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 that was love and it's an ache i still remember. (kane)

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Alexis Atwoodth
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MessageSujet: that was love and it's an ache i still remember. (kane)   Jeu 18 Juin - 2:11

But I had to cut you off, make out like it never happened and that we were nothing.

Les buildings grimpent de plus en plus haut, la foule s’émerveille à chaque coin de rue, les gens rêvent. Oui, à New York, les gens rêvent. Mais pas Malo. Malo elle sait que tout ça, ce n’est qu’une promesse dans le vide, comme un oasis en plein désert. La ville où tout est possible ? La bonne blague. Elle n’y a jamais cru, pas même quand elle était petite. Elle n’a jamais rêvé de voir son visage sur Time Square, ou de jouer à Broadway. Malo, elle a les pieds sur Terre. Elle est pas du genre à s’envoler à la moindre étincelle d’espoir, surtout pas pour des choses aussi futiles à ses yeux qu’une carrière couleur paillette. C’est pour ça qu’elle a quitté New York. Elle ne s’y sentait pas à sa place. Alors elle s’est installée à San Francisco, dans un appartement presque ridicule, et travaille en tant que caissière. Sa vie n’a rien d’un conte de fée, mais pour rien au monde elle ne la changerait. Ou peut-être que si elle pouvait, elle changerait une chose. Le père de son fils. Elle est tombée amoureuse de Kane, et ça, elle n’a rien pu y faire. C’est arrivé comme une averse, sans prévenir. Puis elle est tombée enceinte. Ça aurait pu être parfait, si Kane avait fait des efforts. S’il avait arrêté ses conneries. S’il ne l’avait pas frappé ce soir-là, pour la première fois. Malo, elle aurait juste aimé que son fils ait un père sur lequel il puisse prendre exemple. Un père dont il soit fier, et qu’il verrait comme un héros. Mais Milo, son père, il n’a rien d’un héros. À vrai dire, Kane ne sait même pas qu’il a un fils. Malo est partie sans rien dire. Son enfant était devenu sa priorité, et Kane n’était clairement pas le père qu’elle voulait pour lui. Elle aurait aimé que quelqu’un fasse ça pour elle aussi. Que quelqu’un les prenne elle et Marlon, et les emmène ailleurs. Même dans un orphelinat. Elle aurait préféré n’avoir aucun parent plutôt que d’avoir ceux qu’elle a eus. Même si fondamentalement, ça n’aurait pas changé grand chose. « C’est rouge trou du cul ! » Malo pointe son majeur en l’air, tout en suivant du regard le vélo qui vient de lui couper la route. Il n’en fallait pas moins pour la mettre de mauvaise humeur. Alors elle lâche un soupir, enfonce ses mains dans ses poches, et reprend sa marche. Le Bronx. Elle sent des regards sur elle et pourrait légitimement se sentir mal à l’aise ou en danger, mais elle s’en fiche. Elle n’a pas peur des quartiers mal fréquentés. Elle n’a peur de rien. Pas même de ce qui l’attend. Si elle est à New York aujourd’hui, c’est pour la fête des pères. Elle a conscience de s’y prendre en avance (enfin de seulement quelques jours), mais c’est l’intention qui compte. Oh non, son père ne vit pas dans le Bronx. Mais Kane si. Et c’est lui qu’elle vient voir. Bonne fête des pères Kane ! Tu vois, le petit sur cette photo ? C’est ton fils ! Félicitations ! Il est pas là non, je voulais pas l’emmener au milieu de ta merde. Enfin attends, laisse moi voir ton chez toi. Ouais, c’est ce que je pensais. Ça sent encore la drogue à plein nez. T’as pas changé Kane ! Je m’attendais pas à ce que tu changes de toute façon. Voilà plus ou moins le discours qu’elle a en tête, discours qu’elle se répète depuis des jours. Elle n’a pas l’intention de mâcher ses mots, ou de s’y prendre pas quatre chemins. Mais parviendra-t’elle à s’en tenir à ce qu’elle prévoit une fois face à lui ? Elle n’en a pas la moindre idée. Elle se montrera forte, quoi qu’il arrive, et détachée si elle le peut. Comme si y’avait plus rien qui la liait à Kane. Alors qu’il y a Milo. Milo qui les liera l’un à l’autre pour toujours. C’est là qu’il habite, le père de son fils. Malo reste face à la porte, jette un dernier coup d’oeil au bout de papier qu’elle a en mains pour y lire une énième fois l’adresse qu’elle y a écrit. Elle le plie ensuite, délicatement, espérant sans doute retarder le moment de signaler sa présence. Puis elle finit par prendre une grande inspiration, et laisse son poing cogner deux coups contre la porte. Nerveusement, elle attend sans bouger, les yeux rivés sur la carte de fête des pères qu’elle a acheté la veille. Et la porte s’ouvre. « Salut Kane. » Comme si de rien n'était. Comme si elle n'avait jamais disparue du jour au lendemain. Elle repense à son discours, hésite quelques secondes à le lui balancer, mais maintenant qu’elle le voit, elle opte pour quelque chose de moins brutal. « Je veux pas m’imposer, mais je pense que tu devrais m’inviter à entrer. » Elle baisse les yeux et regarde la carte qu'elle lui a apporté. « J’ai pas envie de te donner ça sur le pas de ta porte. » Alors elle relève le regard et détaille son visage. Elle a l’impression qu’il s’est endurci, qu’il a mûri. Mais elle ne se fait pas d’illusions. Kane n’est pas prêt à assumer son rôle de père. De toute façon, elle ne sait même pas ce qu’elle attend de lui. Rien, sans doute.
