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silver&alexander .C'est moi qui suis le papillon, lui la flamme, et je vais me brûler. Je le sais.

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MessageSujet: silver&alexander .C'est moi qui suis le papillon, lui la flamme, et je vais me brûler. Je le sais. Sam 3 Jan - 18:55

J'ai le souffle coupé, je suis Ève dans le jardin d'Eden, il est le serpent, et je ne peux résister.
Silver & Alexander



Les minutes s’écoulent lorsque Silver restent plantée, béate, sur le parvis du bâtiment qui trône au milieu d’une cohue d’autre colonnes de verre, froides, immuables et saisissantes. Inspirant une brève bouffée de courage, la jeune femme ne se démontra pas. Motivée afin de valider sa troisième année, elle désirait plus que tout, faire bonne impression face à son ancien professeur qui leur avait lancé le défi de s’essayer à l’art de l’interview. Bien que ce n’était pas ce qu’elle préférait, elle avait agrippé fermement sa caméra en se promettant de ne pas aller directement voir papa et maman Ross-Wright ou quelques contacts qu’elle aurait déjà eus et qui lui faciliteraient le travail. La jeune femme désirait faire impression et loin de se vanter de son piston au sein de la sphère cinématographique, elle avait recherché par tous les moyens à se démarquer. Ainsi, elle avait épluché l’annuaire de Berkeley, sondant les visages tantôt rieurs tantôt lassés, des étudiants qui parsemaient les couloirs de Berkeley. Ce qu’elle recherchait c’était des noms et elle savait absolument où chercher en feuilletant rapidement le gros album pour tomber sur le visage condescendant de Zadig Rosenbach. Etrangement, cette double page n’était dédiée qu’à lui et sa famille. Les Da Russo venaient ensuite avec leur sourire comparable à celui de carnassiers devant leur futur festin. Il ne lui en fallut peu pour détenir les clés de son succès. Son visage intrigué s’était laissé éblouir par une photo de Zadig, Roman et Alexander Astoria. Son regard resta impassible face à la mine animée de mauvaises attentions du Rosenbach et Da Russo néanmoins, une flamme s’élevait au creux de ses prunelles bleutés lorsqu’elle dévisageait avec attention, les traits figés de leur ami. Alexander Astoria. Pour tous les grands férus de culture en tout genre, ce nom sonnait à l’oreille comme une évidence. Créateur d’Instagram, il avait fait sensation en vendant son œuvre comme l’on revend ses vêtements dans un marché, pour venir rejoindre au sommet d’un empire, Roman Da Russo dans une lutte ascendante afin obtenir le St Graal au milieu d’une entreprise si érotique qu’elle en aurait grimacé. Mais voila, était-elle réellement certaine de vouloir se plonger de nouveau au sein même de ce monde qui exécrait les autres ? Refermant avec ferveur le livre, Silver ne pouvait se poser des questions, elle était déjà certaine de la réponse. Rien n’aurait pu tarir son désir de réussir et pour cela, elle se jetterait de nouveau, avec audace, dans la gueule du loup mais celui-ci, elle ne connaissait pas encore la longueur de ses canines. Au pied des grandes marches de marbre, elle apercevait, transcris sur les vitres les plus en hauteur, le nom de The Mating Mind. Prenant son courage à deux mains, elle entrait dans la tour en se présentant à l’accueil. Sans une once de stress à l’horizon, elle se laissait monter au travers des étages par l’ascenseur tout de verre, qui lui offrait la vue splendide de San Francisco, sous les premières lueurs du jour. Rêvassant, elle se rappelait méthodiquement son appel téléphonique avec le jeune Astoria. Professionnelle comme toujours, elle avait expliqué son projet et il avait accepté sans même l’ombre d’une hésitation et pourtant avec une nonchalance imprenable. Il était comme tous les autres, à n’en pas douter. Ce qui la réjouissait au moins, était l’idée qu’une fois cette interview bouclée, elle n’aurait plus à remettre les pieds dans l’univers égocentrique de ces gosses de riches qui prenaient les gens pour leurs objets afin d’assouvir leur satisfaction personnelle. S’il y avait une chose à dire de Silver, c’est qu’elle avait eu au moins les couilles de retourner le jeu contre l’un deux. N’en étant pas morte, affalée sous les coups du corps armé qui suivait les traces de Zadig Rosenbach, elle se disait finalement, que cela l’aurait au moins aidé sans trop de conséquence. Reconnaissante, intérieurement, envers Alexander pour lui laisser l’occasion de peaufiner son travail scolaire, elle se disait qu’après tout, il comprenait aussi ce que pouvait être les basses besognes des étudiants ordinaires. Au moins, elle partait sur de bons aprioris le concernant. Roman et Zadig lui auraient sûrement ris au nez pour raccrocher la seconde d’après. Minaudant sur des préjugés qui lui collaient à la peau, la jeune femme sortait enfin de l’habitacle mouvant pour se retrouver au sein d’un grand salon, composé de tableaux outrageux et à la limite du scandaleux. Retroussant ses lèvres en une moue légèrement dégoutée, elle levait les yeux au ciel et englobait la salle de son regard perdu. Personne. Le comptoir de l’accueil, où était écrit The Mating Mind en grosses lettres d’imprimerie, avait été déserté. Soudain, des pas vinrent la tirer de sa rêverie. Une belle blonde, grande et élancée trépignait sur ses hauts talons pour courir d’un couloir à un autre. Attendez ! Déjà elle avançait peu prudemment vers la jeune femme avant qu’elle ne disparaisse dans des immenses corridors, au travers d’une des dizaines de portes qui soutenaient le regard de Silver d’un air défiant. Rageant intérieurement pour l’embêtement dans lequel elle se muait, elle rejetait sa queue de cheval en arrière, tirait sur sa robe et s’avançait vers la première porte qu’elle trouvait. Peut-être ainsi, tomberait-elle sur une personne prête à lui offrir son attention. Mauvaise pioche. Ouvrant à la volée, la grande structure en hêtre, Silver se faisait la remarque qu’au lieu d’empoigner le taureau par les cornes, elle aurait sûrement dû lire l’emblème qui ornait le bois brut du battant. Une foule de regard vitreux se tournaient vers elle, dans un silence catatonique. Déglutissant, elle s’immobilisait dans la salle, son regard longeant chaque individu pour venir se positionner enfin sur la seule personne debout, entre un bureau éclatant de somptuosité, et la coulée de vitres qui semblaient rendre misérable, la vue de la ville dans laquelle elle venait de déposer de nouveau les pieds. Et là, Silver les avait dans le plat. Oh pardon. Voila tout était dit, elle venait de tomber nez à nez avec Alexander Astoria, qui la dévisageait tel un misérable insecte, entouré de ses collègues ou investisseurs. Plus mauvaise première impression, elle mourrait c’en était certain. Ainsi, elle reculait vers la sortie, penaude, prise au piège et finissait par faire entendre un bruit sourd lorsque son dos rencontrait la porte. Merde. Faisant volte face aussi vivement que possible, elle ressortait de la salle en se maudissant. Les jurons pleuvaient dans sa tête. Idiote, fais chier, bravo maintenant c’est à peine s’il va t’indiquer la sortie ! Mais Silver restait prostrée dans le couloir, en espérant un espoir divin où il accepterait tout de même sa présence. Mais son cœur tambourinait anormalement contre sa poitrine. C’est à ce moment précis qu’une belle rousse s’approchait alors d’elle. Oh bonjour. Je suis Silver Elias-Bell. J’ai rendez-vous avec Alex… Monsieur Astoria. Qu’elle minaudait, se rabrouant déjà pour son manque d’assurance palpable. Oui, installez-vous là, il va vous recevoir après sa réunion. Vous voulez un verre d’eau ? Vous êtes toute pâle. Silver la dévisageait avec animosité. Merci de pointer une faiblesse passagère avec autant de légèreté ! Et puis, ça se trouve elle était pâle de nature, elle n’allait pas se faire bronzer aux Antilles dès que l’occasion se présentait ! Pourtant, sa voix restait fluette lorsqu’elle acquiesçait à la proposition. Oui, volontiers, merci. Voila, la queue entre les jambes, elle fuyait s’installer sur l’immense canapé face au comptoir devant lequel, la jeune femme était passée outre quelques minutes plus tôt. Verre en main, elle faisait un léger signe de tête à la jeune femme, qui reprenait son travail, derrière un imposant matériel informatique, derrière sa forteresse aux allures d’accueil. Fronçant les sourcils pendant qu’elle avalait une gorgée d’eau, une boule s’installait au creux de son ventre. Le regard glacial d’Alexander Astoria venait s’imprégner dans son esprit et un frisson la parcourait alors. Se détestant d’avance pour ce manque d’assurance probant à cause d’un simple regard, elle secouait la tête comme si ce simple geste, pouvait faire fuir ses divagations. Il avait l’air si … Furieux, exaspéré… Amusé ? Aucune idée. Son sens de l’observation n’avait jamais été aussi misérable qu’aujourd’hui. Soudain, de nombreux bruits de pas s’avançaient vers elle et sans lui jeter un seul coup d’œil, les hommes qu’elle avait aperçus dans le bureau,  tous vêtus de costumes impeccables, s’éloignaient vers l’ascenseur. Dans sa rêverie passagère, la belle rousse qui complexait Silver, dû s’y reprendre à deux fois afin d’obtenir son attention. Mademoiselle ? Il va vous recevoir. Oh , très bien. Silver n’était plus vraiment sûre de désirer réellement, entrer de nouveau dans cet antre du diable. Mais tant pis. Se redressant, enfourchant de nouveau son courage qui s’était fait la malle en un temps record, elle soufflait et avançait vers la porte qu’elle avait franchit auparavant pour cette fois-ci, prendre son temps et frapper contre le bois. La porte s’ouvrait en l’espace de quelques secondes pour la laisser aveuglée une nouvelle fois, par la beauté du jeune Astoria. Regard impassible, mine austère, rien ne filtrait sur son beau visage rayé par une expression qu’elle n’arrivait à analyser. Il lui tendait une main qu’elle lui serrait en tentant de montrer une quelconque énergie mais il venait de l’en destituer d’un regard glacial. Ok, très bien, ça allait être amusant… Merci de me recevoir. Encore désolée pour… Tout à l’heure. Il n’y avait personne à l’accueil. Merde. Silver grimaçait. Elle n’avait pas eu l’intention de passer pour la cafteuse qui vendait l’incompétence de son personnel. Lui indiquant le canapé au milieu de la pièce, elle s’y avançait pantelante, en récupérant son énergie restant. D’une manière presque précipitée, elle s’asseyait subitement pour faire taire la cacophonie de lâcheté, qui se perdait au travers de ses membres. Idiote, ressaisie toi ma fille, t’as le culot si élevé que tu fais même peur aux hommes les plus bourrus d’Hollande ! Et quand elle était si chancelante, son accent prenait le dessus sur son anglais. C’est possible de vous filmer ? Voila que son regard pénétrait de nouveau le sien. Un silence sadique s’éternisait. Il la jaugeait elle en était sûre. Il devait la prendre pour le plus insignifiant des êtres humains. Au moins, il avait gardé leur rendez-vous, c’était déjà ça !


