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Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.

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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède. Mer 12 Aoû - 19:11




Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.

Maintenant que j’y pense, nous avons laissé nos bagages à l’hôtel. Certains en tous cas, de crainte d’être repérés et par manque de temps. Nous avions heureusement nos effets les plus importantes avec nous : portefeuille, des bribes du dossier en cours qui nous permettront de reprendre du début sans avoir à réfléchir trop longtemps sur les fondements de nos informations, un peu de liquide pour Leyla, nos armes…mais nos vêtements ? Pour ma part, je n’avais déjà pas emmené grand-chose, mais maintenant, je n’avais plus rien à me mettre. Et il était impossible que je garde ces lambeaux de tissus encore longtemps. Ils étaient imbibés de sueur, maculés de sang et tâchés de boue. Mieux valait s’en débarrasser le plus tôt possible. Pavel m’avait pratiquement ordonné de dégager lorsque nous nous sommes vus. Il avait tenu à m’aider à sa manière, en éliminant toute trace de notre passage : empreintes sur les meubles, traces de bagarres, le reste de nos affaires…Tout était redevenu comme avant, ou presque. Pas le choix, je suis obligé de ressortir. Une fois dans la chambre, je dépose donc nos maigres provisions sur le petit bureau, à savoir des barres chocolatées pour la plupart, et ressors. De toutes façons, la salle de bain est encore occupée.

Une fois à l’extérieur, je prends mes précautions pour ne pas être repéré par un agent de police, ou les services d’électricité et autres ambulanciers, débordés par ce temps. Je me suis toujours demandé comment certaines personnes pouvaient avoir l’imbécilité de se trouver dehors et se faire happer par le vent, la pluie ou les eaux, lorsque la Nature fait son œuvre. Je fais maintenant officiellement partie de ces imbéciles et je crois comprendre. Evidemment, toutes les boutiques sont closes, la plupart protégée par des portes métalliques ou une alarme. Tant pis, je n’ai pas le choix. Il arrive que certaines cloisons soient plus accessibles que d’autres, notamment sur l’arrière des bâtiments. Bingo, celui-ci fera l’affaire. Un coup de coude, quelques débris de verre en plus dans le bras – vu le nombre d’entailles que j’ai déjà, je ne voyais plus la différence – et je pénétrais à l’intérieur de la boutique, me dépêchant de récupérer quelques vêtements, avant de filer le plus discrètement du monde. Entre-temps, je m’arrête à un magasin chinois – les seuls qui seront toujours ouverts même après la fin du monde, et achète une grande bouteille de jus afin de nous désaltérer. Fasciné par la tempête, le chinois s’est dépêché de vendre, sans même faire attention à l’acheteur, et au fait qu’au regard de mes faibles économies, je cache également sous ma chemise deux sandwichs crudités. Nous avions besoin d’un repas plus consistant que quelques barres chocolatées, mais ayant promis à Connor de ne plus jamais voler de ma vie, j’ai tout de même un petit pincement au cœur en songeant que je venais de rompre cette promesse, même si ce n’était que pour une demi-baguette.

Le bureau fait désormais office de buffet. Et le principe qui veut que les femmes prennent plus de temps sous la douche s’avère exact, Leyla n’y est toujours pas sortie. Ou alors, c’est qu’il y a une autre pièce dans cette chambre que je n’ai pas encore visité. Remarquez, j’étais trop crevé pour protester. Un simple mouvement devenait une torture, agrémenté par une odeur plus que suspecte qui me donnait la nausée, des élancements à l’arrière du crâne et l’impression que mon cœur allait exploser. Gêné dans mes gestes par cette chemise poisseuse qui me collait littéralement au corps, dessinant autant le moindre des mes muscles que retraçant le chemin parcouru par le sang découlant de mes blessures, je l’arrachais pratiquement de mon torse pour la balancer dans un coin de la pièce, m’asseyant après quoi contre l’un des murs de la chambre afin de ne pas salir le lit par ma crasse. Grimaçant sous la douleur engendrée par ce mouvement, je patiente, immobile, le temps que Leyla ressorte de la salle de bain. Les jambes repliées devant moi, mes bras reposant sur mes genoux, je regarde un point invisible face à moi, en proie à toutes sortes d’idées négatives, mais parfaitement incapable de les décompter et de me concentrer sur la réalité objective de la journée que nous venions de passer. En attendant, je venais de me rendre compte que ça avait été une bonne idée de faire un peu de shopping. Même si, pour être tout à fait sincère, ce n’était pas la première pensée qui me vint à l’esprit en la voyant revenir dans la chambre. Silencieux, je me surprenais à apprécier la vision de l’une de mes chemises sur son corps à moitié dénudé. Surpris qu’elle ne porte pas de pantalon, mais loin d’être gêné ou indifférent. Si elle m’avait dévisagé à ce moment-là, sans doute aurait-elle remarqué que mes yeux parlaient pour moi, à défaut de mes lèvres, toujours closes. Par ailleurs, je descendais rapidement sur ses jambes, et après les avoir longuement admirées, fronçais les sourcils devant l’étendue de ses hématomes. Quel imbécile, j’aurais dû prendre une pommade pour soulager ses bleus. « Mm. » Oui, je vais aller me doucher. « Je nous ai pris des sandwichs et du jus de kiwi. J’espère que vous aimez. De toutes façons y’avait plus que ça. » C’était ma façon à moi d’enterrer la hache de guerre : lui proposer un jus dont j’ignorais totalement le goût. En me relevant, une nouvelle grimace fait son apparition, rapidement chassée de mon esprit après avoir croisé le regard de la jeune femme. « Inutile, je vais bien. » grognai-je en récupérant ma chemise étalée par terre pour me diriger vers la salle de bain. « Ah oui, et je vous ai pris… » Je me retourne sommairement pour aviser sa tenue actuelle. « …un truc plus confortable. Je pense que c’est votre taille. » Une paire de baskets neuves, un pantalon style legging de couleur noir, une tunique et une petite veste assortie. Sans oublier…les sous-vêtements. Je m’étais d’ailleurs empressé de rejoindre la douche pour éviter que Leyla ne découvre ces derniers en ma présence. Même si je m’étais fait plaisir en lui achetant un ensemble nuisette très affriolant qui, j’en étais persuadé, allait l’agacer au plus haut point. Je suis tout à fait conscient que je suis un sexiste, macho et adorateur de la gent féminine uniquement dans le plaisir qu’elle peut lui procurer mais pensant qu’elle ne peut servir qu’à ça, et j’en suis fier, autre chose ?