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MessageSujet: Re: that was love and it's an ache i still remember. (kane)   Mer 24 Juin - 23:29

Kane erre dans les rues de New York, sans but, sans raison. Il erre comme quelqu'un qui ne sait pas ce qu'il attend, ce qu'il pourrait trouver ici ou là, un type qui n'a rien, ne veut rien et se fout pas mal d'être regardé de travers par les gens qu'il croise. On se trompe, sur l'hospitalité américaine. Les Ricains sont aussi sectaires que les autres, peut-être même plus. Ouais, ils s'accommodent des styles saugrenus, des tatouages, des piercings, mais c'est bien tout. Lui, avec sa gueule cassée et renfrognée, ses poings dans les poches et ses sourcils froncés, on tente simplement de l'éviter. Kane ne s'est pas fait à la vie ici, et s'il avait eu le choix, il se serait sans doute cassé à l'autre bout des Etats-Unis, peut-être même dans un pays étranger. Mais voilà, le choix, il l'a pas. Son programme de réinsertion est loin d'être terminé, même s'il se passe mal et qu'il va finir par faire chialer la Hollister à force d'être odieux avec elle. Et s'il arrête le programme, c'est retour directement en taule, et ça, c'est pire que tout. Vaughan est pas un méchant garçon, il mérite pas d'être là-bas, entouré de violeurs, de meurtriers de sang-froid, de monstres. Lui, c'est un vaurien, un type qui a simplement l'habitude de faire les mauvais choix aux mauvais moments. Qui se trouve pas là où il faudrait, et se trouve là où il faut pas, qui galère et tente de s'en sortir. On peut pas nier, il est pas commode quand il se met à cogner, mais il n'a jamais connu de meilleur moyen de défense, et autant le dire, il est très efficace. Généralement, les messages passent plus facilement avec les poings. Il prend pas la peine de réfléchir – pour quoi faire ? - prend pas la peine d'expliquer, il donne les coups et avise ensuite. C'est comme ça qu'il a toujours tout fait : à l'instinct, la peur au ventre. C'est ça qui le définit, Kane. C'est pas la violence, qui n'a rien d'innée en lui et n'est qu'une conséquence. Le vrai truc, c'est la peur, qui le bouffe depuis toujours, qui le laisse sans rien à chaque fois, la peur qu'il n'arrive pas à surmonter, dont il est incapable de se débarrasser. Alors il agit. Pour plus avoir peur. Pour ne pas avoir à réfléchir. Kane veut pas penser à ce qui fait mal, et la violence a le mérite d'être sacrément efficace pour plus penser à rien. Ce sont les sens qui remplacent tout : il entend distinctement les os craquer, voit le sang couler, sent son odeur métallique, tout est décuplé, comme les battements de son cœur et la bouffée d'adrénaline. C'est jouissif, autant que salvateur. Il le fait pas pour se sentir vivant, Kane, il a jamais eu besoin de ça, mais il peut pas nier que si c'était ce qu'il recherchait, ça fonctionnerait parfaitement. Ses pas l'amènent tout droit chez lui, dans le Bronx, une espèce d'appartement miteux qu'il paie trop cher. Il s'en fout, lui, pour ce qu'il y fait dedans. Il passe plus de temps dehors que dans ce trou à rat qui lui vide les poches tous les mois. Mais c'est le seul truc qui ressemble à un foyer, pour le moment. Il trouvera difficilement mieux et il le sait. Être videur à New York, et repris de justice de surcroît, ça aide pas à se faire du fric. On se dit que le type vaut pas grand-chose, alors on lui donne pas grand-chose. Le mythe de l'American Dream, self-made man, tout le monde a sa chance, c'est rien que ça, un putain de mythe qu'on vous vend pour vous faire rêver. Conneries. Calmement, il monte les quatre étages qui l'amènent sur son pallier, où une odeur de soupe aux choux lui chatouille les narines. Sa voisine s'est encore décidée à faire la cuisine – une grave erreur, si vous lui demandez son avis. Miraculeux qu'elle se soit pas encore intoxiquée, voilà ce qu'il en dit. Il ira bosser dans quelques heures, quand la nuit sera tombée et que les gosses de riche seront d'humeur à claquer leur fric dans des magnums de Champagne pour faire bon genre, en bougeant leur cul sur une musique dégueulasse, se frottant les uns aux autres dans l'espoir de tirer leur coup. Il les connaît, tous. Il aurait pu être comme eux, mais le hasard a décidé que lui, il serait de l'autre côté de la barrière, celle où les gens ne font que regarder, parfois espérer leur ressembler. Pas lui. Lui, il leur cracherait bien à la gueule si c'était pas ceux-là même qui lui permettaient d'avoir un salaire à la fin du mois, si risible soit-il. Il a pas eu le temps de se poser dix minutes que quelqu'un frappe à la porte. Il fronce les sourcils. Personne sait où il habite (à part son avocat) et à vrai dire, personne en a quelque chose à foutre de savoir où il habite. Nonchalamment, il revient à la porte et l'ouvre d'un geste sec. Ses yeux tombent sur un fantôme, quelque chose se remet à espérer dans sa poitrine. Malo. Malo, qui a hanté ses jours et ses nuits depuis leur première rencontre, Malo dont il a jamais réussi à se débarrasser, mais qui elle au contraire n'a pas eu de mal à le faire. Il la hait. Il la hait autant qu'il l'aime. Il sait pas très bien où penchera la balance, cette fois. Sa voix résonne à ses oreilles, et un goût de nostalgie l'envahit. Ca dure pas longtemps, bien sûr, mais assez pour qu'il se sente encore plus paumé que d'habitude. « Qu'est-ce que tu fous là Malo ? » Son ton est agressif, mais elle devrait pas le prendre pour elle : Kane agresse tout le monde, c'est sa façon de communiquer. « Me donner quoi » qu'il demande, agacé. Putain, c'est pas le moment Malo, qu'il voudrait ajouter, mais il se retient. Il a tant espéré recroiser son chemin qu'il a l'impression que c'est la providence qui l'a foutue là. Il va pas s'en plaindre. L'amour, donc. Pas la haine, pas aujourd'hui du moins. Les souvenirs affluent dans son esprit, et il se rappelle tout. Le meilleur, bien sûr, mais aussi et surtout le pire. Les cris, les engueulades, la vaisselle qui vole, et le coup, le coup unique, mais le coup de trop. Elle a foutu le camp. Il lui en veut, mais ce qu'elle sait pas c'est qu'il lui en voudra jamais autant qu'il s'en veut à lui même. Jamais il n'aurait osé porter la main sur une femme, mais elle l'a poussé à bout. Lui, y a rien qu'il aurait pas fait pour elle. Visiblement, c'était pas assez. « Vas-y entre » grogne-t-il, avant de se décaler de la porte. S'il avait été une nana, il aurait eu un milliard de questions en tête, un milliard de choses à lui demander. Ou alors, il se serait foutu à genoux pour la supplier de lui laisser une autre chance. Mais heureusement pour tous, Kane n'a rien d'une nana alors il se contente de rester là, un peu hagard, sans trop quoi dire ou faire de lui.
