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i was beginning to think the best I could do was "frenemy". (joe)

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MessageSujet: Re: i was beginning to think the best I could do was "frenemy". (joe) Sam 24 Jan - 10:07



Qui a dit que ressembler à ses enfants peut faciliter le contact ? Je ne compte plus ces accrochages avec Benedikt en raison de nos similitudes qu'il a encore davantage développé à mon contact. Athéna possède naturellement des traits et des attitudes qui ne sont pas sans rappeler le sang Shark qui coule dans ses veines : à l'heure actuelle, il s'agit davantage d'un handicap qu'une aide au rapprochement. "Parfait." répliquai-je sans concession aucune. Hors de question de devenir ce père affectueux ou je ne sais encore quelle ineptie de mauvais goût : il n'y a qu'à m'entendre grogner lorsque Connor m'attrape par surprise afin de m'infliger cette punition qu'on a coutume d'appeler câlin. Je ne dis pas qu'il ne m'arrive jamais de céder, mais chaque occasion est si rare qu'il va sans dire qu'elle se doit d'être vraiment spéciale. Maintenant que nous sommes en accord sur ce point, j'attends la réaction d'Athéna sur ce que je viens de lui dire. Je me suis surpris à vouloir apprendre à la connaître et faire en sorte qu'elle se sente intégrée dans sa famille, sans pour autant renier celle qui l'a élevée. Si je pose ce désir sur un simple instinct de protection vis-à-vis de ce qui l'a traumatisée, c'est pour mieux masquer cette envie purement et simplement "paternelle". Pourquoi l'avoir tenue à distance toutes ces années ? À la fois pour la protéger d'une vie possiblement chaotique, mais aussi pour me permettre de vivre pleinement sans avoir à sacrifier quoique ce soit. J'ai toujours su que ma vie serait radicalement différente si j'avais décidé de reconnaître et d'élever Athéna... alors, par égoïsme ou par peur, j'ai choisi la facilité. Aujourd'hui, avec plus de deux décennies derrière nous, les choses ne sont pas les mêmes, il est sans doute temps de prendre un autre chemin. L'étudiante décide de se mouvoir pour reprendre l'entraînement : j'esquive un premier coup visant mon abdomen, lui laissant l'opportunité de mener son assaut jusqu'au bout afin de ne gaspiller aucune chance. Allongé sur le dos, je la fixe droit dans les yeux. Derrière l'indifférence, quiconque me connaîtrait un tant soit peu pourrait aisément lire une étincelle de fierté dans mes pupilles azur. "Il en faut bien plus pour me surprendre." Je me relève souplement et me replace en position de défense. Après avoir vu sa réaction tout à l'heure à l'issue d'une prise basique, je préfère ne pas recommencer et la laisser me montrer ce qu'elle sait faire. L'ego a beau être l'une de mes principales forces et failles à la fois, l'enjeu du jour est trop grand pour que je m'abaisse à lui mettre une raclée dans l'unique but de me pavaner. Les pieds ancrés dans le sol à la manière d'un rocher, j'en profite pour lui répondre, conscient qu'elle cherche enfin une issue à cette situation. "Bien. Il me semblait également qu'une telle rencontre était prématurée." Cependant, après y avoir mûrement réfléchi, je ne voyais aucune brèche dans le mur élevé par Athéna entre nous. Je connaissais suffisamment ma mère pour savoir qu'un simple moment entre elle et ma fille serait déjà mille fois plus productif que cinq pauvres minutes stériles entre le père et la fille. Après m'être mis en position, je dois concéder une certaine émotion à ce qu'elle vient d'avouer. Consciente qu'elle est moins coopérative que je ne peux l'être, elle ne manque pas de faire un premier pas dans ma direction. Nous ne nous connaissons que depuis très peu - encore faut-il que nous puissions appeler ça "connaître" - mais je pressens déjà à quel point un tel aveu est complexe à formuler. Malgré mon impassibilité britannique, un sourire en coin fissure le masque. Shark, contrôle toi, les gens vont finir par croire qu'il n'y a pas que ton enveloppe qui soit humaine. Je me racle la gorge et hoche brièvement la tête. "En