui lui bloquait les narines, déclenchant des bruits stridents qui lui donnèrent envie de se claquer la tête contre le mur. Quelques secondes plus tard, une infirmière déboula en trombe dans sa chambre, et agita ses lèvres. Sterling supposa qu'elle lui faisait la morale, mais ne comprit pas un traitre mot de ce qu'elle raconta. Il s'agrippa à son avant-bras, et ses lèvres s'ouvrirent difficilement pour demander des nouvelles de sa passagère. Mais aucun mot ne s'en échappa ; il sentit ses paupières devenir de plus en plus lourdes, et retomba bientôt dans un sommeil profond.

Lorsque ses yeux s'ouvrirent à nouveau, la nuit avait envahi l'espace. Son mal de tête était toujours bien présent, mais il fut soulagé de constater que ses voies nasales n'allaient plus lui jouer de mauvais tours. Il se redressa difficilement, et prit de longues minutes pour s'adapter à son environnement. Les murs étaient d'un blanc impeccable, clinique. L'odeur des hôpitaux, si caractéristique, lui embaumait les narines. Il balança ses jambes dans le vide, et posa une main contre le mur pour s'aider à se redresser – ce qu'il fit, non sans mal. Ses jambes flageolèrent longtemps, et Sterling crut un moment qu'il devrait se raisonner et retourner dans son lit. Il passa une main dans ses cheveux, rejetant quelques mèches rebelles en arrière. Il avança prudemment, pas après pas, et se faufila à l'extérieur de sa chambre en un temps record – cinq bonnes minutes au moins. Les couloirs étaint déserts ; seule une infirmière allait d'une chambre à l'autre, vérifiant que tout se passait bien. Il pensa d'abord se soustraire à cet œil inquisiteur pour partir à la recherche de sa passagère, mais il comprit bien vite que l'entreprise serait difficile. Il fatiguait vite, et n'avait aucune idée du lieu où Cadence se trouvait. Il toussota – l'infirmière sursauta, et se dirigea rapidement vers lui. « Je cherche Cadence Levy-Carcenac. » Dit-il d'une voix ferme et décidée. La petite brune qui lui faisait face chercha à l'en dissuader, mais Sterling resta campé sur ses positions. « Je ne vous demande pas son dossier médical. » Maugréa-t-il, le regard noir. « C'est mon amie, et je voudrais juste la voir. » L'infirmière le regarda des pieds à la tête, mais elle finit par capituler. Elle le renseigna, et lui indiqua qu'elle se trouvait dans la chambre au bout du couloir. Il la remercia, et alla à la rencontre de sa collaboratrice et amie. Il l'observa depuis le couloir, à travers les stores vénitiens : elle semblait endormie, le visage apaisé. Sterling hésita de longs instants, puis entra dans la chambre de Cadence. Il s'installa dans le fauteuil qui se trouvait dans un coin, et la regarda. Longuement. Il ne savait pas dans quel état elle était. Il ne savait pas si elle avait des séquelles. D'ailleurs, il ne savait même pas dans quel état il se trouvait lui-même. Ses avant-bras dénudés lui indiquèrent que son corps devait être sacrément amoché, mais qu'il avait visiblement évité le pire. Il se releva et s'avança vers Cadence. Sa main gauche se superposa à la sienne, l'enveloppant d'une chaleur qui se voulait rassurante. Son pouce dessina quelques arabesques sur cette main inerte, et ses lèvres s'ouvrirent pour souffler, en toute sincérité : « Je suis désolé. » Il reposa la main de la princesse endormie sur le couvre-lit, ayant pris la décision de la laisser à son paisible repos.

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MessageSujet: Re: flashforward camlc & sas. Jeu 13 Aoû - 16:56






Une nuit opaque filtrée à travers un volet à demi fermé. Une odeur de désinfectant prononcée et fusionnée à celle des médicaments. Mon esprit s'éveillait dans une chambre d'hôpital, des heures après l'accident, peut-être même des jours vu que toute notion du temps m'avait été enlevée. La douleur se réveilla également, me picotant l'abdomen, elle ne cessait de faire des allers-retours à l'aiguille sur mon hypocondre droit, me décochant quelques grimaces elles aussi algiques. Mes mains perfusées allèrent à la rencontre de mon ventre, soucieuse de son état et découvrirent que ce dernier était pansé. Grognant, j'essayais de me relever sur mon séant, mes paumes prenant appuis sur le matelas miséreux avant de faiblir, me laissant à nouveau allongée, le degré de douleur en plus. Mes sourcils se froncèrent, mes iris guettant la moindre trace de cellulaire sans succès, tombant plutôt sur plusieurs compositions florales qui encombraient les quelques surfaces de la pièce. Notre catastrophe était arrivée si furtivement. Le matin nous nous tenions lumineux et maintenant il ne restait plus que des bouts de tissus de costume mélangeaient au sang délibérément jeté dans un quelconque sac poubelle. Les lèvres pincées, un bruit près de la porte m'incita à fermer les yeux et gardais une mine endormie des plus paisibles. Fuyant n'importe quel contact humain, je préférais n'entamer la discussion avec quiconque, l'esprit encore bien trop emmêlé. La plainte du fauteuil m'informa qu'une présence restait à mon chevet sans que je ne puisse deviner laquelle. Les visites n'étaient pas autorisées à cette heure-ci, peut-être une de mes connaissances avait bravé les règles. Ou alors Sterling.. J'hésitais un moment à ouvrir les yeux, juste un moment, pour finalement préférer les laisser délicatement fermés. Le blondinet devait encore être plongé dans sa propre léthargie, traumatisé par ses séquelles. On me prit la main, la caressant doucement du pouce sans que je ne réponde à cette douceur. Sa voix se fit entendre, transperçant le silence en une profonde excuse. Puis ma main fût lâchée, la porte refermée, mes yeux ouverts. A quel point avions-nous été abîmés ? Avions nous un vague espoir de survie ? Finirions-nous par quitter cet hôpital à bord d'une limousine ou au creux d'un cercueil dans un corbillard ? Mes paupières se refermèrent à nouveau, m'entraînant dans un sommeil lourd, sans aucun rêve.



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