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 (silver, alexander) we belong to something new.

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MessageSujet: (silver, alexander) we belong to something new.   Jeu 2 Avr - 23:27

we belong to something new.
Silver & Alexander



Au creux de ses prunelles dorées, une larme épaisse et lourde glissait le long de ses cils inférieurs pour se loger sur sa pommette rosie par la brise matinale. Ses lèvres tremblaient légèrement et ses doigts effleuraient alors le grain de sa peau délicate pour y effacer tout signe d’affection soudain et poignant. Si Silver n’était pas placée derrière une caméra à faire signe aux preneurs de son de s’éloigner des sursauts qu’émettaient la voix de June, elle y aurait presque cru. A cette mélancolie contrôlée, aux soubresauts qui électrisaient ses membres, à ses hésitations à ouvrir la bouche, émettre un son, n’importe quoi … Silver en aurait presque eu le souffle coupé si elle ne commençait pas déjà à être habituée aux exploits des acteurs de nos jours. Pour cela, elle restait logée derrière l’écran de la bête noire monstrueuse qui saisissait cet instant d’une rare beauté pour en saisir tout son sens et se permettre des rectifications. La scène s’arrêta aussi brusquement qu’elle avait commencé. Ainsi, l’équipe du plateau s’élançait déjà vers la star de la série pour rafistoler son maquillage pourtant toujours parfaitement en place. Si dieu avait inventé les hommes, les hommes avaient inventé ensuite le waterproof. La jeune femme retenait un bâillement au creux de sa paume avant de commencer à ranger ses affaires et conclusions hâtives sur la mi-journée qu’elle venait de passer à observer le travail qui l’incombait sur ce plateau de tournage. Si les séries télévisées restaient  une passion moins marquée que le cinéma, la jeune femme désirait plus que tout obtenir une expérience suffisante en tant qu’assistante réalisatrice afin de se lancer définitivement de par elle-même. Les contacts qu’elle avait accumulés lors de ces dernières expériences lui assurait de réels débuts prometteurs mais si la belle se lançait définitivement tête la première dans des aventures insensées, elle n’était pas du genre à se laisser berner par l’excitation d’un avenir prometteur et préférait attendre le bon moment avant de monter en selle. Bientôt, elle courrait déjà vers le directeur du tournage afin de lui soumettre son cahier immensément embrumé par son écriture décalée mais franche et sans bavure. Mes notes pour demain. Il y a certaines prises à revoir, le temps dégrade les couleurs. Je vais voir déjà ce que je peux faire avec les prises d’aujourd’hui et je reviens vers vous lundi. D’un commun accord, elle sublimait son visage d’ange d’un sourire ravissant et s’éloignait déjà, le pas guerrier, vers la fiat 500 qu’on lui avait offerte lors de son arrivée à Paris. Ses mains sur le volant, ses grands yeux bleus parcouraient la route pour se fixer alors sur une dérangeante petite lumière qui ne cessait de clignoter à travers le tissu  de son sac griffé. Trois appels manqués d’Alexander et déjà son cœur se mettait à tambouriner plus vivement au creux de sa cage thoracique. Son regard se refermait sur la poignée de la portière comme si l’envie subite de prendre la fuite venait de lui passer par la tête et que cela semblait le geste le plus instinctive à suivre rapidement sous peine de mort subite, douloureuse et violente. Au lieu de ça, elle se résignait immanquablement à le rappeler en s’éclaircissant la voix par une toux qui se voulait désinvolte et légère. Au lieu de ça, la belle hollandaise manquait de s’étouffer lorsque la voix froide et impériale de l’homme venait crever l’écouteur de son appareil téléphonique. Bonjour, c’est… Silver. Vous m’avez appelé ? Evidement petite cruche qu’il t’avais appelé. La question était stupide, inefficace au gain de temps qu’elle espérait obtenir et surtout, l’empêchait de se détendre réellement. Si Alexander Astoria aurait pu être un animal, il aurait été le faucon et elle le souriceau qui tentait de sauver sa vie au milieu du cagnard désertique avec pour seule cachette que la pénombre d’un mince arbre jaillissant des crevasses terreuses. Silver allumait le contact pendant que la voix calme et posée de l’homme lui indiquait ses envies. Un coup d’accélérateur plus loin, elle pilait brutalement à l’écoute de ses revendications et se prenait un coup de klaxon furibond après une salve de crissements de pneus. Débordée par la cohorte qui s’animait dans son esprit, la jeune femme effectuait un bref signe d’excuse dans son rétroviseur avant de reprendre la route en tentant de fixer sa concentration sur le compteur face à elle. Rien à faire, balbutiante, manquant cruellement d’attention, l’ancienne berkeléenne maudissait l’impétuosité de l’homme d’affaire à lui proposer de tels déplacements quand elle aussi avait un travail à respecter. Néanmoins s’il n’y mettait pas les formes, il cautionnait au moins le fait que son effort devrait être plus que rentabiliser. Est-ce que la jeune femme avait réellement besoin de ce travail aujourd’hui ? Peut-être pas. Mais travailleuse, elle ne lésinait pas sur les moyens qui pouvaient lui offrir une vie prospère et assurément aisée, sans l’aide de la fortune des familles que sa mère avait pu briser dans son passage. Rembrunie mais solidement confrontée à cette idée, Silver détendait ses doigts sur le combiné, dont les phalanges avaient viré au blanc. Très bien, j’arrive chez vous dans quelques minutes. Son matériel à porter de main, elle pourrait toujours dans l’avion, tenter de confectionner assidûment son travail. Si son cœur crachait injurieusement sur le perron de l’associé de Roman Da Russo, il taisait inopinément son magistral bagou devant le minois charmeur d’Alexander. Aussitôt, il fut accompagné par Wolfgang qui s’immisçait à travers ses jambes pour observer le curieux visiteur. Reconnaissable par son parfum suave, le matou s’entêta aussitôt  à se blottir entre les jambes de la jeune femme en laissant échapper quelques ronronnements gutturaux. Bonjour toi… S’empourprant à la hauteur d’une cerise muri par un soleil sudiste, la jeune femme relevait les yeux brusquement vers le regard poignant d’Alexander avant de reprendre plus sérieusement. Monsieur Astoria. Si elle devait lui serrer la main elle n’en savait rien mais ce qu’elle devinait peu c’était aujourd’hui la forme qu’elle devait mettre pour s’exprimer face à lui. Si à l’époque Silver avait dénié employer son prénom et confondait les marques d’appellation, il était encore plus évident qu’aujourd’hui qu’ils n’étaient plus étudiants dans la même université, qu’elle se sentait trahit bien plus encore par son manque de confiance surprenant face à lui et s’interdisait dorénavant de l’appeler par son prénom. Sotte qu’elle pouvait sembler être, Silver prenait une goulée d’air fraiche avant de s’infiltrer dans l’antre de sa bête noire et de se faire câliner par les braves bêtes qui avaient bien trop souvent élu domicile contre ses jambes, sur ses genoux et qui prenaient un malin plaisir à mordiller les mèches de ses cheveux châtains dès que l’occasion se présentait. Seuls deux des animaux domestiques ne semblaient pas réellement l’apprécier ou du moins, feintaient l’indifférence avec habilité. Les pieds avançant prudemment dans l’intimité prospère de l’homme, elle craquait de nouveau pour les peintures qui ornaient les murs nacrés et ne retint pas ses dents lorsqu’elles venaient mordiller sa lèvre inférieure. Se retournant face à Alexander, elle l’observait longuement, tentant de réprimer le sentiment d’alerte qui s’éveillait au creux de son estomac. Une dernière chose avant que je ne leur cours après pour les rassembler… Il faut que je sois de retour le plus rapidement possible. J’ai des responsabilités auxquelles je dois répondre. Dit sur ce ton, l’homme imposant aurait presque pu croire qu’elle vivait dans la détresse et que la jeune amsterdamienne préparait son arrêt de mort. Rien de tout ça, Silver travaillait dur pour s’élever dans un domaine qui la berçait depuis l’enfance et il était en aucun cas possible qu’elle manque à son devoir envers celui-ci. Le regard perçant braqué vers le sien, elle observait son dos se détourner pendant qu’il amassait quelques affaires. Ok très bien, il n’avait pas changé, toujours aussi cérémonieux et peu apte à répondre à ses exigences avec la rapidité qu’elle lui imposait à travers ses questions claires et précises. Levant les yeux au ciel, Silver se maudissait dès lors d’avoir accepté ses conditions mais à quoi bon, monsieur Astoria avait tous les atouts pour la faire flancher même quand sa volonté semblait fortifiée à son apogée … A peine tentait-elle de s’emparer du pouvoir insondable qu’il lui laissait à volonté pour mieux la plier par la suite que son téléphone refaisait des siennes au creux de sa main crispée. Désolée. Elle décrochait alors. Se fichant de savoir si la politesse était remise en question, Silver n’attendait qu’une excuse de cet acabit pour pouvoir lui tourner le dos et s’éloigner de deux-trois pas. Quoi ?! Non désolée ce n’est pas possible. Parce que. Arrêtes Isay, je suis chez Alexander, il m’a appelé. Pardon ?! Non on ne couche pas ensemble, merci, aurevoir ! Qu’elle crachait avant d’appuyer sur le téléphone rouge et se retourner vers l’Astoria. Son attention braquée sur elle, Silver pouvait presque apercevoir une esquisse de sourire derrière cette façade de marbre. La jeune femme se rendait enfin compte du pourquoi et du comment lorsqu’elle plaquait sa main sur sa bouche. Oh je… Excusez moi. Mon meilleur ami possessif et protecteur… Vous savez ce que c’est. Non, pas sûr que Roman viendrait à lui demander des comptes. Elle les voyait bien du genre à ne pas parler de leurs affaires personnelles et plutôt s’enfiler des verres pour résoudre tous leurs déboires. S’ils avaient assez de cœur pour se montrer autant amicaux l’un envers l’autre… Mais la gêne prenait le dessus et plus elle l’observait plus la jeune femme se disait qu’accepter son offre avait été sa toute première erreur de parcours… A voir quelle serait la seconde.


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MessageSujet: Re: (silver, alexander) we belong to something new.   Mer 8 Avr - 2:04


«le seul problème c'est que le mensonge
aura toujours plus d'attrait que la vérité.»