effet, j'imagine que cela pourrait déjà faciliter bien des choses." Je me mets à tourner autour d'elle à nouveau. "Cela étant, ne sachant guère comment procéder dans ce genre de situation, j'ose espérer que vous avez au moins quelques idées." Privé d'un instinct affectif à la naissance, j'imagine que des personnes comme Noah n'auraient aucun mal à agir dans ce genre de situation... Afin de rompre un peu la glace, une première suggestion traverse mon esprit. Sans prévenir, je plonge souplement sur Athéna : une main sur la taille, l'autre sur l'épaule opposée et la voilà contrainte de pivoter sans le vouloir afin que je la bloque avec la même prise que tout à l'heure, une clé dans le dos et mon bras autour de sa gorge. Cependant, avant qu'elle ne proteste ou ne panique, ma voix s'élève avec une étrange douceur mêlée à une forme de dureté propre à celle d'un père plus exigeant que la normale. "Je ne vous veux aucun mal, restez calme." Je ne suis pas un de ces hommes ayant pu la molester, et je ne le serai jamais. Je raffermis ma prise puis j'approche ma bouche de son oreille. "Vous allez envoyer votre bassin en arrière contre le mien, votre coude prisonnier contre mon abdomen en le glissant vers le bas, et placer votre jambe gauche..." Joignant le geste à la parole, je défais mon bras autour de son cou et pose une main près de sa cuisse pour l'inviter à la bouger à l'extérieur de la mienne, sans pour autant la mettre mal à l'aise, puis reprend ma posture initiale. "... comme ceci. Et dans le mouvement, laissez vous glisser vers le bas pour vous libérer de mon bras autour de votre cou." Prêt à la laisser reproduire ce mouvement, j'attends et l'observe mettre ces conseils en pratique : rapidement, elle se retrouve libérée sans que je n'ai à m'obliger à être conciliant. De nouveau face à face, je l'observe en hochant la tête. "Même dans les meilleures prises, il y a toujours une faille, et elle tient souvent à la déstabilisation. Ne jamais rester immobile, mais toujours bouger de façon intelligente pour ne pas gaspiller votre élément de surprise." Je me remets en position et fixe Athéna avec intensité. Et ce conseil ne vaut pas uniquement pour les arts martiaux. "Vous pratiquez depuis longtemps ?" Peut-être que ce sujet est l'un des plus simples à aborder pour commencer un semblant de relation.
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MessageSujet: Re: i was beginning to think the best I could do was "frenemy". (joe) Dim 25 Jan - 18:29


Une forme de malaise est venue à s'emparer de moi. Enchaîner, coup sur coup, rien que pour faire mes preuves devant Joe Shark... c'est quelque chose qui ne m'est en aucun cas familier. J'opine de chef, bien heureuse de savoir qu'il ne me forcera pas la main dans l'immédiat pour rencontrer celle qui se trouve être ma grand-mère. Si la communication a eu du mal à passer lors de notre première rencontre, je trouve que pour une seconde rencontre, nous ne nous en sortions pas si mal que cela. Le tout était de savoir poser les mots, de mettre un frein là où il fallait en mettre et souligner des détails qui ne sont en rien à négliger. Comme quoi, rien n'est voué à l'échec entre nous. Nous devons tout simplement trouver un moyen de nous apprivoiser l'un et l'autre. Je garde un œil attentif sur mon père, qui vient tout juste de se remettre en marche, tournant une fois de plus autour de moi à la manière d'un félin prêt à dévorer sa proie. Je me contente cependant de soupirer, comme si j'étais mieux calée que lui dans ce genre de situation, bien que je tente de trouver une idée qui ne me donnera pas l'envie de l'achever en moins de temps qu'il n'en faut pour dire ouf au moindre faux pas qu'il fera. Mes lèvres s'entrouvrent et je m'apprête à poser une première suggestion lorsque finalement, Joe se jette sur moi, me faisant faire deux pas en arrière avant qu'il ne puisse m'agripper. En un quart de seconde, je me retrouve à nouveau prisonnière d'une emprise déjà perpétuée un peu plus tôt et qui a su me faire paniquer. C'est ce qu'elle produit à nouveau en moi, cette forme de stupeur