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Alexis Atwoodth
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MessageSujet: Re: that was love and it's an ache i still remember. (kane)   Lun 13 Juil - 2:37

« Qu'est-ce que tu fous là Malo ? » Elle ne bronche pas, Malo. Elle encaisse simplement l’agressivité de Kane, qui lui semble plutôt justifiée. Elle débarque chez lui comme une fleur, après avoir disparue sans laisser la moindre trace. Malo est un nuage de fumée. Elle est là parfois, mais on ne la voit pas vraiment. Elle se fait discrète, se fond dans la masse et observe, curieuse. À d’autres moments, elle s’agite, remplit la pièce de sa présence. Puis bien sûr, elle sait disparaître. Malo nuage de fumée, se faufilant sous les portes, entre les fenêtres, ne laissant aucune trace, aucun indice. Comme si elle n’avait jamais existé. Comme s’il n’y avait jamais eu ni feu, ni fumée. « Me donner quoi ? » Elle le regarde, regarde la carte qu’elle a en mains, le regarde à nouveau. C’est pas une bonne idée, qu’elle se dit. Mais elle est là, elle a déjà sauté dans la gueule du loup. Alors il est trop tard pour faire demi-tour. Trop tard pour inventer une excuse, trop tard pour s’enfuir. Pas de pirouette possible. Aujourd’hui, Malo ne disparaitra pas. Aujourd’hui, elle s’apprête à donner vie à Milo pour la seconde fois. « Vas-y entre. » Il se décale sur le côté, elle entre timidement. Elle est pas surprise de ce qu’elle découvre derrière la porte. Un appartement miteux, mais elle ne juge pas. Elle laisse seulement ses yeux glisser sur les murs abimés de l’appartement de Kane. Puis elle s’arrête finalement, et se retourne pour lui faire face. Elle l’a aimé, Kane, et peut-être même qu’elle l’aime encore. Pas comme avant, pas de cet amour fou qui faisait voler les assiettes et valser les insultes. Pas de celui qui les faisait se retrouver l’un contre l’autre, et qui leur brûlait les ailes. Non, elle l’aime d’une manière nostalgique. Et elle l’aime à chaque fois qu’elle pose son regard sur Milo. Peut-être que lui, quand il posera les yeux sur leur fils, il la détestera. Il la détestera de le lui avoir caché, de l’avoir mis au monde en secret. Mais elle s’en fout Malo. Elle s’en fout si Kane la déteste, s’il ne comprend pas qu’elle a fait ça pour protéger leur enfant. Pour le protéger de l’homme qu’il était, de celui qui a levé la main sur elle. C’était la chose à faire, elle le sait. « Te donner ça. » Elle tend la carte vers lui, mais ne la lui donne pas encore. Cette carte de fête des pères, avec cette photo de Milo, c’est trop brut. Alors elle veut ajouter quelque chose. Elle garde l’enveloppe en main le temps de trouver les mots, de trouver le courage. Elle aurait dû se renseigner avant de venir, faire quelques recherches sur internet, des recherches du genre « comment annoncer à un homme qu’il est père de votre enfant ? ». Ça l’aurait peut-être aidée. Parce que là, face à Kane, Malo est perdue. Elle voudrait ajouter des explications, de manière à ce qu’il comprenne, ou au moins qu’il y réfléchisse. « Je pensais que ça serait facile. » Elle lâche un soupir, et laisse retomber son bras, gardant la carte pour elle. « Je pensais qu’il suffirait de te donner cette fichue carte, que ta réaction ne serait pas importante. » Elle fronce les sourcils. « Mais je réalise qu’elle l’est. Que ce que tu vas dire, ou faire, ça compte pour moi. » Elle finit par secouer la tête, en riant nerveusement. « Je suis débile. » Elle prend alors une profonde inspiration, comme pour reprendre ses esprits. Malo s’était persuadée que Kane ne comptait plus. Elle s’était concentrée sur sa colère, oubliant tout le reste. C’était tellement plus facile de le détester, de prévoir de tout lui balancer méchamment, comme pour le blesser. Mais Kane est le père de Milo, elle ne pourra jamais l’effacer. Et naïvement, elle veut lui laisser une chance. Une chance de connaître son fils, de le voir grandir, de faire partie de sa vie. Elle voudrait aussi que Milo ait des parents qui s’aiment. Pas forcément d’un amour de couple non, mais qui s’aiment tout de même. « T’as le droit d’être en colère, t’as même le droit de m’en vouloir. Mais t’as pas le droit de ne pas essayer de comprendre. » Elle lui tend la carte, et le laisse la prendre. « Ouvre-la Kane. » Elle insiste du regard, puis pose son index contre son torse, comme pour le menacer. « Mais je te préviens, si tu prends pas le temps de réfléchir, si tu réagis prématurément, je me casse. » Elle fait finalement un pas en arrière, sans le quitter du regard.