Roman le considéra un instant, replia soigneusement sa serviette en tissu à gauche de son assiette et termina son ‘Château Petrus’ d’une seule traite. L’atmosphère était lourde, irrespirable, suffocante. Le déjeuner durait depuis plus de trois heures, entrecoupées de silences angoissants, d’altercations verbales, de désaccords significatifs. Roman partait. Roman partait parce qu’il l’avait frappé. Elle. Eileen Rosenbach. Mais jamais, il n’admettrait l’aimer, jamais il ne reconnaitrait que la conquête de Playboy n’était pas l’unique raison de son déménagement précipité à Las Vegas. Sur cette terre brulante au milieu des Mojaves, tout en haut des tours d’acier, il espérait toucher ses rêves de gosse du bout des doigts, décrocher la plus haute place du podium, remporter un pari fou : conquérir le coeur en pierres précieuses de celle qu’il n’avait jamais vraiment considéré comme sa meilleure amie. Il reviendrait, soit à la tête du plus grand magazine masculin de tous les temps, soit fiancé à l’impératrice de la cité du vice, mais pas les deux, à moins d’un miracle. Il jurait, dans un murmure étouffé, de ne pas abandonner ‘The Mating Mind’, de continuer à gérer l’entreprise à distance. Il se disait prêt à faire les déplacements nécessaires pour ne pas que le navire prenne l’eau. Ce petit bijou d’élégance discrète, de sophistication intemporelle, de vulgarité affirmée, d’érotisme total perdurerait. Ici, ou à l’autre bout du pays. « Si tu pars, rien ne me retiens non plus. » affirma-t-il d’un ton solennel en réajustant soigneusement le noeud de sa cravate. « La côte Ouest c’est superficiel, tellement surfait. » lança-t-il avec une pointe d’ironie car certains aspects de New-York n’avaient rien à envier à la chaleur clinquante et aux dorures illusoires des rivages californiens. Le défilé incessant des taxis jaunes, les allées verdoyantes de Central Park, l’East River en plein hiver, la stupéfiante Skyline de Manhattan, tout lui manquait. A l’instar de ses chats, il ne s’était jamais complètement acclimaté à la brume épaisse de San Francisco, à l’orange agressif du Golden Gate, à ces rues escarpées dignes d’une montagne russe. « Je vais partir. Ce soir. Je réglerai tous les détails une fois sur place. » Par ‘détails’ il entendait le second déménagement en moins d’un an du siège social du magazine, et la nouvelle organisation à mettre en place avec Roman. Pour l’heure, Alexander jouait la carte de l’égoïsme dans toute sa splendeur, penser à lui avant de penser à l’argent qu’il possédait déjà, agir avec le même orgueil individualiste que Roman. La clé du bonheur. Le début des emmerdes. (...) Roman venait de partir, le laissant seul dans son immense appartement immaculé. En vain, il tentait de joindre Silver qui ne daignait pas décrocher, alors il laissait des messages teintés d’une impatience qu’on ne lui connaissait pas, mais d’une exigence qui lui était propre. Brièvement, il lui expliquait la teneur du problème, son départ non programmé, la nécessité de mettre les félins dans leurs cages respectives, l’urgence, le besoin viscéral de revoir Park Avenue. Il voulait qu’elle rapplique, sur-le-champ, elle était généreusement rémunérée pour ce minuscule effort. Finalement, au bout de vingt minutes qui lui parurent durer des heures, il entendait le son de sa voix. Elle arrivait. Elle était quelque part, sur la route. Il profitait de ces derniers instants de solitude pour mettre quelques costumes, coupés sur mesure, et certains documents importants dans une petite valise métallique qu’il emporterait avec lui dans le jet. « Silver, dépêche-toi. » ordonna-t-il alors qu’elle venait à peine de franchir le seuil de son penthouse. Accroupie, elle gratifiait le chat norvégien de caresses complices tout en lui murmurant des familiarités d’une voix idiote. En présence de chats, le quotient intellectuel de Silver se divisait par deux, il en était stupéfait. L’observant un court instant, il s’apercevait qu’elle n’était pas dans une forme olympique. Elle paraissait déstabilisée, préoccupée et hésitante, presque mal à l’aise. « Tu auras tout le temps de me parler de tes ‘responsabilités’ dans l’avion. Le voyage dure six heures, le double pour l’aller-retour. Il faudra que tu manges et que tu dormes entre temps. Le plus simple c’est encore que tu passes le week-end avec moi. » suggéra-t-il innocemment, sans s’imaginer une seule seconde que cette proposition pourrait provoquer l’effet d’une bombe dans l’esprit tourmenté de Silver. De plus, ça lui faisait plaisir de s’imaginer passer quelques temps à New-York avec elle, parce qu’il la connaissait peu et qu’il voyait là une occasion d’approfondir leur relation. Alors qu’il s’apprêtait à enchainer et à lui désigner l’un des chats sur le canapé, elle s’excusa furtivement et attrapa son téléphone. « Visiblement lorsque ce n’est pas moi qui appelle tu décroches beaucoup plus rapidement. Heureux de constater que Mademoiselle Elias-Bell filtre ses appels entrants. » la reprenait-t-il à l’ordre en ne perdant pas une seule miette de sa conversation. Il était bien curieux de savoir pour qui elle s’octroyait le droit de faire une pause dans un moment si urgent. A l’autre bout du fil, un certain Isay, meilleur ami de son état, possessif, jaloux, avec des tendances paranoïaques. Il laissait clairement entendre que Silver s’envoyait en l’air avec son patron, ce qu’il trouvait assez indélicat pour un meilleur ami. Il haussa un sourcil interrogateur et afficha un mince sourire presque satisfait, car la situation avait au moins le mérite de l’amuser. Et rien, absolument rien, n’était plus attendrissant que la mine déconfite virant au rouge écarlate de son employée -presque- modèle. « Pourquoi s’imagine t’il qu’il se passe quelque chose entre nous ? Je ne sais même pas de quel coté du lit tu dors.» La jolie carte de la provocation claquait dans son palais. Qu’est ce qu’elle avait bien pu lui raconter surtout qui puisse laisser place aux doutes. Elle se confondait en excuses une énième fois et prétendait que l’Astoria savait ce que c’était. Les meilleurs amis très possessifs, presque invivables. Il décrocha un sourire amusé face aux bourdes innocentes mais attachantes de Silver. C’était très mignon de parler de Roman en ces termes, lui-même apprécierait sûrement. « Oui malheureusement. Roman épluche mon répertoire toutes les semaines et me rappelle à l’ordre lorsque je dépasse l’heure du couvre-feu. Il fouille dans le passé de toutes mes conquêtes, juste au cas-où, par prudence. » Roman était son meilleur ami, mais peut-être aussi l’une de ses pires fréquentations. Il était un électron libre qui n’obéissait à aucune règle, qui n’avait pas de limites, pas d’interdits, qui s’autorisait toutes les folies. En somme, le dernier homme sur cette terre à lui donner une leçon de morale. « Explique à ce : Isay, que tu seras indisponible jusqu’à lundi matin et par pitié, coupe ce maudit téléphone. » déclara-t-il sèchement en désignant les caisses alignées sur le sol. L’objectif était d’y faire entrer les chats, même les plus récalcitrants et de conduire tout ce beau monde jusqu’à l’aéroport où un jet n’attendait plus qu’eux. « Je suis invité à un brunch demain matin, entre le décalage horaire, le vol, et ta lenteur légendaire on risquerait d’être en retard. » il fit quelques pas en direction du canapé où il attrapait au vol les deux terreurs qui régnaient en maîtres dans son appartement et que Silver n’avait jamais appréciés. « Silver, sois mignonne, passe la seconde. » On avait pas l’habitude de voir l’Astoria dans un registre si familier mais il se le permettait parce qu’après tout, ils couchaient ensemble. Enfin, dans l’esprit ravagé de son meilleur ami, ce qui lui paraissait suffisant pour s’autoriser quelques paroles extra-professionnelles.
 
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MessageSujet: Re: (silver, alexander) we belong to something new.   Mar 21 Avr - 0:19