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MessageSujet: Re: silver&alexander .C'est moi qui suis le papillon, lui la flamme, et je vais me brûler. Je le sais. Mar 6 Jan - 0:46


«  It's the best thing that you ever had
The best thing you have had has gone away. »


« Vous comprendrez bien, Monsieur Astoria, que nous ne pouvons pas prendre une telle décision sans lui. » déclarait d’un ton profondément solennel l’homme installé à sa droite. Tiré à quatre épingles dans un costume en fibre de soie, il réajustait sa monture écaille et faisait mine de remettre de l’ordre dans la tour de papier devant lui, tout ça dans le but de masquer sa gène palpable. Aujourd’hui, avait lieu la réunion la plus importante de l’année, celle censée définir le plan budgétaire du magazine pour l’année deux-mille-quinze. Toute une armada de banquiers, d’experts comptables et de gestionnaires financiers avaient pris place autour de la table, tous avaient les yeux rivés sur l’Astoria et étaient pendus à ses lèvres. Depuis la fermeture des bureaux de New-York, toute la répartition des fonds de The Mating Mind, avait du être repensée et rééquilibrée au mieux afin d’en tirer les plus grands bénéfices possibles. Alexander attendait un retour sur investissement plutôt conséquent, il espérait faire une large plus-value en investissant la vente du siège New-Yorkais sur la côte Ouest. Son plan, savamment réfléchi, ne présentait selon lui aucune faille, sinon l’inattendu, l’imprévisible. L’absence de Roman au rendez-vous le plus capital qui soit pour l’avenir du magazine. « Il est en convalescence. » répliquait-il en prenant soin d’omettre les détails susceptibles de nuire à leur réputation, c’est à dire, toute l’histoire. Roman Da Russo avait frôlé la mort deux jours plus tôt à cause de sa meilleure amie déséquilibrée, qui soudainement s’était mise en tête de jouer avec des armes à feu. Après une dispute, dont il n’avait même pas souhaité connaitre les raisons, elle s’était emparée d’un Smith & Wesson et avait visé son épaule. Eileen Rosenbach n’était pas seulement timbrée, elle était dangereuse. Aussi, il était rassuré de la savoir derrière les barreaux, qu’importe le temps qu’elle y resterait, le monde se porterait beaucoup mieux sans elle. Impassible, il dévisagea à tour de rôle son assemblée tout en cherchant un subterfuge pour les convaincre que non, la présence de Roman n’était pas indispensable. Bien qu’ayant des capacités intellectuelles dans le domaine des chiffres, Roman retenait uniquement les plaisirs que pouvait lui procurer les aspects financiers de son entreprise. Il serait prêt à signer un document mettant en péril tout le magazine si ce dernier lui permettait d’embaucher des secrétaires sorties d’un défilé Victoria Secret mais ayant le quotient intellectuel d’une larve. Roman les aimait blondes, sans cervelles, perchées sur des talons stratosphériques et prêtes à assouvir le moindre de ses caprices, si en prime elles étaient capables d’utiliser une photocopieuse et d’ajouter un sucre dans sa tasse à café, elles gagnaient sa reconnaissance éternelle. Eileen Rosenbach aurait pu être embauchée ici, payée en extra, et licenciée pour faute grave. Tentative de meurtre en bonnes et dues formes. Mais, depuis elle croupissait dans une cellule grisâtre en attendant que l’armée d’avocats grassement payée par son papa daigne la sortir de son trou. Il était loin le clinquant de Las Vegas, elle était révolue l’époque des robes Saint-Laurent depuis qu’elle crevait de faim en combinaison orange. Ne manquait plus qu’à croiser les doigts pour qu’elle prenne un selfie et le poste sur Instagram, son ancien empire, racheté pour un prix exorbitant par le géant des réseaux sociaux : Facebook. « Des millions de dollars sont en jeu, Monsieur Astoria, ainsi que des emplois. » et voilà que le banquier sénile employait une voix grave dans le but de faire naitre un sentiment de culpabilité et de responsabilité à Alexander. Il ignorait que l’Astoria était un visionnaire, la réplique  moderne de Nostradamus lui même. Miser gros sur la publicité et la couverture de janvier était la clé du succès. Prenant brièvement sa respiration, se sentant perdre patience, il attrapa un verre d’eau qu’il ingurgita d’une traite avant de reprendre avec une détermination indéfectible, nul ne saurait le couper dans son élan. « Nous avons de grands projets pour le magazine, nos équipes travaillent dessus jour et nuit, il serait peut-être temps de nous faire confiance et de cessez de... » L’immense porte en bois massif, blindée et insonorisée s’ouvrit brutalement, laissant entrevoir au centre des deux battants, une poupée complètement déboussolée, honteuse et sincèrement gênée d’avoir pénétrée en ces hauts-lieux sans une quelconque autorisation. L’idiote, qu’il considéra d’un regard méprisant empli de dédain, s’immobilisa un instant, marmonna un flot incompréhensible d’excuses avant de disparaitre aussitôt. Voilà; confier la partie recrutement à Roman était une mauvaise idée. Incapable de cerner les gens, de voir la médiocrité en eux. Pendant combien de temps avait-il porté Eileen sur un piédestal avant de s’apercevoir qu’elle était capable de lui planter, littéralement, un calibre trente-huit dans l’épaule ? Quatre ans. « Excusez cette interruption, reprenons. » exigeait-il avec âpreté en poursuivant son monologue. L’image de cette brune lui restait en tête, il ne se rappelait pas l’avoir déjà vu ici, pire encore, elle ne correspondait pas aux critères de sélection de Roman, étrange. La réunion se prolongea pendant une bonne vingtaine de minutes durant lesquelles Alexander exposa l’ensemble des arguments susceptibles de faire pencher la balance en sa faveur. Il insistait sur la notion de confiance réciproque, sur l’importance des investissements, l’intérêt d’agir rapidement et de profiter de l’engouement actuel des médias pour leur entreprise depuis la vente choc du siège de New-York. Finalement, Alexander signa un accord stipulant que tous les fonds réclamés seraient en sa possession dès ce soir, mais qu’en cas de refus de Roman, à son retour, tout cesserait aussitôt, serait gelé, et devrait être remboursé sans attendre moyennant des intérêts pharaoniques. Un pari risqué, mais qu’il acceptait sans la moindre petite once d’hésitation. Alexander savait pertinemment ce qu’il voulait, et l’échec n’était pas une finalité envisageable. (...) Tous sortirent de l’immense bureau en file indienne, costumes taillés sur mesure, mallette en cuir verni, cheveux grisonnants et visages austères. Ils disparaissaient dans les dédales d’un couloir immaculé et s’engouffraient dans des ascenseurs de verres qui les conduisaient tout en bas de la tour d’acier. Au milieu d’une foule grouillante, répugnante, asphyxiée par la ville et par le bruit, tellement loin des sphères exquises du sommet, où il régnait. « Votre prochain rendez-vous est là. Dites, il est où Roman ? » lui demanda une idiote au timbre de voix abominablement aiguë, visiblement habituée à passer sous le bureau du patron. « Aux portes de la mort, il négocie son entrée au Paradis, et c’est loin d’être gagné. Disparaissez. » lançait-il expéditif au possible face à l’incompétence de cette énième bimbo peroxydée qui hantait ses couloirs. Roman devait envisager, très sérieusement, de soigner son addiction au sexe et de faire voeux d’abstinence pour les trois prochains mois. Appuyé contre son bureau, le regard tendu vers la porte, il attendait une certaine Silver, étudiante à Berkeley et désireuse, dans le cadre d’un projet, de faire une interview d’Alexander. Son ascension fulgurante, sa créativité, sa vision des choses et du monde. Pourquoi lui plutôt que Roman ? Parce qu’il était plus posé, professionnel et qu’il n’avait pas une réputation désastreuse en guise d’ombre. « Mademoiselle Elias-Bell. » sifflait-il avec un agacement palpable en découvrant son visage, pour la deuxième fois en moins d’une heure. Il serra sa main avec poigne en étant le plus naturel qui soit, glacial. « Faites demi-tour, apprenez à lire ce qui est inscrit sur les portes. En cas de doute, serrez le poing et frappez délicatement sur le bois. » Alexander, ou l’art de cracher des horreurs avec une courtoisie presque déstabilisante. Ses mots ne suintaient pas la hargne, ni même le mépris, ce n’était qu’une remarque, tout au plus une constatation. Il écoutait à peine ses jérémiades, interceptait des bribes d’excuses formatées en haussant les yeux. Evidemment qu’il n’y avait personne à l’accueil, le harem de Roman était en pause perpétuelle. Il se dirigea d’un pas lent vers le coin salon aménagé à l’extrémité de la pièce, c’était ici qu’il refaisait le monde en compagnie de Roman en sirotant cognac et champagne. « Installez-vous, nous allons commencer. Vous avez une demie-heure. » commençait-il en déboutant le bouton central de la veste de son costume afin d’être plus à l’aise. Dans une demie-heure, la limousine l’attendrait en bas de l’immeuble pour le ramener chez lui, là où neuf félins affamés guetteraient l’arrivée tant attendue de leur maître suprême. Mal à l’aise face à lui, sans doute intimidée par les lieux et la froideur naturelle de l’Astoria, elle prenait son courage à deux mains pour faire preuve d’enthousiasme. Dans le fond, elle devait être reconnaissante qu’il ait bien voulu, dans son emploi du temps ministériel, caser un rendez-vous si puéril. « Si vous n’aviez pas interrompu ma précédente réunion j’y aurais consenti. » répondait-il par la négative. Il était hors de question qu’elle sorte une caméra de son sac et qu’elle se planque derrière. Alexander aimait les face à face, ça lui permettait de mieux cerner ses interlocuteurs, d’anticiper les questions pièges. Et Dieu seul savait qu’après son entrée fracassante, elle était capable de lui en poser un millier sans même s’en rendre compte. Enfonçant ses yeux dans les siens, il ne pouvait nier qu’elle avait un certain charme, qui excusait, en partie, son manque de réflexion, mais qui ne suffisait pas à l’atteindre, à percer armure massive derrière laquelle il était. « Je vous écoute. » prononçait-il distinctement alors qu’un silence désagréable s’était installé. Avait t’elle perdu ses questions ou la parole ? Les aiguilles dorées de sa montre indiquaient que le compte à rebours était d’ores et déjà lancé. Et le temps, c’était de l’argent, un luxe que seul quelques privilégiés pouvaient s’offrir.
 