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MessageSujet: Re: that was love and it's an ache i still remember. (kane)   Dim 19 Juil - 22:45

Il capte pas. Qu'est-ce que Malo peut bien foutre ici, chez lui, après tant de mois de silence radio ? Elle a été claire avec lui, du moins son absence l'a été : elle veut plus de lui. Plus entendre parler de lui, plus le revoir, le rayer de sa vie. Il lui en veut pas, à Malo. La vérité, c'est qu'il se dégoûte lui-même, qu'il se déteste probablement plus qu'elle le détestera jamais. Il voulait pas lui faire mal, c'était même la dernière chose qu'il voulait, mais il a rien contrôlé. Comme d'habitude, il a agi sans réfléchir, sous l'impulsion, le coup est parti avant même qu'il ait eu le temps de comprendre ce qu'il était en train de foutre. C'était un coup de rien du tout, un coup de colère, pas assez pour la blesser vraiment, mais ça ça compte pas. Le fait est qu'il a levé a main sur elle, et qu'elle s'est barrée sans dire un mot. Il aurait préféré qu'elle gueule, qu'elle l'insulte, qu'elle le traite de tous les noms possibles et imaginables, ouais, tout plutôt que de la voir se casser comme ça, en silence, les yeux écarquillés par le choc. Il croyait qu'elle reviendrait le lendemain, qu'ils en discuteraient, que quelques mots d'excuse suffiraient à la convaincre de lui pardonner, mais il en a pas eu l'occasion : elle a ignoré tous ses appels, ses messages, ses visites. Et puis un jour, on lui a dit qu'elle était partie sans laisser de trace. Disparue. Les derniers fragments d'espoir se sont envolés, et Kane a vaguement songé à se tirer une balle, estimant que la vie valait pas la peine d'être vécue si y avait pas Malo dedans, sans jamais se résoudre à le faire. En plus d'être violent, voilà qu'il se montrait lâche. Alors la revoir ici, face à lui, ses deux billes bleus le fixant, ça lui fait quelque chose, quelque part dans sa poitrine. Ca cogne, ça s'agite, ça le secoue tout entier. Mais y a quelque chose qui a changé, chez elle. Elle le regarde pas comme elle le faisait avant, avec cette espèce de tendresse qu'elle seule savait lui offrir. Elle le regarde froidement, sérieusement, et il n'y a pas de chaleur. Elle a même l'air sur la défensive, et Kane se demande pendant une seconde s'il aurait pas encore déconné. Mais non. C'est pas possible, qu'il se dit. Ca fait quelques semaines qu'il est sorti de taule et il a essayé d'éviter de déconner. C'est pas facile, ça non, mais il essaie et c'est déjà pas si mal. Elle lui tend un truc qu'il va pour attraper, mais elle arrête son geste à mi-course. Il lève un regard interrogateur sur elle, franchement perplexe, et puis elle se met à parler, plus qu'elle a parlé en deux ans, peut-être. Elle a l'air d'être en plein dilemme intérieur, un truc que Kane a jamais capté, un truc de nana : lui, il hésite jamais, il fait et avise ensuite. C'est peut-être pas la meilleure des techniques, mais on peut pas nier que dans ce genre de moment, c'est sacrément efficace. Sa nervosité est contagieuse, et lui aussi se surprend à l'être, nerveux. « Putain abrège Malo, c'est quoi le problème ? » qu'il demande, toujours aussi agressivement. Qu'elle lui donne le foutu truc qu'elle a dans la main, et qu'elle arrête de tergiverser, bordel. Comprendre, mais comprendre quoi, pourquoi elle est aussi agitée ? Elle a peur que quoi, qu'il la cogne encore ? Elle finit par se résoudre à lui donner le truc, qui s'avère être une carte, et le regarde d'un air menaçant. Kane baisse les yeux sur la carte, qu'il ouvre précipitamment. Une carte de fête des pères. « … Je capte pas. » dit-il plus posément. Il détourne son regard du slogan Bonne Fête Papa et s'intéresse à la photo d'un petit garçon, qui ne doit pas avoir plus de quelques mois – il sait pas trop, en fait, il a jamais été très bien en physionomie. Il fronce les sourcils, se dit qu'elle doit être franchement en train de se foutre de sa gueule. « Qu'est-ce que j'en ai à foutre, de la photo d'un gosse dans une putain de carte de fête des pères ? » Mais il sent que c'était pas la bonne réponse, parce que Malo le regarde furieusement. « Mais j'en sais rien, moi, c'est qui ce gosse ? Me dis pas que... non t'as pas osé. » Il ne peut pas l'imaginer. Qu'elle vienne le voir pour lui afficher son bonheur en pleine gueule, ça lui ressemble pas. Elle a changé, mais à ce point... ? Il baisse à nouveau les yeux sur la carte, se concentre. A moins que... non. Non, c'est pas possible. C'est impossible, il l'aurait su, d'une façon ou d'une autre il l'aurait su, pas vrai ? Ils étaient ensemble, si elle avait eu un gosse, il l'aurait découvert. Lentement, il reprend. « C'est pas... ça peut pas... Tu peux pas... je l'aurais su Malo... » Malo ne dit rien, et ça l'agace. Putain, c'est pas le moment de la boucler. « Répond putain Malo, réponds-moi ! » Parce qu'il a besoin de l'entendre de sa bouche, avant d'oser l'exprimer à haute voix. Parce que c'est tellement invraisemblable qu'il n'ose pas se résoudre à y croire. Kane Vaughan ne peut pas avoir un gosse. C'est comme ça, y a pas de raison derrière logique, c'est un fait, Kane Vaughan n'est pas père.
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MessageSujet: Re: that was love and it's an ache i still remember. (kane)   Ven 31 Juil - 4:34

« Putain abrège Malo, c'est quoi le problème ? » Milo n’a rien d’un problème Kane. Il est beau tu sais. Beau comme le soleil en plein hiver, comme le changement de couleur de l’automne. Il se réveille au milieu de la nuit parfois c’est vrai, mais ça ne fait pas de lui un problème. « … Je capte pas. » Malo écarquille les yeux comme si tout était évident, elle écarquille les yeux comme si ça pouvait l’aider à comprendre. « Qu'est-ce que j'en ai à foutre, de la photo d'un gosse dans une putain de carte de fête des pères ? » Kane a les sourcils froncés, et Malo elle, elle bouillonne. Elle se dit que ça commence mal, que c’était une mauvaise idée, qu’elle aurait jamais dû venir. « Mais j'en sais rien, moi, c'est qui ce gosse ? Me dis pas que... non t'as pas osé. » Aurait-il compris ? Il regarde la carte, à nouveau, l’air concentré. Elle a l’impression qu’il cherche une sortie de secours, ou alors une bouée de sauvetage. Mais y’a rien qui puisse l’aider à encaisser le choc. « C'est pas... ça peut pas... Tu peux pas... je l'aurais su Malo... » Il parle lentement et a l’air étonnement calme. Alors Malo ne dit rien, surprise par sa réaction un peu trop plate. « Répond putain Malo, réponds-moi ! » Elle sursaute, et y’a son coeur qui s’emporte. Elle a peur. De Kane, peut-être. Et de ce qu’elle s’apprête à lui avouer aussi. Alors elle ferme les yeux, pour reprendre son calme. Elle ferme ses yeux et elle imagine sa vie autrement. Y’aurait Milo en train d’apprendre à marcher, accroché à la table basse. Kane serait assis sur le canapé, à le regarder fièrement. Et elle, elle aurait les bras noués autour de son cou, la tête posée sur son épaule. Oui, Malo, elle les imagine en famille heureuse. Mais quand elle rouvre les yeux, elle se rend compte qu’elle est à mille lieues de la réalité. Elle finit par lâcher un soupir. « Tu as un fils Kane. Il a tes yeux. Et je suis partie en espérant que ce soit la seule chose qu’il ait hérité de toi. » Elle est un peu trop franche, un peu trop dure. Elle s’en rend compte, et se mord la lèvre. Y’a des sentiments contraires dans le coeur de Malo en ce moment, des sentiments qui se bousculent les uns aux autres. Elle veut pas le blesser mais elle lui en veut, elle veut lui hurler dessus et se blottir contre lui, comme avant. Alors comme elle ne sait pas trop quels sentiments écouter, elle reste immobile et