incontrôlable qui fait battre mon cœur bien plus vite qu'il ne devrait. Je ferme les yeux, complètement paralysée par la situation et retient même un sanglot lorsque je sens le souffle de mon père sur mon oreille. C'est seulement d'une oreille distraite que je perçois chaque terme qu'il vient à prononcer et sursaute même au contact de sa main sur ma cuisse. Les paupières toujours closes, je tente de canaliser aussi bien mon souffle que les battements stridents de mon cœur. Il me faut plusieurs secondes avant de passer à l'action en exécutant chaque conseil offert par mon paternel pour me dégager de sa prise avec agilité. Au moment même où je lui refais face, je sais que mon visage trahi mon état d'esprit actuel, impossible de me contrôler et de me barricader derrière un mur d'acier comme je sais le faire. « Toujours ? Vous en êtes certain ? Encore faut-il trouver la combinaison idéale avant qu'il ne soit trop tard. » Mes jambes commencent à se dérober sous mon poids, si bien que je me vois au bout du compte contrainte de m'asseoir. Assez d'émotions pour aujourd'hui, je rends les armes jusqu'à la prochaine séance, fuyant au préalable le regard de Joe alors que je me sens plus que... faible. « Depuis... l'accident. », lui soufflais-je, presque comme si cette réponse s'avérait être un aveu difficile à révéler. Je me laisse tomber en arrière, à présent allongée sur le sol avec une main sur la poitrine, cherchant de la paume de ma main l'endroit où je peux cerner avec plus de précision chaque battement cardiaque, comme si cela pouvait m'aider d'une certaine manière à les calmer. « Mon frère pratiquait déjà bien avant que le drame ne survienne et j'ai toujours vu cela comme étant inutile, d'une certaine façon. » Je me souviens qu'il cherchait toujours à m'entraîner avec lui, mais qu'il n'a jamais réussi. Il avait tenté un entraînement à la maison, mais je l'avais toujours repoussé avec une facilité déconcertante. A présent, il ne se passe pas un jour sans que je ne regrette le fait de lui avoir toujours dit non. « Mais après ces évènements, je me suis dit que j'aurais mieux fait de le suivre. Cela aurait certainement pu m'éviter plus d'ennuis cette nuit-là. » Je détourne la tête, fuyant tout contact visuel avec Shark. Hors de question de l'avoir dans mon champ de vision alors que je suis clairement en train de m'ouvrir à lui. « Je pensais qu'en m'y mettant à mon tour, les choses s'arrangeraient, que j'aurais un peu moins peur de me confronter au monde extérieur après ça. Dans un sens, j'avais tort. » J'espérais trouver une sorte de courage dans la pratique des arts martiaux et une certaine dose de sécurité, pensant que je pourrais faire face à n'importe qui, mais il faut croire que certains traumatismes restent encrés en vous à tout jamais et que peu importe ce que vous tenter de faire, ils ne sont pas prêts à vous lâcher. J'ai été stupide de croire que mon frère m'aiderait à surmonter cette épreuve. Il est le seul être en qui j'ai confiance, le seul à pouvoir tout bonnement me faire traverser des épreuves plus difficiles les unes que les autres, mais jamais il ne pourra me mettre dos au mur et m'aider à combattre mes peurs les plus profondes. « Vous seriez prêt à m'en apprendre d'avantage ? Pas forcément dans l'immédiat, bien évidemment, mais par la suite... » Je pense avoir atteint mes limites pour ce premier entraînement imprévu en la compagnie de mon père et j'espère qu'il comprendra cette manière d'agir. D'une certaine manière, je doute que n'est pas Shark ceux qui osent baisser les bras, mais ceux qui viennent à repousser leurs limites. Je n'abandonne pas, au contraire, je juge tout simplement qu'il est temps de s'arrêter ici, pour le bien d'une relation que nous cherchions tout deux à entamer. « C'est peut-être d'une banalité affligeante, le père enseignant à la fille, mais sachez qu'à mes yeux, c'est une porte à ne pas fermer sur votre passage. » A lui de juger cette proposition. S'il venait à la refuser, évidemment que je serais déçue d'une certaine manière, mais je ne lui en voudrais pas pour autant.