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MessageSujet: Re: silver&alexander .C'est moi qui suis le papillon, lui la flamme, et je vais me brûler. Je le sais. Jeu 8 Jan - 23:21

J'ai le souffle coupé, je suis Ève dans le jardin d'Eden, il est le serpent, et je ne peux résister.
Silver & Alexander



Silver frottait ses mains l’une contre l’autre. Le froid s’imprégnait au travers de sa chair la laissant glacée et incapable de réchauffer correctement son corps. Toute forme de chaleur l’avait lâchement abandonné à l’instant même où elle avait découvert le regard puissant d’Alexander Astoria. Sans un mot, il l’avait pourtant embrasé à la seule force de sa posture glaciale, élégamment dressé dans un costume coupé droit, autant que son visage impartial, qui l’aurait fait défaillir si elle n’avait pas disparu par l’embrasure de la porte. Ses émotions exacerbées en une fraction de seconde, elle épiait chaque once de courage qui aurait pu galvaniser son corps et faire de nouveau circuler, un sang chaud et à la course régulière, au cœur de ses veines. Silver avait l’habitude du froid. En Hollande, elle patinait sur les grands pans d’eau glacée, se fondait à travers la neige lorsqu’elle y venait tracer des sillons angéliques en frottant ses membres dans la poudreuse et avait toujours aimé la sensation polaire et hivernale, qui se dégageait au travers de sa bouche, en vapes de condensation éparses. Mais, assise sur ce trône moelleux aux allures de divan, Silver aurait pu trembler face à cette paralysie réfrigérante. Immobile et passant pour une gourde supplémentaire dans cette antre de prostituées déguisées pour les convenances, la jeune femme refermait son regard sur les moniteurs noirs qui lui faisaient face et derrière lesquels, se recroquevillait la magnifique rousse qui lui avait tendu un verre d’eau. L’observant minutieusement afin de camoufler sa maladroite défaillance mentale, la jeune femme désespérait face à son élégance peaufinée avec soin quand Silver n’avait qu’une hâte, arracher sa robe étroite afin de se lover au plus vite, dans un bon pantalon qui cacherait ses jambes nues. Si Silver ne se laissait pas aller quand à son apparence, elle ne tergiversait pas sur ses tenues journalières car son emploi du temps était chargé et plus important que la mode et ses associations. Malgré cela, l’ancienne sigma ne pouvait s’empêcher d’observer du coin de l’œil, le raffinement qui s’étalait sous ses yeux et auprès duquel, elle se sentait comme une inconnue bancale, clandestine de ce contexte trop pompeux. La jeune femme revoyait son année à Paris, vécue au sein d’une ambiance luxueuse surfaite, qui lui avait surgit aux yeux sans pourtant, l’apprécier à sa juste valeur. Elle avait toujours vu autre chose que les richesses que son quotidien pouvait lui offrir. Silver vivait de sa passion, de son ambition, de son esprit divaguant, de son originalité et son imagination débordante de vie. Si bien trop souvent, ses idées particulières s’étaient retrouvées brimées, elle avait toujours mis un point d’honneur à s’offrir le plus d’opportunités possibles pour vivre de ses rêves. Mais aujourd’hui, son retour marquait sa plus grande envie, celle de connaître une certaine stabilité qu’elle n’avait jamais connue jusqu’à présent. Ainsi, il était de rigueur que, si elle stagnait dans une même ville, de ne pas abandonner son trop plein d’énergie pour le déverser dans son art le plus fanatique. Ainsi Silver en rentrant, avait repris son travail le week-end au cinéma, dans lequel, elle avait élu domicile au poste de projectionniste. Quand au théâtre, il avait décidé de refaire appel à elle, son inventivité et son talent, pour s’occuper occasionnellement de la prise de vue et enregistrement des productions et pièces qui colportaient les rites d’un autre âge sur ses planches. Silver s’enivrait de cet amas de travail bien plus qu’elle ne s’en plaignait comme la majorité des étudiants l’aurait fait. Pour l’étudiante, il n’y avait pas mieux que de passer son temps dans l’atmosphère rassurance des espaces culturels qui lui donnaient l’impression de ressusciter au milieu de vies révolues et envoûtantes. Devant les films d’auteurs qu’elle engloutissait d’un appétit insatiable, elle s’imaginait reine d’Egypte, chevalière en armure rutilante, conductrice de bolides brinquebalants, super-héroïnes des temps modernes et c’était en rêvant devant sa collection extravagantes de films de tous types, qu’elle avançait chaque jour un peu plus, dans un désir poignant de faire ses preuves. Grimée en jeune fille influençable, cheveux longs cachés dans des petites couettes imaginaires, elle se redressait un peu trop brusquement lorsqu’on lui intimait de rencontrer enfin, ou plutôt, une nouvelle fois, le beau Astoria. Non pas si beau que ça. Intimidant peut-être, arrogant sûrement mais pas aussi beau qu’elle ne l’imaginait dorénavant. Elle était persuadée que la gêne bluffante qu’elle avait ressentie brusquement, lui faisait remodeler les traits de l’homme aux maints pouvoirs, de par l’impression qu’elle en avait eue en une seconde de malaise extrême. Avançant dans un couloir digne des chemins après trépas, elle apercevait comme la lumière au bout du tunnel. Sauf qu’elle avançait dos à elle, vers le puit sans fond qui l’emmènerait de l’autre côté de barrières infranchissables pour les esprits trop puritains comme elle. Une anémie lorsqu’on connaissait Silver et pourtant, c’était ce qu’elle avait l’impression de dégager maintenant qu’elle avait perdu toute confiance en elle. Son oreille tendue, les paroles de l’homme qu’elle devait rencontrer, résonnaient à travers le couloir avant qu’il ne lui ouvre de nouveau, après des battements successifs contre le bois de la porte. Tentant de cacher son appréhension et la discorde qui radiait le moindre centimètre cube de son cerveau, opprimé par la nervosité, elle se figeait lorsque ses paroles apathiques venaient oppresser sa glotte. Un frisson la parcourait pendant qu’elle le dévisageait longuement, tentant de deviner