Les doigts appuyés contre le mur carrelé de la douche, mes omoplates adossées à l’autre paroi en verre, je profite de ces quelques minutes de répit pour me délester de mes inquiétudes quant à notre avenir commun. Il y avait tellement à faire, tellement de risques… Maigre réconfort que de savoir que la douleur physique surpassait peu à peu la douleur psychique. Si l’eau nettoyait mes plaies à, et apaisait mes sens, elle déchirait aussi ma chair à vif, m’obligeant à serrer les dents et à rouvrir les yeux pour me concentrer sur l’instant présent. Le savon est pire, car il est constitué de produits chimiques qui agressent la moindre particule de mon corps qui ne soit pas protégée par de la peau. Bientôt, je suis obligé de sortir, propre, mais mal au point. Je n’aurais peut-être pas dû refuser son offre de regarder mes blessures, finalement. Je vois dans le miroir que certaines parties sont décharnées par endroit. Il y a celles qui ne me sont hélas pas accessibles, dans le dos notamment. Ce ne sont heureusement pas les plus douloureuses quoique peut-être impressionnantes à voir. Bof, j’ai l’habitude maintenant. S’il y a bien une partie de mon corps qui soit recouverte de cicatrices en tous genre, c’est mon dos. Certaines longues, d’autres plus courtes, la plupart profondes et qui ont toutes mal cicatrisées, laissant apparaître avec le temps des boursouflures ici et là. C’est pour les dissimuler aux yeux des plus émotifs que je me suis fait tatouer par-dessus. Un tatouage qui s’étend sur toute la longueur, du haut des épaules au bas de la colonne vertébrale, représentant un loup noir, seul en plein cœur d’une immense forêt de sapins. Sur mon torse, j’ai fait graver « I.L.Y.T. » près de mon cœur, tandis que sur le long de mes bras, on peut lire plusieurs inscriptions. Une en anglais, les autres en russe. Autour de mon poignet, le prénom de ma fille ainsi que sa date de naissance : 2008. J’avais aussi les prénoms sur mon avant-bras, toujours orthographiés en russe et petits caractères, de Pavel, Joe, Sophie, Connor et Camille.

Revenant à la chambre après avoir enfilé un bas de jogging ample, j’hésite un bon moment avant de me lancer. « Finalement, je veux bien que vous vérifiez qu’il n’y a pas trop de dégâts. » rectifiai-je d'une voix grave. Reste d’orgueil ou méfiante véritable, j’ajoutais aussitôt « …mais seulement si vous me laissez voir pour vous d’abord. » A prendre, ou à laisser.

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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède. Mer 12 Aoû - 20:30

Psychologie : maladie qui se fait passer pour un remède
benedikt & leyla



Sandwichs ? Qui avait parlé de sandwichs ? Soudain, son estomac sembla avoir la réponse appropriée, grommelant bruyamment en lui tordant au passage les boyaux. Elle avait une faim titanesque. Et c’était peu dire. Depuis combien de temps n’avaient-ils rien avalé ? Au moins autant de temps que leur absence de sommeil. Et s’il y avait une chose qui n’était jamais altéré chez Leyla, c’était sa faim. Sa mère l’avait toujours surnommée le ventre sur pattes. Et son anciens fiancé se plaisait souvent à se moquer d’elle elle la surnommant le « petit dinosaure » lorsqu’il voyait ce qu’elle était capable de manger (surtout le matin), par rapport à sa corpulence toute fluette. Pour sa défense, elle dépensait énormément d’énergie, et devait donc compenser d’une manière ou d’une autre. Le seul moyen de calmer Leyla, ou de hisser le drapeau blanc lors d’une bataille, c’était de lui donner de a nourriture. Son petit point faible. Et oui, et oui. « Je crois que je pourrais avaler un orang-outan. » Sous-entendu : idée ingénieuse d’avoir ramené de la nourriture, quelle qu’elle soit. « Voire même, un orang-outan, et sa réserve annuelle de bananes. » Sous-entendu : merci, le geste était appréciable, et j’en oublie ce que je dis à cause des grondements de mon estomac. Elle oubliait d’ailleurs leurs tensions, et tout ce qui pouvait aller avec. Elle s’apprêtait d’ailleurs à s’emparer de l’un des deux sandwichs, lorsqu’il eut l’amabilité de lui montrer un autre petit sac, avec des vêtements. Son sourcil gauche se haussa. A ça, ce n’était pas idiot non plus. « Ah … Merci. Oui je pense que ça devrait aller. » dit –elle en avisant d’un œil sommaire la tenue qu’il lui avait dégoté. Tout ce qu’elle ne mettait jamais habituellement. Mais bon, pour l’instant ça ferait l’affaire. Et puis, à la limite, pour rester à l’intérieur, ce serait confortable. Et qu’est-ce que c’était que … « Sérieusement ? » avisa-t-elle en levant à hauteur de ses yeux les sous-vêtements. Un soutient gorge, un boxer saillant, passe encore. Mais c’était quoi cette nuisette franchement ? Il s’attendait à ce qu’elle lui fasse un show ? « Bah voyons. » lâcha-t-elle un brin médusée, levant les yeux au ciel. Les hommes, tous les mêmes. Et évidemment, alors même qu’elle voulait demander à l’intéressé s’il avait un compas dans l’œil lorsqu’il s’agit de décolletés féminins, ce dernier avait disparu. E.v.i.d.e.m.m.e.n.t. Hum.

A la fois amusée et en même temps agacée, Leyla mordit rageusement dans son sandwich. Elle avait surement ce sentiment parce qu’elle n’avait pas mangé depuis des lustres, mais ce sandwich lui apparut pendant quelques instants comme le meilleur sandwich crudités qu’elle ait jamais mangé. Et ce jus de kiwi … Pas mauvais ma foi. Une fois à peu près rassasiée (quoi, ce n’était pas juste un hors d’œuvre ?), elle jaugea une dernière fois le sac de vêtements, puis se décida à enfiler une partie de ce qu’il lui avait ramené, à savoir : les sous-vêtements, la tunique, et le legging. Oui, c’était un peu grand, mais davantage à sa taille que la chemise. Leyla se lança ensuite dans une exploration de la chambre. Chose rapide dans la mesure où elle n’était pas bien grande. Par chance, elle réussit à mettre la main, dans un placard, sur un kit de survie. Dedans, on pouvait trouver du désinfectant, des compresses, de la pommade pour les bleus, des pansements, et quelques bandes. Elémentaire, mais qui leur serait très utile.

