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 Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.

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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.   Mer 5 Aoû - 22:04

Psychologie : maladie qui se fait passer pour un remède
benedikt & leyla

Trois ans plus tôt
L’endroit était sombre, poisseux, austère. Un vulgaire sous-sol, qui aurait pu se trouver n’importe où. Quelques papillons de nuit avaient trouvé refuge le long des parois humides de l’habitacle. Et dans cet antre de l’enfer, une voix androgyne entonnait un air enfantin, de ceux qu’on apprend sur les bancs de l’école, et dont les paroles vous entrent dans la tête sans plus jamais pouvoir en ressortir. « Pussycat, pussycat, where have you been ? … Pussycat, pussycat what did you there ? … I frightened a little mouse … Aah, tu es là ma petite souris. » Une jeune femme rampait sur le sol dans un coin, méconnaissable. Elle cherchait une échappatoire, une porte invisible dans un espace entièrement clos. Les cheveux devant le visage, un œil ensanglanté, seules ses paumes s’agrippaient au sol pour tirer le reste du corps. Certains de ses ongles avaient été arrachés, des phalanges étaient démises. Le seul vêtement qui couvrait son corps frêle était une chemise blanche, déchirée par endroit, complètement salie et tâchée. L’homme s’était accroupi devant la silhouette, il souriait. D’un sourire presque paternel, comme s’il attendait que sa victime se jette dans ses bras à la façon d’une enfant sortant d’une journée d’école, et voyant au loin son père qui l’attend les bras ouverts. « Allez … Vous faire foutre. » maugréa la silhouette avant qu’un rire ne s’échappe de ses lèvres. Un rire dans lequel se mêlaient le mépris, la désolation, mais aussi l’abandon. Un rire qui résonna dans la pièce, avant d’être interrompu par un fracas, et un craquement d’os. L’impact de la barre de fer dans la mâchoire avait fait tomber la victime, la plongeant dans une inconscience momentanée, et finalement bienvenue.




Trois ans plus tard
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Pendant quelques instants, l’esprit de Leyla s’était égaré. Ses yeux scrutaient la silhouette de Benedikt qui chancelait sous les assauts de leurs agresseurs. C’était un cauchemar. Elle devait être entrain de sommeiller, quelque part, dans un endroit fortuit. Ce n’était pas réel. C’est ce que lui avait tambouriné les médecins pendant des mois : « Vos songes ne sont pas réels Leyla, combattez-les, ne les laissez pas vous posséder. » Elle allait se réveiller à tout instant. Cette violence gratuite, c’était sa tête qui la créait, cela n’existait pas. Et pourtant, elle sentait la tiédeur salée de son sang qui coulait dans sa bouche, et les picotements de ses lèvres tuméfiées. Elle ressentait au plus profond de son être la violence des coups encaissés par Benedikt, même si elle n’en était pas la victime. Présente physiquement mais pour autant absente, Leyla n’était pas en état de choc. Elle était dans un état pire que cela. UN état proche de la démence, un état proche de l’abstraction total, et de l’oubli de soi. Intérieurement, elle avait l’impression qu’on lui enfonçait des aiguilles dans les tempes, et elle voulait hurler. Mais son regard demeurait fixe, et ses lèvres closes. Jusqu’à ce qu’elle évoque la perceuse. Qu’elle sous entende une volonté de lui faire du mal. Là son regard bougea, changea de lueur. Un vent de panique la traversa, et elle se rappela de chaque sensation, de chaque blessure. Tremblant de tout son corps, elle comprit à peine ce qui se passa, put à peine tirer des conclusions en voyant la silhouette de Benedikt bondir sur la femme avant qu’elle ne s’écroule. Incrédule, elle le regarda sans vouloir comprendre, sentant sa main sur sa joue, puis quelque chose de lourd entre ses mains, un pistolet. Elle avait même presque oublié comment s’en servir.
Seule dans le hangar, se retrouvant nez à nez avec le corps inconscient de la vieille femme, Leyla mit un moment avant de réagir. Jusqu’à ce que ses idées semblent consentir à s’aligner de nouveau, jusqu’à ce qu’elle se hisse sur ses pieds, empoigne avec une force nouvelle et insoupçonnée les épaules de la femme, et la tire jusqu’à un tuyau, où elle l’attacha solidement. Là, elle la gifla à plusieurs reprises, jusqu’à ce qu’elle reprenne conscience. « Réveillez-vous. Aller. Oui voilà c’est ça. Nous allons avoir une petite conversation toutes les deux. » - « Salope. Qu’avez-vous fait de mon petit ? » lui cracha-t-elle au visage, ne s’étant vraisemblablement pas attendue à un tel retournement de situation. Là, on entendit un craquement, s’était le poing de Leyla qui venait de rencontrer l’arête nasale de son interlocutrice. « Taisez-vous. Vous parlerez pour répondre à mes questions ou quand je vous aurais autorisé à le faire. » « Si vous lui faites quoi que ce soit … Je ne dirais rien, rien. » Leyla était désormais sure d’une chose. Cette femme et son fils n’avaient rien à voir avec le tueur qu’ils recherchaient. Celui qui créait des portraits de familles, qui mutilait des femmes, torturait des maris, et mettait en scène était plus cultivé, plus fin, plus … haut placé. Cette femme savait qui il était, peut-être même était-elle une complice, placée sur leur route pour leur faire croire au subterfuge. Mais elle avait appris des informations classées secret défense et les avait divulguées avec trop d’aisance et de mépris pour être ce tueur subtile qu’ils recherchaient à la base ; quelque chose ne tournait pas rond, elle en était persuadée.

Dehors le vent se levait, la tempête aussi. Deux coups de feu se firent entendre au loin dans l’épaisse forêt, provenant du hangar. Mais qui avait tiré sur qui ? Bonne question. Dans le souffle du vent, sous la pluie devenue battante, ce n’est que plusieurs minutes plus tard qu’un autre cliquetis se fit entendre. « Lâche-le. » Le canon du revolver se posa sur l’arrière de la tête de Benedikt, jusqu’à ce que ce dernier lâche sa prise. « Vous ne pouvez pas le tuer, on a besoin de lui. » ajouta-t-elle alors que la victime commençait à se pavaner et à rire de son adversaire. Leyla le calma tout de suite en lui tirant une balle dans le genou. Un coup qui le fit hurler et chanceler au sol sous la douleur, mais qui n’était pas mortel. « Ce n’est pas eux. Ce ne sont que de pathétiques pions … lui ne sait rien, il est bien trop stupide , mais je suis prête à mettre ma main à couper que la mère sait qui est celui qui créé les portraits de famille. Elle ne parlera que si … » et là, son regard, devenu soudain implacable, se tourna vers le jeune homme qui se tortillait en se maintenant le genoux. « Ce ne sont pas eux. J’en suis persuadée. » dit-elle en le scrutant du regard, tentant de capter son attention le plus intensément possible pour le détourner de sa rage et de ses envies de … Perceuse ? « Fais moi confiance ... S'il te plaît. » osa t-elle ajouter, profondément convaincue que quelque chose ne tournait pas rond avec ces deux là. Il ne devait pas se laisser aller à des envies bestiales de meurtres, ni à la colère, ou la haine. C’était ce que lui, celui qu’ils recherchaient vraiment, voulait. Les pousser dans leurs retranchements pour qu’ils franchissent des lignes, et en oublient l’évidence.




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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.   Lun 10 Aoû - 0:36




Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.

Les feuilles se baladent librement sous les bois. De fins crachats de pluie nous fouettent le visage tandis que la Lune préfère détourner les yeux devant l’orage qui s’annonce. Nous sommes maintenant à bonne distance de la cabane au bout du quai. Personne n’entendra tes hurlements ici, ni les excuses que tu auras l’audace de formuler. Personne pour pleurer ton corps qui aura disparu lorsque j’en aurais fini avec toi. Par deux fois, il avait tenté de me fausser compagnie. La première, en croyant à tort que le pistolet que j’avais ramené avec moi était déchargé, ce qui lui valu une balle dans le genou. La seconde, parce que cet imbécile avait profité d’un instant d’inattention pendant que je tournais la tête derrière moi pour vérifier que nous n’étions pas suivis, pour me foncer dessus, pensant sans doute me sonner de son poids, avant de courir aussi vite que lui permettait sa jambe défaillante. Cette fois, j’avais tiré dans l’épaule, lui promettant de ne viser que des organes non vitaux à l’avenir s’il persistait à vouloir me faire faux bond.

