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 Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.

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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.   Mar 28 Avr - 21:51

Benedikt ∞ Leyla
Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.
Et voilà. Elle s'en serait doutée. Elle allait devoir jouer la baby-sitter et veiller à ce que ce cher bambin ne perde aucun de ses cheveux. La belle affaire. Elle n'avait pas que ça à faire que de le surveiller sans cesse (en fait si, mais bon). Pourquoi mettre ainsi un novice sur le terrain et prendre des risques inutiles ? Ils auraient au moins pu le former un minimum avant de le jeter dans la gueule du coup. Au moins pour qu'à un moment donné, l'eau ne tourne pas au vinaigre. Observatrice et attentive aux remarques de leur collègue, du coin de l’œil elle remarqua le regard intéressé de Benedikt sur les diverses armes à feux. Instinctivement, son regard était devenu intéressé, méthodique, comme s'il se projetait avec l'une de ces armes en main, la soupesant déjà du regard. Amateur d'armes et de sensations fortes ou alors initié se cachant sous les traits d'un novice ? Avec lui, toutes les hypothèses lui semblaient plausibles. Et, sans tomber dans la paranoïa, elle n'était pour l'instant pas prête à écarter l'une d'entre elle. Elle allait l'avoir à l’œil, ça, il pouvait en être sur. Il n'était pas question que cette fois-ci, lors d'une mission comme celle-ci, quelque chose lui échappe. Après, 24h par jour, cela signifiait le suivre et l'avoir sous les yeux en permanence, à tous instants de la journée. Elle savait pertinemment que c'était impossible, qu'il allait bien lui échapper certains moments. Elle aussi avait besoin « d'intimité » un peu chaque jour. Mais en tout cas, même si elle ne l'avoua pas tout haut sur le coup, il pouvait être sur que jamais elle ne laisserait quelqu'un le blesser. Même si elle devait mettre sa propre vie en jeu, il était hors de question qu'elle laisse quelqu'un à ses côtés être blessé de nouveau. Une fois elle avait faillit, une fois elle n'avait pas réussi à protéger une victime innocente … Il n'était pas pensable pour Leyla que cela se reproduise un jour. Elle ne le permettrait pas. « Évidemment. Vous savez quoi ? Dormez où vous voulez, je m’accommoderai très bien du canapé, pour peu que vous ne soyez pas dans les parages à jouer les parasites. » lâcha t-elle en jetant un regard désabusé vers son « cher et tendre », sachant très bien que de toute façon, comme elle ne dormait pas beaucoup, ce serait aussi bien qu'elle soit là bas. Comme ça, elle pourrait se lever la nuit, lire, vadrouiller, sans même le réveiller.

Sur la terrasse, regardant circulairement tout autour d'elle, son esprit procédait déjà à une analyse méticuleuse de tous les points d'accès aux maisons alentours. Une fois à l'intérieur, elle s'attelait à défaire sa valise et ranger ses affaires ici et là lorsqu'il la rejoignit, vociférant encore des paroles désagréables à son oreille qui commençait à bourdonner. « Plaignez-vous donc. C'est pas la petite bête qui va manger la grosse. Quelques baisers insignifiants ne vont pas vous tuer. » ironisa t-elle sans prêter plus attention que cela à lui. Jusqu'à ce qu'elle le voit entrain … De se déshabiller ? Il venait vraiment de poser son pantalon n'importe où là ? Merde. Encore un bordélique. Et un bordélique qui se baladait presque en tenue d'Adam en plus. Elle leva les yeux au ciel, tout en écoutant ses paroles sexistes à dormir debout. « Faites le ver de terre si ça vous chante, j'en ai vu d'autres, de toute façon. » bougonna t-elle en le jaugeant d'une mine complètement impassible. Bon, intérieurement, elle admit quand même qu'il était séduisant. Non non, il ne fallait pas se le cacher, il dégageait quelque chose, il avait un charisme, un charme qui ne devait laisser nulle femme complètement indifférente. Et maintenant qu'elle pouvait le voir à moitié dévêtu, elle admettait aussi qu'il était bien fait. Ses muscles étaient dessinés, il avait une peau albâtre très lisse, quelques marques ici et là qui la firent s'interroger, ni trop gros, ni trop fin … C'était en somme un bel homme. Mais … Et après ? Comme elle venait de le dire, elle en avait vu d'autres. Et elle n'était plus femme ou adolescente à s'émoustiller pour un rien et rougir de la nudité d'autrui. Impassible, elle ramassa son pantalon qu'il avait laissé traîné, puis sa chemise. Elle en fit à moitié une boule, et lorsqu'elle passa devant lui, elle la lui colla sur le torse. « Et vous devez savoir que mon mari, lui, doit apprendre à aller se faire voir. » elle le dépassa, et là, on vit une chaussette traverser la pièce, venant se heurter dans le dos du jeune homme. « Et à ne pas laisser traîner ses affaires sales partout. » Et à ce moment, on entendit une porte se fermer : c'était celle de la salle de bain. Il se faisait tard, et elle avait bien envie de se délasser après ces longues heures de transports. Elle avait aussi envie de s'isoler quelques dizaines de minutes.

Pendant quelques minutes, elle inspecta chaque recoin de la salle de bain, vérifiant qu'ils n'avaient pas dissimulé malgré eux des caméras. Puis, enfin rassurée, elle retira ses vêtements un à un, enlevant même ce faux ventre qui lui tenait bien chaud et commençait à la gêner. Il y avait une baignoire, et une douche à l'italienne, aussi hésita t-elle entre les deux pendant un moment, optant finalement pour la douche. Un instant, elle s'observa, presque entièrement nue, devant le miroir. Une vision de plein pieds à laquelle elle commençait à se faire à l'idée, une vision qui restait néanmoins difficile pour elle, parfois. De face, elle n'avait aucune marque, hormis une, dans le bas du ventre, au niveau de l’aine. Comme une cicatrice d’appendicite, sauf qu'elle faisait toute la largeur de son bassin, et était très irrégulière, vraisemblablement rafistolée plusieurs fois. Quant à son dos, on pouvait y voir par endroit comme des strilles, irrégulières, et plus ou moins longues. Certaines, ayant été plus profondes que d'autres, étaient encore des cicatrices rougeâtres. D'autres, moins marquantes, commençaient tout juste à disparaître. Il était étrange de voir à quel point elle était marquée, d'une barbarie proche de la sauvagerie qui n'avait rien à voir (même visuellement cela se comprenait) avec des blessures que l'on peut récolter accidentellement. Tous ces détails, personne ne les voyait jamais, puisqu'elle se cachait farouchement du regard des hommes. C'était aussi pour cela qu'elle n'était pas aussi à l'aise que Benedikt pour se dévêtir, qu'elle avait une pudeur singulière proche de la crainte farouche d'être découverte, et moquée. Se glissant sous l'eau presque bouillante, qui fit rougir instantanément sa peau, elle savoura l'instant durant de longues minutes avant de ressortir, passant sur sa peau par endroit encore humide une chemise de nuit en soie blanche à bretelle, retombant au dessus de son genoux, cachant ce qu'il fallait là où il fallait. Par dessus, elle rajouta un gilet fin en maille, qui lui permettrait de ne pas avoir froid la nuit tombée. Pieds nus, elle sortit au bout d'un moment, se demandant si son coéquipier n'avait pas pris la poudre d'escampette entre temps. « La place est libre, si vous voulez » dit -elle à moitié dans le vide, allumant son ordinateur avant d'aller dans la petite cuisiner préparer quelque chose à manger.
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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.   Jeu 30 Avr - 23:12


“Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.”