s’il plaisantait ou non. Apparemment pas, tous les hommes de pouvoir, étaient des cons, il n’était pas si différent de cette observation qui s’était langui dans le temps. J’en prends note. Qu’elle lui disait, les yeux rivés dans les siens désirant plus que tout le détourner et n’y concédant pas pourtant. C’était l’hypnose impressionnante, un débordement d’audace qu’il pouvait discerner en ce simple soutient du regard et qui n’en était nullement. C’était justement la faiblesse qui ne la faisait pas tressaillir car elle était piégée par ses iris grondants. Une gamine prise au piège dans une chambre trop rétrécie pour qu’elle n’entende pas avec ferveur, les rageuses véhémences du père hors d’haleine. Sauf que pour Alexander, tout semblait passer par son regard. Encore plus effrayant. … Monsieur Astoria. Qu’elle ajoutait devant son envie de l’appeler mademoiselle Elias-Bell. Sérieusement ? Ils étaient étudiants dans la même université et pourtant, il montrait sans vergogne, sa supériorité imagée par son port de tête altier et sa moue méprisable. Très bien, de quoi la rendre encore plus instable. S’installant présentement, sa question était presque désuète et d’ailleurs, elle sortait déjà sa caméra et le trépied l’accompagnant pour s’affairer à des gestes précis afin de sembler concentrer sur autre chose que sa carrure affolante. Sa réponse fusait pourtant sans qu’elle n’y soit préparée. S’arrêtant dans ses gestes, Silver ne redressait pas le bleu de ses pupilles vers lui. Sûre que ses joues prenaient une teinte qui n’y apparaissait pas d’accoutumé, Silver se rabrouait intérieurement. S’offensant de sa réponse vindicative, elle redressait enfin son minois refroidis, pour le dévisager penaude et pourtant, le regard noir empli de l’ébullition de sensations qu’il provoquait en elle. N’osant regarder sa montre de peur de louper de précieuses minutes qu’il lui consentait, elle débutait. Al… Monsieur Astoria,… D’abord hésitante, elle croisait ses jambes pour reprendre professionnalisme et sérieux. Qu’est-ce qui vous a donné l’envie de créer Instagram ? Silver voulait aller droit au but. Rayant sur son bloc note, toute la fioriture,  elle désirait en finir le plus vite possible pour pouvoir s’éloigner de son obscurantisme qui la foudroyait. Mais elle relevait de nouveau son regard vers lui, plongé dans le sien, tentant de le cerner derrière l’épaisse couche de glace qui l’englobait. Une passion certaine pour la photographie ? Un esprit communautaire ? Intérieurement, elle ricanait, l’air sarcastique étreignant ses traits. Ben voyons. Comme si ce personnage hautement détestable, avait eu l’envie désespérée de partager quoi que ce soit avec le « bas peuple ». Elle les connaissait les hommes comme lui pour avoir été, à Paris, avec l’un des meilleurs partis de la ville. Au sommet d’une dynastie promise à un grand avenir, elle avait parcouru les feux de la rampe à ses côtés, chassant ses baskets bien confortables pour enfiler une paire de hauts talons et une couronne brillante, pour se perdre dans les mirages d’une prison dorée. Qu’on lui pardonne cette erreur de parcours et ce destin à la dérive qui avait su, à grande peine, ressurgir pour rétablir son chemin. Pourquoi avoir vendu Instagram à son sommet ? L’offre de Roman Da Russo semblait attractive et pourtant The Mating Mind pouvait sembler aux antipodes de vos idées. Qu’est-ce qui vous a fait prendre cette décision assez surprenante ? Voila qu’elle mêlait son opinion à ses questions. Il fallait qu’elle se recadre. Toussotant légèrement comme pour recouvrer de sa légitimité à exprimer quelques aprioris peu dissimulés, elle poursuivait sur le même ton nonchalant quand son regard la brûlait aussi aisément que sa présence, maintenant bien trop proche de la sienne bien que plusieurs mètres les séparaient. Avez-vous des hobbies Monsieur Astoria ? Persuadée de connaître déjà la réponse, elle l’imaginait frimer sur de grands yachts au bord d’îles paradisiaques, à enchaîner cocktails colorés, filles affriolantes et activités hors de prix. Oui, elle avait déjà la réponse. J’imagine qu’avec votre fortune, il est facile d’acheter tout ce dont vous avez manqué durant votre jeunesse… Cela ne faisait pas partie des questions. Mais était-il nécessaire de rappeler qu’un journaliste se devait de jouer la provocation quand l’occasion se présentait ? Sauf qu’à ce moment précis, et parce que cette question semblait anodine, elle s’entassait littéralement dans son corps, les genoux se serrant l’un contre l’autre, la déglutition se faisant difficile et le souffle presque éteint. La vie privée des hommes importants amenaient les premières questions posées pour que le public se sente concerné et attiré par la personnalité interrogée. Aujourd’hui, la masse avait besoin qu’on leur mâche les informations, dû à une régression des enseignements, d’une culture générale en baisse et des intérêts qui se détournaient vers le futile. Triste société. Voila pourquoi Silver n’aurait jamais pu exercer le métier de journaliste. Faire semblant n’était pas dans ses attributions. La langue bien pendue, souvent frustrée de ses remarques abruptes qui sortaient de sa bouche sans les contrôler, la jeune femme se retenait pourtant à présent car il l’effrayait dans sa manière imperméable, de la dévisager. Je suis perplexe, en recherche associée sur internet, je ne tombe que sur Roman Da Russo et… Zadig Rosenbach… Ce nom lui écorchait les lèvres mais elle s’imposait une rigueur – presque – maîtrisée. Il semblerait que ce soit les seules personnes dignes de votre intérêt, quelle est votre relation avec ces hommes ? Digne de votre intérêt ? Oh Silver, tu t’élances et sans prendre d’élan, stupidité féminine. Maintenant, ses joues devenaient d’un rouge cerise. Ses yeux se rivaient sur son bloc note, attendant sa réponse, attendant qu’il ne se méprenne pas, attendant un infime espoir qu’il soit respectable et réponde platement sans fêlure qui aurait pu la mettre dans une position encore plus inconfortable qu’elle ne l’était déjà.