« De toute façon, ce n’était pas une question. » lui dit-elle alors qu’il ressortait de la salle de bain. Elle n’avait pas pris le temps de lui répondre plus tôt, trop préoccupée par autre chose, mais elle comptait bien vérifier que ses blessures étaient superficielles. Elle ne voulait pas avoir à l’emmener à l’hosto inopinément ou le voir tomber dans les vapes sans prévenir. Et inutile de vous rappeler que lorsque Harrows avait une idée en tête, il était difficile de la lui déloger. « Comment ça moi d’abord ?! Je n’ai rien moi, que des blessures superficielles, inutile de … Vérifier. » Aux vues du regard qu’il lui lançait, elle comprit qu’il était aussi têtu qu’elle, et qu’elle n’arriverait à rien si elle n’y mettait pas du sien. Sauf que … cela la gênait un peu. Lui semblait à l’aise avec son corps, et ses … marques. Il semblait même les avoir apprivoisées. Ce n’était pas son cas. Elle se montrait le moins possible en général. Le regard fuyant durant quelques instants, puis se rappelant qu’il l’avait vu entrain de péter un plomb, elle se dit que c’était plus humiliant à ce moment-là que maintenant. « Bon … Très bien. Mais après vous n’avez pas intérêt à vous défiler. Sinon j’vous jure que … bref. Voilà la crème. J’dois avoir pris un coup dans la colonne, au milieu du dos. Merci à vous pour ça d'ailleurs ! » De toute façon, il avait des yeux pour voir. Lui tournant le dos, elle ôta alors simplement son haut. Sans s’en rendre compte, ses épaules s’étaient courbées dans une position de replis, comme une technique de défense inconsciente … ou de gêne. Et effectivement, les dégâts récents étaient moindres, mais les plus anciens, eux … Si le haut du dos était relativement épargné, le bas quant à lui, était ravagé. Par endroit, les cicatrices étaient encore rougeâtre, boursoufflées. On voyait que l’os avait dû être atteint. Sur les hanches, deux cicatrices incurvées rigoureusement parallèles. Comme si on avait voulu dessiné quelque chose sur sa peau. Et juste sur le côté, au-dessus des hanches et sous les côtés, une brûlure en forme de chiffre, le chiffre 3, comme si on l’avait marquée, comme l’on marque les bêtes qui s’en vont à l’abattoir. « Faites vite, j’ai froid. » lâcha-t-elle comme simple excuse, trouvant le supplice de l’observation plus intolérable que la douleur des coups eux-mêmes. Une fois qu’il eut terminé, elle s’empressa de se rhabiller. « Bon, à vous maintenant. Ils ne vous ont pas raté … » Bon bien sur intérieurement elle évitait de s’inclure dans le « ils », même si il pouvait la remercier pour l’arcade sourcilière et l’arête nasale. M’enfin … elle lui devait bien l’hématome dans le dos, c’était de bonne guerre. Lui intimant de s’asseoir sur le lit, elle commença par lui tâter les côtes. « Dites-moi si je vous fais trop mal. » Et aux vues de sa réaction, ça devait être le cas. « Vous avez au moins deux côtes fêlées, mais il ne semble pas y avoir cassure. » S’attaquant au dos, elle remarqua que sa peau était entaillée un peu partout. Elle prit donc une compresse sur laquelle elle versa du désinfectant, allant d’une plaie à l’autre en ignorant ses jurons ou autres protestations. Elle s’attarda aussi à mettre de la pommade sur les contusions qu’il avait dans le dos, parcourant ses cicatrices une à une en se demandant intérieurement comment c’était arrivé. L’idée du tatouage était astucieuse, elle dissimulait plutôt bien les égratignures. « Votre corps est une histoire à lui tout seul. » murmura-t-elle, comme pour elle, n’attendant pas forcément de réponse. « Le tatouage est magnifique. » dit –elle avant de reprendre sa tâche silencieusement. « La blessure que vous avez, sur l’abdomen. Le sang a coagulé, mais elle est profonde. Il faut recoudre, sinon, au moindre faux mouvement, vous allez perdre encore du sang. » lui dit-elle, en farfouillant pour voir si elle ne trouvait pas un petit kit de couture comme on en trouvait parfois dans les hôtels pour repriser des vêtements. Elle en trouva un dans la table de nuit, avec des petits fils de couleurs. « Bon … Rose ou vert ? » Bon, ce n’était peut-être pas le moment de plaisanter, hum.



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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède. Mer 12 Aoû - 22:20




Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.

Un quoi ? C’est pas un animal ce truc là ? Désolé, mais le chinois c’est pas mon truc. J’étais un surdoué en science, en chimie, tout ce qui concerne le nucléaire, mais en revanche pour ce qui est littérature, animaux, ou comportements socialement admis, j’étais une vraie nullité. A chacun son domaine. C’était peut-être ça la culture générale, mais du moment que j’assurais dans une branche, je ne voyais pas l’intérêt d’être doué dans toutes les autres, à moins biensûr pour tenir une conversation, mais étant donné que je n’étais pas un individu sociable, cela ne me posait aucun problème de ne pas savoir que la Terre tourne autour du soleil ou que Debussy était un composeur de musique français de renommée mondiale. Ou qu’un orang-outan mange des bananes… Ce pourquoi je me gardais bien de tout commentaire en la matière, feignant de ne pas m’intéresser à son babillage alimentaire pour me rendre sous la douche, et de retenir un sourire malicieux en l’entendant découvrir ses sous- vêtements. Je sais, j’ai beaucoup de goût en la matière…

Revenu de la salle de bain, quelques gouttelettes perlant encore ici et là, je lui jette un regard qui en dit long sans pour autant répliquer lorsqu’elle a l’audace de croire que je me serais laissé inspecter sous toutes les coutures sans protester. Je vais faire comme si je n’avais rien entendu, pour éviter un nouveau bain de sang. Par contre, si je dois passer à la loupe, honneur aux dames, je regrette. Elle peut d’ailleurs lire dans mes yeux que c’était oui ou rien. Personnellement, ne pas me faire soigner ne me pose aucun problème, puisque ce n’était pas la première fois et que j’étais – ou voulais le croire – solidement constitué. En revanche, elle semblait y tenir, et l’était sûrement beaucoup moins. Ce qui justifiait ma demande qui, au-delà de l’aspect « contrepartie », signifiait que je me souciais réellement de son bien-être, même si je ne l’avouerais jamais en ces termes. Ouiiii…sinon quoi ? Vous allez encore essayer de m’étrangler ? faillis-je lui répondre avant de me raviser pour attraper le tube de pommade qu’elle me tendait. « Vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous-même. C’est vous qui m’avez attaqué la première je vous ferais remarquer. » répliquai-je le plus naturellement et calmement du monde en me plaçant dans son dos. Je dus cependant me rendre à l’évidence : je n’appréciais pas du tout ce que j’avais sous les yeux. Ces marques qui s’étendaient dans son dos. Si aucun son de mes lèvres ne s’échappa, je n’en demeurais pas moins coupable et conscient du mal que je lui avais causé, et c’est désireux de me faire pardonner, à ma manière évidemment, que j’étalais par petites doses la crème sur ses hématomes, frôlant plus que frottant pour éviter qu’elle ne souffre davantage d’une main peu habituée à offrir des caresses. Soudain, absorbé par ma tâche, je descends un peu plus bas, près de ses hanches, contemplant une marque que j’étais certain de ne pas lui avoir faite. Des signes plus anciens de maltraitance, des cicatrices encore fraîches. Je savais biensûr qu’elle avait vécu des moments particulièrement rudes, même si cela faisait partie intégrante de sa profession, mais je n’imaginais pas qu’elle ait été marquée de la sorte. Certes, j’avais déjà constaté certaines cicatrices lorsqu’elle était sortie de l’eau du lac, à Sausalito, mais là… ce chiffre. Comme une signature de son agresseur. La marque de son territoire posée. La précision du geste et la profondeur de l’entaille me laissait supposer de la douleur qu’elle avait dû ressentir à ce moment-là, et du plaisir de son bourreau à la faire hurler. En proie à un instinct meurtrier à l’égard de celui qui osait s’en prendre à plus faible que soit, mais peut-être encore plus parce que maintenant que je la connaissais mieux, je ne pouvais que constater le lien qui nous unissait et la sympathie que j’éprouvais pour elle, je n’avais qu’une idée en tête à ce moment-là : la vengeance. Alors même que je ne l’avais jamais rencontré. Qu’il ne m’avait rien fait. Perdu dans mes pensées, je ne m’étais même pas aperçu que je m’étais aussitôt immobilisé, que mon index et mon pouce encadraient sa cicatrice, et que j’avais lâché le tube de pommade que je tenais alors dans l’autre main. Ce n’est que lorsque mon inconscient entendit vaguement la protestation de Leyla que je revins à la réalité, la laissant rabaisser son haut, et lui tournant le dos à mon tour après m’être installé sur le lit. [color=#009900« Ca va. »[/color] Lui dire si ELLE me fait mal ? J’en aurais presque ri si son intention n’avait pas été aussi attentionnée. « Ok, donc j'en ai 10 qui sont plus ou moins correctes. Ca devrait le faire. » Pas de cassure, donc pas d’hôpital. Dieu merci, je hais les hôpitaux. « C’est quoi ce produit ? » Ca piiiiqqueee. Je n’ai pas pu retenir un léger soubresaut lorsqu’il est entré en contact avec ma chair à vif. L’alcool, c’est mieux au fond de la gorge.