Si je n’avais pas réagi à l’évocation subtile du baby-sitting assumé ou non par Leyla, c’est par respect pour mes employeurs. Intérieurement, je bouillonnais. Extérieurement, je faisais l’innocent, bien qu’il soit hors de question que j’autorise quiconque, une femme qui plus est, me surveiller nuit et jour comme un enfant de cinq ans. Heureusement, si j’avais effectivement peu d’expériences en tant qu’agent de terrain, j’étais en revanche une véritable anguille, spécialisée dans l’art de se dissimuler aux yeux du monde. Après tout, j’avais bien vécu six ans dans l’ombre de mon paternel qui était pourtant lui-même un agent du MI6, habitué donc à retrouver les personnes disparues et à les ramener à la surface. Avec moi, il avait échoué, et ce n’était pourtant pas faute de m’avoir recherché. J’avais plusieurs fois remarqué ces hommes de main traîner dans le coin alors que je venais de quitter l’endroit où je résidais alors deux jours auparavant, à questionner les passants, les habitants, à chercher à me pister par tous les moyens possibles et imaginables. Sauf que lorsqu’on a grandi dans la rue, habitué à mendier ou à voler pour un bout de pain ou quelques pièces de monnaie, on a intérêt à savoir se faire tout petit. Et j’étais passé maître dans l’art de me glisser partout où on pensait ne pas me trouver. Or, sachant pertinemment que ces agents ne respecteraient jamais une telle décision de ma part, sous le prétexte véridique mais tangible à la fois que je n’étais « qu »’ un chimiste et non un officier entraîné aux techniques de combats ou aux tirs, j’avais gardé pour moi ma décision de faire mon enquête de mon côté, sans mettre en péril la vie de l’agent Harrows. Elle a beau m’horripiler par moment, et même si je n’avais jamais eu la responsabilité d’une vie avant la sienne – ce que nous considérons tous les deux comme étant notre mission première – je voyais cela comme une possibilité de promotion à un grade plus élevé que celui que j’occupais actuellement, alors que la jeune femme pensait sans doute à faire son devoir. Désolé, mais mon sens du devoir se résume à mon pays et non à la vie d’une seule personne, aussi séduisante puisse t’elle être. Avec la mort de ma compagne, s’étaient envolés tous mes beaux principes chevaleresques pour ne laisser qu’une fissure où se mêlaient courage, imprudence et cynisme. Quoiqu’il en soit, étonné par son attitude soudainement devenue moins virulente à mon vis-à-vis, puisqu’elle venait d’accepter indirectement que j’occupe le lit conjugal, je le trouvais dès lors bien moins attirant que le canapé. Allez comprendre, embêter cette femme semblait faire définitivement partie de mes priorités. Enfin, je déballais tout de même mes quelques affaires, détaillant les horreurs que ses patrons nous avaient fourni en tant que garde-robes, et je retrouvais bien vite le salon, à moitié nu, puisque vêtu de mon seul boxer. Encore une fois, la maturité dont fit preuve Leyla me surprit. Désagréablement. Allez savoir pourquoi j’aurai aimé qu’elle soit plus vindicative à mon égard, comme si les querelles d’amoureux me redonnaient de la vigueur. Un sourire qu’elle ne vit jamais prit place sur mes lèvres lorsqu’elle évoqua son mari idéal. Voilà, c’est cette Leyla là que j’apprécie. Celle qui aime se battre, même si ce n’est qu’en usant de paroles et de chaussettes. Hésitant pendant une fraction de secondes à aller la déranger dans son intimité, je lui préférai la tranquillité de l’océan, y plongeant sitôt qu’elle eut fermé la porte de la salle de bain derrière elle, brassant quelques vagues à grand renfort de dos crawlé et de nage papillon, avant de regagner la résidence lorsque le soleil commença à décliner. L’eau dans le coin était bonne, ni trop chaude ni trop froide. Je n’avais senti aucun poisson me glisser entre mes jambes, ni d’algues s’enrouler autour de mes chevilles. J’y reviendrai, lorsque ce sera l’aube. Je ne manquais jamais de faire de l’exercice, bien que mon médecin tenait à ce que je me ménage en raison de ma maladie. Dans l’eau, je me sentais libre de mes mouvements, apaisé et heureux, d’une certaine manière. Récupérant une serviette qui traînait, à moins que ce ne soit le plaid du canapé, je m’essuyais ici et là sans grande attention en me dirigeant vers le frigo où j’attrapais un morceau de fromage qui traînait. Je n’avais bien évidemment pas vu, ni entendu Leyla approcher, pas plus que je ne fis attention à la jeune femme jusqu’à ce qu’elle m’indique que la salle de bain était libre. C’est à ce moment-là, juste pendant cette fraction de secondes où j’allais lui annoncer que j’avais déjà pris un bain salé, que mes yeux se posèrent sur sa chemise de nuit, et que mes doigts reposèrent mon bout de fromage sur le rebord du comptoir de la cuisine. Je l’observais alors, avec une gravité et un soupçon d’envie qu’heureusement je parvenais sans aucun mal à dissimuler. Lorsqu’elle se dirigea à son tour vers la cuisine, je pris mes précautions pour éviter d’être en contact, ni physiquement, ni visuellement, gagnant ma chambre en jetant un dernier coup d’œil en arrière, les sourcils froncés, avant de claquer la porte et d’aller vérifier que mes vêtements étaient fin prêts pour la journée du lendemain. Enervé, moi ? Et pour quelles raisons ? Il n’y en avait aucune. Et pourtant, cette sensation désagréable de déjà vu et de nostalgie me rendait aussi nerveux qu’un ours mal léché. Je savais pertinemment où se situait le problème. De là à vouloir le résoudre, il y a un gouffre que jamais je ne franchirai.