we belong to something new.
Silver & Alexander



Au cœur d’une imposante vérité, Silver observait les rouages de sa vie s’écraser en une pluie éparse sur les gros carreaux de la salle des examens de fin d’année. Au contraire des étudiants qui dissertaient avec grande force et courage, la jeune femme laissait son pied tapoter contre le pied de sa chaise pendant que son stylo, coincé entre ses doigts, effectuait des tournoiements interminables au gré de ses articulations. Le regard dans le vide, au travers de la fenêtre, elle contemplait le temps maussade s’étaler le long des artères bouchers de la ville, sous un ciel nuageux et gris. Ses yeux se détournaient enfin sur sa copie après une absence prolongée d’une heure pour y lire une nouvelle fois la consigne qui s’étalait en caractère gras sur le papier fin de son partiel. Rien à faire, Silver n’avait pas envie d’écrire, pas envie de finir cet examen, pas envie de regarder encore et encore la pendule de l’horloge lui indiquer qu’il ne lui restait que peu de temps avant qu’elle n’en finisse avec ses études. Avant qu’elle ressorte de l’université sans diplôme car elle aurait rendu copie blanche. Mais à quoi bon. Silver n’était pas faites pour les études. La consigne était claire, la jeune femme aurait pu répondre avec une facilité déconcertante. Mais elle ne le ferait pas car le monde du cinéma ne se résumait pas sur un bout de papier mais au bout d’une caméra avec son et image. C’était ce qu’elle avait écrit. Quelques mots jetées à la dérobée sur ce morceau chiffonnée qui avait vu son regard bleuté s’y éterniser des dizaines de fois. Abandonnant, se laissant l’air hautain, orgueilleux, supérieure face à ce dédain, la jeune femme se redressait enfin pour aller vers son professeur et lui remettre en main propre sa copie. S’il la regardait dubitatif, il n’avait pas l’air de s’étonner de son audacieux manque de créativité. Silver, il l’avait compris, était un esprit libre, très peu enclin aux convenances, dans son monde, plongée dans ses romans, dans ses histoires saugrenues, dans des films épiques. Silver elle parcourait les villes pour obtenir de l’expérience, pour créer des histoires et bientôt, elle le souhaitait de tout son cœur, se serait à elle de raconter des histoires. La jeune femme n’avait jamais aimé l’école et avait que trop souvent quitté les salles de cours pour poursuivre sa passion. Une geek, de celle qui pouvait passer son temps avec des garçons, perchée sur un divan, dans un costume ridicule d’animal en jouant à des jeux vidéos. De celle qui pouvait polémiquer sur un film pendant des heures autour d’un bon verre de vin ou d’une bière. Silver elle se faisait à tout, elle se pliait à chaque caractère, à chaque milieu. Mais ce qu’elle ne serait jamais c’était une élève studieuse. Alors le dernier jour de cours, quand elle aurait pu valider une année supplémentaire, elle s’en allait, remerciant du regard son professeur qui l’avait tant poussé jusque là et qui avait toujours eu l’œil critique sur son travail. D’un regard entendu, l’homme qui l’avait guidé pendant deux années la gratifiait d’un air aimant pendant qu’elle quittait enfin la salle devant le regard éberlué des autres étudiants concentrés dans un espace si clos qu’elle en avait eu des bouffées de chaleur. Tant pis si elle n’avait pas son diplôme, tant pis si elle n’avait pas un cv qui en jetait. Silver avait des noms derrière elle et une expérience qui la porterait à mener sa barque bien plus loin que les médisants l’avaient imaginé. Aujourd’hui, quand l’ancienne étudiante égarée se trouvait sur un plateau de série télévisée, elle aurait sûrement dû être totalement maître de sa vie. Ses décisions avaient été les seules qui avaient compté jusqu’à ce jour et pourtant une personne encore restait assez influente pour lui causer des hauts le cœur vertigineux. Alexander Astoria avait tenté de l’appeler un grand nombre de fois sans succès et ces simples absences de réponse lui avait donné l’envie de se cacher dans le coffre de sa fiat 500 afin d’exporter de sa boîte crânienne la moindre peur qu’il déversait en elle chaque fois que la jeune femme se sentait prise au piège. Avec grand courage, elle s’était dirigée vers sa demeure. Abandonnée tout diplôme avait été difficile à entendre pour sa famille mais rendre visite à Alexander Astoria était encore plus dur. Pour ça, elle se demandait encore pourquoi elle ne refusait pas de travailler pour lui mais Silver n’y arrivait pas. Si elle semblait lâche à de maintes reprises, face à l’homme, elle perdait ses moyens et beaucoup plus. Le week-end. Entier ?! Evidement idiote. Voila que sa conscience se divisait en deux entités distinctes et que l’ingénieuse et pétillante Silver devenait aussi stupide qu’un animal pris au piège dans son propre terrier. Ok très bien mais je ne passerais pas le week-end entier à m’occuper de vos chats. C’était clair et précis, Silver ne désirait aucunement passer son temps à nourrir des animaux et à jouer les baby-sitter. Il y avait des limites à ce qu’elle pouvait endurer et elle imposait enfin les siennes quand les prérogatives de l’homme n’étaient que d’insuffler ses propres règles. Mais avant même qu’il ne réagisse et, parce qu’elle avait la peur saugrenue qu’il ne vienne à sortir de ses gongs, elle décrochait aussi rapidement que l’éclair lorsque son téléphone portable se mettait à sonner dans sa poche. Si raccrocher rapidement était instinctif après l’écoute des propos désobligeants de son meilleur ami, ce geste bref la grisait autant que le regard exquis mais insistant de l’Astoria face à elle. Je travaille la journée. Sachez que je ne suis pas disponible sur commande, il va falloir vous y faire. Sur ses gardes, presque hargneuse, Silver ne désirait pas se laisser faire. Aujourd’hui qu’elle était indépendante et avait quitté les bancs des salles de classe, elle ne désirait qu’une vie où elle guiderait chacun de ses pas à sa convenance. Elle ne voulait plus se sentir mal à l’aise et décontenancée face à l’emprise que pouvait avoir cet homme d’affaire à la parure toujours impeccable. Parce que je passe beaucoup de temps chez vous. Il s’inquiète, je peux comprendre. Vous n’avez pas la réputation d’être un homme facile et… Silver fermait les yeux et grimaçait légèrement. Voila qu’elle débitait un flot de paroles pour raconter sa vie dans les grandes lignes et se justifier quand la question d’Alexander n’était là que par pure ironie. Laissez tomber. Encore une fois, la discussion était veine Silver ne pouvait pas en tenir avec ce personnage emblématique des hautes sphères new yorkaises. Différents, de deux mondes opposés, Silver ne ressentait ce sentiment d’impuissance seulement face à cet homme. Si vous le dites… Voila que la jeune femme devenait aussi sarcastique. Parce qu’elle n’imaginait pas Alexander Astoria se pavaner avec de nombreuses conquêtes et un tableau de chasse à l’immensité abusive comme le Da Russo. Alexander semblait prospérer dans les affaires mais était loin de passer son temps à jouer avec les femmes. Du moins c’est ce que Silver imaginait lorsqu’elle n’avait vu aucun être du sexe opposé chez lui. Mais peut-être bien que les apparences étaient trompeuses et qu’il n’était pas si droit et coincé qu’il semblait l’être. Je vais le ranger mais je ne couperais pas. Excusez moi mais en dehors de vos demandes extravagantes j’ai un réel travail qui demande que je sois joignable en cas de problème. Si elle avait tenté d’amorcer cette réplique avec une prudence infinie, elle voyait déjà les flammes de la colère se déployer dans le regard de son employeur. Alors pour éviter qu’il ne vienne à s’emporter, elle se retournait pour commencer à récupérer les bêtes aux longs poils qui s’étaient déployées autour d’eux comme pour suivre le spectacle avec délice. Je crois que je les aient tous. Qu’elle disait en s’accommodant de ses remontrances qui n’avaient lieu d’être. Au lieu de ça, elle attachait ses cheveux en bataille en queue de cheval, essoufflée et déjà épuisée par le trajet qu’elle allait subir. Il la conduisait déjà à la porte qu’elle ne pouvait s’obliger de glisser une remarque après le silence interminable qui avait suivit leur dernier échange. Pour information, je dors au milieu, en travers bref, je prend souvent toute la place… Une remarque qui se voulait jouer de la même façon qu’il l’avait fait avec elle jusqu’à présent. Mais avec Alexander Astoria elle ne savait jamais sur quoi elle allait poser le pied. Il pouvait tout prendre avec ce fameux sourire mystérieux comme avec le regard noir des mauvais jours. Pourtant, installée sur la banquette de la limousine du créateur d’instagram, Silver ne pouvait s’empêcher de parler de nouveau. C’était sa seule manière de combler un silence gênant. Pourquoi quittez vous San Francisco ?

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MessageSujet: Re: (silver, alexander) we belong to something new.   Mer 27 Mai - 0:51


Habituellement, Alexander ne prenait aucune décision dans la précipitation; il aimait s’accorder un temps de réflexion afin d’éviter de commettre des erreurs préjudiciables. Pourtant, aujourd’hui, il avait décidé de mettre ce grand principe dans un coin et ne pas s’en préoccuper. Retourner vivre sur ses terres natales, à l’autre bout du pays était un choix qu’il assumait pleinement et qui avait été dicté davantage par son coeur que par son esprit. Roman s’était toujours moqué des conséquences que pouvaient engendrer ses actes, il agissait constamment de son plein gré et, qu’importe s’il n’apprenait pas de ces erreurs, il avait au moins le mérite de ne pas avoir de regrets. Aussi, lorsque ce dernier lui avait annoncer son départ pour Las Vegas, Alexander prenait conscience que plus rien désormais, ne le retenait à San Francisco. Déménager une nouvelle fois le siège social du magazine était un simple contretemps qui ne mettrait pas en péril la santé financière de l’entreprise; mieux encore, il pourrait jouir d’un nouveau souffle grâce à ce retour aux sources. Après tout, les principaux contacts influents et investisseurs fortunés qui figuraient dans les petits papiers de l’Astoria vivaient essentiellement dans l’Upper East Side; et, en ces temps de crise il jugeait opportun de se rapprocher au maximum des personnes disposant d’un capital non négligeable. Son instinct quasi-infaillible, lui disait de regagner son appartement de Park Avenue au plus vite, à l’évidence la route menant au succès se trouvait à l’est. S’il partait dès à présent, il serait en mesure de fouler les carreaux de marbre de son penthouse new-yorkais en début de soirée, par chance, ce dernier était encore meublé et entretenu quotidiennement; il n’avait qu’à franchir le seuil de la porte pour être chez lui et ce, dans le confort le plus optimal qui soit. L’unique problème que représentait cette traversée des Etats-Unis portait le nom de neuf compositeurs talentueux et tragiquement décédés; Wolfgang, Amadeus, Berlioz, Stravinsky pour n’en citer que quelques-uns. Ses précieux félins aux canines acérées, qui provoquaient les moqueries de ses plus proches connaissances, à commencer par Roman et Marie qui n’avaient jamais compris cette passion puérile et cet amour inconditionnel qu’il avait pour les chats. Alexander, peu soucieux des critiques faciles promulguées par ses congénères, consacrait une partie de son temps et de sa fortune a leur offrir le meilleur. Si bien, qu’à l’heure d’aujourd’hui, la moitié de la population féminine de San Francisco, espérait se réincarner en chat. « Tu seras de retour à San Francisco lundi, dans la soirée. » annonça t-il alors qu’elle attrapait les boules de poils avant de les enfermer dans des caisses spéciales pour le transport. Appuyé contre un mur, les yeux rivés sur l’écran de son smartphone, Alexander prévenait les personnes importantes de son entourage de son retour, ses parents notamment qui déjà, trépignaient d’impatience à l’idée de le revoir. Il releva à peine le regard dans sa direction, à l’entente de ses simagrées. Silver, était une personne volontaire mais terriblement capricieuse; un défaut qui avait le don magistral de lui taper sur les nerfs. « Pourtant j’envisageais de te retenir prisonnière dans mon appartement tout le week-end, pendant ce temps je pourrais me rendre à mes rendez-vous, et autres festivités. » soupira t-il alors qu’elle se permettait de fixer ses petites conditions, or, elle était, jusqu’à preuve du contraire, son employée et non l’inverse. Occupée de mener à bien la tâche ingrate pour laquelle elle était présente, faire entrer les chats les plus récalcitrants qui soient dans une minuscule cage sans se faire griffer, elle se permettait de remettre les pendules à l’heure. Comme ça, madame avait un travail qui entravait ses disponibilités et elle le clamait haut et fort, dans un élan de rébellion qu’il ne lui connaissait pas et qu’il comptait bien faire cesser sur-le-champ. Doucement, il rangeait le téléphone dernière génération dans la poche intérieure de son costume et s’avançait d’un pas décidé vers l’employée du mois. « Si tu n’es pas contente Silver, pars et retourne à ton précieux nouveau travail. Tu es loin de m’être indispensable, et ça aussi, il va falloir t’y faire. » soufflait t-il à trois centimètres de ses lèvres en dérobant le chat qu’elle tenait dans ses bras. La confiance en elle qu’avait emmagasinée Silver depuis son arrivée venait de disparaitre magistralement, grâce à une toute petite phrase dont seul l’Astoria avait le secret. C’était tellement simple, il percevait son désarroi, son incompréhension et ses incertitudes au premier coup d’oeil. « Avant de partir, est-ce qu’on peut savoir ce que tu entends par l’expression -homme facile- ? » demandait-il sans même lui accorder un regard, il l’ignorait et la méprisait suffisamment pour la déstabiliser. Loin de lui l’idée d’user de la cruauté pour parvenir à ses fins, et pourtant, la situation s’y prêtait si bien qu’il ne pouvait y résister. Alexander connaissait très bien sa réputation, et pour cause, elle était à la fois très juste et très caricaturale. Homme froid, littéralement obnubilé par son travail et par le désir de tout contrôler, séducteur discret, tempérament des plus exigeants. Silver avait su à qui elle aurait affaire en acceptant le poste, il était trop tard pour regretter. « Ce n’est pas trop tôt. » poursuivait t-il d’un ton faussement méprisable en comptant les caisses une à une, tandis qu’elle relevait doucement ses mèches brunes, laissant apparaître son cou et sa nuque avec sensualité. « Tu trouveras de quoi te désaltérer dans la limousine. Suis-moi. » Il ouvrait rapidement la porte et s’engouffra dans l’ascenseur, il la considéra un instant. Sa mine renfrognée fixait les boutons avec un intérêt improbable, il était parvenu à la contrarier en moins de temps qu’il ne fallait pour le dire. Pourtant, elle se risqua quand même à répondre à la remarque ironique qu’il avait faite un peu plus tôt, après l’appel du meilleur ami jaloux. « C’est noté; tu dormiras dans l’une des chambres d’amis, hors de question que tu t’accapares, en plus de la sympathie de mes chats, plus de la moitié de mon lit. » Un sourire à la fois indéchiffrable et charmeur se dessinait sur ses lèvres alors qu’il grimpait dans la limousine. Il s’installait rapidement et indiquait au chauffeur la destination : l’aéroport. Les chats restés à l’étage prendraient le prochain vol, juste après eux. Aussi, il n’était pas question de perdre une minute, d’autant plus avec le décalage horaire assez conséquent entre la Californie et New-York. « Il se trouve que Roman, mon associé, part s’installer à Las Vegas; continuer de gérer le magazine seul, à San Francisco, n’est pas une bonne option. En revanche, j’ai des contacts à New-York, un passé, les armes nécessaires pour offrir à The Mating Mind la gloire qu'il mérite. » expliqua t’il brièvement sans entrer dans les détails financiers et stratégiques, dont elle ne saisirait pas un traitre mot. Confortablement installé sur la banquette en cuir, il regardait défiler pour la dernière fois le paysage typique de San Francisco, mais, il ne regrettait pas. Peut-être reviendrait t-il en ville un jour ou l’autre. Puis, soudainement il pensa à Silver. Dans la précipitation, la pauvre petite n’avait pas eu le temps de se préparer une valise, si bien qu’elle allait arriver à New-York sans ses vêtements et ses affaires indispensables. Dans la mesure où, il était hors de question qu’il passe une matinée complète à courir les boutiques en sa compagnie une fois à Manhattan, il lui tendait son téléphone portable. La page était ouverte sur une boite mail. « Nous n’allons pas avoir le temps de faire un saut chez toi pour que tu puisses prendre tes affaires pour le week-end. Tu peux envoyer un mail à Kate, c’est l’une de mes assistante, fais juste la liste de tout ce dont tu as besoin, elle fera en sorte que tout soit livré à mon appartement lorsqu’on arrivera. » Silver semblait perplexe et pourtant, c’était là le rêve de beaucoup de filles : écrire quelque chose et l’obtenir, chaussures, sacs à mains, robes de cocktail... « A mes frais bien entendu. » précisa t’il en attrapant deux verres dans le mini-bar face à lui; le champagne était à l’honneur, rien de tel pour célébrer le début d’une nouvelle vie, le retour aux sources.
 