« Arrête-toi. Ici, ce sera très bien. » clamais-je d’une voix grave en l’obligeant à se retourner pour me faire face. Je n’ai jamais compris l’effroi de certaines personnes devant la mort. La recevoir, mais aussi la donner. Personnellement, j’aime pouvoir observer les traits du visage de ma victime se décomposer avant la fin. Voir luire dans ses pupilles dilatées par la peur un dernier espoir, une rédemption pour ses péchés me fait frissonner de plaisir. Sans doute suis-je un peu sociopathe moi-même. Pour ma défense, ce n’est pas moi qui suis né avec cette tare, c’est la société qui m’a façonné. « Je te trouve bien silencieux. Tu avais l’air bavard tout à l’heure. » repris-je en attachant ses poignets dans son dos, puis ses chevilles entre elles, après l’avoir obligé à s’asseoir à même le sol boueux de la forêt. « Pour commencer, je dois reconnaître que je suis impressionné qu’un type dans ton genre en soit arrivé là. C’est vrai, les gens normaux ne reconnaissent pas un artiste lorsqu’ils en voient un, n’est-ce pas ? Moi, je te félicite pour ton travail. C’est un véritable chef d’œuvre, ces corps démembrés, ces enfants arrachés du ventre de leur mère. Peu d’individus auraient eu le cœur ou l’esprit d’aller aussi loin. » « Oui, je sais, je suis un génie du crime. » grommela l’homme avec un sourire malsain sur les lèvres, rapidement perturbé par l’arme blanche que je venais de coller contre son oreille. « Tais-toi, je n’avais pas terminé. Ta mère ne t’a jamais appris la politesse ? On se tait lorsque quelqu’un parle. » Faisant tranquillement glisser mon couteau de son oreille à la base de sa nuque, je taillade par petites tranches la cime de ses lèvres, indifférent aux supplications de l’homme qui se débattait comme un diable face à la douleur. « Où est-ce que j'en étais ? »

A bien y repenser, j’aurais mieux fait d’aller m’exiler en Arctique pour être sûr d’avoir la paix. Mettez une femme dans vos pattes, et voilà ce qui arrive, pas moyen de bosser tranquille. Concentré sur ma tâche, et surtout, à aucun moment n’ayant envisagé que ma collègue ne vienne me déranger alors que je lui avais laissé un jouet pour elle toute seule, je dois reconnaître avoir été étonné par sa soudaine présence, et par le bruit caractéristique de son arme pointée sur moi. Fermant les yeux une première fois afin de dominer la colère qui s’emparait de moi, je fus néanmoins ravi d’apprendre que notre adversaire n’irait plus jamais aux bals par nos soins conjugués. Deux balles dans les genoux, ça vous flingue votre swing, pour sûr. En attendant, je n’appréciais pas qu’on me menace. Verbalement, physiquement ou psychologiquement, l’effet était le même. D’autant plus que je venais de réchapper à une agression qui avait manqué de nous tuer tous les deux, alors autant dire que mes nerfs étaient mis à rude épreuve et que Leyla jouait malgré elle, avec le feu. « Correction, mademoiselle Harrows : VOUS avez besoin de lui. » rétorquai-je en la fixant avec intensité malgré l’obscurité. Elle poursuit. J’écoute, non sans quitter l’autre crétin des yeux une seconde avant de lâcher un profond soupir de mépris. « Je ne vois ce que ça change. Il est hors de question que ces deux-là repartent avec vous. Et quand je dis vous, mademoiselle Harrows, je parle des gens pour qui vous travaillez. » grognai-je en fronçant les sourcils, raffermissant mes doigts autour de mon arme. Lui dire que notre partenariat n’avait été qu’un leurre fomenté par mon agence afin de déterminer les coupables de ces crimes abominables ne faisait pas partie du plan. Ni qu’elle apprenne que je n’étais pas ici pour les ramener, mais pour les liquider. La CIA ne fait pas de prisonnier de guerre. A moins que ceux-ci ne détiennent une information capitale pour l’enquête en cours, ce qui était malheureusement le cas ici. « Fais moi confiance ... S'il te plaît. » Mes yeux se noient dans les siens, avant que je ne lui réponde, sans ciller. « Je n’ai confiance en personne. » Toutefois, réalisant bien qu’elle avait raison, je ne pouvais terminer ma mission de cette manière. « Personne ne savait qui nous étions, exceptés vos collègues de travail. Alors tant qu’on ne saura pas qui nous a trahis, ils doivent rester avec nous. » Soudain, je m’élance, agrippant son poignet, son arme, empoignant son cou et l’un de ses bras pour l’immobiliser. « Et tant que je ne saurais pas qui c'est, je n’irais nulle part, et vous non plus. » ajoutai-je dans un souffle près de son oreille. « La prochaine fois que vous pointez votre arme sur moi, assurez-vous bien de tirer… si vous ne voulez pas devenir ma prochaine cible. » la menaçai-je avant de la relâcher. Conseil, avertissement ou menace réelle ? A elle de décider. De mon côté, j’ai déjà repris la route en sens inverse, traînant à moitié une carcasse agonisante sur mon épaule.  

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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.   Lun 10 Aoû - 10:31

Psychologie : maladie qui se fait passer pour un remède
benedikt & leyla


Il y avait un petit espace en chaque cœur d’individu. Un espace précieux et intime qui définissait qui il était, sa personnalité, ses aspirations, ses raisons d’être. Cet espace était une tour, façonnée de pierres cimentées les unes aux autres. Comme le socle principal d’une âme, cet espace personnel était indispensable, presque vital. La tour de Leyla était devenue avec le temps d’une roche friable, comme de la craie. Effondrée une première fois, brisée par un assaillant trop fort pour elle, elle avait néanmoins réussit à recréer un socle. Un socle solide. Mais autour de ce socle, il n’y avait pour l’heure que des murs fragiles, des façades qui ne demandaient qu’à s’effondrer de nouveau. Ces façades, ce socle, se fissurèrent non pas au moment où il lui rétorqua avec une froideur proche de la bestialité, mais bien au moment où il osa lever la main sur elle, en emprisonnant sa gorge dans sa main puissante. Contre toute attente, comme si sa nature revêche s’en était allée, elle ne s’était même pas défendue. Peut-être cela l’avait-il surpris, peut-être n’avait-il tout simplement pas remarqué, trop aveuglé par la vague de haine et de violence qui l’animait, mais elle ne daigna même pas poser ses mains sur ses poignets pour le repousser. Elle se contenta de la fixer en silence, le regard absent. En le regardant si avide, Leyla venait de comprendre une chose. Benedikt était comme un animal en cage, et là, ils venaient de libérer la bête. Elle ne pouvait rien contre cela. Elle comprenait trop bien le sentiment qui l’animait. Ce qui l’avait brisée par contre, c’était de s’être trompée à son sujet. De lui avoir ouvert une partie de son âme, de lui avoir confié une partie des tourments de son cœur en plaçant en lui et en sa force, une confiance fébrile qu’elle n’avait plus placé en personne depuis des années. En une fraction de seconde, il avait détruit tout ce qu’elle pensait, sur lui, être vrai. Lui avait-il mentit depuis le début sur toute la ligne ? Juste pour la manipuler ? Elle n’avait plus aucuns doutes là-dessus désormais. Et elle se sentait stupide d’avoir été ainsi instrumentalisée. Car il était clair qu’il n’était pas un simple petit biochimiste. Sa première intuition, celle qui lui avait intimé de se méfier de lui dès le début, ne s’était pas trompée. Il était un agent, probablement surentraîné, et trop corrompu par la haine pour se dérober face à une pulsion meurtrière. Quel que soit les enjeux, elle savait que ces individus étaient des machines. Créées par le gouvernement ou non, peu importe. Maintenant, le tout était de savoir pour quel organisme il travaillait. Il pouvait s’agir de la CIA, ou d’un organisme indépendant. Dans les deux cas, s’ils apprenaient qu’elle savait, il était inutile de dire qu’elle était dans de beaux draps, et qu’elle ne ferait pas de vieux os.
Pendant tout son petit monologue, elle était restée silencieuse. Leyla se concentrait sur un espace encore solide de son âme. Mais lorsqu’il la relâcha, démunie, plein de colère, elle ne put s’empêcher de remarquer l’état dans lequel il … Ils même … avaient mis leur ancien agresseur. Serait-elle capable de leur infliger la même chose ? Déjà elle voyait la silhouette de Benedikt repartir dans le sens du hangar. Sa silhouette venait de disparaître au lin, mais ses jambes nues, encore tremblantes, refusaient de la laisser avancer. La pluie devenait de plus en plus droit. Ses membres tremblaient de froid dans cette vulgaire chemise de nuit qui pouvait à peine porter encore ce nom. Elle se sentait si pathétique, si faible. Sans qu’elle ne sache pourquoi, une vague de sanglot nerveux venait de l’envahir. Et pendant quelques instants, quelques minutes peut-être, Leyla pleura. Elle pleura comme une mère à laquelle on vient d’arracher son enfant, comme un père venant d’apprendre que sa bien-aimée ne reviendra pas, comme un enfant tourmenté par ses camarades. Elle pleura, sentant une souffrance longtemps gardée glissée le long de ses joues en se confondant avec la pluie. Quelques instants, elle contempla le pistolet qu’elle avait récupéré plus tôt. Elle le contempla si fixement qu’on eut l’impression qu’elle attendait de lui une réponse. « Pussycat … Pussycat … » continuait-il de chantonner dans sa tête inlassablement. Le revolver la regardait, tentateur. Son regard avait changé. Et soudain, un rire venait de s’extirper d’entre ses lèvres. Un rire qui devenait de plus en plus fort, et de plus en plus nerveux. Elle s’élança finalement à son tour vers le hangar, où l’attendait la vieille femme mutilée aux genoux par les balles qu’elle lui avait tiré, son fils que Benedikt devait être en train de charcuter, et Benedikt, qui avait commis une erreur. L’erreur de la manipuler, et de penser qu’elle se laisserait faire, sans agir. Car s’il avait libéré la bête monstrueuse qui était en lui, il n’avait aucune idée des démons qui étaient en elle.