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MessageSujet: Re: i was beginning to think the best I could do was "frenemy". (joe) Dim 1 Fév - 9:31



"Tout s'apprend, y compris ces combinaisons." rétorquai-je en la voyant me faire face de nouveau. Loin d'être aveugle, je ne suis pas sans remarquer qu'elle est en état de panique à peine sous contrôle, il n'y a qu'à l'observer s'asseoir en fuyant désespérément le moindre contact visuel. Les bras croisés, je demeure imperturbable. Combien de fois ma mère ou même Sophie m'ont reproché une forme d'exigence à la fois dure et détachée à l'égard de mes enfants ? Je n'y peux rien. Je ne peux pas dire que la réaction d'Athéna me réjouit, loin de là, mais au lieu de me précipiter sur elle pour lui acheter un chocolat chaud et la prendre dans mes bras jusqu'à ce que le gros chagrin ne disparaisse, je tient au contraire à ne pas plier et me montrer patient afin qu'elle s'endurcisse. Ouvert à la discussion, aucune des paroles de l'étudiante ne tombe dans l'oreille d'un sourd, bien au contraire. Accident. Chacun peut le voir de cette manière, les choses ont sans doute été trop traumatisantes pour oser les nommer pour ce qu'elles sont : un assassinat planifié. Athéna s'allonge en continuant enfin à s'ouvrir un tantinet sur ce qui pèse sur sa conscience, sur ce qui peut la faire paniquer dans une prise un tantinet étouffante. Je comprends davantage la raison de son besoin de s'entraîner avec son frère, il n'est pas question uniquement d'apprendre deux ou trois prises : elle ne veut plus être en position de faiblesse. C'est une revanche sur sa propre impuissance qu'elle recherche… typiquement Shark. En fuyant mon visage, elle ne peut voir le fin rictus qui étire le coin de ma bouche pendant une poignée de secondes. Pourquoi m'engager dans les services secrets, hormis mon pathétique amour de la patrie ? Parce qu'enfant, j'ai assisté à des scènes de violence conjugale que je n'ai pu empêcher. Parce que des terroristes m'ont retiré mon frère aîné. Parce que je me suis juré de ne plus jamais laisser qui que ce soit approcher ma famille sans le payer de sa vie, quitte à passer moi aussi pour un extrémiste. A sa proposition, je demeure immobile pendant une minute, puis je décide à m'avancer lentement en la regardant assise sur le sol. "Regardez-moi." Je ne dis mot jusqu'à ce qu'elle se décide enfin à plonger ses yeux dans les miens, malgré sa réticence. Si ma fille souhaite entamer une relation familiale, je refuse de la voir se dérober, quelque soit la forme de ses problèmes. "Vous apprendre à faire du vélo aurait été banal. J'imagine que ce genre d'enseignement n'aura rien de banal, étant donné les protagonistes." Je tends ma main et attends qu'elle tende la sienne à son tour pour l'attraper et l'aider à se relever. Une fois debout, je lui accorde pour la première fois un sourire qui, quoique très discret, se veut sincère. Il faut bien mettre son inhumanité entre parenthèses de temps à autres, n'est-ce pas ? "Ce sera avec plaisir. Disons une fois par week-end, afin de ne pas nous importuner l'un l'autre au cours de la semaine." D'ordinaire, j'aurais bien posé une condition en retour, ayant horreur de faire une faveur sans attendre quoique ce soit en échange, mais pour cette fois, ce sera tout. En outre, garder du temps pour elle au cours des week-ends me permettra de travailler sans avoir à me soucier de quoique ce soit pendant la semaine, idem pour elle au niveau de ses cours. Je regarde ma montre en rajustant élégamment le col de ma chemise. "Vous devriez prendre vos affaires rapidement, je ne tiens pas à ce que votre frère s'imagine quoique ce soit si je vous retiens davantage. Je vous attends dehors, à la voiture." Sans plus de cérémonie, je tourne les talons et reprend ma veste que je pose négligemment sur mon épaule en la retenant par le col. Au passage, je croise l'entraîneur de tout à l'heure qui détale de mon chemin en baissant la tête. Good boy. Une fois arrivé devant mon véhicule, je m'autorise enfin à pousser un long soupir de soulagement. Soulagement ? En effet, je dois reconnaître que malgré mon assurance affichée, une partie de moi avait peur de la réaction d'Athéna. D'une maladresse absolue pour les relations humaines impliquant une forme quelconque de sentimentalité, j'avais l'impression de marcher sur des œufs sans arrêt en voulant lui témoigner de l'intérêt, mais sans perdre toute dignité pour autant. J'entends les pas de la jeune femme derrière moi, j'ouvre donc sa portière pour la laisser s'installer avant de prendre le volant ensuite. La clé dans le contact, je démarre lentement, pas besoin de se presser. "Je n'ai guère eu l'occasion de vous demander les études que vous suiviez à Berkeley." Restons sur des sujets assez "simples" pour le moment, le temps de nous habituer au moins à communiquer. Sans nous lancer de piques, s'entend.