∞everleigh
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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.   Ven 1 Mai - 17:37

Benedikt ∞ Leyla
Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.
Murée derrière une indifférence abusive, Leyla ne prêtait déjà plus attention à cet homme qui vadrouillait dans son univers naissant, et inconnu. Elle avait perdu l’habitude de vivre en concubinage et s’était malheureusement cantonnée à une solitude qui ne laissait de place à aucun homme. Oh elle avait parfois des relations, aussi soudaines, fugaces et éphémères qu’ennuyeuses, mais elle éprouvait rarement des sentiments suffisamment forts pour s’aventurer dans une confiance aveugle. Incertaine à la fois de ses désirs, de son corps et de son âme, elle estimait ne pas encore être prête pour confier sa vie à quelqu’un. Orgueil mal placé ou simple crainte préventive ? Allez savoir. En attendant, l’idée même de devoir « protéger » Benedikt était une responsabilité qui pesait sur ses épaules, et qu’elle ne prendrait pas à la légère. Il était hors de question qu’elle laissa le hasard bouleverser leurs vies un peu plus qu’elles ne l’étaient déjà. Soucieuse, et en même temps déjà plongée toute entière dans son rôle, son professionnalisme avait déjà ressurgit depuis longtemps. Des heures durant (et d’ailleurs encore maintenant), elle avait tourné et retourné la scène de crime dans son esprit, commençant à en identifier les détails un à un pour mieux cerner la personnalité de leur tueur. Car oui, c’était forcément, selon elle « un » tueur. Aucune femme seule n’aurait pu établir une mise en scène pareille. Si moralement c’était tout à fait possible, physiquement, déplacer les corps seule et les placer aurait été trop difficile. A moins que … Elle s’apprêtait à trancher une pomme en deux lorsqu’elle s’arrêta net dans son geste. Silencieuse jusqu’alors, Leyla scruta le vide pendant une fraction de secondes, avant de traverser le salon presque en courant. De là, des vêtements volèrent, des documents, des photos, des dessins, des dossiers s’éparpillèrent tout autour d’elle jusqu’à ce qu’elle retrouva les photos qui présentaient des plans d’ensemble (comme des tableaux en plan large) des différentes scènes de crimes. Elle les posa sur le sol, les unes à côté des autres, et les scruta une à une, perdant toute notion du temps.
« Shark, venez voir ! » dit-elle sans savoir s’il était sorti de la salle de bain ou non. « Regardez la façon dont sont positionnés les corps. L’homme est toujours en contre-bas par rapport à la femme, dans une position prostrée, comme s’il s’inclinait vers celle qui vient de « donner la vie ». Chaque fois les yeux du mari sont crevés, et ils sont nus, comme humiliés, comme si regarder un tel spectacle leur était interdit et qu’ils n’en étaient pas dignes. Et de l’autre côté, la femme est mise en avant. Sa position est presque celle d’un tableau de la Nativité, le visage légèrement penché vers la gauche, mutilée de partout sauf aux endroits qui permettent de l’identifier en tant que femme. Le tueur a été chirurgical pour extraire l’enfant, il aurait très bien pu éventrer la mère et ôter le fœtus comme par césarienne, et pourtant, il est passé par les voies naturelles … Si bien qu’avec la chemise de nuit rabattue, on ne voit presque rien de son « opération ». C’est très précis, très méthodique. Sauvage puisqu’elle était vivante lorsqu’il a procédé, mais protecteur de l’intégrité du corps de la femme … » Comme plongée dans une profonde réflexion mais à haute voix, elle ne savait pas trop si elle avançait dans la bonne direction. Mais en tout cas, tout lui paraissait un peu moins obscur qu’au début. Peu à peu la mentalité du tueur se dévoilait … Quelques bribes, ici et là, perdues. « Il est forcément connaisseur de la morphologie féminine, peut-être même est -il un professionnel. » Elle marqua une pause, semblant de nouveau se perdre dans une réflexion lointaine. Elle vérifia ses idées sur le papier … Pourquoi pas ? « Je ne pense pas que le cerveau de ces tableaux soit celui d’un homme. Plutôt celui d’une femme … Une femme à la fois blessée, et tourmentée, qui aurait un certain mépris de la gent masculine. Pourquoi pas une femme mariée à un chimiste, qui l’aurait bafouée en la trompant alors qu’elle était enceinte ? Ou alors, une femme qui aurait perdu un enfant … Une famille … Dans des circonstances terribles, et qui souhaiterait se venger ? » De nouveau, un silence, puis elle avançait sur ce terrain … Moins elle savait où chercher. Et puis, comme une lumière, quelque chose. De nouveau elle se mit à farfouiller ici et là, et elle finit par sortir de ses dossiers un vieil article de journal qu’elle avait retrouvé dans des archives quelques semaines plus tôt. « Il y a quelques années, dans l’un des laboratoires de recherche de la côte est, très protégé et contrôlé, avait eu lieu une explosion de gaz. Une partie du bâtiment avait été endommagé, et des produits s’étaient répandus dans les eaux alentours. Évidemment, le gouvernement a mis une cloche sur cet événement en faisant croire que cela n’aurait aucune incidence sur la population. Le fait est que des plaintes ont été déposées, et ignorées par la suite. Dans les hôpitaux voisins, certaines personnes sont mortes à cause des inhalations. Quelques personnes âgées … Mais également des nourrissons. Ça a fait beaucoup de bruits à l’époque, mais vraisemblablement, l’État s’en est mêlé puisqu’au bout de quelques jours, il n’y avait déjà plus rien à ce sujet dans la presse régionale … » Elle se mit cette fois-ci à rechercher le dossier dans lequel se trouvait la liste des victimes. « Parmi tous les couples qui ont été tués ces dernières semaines, au moins l’un des conjoints avait déjà travaillé dans ce laboratoire. » Elle en était sure maintenant, il y avait forcément un lien. Trop de coïncidences ne pouvaient exister autour d’un seul événement. « Je suis presque sure qu'il y a un lien ... » affirma-t-elle avant de laisser toute cette masse d’informations entre les mains de Benedikt. Elle avait faim. Une faim de loup d’un seul coup. A croire que toutes ces horreurs lui avaient ouvert l’appétit. Paradoxal non ? Juste particulier. Elle ne mangeait pas lorsqu’elle avait l’impression d’être dans une impasse. Là, pour la première fois depuis des semaines, elle avait le sentiment d’avoir avancé, ne serait-ce que d’un demi pas. « Tenez, si vous avez faim. » Elle lui avait préparé une assiette composée, avec de la salade, des tomates, quelques olives, un peu de fromage. De quoi se rassasier sans étouffer alors même qu’il faisait plutôt chaud à Sausalito. Elle-même s’installa sur la table basse du salon, feuilletant en même temps quelques dossiers qu’elle n’avait pas eu le temps de consulter plus que ça. Il lui fallait vérifier quelques éléments. Les informations sur l’incendie du laboratoire étaient peu touffues, et la plupart inaccessibles. Elle voulait savoir pourquoi.
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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.   Sam 2 Mai - 22:16


“Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.”