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MessageSujet: Re: (silver, alexander) we belong to something new.   Dim 14 Juin - 22:46

we belong to something new.
Silver & Alexander



Silver faisait courir ses doigts le long de ses cheveux aux reflets chatoyants. Dans la précipitation, elle remarquait que son téléphone affichait de nombreux appels manqués et de messages restants sans réponse. Si elle semblait indéchiffrable elle était tout autant insaisissable dans ses relations avec autrui et ce trait de caractère semblait se fortifier avec le temps pendant qu’elle s’éloignait et se concoctait dangereusement un cocon d’une solitude effrayante. Silver s’éloignait, détachait les liens qui l’unissaient aux rares personnes qui avaient pu la déchiffrer et se repliait dans une sphère professionnelle qui ne l’aiderait jamais à obtenir le bonheur qu’elle recherchait. Mais les seuls projets d’avenir qui lui tenaient à cœur avant que son cœur n’explose au creux de sa poitrine étaient sa réussite carriériste.  Ainsi, elle n’avait aucune aspiration à se créer des liens potentiels que ce soit familiaux ou amicaux. A vrai dire, la proposition d’Alexander si peu alléchante aux premiers abords lorsqu’on connaissait dorénavant le compte en banque qu’elle détenait et surtout, l’empreinte qu’il avait posée sur elle comme un simple jouet, était une énième excuse afin de s’éloigner du désordre qui régnait dans sa famille. Sa mère avait encore apposé sa main barbouillée de vice sur une famille aux riches revenus et dorénavant, elle ne jurait que par la fuite. Fuir, une seconde nature depuis peu chez elle. Si la famille Cunningham semblait être tout ce dont elle avait besoin pour se sentir entourée et enfin comblée, elle ne ressentait aucune envie à aller s’aventurer une nouvelle fois dans des relations compliquées. Une fois lui avait suffit avec Helsye qui n’avait rien voulu savoir d’elle et était partie de l’université bien rapidement après que la jeune femme y avait fait son arrivée. La batarde de son père, et pas d’un seul. Aujourd’hui, elle méprisait la seconde famille dont elle faisait partie. Des histoires d’argent encore, de manipulation, de liens corrompus … Silver n’avait pas besoin de ça, ce qu’elle désirait c’était vivre seule jusqu’à ce qu’elle finisse comme elle avait débuté. Sans rien à la fin. Ainsi, elle avait accepté sans discussion la proposition de l’homme d’affaire quand elle aurait bien dû s’abstenir et aller rendre visite à Isay. Encore une fois une idée qui la rebutait singulièrement lorsqu’on savait que dorénavant, il avait décidé d’habiter avec sa chère et tendre qui n’était qu’une bimbo prétentieuse et sans grand intérêt hormis sa richesse passagère qui s’estomperait aussi vite que la beauté de la blonde. Silver se coupait dans son élan quand un mistigri s’occupait dorénavant à mâchouiller quelques mèches de ses cheveux qu’elle venait de replacer avec désinvolte. Son regard bleuté restait tout occupé à la contemplation médusée de l’amusement qui soulignait chaque trait du visage de l’homme qui la rendait si chose à chaque fois qu’elle lui octroyait une importance malsaine. Que… C… Futile aspect de sa personne, elle bégayait tentant de toujours déceler l’humour ou la vérité dans les paroles du co-fondateur de The Mating Mind. Evidement, elle semblait sotte et désuète d’importance. Voilà pourquoi il s’amusait tant d’elle à ses dépends. Si elle n’avait pas tant de monde à fuir, elle aurait bien pris la poudre d’escampette après lui avoir sorti tout ce qu’elle pensait de son mépris et de ses moqueries dissimulées derrière un ton pourtant si neutre.  C’est pas drôle… Qu’elle soufflait entre ses dents pendant qu’elle avait perdu le contact visuel avec lui afin d’accéder aux caisses des chats et oublier une minute à qui elle s’adressait réellement. Petite enfant au regard candide, Silver ne serait jamais elle-même face à lui. Une emprise qui se décelait à ses premières réactions et qui devenaient encore plus risibles avec le temps qui passait. Et pourtant je ne suis sûrement pas la première à qui vous avez offert ce poste. Vous pensez toujours que les gens ne vous sont pas indispensable mais ça arrive de reconnaître qu’elles vous sont d’une aide précieuse même quand elles ne font pas partie de votre milieu social ? Qu’elle disait tentant de garder un ton simplement désinvolte quand elle bouillait de l’intérieur à ses propos. Elle s’était déplacée, faisait ses quatre volontés et en plus il se permettait de la prendre de haut et d’ignorer tout ce qu’elle pouvait faire pour lui. Sois belle et tais toi ou tais toi et fais bien ton travail. Voilà sûrement tout ce que devait penser Alexander lorsqu’il lui laissait entendre qu’elle ne valait pas plus qu’une autre. Elle maudissait dorénavant Isay, sa famille foirée de A à Z et tout ce qu’elle redoutait au fond d’elle. Quelqu’un qui sait se montrer attentif aux autres… Je suppose… Qu’elle ajoutait à la fin quand elle savait dès lors qu’elle engendrait une nouvelle fois un regard impitoyable de l’homme de pouvoir. Il lançait des questions en sachant pertinemment que la réponse ne lui plairait guère. Si elle la fermait ce serait sûrement mieux mais elle avait trop peu de temps à elle pour s’embêter des convenances et lui offrir une satisfaction exemplaire sur son comportement. Dans l’ascenseur, elle restait braquée et le plus loin possible de la présence d’Alexander. Cette proximité était étouffante dans l’étau de métal que représentait l’appareil. Prise au piège, elle n’avait nulle part où se réfugier et c’était pourquoi, elle avait toujours préféré prendre les escaliers. Une peur sordide mais qui lui évitait de nombreux embarras. C’est dommage. Je ferais avec dans ce cas. Que Silver répliquait polissonne sans même tourner sept fois sa langue dans sa bouche. Elle aurait dû. Si le sarcasme s’occupait de lui faire jouer les impertinentes, elle tentait un bref sourire malicieux vers l’homme qui ne semblait aucunement amusé par ses propos. Ca commence bien… Qu’elle se disait pour elle-même entre ses lèvres pendant qu’il avançait dorénavant vers la limousine et qu’elle prenait place à ses côtés, offusquée encore une fois par sa froideur inexorable. Je me demandais si… Je travaille sur un tournage mais je tourne aussi mes propres courts-métrages et… Le monde des affaires a toujours impressionné. Je me demandais si, par hasard, ce serait possible de pouvoir filmer vos activités… L’idée de Silver avait fusé à travers ses lèvres sans même qu’elle ne s’en rende compte. Si ce défaut aurait dû être soigné, elle se disait que, condamnée par une vie qui ne lui offrirait sûrement pas un cœur de rechange avant longtemps, elle n’avait plus grand chose à perdre hormis la face devant l’étonnement furibond de l’Astoria. J’avais prévu de prendre des plans de New York alors ça m’apporterais une plus-value non négligeable… Elle s’expliquait mais ne tenait pas en place. Déjà emplie d’idées à mettre en place, sa rêverie l’occupait au point qu’elle importunait le grand patron avec ses idées pittoresques pour lui. Mais lorsque Silver parlait de sa passion, elle s’offrait toutes opportunités possibles et évidemment, il faisait partie des majeures qui avaient traversé sa courte existence. Non merci. Qu’elle disait tout simplement face à l’homme qui lui tendait son téléphone. S’il voulait tout faire bien, Silver ne désirait pas être aidé. En réalité, elle avait déjà son plan de secours à New York pour avoir des affaires et plus que ça, la jeune femme avait tellement eu l’habitude de refuser l’aide des personnes de son milieu que le refus catégorique mais dit doucereusement, était presque venue comme l’exposition d’une habitude et non du mépris qu’elle portait à sa proposition. J’ai une amie à New York qui détient encore la moitié de sa penderie à mon nom. Il suffit juste qu’elle m’envoie par un coursier ce dont j’ai besoin et il n’y aura pas besoin que votre assistante s’occupe de ça. Voilà qu’elle réglait la situation en l’espace d’un instant et, empoignant son téléphone, passait déjà un appel à Ruby pour confirmer ses dires quand, elle avait soudain peur que sa meilleure amie soit occupée à se prélasser dans le jaccuzzi d’un millionnaire. Oui, Ruby, excuse moi de te déranger mais je vais à New York pour travailler et j’aurais besoin que tu m’envoies des affaires au… Silver se tournait vers Alexander afin d’obtenir une réponse de leur destination et finissait sa conversation, se rendant compte que Ruby allait finir par lui raconter sa vie fortunée de long en large quand elle était encore sur la banquette d’une limousine aux côtés de son patron. Oui, non. Tu me raconteras ta virée avec Cartier – oui je sais qu’il a un prénom – quand je rentrerais ! Merci. Elle raccrochait alors au moment même où la voiture s’arrêtait et qu’on lui ouvrait alors la portière. Suffoquant devant l’appareil surdimensionné que représentait le jet, elle s’imprégnait des lettres magistrales qui s’imposaient sur la carlingue. The Mating Mind. D’une classe intemporelle et d’un luxe surfait mais après tout, jouir de ce genre de plaisirs dans un travail grassement payé était tout à fait dans ses cordes. Elle s’installait donc dans le cuir chaleureux des sièges pendant qu’Alexander s’immisçait face à elle quand elle aurait pensé qu’il se serait assit quatre fauteuils plus loin. Au moins, je peux me dire qu’Edward n’a pas proposé à Vivan de faire une balade en jet ! Qu’elle lançait dans sa gène en citant pretty woman. Bien sûr, confuse de s’apparenter à une prostituée, ses joues prenaient la vilaine teinte du red carpet. Même si j’aime tout particulièrement ma vie, je me dis que l’argent peut tout de même offrir certains plaisirs non négligeables… Une pipelette qui allait vite se faire remettre à sa place si elle ne taisait pas rapidement. Je croyais The Mating Mind sur le point de fermer… Je suis étonnée que vous continuez cette aventure quand à vrai dire, je vous imaginais émerger une nouvelle idée novatrice à mettre en place. Voilà qu’elle lui faisait des éloges sur le travail qu’il avait accompli depuis qu’il avait pris les rênes de sa vie. Mais Silver était curieuse et, malgré son ressentit vis à vis des classes supérieures, avait toujours aimé en découvrir plus sur les gens qu’elle ne cernait pas complètement. En l’occurrence, concernant Alexander Astoria, ses certitudes s’élevaient au nombre de zéro malgré une interview pour le moins déconcertante…