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MessageSujet: Re: silver&alexander .C'est moi qui suis le papillon, lui la flamme, et je vais me brûler. Je le sais. Dim 18 Jan - 3:07


«  It's the best thing that you ever had
The best thing you have had has gone away. »


La porte en acajou s’était brutalement refermée, les laissant prisonniers d’un bureau trop vaste, trop impersonnel où la décoration était minimaliste, caractérisée par des courbes anguleuses et presque menaçantes. Tout était parfaitement ordonné, ajusté au millimètre près, rien ne dépassait. C’était davantage un besoin viscéral d’exercer un contrôle sur les choses, même inanimées, qu’un souci du détail. Aussi loin qu’il s’en souvienne, il avait toujours été attiré par le pouvoir, davantage que par l’argent. En effet, le pouvoir exerçait une force magnétique et mystérieuse mais terriblement séduisante, agissant à la manière d’une flamme qui l’avait instantanément brulé et conquis. Pendant longtemps, il avait lutté sans relâche et s’était battu pour s’approprier ce prestige, cet accord unanime et légitime à la gouvernance. Alexander ne voulait pas obéir aux règles, il voulait les édicter. Guidé par ses ambitions démesurées, il s’était mis en tête d’être, un jour, au sommet d’un empire qui porterait son nom, et maintenant que son travail portait ses fruits, il avait la sensation outrecuidante d’être invincible. Jugé par ses semblables et moins semblables, d’adulte orgueilleux faisant usage de l’arrogance avec une politesse déconcertante, de personnage froid voir glacial et antipathique au possible, Alexander avait le don de passer outre ces réflexions car il se savait au dessus de tout ça. Néanmoins, même si on critiquait sans vergogne sa personnalité abrupte, personne ne s’aventurait à critiquer son travail, toujours placé sous le symbole de la perfection, raflant tous les éloges. Bourreau de travail, il n’était pas rare de le voir se tuer à la tâche, d’enchainer des journées harassantes dans le seul but de faire des profits, d’acquérir de nouvelles parts de marché. Le sens des affaires coulait dans ses veines, faisait littéralement partie de lui. Il était venu sur Terre pour gouverner, pour entreprendre, pour bousculer les idées, les pensées, les habitudes, pour proposer au monde sa vision des choses. De New-York à San Francisco, il avait gravit les échelons un à un, guidé par la seule force de ses ambitions, aidé par son instinct infaillible, il avait su s’entourer des bonnes personnes, nouer des contacts utiles, passer de l’anonymat à la couverture de Forbes. Adorateur des grands espaces, il avait agencé ce bureau à son image, selon ses goûts, quelque part entre le néant et la pureté. La froideur intimidante et le réconfort des matières nobles. La vue panoramique sur la ville, sur le ciel, mais jamais sur la médiocrité. C’était un temple. Là où jaillissait ses idées les plus révolutionnaires, là où, en compagnie de Roman, ils débattaient sur la conquête du monde, s’abreuvaient des meilleurs champagnes en tentant de cerner la personnalité d’Eileen Rosenbach, là où tout était si épuré que rien n’obstruait ses pensées les plus enfouies. Alexander ne vivait pas au jour le jour, il vivait pour demain, pour l’avenir, pour quelque chose d’encore plus grand. Il voulait atteindre les limites, faire de son existence une oeuvre, une épopée, un modèle de réussite à suivre. Aussi, lorsqu’elle avait manqué d’entacher la réputation de son entreprise en pénétrant stupidement dans son bureau, interrompant au passage les négociations du siècle, il avait ressenti une colère palpable l’envahir sans rien laisser paraitre. Alexander avait la faculté rare d’être insondable, d’avoir une maitrise impeccable de ses ressentiments, de ses paroles, de ses actes. Tout était calculé, rien n’était laissé au hasard. Pour cette raison, jamais il n’aurait reçu, contrairement à son acolyte, une balle dans l’épaule. Il ne riait pas, ne s’émouvait pas, ne s’énervait pas, il était semblable à une toile de maitre, invariable, constant, majestueux, traversant les villes et les époques sans la moindre égratignure, protégé du monde par une vitre en verre blindé. Pourtant, elle était persuadée d’avoir les capacités nécessaires pour le déstabiliser avec ses questions puériles. Agitée par un professionnalisme factice, elle espérait le voir vaciller, entendre une pointe d’hésitation dans sa voix, le regarder se trahir, se perdre, s’embourber dans des réponses scabreuses. Elle se trompait. Elle allait perdre de la pire façon qui soit. Massacrée. « La création d’Instagram est le fruit d’un parfait hasard, ce n’était pas une envie, pas même une idée. » déclarait-il sèchement en observant les moindres faits et gestes de son interlocutrice. Elle tentait vainement de puiser du courage et de la détermination dans ses notes manuscrites mais les expressions de son visage ne cessaient de la trahir. Elle butait sur certains mots, ses intonations exprimaient le doute qui ruisselait en elle. Silver était un pion qu’il pouvait décider de sacrifier à tout moment. S’enfonçant dans son fauteuil en cuir noir, il essayait de la transpercer du regard tout en se remémorant les prémices d’Instagram. Tout était parti d’une photographie idiote de New-York un après-midi d’hiver, la neige rendait l’instant féérique mais son cliché était raté, ne représentait pas la réalité telle qu’il la voyait. « La photographie et l’esprit communautaire vous dites ? Non. Rien de tout ça. » poursuivait-il en constatant que la demoiselle assise en face de lui ne connaissait rien aux lois qui régissaient le business mondial. Il avait lancé une mode en espérant atteindre les sommets, gagner son droit d’accès à un nouveau monde, plus riche, plus clinquant, plus distingué. Ce n’était rien d’autre qu’un désir d’élévation égoïste qu’il assumait pleinement. Consultant une nouvelle fois sa montre, dans l’unique but de la déstabiliser, de la voir perdre son sang-froid, il se leva brutalement et attrapa son téléphone portable posé sur son bureau. « Vous souhaitez boire quelque chose Mademoiselle Elias-Bell ? » proposait-il en esquivant soigneusement sa question dans le but d’y revenir plus tard. Aujourd’hui, il s’était découvert un penchant très particulier pour la torture. D’ordinaire respectueux vis à vis des personnes qu’il rencontrait, il se trouvait que Silver était l’exception qui confirmait la règle. Peut-être était-ce un moyen de lui rendre la monnaie de sa pièce après son entrée bruyante, peut-être était-ce