Entrant dans le hangar, comme prévu, Benedikt était en train de poursuivre l’interrogatoire, torturant le gamin qui peinait à hurler (avait-il encore au moins sa langue ?). Sa mère, épouvantée à côté, n’allait sans doutes pas tarder à cracher le morceau. Dans un silence absolu, comme si elle eut été une petite souris silencieuse qui se faufile, elle prit sur le sol un morceau de chaînes qui traînait. Comme une ombre fugace, elle se glissa derrière Benedikt, qui était bien trop concentré sur sa tâche et aveuglé par sa soif de sang pour l’avoir entendue.  D’un mouvement rapide, précis, et d’une force insoupçonnée, les chaînes passèrent devant son visage et se resserrèrent autour de son cou, venant lui couper la respiration. Presque agrippée autour de son dos comme un parasite, serrant avec une force implacable, elle ne doutait pas un instant qu’il allait se débattre comme un acharné. Elle lâcha donc sa prise, lui envoyant son poing dans l’arcade nasale, et ses genoux entre les côtes avant qu’il n’ait repris ses esprits. Son pied nu vint ensuite frapper une partie très précise de son genou, juste à côté de la rotule, le faisant chanceler en arrière. De là elle se jeta sur lui, ses mains venant à leur tour se refermer autour de sa gorge. Elle savait que cette prise la laissait à découvert, qu’elle était moins vulnérable debout compte tenu de sa corpulence, mais elle prit le risque. « Qu’est-ce que vous allez faire hein ?! Espèce d’enfoiré ! Vous y prenez du plaisir hein ?! A les voir agoniser ?! Ça vous donne la sensation de dominer ?! » Elle le gifla de toutes ses forces, reprenant sa prise avec la ferveur d’un animal de chasse acharné. « Vous n’êtes pas un putain d’animal ! Eux le sont … Eux sont des enfoirés qui jouissent de voir souffrir. Eux sont des putains de sociopathes ! » Ses ongles s’agrippaient presque désormais à sa chair, et elle sentait qu’elle ne parviendrait pas à avoir le dessus très longtemps. Il faisait après tout deux fois sa corpulence. « Qu’est-ce que penserait votre fille si elle vous voyait aujourd’hui ?! Hein ?! Répondez-moi ! » Elle le frappa de nouveau, ne sachant plus trop si elle était désormais dans la défensive ou l’offensive. Jusqu’à ce qu’elle se rencontre que ses côtes étaient douloureuses, et que la bestiole savait se défendre, finalement. Le souffle court, sentant qu’elle avait perdu l’avantage, voire même, que sa fin était compromise, elle ajouta malgré tout. « Vous allez faire quoi ? Me prendre pour cible ? Vous allez me tuer ? De toute façon, ils vous demanderont de le faire lorsqu’ils apprendront que je sais que vous travaillez pour eux. » Une chose était sure, elle n’avait pas peur de lui. Plus maintenant. « Tu vas faire quoi Benedikt, si je ne coopère pas ? Tu vas me torturer ? Tu vas nous prouver que tu ne vaux pas mieux qu’eux ? » Elle avait réussi à s’éloigner, et d’un coup, elle lui présenta ses deux poignets, comme une reddition. « Alors vas-y. Torture-moi si tu y prends autant de plaisir. Je pourrais même te suggérer des astuces à l’oreille. Il les adorait ces techniques là… » De qui parlait-elle désormais ? Il devait le deviner, sans pour autant savoir de qui il s’agissait. « Ce qu’il préférait, c’était le fouet cranté. Parce que lorsqu’il entrait en contact avec la chair, et qu’elle était entaillée, cela faisait une musique … une musique qui allait en crescendo lorsque l’entaille allait jusqu’à l’os. » Pourquoi lui disait-elle tout ça ? Parce qu’elle voulait l’horrifier. Elle voulait qu’il comprenne qu’il ne pouvait pas prendre du plaisir à torturer. Il pouvait haïr, il pouvait désirer la mort, mais aimer faire souffrir pour son propre plaisir, faire preuve de sadisme, ça, c’était la frontière à ne pas franchir entre l’homme et le psychopathe. Et même s’il lui en coûtait de parler de ça, elle savait qu’il comprendrait qu’elle n’imaginait pas. Que ce qu’elle relatait n’était que l’histoire des marques qu’elle portait sur son propre corps. « D’une manière ou d’une autre ils parleront. Mais si les torturer pour qu’ils parlent est pour toi une source de plaisir, tu devras me tuer d’abord pour obtenir leurs aveux. » Elle tolérait l’obtention illégale d’informations, mais certainement pas qu’on prenne plaisir dans ces méthodes.





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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.   Lun 10 Aoû - 13:12




Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.
Mon but, en quittant le coin le plus reculé de la forêt pour retrouver l’humidité pourrissante de la cabane n’était pas de torturer à nouveau mon adversaire. Non pas que je craignais les foudres de ma collègue, quoique sa démonstration de compassion fut touchante, mais si mon ego avait refusé de le reconnaître devant elle, mon instinct lui savait qu’elle avait entièrement raison. Or, la torture, si elle peut faire parler un homme, peut aussi lui faire dire n’importe quoi pourvu qu’on arrête de le charcuter. Il fallait d’user d’autres méthodes, plus psychologiques, et moins physiques. Malheureusement, comme elle devait le soupçonner depuis un moment, la psychologie et moi, ça faisait deux. J’avais encore beaucoup à apprendre sur le sujet, et c’est ce en quoi j’étais heureux, malgré mon apparent dédain, de l’avoir pour partenaire. Moins de muscle et plus d’esprit ne peut pas faire de mal. Sauf quand l’esprit en question n’est pas tout seul dans sa tête. Ce dont je m’étais aperçu trop tard concernant la jeune femme. A peine avais-je posé le pied dans la maison, corrigé le comportement gémissant qui me fatiguait à la longue de l’homme, que je me retrouvais les fers à la gorge, en train de suffoquer, sous le regard paniqué du fils et amusé de la mère qui de son côté cherchait à se rapprocher de son fiston adoré. Qu’est-ce qui lui était passé par la tête ? Regain de folie ou l’avais-je mis en rogne ? Je n’avais pas le temps de réfléchir. Sans doute aurais-je dû lui préciser à notre première rencontre que j’étais cardiaque, et que bloquer ainsi ma respiration pendant trop longtemps risquait de me laisser quelques séquelles. Quoique ce soit le cas pour toute personne qui manque d’air, me direz-vous. En attendant, incrédule face à cette situation nouvelle, je me débattais dans la mesure du possible, mes forces m’abandonnant à vue d’œil, puisqu’éreinté après avoir pratiquement porté à moi seul l’autre diable jusqu’ici, et du fait des ecchymoses et coupures qui marquaient déjà mon corps. Finalement, son poids fut penché la balance en ma faveur. Suffisamment pour que je parvienne à me dégager, à reprendre une bouffée d’air, mais pas suffisamment rapidement pour éviter d’être frappé à nouveau. Son erreur : le faire de front, sans arme, rien que ses deux petites mains d’agent qui serraient fermement ma gorge. Soit, elle savait se défendre j’en conviens. Mais malgré les coups, j’étais un pitbull lorsqu’on s’en prenait à moi. Preuve en est que je suis encore en vie actuellement malgré les épreuves endurées dans ma chienne de vie.