baisse la tête. « Tu m’as frappée… Si ça n’avait été que moi, peut-être que j’aurais fini par rester. Mais il était là, il était là et j’ai pas eu le choix Kane. Alors qu’importe combien je pouvais t’aimer, qu’importe le mal de chien… » Elle s'arrête net et soupire, l’air triste. Elle se souvient des litres de flottes qui lui sont sortis par les yeux quand elle l’a quitté. Elle se souvient ô combien elle s’est sentie perdue, effrayée, vide de sens. Elle a voulu le retrouver plus d’une fois, mais elle pouvait pas. Ça aurait été égoïste. Elle ne devait plus penser à son couple, elle devait penser à son enfant. Elle finit par relever la tête, un mince sourire abîmé habitant son visage. « Il s’appelle Milo. Il est… Il est comme une page blanche. Il a tout à apprendre, à découvrir. Et jour après jour, sa page se remplit. Elle se remplit d’amour, de sourires, de souvenirs… Peut-être qu’elle pourrait se remplir un peu de toi. » Elle le regarde, les yeux pleins d’espoir. Elle se dit qu’elle pourrait venir avec Milo le weekend prochain, qu’ils pourraient même rendre visite à Kane régulièrement. Après tout, il a sûrement changé. Mais plus son regard détaille le visage fermé du père de son fils, plus elle réalise que ses espoirs ne sont que des nuages de vide. Alors elle se sent faiblir, elle qui ne faiblit jamais. Elle a l’impression de s’effondrer. Et d’une manière assez surprenante, elle commence à pleurer, en silence. Elle laisse les larmes couler sur ses joues plusieurs secondes, puis elle les essuie d’un geste vif. « J’ai pas le droit d’être faible Kane. J’ai pas le droit. Je suis sa mère, il a besoin que je sois forte. Et toi, t’as pas le droit de jouer au con ! Tu comprends ? » Elle s’approche de lui, assez rageusement, laisse son poing s’écraser faiblement contre son épaule. « Il a besoin de toi ! Il a besoin de son père ! Et moi aussi j’ai besoin de toi. » Et elle se laisse tomber contre Kane, plaquant son visage contre son torse. La vérité, c’est qu’elle est épuisée. Ça fait trop longtemps qu’elle a besoin de lui. Peut-être qu’elle aurait dû rester finalement. Peut-être qu’elle s’est trompée, et qu’elle n’a jamais eu les épaules pour tout ça…
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MessageSujet: Re: that was love and it's an ache i still remember. (kane)   Sam 1 Aoû - 18:12

Les mots se fracassent sur lui, le cinglent et le laissent vide, paumé, incrédule. Il peut pas avoir un fils. Il peut pas, y a pas de raison logique, y a pas de règle, mais il sait qu'il peut pas avoir un fils. Il l'aurait découvert, si elle avait été enceinte. Ils vivaient ensemble, putain de merde. Ils partageaient pas seulement leur appartement, ils vivaient ensemble, ils dormaient ensemble, baisaient ensemble. Comment il aurait pu rien voir ? Kane voudrait bien trouver un truc aussi cinglant à lui répondre, ou la traiter de putain de folle, mais il l'a jamais vue aussi sérieuse que ça. Si, une fois, quand elle a dit que c'était fini entre eux avant de se barrer comme une furie, la lèvre en sang. C'était juste après le coup de trop, le coup de rage, de haine qu'il avait pas pu contrôler. Le truc avec Malo, c'est qu'elle fait jamais ce qu'elle dit qu'elle va faire. Combien de fois elle lui a sorti qu'elle allait se casser, pour finalement venir se lover contre lui une fois la tempête passée ? Mais quand elle le regarde froidement, sérieusement, et qu'elle dit quelque chose, il sait que c'est vrai, qu'elle déconne pas, qu'elle le fera. Alors il lui viendrait même pas à l'idée de douter de ce qu'elle raconte. Mais, parce qu'il n'est pas un con dont on peut se foutre, il ne peut retenir une répartie cynique. « Qu'est-ce qui me dit que t'as pas ouvert tes cuisses pour un autre mec, hein Malo ? » Qu'est-ce qu'elle en sait, que c'est le sien ? Elle s'est pas tapé de mecs, depuis qu'elle s'est barrée ? Peut-être même qu'elle le faisait avant, quand ils étaient encore ensemble. Il a toujours eu des doutes – par parano, plus que par réel fondement – alors rien ne dit qu'elle soit pas en train de la lui faire à l'envers, histoire de noyer le poisson. Peut-être que le vrai père a pas voulu lui filer de thunes, et qu'elle croit que lui pourra le faire. « Je sais que je t'ai blessée Malo, putain, je le sais. Mais un gosse, vraiment ? T'as pas trouvé autre chose pour me rendre la pareille ? » C'est ça. C'est forcément ça. Elle essaie de se venger de lui. Elle a entendu qu'il sortait de taule, et s'est dit qu'elle allait venir le tourmenter, histoire d'enfoncer bien profondément le message. Et il voudrait s'en convaincre, vraiment, parce que c'est la solution de facilité, que Kane a jamais été rien d'autre qu'un lâche se cassant dès que ça devient difficile, mais elle parle de son fils – leur fils ? - avec un tel amour que ça peut pas s'inventer. Il le sait, parce qu'elle en parle comme il a toujours rêvé qu'on parle de lui. C'est à ça que ça doit ressembler, l'amour parental. Pas à l'ersatz d'amour auquel il a eu droit avant qu'on décide que y avait rien à sauver chez lui. « Pourquoi t'as rien dit Malo ? Si j'avais su... » S'il avait su, ça aurait rien changé. Peut-être bien qu'il l'aurait pas frappée, ouais, mais c'était que la goutte d'eau dans leur couple. Il était casse-gueule, ce couple, bancal, pas sain, il était fait pour se planter dans les grandes largeurs. Là, c'était Malo et le coup parti trop vite, mais ça aurait fini par être autre chose. « J'ai jamais voulu te faire de mal » qu'il dit, plus calmement, débordant de sincérité. Il a jamais voulu le faire, mais il l'a fait quand même. S'il était un mec rationnel, il comprendrait pourquoi elle s'est barrée en découvrant qu'elle était enceinte. Mais lui, il est pas rationnel. Il l'a jamais été et le sera jamais, tout ce qu'il voit, c'est qu'elle l'a privé de son droit de père pendant tout ce temps. Peut-être que rien de tout ça serait arrivé, s'il avait su et qu'elle lui avait donné sa chance. Peut-être qu'il aurait fait un père à peu près décent, peut-être qu'il aurait arrêté ses conneries. Mais Malo, elle a pas réfléchi aussi loin, et elle s'est barrée en le privant de la seule chose qui pouvait le rendre un peu meilleur. « J'ai pas le droit ? J'AI PAS LE DROIT ? » qu'il rugit, faisant trembler les murs de l'appartement. « Parce que toi t'avais le droit de me prendre MON gosse, Malo ? De te casser sans rien dire avec MON gosse, sans rien me dire ? T'avais aucun droit, et tu l'as fait quand même. Et maintenant quoi, tu te ramènes chez moi pour me balancer la bombe et me demander d'être un PERE ? T'as jamais voulu que je le sois, sinon tu te serais pas barrée, mais maintenant faudrait que j'arrête les conneries pour ta petite gueule ? » Il se tait, fixe Malo, partagé entre la surprise, l'appréhension, la colère. Il sait pas comment réagir, y a pas de guide pour ce genre de moment. Le retour de Malo, découvrir qu'il a un gosse qui sait même pas qu'il existe... Elle, elle a eu le temps de s'y faire à cette idée. Lui, il a jamais su faire les bons choix aux bons moments, comme est-ce qu'il pourrait faire le bon choix là, tout de suite, sans avoir eu le temps de s'y préparer ? Malo s'écroule contre lui, et il reste là, les bras ballants, incapable de savoir ce qu'il faut faire. Finalement, par habitude, par réflexe presque, il l'entoure de ses bras, pose son menton sur sa tête. « Qu'est-ce que tu veux que je fasse, Malo ? Je peux pas devenir père du jour au lendemain... » dit-il, doucement. « Putain, mais pourquoi t'as rien dit ? Pourquoi ? J'aurais pu... j'aurais pu changer. Tu le sais que j'aurais pu, hein Malo ? » Il sait pas s'il aurait pu réussir, mais il aurait pu au moins essayer.