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MessageSujet: Re: (silver, alexander) we belong to something new.   Mer 22 Juil - 1:00





Silver, petite chose fragile et continuellement déstabilisée par le charisme de l’Astoria, traversait l’appartement de long en large à la poursuite du dernier chat, le plus récalcitrant de tous. Appuyé contre un mur, son regard d’acier faisait des allers-retours entre son téléphone et son employée tandis qu’un rictus presque malsain s’installait sur ses lèvres. Pleinement conscient de la faculté qu’il avait à dérouter la jolie brune, Alexander ne se privait pas pour la mettre dans l’embarras en prononçant toutes sortes de répliques à double tranchant. Patron exigeant, homme d’affaires aguerri et véritable manique du contrôle, Alexander ne supportait pas que l’on ose le contrarier en mettant ses décisions ou ses agissements en doute. Pourtant, Silver ne semblait pas se rendre compte de l’engrenage dans lequel elle venait de s’embourber avec ses petits sarcasmes effrontés et ses moqueries insolentes. Elle osait défier son autorité, en lui démontrant par A+B à quel point il ne savait pas y faire avec les gens et qu’il avait pour ses employés une considération proche du néant. Indirectement, elle le qualifiait de personnage égoïste, imbu de sa petite personne qui ne s’intéressait qu’à deux choses : son travail et ses chats. Il acquiesçait dans un haussement de sourcil blasé et remarquait qu’elle était à deux doigts d’imploser tant il semblait l’agacer. Ravi de provoquer un tel effet, il continua sur sa lancée. Silver était une personne qu’il pouvait aisément influencer, voir manipuler, il l’avait très récemment compris et décidait dorénavant d’user de ce pouvoir pour remettre les choses à leur place. « Pourtant, j’ai offert ce poste, qui ne nécessite aucune compétence, à une pseudo-actrice comme toi. Qui soit dit en passant est très largement rémunérée. » La règle numéro un impliquait de frapper en plein coeur, là où la douleur était la plus vive. Piétiner la confiance de Silver avait été un jeu d’enfant mais, il décidait quand même d’en ajouter une seconde couche au cas où le message ne serait pas bien passé et qu’elle jugerait bon de lui faire, pendant le vol, une nouvelle rébellion. « Et je te rappelle que tu as un meilleur ami pour te plaindre de ton patron. Contrairement à ce que tu peux penser tes petits commentaires et autres sous-entendus ne m’affectent absolument pas. » répliqua-t-il en tournant les talons et en se dirigeant vers l’ascenseur. Il attendait que les portes se referment et qu’elle soit inévitablement prise au piège pour poursuivre d’un ton glacial, presque menaçant. « La prochaine fois, c’est la porte. » Il n’allait pas la supporter beaucoup plus longtemps si elle persistait à s’engager sur cette pente glissante avec lui. Premièrement il n’était pas d’humeur à se battre verbalement avec elle et deuxièmement, elle n’était pas en position de force, même dans ses rêves les plus fous. Dans un coin de l’ascenseur, elle affichait une mine boudeuse, Silver était blessée alors elle s’était subitement braquée et décidait, comme une enfant, de ne plus prononcer le moindre mot. Histoire de la dérider, il s’aventura sur les terrains escarpés de l’humour en lui expliquant que, puisqu’elle avait déjà l’affection de ses chats jamais elle n’obtiendrait une place dans son lit king-size, question de juste répartition des privilèges. Loin d’être offusquée, elle répondait sur un ton faussement blasé comme s’il s’agissait d’une amère déception, avant de lui offrir le sourire le plus mielleux et inapproprié qui soit. D’une maladresse légendaire à chaque fois qu’elle ouvrait la bouche, il était forcé d’admettre que cela la rendait attachante, on avait presque envie de la prendre dans les bras et de lui dire que ce n’était pas si grave que ça, que beaucoup de gens parlaient et réfléchissaient ensuite. Sauf qu’Alexander ne ferait rien de la sorte, il était hors de question qu’il sème des fantasmes curieux dans l’esprit, déjà suffisamment ravagé, de Silver. Rapidement, il grimpa à l’arrière de la limousine et s’installa à sa place habituelle. Par delà les vitres fumées, San Francisco défilait à une vitesse folle jusqu’à l’aéroport où, un jet privé allait les conduire à l’autre bout du pays, New-York. A peine assise, Silver se risqua à une demande des plus inattendues. Perplexe, il l’écoutait sans broncher tout en évaluant les conséquences que pourrait avoir son petit reportage amateur sur ses affaires. Une idée que Roman éliminerait d’un claquement de doigts si cela parvenait jusqu’à ses oreilles. Le Da-Russo jugeait confidentiel tout ce qui touchait de près ou de loin à The Mating Mind, néanmoins et étonnement, Alexander était un peu plus souple là dessus, sûrement parce que, contrairement à son associé, lui n’avait rien à cacher. Aucun cadavre dans les placards, aucune meilleure-amie suffisamment atteinte pour lui décrocher une balle dans l’épaule et aucun problème de contrôle de soi le poussant à user de la violence pour parvenir à ses fins. « Marché conclu, mais j’exige d’avoir un droit de regard sur les passages que tu auras l’intention de garder. Certaines conversations ou documents confidentiels doivent le rester. » expliqua-t-il en lui exposant ses conditions qui n’étaient absolument pas négociables ! C’était à prendre ou à laisser. Puis, il lui donnait son téléphone portable afin qu’elle établisse la liste des choses dont elle aurait l’utilité une fois à New-York. Il refusait de perdre une heure en faisant un détour par chez elle. Mais, pour une fois qu’il faisait preuve d’un minimum d’attention envers elle, elle déclinait immédiatement l’offre en prétextant avoir une amie bienveillante qui se chargerait de tout. Aussitôt, elle dégainait son téléphone et contacta la dite amie en lui exposant le problème. Alexander profita de ce moment pour rédiger lui-même un message à son assistante. Il réclamait quelques robes de soirées et les accessoires s’accordant avec, puis tout ce dont une fille pouvait avoir besoin, nécessaire de toilette, maquillage haut de gamme, vernis à ongles... sans même lui demander préalablement son avis. Elle n’avait pas conscience que l’appartement, bien qu’entretenu, n’avait pas été réellement habité depuis près d’un an. « Kate veut savoir si tu préfère Saint-Laurent ou Dior. C’est pour le brunch de demain matin. » demandait-il en sortant de la limousine et en posant les pieds sur le tarmac de l’aéroport, devant lui, le jet privé de l’entreprise aux couleurs de The Mating Mind. Alexander s’en servait régulièrement, notamment pour ses déplacements professionnels, contrairement à Roman qui se plaisait à utiliser son jouet pour rejoindre Las Vegas en pleine semaine, et s’octroyer quelques instants de fête et d’excès dans la ville du vice. Sans perdre un instant, il l’invita à monter à bord ce qu’elle fit sans tarder, les yeux pleins d’étoiles, émerveillé par ce déferlement de luxe qui s’abattait d’un coup sur elle. Pourtant, elle n’était pas au bout de ses surprises, New-York promettait d’atteindre un nouveau degré sur l’échelle du faste et de l’ostentatoire. « Donc, parmi tous les films que tu connais, tu choisis celui dans lequel tu t’identifies au rôle d’une prostituée. Je prend note. » Pour la première fois depuis qu’ils avaient quitté l’appartement, Alexander afficha un sourire sincère, il était plutôt amusé par la remarque de Silver même s’ils n’avaient visiblement pas les mêmes goûts en matière de cinéma. Lui était un fin amateur de films en noir et blanc datant d’une autre époque, sans effets spéciaux irréalistes, sans paysages inventés de toutes pièces et autres monstres imaginaires. « C’est combien pour que tu restes la semaine à New-York ? » demanda-t-il en attrapant délicatement sa main et en entrelaçant ses doigts aux siens. Finalement, il ne plaisantait pas totalement. La présence de Silver pourrait sacrement le dépanner. Il avait tellement de choses à faire et à régler cette semaine qu’il doutait y parvenir seul. Il y avait le déménagement, les chats, l’entreprise, les locaux à réhabiliter en urgence, les rendez-vous qui déjà s’accumulaient sur son répertoire, une demie-journée à consacrer à ses parents; clairement impossible à effectuer d’ici lundi même en faisant l’impasse sur quelques précieuses heures de sommeil. D’ailleurs, elle aussi pourrait y trouver son compte à prolonger son échappée new-yorkaise de quelques jours comme, par exemple, peaufiner son fameux reportage. Il avait bien l’intention de la convaincre une fois sur place et ça allait être un jeu d’enfant, l’Astoria étant réputé pour être un fin négociateur. « Monsieur Astoria, nous arriverons à New-York sur les coups de minuit. Je vous souhaite un agréable vol, et si vous avez la moindre demande n’hésitez pas, nous sommes à votre entière disposition.» Le pilote de l’appareil regagnait son cockpit tandis que l’hôtesse chargée de satisfaire ses exigences affichait un sourire de rigueur. Mais, Alexander s’en fichait, toute son attention était portée sur une Silver émerveillée qui passait d’un sujet à l’autre avec l’enthousiasme d’un enfant. « Sauf que pour gagner de l’argent il faut travailler. D’ailleurs je risque de passer une partie du vol le nez collé à l’écran de mon ordinateur. Si tu t’ennuies il y a des livres et des films et, si ça ne suffit pas, tu peux réclamer quelques verres de champagne, cuvée da Russo, à la dame. » expliqua-t-il au moment où l’appareil s’élançait sur la piste. Bientôt, il fendait les nuages et à travers le hublot, ils admiraient les contours du Golden Gate s’estomper. « Le magazine a rencontré quelques difficultés mais nous n’avons jamais eu l’intention de fermer quoi que ce soit. D’ailleurs le numéro de cet été s’annonce inoubliable. Et même si les idées novatrices ne manquent pas, je préfère m’occuper d’un seul projet à la fois. » Ses paroles à peine achevées, il déposa son ordinateur portable dernier cri sur la table ainsi qu’un épais dossier contenant un nombre incalculable de pages; contrats, rapports financiers incompréhensibles pour le commun des mortels, ébauches pour le futur numéro... (...) Le vol, bien qu’affreusement long, se déroula sans encombres. Alexander avait eu tout le loisir d’avancer sur son travail, même si la voix de Silver l’avait plus d’une fois interrompu. Ensemble, à l’arrière de la limousine qui fonçait vers Park Avenue, ils admiraient les lumières de la ville qui scintillaient dans la nuit. Tout était exactement comme il l’avait laissé, les taxis défilaient, les filles pimpantes se rendaient à des soirées merveilleuses sur les toits-terrasses, les amoureux profitaient d’une balade romantique et nocturne dans les allées de Central Park. Enfin, ils arrivèrent au pied du building et d’un geste de la main, il désignait le dernier étage, d’ici on distinguait à peine les reliefs de la terrasse, son endroit favori d’où il pouvait contempler la ville en ayant la sensation de la dominer. Ils ne tardèrent pas à s’engouffrer dans l’ascenseur de verre qui trônait au milieu de cet écrin de luxe recouvert de marbre. Les clés en main, il crevait d’impatience de retrouver son appartement, il ne s’était jamais vraiment senti chez lui à San Francisco mais désormais, tout serait différent. Il retrouverait ses repères, son piano, celui qu’il avait acheté lorsque Instagram avait percé auprès du grand public, en somme, toute sa vie, tout était ici, dispersé sur deux étages et quatre cent mètres carrés. « Après toi. » soufflait-il doucement à Silver en ouvrant la porte. Rien n’avait changé, toujours ce même couloir immaculé et interminable recouvert de tableaux abstraits, puis au bout, un salon complètement démesuré aux baies vitrées géantes, la vue coupait instantanément le souffle. Tandis que Silver frôlait la syncope face à cette débauche de luxe, il se dirigea vers la salle à manger où la table était recouverte d’objets aussi insolites qu’indispensables. Nouveaux costumes taillés sur-mesure, robes de princesse, boite de chocolat, cartons de champagne, cartons d’invitations... Son assistante, à l’inverse des filles embauchées par Roman, faisait un travail exceptionnel. « Je dois reconnaitre que New-York m’avait manqué. » déclara-t-il en déposant son ordinateur et ses papiers sur un meuble adjacent. Puis ses pas le guidèrent jusqu’au salon, d’un geste calculé, il ouvrit les baies vitrées et s’accorda une bouffée d’air frais avec vue sur le parc. Silver le talonnait sans décrocher le moindre mot, comme tombée dans un conte de fées, elle ne réalisait pas. « Tu veux visiter et voir ta chambre ? » proposait-il en sortant son paquet de cigarettes, appuyé contre la balustrade, les yeux dirigés vers l’horizon il l’alluma et recracha la fumée contre les buildings alentours. D’ici on voyait tout. Ici tout était possible.
 