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MessageSujet: Re: i was beginning to think the best I could do was "frenemy". (joe) Dim 8 Fév - 15:54


L'espace de quelques instants, je lutte pour ne céder à sa requête, mais après un maigre soupir expiré, mes yeux noisette retrouvent le contact des pupilles azur de mon père. Tant bien que mal, je me tâche à faire bonne figure, même si je sais que je lui ai déjà laissé entrevoir une partie assez importante, et notamment submergée, de l'iceberg. Mon regard si scrutateur a clairement perdu de sa fermeté et dans ce dernier danse une pointe de tendresse, quelque chose de plus doux et qui en dit long sur une envie dissimulée de connaitre davantage cet homme qui me faisait face. Cet homme dont la main se tend et que j'accepte de saisir afin de me redresser. « Très bien, je n'en attendais pas plus. » Un maigre sourire se dessine sur mes lèvres, aussi éphémère, soit-il, mais démontre malgré tout que je ne suis pas indifférente face à cette forme d'attention. Je ne chercherais pas à lui courir derrière jour après jour, mais ne mettrais pas de côté la possibilité de prendre des nouvelles au moins une fois dans la semaine, aussi bien de lui que de ses enfants, afin de le voir en dehors de ces fameuses leçons à venir. S'il est capable de prendre un peu de temps pour moi, autant se dire que j'en suis capable d'en faire tout autant en retour. Hochant légèrement la tête, je tourne finalement les talons dans le but de regagner les vestiaires. Un rapide passage de mon visage sous quelques vagues d'eau, mes affaires récupérées dans la foulée et je rejoins Joe à l'extérieur de la salle, prenant un instant plus tard place à l'intérieur du véhicule. Mon regard se détourne pour mieux se perdre dans le vide : je suis clairement aussi mal à l'aise que la première fois où j'ai pris place sur ce même siège, près d'un mois plus tôt. « J'ai commencé à suivre des études en relations étrangères en Angleterre, et j'ai voulu les poursuivre ici. Spécialité... les services de renseignements mondiaux. » Je ne me daigne même pas à tourner la tête, mais je peux sentir ce regard si scrutateur et si... dérangeant se poser sur moi. Cependant, je ne bouge pas pour autant. Dans le fond, je me suis lancée dans ces études à des fins personnelles et non pas par véritable envie comme je ne cesse de le répéter. Fut une période où j'avais de tous autres projets qui furent abandonnés en un simple claquement de doigts. Par peur, essentiellement. Et aujourd'hui, j'étais tiraillée entre le fait de poursuivre sur la voie que j'avais choisie et le fait de revenir en arrière, sur ces projets qui m'avaient tant tenu à cœur pendant bien des années. « Vous êtes en train de me juger. », déclarais-je en posant mon regard sur l'homme installé derrière le volant. Ce n'était pas une question, mais bien une affirmation. « D'abord les arts martiaux, maintenant ça. Vous devez trouver ma vie fort pitoyable. » Non, il ne devait pas. Il la trouvait déjà. N'est-ce pas ce qu'il avait déclaré au moment où il m'avait fait face dans cette salle de sport ? « Rester bloquer sur des évènements qui se sont déroulés il y a bien des mois, qui n'ont duré qu'une poignée de minutes et ne pas pouvoir aller de l'avant... » C'était presque un refus, que de vouloir s'échapper de cet enfer dans lequel je m'étais enfermé depuis le drame. La solitude, la peur et tous ces ressentis qui ne cessent de me tirailler... Impossible de m'en débarrasser, ils font partie intégrantes de ma vie dorénavant. C'était une demande silencieuse de l'avoir à mes côtés que je lui faisais, cette envie de ressentir une forme de présence et de protection dont j'avais tant besoin. Je détourne la tête vers la vitre, laissant mes pupilles se promener sur le défilé de bâtiments qui se présentaient à moi. Si mon visage affichait cette dureté familière, il n'y avait cependant plus rien pour empêcher Shark de cerner les dommages que je cessais constamment de refouler. Maintenant que je m'étais, un tantinet, ouvert à lui, un peu plus tôt et en cet instant, difficile de ne pas poursuivre. Si mes termes sonnaient comme une complainte, pour moi, cela signifiait bien plus. Cela signifiait que je plaçais ma confiance en lui, que je lui laissais faire un pas dans ma vie sans le repousser, mais bien au contraire, en l'accueillant. Pour me cerner, il fallait comprendre la douleur que je ressentais. Mon esprit était marqué d'une souffrance bien trop pesante pour une seule et unique personne, un esprit déchirée et brisée que j'avais en vain tenté de ré-assembler sans le moindre succès. Des heures passées à tenter de recréer un esprit brillant qui se retrouvait dévasté à chaque fois et qui en ressortait de plus en plus affaibli. « Mais vous... agent du MI6, professeur, éditeur et père... comment faites-vous pour jouer sur tous les fronts ? » Il veut en savoir un peu plus à mon égard ? Très bien, mais c'est une information contre une autre information.