La tête penchée en avant, les bras repliés sur mes cuisses, je grimace de temps en temps devant l’odeur et les picotements dus à l’antiseptique mais me garde cependant d’y faire allusion devant Leyla. Et puis, ce n’est ce à quoi je pense actuellement. Sa cicatrice me reste en mémoire, je m’interroge, conscient que mes questions n’obtiendraient sûrement pas de réponse, ou alors un mensonge. « Merci. » répondis-je, distrait lorsqu’elle me complimente sur mon tatouage. « Il vaut peut-être mieux que je m’allonge, ce sera plus simple pour vous de recoudre. » C’est dire à quel point e me fichais royalement de ce qui se passait, je n’avais même pas protesté alors qu’elle s’apprêtait à enfoncer une aiguille sous ma peau. « Vert ! » Là par contre, la réponse avait fusé, sans comprendre l'humour derrière la question. « Vert. Vert, c’est très bien. » marmonnai-je en évitant le contact visuel. Non, le rose ne m’effraie pas. Une couleur n’est pas censée être effrayante, n’est-ce pas ?

Etendu le long du lit, de profil, ma tête reposant dans l’une de mes mains, appuyé sur un coude, je demeure silencieux encore une fraction de secondes, le temps que l’aiguille entre en contact avec ma peau, que je soupire pour dégager mes poumons d’une montée de stress aussi soudaine qu’éphémère, et l’une de mes mains devient tout à coup tactile. Curieuse. Etonnement douce et agile lorsqu’elle relève le haut de sa tunique. Mon index se perd à nouveau dans la contemplation de ce chiffre, le retraçant tout doucement sans s’inquiéter de savoir si son propriétaire sera puni pour son audace. « Mon chiffre préféré, c’est le 8 personnellement. » arguai-je sur un ton très calme en apparence. Je finis par la libérer de mon tâtonnement pour lui jeter un regard empli de curiosité, ajoutée à une sincère compassion. « La personne qui vous a fait cette cicatrice, vous l’avez attrapé ? » soufflai-je en croyant deviner la réponse à cette question. « Je ne prétends pas vous connaître suffisamment pour savoir tout de vous, mais je sais que vous ne méritez pas ça. » Avait-elle compris où je voulais en venir ? Non, sûrement pas. Mes propos étaient trop vagues pour une parfaite compréhension. Car biensûr, nul ne méritait pareil châtiment. Ce que j’avais voulu dire, c’est qu’elle ne méritait pas la douleur qu’elle subissait encore aujourd’hui, par ses cauchemars, la folie furieuse dont elle avait fait preuve à mon égard et qui m’avait donné une idée du mal dont elle était issue. « Je sais que mes méthodes ne vous plaisent pas, mais si quelqu’un m’avait fait ça, la justice d’une bande d’hommes en robe ne me suffirait pas. » Et là, la question sous-entendue derrière : et vous, que ferez-vous lorsque vous l’aurez retrouvé ?

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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède. Jeu 13 Aoû - 10:13

Psychologie : maladie qui se fait passer pour un remède
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« Vous êtes gonflé. » maugréa-t-elle d’une demi-voix en ayant bien envie de lui remettre sa main dans la figure. Sa faute ? Non mais c’était l’hôpital qui se foutait de la charité. D’accord, elle avait peut-être un peu forcé, mais c’était lui qui avait commencé à lacérer le visage de l’homme … Bref, il serait difficile de lui faire entendre raison là-dessus, elle avait sa fierté, et un orgueil démesuré après tout. Agacée, elle eut presque envie de le questionner quant à son amabilité soudaine, alors même que quelques heures plus tôt il menaçait de lui mettre une balle, ou de la torturer de quelques manières. Non franchement, elle avait du mal à comprendre. Trop épuisée pour se poser des questions, elle se maudit intérieurement d’abdiquer si rapidement, et se jura de lui faire payer plus tard … d’ici une heure … Bon peut-être deux. Quoiqu’il en soit, tandis qu’il lui étalait de la crème sur ses contusions, Leyla ne bronchait pas, n’esquissant pas le moindre geste qui montrerait qu’elle avait mal. En réalité, elle ne sentait pas grand-chose. Son dos avait été déjà tant malmené, que sa sensibilité de ce côté-là était moins accrue. A croire que le corps avait une mémoire, et qu’il savait déployer des barrières pour se protéger. Même quand il s’attarda sur ce chiffre marqué dans son dos, elle ne broncha pas, même si intérieurement elle eut envie de se dégager, et d’aller se cacher. Elle se souvenait encore de la façon dont elle avait reçu cette marque … A cette pensée, elle déglutit, et la douleur du fer chauffé à blanc qui entre en contact avec la peau glacée lui revint en mémoire. Elle déglutit. Son corps fut parcouru d’un spasme léger. Heureusement il avait terminé. D’un geste machinal elle ramassa le tube qu’il avait fait tombé, constatant avec une certaine curiosité que ce n’était pas de la pitié qu’elle voyait dans son regard … Davantage de la colère. Elle aurait aimé le rassurer à ce sujet, mais n’en eut pas le courage.