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MessageSujet: Re: (silver, alexander) we belong to something new.   Mer 5 Aoû - 23:01

we belong to something new.
Silver & Alexander



[flashforward]Silver regardait le stylo de son banquier émettre des tapotis précipités sur le rebord de la table. Deux de ses assistants l’observaient impuissants et deux autres hommes, perdaient haleine devant l’attente qu’elle leur infligeait. Dévisageant une par une ces personnes installées à cet immense bureau de marbre, elle surlignait de nouveau de son regard azur, les parties les plus importantes des deux contrats placés face à elle. Madame Bell… La réalisatrice bien connue pour ses nombreux films et surtout celui consacré à une romance épique, tiquait à l’annonce de ce nom mais gardait contenance tout en le laissant poursuivre. Ils avaient suivi chaque méandre de la vie de son compte en banque, de l’argent dormant, de la pauvreté presque pitoyable à la richesse inestimable. Silver était détentrice d’une fortune dont elle n’avait que faire. Etoile montante dans le milieu du cinéma, elle avait percé avec son œuvre biopique la plus achevée de sa vie. Pour elle, elle avait bravé sa morale, sa conscience, tous ses préjugés et avait élevé sa ténacité à son paroxysme. Aujourd’hui, elle s’était fait nombre d’ennemis dans la branche des héritiers trop gâtés mais elle s’était octroyée aussi une place de choix auprès d’un grand nombre de noms qui valaient plus que ces ignares qui empochaient des millions tout en sirotant des cocktails surfaits au bord d’une piscine aux myriades d’étoiles étincelantes qui aspiraient les rayons du soleil. Mais Silver était aujourd’hui millionnaire par les deux héritages qu’elle avait reçus. Si sa mère n’avait été qu’une déception et s’était permise de se délecter du vice inévitable qui sévissait dans l’esprit de chaque homme qu’elle avait connu, elle lui avait offert au moins l’opportunité de faire partie d’une vraie famille. Aujourd’hui, la loi contraignait la seconde famille de lui offrir de l’argent, une somme colossale et quant à l’autre, ses grands parents restés à Paris, ils lui avaient offert toute leur fortune, un comble lorsqu’on savait qu’Helsye était l’autre petite fille. Pourtant, Silver ne pleurait pas sur la vie de la jeune femme. Ses deux donneurs l’avaient élevé et protégé pendant une année entière, l’avait aidé à travailler aux côtés de Scorsese et lui avaient offert des opportunités enviables de tous. Si Silver n’avait jamais voulu utiliser leur argent puisqu’ils se sentaient redevables vis à vis de leur fils qui n’avait jamais rien voulu savoir de Silver, ils avaient décidé qu’Helsye ne serait pas la seule à obtenir une jolie enveloppe. Alors maintenant, elle devrait décider de vivre comme une des leurs ou se séparer de l’argent dont elle ne voulait pas et concernant l’héritage Cunningham elle décidait de le dilapider entièrement pour le compte d’une association qui s’occupait des maladies du cœur. Son nouvel organe battant au creux de sa poitrine, elle signait le premier papier devenant donc le donneur le plus important et finissait par observer le directeur de l’un des hôpitaux les plus populaires du continent. En signant, elle tranchait son second héritage en deux et devenait actionnaire principale. Silver se mit soudain à penser à Alexander, à ce qu’il aurait pu faire, aux choix qu’il aurait émis et, dans une conviction qui lui venait de cette pensée, elle signait enfin son second contrat rendant son banquier fou à lier. Silver se fichait d’être riche de milliers, de millions ou bien plus encore. Elle était honorée par son travail, reconnue, méritante et s’était battue. Elle n’allait même plus mourir, ses problèmes de santé étaient révolus. Grâce à l’unique personne qui l’avait poussé à signer ces documents. Un jour il lui avait dit de vivre ses rêves mais de les réussir et de les mériter une fois atteint à leur apogée. Elle eut un sourire à cette pensée, un sourire distant, triste, presque apeuré, hésitant. Elle restait la même, perdue face à une seule personne. Le temps avait pourtant changé, évolué et si tout semblait différent, tout semblait pourtant similaire concernant une chose dans sa vie… Malgré ça, Silver restait de marbre et s’en allait. Concernant sa vie privée, les facilités ne semblaient pas autant s’accumuler… Aujourd’hui Silver avait fait un choix. Elle n’avait plus peur de personne et était bien souvent détestée pour son audace et son amertume. Mais au moins, on ne lui marchait plus sur les pieds et elle tenait sa vie d’une main de fer.[/flashforward] Silver observait longtemps l’homme devant lequel elle se prosternait bien trop souvent. Ses yeux plissés, elle tentait de le comprendre, de lui expliquer par des mots simples qu’elle avait une idée. Pas aboutie encore mais une idée qui germait et qui venait avant tout de ce qu’elle avait vécu au fur et à mesure des années. Silver s’était toujours demandée pourquoi s’entichait-elle d’hommes riches ou finissait-elle par se mêler à ce milieu contre son gré. Peut-être qu’il y avait un but derrière tout cela et qu’elle commençait doucement à l’apercevoir. Alors elle se taisait, feignait l’indifférence devant les grandes paroles de l’homme tout puissant mais exerçait son dû quand elle finissait par l’avoir sous la main, lisse, net, sans bavure. Bien sûr. Silver ne s’attendait pas à ce qu’Alexander laisse son envie primordiale de la faire taire de côté pour lui donner l’autorisation exemplaire de fouiller son quotidien. La jeune femme sentait le frisson de l’excitation courir le long de sa peau mais elle savait aussi que le jeu était dangereux et qu’à tout moment, son envie de créer une unique histoire pouvait se retourner contre elle et éclabousser par la même occasion les mêmes personnes qui feraient son succès. Autant dire qu’au moins, l’Astoria semblait trop la prendre pour une fillette hésitante pour l’imaginer briser leur accord. Peu importe mais en m’achetant une robe je m’en rapproche dangereusement quand même… Vous ne croyez pas ? Elle arquait un sourcil moqueur pour tenter de dissimuler la gêne qui pointait de nouveau le bout de son museau sanglant. Je ne… Impossible. Qu’elle bégayait de nouveau quand les doigts d’Alexander venaient se mêler aux siens défrayant ainsi l’image qu’elle avait de l’homme à la rigueur frappante. Elle arrachait sa main de la sienne dans un sursaut d’effroi. Isay avait raison, il fallait qu’elle s’en aille et disparaisse car rien ne tournait jamais parfaitement lorsqu’elle se trouvait dans de telles situations et étrangement les évènements qui l’entouraient venaient sans cesse lui rappeler que la normalité était bannie de son vocabulaire. Je ne pense pas qu’on aura les mêmes goûts en matière de films. Je suis plutôt de la veille école. Mais travaillez, je rêvasserais à tout ce que je pourrais faire une fois votre argent bien investi. […] Les tableaux défilaient sur les murs, les couleurs dansaient à son regard et sa douce envie semblait de caresser les toiles aussi bien que de se tenir éloigner de ses perles rares qu’elle n’avait eu l’occasion d’admirer, que dans ses nombreux livres qui encombraient le mince habitacle de la péniche à Amsterdam. Il ouvrait les baies vitrées et la lumière éclatait en vagues puissantes à travers l’immense penthouse. Ses yeux s’illuminèrent et elle s’approchait furtivement de la vue. Je dois le reconnaître. Tu as un goût inestimable pour l’art. Silver faisait des compliments, Silver se complaisait dans le luxe et se délectais de la vue sans bouger un trait même infime quand pourtant, elle semblait avoir articuler quelques mots sans se pourfendre en excuses ni ressentir aucune gêne. Elle n’avait même pas remarqué non-plus qu’elle avait cessé de le vouvoyer. Oui j’aimerais bien. Qu’elle disait. Elle suivait donc Alexander dans les grands escaliers au blanc virginal et s’enfonçait dans un couloir décoré avec toujours le même goût et, lorsqu’il ouvrait la chambre, elle émit un sourire. Je m’attendais à plus grand… Qu’elle disait feintant l’ironie pendant qu’elle désirait s’avancer dans la pièce, l’homme dans son dos observant sa réaction sans qu’elle ne puisse le remarquer. Pourtant, alors qu’elle faisait un pas en avant, elle sentait le frôlement délicat du tapi qui s'était enroulé sur lui-même faisant une bosse qui la fit trébucher en arrière ce qui n’eut comme résultat que de l’écraser contre Alexander qui la retint de justesse. Oh mince je suis vraiment maladroite ! Qu’elle disait en redressant son minois candide pour s’apercevoir qu’en s’étant retournée, les mains d’Alexander étaient toujours suspendues à sa taille et que son corps était plaqué contre le sien. Si son assurance grandissante s’était démontrée tout récemment, elle ne semblait plus maître de rien à l’instant où son cœur tambourinait au creux de sa poitrine, collé à celle de son employeur. Vous pouvez me lâchez maintenant … Qu’elle disait dans un souffle pas sûr de savoir si elle avait vraiment envie qu’il obéisse à sa remarque mais en introduisant de nouveau dans sa phrase une distinction probante entre eux pour attitrer de son malaise. Son étreinte se détendait enfin mais elle ne s’écartait pourtant pas. Elle rapprochait ses lèvres des siennes, hésitante, peu érudit, trompée par son jugement. Silver se jetait au contact d’un homme qu’elle ne pouvait avoir. D’une relation impossible, destructrice, qui allait s’éterniser dans sa tête mais qui, jamais ne prendrait vie dans la réalité. Alexander … C’était bien l’une des premières fois qu’elle prononçait son nom et qu’elle usait de familiarité mais, là, ses lèvres frôlant les siennes c’était à ne plus savoir où elle en était. Mais au lieu qu’elle allume la flamme, elle préférait s’arrêter, devinant qu’il la jetterait, qu’il ne lui avait jamais montré aucune réelle ambiguïté et qu’elle ressentirait une honte imminente et de longue durée à chaque fois qu’elle croiserait son regard dans un magazine ou au détours d’une ruelle si leur chemin se recroisait après son renvoi imminent. Silver s’éloignait alors et détournait son regard au travers de la pièce. C’en était fini. Je crois que je devrais peut-être... Déballer ses affaires ? Elle n'avait rien. Rien que sa peur de regarder directement son patron.