Posté devant ma valise en pleine réflexion quant à la chemise que je devais mettre avec le pantalon que je tenais dans ma main droite, je contins un soupir lorsque la voix de ma concubine se fit entendre dans l’autre pièce. Il faudra que j’ajoute un principe sur la liste des choses que je désire chez ma femme idéale : le silence. Lâchant le vêtement sur le lit, j’ouvre la porte avec un air mi ennuyé mi agacé tout en avançant dans sa direction. « Quoiqu’il se soit passé, je ne suis pas reponsable. » préférai-je préciser dès le début avant de remarquer le cafarnaum dans le salon. C’était comme ça quand on est arrivé ou elle avait eu une subite envie de refaire la déco ? M’apprêtant à lui lancer une réplique cinglante, je me dis que de me taire fera passer le temps plus vite et me permettra finalement d’enlacer Morphée d’ici une dizaine de minutes. L’écoutant au départ distraitement, les bras croisés sur mon torse, le visage fermé dans une attitude plus qu’hostile – vous avez vu l’heure franchement ! – elle finit par gagner mon intérêt, par je ne sais quel mystère, alors que mes yeux se portent sur l’ensemble des documents éparpillés ici et là. « Vous avez une imagination très fertile, mademoiselle Harrows… » commençai-je en fronçant toutefois les sourcils, intéressé sans le dire ouvertement par sa théorie, tenant une photo de la main droite, tandis que la gauche était occupée à faire le lien avec un autre. « Oui, les gouvernements ont toujours été particulièrement doués dans l’art de dissimuler la vérité au reste du monde… » murmurai-je pour moi-même en m’attachant à une certaine photographie et à l’article de journal paru à son endroit. « Comment ? » Sa dernière remarque m’avait fait réagir, subitement. « Comment vos collèges ont-ils pu passer à côté de ça ? » grognai-je en allant cherchant mon ordinateur portable dans ma valise pour venir le poser sur la table de la cuisine après l’avoir allumé. « Et bien c’est ce qu’on va vérifier pas plus tard que maintenant… » S’il existait effectivement un lien entre toutes ces affaires. Le gouvernement avait beau avoir classé certains dossiers, j’étais un bon hacker. Une qualité héréditaire si on en juge par la profession actuelle de mon demi-frère, spécialisé dans l’ingénierie numérique et le décryptage de données à grande échelle. « Ca y est, je suis entré. » Au cœur des archives classées top secret par l’Etat. « Nous avons cinq minutes avant d’être repérés. » Tapant de nouveaux codes pour tenter de nous laisser plus de temps, je m’empare de ma clé usb pour télécharger les fichiers susceptibles de nous intéresser, tout en faisant défiler les différents noms sur l’écran. « Merci. » J’étais si concentré que je n’avais même pas fait attention à la politesse dont je venais de faire preuve à l’égard de Leyla. « Bingo, je l’ai ! J’ai un profil qui pourrait correspondre à notre tueuse. Blanche Taylor Moore. Elle avait vingt quatre ans quand elle a perdu son bébé. Il serait apparemment mort d’une…quoi…non, c’est impossible. » soufflai-je en fronçant les sourcils, vérifiant dans d’autres documents pour être certain de ce que j’étais en train de lire. « Il serait mort du virus H5N1. » répétai-je pour Leyla. « Sauf qu’il s’agit d’un virus qui n’est normalement pas transmissible à l’être humain. A moins…à moins qu’il s’agisse d’une mutation. Il n’y a rien de plus dans les archives qui viendrait corroborer cette hypothèse. » Jetant un regard en arrière, je réfléchis tout en gardant le contact visuel avec Leyla. « Si ce virus a effectivement muté, ça pourrait expliquer la mort de ces personnes. C’est un virus très agressif et très contagieux. Et ça expliquerait aussi pourquoi le gouvernement a tout fait pour étouffer l’affaire. » Je me lève alors de ma chaise, visiblement en colère. « Ce…virus n’est pas biologique. Il a été créé. » En tant que chimiste, j’en connaissais un rayon en matière de produits, bactéries, virus, infections susceptibles d’être dangereuses pour l’homme et son environnement. « Et devinez qui a travaillé sur ce projet ? Je vous le donne en mille : le docteur Jekyll Moore. Le mari de Blanche. Et attendez ce n’est pas fini : j’ai lu qu’il y avait eu une phase de test. » Je m’arrête un moment, le temps d’expliquer à Leyla en quoi cela consistait, étant moi-même habitué à m’en servir pour mes expériences. « En gros on étudie la structure moléculaire et l’environnement du virus pour mieux observer ses capacités de défense et d’attaque. Sauf que ce type de virus ne peut survivre que dans un organisme bien particulier, celui d’un être vivant. Devinez qui a été la cible des expérimentations du docteur Jekyll ? » repris-je en tendant une photographie à la jeune femme. Sur le devant on y voyait l’homme occupé à caresser ce qui semblait être le chien de la famille, tandis que sa femme souriait rêveusement, assise dans un canapé à un mètre de lui, ses mains entourant son ventre arrondi par la grossesse.  « Maintenant on sait comment le virus a été transmis au bébé. Toutes personnes, et les personnes âgées et les nourrissons sont, nous le savons, les plus fragilisées, qui auraient été à moins de deux mètres des eaux qui entouraient le laboratoire auraient été contaminées et condamnées. » grondai-je en éteignant mon ordinateur. J’étais furieux. Pas seulement par les magouilles du gouvernement, mais parce que j’étais persuadé que l’agence pour laquelle je travaillais était au courant depuis le départ et ne m’avait pas tenu informer. « Je suppose que les couples tués, pour certains en tous cas, qu’il s’agissait de l’équipe scientifique qui travaillait sur ce projet. Je me demande si je ne vais pas changer de camp, moi. » dis-je très sérieusement en allant m’affaler dans le fauteuil. Imaginez-vous : on empoisonne votre bébé, sans votre consentement, alors que vous l’avez porté pendant neuf mois et n’avez rien demandé à personne. Découvrir qu’il s’agit en plus de votre propre époux… « Je n’ai rien trouvé sur l’explosion de gaz du centre de recherches, mais je suis prêt à parier que ce n’était pas un accident. » Peut-être qu’un membre de l’équipe avait eu des remords ou eu peur en découvrant les effets du dit virus sur leurs cobayes, qui sait ?  