juste la flamme d’intimidation et d’admiration qu’il avait cru déceler dans ses pupilles bleues et qui l’intriguait au plus haut point. « Vous connaissez la bourse ? Wall-Street ? Il vaut mieux vendre lorsque l’action est à son apogée plutôt que d’attendre que son cours s’écroule. » sifflait-il en regagnant sa place initiale et en déposant son téléphone dernier cri au centre de la table basse. « Auriez-vous refusé un milliard de dollar ? » la provoquait-il volontairement, tentant au passage de lui faire comprendre que certaines de ses questions étaient cruellement dénuées d’intérêt. Il avait la sensation qu’elle ne s’était même pas renseigné un minimum sur lui avant l’interview. Elle avait beau être mignonne, charmante, même sexy elle manquait de professionnalisme à tous les niveaux. « J’aime les challenges. The Mating Mind en était un. » Le goût du risque, l’envie de repartir à zéro, de bâtir quelque chose de neuf de ses propres mains. C’était un tout qui l’avait convaincu et séduit. Le concept imaginé par Roman pour le magazine, avait quelque chose de très amusant et attrayant, faire d’un magazine de charme une bible masculine mêlant l’art de la photographie à la mise en valeur du corps de la femme. De plus, ils s’efforçaient de surfer sur les nouvelles tendances du monde de la mode, de la musique ou du cinéma au coeur de leurs articles. Ils se définissaient comme innovants, précurseurs. « Je joue du piano depuis que je suis enfant. Mon père possédait un magasin d’instruments de musique à Yonkers. » répondait-il en la gratifiant d’un imperceptible sourire, sans doute le seul depuis le début de l’entretien. Il aimait assez la tournure que prenait les choses, les questions se voulaient plus indiscrètes, plus personnelles; enfin ils entraient dans le vif du sujet. Désormais, ce n’était qu’une question de temps avant qu’elle commette l’irréparable et tente la carte de la provocation. La pauvre fonçait droit dans un mur et n’avait aucun moyen de freiner. « Pourquoi pensez-vous que j’ai manqué de quelque chose durant ma jeunesse ? » l’attaquait-il en la voyant se liquéfier, se renfermer sur elle-même à la manière d’un mollusque, perdre la face. « Détendez-vous, respirez. » murmurait-il en se voulant réconfortant, il ne voulait pas qu’elle s’écroule sur son tapis et ensuite devoir appeler les urgences, ça lui ferait perdre un temps précieux, un temps destiné à ses chats. Doucement, presque bienveillant, il quittait son siège et s’approchait de la demoiselle en détresse. Sa main effleurait son épaule d’un geste étrangement amical, comme si après l’avoir tant torturé, il voulait qu’elle se sente plus à l’aise, qu’elle retrouve sa confiance en elle, disparue depuis trop longtemps. « Je ne suis pas né avec une cuillère en or massif dans la bouche, figurez-vous que j’ai travaillé, sans doute deux fois plus que les autres, pour arriver là où je suis aujourd’hui. Vous trouvez mes réponses présomptueuses, grand bien m’en fasse, je ne m’excuserai auprès de vous d’avoir réussi et de profiter pleinement de tout ce que peux m’apporter cette réussite. » expliquait-il avec un calme olympien, à peine agacé par ses questions indiscrètes remplies de sous-entendus abjects. « Vous voulez un conseil Mademoiselle Elias-Bell ? Cessez de tourner autour du pot et demandez-moi directement si l’argent et le pouvoir m’ont corrompu. » A son tour, il se laissait séduire par le jeu de la provocation, pleinement satisfait de constater qu’une interview normalement ennuyeuse, parvenait à l’amuser, le distraire, lui faire oublier la masse de travail qui restait en suspens. Puis, elle avouait avoir fait des recherches associées de lui sur son moteur de recherche, sans doute afin de dénombrer les personnes faisant partie de son entourage, amis, copine officielle, ce genre de choses. Mais, ses recherches s’étaient avérées infructueuses, seulement deux noms étaient apparus au grand jour : Roman, forcément, et Zadig Rosenbach, un patronyme de légende pour une famille quasi-royale. « Roman est mon associé, mon meilleur ami depuis de nombreuses années. Je doute qu’il accepte de vous accorder une interview et je ne parlerai pas en son nom. » Roman, à l’inverse d’Alexander méprisait absolument tout le monde avec une fureur dévastatrice, jamais il ne mettrait une seule goutte d’eau dans son vin pour faire plaisir à la plèbe insipide qui l’entourait. Les seules personnes qui trouvaient grâce à ses yeux se comptaient sur les doigts d’une main, et tous étaient issus de familles prestigieuses, dont les Rosenbach, surtout les Rosenbach. « Zadig, hum. A une époque, son père, Gaspard Rosenbach avait envisagé de racheter Instagram, c’est ainsi que j’ai fait sa connaissance. Mais, comme vous le savez, le secteur d’activité principal des Rosenbach est l’hôtellerie de luxe et l’immobilier, aussi l’affaire n’a jamais été conclue. Quoi qu’il en soit, c’est un homme brillant que je suis ravi de compter parmi mes amis. Quant au reste, ça ne vous concerne pas. » terminait t’il par dire en évitant soigneusement de parler de la relation qui unissait Eileen et Roman, et qui donc, indirectement, expliquait l’absence de Roman, très remarquée, aujourd’hui. Observant Silver avec toujours plus d’insistance, il remarquait qu’elle était devenue, en l’espace d’une seconde, écarlate. Elle l’avait, volontairement, accusé de choisir ses relations parmi les personnes richissimes, comme si l’argent et la renommé étaient des critères déterminants. « Je me dois de préciser que mon intérêt pour les gens ne se mesure pas en fonction de leur compte en banque.  Si tel était le cas, j’aurais refusé votre demande d’interview. J’ai, fort heureusement, des amis qui ne sont pas milliardaires, sauf que je tiens à ma vie privée, et que j’évite de l’exposer bêtement sur le net. » formulait-il sans même lui laisser la chance de répliquer quoi que ce soit. Intransigeant et impitoyable lorsqu’on s’attaquait à sa personne, il se montrait volontairement dur avec elle, presque autoritaire, néanmoins, il faisait en sorte de rester courtois, professionnel contrairement à elle. « Soyez aimable, ne me tenez pas responsable, dans votre interview, de votre manque de tact et de votre insolence déplacée à mon égard. » concluait-il alors qu’elle semblait tout mettre en oeuvre pour fuir son regard. Mal à l’aise, intimidée, presque humiliée, rouge comme une pivoine, il était curieux de savoir comment elle allait répliquer. Allait-elle faire marche arrière, s’excuser, ou lancer une nouvelle offensive ?
 