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MessageSujet: Re: (silver, alexander) we belong to something new.   Sam 26 Sep - 21:44





D’abord, elle parut étonnamment surprise de la réponse d’Alexander. Il n’était pas dans ses habitudes de céder aussi facilement à ce genre de requêtes au caractère intrusif et audacieux. Ensuite, le sentiment de satisfaction qu’on devinait sur ses lèvres laissa place à une expression d’inquiétude qui marqua brutalement ses traits. Silver pressentait que l’accomplissement de ses objectifs -peut-être trop ambitieux- ne lui laisserait pas un seul instant de répit et que, le héros de son documentaire ne tarderait pas à lui rendre la tâche plus complexe encore. Immédiatement, il s’octroyait un droit de regard sur les futures prises de vues, des conditions non négociables avec lesquelles la réalisatrice en herbe allait devoir composer. Faussement concentré sur les différents graphiques qui s’affichaient à l’écran, il se demandait sur quel genre de conversations ou de documents scandaleux Silver pourrait mettre la main. Pour le moment, il jugeait ses cadavres suffisamment à l’abri des investigations les plus méticuleuses. En revanche, il connaissait suffisamment son associé pour savoir que la substance même de son existence reposait sur une brume de scandales et qu’elle finirait, inévitablement, par éclater au grand jour. Roman ignorait tout de l’emplacement de la limite entre légalité et illégalité si bien qu’il se tenait, la plupart du temps, juste à la frontière; et quelquefois lorsqu’il se laissait entrainer dans les valses infernales et dorées de sa princesse, il y mettait franchement les deux pieds, devenant un hors-la-loi. Les rumeurs qui circulaient sur lui n’étaient que la partie visible de l’iceberg, le reste était plongé dans les ténèbres abyssaux d’un océan de débauche que Silver ne manquerait pas d’explorer, scaphandière de l’extrême qui n’a pas peur des requins. « Evidemment, tout ce qui pourrait porter préjudice au magazine ou ternir notre réputation devra être instantanément supprimé. » insista-t-il en la mettant en garde. Il se savait capable d’employer les grands moyens si elle venait à agir de façon déloyale, à salir l’image de l’entreprise avec de sulfureuses révélations. Silver devait rapidement descendre de son petit nuage, elle ne serait pas à l’origine du plus assourdissant scandale de l’année parce que ni Roman, ni lui, ne la laisserait faire une chose pareille, tout divulguer sans censure, sans contrôle, sans limites. D’ailleurs, il ne comprenait pas très bien l’intérêt soudain qu’elle portait à The Mating Mind, cette fascination qui grandissait en elle au point de vouloir en faire un reportage. N’avait-elle pas des sujets plus extravagants à couvrir, des thèmes d’actualité afin d’alimenter les débats qui animaient la scène médiatique, pourquoi ne tentait-elle pas de se faire une place dans un milieu plus glamour que les tours infinies de Wall-Street comme la semaine de la mode ou les dernières expositions du MoMA ? Progressivement, il entrevoyait un semblant de réponse, elle n’était pas captivée par le magazine mais par lui. Ce reportage n’était qu’un prétexte qui lui permettrait de se rapprocher au plus près de sa cible. « Ce n’est qu’une robe, considère ça comme un cadeau et non comme une rémunération. » soupira-t-il en se demandant si une partie d’elle ne rêvait pas d’être Vivian Ward ne serait-ce que pour les vêtements et la fin heureuse. « La prochaine fois que tu m’imagines en Edward Lewis souviens-toi que je suis Alexander Astoria et que j’ai le pouvoir de te renvoyer. » trancha-t-il en lui suggérant, plus ou moins explicitement, de prolonger son séjour new-yorkais. Ses doigts mêlés aux siens, il se jouait d’elle en la provoquant, il contemplait la gêne qu’elle ne parvenait pas à camoufler, son sourire contrit, ses pommettes incandescentes, même ses paroles n’avaient plus le moindre sens, elles s’apparentaient à un bredouillement incompréhensible et ridicule. Lorsqu’elle se rendit compte, trop tard, du grotesque de la situation elle recula dans un mouvement brusque et dégagea sa main de l’emprise impitoyable d’Alexander. Après un bref commentaire sur la vidéothèque de l’appareil, elle se mura dans un silence religieux et s’écroula d’ennui ou de fatigue. Elle était belle endormie et silencieuse; elle ne ressemblait plus à une gamine effrontée et maladroite mais à une femme, ambitieuse et déterminée. Le genre de femmes avec qui il aimait passer la nuit, oublier les heures, accéder à une autre forme de plaisir. (...) Comme des milliers d’étoiles, les lumières de Manhattan s’agitaient dans une danse grandiose. On devinait, à perte de vue, le contour des buildings les plus renommés l’Empire State, le Chrysler ou le tout récent One World Trade Center. Et Silver s’émerveillait, comme une enfant qui découvrirait pour la première fois de sa vie les illuminations d’un Noël inoubliable. L’épaisse fumée de sa cigarette s’élevait lentement dans l’air tiède et nocturne des fins d’étés alors qu’un insaisissable sourire se dessinait à la commissure des ses lèvres; elle l’avait tutoyé. Une erreur dont elle ne s’était même pas rendu compte mais qui résonnait encore dans l’ombre de son esprit. A New-York tout était plus grand, tout était différent, à lui en faire perdre la tête. Bientôt, il la conduisait dans la chambre dédiée aux invités afin qu’elle puisse déposer ses maigres affaires et s’octroyer quelques minutes de tranquillité. Dans le couloir, lactescent et interminable, elle laissait ses idées divaguer entre les toiles de maîtres et les sculptures contemporaines sélectionnées avec goût. Sous leurs pieds, résonnait un marbre glacial, il n’y avait pas d’autres bruits, seulement son souffle cognant contre les murs. « C’est par ici. » disait-il en ouvrant une large porte en bois verni, lui laissant l’honneur de découvrir ce qui allait être -ses appartements-. D’un ton ironique elle jugeait l’endroit trop exigu pour contenir sa petite personne, si bien que cet excès de dérision ne tarda pas à se retourner contre elle. Alexander dut actionné tous ses réflexes pour la rattraper de justesse avant qu’elle ne s’écrase lamentablement sur le tapis en laine. « Tu as volontairement insulté les dimensions de la pièce, elle te le rend bien. » déclara-t-il avec une pointe d’humour dans son intonation. Ses mains enserraient encore sa taille légère et son corps frêle était fermement appuyé contre le sien. Il jurait entendre les vrombissements de sa cage thoracique, ressentir le moindre soubresaut de son palpitant alors que ses grandes pupilles bleues croisèrent les siennes dans un instant suspendu. « Comme tu voudras. » répondait-il lorsqu’elle exigeait qu’il ôte ses mains jusqu’ici posées sur ses hanches alors qu’elle aurait eu toute la facilité à se dégager de cette étreinte bien plus tôt. Il s’apprêtait à retourner dans le salon où une quantité affolante d’e-mails l’attendaient mais, il ne fut pas en mesure de faire le moindre pas qu’elle se précipita à son cou. Sa petite mine perdue cherchait une quelconque approbation pour poursuivre ou ne pas poursuivre son geste, il remarquait ses lèvres roses attirées par les siennes jusqu’à les frôler et elle, sur la pointe des pieds pour l’atteindre plus facilement. Dans un murmure presque suave elle prononçait son nom pour l’une des toutes premières fois, presque religieusement, s’appliquant à y décortiquer chaque syllabe pour le rendre encore plus mélodieux. Patiemment et immobile, il attendait qu’elle se jète dans le grand bain, qu’elle ose enfin extérioriser le désir qui la consumait mais elle en était incapable car, au delà du désir il y avait la peur. Celle de se faire humilier en une seconde avant d’être lâchement abandonnée dans un océan de fantasmes irréalisables. Trop de risques, pas suffisamment de chances de réussite. Presque honteuse, elle s’éloignait, faisait en sorte de ne croiser son regard sous aucun prétexte, pourtant il était déjà trop tard, la limite avait été franchie. « ...Arrêter de réfléchir et me laisser faire. » suggéra-t-il en terminant la phrase inachevée de Silver. Sans plus tarder, il s’avança lentement vers elle et releva délicatement son visage du bout des doigts. « Tu m’embrasses ou tu préfères que je le fasse ? » ses mots s’échouèrent dans un rire charmeur et, ne lui laissant pas le temps de répondre il déposa fougueusement ses lèvres contre les siennes. Sa main glissait le long de sa joue puis sur les courbes délicates de son épaule nue, bientôt, il reprenait possession de sa taille et l’attirait au plus près de lui. Il la savait surprise, étonnée, sous le choc, entre palpitations extatiques et sueurs froides. « Silver, tu viens ? » murmura-t-il dans le creux de son oreille en se dirigeant vers la porte, lui tendant la main il espérait la conduire dans une chambre bien plus spacieuse que celle-ci où ils auraient tout le loisir de succomber l’un à l’autre. En chemin, il dénoua sa cravate et retira sa veste de costume anthracite qu’il abandonna négligemment sur un meuble; il ne pris même pas la peine de se retourner pour vérifier qu’elle était là, il le savait. Même si sa tête lui hurlait de ne pas le suivre, ses pulsions lui criaient l’inverse et comme toutes les autres, elle succomberait à une tentation trop forte, à une nuit dans les bras du glacial et charismatique Astoria. Quelques secondes plus tard, ne lui laissant même pas une occasion de reprendre son souffle, ils se retrouvèrent dans une chambre, plus spacieuse, plus masculine, un endroit où il n’emmenait habituellement que celles pour qui il avait un minimum d’estime et de sentiments. Les autres, elles se contentaient de chambres d’hôtels cinq étoiles louées à l’heure, de la table glaciale d’une salle de réunion sur le coup de midi, de la banquette arrière en cuir de sa limousine. Il n’avait pas le temps pour les sentiments et les belles histoires, il s’y était risqué une fois et sa dulcinée était partie à l’autre bout du monde. Depuis, il avait fait du travail une priorité et de l’amour une simple option. « Silver ? » souffla-t-il  comme s’il semblait lui demander son accord pour aller plus loin. Sous ses cils parfaitement maquillés et papillonnant il y avait son regard de biche auquel il ne savait rester insensible. Sauvagement cette fois, il s’accapara de sa bouche framboise, balaya ses mèches brunes d’un geste tempétueux et ne tarda pas à la basculer sur le lit où elle laissa tomber dans un souffle d’ivresse. Autour d’elle, une lumière lunaire qui venait épouser tendrement ses courbes, ses yeux à moitié-clos elle s’offrait à lui, sur sa peau bientôt nue se propageait les frissons fiévreux de l’attraction.
 