∞everleigh
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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.   Dim 3 Mai - 18:44

Benedikt ∞ Leyla
Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.
« Ils sont passés à côté simplement parce qu’ils n’avaient pas ces informations en main. Quand cette histoire a éclaté, j’étais encore étudiante. J’avais gardé quelques coupons de presse à cette époque car cette affaire m’avait parue étrange sur le coup, mais je ne pensais pas que cela me resservirait. Le nom du laboratoire me disait quelque chose depuis le début, mais je n’arrivais pas à me souvenir où j’avais bien pu le rencontrer … Comme quoi, les lubies d’étudiants peuvent toujours resservir. » Dit-elle songeuse sans réellement prêter attention à son interlocuteur, avant que celui-ci ne la rejoigne sur le chemin de sa réflexion. Plutôt enthousiaste face à sa réaction (peut-être qu’elle n’était pas si folle que ça, après tout), elle l’observa aller et venir à son tour entre les hypothèses. Elle admettait que d’un point de vue professionnel, c’était agréable d’échanger avec lui. Le débat était constructif, en une soirée ils allaient faire plus à deux dans cette petite maisonnette perdue que toute une équipe dans un bureau suréquipé. Une main posée sur le dossier de la chaise, scrutant en fronçant les sourcils toutes les informations qui défilaient devant leurs yeux, elle ne put s’empêcher de glisser à la dérobée, sans même lui lancer un regard. « Et après vous allez me faire croire que vous êtes « juste » un petit chercheur en chimie … » Un sourire en demie lune éclaira son visage. Elle n’ajouta rien de plus, mais dans son enthousiasme, il avait éveillé chez elle d’autres soupçons. Sur son dossier, elle n’avait vu aucunes compétences de hacker. Ni autre chose d’ailleurs, hormis la chimie. Pourquoi son unité aurait-elle pris le risque de le mettre avec elle sur cette affaire alors qu’il avait un dossier si … Mince ? A croire que ce dernier était mal renseigné ou incomplet. Très surprise en tout cas des informations qu’il venait de dégoter, elle observa le portrait de la femme … Puis leur photo de famille … Leyla se mit à faire les cents pas dans la pièce, les bras croisés, les sourcils plissés. Elle réfléchissait. Tentait de se projeter dans la peau de cette maman blessée. « Jekyll Moore … Jekyll Moore … Ce nom me dit quelque chose … » Elle s’immobilisa d’un seul coup, se permettant de regarder les différentes brochures qu’on leur avait donné lorsqu’ils étaient arrivés, et qui présentaient le séminaire annuel auquel ils allaient devoir assister. « Ah voilà ! Jekyll Moore est aujourd’hui un chercheur de renom. Il est même l’un des investigateurs de la Conférence … Sauf qu’il est marié. Il a trois enfants en bas âge. Ça voudrait dire … Que non seulement il a participé a étouffé l’affaire, qu’il a causé la mort de son futur enfant, mais aussi qu’il s’est débarrassé de Blanche par la suite …Vous permettez ? » Dit-elle en se penchant devant lui pour regarder quelques informations sur l’ordinateur. Accédant à des archives privées auxquelles le FBI avait accès, elle trouva sans peine le dossier de Blanche. « Blanche Taylor, Moore de son ancien nom d’épouse … Il y a une décharge signée par son mari Jekyll, demandant son internement, il y a 10 ans. Apparemment le motif serait une dépression post-natale qui aurait dégénéré …Le salop, je suis sure qu’il l’a faite interner pour qu’elle se taise et qu’elle ne puisse pas nuire à sa carrière … Patiente exemplaire apparemment, il n’y a plus de rapport sur elle depuis 2011. Donc soit elle a disparue de la surface, soit certains éléments ont été effacés … Et si elle avait trouvé un moyen de s’enfuir ? Blanche était sage-femme en plus … Ca collerait complètement avec le profile qu’on recherche. Elle aurait très pu pratiquer les opérations sur les femmes … Il n’empêche que, même si elle est liée à tous ces meurtres, elle n’aurait jamais pu les accomplir seule. Blanche est une crevette, et la plupart des hommes tués étaient bien bâtis, imposants, certains même pratiquaient des sports … A deux ils n’auraient eu aucun mal à venir à bout de Blanche. Et on a retrouvé aucune trace de tranquillisant ou de drogue dans le sang des victimes … Ca veut donc dire que si c’est elle, elle a forcément un complice. » Et là ils se heurtaient de nouveau à un problème. « Si vraiment elle ne s’attaquait qu’aux couples ayant un lien avec l’incendie du laboratoire, à quoi servirions-nous ? A moins que … » elle tapa leurs deux noms de couverture sur les bases de données, et fut surprise de tomber nez à nez avec une photographie d’un jeune homme qui ressemblait comme deux gouttes d’eaux à Benedikt une fois qu’il était ‘déguisé’. « Vous êtes le sosie d’Adam Mckinley, un biochimiste de renom, une fois déguisé. Le vrai est sous la protection du gouvernement depuis plusieurs années, en résidence surveillée. C’est le fils de Charles Mckinley, éminent chercheur et gros investisseur dans le milieu de la recherche, décédé il y a quelques années. Je suis persuadée que si on cherche bien, on peut trouver un lien entre le père d’Adam et Jekyll. Comme quoi, ils n’étaient pas si peu renseignés que cela … Ils ont juste décidé de nous le cacher. » dit-elle songeuse, en se disant que tout collait, et qu’effectivement, ils avaient un rôle à jouer dans la mesure où le tueur voudrait s’en prendre à Adam (ou du moins, à Benedikt déguisé en lui) pour se venger de son père véreux jusqu’à l’os. « Je suis désolée de vous le dire, mais, dans l’histoire, vous êtes finalement le principal appât. » Rassurant hein ? Il était joyeux maintenant ? En tout cas, elle-même venait de prendre une décision. Il n’était pas question qu’il lui arrive quelque chose. Aussi avait-elle décidé de le tester un peu, de voir comment il réagirait, en cas de pépin. « J’imagine que vous savez vous défendre ? » Dans un coin de la pièce, alors qu’il était assis tranquillement sur sa chaise, devant l’ordinateur, il dû entendre un cliquetis métallique, puis sentir quelque chose de dur, et de froid, dans son dos. Avant qu’il n’ait le temps de réagir, elle avait éteint la lumière, pressant la détente contre sa tempe à une vitesse fulgurante, le mettant ainsi dans une position de faiblesse. Ainsi, aucun voisin ne verrait leurs ombres dans la pénombre, et cela rajoutait une difficulté pour lui, l’obligeant à se concentrer davantage. Evidemment, l’arme n’était pas chargée, c’était seulement pour voir de quoi il était capable. « Désarmez-moi. » lâcha t-elle froidement. Bon okey, elle n’avait peut-être pas choisi le bon moment, ni la bonne tenue (à peine habillée, même pas de chaussure, la base) pour le tester à ce sujet. Mais elle partait du principe que si cela leur arrivait, s’ils étaient amenés à se défendre, ils ne sauraient, ni quand, ni comment cela se produirait.
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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.   Sam 9 Mai - 8:43


“Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.”