Alors que je m’apprêtais à lui décocher un violent direct au visage, même si je n’étais pas amateur de la violence à l’égard de la gent féminine en règle générale – elle l’avait quand même cherché, non ? -  je me suis arrêté un moment sur son regard, incroyablement instable. Sur la fragilité émotionnelle qui l’habitait à ce moment-là, repérable à des kilomètres à la ronde. Sur le ton de sa voix. Son hystérie. Sa peur aussi. D’ordinaire, on ne tergiverse pas lorsqu’on doit tuer. On joue pour les plus psychopathes, on cogne au plus fort pour les moins expérimentés. Mais en aucun cas on ne cherche à convaincre de sa bonne action. A moins de ne pas savoir. De manquer d’assurance, ou de craindre que son adversaire ne reprenne le dessus. « Oui, j’adore faire souffrir les gens, vous n’avez pas encore compris ? » répliquai-je du tac au tac. On aurait presque pu voir un sourire étirer mes lèvres fendues à ce moment-là. Je la provoquais, délibérément. Jusqu’où irait-elle ? Jusqu’où pourrait-elle aller ? Et quand est-ce que je renverserai la vapeur ? Pourquoi attendre ?

Ce n’était pas tant une question de domination comme elle semblait le croire qu’une façon de se prémunir contre ce type d’agression. D’acquérir de l’expérience sur son curriculum – quelle ironie, hum ? – mais aussi, pour moi, de me protéger. J’avais toujours connu la violence. Je ne dis pas que c’était un moyen de communication, mais c’était quelque chose que je connaissais, et que je maîtrisais. Une force pour moi afin d’avancer dans la vie malgré les épreuves. Je ne suis pas d’un naturel optimiste, je l’ai été fut un temps, mais ce souvenir s’est évanoui à la mort de Tacha. Aujourd’hui, je ne vois que la meurtrissure du monde, la pourriture des êtres sans m’arrêter sur leurs qualités. Me montrer violent n’est qu’une façon de me protéger de ce souvenir. Parce que c’est la pièce manquante du puzzle. Le dernier élément qui saurait me ramener à la raison…vers la lumière. D’ailleurs, une seule personne avait un tel impact sur moi, capable de faire fondre le cœur de pierre qui s’était construit d’année en année. Et cette personne venait d’être évoquée. Elle n’aurait pas dû. Et je venais de comprendre que j’en avais trop dit sur ma vie, ma famille. Répondez à une seule question et voilà qu’on vous renvoie au visage votre propre insignifiance. J’aurais dû me taire à ce moment-là, tout aurait été plus simple. Lui mentir tout à l’heure en prétextant ne faire confiance à personne, alors que je n’aurais jamais dit ce que je lui avais dit si ce n’était pas le cas. Savait-elle seulement qu’elle était la seule, exception faite de ma famille, à savoir que j’étais père ? Et que cette information, elle l’avait su alors que nous ne nous connaissions que depuis un mois ? Et voilà, tout est gâché maintenant. D’un bond fulgurant et précis, je me délestais rapidement de la jeune femme. Désormais au sol, une main empoigna les siennes pour les relever au dessus de sa tête, là où je pourrais les voir, tandis que l’autre appuyait fermement contre son cou. Au dessus d’elle, bloquant ses cuisses des miennes de part et d’autre, je me penche aussitôt vers ses lèvres, tandis que mes yeux lui décochent une flèche de  noirceur. « Je.vous.interdis. de parler d’elle. Ici, dans cet endroit. Je.vous.interdis de parler d’une chose que vous ne connaissez pas, que vous ne comprenez pas. Evoquer encore une fois ma vie privée, et je vous brise en deux. » murmurai-je contre sa bouche en appuyant plus fort sur sa gorge. Là-dessus, je me relève, et me tourne vers les deux autres personnes présentes dans la pièce qui observaient le spectacle d’un air mi réjoui, mi effrayé, les menottant tous les deux à bonne distance l’un de l’autre, faisant fi de leurs protestations muettes, avant de revenir vers Leyla. D’un geste, ma main droite s’empare de ses poignets, tandis que de l’autre main, je lui maintiens solidement l’arrière de la nuque, voire une partie des cheveux pour l’obliger à avancer. « Dehors ! »

Ce n’est qu’une fois à l’extérieur que je laisse exploser ma colère, après l’avoir poussé violemment par terre. Les poings serrés, les épaules légèrement voûtées, en position défensive et le corps tremblant sous les pulsions meurtrières que je peine à contenir, je ne la quitte plus des yeux. Si un regard pouvait tuer … « C’est qui « ils » ? De quoi vous parlez ? » Serait-elle schizophrène ou clairvoyante en plus d’être complètement cinglée ? « Tu aimerais ça ? Que je te torture ? Si tu veux, je peux le faire tout de suite, ça nous fera gagner du temps ! » A mon tour de lui renvoyer l’ascenseur. Un tel comportement n’est pas celui d’un agent, c’est celui d’une personne marquée par la gangrène. Qui a trop souffert par le passé et qui a été incapable de panser ses plaies. Il arrive parfois que certaines personnes ressentent le besoin de retrouver ce qu’ils ont connu, bien ou mal, pour tenter de justifier leurs actions présentes. Leur donner un sens, et mieux assumer les fondations de leur identité actuelle. « Je n’ai pas besoin des conseils d’un pseudo psychopathe pour te faire mal, Harrows. » marmonnai-je simplement alors que mes doutes se confirmaient. La torture, elle y avait déjà goûtée. Et visiblement, ça avait laissé des traces. Indélébiles, peut-être. En tous cas, je n’avais pas l’intention de m’étendre sur ce sujet, ce n’était ni l’endroit, ni le moment. Pour autant, malgré ce qu’elle-même venait de me faire endurer, j’en arrivais à avoir de la compassion, de la pitié pour cette femme. Du respect aussi, parce que malgré son instabilité psychologique, elle avait réussi à s’en sortir, au moins physiquement, et à vivre plus ou moins normalement. Un jour, un jour viendra où nous en reparlerons, mais pour l’instant, je décide de prendre sur moi. Levant mon bras tout doucement, je braque mon arme dans sa direction, sans jamais la quitter des yeux une seconde. « Tu es stupide d’avoir évoqué que j’ai un enfant devant eux. Si jamais il lui arrive quelque chose, je te jure que je te tuerai sans hésitation. » annonçai-je, en apparence plus serein. Abaissant ensuite mon arme que je glisse dans la poche arrière de mon pantalon, je lui lance alors les clés des menottes de nos deux agresseurs, avant de reprendre, d’une voix qui laissait entendre qu’aucune forme de négociation ne serait admise. « Puisque tu n’apprécies pas mes méthodes, notre collaboration s’arrête ici. Je te les laisse, fais-en ce que tu veux, ça m’est égal. Je t’aiderai à les ramener en ville, mais après ça, on se sépare. Chacun ira de son côté. » Je lui montre la camionnette d’un coup de menton, et poursuis. « De toi à moi, j’ai bien l’intention de découvrir le véritable cerveau de cette affaire, et lorsque je l’aurais trouvé, j’espère que tu ne seras sur ma route lorsque je lui logerai une balle dans la tête. Jamais deux sans trois, Harrows. » Enfin, je m’éloigne en direction de la cabane, gardant toutefois le contact visuel avec Leyla, puisque dorénavant je n’avais plus aucune confiance en elle. « A propos, un dernier petit conseil pour la route : ceux qui nous ont tendu un piège n’en resteront pas là maintenant qu’ils savent que leur objectif, quel qu’il soit d’ailleurs, a échoué. Alors si j’étais toi, je serais très prudente dans la version que je donnerais aux flics. » Je devrais sans doute lui conseiller, voire l’avertir que si elle parle de moi dans son rapport d’enquête, elle risquerait effectivement d’attirer l’attention de mes supérieurs. Evidemment, mon avenir au sein de l’agence serait également compromis puisqu’après enquête de son service à mon encontre, on découvrirait qui je suis et ma couverture officieuse tomberait. Toutefois, j’estimais qu’elle était suffisamment grande pour savoir quoi faire, à qui accorder sa confiance, et surtout, n’écouter que son propre instinct plutôt que les conseils d’un homme qui l’avait menacé à de nombreuses reprises.