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MessageSujet: Re: i was beginning to think the best I could do was "frenemy". (joe) Dim 15 Fév - 11:26



La route de San Francisco se déroule devant nous et bien que je ralentisse délibérément l'allure afin de profiter d'un bref répit pour discuter avantage, je me dis que le temps aurait suspendu sa course quoiqu'il arrive. Il existe encore une solide barrière entre Athéna et moi, un rempart de glace que nous avons tous deux élevé et qui ne risque pas de fondre de sitôt malgré nos tentatives conjuguées. Méfiants et prudents, nous sommes deux créatures difficiles à apprivoiser. Je l'écoute toutefois d'une oreille relativement attentive, à plus forte raison que la portée de ses études n'a pas été choisie au hasard. Un sourcil circonspect arqué, mon regard s'arrache à la contemplation du paysage pour couler sur ma fille. Relations étrangères, spécialité en services de renseignements mondiaux. Rien de tout ceci n'est une coïncidence. Aucun son, pourtant, ne franchit la barrière de mes lèvres et je ne me décide qu'à la lâcher des yeux qu'au moment précis où les siens viennent à ma rencontre. J'essaye de comprendre la situation et je tente de dépasser la surprise qui m'anime… surprise car à mon sens, rien de tout ceci n'est surprenant. Athéna s'est peut-être renseignée à mon sujet, mais elle ne connaît pas le quart de ce que je suis réellement. Et elle n'a pas la moindre idée de la teneur de mes premiers engagements envers la nation britannique. Sûre de ce que je peux penser, l'étudiant assène une série de répliques qui n'ont que pour premier effet de dissiper toute trace d'émotion sur mon visage et durcir l'intensité de mon regard. Stoïque et fermé, je ne laisse rien transparaître, encore moins dans le ton détaché que je me décide à employer pour enfin lui répondre. "Juger et pitoyable ne sont guère les mots que j'aurais employé. Mais je vous laisse le soin de le présumer." Je jette un regard dans le rétroviseur intérieur puis je pousse un léger soupir sans rien ajouter de plus. Pourquoi me suis-je engagé dans le MI6 ? Le patriotisme n'est clairement pas ma motivation première. J'ai subi tous les tests et toutes les épreuves en m'accrochant à un seul espoir : éradiquer jusqu'au dernier membre de la famille de l'homme qui a abattu mon frère aîné, Bradford. Mon seul exemple, le seul modèle auquel j'ai toujours voué le plus profond respect jusqu'à sa mort. On m'a entraîné à être ce prédateur qui fait aujourd'hui fureur dans l'univers des businessmen, et je n'ai pu retirer qu'une immense satisfaction à voir le fils restant de ce satané Égyptien mourir brûlé et abattu d'une balle en pleine tête, planté par les mains à une table en bois par mes soins. Sous des dehors mesurés, une lueur assassine fait luire mes pupilles quelques secondes avant que je ne m'attarde à lui répondre sur ses propres interrogations. C'est de bonne guerre, et c'est sans pincement de lèvres que je consens à lui répondre. "Je n'ai pas obtenu tous ces… titres en même temps. Tout