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MessageSujet: Re: silver&alexander .C'est moi qui suis le papillon, lui la flamme, et je vais me brûler. Je le sais. Lun 2 Fév - 22:57

J'ai le souffle coupé, je suis Ève dans le jardin d'Eden, il est le serpent, et je ne peux résister.
Silver & Alexander



Le visage de Silver cuisait sous son regard animé par l’impersonnalité étayée d’un brun charbonneux. Si elle sentait qu’il la ménageait jusqu’à présent, elle savait aussi que ce n’était que les prémisses d’une tempête imminente qui s’animerait au creux de sa gorge sans l’ombre d’un changement comportemental et facial. Plus dur à cerner que n’importe quel homme que la jeune femme avait pu rencontrer, l’étudiante oubliait de prendre des gants et gardait l’irrévérencieuse habitude d’un journaliste hors paire. Ne croulant pas sous l’instabilité qui la guettait, la jeune femme allait de plus en plus loin dans ses questions quand la raison lui aurait ordonné de se taire pour toujours et à jamais devant les fossettes invisibles de l’homme de fer. Son masque calqué sur son visage lissait ses traits à la perfection et atténuait les émotions qui auraient pu contrecarrer son impassibilité imprenable. Une statue de pierre et de marbre sévissait face à son anxiété et ses manières gauches et chacun de ses propos audacieux venaient à perdre du crédit lorsqu’ils étaient élancés avec la plus grande des prudences et une légère hésitation. Silver n’était qu’une façade d’un courage permanent sur une bonne couche de peur et de détresse. Sa complaisance d’acier le grimait en une imposture vivante et indétectable. Aucune pulsion ni réactivité que ce poignant regard qui la déshabillait lentement, sans indulgence et avec le sourire mécanique d’un homme machiavélique à souhait. Mise de plus en plus à nue sous ses airs qui la rendait ivrogne de ses bas instincts, la jeune femme frétillait intérieurement. Caricature d’elle-même, Silver rechignait à continuer son travail. Fermant les yeux un instant elle imaginait le regard de son professeur et l’abandon n’était aucunement accepté. Il avait été clément de l’accepter de nouveau dans ses cours prisés. Si les nombreuses classes de cinéma pullulaient dans les emplois du temps, celui de son professeur était le plus admirable et le plus envié. Pour cela, elle avait remué ciel et terre pour entrer dans les rangs des privilégiés qui pourraient affermir leur savoir-faire. Si à sa première entrée à Berkeley, Silver avait dû travailler jusqu’à trépas pour qu’il daigne enfin lui accorder sa place, elle n’avait pas eu à faire grand-chose pour que ce semestre, il l’accepte de nouveau dans ses rangs. La Elias-Bell l’avait surprise, étonné, presque subjugué mais le mot était trop pompeux car son professeur n’était pas le genre à exprimer grandes expressions face à un travail remarquable. Néanmoins, ses yeux souriaient rarement et ils avaient exprimé plus d’une fois, un ravissement palpable qui avait éveillé chez Silver la fierté enfin méritée, d’un labeur assiégeant. Pour cela, elle resterait à sa place et continuait à faire face au monstre facétieux qui aplatissait ses encouragements internes en pauvres minauderies désespérantes. Silver puisait sa force autre part si elle n’était pas capable de se la procurer elle-même. Pensant à son père elle savait qu’il n’aurait pas compris cet abandon soudain de personnalité. Elle n’était en rien comme sa mère. D’une lâcheté rare, d’une imprévisibilité partielle, d’un manque de créativité évidente. Une pute de plus dans un monde souverain de dictats déprimants, sa mère voguait sûrement d’hommes en hommes lui offrant des frères et sœurs à volonté quand Silver n’avait jamais désiré rien de plus que son amour infini. A croire que ça aussi avait été une erreur qu’elle devait éradiquer de ses pensées. Alors pour la jeune femme, seul son travail comptait, son avenir, ce qu’elle faisait à présent. Il n’y avait que ça qui lui donnait une réelle envie de se lever chaque jour. Sans réelle attache ni profonds sentiments pour qui que ce soit, la jeune femme, férue d’un future cinématographique, devait faire ses preuves et si Alexander Astoria ne semblait pas en position de lui laisser l’opportunité de s’exprimer correctement, elle passerait outre les exigences qui suintaient de son costume parfaitement ajusté pour le condamner à la laisser s’embourber dans une déplaisante interview. Redressant son regard d’un bleu azur vers l’homme, elle exprimait dorénavant sa décontenance. Cet homme l’éreintait et continuait de le faire comme une manie délirante qu’il aurait adoptée depuis tout jeune. Mais avait-il réellement connu une enfance ? Il était un mystère grandeur nature, puisant son glacial tempérament dans de lointains souvenirs dont elle n’avait la main mise. Fronçant les sourcils, sa bouche se muait en une moue déroutée. Euuh… Oui, merci… Secouant la tête, passant sa main dans ses cheveux, elle se trouvait de nouveau sotte quand elle avait pourtant cru recouvrer son courage illusoire. Quelle réponse affligeante quand on savait que sa question n’en était pas une et servait sûrement à la déstabiliser qu’un peu plus. Et puis quoi ? Il n’allait sûrement pas lui servir autre chose que de l’eau et si c’était le cas, il était peu recommandable de lui montrer qu’elle pouvait se positionner autant peu professionnellement. Oui, c’était exactement ça. La pousser dans ses retranchements, la faire cogiter pour éluder ses questions. En fait non merci, ça ira très bien. Je n’ai pas de temps à perdre et le votre est précieux. Voila, caresser le matou affamé dans le sens du poil pour qu’il ne vienne pas feuler contre sa stupidité méprisable. Se reprenant assidument, elle passait son stylo entre ses lèvres avant de remarquer que ce simple geste était d’une grossièreté évidente et vu le regard qu’il déposait sur ses lèvres lorsqu’elle esquissait ce simple geste enfantin, ses joues venaient la brûler en un temps record. Fragile orpheline des temps modernes, Silver peinait à ne pas sembler desservit par son apparence moqueuse. S’il changeait brusquement de réaction ou venait à être attiré par un autre point sur le visage de la belle, elle devait de nouveau se re concentrer avidement pour ne pas tout laisser tomber au même rythme que le son tonitruant de son cœur explosant sa cage thoracique avec force et conviction. Vingt ans d’écart les séparait lorsqu’il n’en avait que trop peu. Saloperie. La question la surprenait alors bien