« Ne faites pas le malin, vous avez eut de la chance que les côtes ne perforent pas les poumons, ou autre chose de ce goût-là. » bougonna-t-elle en faisant exprès de poser son coton sur une plaie à vif, histoire qu’il se rappelle que ses blessures n’étaient pas si anodines que cela. « Hum… Oui allez-y. Et interdiction de gigoter, sinon vous allez vous retrouver avec une broderie à la place d’une cicatrice nette. » le menaça-t-elle, l’aiguille à la main brandie comme un objet dangereux susceptible de répandre le chaos. D’ailleurs, elle la désinfecta en la passant sous l’alcool. « Très bien très bien, ne vous énervez pas, allons-y pour vert. » Un sourire amusé éclaira alors ses traits. Il n’aimait vraiment pas le rose dis donc, un vrai enfant. Quelle que soit la couleur, de toute façon on ne verrait pas grand-chose avec les croutes de sang et autres joyeusetés qui allaient faire leur apparition. Accroupie sur le côté de l’homme étendue, n’ayant jamais vraiment recousu un homme de sa vie, surtout à vif, elle inspira une grande bouffée d’air, serrant les poings fermement quelques secondes pour que ses mains cessent de trembler. Sans le prévenir, et après avoir fait un nœud au bout du fil comme si elle allait faire un collier de perles, elle piqua dans la chair, ayant une petite grimace de dégoût. Très concentrée, trouvant le premier point lamentable mais les autres plutôt satisfaisant (fallait-il faire du point de croix pour que ça tienne mieux ?), elle n’avait même pas sentit sa main relever sa tunique, et son doigt se poser là où il s’était déjà aventuré un peu plus tôt. Ce n’est que lorsqu’elle comprit enfin ses mots que les muscles de son ventre se contractèrent dans un mouvement de recul. Elle dût tirer un peu trop sur le fil à ce moment-là, cela n’avait pas dû lui faire du bien. « Oui et non. » lui répondit-elle sur un ton maussade, comprenant du même coup qu’il n’avait jamais lu son dossier. Cela la rassurait de savoir que certaines archives étaient tout de même bien gardées. « La question n’est pas de savoir si je le méritais ou pas. Qui peut véritablement juger de cela ? Lui, estimait que je le méritais. C’est une raison suffisante … Quoique peu satisfaisante c’est vrai. » Elle entamait le dernier point de suture. Ne manquait plus qu’un petit nœud pour que le tout tienne. Et voilà. « Elle ne m’a pas suffi. » eut-elle pour toute réponse en plongeant son regard dans le sien quelques instants. « Mais ça ne ramènera pas les pauvres filles qui ont eu moins de chance que moi. » Et oui, elle parlait bien de chance. « Je pensais que vous saviez. Toute la presse parlait de cette affaire, que ce soit ici, ou ailleurs … Black Jack. C’est comme ça qu’ils l’avaient surnommé … En huit ans il a fait dix victimes. Je pense que son chiffre idéal était le treize, vu qu’il les numérotait dans l’ordre décroissant. La première, il y a dix ans, portait le chiffre 13 gravé sur le front. Il a évolué entre chaque bien sûr, ils le font tous … Et la presse n’aide pas dans ces cas-là. Ils deviennent célèbres, les gens sont fascinés par eux, les écrivains fabulent à leur sujet … Alors ils s’enorgueillissent, et deviennent de plus en plus théâtraux. De plus en plus difficile à trouver aussi vu que tout le monde s’en mêle. C’était ma première affaire pour le FBI. Je sortais à peine de l’école à l’époque. Je correspondais parfaitement au profil des filles qu’il aimait, alors ils m’ont envoyé comme agent infiltré après que la dixième fille ait été enlevée. » A présent, elle désinfectait juste son travail de couturière pour éviter que la plaie ne suppure, ou s’infecte. Et puis, ça l’éviter de voir son regard. Tout ce qu’elle disait n’avait rien de strictement personnel, ces informations, il pouvait les trouver sur le web. Ce qui s’était réellement passé, dans les détails, elle n’était pas prête à lui en parler. Pas pour l’instant en tout cas. « Il est mort. Du moins … C’est ce qu’ils m’ont dit. Je n’ai pas pu voir le corps à la morgue avant qu’ils ne l’incinèrent. » Elle était en soins intensifs à ce moment-là. C’était-elle qui l’avait tué bien sûr. Mais comment ? Avec quelle férocité ? Suffisamment en tout cas pour qu’elle se dise qu’il n’avait pas pu, humainement parlant, survivre à ses blessures. A moins que … Non ce n’était pas possible. « Et voilà. Comme un sou neuf. » Dit-elle avec une mine satisfaite de son travail. « Bon, un sou neuf c’est peut-être légèrement exagéré, disons plutôt … » Elle fut interrompue par un fracas qui avait eu lieu au dehors. Un coup de tonnerre d’une violence extrême, qui avait dû faire péter le disjoncteur de l’hôtel, si bien qu’ils n’avaient désormais plus aucune lumière. On aurait dit qu’il faisait nuit tant il faisait sombre, et seuls les éclairs qui entaillaient le ciel étaient désormais une source de lumière. « Manquait plus que ça. » bougonna-t-elle en tentant de voir s’il n’y avait pas une lampe torche qui trainait, ou même des bougies. Ne trouvant rien, elle se mit en tailleur sur le lit, fascinée par les éclairs qui perçaient parfois au travers de la fenêtre. « Comment vous … ? » … Avez-été recruté ? eut-elle envie de lui demander. Mais ce n’était peut-être pas le moment propice. « Vous devriez essayer de dormir un peu, la journée a été longue. »




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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède. Sam 15 Aoû - 0:20




Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.

Soupire. Je ne fais pas le malin, je SUIS malin, nuance. Plus sérieusement, je n’aimais pas me plaindre, tout simplement. Encore moins à des femmes, et plus encore si elles me sont « étrangères ». Bon d’accord, j’ai aussi une bonne couche d’orgueil, il faut le reconnaître. A propos de broderie, je venais d’y penser : elle avait déjà cousu des blessures avant moi n’est-ce pas ? Un doute m’assaille tout à coup. Et je fixe intensément ses doigts, l’aiguille et le fil qu’elle tient en main. Ouiii, elle ne se serait pas proposée si elle ne l’avait pas fait au moins une fois…Forcément. La première piqûre est toujours la plus douloureuse. Surtout sans morphine. Encore que ce n’était rien en comparaison de la douleur des coups portés la veille. En revanche, je ressentis un véritable décharge électrique lorsqu’elle tira un peu trop vite et un peu trop fort sur le fil, en guise sans nul doute de punition pour avoir osé explorer sa cicatrice de trop près. Un grognement et un regard noir suffirent à lui faire comprendre que je n’avais pas du tout apprécié le geste.

« Lui. C’était donc un homme. Pourquoi ça ne m’étonne pas… » murmurai-je pour moi-même en grinçant des dents. J’ai beau faire partie du même sexe, il y a des postures typiquement masculines que je ne parviendrai jamais à comprendre ou avec lesquelles je ne coïncidais pas du tout. Ne serait-ce que par l’habituel idée selon laquelle une femme n’est jamais aussi séduisante que lorsqu’elle parle peu, sourit beaucoup et dont la réserve est censée prouver son humilité. Foutaises. Chaque femme et chaque homme est unique. Si nous nous ressemblions tous, quel enfer ce serait de vivre sur la même planète. Aucun plaisir à découvrir l’autre, aucun intérêt à se remettre en question ou à faire la différence. Le monde serait d’un ennui. Quoiqu’il en soit, je venais de comprendre une chose. Mon hypothèse s’était avérée non exacte. Son agresseur n’était plus de ce monde. Parce que si j’avais bien suivi, l’une de ses victimes l’avait envoyé six pieds sous terre. Pourtant, Leyla fait preuve d’une empathie que je peine à comprendre dans sa situation. « Je suis pas beaucoup l’actualité. » Ceci étant un euphémisme puisque les informations m’intéressaient autant que la vie amoureuse des fourmis. « Vous êtes en vie, et c’est ça le plus important. Et puis, vous en avez sauvé deux autres, ce n’est pas négligeable. » résumai-je en fronçant brièvement les sourcils à l’idée que l’homme, puisqu’elle n’avait pu confirmer son identité à la morgue, était peut-être toujours en vie. Non, j’étais sans doute devenu parano avec le temps. Et puis, s’il vivait toujours, il y aurait eu deux nouveaux cadavres depuis, portant les deux derniers chiffres.