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MessageSujet: Re: that was love and it's an ache i still remember. (kane)   Mar 11 Aoû - 4:02

« Qu'est-ce qui me dit que t'as pas ouvert tes cuisses pour un autre mec, hein Malo ? » Elle encaisse, en silence. Elle se prend les remarques de Kane dans la gueule, trop épuisée pour réagir. Trop épuisée pour s’énerver. Alors elle serre les poings, respire péniblement, tente de ne pas craquer. Mais elle sait qu’elle ne tiendra pas, que ce n’est qu’une question de minutes, de secondes. Malo, elle sait qu’elle n’a rien de ces héroïnes de films qu’ont l’air de porter le monde entier sur leurs épaules. Elle aimerait bien pourtant, leur ressembler, avoir cette force pour de vrai au lieu de seulement faire semblant. Mais elle n’est pas née avec, c’est ce qu’elle se dit. C’est juste comme ça. « Je sais que je t'ai blessée Malo, putain, je le sais. Mais un gosse, vraiment ? T'as pas trouvé autre chose pour me rendre la pareille ? » Y’a tout qui se brise à l’intérieur d’elle au fur et à mesure des paroles de Kane. Elle a l’impression d’être ravagée par un tremblement de terre interne. Son coeur se brise et s’effondre, ses poumons vacillent et s’émiettent. Tout se brise, plus rien ne tient. À part ses jambes. Elles tiennent, encore un peu, alors Malo reste debout. Debout mais immobile. « Pourquoi t'as rien dit Malo ? Si j'avais su... » Elle espère un instant que la tempête est passée. Que Kane s’est calmé, qu’il va lui prêter son épaule pour qu’elle puisse un peu s’appuyer sur lui. « J'ai jamais voulu te faire de mal. » Calmement, il lui dit ces choses qu’elle a tant rêvé qu’il lui dise. Ces choses qu’elle a imaginé à maintes reprises. Et secrètement, elle attend la suite. Des excuses, qu’il exprime ses regrets et aussi les espoirs qu’il a encore pour eux. Peut-être une étreinte. Mais elle est naïve Malo. Elle est naïve d’y croire encore. Sauf que c’est plus fort qu’elle. Kane, elle l’a aimé si fort. Et Milo, il est ce qu’elle a de plus cher. Alors évidemment, elle rêve de pouvoir les réunir, d’une certaine manière. Peut-être pas comme une famille ordinaire, mais elle est certaine qu’il est possible de trouver un truc qui leur convient. C’est à ça qu’elle s’accroche, Malo. C’est à ça qu’elle s’accroche naïvement. Mais la tempête Kane souffle une nouvelle fois, et Malo lâche prise, elle vacille. « J'ai pas le droit ? J'AI PAS LE DROIT ? » Elle ne serait pas surprise qu’il lève à nouveau la main sur elle. Elle s’y attend presque, quelque part. « Parce que toi t'avais le droit de me prendre MON gosse, Malo ? De te casser sans rien dire avec MON gosse, sans rien me dire ? T'avais aucun droit, et tu l'as fait quand même. Et maintenant quoi, tu te ramènes chez moi pour me balancer la bombe et me demander d'être un PERE ? T'as jamais voulu que je le sois, sinon tu te serais pas barrée, mais maintenant faudrait que j'arrête les conneries pour ta petite gueule ? » Elle le regarde longuement, puis elle essaie d’ouvrir la bouche, d’articuler une réponse. Mais y’a rien qui vient. Elle a plus la force de lui faire face, elle a plus la force de lutter contre son courant. Alors elle se laisse tomber contre lui. Un dixième de seconde, elle a peur. Elle se demande s’il va la rattraper, si elle peut avoir confiance en lui. Et elle se retrouve finalement contre son torse. Ça lui fait du bien, de le sentir là, tout près d’elle. Elle ferme les yeux, instinctivement, essaie d’oublier, de reprendre son souffle, de calmer ses larmes. Elle sent ses bras qui l’entourent, et y’a tout un tas de souvenir qui reviennent. Se retrouver contre lui, c’est comme une madeleine de Proust. En un instant, elle se souvient de tout. Du parfum qu’il portait à l’époque, de la façon dont il caressait ses cheveux, de la chaleur des nuits passées entre ses bras. « Qu'est-ce que tu veux que je fasse, Malo ? Je peux pas devenir père du jour au lendemain... » Il a raison, et elle le sait. « Putain, mais pourquoi t'as rien dit ? Pourquoi ? J'aurais pu... j'aurais pu changer. Tu le sais que j'aurais pu, hein Malo ? » Elle reste là, les yeux fermés. Aurait-il pu changer ? Elle en sait rien. Peut-être qu’elle n’en était pas vraiment convaincue à l’époque, et peut-être que c’est pour ça qu’elle est partie. Parce qu’elle savait que tout ça faisait partie de lui, et que ça ne partirait jamais. Malo finit par rouvrir les yeux, et elle pose son oreille contre le coeur de Kane, comme pour vérifier. Il bat. Kane a un coeur, un coeur qui bat. Elle le savait, mais l’entendre la comble d’un quelque chose qu’elle ne saurait pas décrire. Alors elle relève la tête vers lui, tout en restant blottie entre ses bras. « Tu sais bien que je ne t’ai jamais trompé Kane… » Elle le regarde, fixement. « Et peut-être que tu ne le réalises pas encore, mais Milo est un cadeau du ciel. Je sais que tu l’as pas voulu… Qu’on l’a pas voulu… Mais il est là, et je ne te remercierai jamais assez pour ça… » Un soupir s’échappe d’entre ses lèvres, mais Malo ne détourne pas le regard du visage de Kane. « Je suis désolée. Je suis désolée d’être partie. J’ai eu peur Kane, quand tu m’as frappé, j’ai eu si peur. Je ne voulais pas qu’il lui arrive quelque chose, pas à lui. J’aurais pu rester toute une vie à tes côtés s’il n’avait été question que de moi. J’étais prête à sombrer, tant que je sombrais avec toi. Mais il aurait été égoïste de l’entrainer avec nous. » Doucement, elle approche sa main du visage de Kane. Elle hésite un instant, et laisse finalement ses doigts dessiner le contour de sa mâchoire. Sa peau semble si dure, comme impénétrable. Elle pose ensuite sa main contre sa joue l’espace de plusieurs secondes, et la laisse retomber dans le vide. Il était son noyau, sa maison. « Est-ce que je peux dormir là ? » Malo baisse la tête. Elle avait prévu de trouver un hôtel, ou de dormir à l’aéroport. Mais elle voudrait rester là, près de lui, le retrouver ne serait-ce qu’une nuit.