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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.   Lun 10 Aoû - 14:53

Psychologie : maladie qui se fait passer pour un remède
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Etait-il stupide à ce point ? Il pensait sincèrement que leurs agresseurs ignoraient qu’il avait une enfant. S’ils savaient pour Tacha, s’ils savaient son nom, ils savaient également pour le reste. Il en allait de même pour ses proches à elle. Elle n’était pas irresponsable au point de commettre cette erreur, et mettre la vie d’une petite fille en danger. Et au-delà du fait qu’une barrière de son esprit s’était rompue, s’était aussi la colère qui l’avait animée, et une forme de rancœur. Parce qu’au fil des jours qu’ils avaient passé ensemble, elle avait appris à apercevoir un homme sous un rôle. Un homme qu’elle avait méprisé au début, puis pour lequel elle avait éprouvé du respect, voire même de l’affection. Un homme qui sans même s’en rendre compte, et sous couvert d’un rôle absurde, lui avait appris à sourire de nouveau. Juste pour ça, pour le fait qu’il se soit joué d’elle, pour le fait qu’il se soit retourné contre elle alors qu’elle aurait été prête à le soutenir, voire même  à donner sa vie pour lui s’ils lui avaient fait du mal, elle commença à le haïr. Le haïr non pas parce qu’il avait heurté son orgueil, mais plutôt parce qu’il avait, sans s’en rendre compte, réussi à fissurer son cœur de femme. Un autre individu aurait pu se retourner contre elle, que cela ne lui aurait fait ni chaud ni froid. Mais elle s’apercevait que la colère qu’elle ressentait venait du fait qu’il s’agissait de lui, et pas de quelqu’un d’autre. Il était parvenu à compter suffisamment pour elle pour que son sort, et ses actions lui importent, et réussissent à l’atteindre. Le salopard, il était doué. Il avait bien joué son rôle. Cela, peut-être ne lui pardonnerait-elle jamais. Elle-même ne se laisserait plus avoir. C’était terminé.

« Pauvre imbécile. Vous êtes assez naïf pour croire qu’ils ne savent pas déjà ? » eut-elle le temps de rétorquer pleine de rage, tentant vainement de se défendre même si cela devenait de plus en plus difficile. D’autant qu’elle ne cessait d’attiser les braises du fauve qui la tenait maintenant d’une poigne de fer. Oh elle en avait vu d’autres. Mais d’un autre genre. Et elle avait beau se débrouiller au corps à corps malgré sa silhouette toute menue, il restait un grand gaillard. Ajoutez à cela que la nuit avait été éprouvante, ses forces n’étaient pas infinies. Ses paroles eurent en tout cas sur elle l’effet d’un électrochoc. Son esprit n’était plus apte à faire la différence. Elle était forte, d’une force peu commune. Mais tout le monde sait qu’un être humain peut être brisé, si fort soit-il. Alors qu’il disait cela surement par provocation, pour tester ses limites, elle devenait comme un animal fou en cage que l’on mène à l’abattoir. D’un seul coup, elle devint comme stoïque. Elle le toisa d’un regard qui aurait fait pâlir un mort. On avait presque l’impression qu’elle le défiait. Et puis un sourire proche du sadisme étira ses lèvres, suivit d’un rire nerveux. Elle fit quelques pas sur le côté, puis se figea de nouveau, le toisant de bas en haut. « Non, tu as raison. Tu n’as pas besoin de conseils, tu n’as même pas besoin de me toucher pour me faire du mal. » Il comprendrait peut-être. Ou non. Comprendrait-il que le seul fait qu’il lui parle ainsi, ne serait-ce qu’il ose braver l’interdit en la menaçant, était en soi une douleur pour elle ? Non il ne comprendrait pas. Elle ne voyait désormais en lui plus rien, hormis un traitre. « Plus aucun homme ne peut me briser. » Et c’était vrai. Tant au niveau du corps, que de l’âme, quand vous l’aviez été une fois, vous ne pouviez véritablement l’être une seconde fois.

Soudain fatiguée, accablée par le poids des événements, sa reddition soudaine la laissé pantoise. Elle l’écouta sans broncher, son cerveau reconnectant un à un les fils de la raison et du soupçon de professionnalisme qu’il lui restait. Elle n’avait plus confiance en personne. Ni en lui, ni en elle, ni ceux pour qui elle travaillait. Celui qu’ils recherchaient avait un lien avec son département. Leurs actions, la façon dont tout cela avait tourné, venait de mettre un terme aux responsabilités qu’elle avait eu jusque-là vis-à-vis de lui, mais aussi vis-à-vis de son agence. Qu’avait-elle à perdre si ce n’est une perspective obscure de carrière ? Plus rien. Demeurant quelques minutes à l’extérieur à réfléchir à toute allure, elle rejoignit Benedikt dans la cabane, là où se trouvaient les deux corps. « Que vous le vouliez ou non, sur cette affaire, nous sommes liés. Jusqu’à ce qu’elle se termine. » Il ne comprendrait peut-être pas son changement d’attitude, ce revirement soudain de situation. Mais cette fois –ci, comme lui avec elle un peu plus tôt, elle n’allait pas lui laisser le choix. « Les flics ne sauront rien pour l’instant. Ce serait se jeter dans la gueule du loup. Nous avons une longueur d’avance sur eux dans la mesure où nous savons que le service est corrompu. Si je les livre, ils vont les faire disparaître, et le tueur pourra continuer d’agir en toute impunité. Voire même il essaiera de nous liquider tous les deux. » Elle croisa les bras devant sa poitrine, jaugeant du regard leurs deux otages qui avaient entre temps perdu connaissance du fait de leurs blessures respectives. « Tes méthodes sont à vomir, et rien que de penser que j’ai pu te faire confiance me donne envie de te dépecer. Mais je veux coincer ce salopard autant que toi. Alors que tu le veuilles, ou non, notre collaboration prendra fin le jour où on lui mettra la main dessus. De toute façon, si l’un de nous se montre maintenant, ils sauront que l’on sait, et on aura perdu notre longueur d’avance. De même, si on les livre, ils parleront, et notre tueur saura que son plan avec nous a échoué. Ils doivent disparaître … Et nous aussi si on veut garder l’avantage. » Elle venait de signer son renvoie du FBI, et son entrée dans enfer et damnation. L’illégalité leur ouvrait les bras. Une habitude pour lui. Une première pour elle. Mais elle ne voyait pas d’autre issue. « Si tu m’aides à trouver le coupable, et à prouver légalement que c’est lui le responsable, par des aveux explicites, tu pourras faire de lui ce que tu veux, je ne m’interposerai pas. » Un accord, un marché ? Appelez-ça comme vous voudrez. Ils y trouveraient tous deux leur compte dans la mesure où ils traqueraient l’homme. Benedikt pourrait avoir son corps, et Leyla aurait sa confession pour pouvoir démanteler le réseau corrompu du FBI, et espérer le réintégrer un jour, en incarnant les valeurs qu’ils prônaient jadis. « Marché conclu ? » lui dit-elle en tournant son regard vers lui. Après ce qu’il venait de se passer, cela lui coûterait surement d’accepter. Mais elle ne voyait d’autre solution sans que ça se termine en bain de sang.