L’écoutant sans le faire savoir à l’intéressée, mon regard se reporta aussitôt sur la jeune femme dès lors qu’elle osa mettre en doute mon statut de chercheur. Evidemment, elle avait vu juste. Sauf que j’étais sous couverture, que j’étais un bon agent, et qu’en aucun cas je ne devais continuer de la laisser croire en une autre identité que celle qu’elle croyait avoir jusque là sous les yeux. « Je n’ai jamais dit que j’étais un « petit » chercheur. » arguai-je en haussant les sourcils, un tantinet arrogant. « Je ne serais pas employé pour le compte de la meilleure université de New-York si ça avait été le cas. » Ok, peut-être pas si un tantinet que ça. En attendant, mieux valait couper court à toute discussion à ce sujet avant de laisser s’échapper la moindre information qu’elle pourrait interpréter de travers. Ou qui seraient véridiques au fond, mais dans les deux cas, qui ne serviraient qu’à mettre ma position en difficulté. « Et si vous faîtes référence à mes compétences de hacker, nous avons tous des hobbies dans la vie, mademoiselle Harrows. » soupirai-je en me gardant bien de croiser à nouveau son regard que je sentais inquisiteur. « Je ne suis pas un grand fan des lectures au coin de la cheminée, désolé. » terminai-je avec cynisme en faisant référence à ce que pour moi, devaient être ses propres centres d’intérêts.

L’ordinateur sous les yeux pour elle, faisant les cent pas dans le salon pour moi, je fronce les sourcils en découvrant un portrait vieilli de mon sosie sur l’écran. Très bien, elle avait encore vu juste. Cette jeune femme me surprenait de minute en minute. A la fois perspicace, observatrice et capable de faire fonctionner sa matière grise à une vitesse que je n’avais jusqu’alors pas eu l’occasion de constater chez d’autres individus. De sexe féminin ou masculin, d’ailleurs. Et bien que je n’en laissais rien paraître, il n’y avait rien qui à mes yeux était plus attirant qu’une personne qui savait faire fonctionner ses méninges en fonction du contexte et des solutions qui s’offrent à elle. Encore une fois, je ne pouvais m’empêcher de la comparer à Tacha qui avait toujours su tirer avantage d’une situation en interprétant, calculant et décidant de la marche à suivre de la manière la plus professionnelle qui soit. « Oui, ils se sont bien payés notre tête. » murmurai-je pour moi-même tandis qu’un sourire sarcastique envahissait mes joues. C’était donc pour ça que mon chef avait absolument tenu à ce que je participe à cette mission. C’était à se demander s’il n’avait pas tout fomenté avec celui de Leyla, tiens. Quoiqu’il en soit, je saurais garder profil bas jusqu’à ce que nous ayons une petite conversation amicale lui et moi. J’ai horreur d’être le dindon de la farce. « Très rassurant. » répliquai-je à la jeune femme en lui tournant le dos. Loin de souffrir de ma position de ver suspendu à la ligne de la canne à pêche, j’espérais plutôt retourner cette situation à mon avantage. Le tout dorénavant étant de savoir de quelles manières. « Excusez-moi, me défendre ? » Pourquoi faire ? Tout à coup, les lumières s’éteignent, et avant même que je ne comprenne son allusion, je sens le métal froid et dur d’une arme dans mon dos. Bien joué, fillette. « Sinon quoi, vous allez me tirer dessus ? » répliquai-je, pince sans rire. Je savais que non seulement ce n’était pas le cas, mais qu’en plus, si j’avais voulu, Leyla aurait été surprise de mes compétences en la matière. Et c’était bien le problème. En aucun cas la profiler ne devait croire que je savais m’y prendre, que ce soit avec une arme à feu ou dans un combat au corps à corps. Cela risquerait de compromettre non seulement ma couverture, mais également la véritable raison de ma présence à Sausalito. Raison pour laquelle, je fis mine de me déplacer et de tenter de la désarmer en me retournant tout à coup, et de m’emmêler les jambes dans les pieds de la chaise, ce qui eut pour effet de me faire tomber au sol, la chaise et un vase qui se trouvait là par hasard, avec moi. « Aie ! Je crois que je me suis coupé. » soufflai-je en espérant qu’elle aurait suffisamment pitié pour rallumer. « Ecoutez, je suis chercheur, pas soldat ou flic ou…je ne sais quoi encore. Et puis je vous ai vous, pour me protéger, c’est suffisant non ? J’ai confiance en vous, si ça peut vous convaincre de ne plus faire ça ! » finis-je par m’exclamer en grognant. Si elle savait l’effort que ça me demandait de me montrer aussi lâche et pathétique…je mériterais un oscar si on devait féliciter mes talents de comédien.


∞everleigh
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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.   Lun 29 Juin - 21:41

Benedikt ∞ Leyla
Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.
Était-ce un brin de pédantisme qu'elle venait d'entendre ? Monsieur se considérait donc comme un chercheur de renom, avec une certaine notoriété à défendre. Le fait est qu'elle n'avait jamais entendu parlé de lui avant cette mission. Bon … Elle admettait ne pas être très intéressée par son domaine de prédilection, c'était sûrement pour cela que sa tête ne lui revenait pas … Son nom non plus d'ailleurs. Mais alors, s'il était si réputé que cela, pourquoi prendre le risque de le faire aller sur le terrain ? C'était un coup à se mettre le gouvernement à dos. A moins … Qu'il soit de mèche avec ce dernier ? Non. Improbable. Il était bien trop gringalet pour être un agent (dit la femme agent qui ne pèse que 50 kilos tous mouillés). Quoiqu'il en soit, consciente des enjeux de cette mission, Leyla était déterminée à ce que cela se passe au mieux. Et pourtant, elle refusait d'avoir sa vie sur la conscience. Elle refusait qu'il lui arrive quelque chose, et qu'il n'ait pas quelques armes pour se défendre. Initié ou non, manipulateur ou non, peu lui importait qui il était réellement. Comme il l'avait dit lui-même, il était sous sa protection. Et elle ferait de son mieux pour qu'il ne lui arrive rien. Mais s'il y avait une chose qu'elle refusait catégoriquement, c'était de le laisser se reposer sur ses épaules de manière aveugle.