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MessageSujet: Re: (silver, alexander) we belong to something new.   Ven 9 Oct - 0:33

we belong to something new.
Silver & Alexander



Son regard se fendait à travers la progression des nuages blancs, épais, résolus dans leur continuité et progression. A travers le hublot, vitre de verre où son apparence se reflétait, elle baladait son regard sur les kilomètres qui tendaient à la séparer de plus en plus de sa ligne de départ, du renouveau qu’elle avait tant voulu construire pour elle, de cette nouvelle vie qui lui avait semblé si proche, salvatrice, sûre, presque protectrice. Rien de tout cela ne se passerait car Silver écumait dorénavant les cieux à la recherche de sa pendaison, la tête enfoncée déjà dans la gueule de l’animal sauvage, les cris coincés dans sa gorge, ses poumons pliés en vrac, son ambition cachée derrière la peur de l’inconnu et de ce jeu qu’elle avait débuté sans savoir comment le mener à bien.  Elle ne voulait pas se faire dévorer, crevée par sa stupidité qui jubilait au fond d’elle, qui la poussait à aller toujours plus loin quand ses pas auraient dû reculer et faire marche arrière. Au lieu de ça, elle restait lovée dans le cuir détestablement accueillant du jet privé d’Alexander Astoria et se promettait que jamais, elle ne le laisserait l’amadouer. Mais si elle voulait jouer, Silver se rendait bien compte qu’il était aussi nécessaire que dérisoire qu’elle prenne enfin toutes les cartes en main et ne se cache pas de planquer quelques as dans sa manche tout comme l’homme d’affaire l’avait fait de nombreuses fois pour arriver à ses fins. Qu’il était triste aujourd’hui qu’elle en soit réduite à dormir l’œil entre-ouvert dans la peur de l’ombre menaçante qui planait au-dessus de sa chevelure aux reflets cuivrés. Rien ne l’avait averti de ce que pouvait lui réserver cette nouvelle lubie qu’elle cultivait avec trop peu d’habileté. Son cœur se balançait en désaccord avec ses envies méprisables. Il était trop tard pour reculer, la main sur l’arme qui pouvait à tout moment, se retourner contre elle, Silver défiait les lois de l’apesanteur aussi bien qu’elle jouait au funambulisme au-dessus d’une rivière qui s’écoulerait qu’à des centaines de kilomètres en contre bas. Elle n’avait pas de parachute, elle n’avait aucune sécurité, tout ce qu’elle devait faire c’était avancer avec son instinct et tenter de ne pas regarder dans le vide qui surplombait son espace vital. Le vide c’était Alexander, la menace, son sourire qui écumait de joie lorsqu’il la voyait se confondre abondamment en niaiseries profondes. Il raffolait de ses airs perdus, de ses mimiques qui exposaient son mal-être et de cette torpeur dans laquelle la jeune femme se plongeait sans cesse lorsque l’homme plongeait son regard imbu de lui-même dans le sien. Une bataille ardente faisait rage en elle et, s’efforçant de garder les armes, il n’imaginait sûrement pas à quel point Silver se grandissait au fur et à mesure qu’il tentait de la plaquer, dos contre un mur pour estropier chacune des forces qui l’assenaient de tenir bon. Je ne pensais pas le contraire. Qu’elle disait sûr d’elle, son regard froid et bleu offrant un mensonge éhonté d’une incroyable véracité. Silver savait dans quel stratagème elle s’embarquait. Beaucoup avaient vu des entreprises réduites à néant par la langue trop pendue de journalistes investigateurs trop présents. Mais elle n’était pas ainsi. Elle ne voulait rien détruire mais seulement s’élever. Elle ne se rendait pas compte des limites et voulait les franchir sans même y penser. C’était un coup de poker qu’elle tentait et si en jeu de hasard elle n’avait jamais été bonne, sa persévérance avait toujours fait la différence. Silver se fichait bien de ce qu’elle pouvait découvrir. Si elle était axée sur ses préjugés et ne démordait pas de cette infatigable trait de caractère à juger dès le premier regard, elle savait qu’elle n’aurait de regret en pointant de sa caméra, la vie triste et dérisoire de pauvres gosses de riche, devenus trop riches et qui n’assumaient pas la facilité de leur vie et de leur règne qu’il négligeait sciemment aux profits d’aventures surfaites. Roman et Eileen en était le parfait exemple.  Ils avaient tout et ne se donnait rien. Oui c’est bien vrai. Mais c’est toi qui m’a demandé de venir, pas le contraire. Il la narguait de son pouvoir, des attributs qu’il détenait de plus qu’elle, de ce qu’une simple phrase, de simples mots sortis de sa bouche pouvaient provoquer pour elle. La renvoyer ? Qu’il fasse donc, peut-être bien que la seule chose qui la retenait de ne pas lui dire clairement ce qu’elle pensait était son reportage derrière le voile bien fissuré de son monde calomnieux. (…) Le luxe courrait au travers de la pièce. Seuls dans l’habitacle princier qui s’élevait au travers de matériaux pompeux, son cerveau obtempérait malgré lui, à admirer  ce fastueux aménagement qui faisait tourner sa tête et briller son regard. Silver avait tout connu. L’argent, le luxe, la pauvreté, l’idée même qu’elle n’avait rien besoin pour vivre heureuse. Pourtant, il s’avérait, qu’elle était contrée par son désir de pouvoir et de réussite. L’argent venait ensuite, elle le savait pertinemment. Suivant Alexander, elle se laissait l’occasion de se repentir de cette déferlante de jalousie qui courrait le long de ses veines pour braquer ses pas dans la direction que lui intimait l’homme. Il prenait un malin plaisir à la percer à jour. Le menton relevé, l’envie démesurée de lui montrer qu’il ne la connaissait décidemment pas, elle entrait dans la chambre qu’il lui offrait pour le temps de son séjour. Si elle aurait aimé garder sa fierté entière, il s’avérait que ses pas se précipitaient dans l’ourlet bien rangé du tapis de laine apposée au sol. Son corps se tendait contre celui d’Alexander. Si son souffle s’était éminemment arrêté l’espace d’un instant, il gardait tout autant ses mains contre sa taille, son regard résolu à trouver le sien. Silver n’agissait plus, ne voulait plus réfléchir. Alexander était le plus grand mystère de sa vie et s’il la connaissait un tant soit peu, il l’aurait vite relâché, la jetant de ses filets pour tenter de piéger un autre poisson.  Au lieu de ça, assujetti à son touché, elle tentait de puiser une moindre lueur de réprobation dans le regard de son tortionnaire pour éviter la catastrophe. Il n’en avait aucune. L’injuste oppressif lui offrait une bénédiction paradoxale à ses habitudes autoritaires, un imprévu qui la tétanisait dans l’horreur ultime d’aller trop loin dans les idées qui la faisait avancer dans ses émotions transcendantes.  Fais le. Qu’elle lui disait comme provocante quand seule la crainte narguait ses pensées et chacun de ses gestes.  Sa réaction ne se faisait pas attendre. Il empoignait ses lèvres et finissait de la convaincre qu’Alexander avait un esprit profondément détruit par l’immoralité et le désordre le plus extrême. Condamnée dans les bras d’un fou et sotte de tout, elle réclamait encore plus de chair. Si la peur avait accablé chacun de ses gestes depuis leur toute première rencontre, Silver se sentait l’envie de foncer sans aucune retenue. Il l’appelait, il voulait la guider, il n’y avait aucune hésitation dorénavant dans sa manière d’agir. La jeune femme, le regard presque sévère, la dépravation et la débauche comme simples maîtres, elle suivait la danse suave que ses vêtements effectuaient dans cette course tempétueuse qui les menait à s’écraser au sol. Silver fermait la porte de la seconde chambre derrière elle, ne savait pas où elle se trouvait. Il effleurait son nom de ses lèvres comme pour demander un consentement qui ne venait que lorsqu’elle finissait par ôter son haut et que sa chair, ruisselante d’envie et de dévotion, apparaissait à sa vue. Ils empoignaient mutuellement leur désir commun, la seule chose qui les unissait depuis le début de leur semblant de relation professionnelle. Elle s’écroulait sur les draps immaculés et se démontrait plus sauvage qu’elle ne l’avait jamais été, sûre d’elle, conquérante, déplacée, ses mains s’agrippant à son corps, à ses cheveux, ses lèvres s’éparpillant sur la peau brûlante de ce nouvel amant impromptu. Silver laissait aller ses appréhensions, ses craintes et laissait sortie son impulsivité, la haine et le désir qu’elle ressentait désespérément pour son employeur. (…) Ses cheveux éparpillés autour de son visage candide endormi, elle fronçait les sourcils et retournait son corps tiède au travers des draps de soie qui s’éparpillaient sur sa peau nue. Surprise de mutisme après que ses mains se soient baladées involontairement contre le matelas, elle se redressait en sursaut laissant entre-apercevoir sa nudité déplacée. Silver n’était pas chez elle mais chez Alexander. Pas dans son lit d’invité mais dans une autre chambre et à en voir les draps retournés et la fièvre qui la gagnait, le rêve qu’elle avait tenté d’oublier au réveil n’en était définitivement pas un. Des marques sillonnaient son corps, la bataille pour se libérer de l’étau de son employeur avait été aussi fructueuse que pour le conquérir entièrement. Désormais tremblante et mitigée sur le pas qu’elle venait de franchir, elle se redressait et, fuyante, elle regagnait sa chambre pour enfiler de rares affaires qu’elle avait encore à disposition en s’apercevant bien évidemment, qu’un portant emplis de vêtements avait investi la pièce d’hôte. Fermant les yeux, ses lèvres se plissaient et tout en secouant sa crinière dorée, elle s’extirpait de la pièce pour se rendre au salon. Personne, pas une silhouette, pas un chat. La jeune femme minaudait et finissait par s’approcher des papiers qui s’étalaient sur l’immense table du salon. Des dossiers financiers, des notes, des comptes rendus en tout genre. Son cerveau, évitant scrupuleusement de penser aux limites qu’elle avait franchies la veille, se contentait de fixer les relevés et chiffres qui s’affichaient face à son regard endormi pour en saisir le moindre sens. Elle ne réagissait qu’une seconde trop tard lorsqu’une toux façonnée avec soin, la tirait de ses mauvaises manies. Silver se retournait lentement pour apercevoir Alexander, sur son trente et un, le regard peu marqué par la nuit qu’il venait de passer auprès de la jeune femme. Elle, déstabilisée et tendue, elle attendait le verdict en le fixant droit dans les yeux.



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