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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.   Lun 10 Aoû - 15:40




Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.
 Au retour, je ne me retourne même pas au répondant de Leyla. A peine ais-je soupiré pour signifier mon dédain pour la jeune femme. Je ne voyais pas en quoi cela pouvait l’aider à comprendre, mais elle se trompait au sujet de ma fille. Natacha n’aurait pas pu avoir meilleure protection que là où elle se trouvait. Et je pensais sincèrement que qui qu’ils soient, ces individus ne pouvaient savoir que j’avais un enfant. Pour deux raisons : la première étant que Tacha n’avait pas accouché à l’hôpital, mais au restaurant. La seconde, pour justifier la première, étant que mon père, ce que Leyla ignorait et que peu de gens savent, était du MI6. Je lui dois d’ailleurs mon entrainement. Quoiqu’il en soit, en agent aguerri depuis plus de 20 ans, il ne laissait rien au hasard, et avait pris soin d’effacer toute trace de la naissance de Natacha, afin d’éviter qu’on ne se prenne à la petite. Evidemment, il l’avait fait dans le cadre de sa profession à risques, loin de se douter qu’un jour son fils reprendrait les rênes et que cette protection serait d’autant plus utile. Toute ma famille était…particulière. Mon oncle s’était fait passer pour mort suite à un attentat visant à l’exterminer lui et sa famille quand il était militaire affecté à des missions d’espionnage au Moyen-Orient. Mes grands-parents eux-mêmes, sujet que d’ailleurs je n’avais jamais évoqué avec quiconque, faisaient partie d’une grande famille noble mais habituée à la corruption d’espions au gouvernement russe. Quand à mon demi-frère… En somme, cette faculté d’adaptation, de protéger les siens coûte que coûte, ce penchant pour la dangerosité, était héréditaire. Mais à quoi bon expliquer cela à Leyla ? Ca ne la regardait pas, et depuis qu’elle savait que j’avais une fille, elle ne cessait d’évoquer ce sujet à tous bouts de champs. Sans doute avait-elle compris que c’était là ma seule faiblesse et en jouait elle. Raison de plus pour m’éloigner de cette femme le plus tôt possible. Finalement, au bout du chemin, elle me rattrape, pour m’annoncer une nouvelle qui, je dois bien le reconnaître, me fendit le cœur. Ce n’était pas les mots employés qui m’avaient touché, mais son timbre de voix. Comme si ce n’était rien, qu’elle en avait l’habitude. Comme si…oui, comme si je n’étais qu’un parmi tant d’autres qui s’amusaient à la torturer par plaisir. Comme tu as tort, Harrows. Tu te trompes tellement sur mon compte. Mais encore une fois, ma vanité m’empêcha de répliquer. Seul le silence, et un regard qui en disait long clôtura cette histoire, avant que nous entrions à l’intérieur de la maisonnée.

A peine entré, je m’occupais des attaches de nos hôtes, resserrant leurs prises, vérifiant qu’ils n’avaient dissimulé aucune arme pendant que nous avions le dos tourné. Agenouillé devant le plus costaud des deux, dos à Leyla, je retins un soupir de dépit lorsqu’elle reprit la parole. J’avais eu bon espoir qu’elle finisse par se taire et accepter l’inévitable, mais non. C’était trop demandé à cette femme, visiblement. Encore que je suspecte toutes les femmes d’être de grandes bavardes. Tacha elle-même battait souvent des records de ‘blablatages’ inutiles quand elle était lancée. Peut-être que si je fais comme si elle n’existait pas, Leyla finirait par disparaître ? Vous y croyez vous ? Allez, faîtes un effort, par pitié…  « Je vois que vous avez tout compris, du moins en ce qui concerne la confiance que vous ne devez pas accorder à vos confrères. » Au sujet de notre ‘collaboration’, je suis au regret de vous annoncer que je décline, poliment, votre offre. Merci et bon vent. Je ne daignais même pas me relever, ni me retourner pour lui faire face. J’avais dit ce que j’avais à dire, c’était à prendre ou à laisser. Non négociable j’ai dit. « Si tu m’aides à trouver le coupable, et à prouver légalement que c’est lui le responsable, par des aveux explicites, tu pourras faire de lui ce que tu veux, je ne m’interposerai pas. » Oui enfin, quand je disais que c’était non négociable … « Ce que je veux ? » Il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis. Sa proposition m’intéressait. Ainsi j’avais ce que je voulais, elle aussi, et nous repartirions chacun de notre côté sans souffrir des méthodes de l’autre puisque le résultat serait là. « Marché conclu. » Je n’avais pas vraiment envie de refaire équipe avec une femme qui avait tenté de m’asphyxier, mais je suppose qu’il y a pire comme partenaire, non ? Et il faut bien reconnaître que l’union fait la force et que je ne pouvais compter que sur elle dans cette affaire, et réciproquement. Encore que … « On ne peut pas se trimballer ces deux là partout avec nous, on serait trop repérable. Je connais une personne qui pourrait les garder. Une personne en qui j’ai entièrement confiance et qui pourrait les garder. » Ma première pensée fut pour mon père, évidemment, avant que je ne conçoive le danger trop grand pour le mêler à cette histoire alors qu'il était en charge de trois jeunes enfants. Il y avait en revanche une autre personne. Mon demi-frère, Pavel. Instable psychologiquement encore qu’il se soit soigné depuis toutes ces années, mais qui surtout savait parfaitement bien gérer ce genre de problèmes. Si je lui faisais confiance, c’était pour ma vie. Parce que malgré nos différends, je savais que jamais il ne pourrait me faire du tort. En revanche, pour ces deux là, il faudra faire attention à ce qu’ils se montrent plus aimables si on veut éviter qu’ils voient la mort en face. « Si je l’appelle, il pourra les faire rapatrier sans problème. » C’est étrange, je m’aperçois que j’attends comme une forme de bénédiction de la part de Leyla. Comme si j’avais besoin de son autorisation pour agir selon ma conscience alors que cela n’avait jamais été nécessaire auparavant. « Qu’est-ce que vous en dites ? »  

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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.   Lun 10 Aoû - 16:59

Psychologie : maladie qui se fait passer pour un remède
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Contre toute attente, il avait accepté. Bon sang, elle venait de pactiser avec le Diable en personne. Elle ne savait pas exactement dans quel plat elle mettait les pieds, mais en tout cas, elle venait de sauter à pieds joints à l’intérieur. Il était désormais trop tard pour reculer. Elle n’aimait pas du tout la tonalité de donneur de leçons qu’il prenait, comme s’il lui eut été supérieur, que ce soit en expérience, en intelligence, ou en perspicacité. A dire vrai, elle retrouvait à en lui les défauts irritants qui le caractérisaient au début de leur rencontre. A croire que leur petite mission n’avait été qu’une petite trêve entre deux batailles.  La dernière ayant laissé des séquelles, cela allait être plus difficile de coopérer sans se bouffer le nez. Elle risquait beaucoup dans cette affaire. Non seulement sa place, sa carrière (tout ce qui lui donnait des raisons d’être en somme), mais aussi sa vie, dans la mesure où elle ne savait pas avec précision à quel organisme était rattaché Benedikt. Sachant déjà qu’il ne ferait pas preuve de transparence avec elle, elle le foudroyait déjà du regard, prête à le décortiquer du regard au moindre mouvement suspect. Sans trop prêter attention à ses babillages, Leyla s’était accroupie devant la femme, déchirant un morceau du bas de sa robe de nuit pour lui faire un garrot à chaque jambe, histoire qu’elle cesse un peu de se vider de son sang. Elle ne la ménagea pas, se rappelant des coups que cette vieille bique lui avait infligé auparavant. Elle était bien tentée de leur tirer à chacun une balle dans la tête. Ce serait propre, rapide, sans bavure. Seule une petite perforation dans leurs boîtes crâniennes de psychopathes. Quoi de plus clean ? Mais non, ils avaient besoin d’eux. Ce serait bien trop simple sinon. Elle écouta sa proposition d’une oreille attentive, continuant de s’affairer à limiter les dégâts des plaies infligées sur leurs victimes. Quelqu’un en qui il avait confiance disait-il ? « Vous êtes capable d’avoir confiance en quelqu’un d’autre que vous-même, sérieusement ? » ironisa-t-elle sur un ton maussade, avant d’envisager sa proposition. Elle était un peu surprise qu’il lui demande son avis d’ailleurs. A croire que la perspective du sang le rendait plus aimable. Intérieurement, elle passa son agenda au peigne fin. A part Jack, Clark, Alfred et éventuellement Madison, elle n’avait aucuns contacts susceptibles de l’aider à faire disparaitre des êtres vivants. Des cadavres éventuellement … Mais des êtres vivants … « Très bien. Allez-y. Appelez-le, moi je m’occupe de nous faire disparaître. » Une fois de plus, un petit changement d’identité s’imposait. Elle avait un vieux contact, un ancien ami de son père (son parrain en réalité), qui était spécialisé dans la réalisation de faux papiers d’identités. Là aussi, elle avait en lui une confiance totale. Il vivait à San Francisco, désormais c’était un vieux reclus de la société, qui rendait de temps à autre des services. Leyla attendit donc que Benedikt ait finit de prévenir son « contact » pour appeler le sien avec un portable qu’ils avaient trouvé dans la poche de la vieille bique.