Connaissant désormais son dégoût pour la violence physique, voire sans doute psychologique, je décidais d’en rester là sur cette affaire, malgré les compliments qui me montaient aux lèvres, et la considération que je lui tenais pour s’être débarrassé de son agresseur. Après tout, au vu de son comportement il y a un jour de cela, qui aurait pu croire qu’elle était le genre de femme à tuer, même si ce n’était que pour survivre ? « Ca fera l'affaire. » Sou neuf ou vieux gallon, peu m’importe du moment que la plaie est refermée. Et qu’il n’y a pas de rose. Soudain, les lumières du bâtiment s’éteignent, nous enfermant dans le noir total. Régulièrement, les éclairs à l’extérieur viennent illuminer la pièce, nous offrant un spectacle d’une rare violence céleste, mais d’une beauté renversante à mes yeux. La Nature reprend ses droits en de trop rares occasions. Oui, quelle était la question ? Elle n’avait pas fini sa phrase et voilà qu’elle me proposait de …dormir ? C’est une blague. « VOUS, n’avez cas dormir. » marmonnai-je en m’allongeant sur le lit, la tête calée contre un oreiller, et les bras repliés sur mon ventre. D’où lui venait ce besoin de me materner, franchement ? Je n’ai plus 4 ans, et je sais très bien quand j’ai sommeil, non mais !

Pendant plusieurs minutes, un silence entrecoupé par les grondements de l’orage envahit la chambre, avant que je ne me lance, l’observant de mon coin du lit. « Ces cauchemars que vous faîtes toutes les nuits, c’est à cause de ce type ? Celui qui vous a marqué ? » En un sens, j’espérais que la réponse soit positive, ne serait-ce que pour ne pas croire qu’elle avait enduré plus dur encore dans sa vie antérieure, et parce que je savais que l’homme qui l’avait agressée ne pourrait plus recommencer. « Vous n’avez jamais pensé à consulter un psy pour vos problèmes d’insomnies ? » C’était l’hôpital qui se foutait de la charité, je sais. Mais elle, non.  

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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède. Mer 19 Aoû - 11:39

Psychologie : maladie qui se fait passer pour un remède
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Il avait raison sur un point. Oui elle était en vie, mais à quel prix ? Au prix d’une existence tourmentée, peuplée d’angoisses indécises, de tourments non avoués et de peurs imprévisibles. Les souvenirs quant à eux, n’étaient que fantasmes et bribes, dans la mesure où son esprit avait fait le vide sur beaucoup d’images de cette nuit-là. Etait-ce la douleur qui lui avait fait oublier une partie des détails ? Probablement. Le fait est que le plus terrible pour elle, c’est qu’au lieu que les souvenirs précis s’estompent au fil du temps, ceux qu’elle avait oublié au contraire ressurgissaient parfois, et surtout lorsqu’elle dormait. A croire que l’inconscient faisait brillamment son travail. Surprise en tout cas d’avoir pu se « révéler » si facilement à cet homme en lequel elle pensait n’avoir aucune confiance, elle se contenta de lui répondre par un silence entendu. Au moins s’il ne suivait pas l’actualité, il n’aurait jamais entendu toutes les inepties qui avaient pu être dites à l’époque. Cette période de sa vie avait fini par lui faire haïr la presse. Que des fouineurs qui n’énonçaient pas la vérité pour la plupart, mais qui faisaient en sorte de « faire le buzz ». Le but étant bien sûr de vendre le plus possible. Et ce business se faisait au détriment de victimes, et de leurs familles, qui n’avaient rien demandé.

« Je ne me souviens pas … De la façon dont il est mort. » Cet aveu, prononcé entre des lèvres presque close, et le regard scrutant un vide immense au fin fond de sa conscience, révélait un grand trou dans sa propre maîtrise des événements. Elle se rappelait de la violence, elle se rappelait des hurlements de son agresseur, de ses jurons, de son souffle rompu … mais comment en était-elle venue à bout ? Cela elle ne saurait l’expliquer avec exactitude. Son esprit avait fait le vide là-dessus. Elle savait que cela lui reviendrait un jour ou l’autre, que cela soit aujourd’hui, demain, ou dans plusieurs années. Cela lui reviendrait parce que cela faisait partie d’elle. Mais elle n’était pour l’instant surement pas prête à affronter une image d’elle-même d’une violence absolue, proche de la bestialité sordide. Quoiqu’il en soit, elle haussa un sourcil de dépit en le voyant protester face à sa « suggestion ». « Vous êtes vraiment insupportable. » lâcha-t-elle avec une moue dépitée, qui aurait presque prêté à rire. Il contredisait vraiment tout ce qu’on pouvait lui dire ? Apparemment oui. Elle n’avait dit ça que pour son bien, maintenant, qu’il dorme ou non, cela lui était complètement égal. Etant de son côté à bout de force, elle se laissa tomber sur le dos sur le moelleux de la couverture. Ah, enfin quelque chose qui n’était pas hostile. La nuque dans l’oreiller, ayant enfin l’impression que ses muscles pourraient se détendre, elle se sentait déjà partir. Morphée lui tendait les bras, juste là, accueillant et bienveillant. Elle était tellement épuisée qu’elle n’avait même pas peur, comme habituellement, de s’endormir. Et puis il y eu  cette question, au fond de son inconscience. « Ce ne sont pas vraiment des cauchemars, plutôt des associations de souvenirs. » dit-elle d’une demie-voix, les paupières toujours closes. Elle appréciait sa considération à son égard, mais se demandait quand même s’il n’y avait pas une bonne couche de curiosité par là-dessus. « Vous pensez vraiment qu’ils m’auraient renvoyé sur le terrain sans avoir consulté ? » lui répondit-elle avec un sourire en demi-lune, son regard scrutant le plafond. Oh ça oui elle avait consulté. Elle avait suivi une thérapie intensive à l’hôpital psychiatrique pendant plusieurs mois, puis avait été suivie par divers psychologues. Désormais, surtout parce qu’à cause du boulot elle avait des comptes à rendre régulièrement, elle avait des rendez-vous réguliers avec Noah Clives. Le voir n’était pas vraiment une partie de plaisir même si l’homme en soi était charmant. Elle avait toujours trouvé inutile de parler pour parler. « C’est à cause de ce qui s’est passé, pour Tacha, que vous ne dormez pas non plus ? » Elle soupçonnait de plus amples raisons, beaucoup plus profondes, et ancrées, qui expliqueraient ses réactions face aux photographies qu’elle avait montrées en cours, lors de leur première rencontre. Qui expliqueraient aussi les marques qui sillonnaient son corps. Mais répondrait-il ? Elle n’en était pas sure.