« Non … Bien sur que non. » Elle n'était pas idiote au point de lui tirer dessus. D'ailleurs, l'arme n'était même pas chargée. Il s'agissait seulement d'une mise en situation. Elle voulait voir quelles étaient ses limites, et s'il n'allait pas compromettre la mission en étant impulsif. Des individus aussi torturés et terribles que leur tueur suscitaient parfois la colère, l'envie de vengeance. Mais ce tueur, ils devaient l'avoir vivant. En aucun cas le caractère impulsif et la rage du jeune homme ne devaient interférer dans leur mission. S'il lui prenait l'envie de faire justice lui-même, il ne ferait que s'abaisser à son niveau, et il deviendrait lui aussi un tueur. Si elle avait le permis de tuer, lui a priori, ne pourrait que plaider la légitime défense. Et elle ne se rangerait pas forcément de son côté. Ce tueur, s'il suscitait une certaine haine en elle, attisait également sa curiosité de profiler. Observant dans la pénombre son petit manège d'enfant maladroit, son sourcil se arqua et un soupir lui échappa discrètement : il ne la prenait pas du tout au sérieux. Elle lui tendit alors la main pour l'aider à se relever, semblant prompte à abandonner son entreprise. C'était mal la connaître. « Allez relevez-vous, vous êtes ridicule. » Sa main dans la sienne, le tirant vers le haut, elle eut alors deux gestes d'une rapidité fulgurante, d'une précision sans précédent, et d'une force insoupçonnable compte tenu de sa corpulence. Son genou venait de s'enfoncer juste sous ses côtes, tandis que le tranchant de sa main avait frappé juste à un point précis au dessus de son sternum, lui coupant momentanément la respiration. L'ayant sentit chanceler, elle se mit à califourchon au dessus de lui, l'une de ses mains enserrant sa gorge tandis que ses cuisses serraient sa taille avec force dans une étreinte qui progressivement, allait l'empêcher de respirer. « Soldat ou non Shark, je refuse d'avoir votre mort sur la conscience, sauf si je vous tue moi-même. Alors vous allez m'écouter attentivement. Lorsque nous aurons trouvé ce type … et nous finirons par l'avoir … Il va vous pousser dans des retranchements que vous ne pourrez peut-être pas supporter. Alors vous serez tenté d'agir inconsidérément … Et là, je ne pourrais pas vous protéger de vous-même. Que vous ayez confiance en moi m'est égal, je sais quels sont mes démons, et je saurais y faire face parce que j'ai été préparée pour ça. Mais vous … Je veux être sure que vous ne serez pas sans armes. » Son étreinte autour de son cou et les muscles de ses cuisses s'étaient peu à peu relâchés pour lui laisser le temps de retrouver ses esprits. « Ce n'est pas de votre résistance physique dont je doute Shark … Plutôt de votre âme. Est-ce qu'il y a des armes qu'il pourrait retourner contre vous ? » Et là elle se rappelait du teint blême qu'il avait eu devant les photographies qu'elle avait projeté lors de son cours. Elle avait pu trouver des informations sur lui, évidemment. Mais elle voulait que cela sorte de sa propre bouche, que cela soit aujourd'hui, ou bien plus tard, peu importe.
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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.   Dim 12 Juil - 23:18


“Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.”

Très rassurant. Non, elle n’allait pas me tirer dessus. Encore heureux ! Quoiqu’il en soit, je comptais vivement à ce qu’elle lâche son arme et qu’elle abandonne une bonne fois pour toutes ses idées tordues. Non pas que ça me déplaise de jouer au chat et à la souris avec elle, mais j’allais finir par croire qu’il lui manquait une case et que je devais l’abattre pour ma sécurité personnelle. Encore que, j’avais toujours trouvé très séduisant une femme qui brandissait une arme. Même si ce n’était qu’un « flic », déjà à l’époque où je les haïssais. « C’est moi qui suis ridicule ? Moi ? Non mais vous manquez pas de culot ? » Je fais mine de protester, attrapant la main qu’elle me tend sans me douter un seul instant que le jeu n’est pas terminé. « A cause de vous, j’ai failli me couper la main, on voyait plus rien, vous me mettez votre joujou sous le nez et me menacez, et c’est moi qui suis ridicule ?!! » tempêtai-je avant de me plier en deux, et de me taire sous la douleur de son genou entrant en contact avec mes côtes, jusqu’à ce que tout son corps, occupé à maintenir le mien en position couché, bloque tout tentative d’échappatoire. Sale petite *** ! La respiration un moment altérée, d’autant que je couvrais quelque maladie cardiaque dont elle n’avait heureusement pas idée, je n’avais pourtant qu’une seule idée en tête actuellement : la descendre. Ne serait-ce que pour le principe. Oser s’attaquer à plus faible que soi, c’est d’un vilain ! Oui, je sais, mais elle l’aurait bien cherché. Ecoutant d’un air distrait son monologue qui, à mon goût, n’en finissait plus, je lui lançai un regard noir à la fin de sa tirade, attrapant soudainement et avec une rapidité qu’elle ne pouvait jusqu’alors soupçonner, ses bras, pour le repousser brutalement en arrière. Tant pis si sa tête cogne contre quelque chose de dur et qu’elle se soit fait mal, elle avait déjà de la chance que je ne me défoule pas sur elle alors qu’elle ne s’était gênée à mon vis-à-vis. « Refaites ça, Harrows, et vous n'aurez plus jamais à douter de moi ! » grognai-je en me levant, et lui décochant un regard dans lequel mépris, haine et défi s’entremêlaient. Que j’aie risqué de faire tomber ma couverture m’importait peu à l’heure actuelle. Ce que je voulais, c’était que cette fille comprenne que je ne me laisserais pas intimider, ni par elle, ni par ses patrons, ni par personne d’autre. « Plutôt que de vous intéresser à moi, ce qui soit dit en passant n’est ni votre job, ni pour votre bon plaisir, apprenez à rester à votre place et à vérifier que vous-même serez en mesure de faire ce qu’il faudra le moment venu. » En résumé, qu’elle ne s’inquiète pas pour moi, je me connais et elle n’a pas besoin de me connaître pour me faire confiance. Enfin, une confiance qui jusque-là était minime et qu’elle venait de rendre, par son geste, pratiquement inexistante, mais enfin…tant qu’elle comprend le concept.

Un sourire, un échange de regards complices, ou qui semblaient l’être, ma main posée sur sa taille tel le mari comblé par sa femme, et nous avancions ensemble jusqu’à la foule qui se massait devant le buffet. J’avais très envie d’un scotch, avant que la conférence ne commence, mais ma maladie aidant, je pris un jus d’orange et observais d’un œil discret, curieux et attentif chaque invité présent en cette fin d’après-midi. A la fois riche, bête à manger du foin et antipathique pour la plupart. Vous ais-je déjà dit combien je haïssais les pleins aux as ? Voilà qui est fait. « Tu sens bon…c’est un nouveau parfum ? » susurrai-je à l’oreille de ma compagne en approchant mes lèvres de ses cheveux. Vous vous demandez sans doute ce qui avait causé ce revirement dans mon comportement. Pour quelles raisons me montrais-je aussi dévoué et aimant, moi qui ne pouvais même pas la voir sans vouloir l’étrangler il y a de cela un mois ? Il faudrait pour comprendre, revenir des semaines en arrière, quand un mari et sa femme ont appris à faire connaissance, pour le meilleur et pour le pire…



∞everleigh
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MessageSujet: Re: Psychologie : Maladie qui se fait passer pour un remède.   Lun 13 Juil - 10:33

Psychologie : maladie qui se fait passer pour un remède
Benedikt
&
Leyla


 

 



 

 