« On doit quitter Sausalito. Mon contact va nous faire parvenir des pièces d’identité, des passeports, et quelques affaires à l’aéroport. Il fait du bon travail, personne n’en saura rien. Notre homme n’est pas ici de toute façon. S’il s’agit d’un membre haut placé du FBI, il sera dans l’un des sièges. New York peut-être comme les meurtres ont surtout eut lieu là-bas, mais le premier était à San Francisco … Il est peut-être là-bas aussi. Il faut tout reprendre depuis le début. Vos proches sont en sécurité ? » Voulut-elle s’assurer en pensant à sa propre famille. Elle n'exigeait pas de détails, et voulait juste s'enlever ce soucis de la tête. Des inconnus, elle préviendrait jack au cas où. Ou irait les voir à la dérobée … Elle ne savait pas bien encore, tout cela commençait à devenir confus.







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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.   Mer 12 Aoû - 0:01




Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.

Je ne répondrais pas à ce genre de question. Très ironique, ma foi. Evidemment que je faisais confiance aux gens, sauf que je ne plaçais pas ma confiance dans le premier venu. A dire vrai, quand on y réfléchit deux minutes, il n’y a qu’en ma famille proche dont je peux avoir une complète loyauté. Peut-être parce que je ne suis pas très sociable, je l’admets, et qu’ainsi je ne vais pas facilement vers les gens, mais il faut dire aussi que ceux que j’approche ont plutôt tendance depuis ces dernières années à subitement disparaître. Ne faire confiance qu’à soi ou à un groupe restreint d’individus a au moins l’avantage de ne perdre personne en route, et de ne pas en souffrir. Quoiqu’il en soit, seul un soupir de dédain et une indifférence la plus marquée lui répondit, tandis que je m’éloignais pour passer mon appel. Le plus loin possible de la jeune femme de préférence, car je n’avais aucune envie qu’elle n’entende notre conversation. Car s’il est vrai qu’il n’y a qu’en mes proches que j’ai confiance, c’est aussi vrai que je suis différent en leur compagnie. Sans prétendre être totalement autre, j’étais moins sur la défensive, plus…jovial, en un sens, même si ce n’était jamais gagné d’avance. Il n’y a que mon père, encore aujourd’hui, pour savoir me prendre de telle sorte que je me sentais comme le gamin qu’il avait recueilli adolescent, il y a quelques années de cela. Mon frère cadet lui, a plutôt tendance à me faire sourire, à m’amuser par ses tentatives toujours incongrues pour me rendre moins « imperméable » aux émotions. Il ne perdait pas toujours… Quand à ma fille, elle était certainement l’unique, et le demeurerait à vie, à pouvoir me fragiliser d’un seul regard. Bien qu’elle l’ignorait encore, fort heureusement.

« Bonjour, petit frère. » Le téléphone à l’oreille, à une dizaine de mètres de là, je m’étais assis sur un banc à l’abri des bourrasques venteuses et pluvieuses, captant d’ailleurs très mal le signal dans le combiné. « Je dois te prévenir que cette ligne est sûrement sur écoute, mais je pense que ton système de brouillage parviendra très bien à tromper le plus habile des espions. » commençai-je d’une voix où perlait l’ironie. « Mais il vaut mieux ne pas prendre de risques. Ne m’interromps pas, j’irai droit au but. Je tâcherai de te contacter régulièrement pour te donner les dernières nouvelles. Garde ton portable allumé, c’est très important. » Biensûr, j’avais d’ores et déjà un bout de plan à l’esprit, notamment de ne pas me servir du même portable à chaque fois que je devrais contacter mon frère. Ne sait-on jamais à qui nous avions affaire, mieux valait ne prendre aucun risque. « J’ai ici deux …paquets qu’il faut que tu viennes récupérer. » Le terme d’ « humain » était trop sacré pour en qualifier ces deux ordures. « Un mâle et une femelle, un tantinet agressif vis-à-vis des étrangers, et qui contiennent des informations dont j’ai besoin. Je suis sur une affaire, petit frère. Et avant que tu ne m’envoies paître, laisse-moi te dire que c’est une question de vie ou de mort. J’aurai pu faire appel à qui tu sais, mais c’est toi que j’ai appelé, parce qu’on a vécu plus ou moins les mêmes galères, et que tu es le seul à pouvoir comprendre ce que c’est que d’être dans l’illégalité. » Il n’a pas cherché à m’interrompre, étrangement. Et derrière ce silence, je sens se pointer son inquiétude, masquée par l’orgueil. Incapable de me dire que j’ai raison, qu’il tient effectivement plus à moi qu’il n’ose l’admettre, mais parfaitement capable de prendre la décision qui s’impose pour éviter que je ne sois blessé. D’ailleurs, l’une des raisons pour laquelle je n’avais pas évoqué Leyla était la crainte qu’il s’en prenne à elle si jamais il devait m’arriver quelque chose. Mon frère ne fait pas la différence entre ses amis et ses ennemis lorsqu’il s’agit de protéger les siens. Nous avons ça en commun, je crois. « Le plus tôt possible. Je te rappelle d’ici 4 heures, ça te va ? Oh, et surtout, même si je sais que tu crois être infaillible, méfie-toi de tout le monde. Si je fais appel à toi, c’est que tout mon entourage est suspect désormais. Alors fais bien attention à toi. » Une fois raccroché, je patiente quelques minutes, les yeux mi-clos, les idées encore confuses sur le chemin à parcourir désormais. Mes blessures, qu’on ne peut pas juger superficielles vu le sang que j’ai perdu, avaient besoin d’être soignées, et rendaient mon analyse de la situation difficile. Finalement, je reviens vers Leyla pour l’aider à fourguer nos adversaires dans la camionnette, veillant à les dissimuler sous une bâche. « Oui, il ne leur arrivera rien. » Ils ont la meilleure protection du monde. « Et vous, vous avez de la famille ? » La question était mal formulée. Comme si nous avions une conversation des plus courantes. Je n’avais pas les idées claires, ni l’envie de faire l’effort que me coûtait d’être désagréable vis-à-vis de la jeune femme alors que le temps nous manquait. « Nous pourrons quitter Sausalito d’ici 5h, le temps de nous débarrasser d’eux. » annonçai-je en avisant nos prisonniers. « New-York est une grande ville, mais j’y connais pas mal de monde, ça ne me parait pas très prudent à l’heure actuelle de nous y rendre. De toutes façons, si nous devons tout reprendre depuis le début, autant commencer par le commencement, non ? Allons à l’endroit où s’est déroulé le premier meurtre, à SF. Nous aviserons sur place. »

Dix heures plus tard.

Le vent avait redoublé d’intensité. D’après les informations, la tempête Irina passerait au plus proche des côtes franciscaines dans la nuit. Toutes les communications étaient coupées, les transports bloqués, certaines habitations évacuées. Heureusement, Pavel ayant un portefeuille bien garni et tout un appareillage à sa disposition, nous n’eûmes aucun mal à quitter Sausalito pour nous rendre en plein cœur de la ville. Le problème étant qu’il nous était maintenant impossible de sortir par ce temps. Il fallait donc prendre son mal en patience. Tels deux lions en cage.

Nous avions  trouvé un petit motel, plutôt tranquille pas très loin de l’endroit où avait eu lieu le premier crime. Vous savez ce type d’établissement où on préfère que vous payez en espèce et on ne vous pose aucune question pourvu que vous en fassiez autant sur les individus que vous croisiez dans les couloirs ou les magouilles de votre hôte. Ca m’allait très bien, personnellement. C’était exactement le genre d’endroit dans lequel j’avais vécu ces dernières années et dans lequel je me sentais à mon aise. « Vous devriez aller prendre une douche le temps que j’aille faire quelques courses. » Dans cet état ? Oh, un peu d’eau sur le visage, une veste enfilée pour cacher ma chemise en lambeaux et j’étais comme neuf. De toutes façons, qui remarquerait un type comme moi alors que dehors sévissait une tempête ? Je ne suis même pas sûr de croiser quelqu’un malgré l’heure matinale. « J’ai vu un distributeur à l’accueil, vous n'auriez pas de la monnaie sur vous par hasard ? » Les banques et les boutiques étaient fermées, pas un chat qui traîne. Le bois des fenêtres tremblait de peur derrière la vitre, et le brouillard était devenu si intense qu’on n’y voyait pas à 2 mètres. Je sors de mes poches quelques pièces, pas grand-chose moi qui payais toujours tout par carte bancaire, avant de quitter la chambre et de descendre à pied les deux étages qui me séparent de l’accueil du motel. Comme prévu, je n’avais croisé personne. Pas un bruit dans les couloirs. Soit cet établissement était bien insonorisé, soit il était complètement vide. Dans les deux cas, c’était à notre avantage.