est une question d'ajustement de situation selon les priorités. Le fait d'avoir un temps partiel en professorat et d'être médiocre dans mon rôle de père n'est pas sans me faciliter la tâche, ceci dit." A m'entendre parler et observer mon air imperturbable, on pourrait croire à un ton plus que sérieux : il ne s'agit pourtant que d'humour anglais. Une chance pour Athéna, elle a grandi dans cette culture d'une langue aussi maîtrisée que l'attitude. Pendant un instant, je songe qu'elle a des talents de négociatrices qui feraient d'elle un agent hors pair… à ceci près qu'une partie de moi s'oppose catégoriquement à ce qu'elle prenne la succession de ses parents. Le sang de nos deux familles a suffisamment coulé, et un adversaire plus expérimenté saurait briser ses défenses érigées au-devant d'une arrogance qui, quoique remarquable, n'en demeure pas moins fragile. Elle l'a démontré tout à l'heure. J'enchaîne en tournant à un carrefour. "Je me suis engagé dans le MI6 peu de temps après mon service militaire, j'ai officié dans l'armée de l'Air. J'aurais d'ailleurs pu y avoir une belle carrière en tant que pilote, mais j'avais d'autres ambitions. J'ai donc mené de fronts mes études vers le monde de la littérature et de l'édition, ainsi que mon rôle d'agent. N'avoir aucune attache de quelque sorte fut un luxe pour obtenir les résultats escomptés." Sans trop en révéler sur mes intentions ou mon expérience, je juge utile de faire preuve de bonne foi en livrant quelques éléments de réponse à Athéna, ne serait-ce que pour lui témoigner de ma confiance, ou de l'intérêt que je porte à ce début de relation qui tente de s'ébaucher entre nous. "J'ai décidé de devenir professeur de littérature pour repérer rapidement les talents les plus prometteurs avant que d'autres éditeurs ne s'en emparent." Mais aussi pour surveiller l'université de Berkeley et ses ressortissants britanniques, mais hors de question d'avouer cet ordre de mission à ma fille. "J'ai appris l'existence de Connor très tard, huit ans après sa naissance. Au fond, hormis vous et Camille, je n'ai jamais eu conscience d'être père, je n'ai donc jamais eu à cumuler ce rôle. Aujourd'hui, il est vrai que tout ceci s'additionne, mais j'arrive à un stade où l'expérience me permet d'observer une rigueur suffisante pour ne négliger aucune de ces casquettes et redistribuer l'importance de chacune au mieux." Le contrôle. C'est le secret : je suis un maniaque de la domination, un obsédé de la mainmise sur le monde qui m'entoure. Au lieu d'attendre de voir venir, je prends toujours le taureau par les cornes afin de ne jamais rien laisser empiéter sur mes projets. "Et vous ? Jugez-vous toujours utile de poursuivre un tel cursus étant donné votre situation ? J'imagine que pour prendre de telles études, vous avez probablement renié d'autres aspirations qui vous tenaient à cœur avant que vos parents ne soient éliminés." Non, je n'y vais pas par quatre chemins. Tu es une Shark, ma fille, tu t'endurciras de cette manière : en appelant les choses par leur vrai nom.