Ce soir là, ils avaient frôlé la catastrophe. Mais au moins, elle avait appris deux choses. La première était qu’elle ne s’était pas entièrement trompée à son sujet et qu’il n’était pas ce qu’il prétendait être. Il s’était dégagé de son emprise avec une vivacité que n’ont pas les débutants. Aussi était-elle persuadée qu’il avait un minimum d’aptitudes physiques pour se défendre. Et la seconde était qu’elle ne lui faisait d’autant plus peu confiance. Elle avait un mauvais pressentiment le concernant, allez savoir pourquoi. Quoiqu’il en soit, il lui fallut bien du temps avant de s’ôter en partie de la tête ces pensées parasites. Autant le dire, les heures, voire même les jours et les premières semaines qui suivirent cet intermède nocturnes furent longues et pénibles. Ils se toléraient à peine, entretenant presque comme un jeu mutuel une relation proche de l’amertume. Plus les semaines passaient, et plus Leyla avait commencé à s’impatienter. Leur homme ne daignait montrer le bout de son nez. Clairement, pendant un temps, ils avaient mouliné dans la semoule. Et puis, un jour, quelque chose de tout à fait étrange c’était produit. Mais était-ce une seule chose, ou contraire, plein de petites gouttes d’événements fortuits qui avaient finir par adoucir l’amertume enflammée qui régnait entre eux après près de cinq semaines … Allez savoir.

Cinq semaines plus tard.
Le jour tant attendu de l’ouverture du séminaire, et de leur fameuse conférence venait d’arriver. La conférence aurait lieu le lendemain dans la matinée, mais les organisateurs avaient jugé bon de faire une soirée pour récolter des fonds la veille au soir, au profit de la recherche. Evidemment le couple avait été convié. Après avoir vainement tenté de passer sa robe de soirée un peu trop petite pour la femme enceinte jusqu’aux yeux qu’elle était censée être, Leyla avait accompagné Benedikt au buffet. Ils n’avaient toujours pas trouvé leur homme. Bien sur ils avaient eu des pistes, ils en avaient encore d’ailleurs, mais toutes au fil des jours avaient semblé tomber à l’eau. A croire que leur homme se terrait comme un lapin, et qu’il ne montrerait pas son nez avant l’instant fatidique. Ou alors, peut-être s’étaient-ils trompés. Pour autant, depuis quelques jours maintenant, Leyla n’était pas très rassurée. Benedikt l’ignorait, elle ne lui en avait pas parlé, mais elle avait l’impression de ne jamais être seule. Comme si … Quelqu’un l’observait en permanence sans savoir où se cachait ce regard. Était-ce dût au stress lié à cette conférence ou était-ce son instinct qui lui jouait des tours, elle l’ignorait pour l’instant. Le fait est que son regard était à l’affût, si concentré qu’il trahirait presque le rôle qu’elle était en train de jouer. Un peu trop concentrée, elle eut un léger hoquet de surprise en sentant un souffle se glisser dans ses cheveux. Le temps de réaliser la question, et elle échangea un regard avec son compagnon. « Bien deviné. » dit-elle en esquissant un sourire en demi-lune avant de remarquer un léger détail. « Ne bouge pas … » très discrètement, ses doigts se glissèrent sur sa moustache légèrement de travers et la replacèrent. Ni vu, ni connu. « Parfait. » Un sourire satisfait illumina ses traits, et son regard, dans lequel scintillait une pointe d’inquiétude, refit son apparition. « Oh, 30 degrés ouest, gros requin … Et sa dorade avec laquelle tu as une touche. » murmura-t-elle à son oreille avec un brin d’amusement en observant le couple guindé un peu plus loin. Dissimulés, imperceptibles, ils avaient tous deux un micro sur eux qui leur permettrait de communiquer à distance si jamais ils devaient être séparés. Le sien avait été dissimulé dans son décolleté. Non sans peine vu qu’il n’était pas très plongeant.

Quatre semaines plus tôt.

Il ne s’était vraisemblablement pas remis de l’épisode nocturne. Elle voyait bien dans ses yeux cette lueur lorsqu’il la regardait, ça lui faisait presque froid dans le dos. Il avait presque réussi à l’adoucir au point de la pousser à s’excuser pour son attitude peut-être trop radicale, mais son orgueil fut trop grand pour qu’elle passe à l’action. Elle avait, après tout, sa fierté. Quoiqu’il en soit, il s’était passé une semaine, et durant cette semaine, ils avaient commencé à s’intégrer dans leur environnement et à se familiariser avec leur personnage. Myra, son personnage, s’était même lié d’amitié avec leur voisine trois cabanes plus loin, qui fêtait ses noces d’argent avec son mari. Comme convenu lors de leur arrivée, Leyla dormait chaque soir sur le divan qui était plutôt confortable. Comme elle ne dormait pas beaucoup, cela ne la dérangeait pas. La nuit, alors que tout le monde dormait, elle se plaisait à s’éclipser sur la terrasse et à aller se baigner, dans le plus simple appareil, sans tous les artifices qu’elle devait porter en permanence. Cette nuit-là ne faisait pas exception. Benedikt était enfermé dans sa chambre depuis plusieurs heures, devant probablement dormir depuis longtemps. Elle-même venait de s’éveiller d’une terreur nocturne, un rituel. Sortant sur la terrasse en y laissant ses affaires, n’ayant que le croissant de lune pour simple éclairage, elle s’immergea dans l’eau, profitant de la quiétude de l’instant pour chasser ses mauvaises pensées. Lorsqu’elle revint, s’enroulant dans un gilet blanc en maille épaisse, elle eut la surprise de croiser Benedikt, le teint complètement ailleurs, livide. Cette expression, elle la connaissait si bien qu’elle ne lui posa aucune question. Après avoir disparu dans la cuisine quelques instants, elle revint avec un lait chaud au miel qu’elle lui tendit, tout en en gardant un pour elle.

« Tenez. Ça vous fera du bien. » Elle ne connaissait pas de meilleur remède pour réchauffer le cœur après une terreur nocturne que celui-ci. Se réinstallant sur le divan en mettant sa couverture sur ses jambes, elle avait allumé la télévision, sur une chaîne qui passait la nuit de vieux films ancestraux. Ce soir là, ils avaient droit à un classique d’horreur, des années 60 : Psychose, d’Alfred Hitchcock. Elle aimait bien ces vieux films en noir et blanc. « Vous … Vous pouvez rester si vous voulez. » avait-elle osé murmurer en soufflant sur son lait avant que ses yeux ne s’écarquillent devant l’écran. « Mon dieu qu’elle est bête … Non … Non … Ne va pas par là ! Et voilà forcément. » s’amusa t-elle à dire en riant intérieurement des scénarios rocambolesques mis en place. Intérieurement, elle redoutait déjà la scène de la douche. Elle la trouvait toujours terrifiante.
© Gasmask


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