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MessageSujet: Re: that was love and it's an ache i still remember. (kane)   Ven 14 Aoû - 20:08

Il a encore du mal à y croire, Kane. Il a entendu, bien entendu, mais c'est comme si quelque chose s'était bloqué pour faire la liaison entre ce qu'il entend, et ce qu'il comprend. Un gosse. Un putain de gosse dont il est le père sans même le savoir. Comment elle peut lui avoir caché un truc pareil ? C'est pas un petit truc qu'on peut faire disparaître comme ça, l'air de rien, c'est pas un secret insignifiant, c'est son fils et ça fait remuer quelque chose en lui. Il a beau agir comme si rien ne l'affectait, jouer les brutes au cœur de pierre, Kane est capable d'aimer. Démesurément même. Comme avec Malo, qu'il a aimée plus que beaucoup de femmes pourront jamais se targuer de l'être. A l'infini, et même ça ça veut rien dire. Alors ouais, peut-être bien qu'il s'y prenait mal, qu'il le montrait pas assez, ou bien mal, mais il l'aimait. Et il l'aime encore, Malo. Il a encore dans sa table de chevet une bague en argent qu'il voulait lui offrir quelques semaines avant qu'elle se barre, en lui demandant de l'épouser. C'était son grand geste romantique de preux chevalier, de type au cœur gonflé d'amour mais qui a jamais su comment le manifester correctement. Elle le saura jamais, Malo, qu'il voulait lui prouver, pour de vrai, qu'elle était la femme de sa vie. Tout ça lui paraît bien pâle, en comparaison avec le fait d'avoir un enfant, ensemble. Il a l'impression de voir défiler devant ses yeux le film de sa vie, sauf qu'il en serait le téléspectateur, plutôt que l'acteur. Il pense à tous ces moments qu'il aurait du avoir, avec elle, avec lui, et dont elle l'a privé sciemment. Il a pas vu grossir son ventre, il a pas envisagé de transformer une partie de la chambre en nurserie de fortune, il a pas songé à tout ce qu'il aurait à faire pour accueillir un gosse comme il se doit, ni même à changer de job pour s'éviter les problèmes. Il s'est pas battu avec Malo pour savoir quel prénom lui donner, l'a pas vu naître, faire ses dents, commencer à marcher, peut-être même qu'il sait déjà parler. Elle lui a volé des mois de la vie d'un autre, sans lui demander son avis, sans lui laisser le choix. Il est pas rancunier, Kane, mais il lui faudra plus que les paroles menaçantes pour envisager de pardonner. Elle a beau lui dire qu'ils ont besoin de lui – une prise de conscience bien tardive qu'il songe avec amertume – et qu'il a pas intérêt à foirer, lui il voudrait répliquer que c'est peut-être elle qui a foiré. C'est trop facile, de venir chez lui, lâcher une bombe du genre et ensuite le menacer. Sans parler de tous ces mois d'absence, de silence, quand elle a décidé de sortir de sa vie. Lui il l'a pas menacée, et pourtant, il aurait bien eu besoin de savoir qu'elle l'attendrait, une fois sorti de prison. Mais y a pas eu de Malo, encore moins de Milo, y a eu que lui et l'éternelle solitude. Ca lui posait pas de problèmes, ça, à Malo, elle s'en foutait bien de savoir qu'il pouvait être en train de crever quelque part dans la rue. Malo, c'est qu'une putain d'égoïste. « Je lui aurais jamais fait du mal, Malo, arrête tes conneries. Je suis pas un monstre et tu le sais. Tu m'as poussé à bout, j'allais mal, c'était un accident. » Alors ouais, peut-être qu'il aurait du y réfléchir à deux fois et pas se laisser guider par les pulsions comme il le fait à chaque fois, peut-être que ça aurait changé des choses, mais Malo a gardé le silence même avant ça. Pas une seule fois elle s'est dit que ça pourrait être bien de le prévenir qu'il allait être pire, qu'il le veuille ou non. Il aurait compris, Kane, il aurait changé. Bien sûr qu'il aurait changé. Il aurait été un père décent, il le sait. Les émotions le submergent, c'est trop d'un coup. Malo de retour, un enfant dans sa vie, et elle qui se presse contre lui comme elle le faisait avant. Il la laisse faire, voudrait croire pendant un instant qu'elle lui promet de revenir avec lui, mais la réalité le frappe : elle lui en a pas parlé. Elle a pas dit, à aucun moment, qu'elle venait pour le retrouver et se remettre avec lui. « Tu sais bien que j'aurais jamais levé la main sur lui. Tu m'as même pas laissé une chance de te prouver que je pouvais être un type bien, Malo. T'as pensé qu'à ta gueule, sans même te demander ce que moi ça m'aurait fait. Ouais j'avais pas prévu d'être père si vite, mais ça veut pas dire que j'y avais jamais pensé. Y a un tas de trucs auxquels j'ai pensé pour nous, et toi... toi tu t'es juste barrée en me laissant dans la merde. » La vérité, c'était que sans elle, il avait perdu tous ses repères. Il s'était retrouvé en prison parce qu'elle était partie, et qu'elle l'avait fait sombrer. C'était peut-être elle, la plus violente des deux, même si elle l'a jamais cogné, elle. Malo demande si elle peut rester dormir, et Kane hésite. « Je sais pas Malo... qu'est-ce que t'attends ? Si c'est juste pour remuer le couteau dans la plaie et te casser demain matin l'air de rien, je crois pas que ce soit une bonne idée. » Il lui en coûte de dire ça, parce qu'il voudrait juste la retrouver, la prendre dans ses bras, dormir avec elle, comme s'ils étaient encore ensemble, encore ensemble et heureux. Mais il veut pas se faire de faux espoirs, et Malo, elle est forte pour ça.