que sa réponse ne tardait pas à fuser sans qu’elle ne s’en rende vraiment compte. Oui j’aurais refusé. Si je devais perdre quelque chose que j’aime. Je l’ai déjà fait et je le recommencerais s’il le faut. Elle avait parlé trop vite, bien trop vite. Qu’on parle de millions ou de milliards était identique pour elle. C’était des sommes astronomiques qu’elle n’avait pas en poche quand elle n’aurait eu qu’un appel à passer pour obtenir une somme colossale. Mais non. Silver voulait tracer sa route selon ses propres désirs et même si elle acceptait des aides plaisantes du côté de sa famille richissime, elle voulait apposer ses propres règles et se donner les capacités de réussir par ses propres moyens pour en tirer la plus grande des fiertés personnelles. Mais elle comprenait que ce ne soit pas le cas de tout le monde. C’était une passionnée de ce qu’elle faisait, rares étaient les gens qui avançaient avec ses mêmes convictions. Et aujourd’hui vous êtes un grand homme au sommet d’une vaste pyramide. Non, elle n’avait aucunement besoin de l’élever dans son estime un peu plus. Ses paroles avaient dépassé ses pensées et pour cela, elle se contenait de s’incriminer en abaissant son regard sur son calepin marbré de son écriture fructueuse. Des compositeurs préférés ? Pas dans les questions non-plus. Mais si Silver n’avait jamais joué d’un instrument de musique, elle se délectait souvent de quelques compositeurs sur youtube lorsqu’elle s’adonnait à la lourde tâche du montage vidéo. Non je… N’ai pas dit ça. C’est juste que vous êtes très secret, j’essaie d’en apprendre d’avantage sur vous. Qu’elle lui dit platement, le souffle brisé, les paupières clignotantes telles des gyrophares en perte d’énergie. Elle pourrait insinuer qu’il se faisait peut-être battre étant plus jeune que ce serait revenu au même. C’est vous qui me déconcentrez avec vos questions. Je ne suis pas là pour moi, j’en sais suffisamment… Je crois. Le ‘je crois’ était en trop évidement. Pourquoi devait-elle toujours briser ses élans de sérieux en ajoutant des remarques absurdes ? Rougit jusqu’à la moelle, Silver le haïssait dorénavant pour sa condescendance et sa manière de la mettre hors d’elle, appuyant sur son instabilité pour lui fourrer en plein visage que seule elle, passait pour une imbécile. Est-ce le cas ? Il était – presque – trop franc à son goût. Qui tenait les rênes à présent ? Il s’avérait qu’elle n’était plus très sûre de la réponse et semblait sur un bateau à l’abandon au milieu des flots qu’il contrôlait, faisant chavirer progressivement sa barque vers les récifs qui crevaient les vagues colériques. Il ne le fera pas, c’est certain. Venait-elle de juger inconsciemment son meilleur ami devant lui ? Oui, du Silver tout craché. Je vais noter rien à déclarer plutôt que ça ne me concerne pas, vous êtes d’accord ? Pourquoi se permettait-elle ce genre de commentaire ? Tout simplement parce que la jeune femme avait oublié son filtre à ânerie chez elle et qu’il était inconcevable qu’elle montre qu’elle n’avait réussi à percer les mystères du journalisme qui leur permettait de déclencher le bavardage incessant des interviewés. Non. Evidement que vous n’êtes pas d’accord. Maintenant elle parlait toute seule dans sa barbe en rayant quelques annotations et en reliant certaines entre elles. Quelle monstruosité apparente que ses notes prises à la va vite au milieu de son incohérence mentale. En général, les hommes comme vous n’ont guère le choix, un paparazzi, une amante en colère qui veut vendre des photos compromettantes. Que sais-je encore. Il est rare aujourd’hui de réussir à passer incognito quant à sa vie privée. Elle devait cesser de parler pour ne rien dire, elle devait arrêter de balancer chacune des pensées qui ornaient sa boîte crânienne chamboulée par son insistance débordante de mauvaises intentions. Sa mauvaise humeur ombrait ses traits encore et encore et plus le temps passait plus elle aurait presque eu l’envie d’ouvrir un parapluie pour éviter la mousson qui menaçait sa chevelure aux reflets dorées. Ses dernières paroles la glacèrent en une fraction de seconde. Je… Regard vers lui puis sur son calepin puis sur lui, son regard, ses lèvres, ses mains, sa posture, ses genoux à elle, ses mains à elle, ses notes floues à présent. Un ras de marée bruissait au travers de ses pas foireux. Ce n’est pas de l’insolence. C’est le métier qui veut ça. Se justifiant comme elle pouvait, Silver allait continuer sur sa lancée en essayant d’employer le ton le plus délicat et le plus civilisée qu’elle pouvait élancer le long de sa gorge. Je vous respecte Monsieur Astoria. Je pense vous avoir fait comprendre que je trouve votre ascension remarquable. Néanmoins vous lisez de l’insolence là où il n’y en a pas parce que vous n’avez peut-être pas l’habitude qu’on tente de vous percer. Désolée mais les interviews sont là pour ça et ceux qui n’agissent pas ainsi ne sont que des journalistes corrompus. Oh punaise. Merde, merde, merde. Ses yeux se fermaient, sa respiration s’arrêtait soudain pendant que son cœur manquait trois ou quatre battements. Désolée. Oubliez. Comment pourrait-il face à cette enflamment de propos qui étaient sortis aussi vifs de sa bouche qu’une nuée de sarcasmes indomptables ? Comment pouvait-il oublier le fait qu’elle était en train de dire que la majorité des journalistes étaient des vendus qui n’écrivaient sur ceux qu’ils interviewaient que ce que ces hommes voulaient bien voir écrit sur eux ? Triste réalité mais elle était bien réelle. Le lui faire remarquer ainsi pourtant, n’était clairement pas judicieux de sa part. Donc j’imagine que vous demandez si l’un des célibataires les plus en vogue de la ville a quelqu’un dans sa vie serait impromptue de ma part ? Bon, au pire, mettons encore le pieds dans la mouise. C’est quoi votre stratégie pour imposer votre domination ? Beaucoup aimerait savoir votre secret… Votre domination ? Sa langue avait fourché pour étreindre une limite indolente. Corrosif pour elle et ses nerfs, la jeune femme devait se recentrer au risque de passer l’arme à gauche.


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MessageSujet: Re: silver&alexander .C'est moi qui suis le papillon, lui la flamme, et je vais me brûler. Je le sais. Ven 20 Mar - 23:48

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silver&alexander .C'est moi qui suis le papillon, lui la flamme, et je vais me brûler. Je le sais.

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