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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.   Mer 12 Aoû - 17:15

Psychologie : maladie qui se fait passer pour un remède
benedikt & leyla


« Oui. » fut le seul mot qui sortit de sa bouche lorsqu’il lui demanda pour sa propre famille. Elle était déjà soucieuse de ce qui pourrait leur arriver, et avait déjà dans l’idée d’appeler sa mère pour la prévenir. Pour avoir eu un mari faisant parti de la police, elle avait l’habitude de ce genre de situations, et savait parfaitement comment y parer même si elle détestait avoir à le faire. Déjà Leyla pensait à cette petite famille qui n’avait rien demandé à personne. Mais elle ne pouvait rester sans les prévenir, déjà parce qu’elle savait que s’ils avaient besoin de trouver une planque, leur maison leur serait ouverte, et ensuite parce que sa mère appelait régulièrement à son domicile de New York. Si elle ne répondait pas, elle allait finir par s’inquiéter inutilement. Les ayant à l’esprit pendant le reste du temps, leur pensée lui permit d’agir mécaniquement pendant le reste de la journée. Du moment où ils confièrent les deux individus à l’instant où ils posèrent le pied sur le sol San franciscain, elle eut la nette impression d’être en pilotage automatique, se remettant aux contacts en qui Benedikt avait confiance. Inutile de préciser que fondamentalement, elle était contre ce qu’ils avaient fait. Mais bon, les grands maux impliquent de grands remèdes.

Dix heures plus tard

L’endroit n’était pas ce qu’on peut qualifier de « coquet ». Au contraire, c’était plutôt miteux. Ça ne sentait pas mauvais, mais les papiers peints des murs commençaient dangereusement à s’effriter dans les coins à cause de l’humidité. Ils n’avaient pas fermé l’œil pendant plus d’une trentaine d’heures, et cela commençait à s’en ressentir. Surtout aux vues des événements qui s’étaient produits. Analysant la pièce d’un œil perplexe, mais trop épuisée, tant moralement que physiquement, pour faire la différence entre un hôtel de luxe et un motel crasseux, elle entendit à peine son « partenaire » lui conseiller de prendre une douche. Elle se contenta d’acquiescer d’un air absent en posant ses quelques affaires sur le lit. Dehors la pluie battait toujours son plein. On avait presque l’impression que la nuit tombait, alors même qu’on était à l’aube. A la radio, ils déconseillaient à toutes personnes vivantes d sortir : le pire adviendrait d’ici quelques heures. Au moins auraient-ils quelques heures de répit pour cogiter sur leur affaire. Comme ils reprenaient tout depuis le début, ce ne serait pas une mince affaire. Ajoutez à cela qu’ils n’avaient plus les dossiers, ni les photos, ni aucunes autres sources d’informations. Fouillant dans le long manteau qu’elle avait récupéré par hasard, et qui permettait de couvrir son allure lamentable, elle trouva au fond des poches quelques pièces. « Tenez, c’est tout ce qu’il y a comme pièces. Prenez ça sinon. » dit-elle en lui donnant quelques dollars en cash qu’elle avait récupéré à l’aéroport avec leurs nouveaux papiers d’identités. Une minute plus tard, elle entendit la porte d’entrer claquer. Il était parti. Chercher à manger ? Téléphoner ? Elle n’en avait pas la moindre idée, mais cela lui était égal.

Son premier réflexe fut de récupérer le cellulaire au fond de sa poche, et de composer le numéro de sa mère. « Allo maman ? » - « Ma chérie ?! Est-ce que ça va ?! » - « Tout le monde va bien, les jumeaux aussi ? » - « Oui oui bien sur ! Mais qu’est-ce qui t’arrives ? Ta voix est complètement éteinte … Ma chérie, que se passe-t-il ? » - « Tu te souviens de l’endroit où on allait avec Papa, quand la saison était mauvaise ? – « … Oui … Oui bien sur mais … » - « Je veux que tu trouves une excuse, n’importe laquelle. Emmène les enfants, emmène Frank, allez-y pour des vacances. » - « Mais … Mais … ? » - « Je n’ai pas beaucoup de temps pour t’expliquer, je veux juste que vous soyez à l’abris tous les quatre. Fais moi confiance. Je vais bien, ça va aller. Mais une affaire a mal tourné, et j’ai peur qu’ils s’en prennent à vous pour m’atteindre moi. Maman, tu m’entends ? Promets-moi que tu iras là-bas rapidement ? » - « … Oui c’est promis … Dis moi juste que tu es en sécurité, que tu n’es pas toute seule. » - « Je … Je ne le suis pas, ne t’en fais pas. J’essaierai de vous rejoindre là-bas dès que je le pourrais. J’essaierai de te donner des nouvelles régulièrement. Tout ira bien maman je te le promets. Il faut que je te laisse, prends soin de tout le monde. » - « Leyla att … Bip Bip. » Elle avait raccroché. Un appel de puis d’une minute était traçable, il lui avait donc fallu faire vite. Ne prenant aucun risque, elle retira immédiatement la puce du téléphone, l’écrasant avec son pieds jusqu’à ce qu’elle soit détruite. Rassurée de savoir que sa famille ne risquait a priori rien, elle poussa un long soupir, se laissant tomber sur le lit.

C’est à cet instant qu’elle se heurta à sa propre odeur. Grand dieu, elle sentait le fauve. Ou du moins, la boue séchée, le sang coagulé et un mélange de mazout et d’humidité. Autrement dit, un combo peu ragoutant. Elle comprenait mieux pourquoi Benedikt lui avait conseillé d’aller prendre une douche (même s’il ne devait pas être beaucoup mieux a priori). Les bras ballant en se rendant dans la salle de bain, elle eut un hoquet en apercevant son reflet dans la glace. Livide, cernée, les lèvres tuméfiées, une croûte de sang sur le front, elle faisait peur à voir. Déjà les robinets de la douche tournaient à plein régime, emplissant la pièce d’une légère brume. Ayant à peine le cœur de se dévêtir tant elle avait des crampes partout, elle se glissa néanmoins sous l’eau brûlante, qui vint lui noyer le visage. Immobile, les paupières closes, elle eut le sentiment que ses jambes étaient en train de se dérober sous son poids. Et ce fut le cas. Doucement, le dos collé contre la paroi de la douche, elle se laissa glisser jusqu’au sol, ramenant ses genoux contre sa poitrine en les enserrant de ses bras. Regardant dans le vide, l’eau continuant de perler contre son échine et ses cheveux, elle commença à trembler doucement, nerveusement. Peut-être était-ce la tension accumulée qui s’évacuait. Le fait est qu’elle n’eut aucune conscience du temps qu’elle passa là-dessous. Ni des allers et venues à l’extérieur.

Parmi les quelques affaires qu’elle avait pu récupérer, il n’y en avait que pour homme. Elle irait s’en acheter quelques-unes quand le temps serait plus clément. Mais pour l’heure, elle se contenta de passer un des grands tee –shirt qui était dans le sac. Elle avait bien tenté de passer un des jeans, mais ils étaient bien trop grands pour elle, on aurait pu en mettre une dans chaque jambe. Ce n’était pas pire que la chemise de nuit ridicule qu’elle avait porté pendant des heures. Cela ferait l’affaire, au moins pour aujourd’hui. Epongeant ses cheveux distraitement, elle n’avait même pas remarqué que Benedikt était rentré. Depuis combien de temps au juste ? Ça aussi, elle l’ignorait. Et le temps dehors ne s’améliorait pas. « Vous devriez vous laver aussi. » Elle jaugea son allure d’un œil sceptique. Il avait été plus touché qu’elle lors de leur agression. Elle s’était pris quelques décharges, mais peu de coups à proprement parlé. Il saignait encore par endroits. « Je regarderais vos blessures. Histoire de voir si vos côtes sont toujours entières, et s’il ne faut pas recoudre les entailles que vous avez ici et là. » Elle se doutait qu’il allait protester. Mais en même temps elle doutait qu’il puisse se recoudre tout seul à certains endroit, ou même qu’il puisse soigner les hématomes qu’il devait avoir dans le milieu du dos, à cause des coups qu’il avait reçu. Elle-même avait abandonné à se mettre de la pommade dans le bas du dos, où elle avait des bleus, vu que ce n’était pas accessible. C’était superficiel, elle s’en remettrait. Puis ce n’était pas son genre de demander de l’aide.


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Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.

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