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MessageSujet: Re: that was love and it's an ache i still remember. (kane)   Mar 13 Oct - 3:53


« We had forever, we never got it together. I waited for you, for you I made it better. They kept telling me that it was unlikely. All I had to do was keep you beside me. Something's not right, there aren’t many stars in the sky tonight. Something's not right, there’s another mistake but it’s dark outside. And I feel a weight in my heart tonight. »



« Je lui aurais jamais fait du mal, Malo, arrête tes conneries. Je suis pas un monstre et tu le sais. Tu m'as poussé à bout, j'allais mal, c'était un accident. » Elle l’a toujours su, qu’il n’était pas un monstre. Qu’il n’était qu’un volcan, calme et rassurant par moment, mais toujours à deux doigts d’exploser. Mais pourtant, elle est partie. Elle a pris la mer à la première tempête, au premier coup de tonnerre. Parce qu’elle a eu peur, que son coeur s’est affolé et qu’elle a cru manquer d’air. Elle voulait lui offrir une belle vie, à son fils, à son Milo. Une belle vie avec une mer paisible et bleue turquoise, sans trop de vagues, pour qu’il puisse apprendre à vivre sans frayeurs. Elle a pensé à rien d’autre qu’à lui, qu’à lui qui prenait vie sous son nombril. Elle n’a pas pensé à Kane, elle n’a pas pensé à elle. « Tu sais bien que j'aurais jamais levé la main sur lui. Tu m'as même pas laissé une chance de te prouver que je pouvais être un type bien, Malo. T'as pensé qu'à ta gueule, sans même te demander ce que moi ça m'aurait fait. Ouais j'avais pas prévu d'être père si vite, mais ça veut pas dire que j'y avais jamais pensé. Y a un tas de trucs auxquels j'ai pensé pour nous, et toi... toi tu t'es juste barrée en me laissant dans la merde. » Ça lui fait mal, y’a son coeur qui prend l’eau, les larmes qui lui montent aux yeux. Elle lui en a toujours voulu à lui, aveuglément. Mais c’est elle, c’est elle la coupable. Elle s’en rend compte au fur et à mesure des mots de Kane. C’est à elle qu’elle en veut, maintenant. Sa disparition est la pire tempête que leur couple a subie. Milo aussi, il l’a subie. Il ne s’en rend pas compte, pas encore, mais il l’a subie. Grandir sans son père. Il n’aura jamais de photos de Kane et lui à la sortie de la maternité, n’aura jamais la chance d’entendre son père lui raconter les larmes qu’il a versées au moment de couper le cordon. Malo a créé un vide, un trou noir dans les souvenirs de son fils, et de Kane aussi. « Tout est de ma faute Kane, tout… J’ai jamais voulu ouvrir les yeux sur la vérité, je me suis toujours montrée forte, intouchable, parce que j’avais peur de ça. Peur de réaliser que la seule fautive dans l’histoire, c’était moi. » Elle reste contre lui mais baisse la tête, tout en lâchant un soupir. Y’a des larmes qui perlent ses joues, à nouveau. Des larmes d’eau salée qui lui laissent un goût amer sur les lèvres. Et c’est la nostalgie qui finalement, la pousse à lui demander si elle peut rester pour la nuit. « Je sais pas Malo... qu'est-ce que t'attends ? Si c'est juste pour remuer le couteau dans la plaie et te casser demain matin l'air de rien, je crois pas que ce soit une bonne idée. » Elle acquiesce, le visage triste, les joues humides. Elle aurait dû se douter que c’était pas une bonne idée, que même s’il lui manque, il est dangereux de retoucher au passé. Elle aurait tant aimé pourtant, s’endormir contre lui, protégée par ses bras. Elle aurait tant aimé le retrouver, le retrouver pour une nuit mais se laisser bercer par l’illusion d’un toujours inaccessible. « Je voulais juste… » Soupir. « Je voulais juste te retrouver, au moins pour cette nuit. M’endormir contre toi, une dernière fois. » Elle hausse les épaules, maladroitement. « Mais ce n’est pas grave… » Elle passe rapidement le dos de sa main sur ses joues pour sécher ses larmes, puis relève le regard pour le plonger dans celui de Kane. Elle regrette de l’avoir perdu. Elle a toujours eu ce sentiment inexpliqué tapissé à l’intérieur de son coeur. Elle sait ce que c’est, maintenant. C’est Kane. Le manque de lui. Incessant. Et tous ces regrets qu’elle voudrait pouvoir effacer. Mais il est trop tard maintenant, trop tard pour revenir en arrière. Elle en a envie pourtant. Elle en a besoin. Alors elle l’embrasse, délicatement, et brièvement. « Tu mérites de trouver une fille bien Kane. Une fille qui partira pas à la première secousse. » Elle pose une main sur sa joue et le regarde, longuement. Puis elle s’éloigne de lui, et s’approche de la porte de son appartement, prête à s’en aller. « Je ne viendrai pas seule la prochaine fois. » Elle sourit, doucement, et tourne la poignée. En cet instant précis, elle espère encore qu’il la rattrape et la garde contre lui. Mais Malo a pris la sale habitude d’espérer l’inespérable.
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