Si la discussion était pour le moins intéressante, Leyla se sentait envahir d’une vague de sommeil de plus en plus difficile à combattre. Et avant même qu’elle n’ait conscience de l’heure qu’il était, ou de l’orage qu’il y avait au dehors, ou de son « partenaire » qui parlait peut-être encore, elle s’était endormie. Continuant de lui répondre par bribes de mots sans que cela ait forcément un sens. Comme si une pierre venait de lui tomber sur la tête, elle sombra dans un sommeil profond, s’enroulant inconsciemment dans la couverture en quête de chaleur réconfortante. Elle n’entendait rien, pas même la tempête qui faisait rage au dehors. Ils avaient annoncé que cela durerait quelques jours, avec parfois des accalmies. Un temps idéal pour récupérer. Et avancer sur leurs recherches.





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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède. Lun 7 Sep - 23:32




Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.

Ce n’était pas plus mal en fin de compte. Ne pas se souvenir des morts. Pour ma part, je ne rêvais que de ça. Enfin, de Tacha plus précisément. Pour les autres, et peut-être que la preuve était faite effectivement de ma psychopathie clinique, je n’avais jamais aussi bien dormi que de les savoir six pieds sous terre. Cependant, et peut-être que c’était là où Leyla voulait en venir, il est difficile de clore un chapitre lorsque l’une des pages est manquante. Tacha par exemple, je savais quelle était morte, je savais comment, mais je ne l’avais pas vu mourir. Comme si un infime espoir subsistait même après avoir vu son cadavre calciné, il m’arrivait de me dire que ce n’était qu’un cauchemar, que je me réveillerais tôt ou tard et que je la trouverai confortablement assiste dans le salon, un livre à la main et notre fille en train d’aspirer goulument le lait maternel. C’était la raison pour laquelle je sursautai toutes les nuits, en âge. La douleur d’un drame, d’une plaie non refermée. La culpabilité d’un homme qui pense que sa présence ce soir-là aurait tout changé, incapable de fermer le livre pour débuter une nouvelle histoire. Quoiqu’il en soit, il était tard et j’étais fatigué. Je n’avais pas sommeil, j’étais juste…las. Les membres endoloris par les précédents coups que j’avais reçus principalement dans l’abdomen, un mal de crâne qui me donnait envie de taper sur tout ce qui bouge …heureusement qu’il y avait la tempête là dehors pour calmer mes ardeurs. Ce que d’autres appellent mauvais temps, la pluie, la grêle, les tempêtes de neige, les ouragans, bizarrement je les avais toujours accueilli avec plaisir. Non pas seulement parce que l’été je me transformais en écrevisse, mais parce que j’avais l’impression d’être dans mon élément. Un tsunami qui grondait en moi, et que je parvenais à contenir grâce à l’ailleurs. Allongé sur le lit, contemplant l’eau qui ruisselait contre les vitres, je soupirais à la réponse formulée de ma partenaire. « J’en sais rien. Ils vous ont quand même envoyé ici alors qu’ils savaient qui était le tueur de ces couples. Je dis pas que tout votre service est pourri jusqu’à la moelle, mais j’ai l’impression qu’ils comptent plus sur vous que vous ne pouvez compter sur eux. » lâchai-je en toute sincérité. Ce qui valait aussi pour moi, soit dit en passant. Ainsi donc, elle avait été voir un psychiatre. Je me demande si le sien est plus compétent que le mien. Quoique…non. Forcément que non, vu qu’elle était toujours insomniaque. Parait qu’il faut du temps pour que ça se répare à l’intérieur de notre tête. Dommage, je n’ai jamais eu beaucoup de patience, et j’ai horreur qu’on joue dans ma cervelle. En attendant, j’avais hésité quelques minutes avant de lui répondre concernant Tacha. Avait-elle oublié qu’elle ne pouvait pas me faire confiance, ni moi pour elle ? C’était bien cette promesse implicite que nous nous sommes faite il y a à peine quelques heures, non ? « Oui, en partie oui. Disons que...je me sens coupable de ce qui est arrivé, même si mon psy dit que j’ai rien à me reprocher. » soupirai-je, presque surpris par ma propre honnêteté sur le moment.

« Et puis, je vous ai dit que j’ai une fille. Elle a six ans, et j’ai pas été …disons que j’ai jamais été un père très présent. » C’est un euphémisme, étant donné que je ne l’avais pas vu grandir. Parti un an après sa naissance, revenu six ans plus tard. Peu importe, elle ne m’écoutait déjà plus, emportée par Morphée alors que j’avais le dos tourné. C’est à peine si j’entendais sa respiration à mes côtés. « Bonne nuit…Leyla. » Attrapant un pan de la couverture, je l’étalais aussitôt sur son corps, afin qu’elle soit plus confortable et ne prenne pas froid pendant la nuit. Quant à moi, j’attendis encore quelques instants, le temps d’admirer la fureur de la Nature à l’extérieur des murs, avant de me laisser bercer à mon tour jusqu’au pays des songes.

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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède. Mer 9 Sep - 11:26

Psychologie : maladie qui se fait passer pour un remède
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Envahie par une torpeur devenue incontrôlable, elle avait entendu ces derniers mots, mais avait à peine eut le temps de les appréhender. Elle y repenserait probablement le matin venu, ou plus tard … Allez savoir. Mais rien ne tombait dans l’oreille d’une sourde lorsqu’il s’agissait de Leyla, elle perdait rarement un instant de cogiter. Mais il y avait un temps pour tout, et la journée avait vraiment été éprouvante, tant au niveau physique qu’émotionnel. Pendant quelques heures, comme rassurée inconsciemment de ne pas être seule, elle dormit d’un sommeil juste, et lourd. D’un sommeil qu’elle n’avait pas connu depuis très longtemps, et qui lui permit au moins de récupérer de leur journée éprouvante. C’était sans compter la phase de sommeil plus léger, où les rêves dont on se souvient font leur apparition.  Mais alors que d’habitude elle se sentait plonger en eux la tête la première, avec une force et une intensité réaliste émotionnelle indicible, cette fois-ci, elle n’eut que des flashs succincts, des images trop rapides pour qu’elles lui donnent une impression de réalisme. D’habitude, ses rêves la faisaient délirer dans son sommeil, et elle se réveillait la plupart du temps transpirante de sueurs froides, tétanisée. Cette fois-ci, ses paupières s’ouvrirent d’un seul coup, et elle se retrouva nez à nez avec le blanc délavé du plafond au-dessus d’elle. Tout doucement elle repoussa la couverture, endolorie de partout à cause des événements de la veille. Assoiffée, elle avait même oublié la présence de Benedikt. Les yeux encore dans le vague, elle se dirigea machinalement vers la salle de bain où elle se servit un verre d’eau.