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MessageSujet: Re: i was beginning to think the best I could do was "frenemy". (joe) Ven 20 Fév - 19:34


Si je sens très clairement que mon père lève actuellement le pied quant à sa conduite, je ne suis pas celle qui viendra à le souligner à haute voix. Bien au contraire, je ne fais rien pour le pousser à accélérer ou même pour lui indiquer la route à emprunter afin de me ramener chez moi. Je me demande d'ailleurs s'il n'est pas en train d'errer sur la route en espérant que, tôt ou tard, je vienne à lui indiquer le chemin. Un fin sourire fait brièvement son apparition sur mes lèvres là où n'importe qui aurait pu être outré par de tels propos. C'est avec grande attention que j'enregistre chaque mot prononcé à la suite par mon père et que je lui porte un regard dans lequel déferle, dans le fond, une faible vague d'admiration. Si je reste focalisée sur les paroles qui résonnent dans l'habitacle, cela n'empêche pas mon esprit de divaguer au même moment. Le monde autour de moi n'avait pas besoin d'être refait à neuf en étant plus juste ou moins désagréable. Chacun des moments, aussi désagréable puisse-t-il être, m'avait mené jusqu'ici, jusqu'à mon véritable père et il était à présent question de trouver ma place dans une réalité entachée et délicate. Une place, aussi minime puisse-t-elle être, à ses côtés. Mes pupilles viennent à s'assombrir assez rapidement, et ce, contre toute attente. Quelques petits mots que je déteste à entendre et refuse catégoriquement de prononcer. « Ma situation ? Quelle situation ? Vous parlez du fait d'avoir vu mes parents, agents, se faire assassiner sous mes yeux ? Ou peut-être du fait que je sois encore trop affaiblie et que je n'ai pas les épaules assez larges pour poursuivre dans cette voie ? » C'est sur un ton naturellement cassant et imperturbable que les mots franchirent la barrière de mes lèvres alors que mon regard restait posé sur le défilé de bâtiments en tous genres qui se déroulait au travers de la vitre. Cette manière agaçante de me braquer dés qu'un propos déplacé raisonné à mes oreilles, plus encore lorsque le sujet traite de mes défunts parentes. Le regard noir ayant rivé de Joe au paysage de San Francisco, j'en viens à me demander si ouvrir la portière de la voiture et me jeter au beau milieu de la route ne serait pas la pire idée de l'année. Un vague soupir m'échappe tandis que je ferme les yeux pendant quelques secondes. Garder mon sang-froid, maître-mot de cette histoire et qui s'avère être un cuisant échec. Tentant de retrouver mon calme, je tâche à me concentrer sur la question et les propos qu'il avait formulé avant de glisser ces quelques mots qui ont su avoir raison de moi. « Pour en revenir à ce que vous avez dit, oui, j'ai fait des sacrifices... » Ce ton, toujours aussi agacé et sec. Impossible de complètement m'en débarrasser, même avec toute la volonté du monde. Je ne sais pas à quoi il joue en mettant des mots sur ce sujet, mais concrètement, je ne peux m'empêcher de lui en vouloir. Mes parents... Et pourtant, l'un d'entre eux se trouve juste à mes côtés. Un peu de calme, Athéna. Je prends une profonde inspiration avant de reprendre d'une voix moins tranchante. « J'ai toujours voulu travailler dans le cinéma, devenir actrice depuis que je suis toute petite. Mais il y a eu d'autres évènements, survenus avant ce massacre qui m'ont fait réfléchir à deux fois quant à mes ambitions. » Ma voix a tressailli lorsque j'ai su mettre un mot sur ce qui c'est passé deux années en arrière. Je doute qu'un jour, je puisse en parler sans sentir cette boule pesante au creux de mon estomac. Me focaliser sur la cyber-intimidation dont j'ai été victime bien avant cela n'est pas non plus bénéfique. Des menaces, des coups tordus en passant aux multiples agressions physiques... voir ces souvenirs remonter à la surface n'était pas ce que je recherchais. Je me sens plus que déstabiliser et pour ne rien laisser paraître aux yeux de Joe, je fronce les sourcils sans jamais croiser le regard de mon père. « Tournez à gauche à la prochaine intersection. La première à droite et ça sera une cinquantaine de mètres après, une maison jaune sur la droite. » Il est temps d'arrêter de se promener sur la route San Francisco et de rentrer à bon port. Assez pour aujourd'hui. Si je veux bien passer du temps avec mon père afin d'apprendre à connaître ce dernier, je ne peux non plus me résoudre à abuser de son temps ou encore à trop dépasser certaines de mes limites. « Disons que je ne sais plus vraiment où j'en suis ces derniers temps. Par moment, j'aimerais lâcher prise et repartir sur ce que je rêvais toujours de faire, mais l'instant d'après... J'hésite. Je doute de vouloir un jour retourner sur cette voie. », soupirais-je finalement. Ce qui, autrefois, donnait un véritable sens à ma vie était aujourd'hui en train de m'effrayer. Parce que cette gamine, auparavant pleine de vie et ambitieuse, n'existait définitivement plus. Elle avait en parti disparu après avoir subi les pires humiliations dans son lycée et était définitivement morte la nuit où ses parents avaient été tués. A présent, il ne restait rien de plus qu'une femme anéantie qui cachait ses souffrances et ses faiblesses derrière une forme de force imaginaire.
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MessageSujet: Re: i was beginning to think the best I could do was "frenemy". (joe) Ven 20 Mar - 23:43

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