C’est alors qu’elle entendit une sorte de gémissement. Ou était-ce un cri plaintif ? Elle ne s’y était tellement pas attendue, encore dans la torpeur du sommeil, qu’elle eut un sursaut qui lui fit lâcher son verre sur le sol. Poussant un juron de mécontentement en maudissant ses nerfs, elle se baissait pour ramasser les éclats de verres éparpillés sur le sol (et dont certains allaient finir dans ses pieds nus si elle ne faisait pas plus attention), lorsque les plaintes continuèrent. Entrecoupées par une respiration altérée, elle entendait des bredouillements (ou étaient-ce des jurons ?), voire même, des grincements de dents (ou du moins ça y ressemblait de loin). Les sourcils froncés, elle se releva doucement, posant délicatement les éclats de verre sur le rebord de l’évier. D’un pas feutré elle retourna dans la chambre, ne faisant aucun bruit, observant l’homme étendu sur le lit avec de plus en plus de peine. Mais ce n’était pas de la pitié … Elle avait en quelque sorte mal pour lui. Plongé dans une sorte de transe, il était livide et trempé de sueur. Elle connaissait cet état, savait quel sentiment il procurait, ais ne l’avait constaté chez quelqu’un d’autre. Et chez lui, les crises nocturnes avaient l’air particulièrement violentes. Aux vues de la couleur des draps, par endroit rouges vifs ou rosés, il avait dû rouvrir sans s’en rendre compte la plaie qu’elle lui avait recousu plus tôt à l’abdomen. Ne pouvant tolérer plus longtemps de le voir dans pareil état, Leyla s’approcha doucement, s’agenouillant à son côté sur le lit. Lui secouant d’abord l’épaule, elle constata qu’à part le rendre encore plus furieux, ça n’avait aucun effet. Il commençait d’ailleurs à se tortiller dans tous les sens, ce qui n’allait pas arranger sa plaie ouverte. « Benedikt, réveillez-vous ! » dit-elle au début doucement, sans que cela n’ait aucun effet. Une seconde fois elle réitéra, en haussant la voix. Rien à faire, il était comme en transe. Essayant de l’empêcher de bouger, quasiment à califourchon sur lui désormais tant cela commençait à devenir une lutte plus qu’une tentative de réveil, elle plaça ses mains de part et d’autre de son visage, le maintenant fermement. « Benedikt, tu m’entends ?! Ca va aller, réveille-toi ! Benedikt ! » Il se débattait comme un diable le salop ! Comme si un parasite était en train de l’attaquer dans son sommeil alors même qu’elle essayait de l’aider. Ne sachant plus quoi faire, elle hésita un instant, mais ne trouvant pas d’autres moyens de le réveiller que la méthode violente, elle le gifla, reposant juste ensuite fermement ses mains de part et d’autres de ses joues pour qu’il ne bouge pas. Mais c’était intenable : il ouvrit les yeux, mais sans les ouvrir, comme s’il n’était toujours pas conscient. « Benedikt, ce n’est qu’un rêve !! Réveill … » le souffle coupé, n’ayant pas eu le temps de voir la prise venir, elle sentit une poigne de fer se refermer autour de son cou comme si elle allait le lui briser. Etouffant, se sentant devenir rouge et les larmes lui monter aux yeux, elle parvint quand même à garder ses mains de part et d’autres de son visage, pour le maintenir dans sa rage. « Ben .. Edikt … Rév …eill … » Elle toussota. La prise était trop forte, elle n’avait pas suffisamment d’énergie pour se défendre convenablement. Ses mains quittèrent son visage pour se refermer autour de son avant-bras. Elle ne savait même plus si elle était toujours au-dessus de lui, ou si elle était allongée. Peu à peu elle semblait perdre conscience des sensations, et sa vision se troublait, croisant de temps à autre un regard d’une furiosité incontrôlable … Et incontrôlée.


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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède. Jeu 10 Sep - 21:15




Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.

Les cris. Des visages qui m’encerclent. De la fumée partout. Un bébé qui pleure. Une bagarre qui dégénère. Un coup de feu qui traverse le torse d’un homme sans visage. Une femme qui hurle. Etendu sur le lit, livide et nerveux, les membres tremblants et le front en sueur, je gémissais dans mon sommeil, inconscient de l’endroit où je me trouvais, des cauchemars qui hantaient cette nuit, comme toutes les autres. A peine quatre heures du matin, il faisait encore noir à l’extérieur. La tempête, alliée des orages tournoyait toujours dans la ville, éparpillant, brisant et emportant tout sur son passage. Les fenêtres vibraient avec fracas, la pluie ne s’était pas arrêtée de la nuit. J‘avais l’impression que l’atmosphère s’était appesantie, que l’air était plus lourd que d’ordinaire. Une chaleur de bête qui me rendait plus fiévreux encore que je ne l’étais déjà. Dans ma douleur psychologique, j’avais rouvert mes plaies à force de gesticuler et de repousser mon ennemi invisible à bout de bras. Les nerfs à vif, j’entendais une voix qui me parlait, de très loin, et que je peinais à comprendre. Amie ou ennemie ? Le brouillard dans lequel je nageais m’empêchait de faire la différence. Si bien que je ne désirais que m’enfuir, ou me battre. Finalement, ce fut ses doigts s’abattant sur ma joue qui me contraignirent au réveil. Brutal. Dans la confusion, je m’étais aussitôt jeté sur Leyla, pour me protéger, l’étranglant à demi-ensommeillé après l’avoir faite basculer sous moi. Ce n’est que lorsque je vis ses yeux se révulser, que son visage me revint en mémoire, que je la relâchais, rapidement, presque effrayé par ce que j’avais failli faire. Quittant le lit pour aller m’appuyer un moment contre le mur d’en face, je la laissais reprendre des couleurs, et sa respiration, pendant que la mienne se rétablissait peu à peu. Mon regard par contre, demeurait irrémédiablement troublé. « Ne refaites plus jamais ça ! » m’exclamai-je d’une voix menaçante. Avais-je seulement conscience qu’elle avait failli perdre la vie, par ma faute ? Qu’elle reprenait peu à peu ses forces alors que je ne faisais que l’accuser d’avoir voulu me venir en aide ? Oui, je venais tout juste d’en prendre conscience. Et par culpabilité autant que par fierté, je m’étais aussitôt dirigé vers la salle de bain. Devant le miroir, je m’accroche au lavabo, sans reconnaître totalement l’homme qui me fait face, avant de me passer plusieurs fois de l’eau sur le visage pour tenter de me remettre les idées en place et de paraître moins effrayant que l’air que j’ai actuellement. Après quoi, je respire un bon coup, conscient que j’étais allé trop loin, et retourne à la chambre. Immédiatement, mes yeux se posent sur la jeune femme, et c’est à un bon mètre que je me présente devant elle, les sourcils froncés, mais néanmoins gêné. « Je…excusez-moi, ça va aller ? Je vous ai pas fait trop mal ? » Je ne savais pas trop par où commencer, et je n’étais pas très doué pour faire des excuses. D’ailleurs, il n’y a que vis-à-vis de ma famille que je me prêtais à ce jeu des sentiments. « Il faut éviter de me toucher quand je suis…enfin, vous voyez… » lui dis-je en montrant mon oreiller du menton. « Ca se reproduira pas. » Je ferais en sorte qu’à l’avenir, elle n’ait plus rien à craindre lorsque je fermerai les yeux. Dormir sur le canapé, voilà qui devrait régler le problème. Sauf qu’il n’y a pas de canapé dans cette foutue chambre, évidemment. « Vous…ne dormiez pas non plus ? » osai-je pour changer de sujet. Est-ce à cause de moi, ou parce que comme d’ordinaire, elle aussi avait eu du mal à garder le sommeil très longtemps ?

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