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i was beginning to think the best I could do was "frenemy". (joe)

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MessageSujet: i was beginning to think the best I could do was "frenemy". (joe) Lun 29 Déc - 16:24


« Alors, tu l'as revu ? » Un soupir de dépit s'extirpe d'entre mes lèvres, tandis que je lève les yeux au ciel tout en m'installant à peine dans la voiture de mon frère. Cette question, Oliver la répétait à chaque nouveau jour qui venait à s'offrir à nous dans cette ville. À peine grimpais-je dans sa voiture en sortant de l'université que cette simple interrogation résonnait dans l'habitacle, aujourd'hui restait un jour comme tous les autres, alors pourquoi échapper à cette terrible question qui m'exaspérait plus qu'autre chose. Mon demi-frère était au courant de tout, de cette altercation tant remarquable avec Joe Shark en personne, des semaines plus tôt, jusqu'au numéro de téléphone que ce dernier m'a laissé afin de le contacter si j'en avais besoin. Sauf que jusqu'à présent, je ne l'avais jamais fait. Et j'avais encore moins cherché à le croiser dans un couloir ou à le voir à la fin de l'un de ses cours. Pas mon genre, vraiment pas. J'avais clairement du mal à se faire tasser les choses dans mon esprit si embrumé, si bien que la meilleure des choses a faire restait de me tenir à l'écart de l'homme qui était mon véritable père. « Je prends ton silence pour un oui. » Mon regard se détourne de la route afin de se poser sur mon aîné, fronçant les sourcils. « Non, je ne l'ai pas revu. Je me demande encore pourquoi tu me poses la même question alors que tu sais très bien que tu auras la même satanée réponse. » A force, je ne me donne plus la peine de répondre à ce dernier, mais une part de lui semble espérer que je ferais un pas vers mon paternel. Ce n'est pas que je n'en ai pas envie, c'est juste que je refuse à nouveau de l'entendre juger les actes de ma mère, encore et encore. Et je ne veux pas non plus donner l'impression de vouloir faire partie intégrante de cette famille. La porte est ouverte, certes, mais le chemin pour l'atteindre reste encore long et semé d'embuches. Quelques minutes plus tard, après quelques instants passés sur la route et d'autres passés dans un vestiaire à enfiler une tenue plus adéquate qu'une paire de bottines et un chemisier, Oliver et moi, nous retrouvions en tenue bien plus contractée et adaptée à l'exercice auquel nous allions nous prêter. « Quand est-ce que tout ça va s'arrêter ? », lança mon aîné alors que je m'étirais avec précaution. Un maigre sourire se dessina sur mes lèvres face au désarroi de ce dernier. « Jamais. Sans doute. Ou du moins quand tu seras privé de tes deux jambes. » Son bras s'avance vers moi et par réflexe, je le saisis pour mieux le tordre, mettant une seconde plus tard mon frère à genoux dans un faible gémissement. « Ne va pas dire que t'as mal, ça serait mentir venant de ta part. » L'un face à l'autre, je le dévisage longuement. Mes doigts courent délicatement sur son avant-bras, glissant jusqu'à sa main alors que mon frère semble être des plus intrigues. Il tente une attaque que je contre en écrasant ses doigts, en tordant à nouveau son bras et en me plaçant derrière. Il n'est rien de plus qu'une marionnette à ma merci en cet instant. Je m'amuse de lui quelques secondes avant de relâcher mon emprise. « Tu n'es pas concentrée. » Haussant un sourcil, il se tourne vers moi et me regarde des pieds à la tête. « Je le suis, c'est toi qui ne l'es pas. » Après coup, je n'ai le temps que de sentir sa main sur mon bras que déjà, mon dos heurte le sol et me laisse presque paralysée. « Qu'est-ce qui te préoccupe tant ? » En me redressant, je me contente de fuir son regard et me retrouve à observer une ombre postée un peu plus loin. « Et si on rentrait ? Va prendre une douche et on se retrouve dehors. » M'observant pendant un moment, mon frère finit par rendre les armes sans poser la moindre question. Oui, mon esprit est plus que préoccupé ces derniers temps, notamment par l'homme qui se tient à quelques pas de là à peine. « Je pensais que vous seriez adepte du pas de nouvelles, bonnes nouvelles. J'ai visiblement dû me tromper quelque part. » Ironie quand tu nous tiens, mais Shark est la dernière personne que je m'attendais à voir en pareil lieu. Et même à voir tout court. Les mains posées sur les hanches, je baisse la tête, presque par intimidation d'être en sa présence. Cette sensation d'être suivie, voir même pistée, me provoque un sacré froid dans le dos et me ramène deux années en arrière, à cet instant où je courais pour échapper à des tueurs suivant ma trace. « J'ai toujours votre numéro, si c'est que vous vous demandiez. Le temps me manquait cependant pour une quelconque visite. » C'est ça, qui y croirait ?
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MessageSujet: Re: i was beginning to think the best I could do was "frenemy". (joe) Lun 29 Déc - 19:38



"Tu as un autre fils ? Il est comment ? Je peux avoir son numéro ?" J'écarquille les yeux par dépit en lisant un compte-rendu sur les dernières ventes du roman de Noah, non par inquiétude par rapport aux chiffres, mais plutôt en écho à l'attitude surexcitée de Marc. Mon ancien assistant, aujourd'hui rédacteur de mode, s'enflamme car j'ai malencontreusement lâché par pur incident que j'avais un autre enfant déjà adulte. C'est donc avec l'air blasé d'un chat méprisant l'humanité que je daigne lui répondre, sans même le regarder. "Elle s'appelle Athéna et je pense qu'il lui manque clairement quelque chose qui pourrait la rendre intéressante à tes yeux." Douche froide, Marc se laisse tomber sur le fauteuil de mon bureau, réservé aux invités, avec toute la théâtralité d'une diva sur le retour. Main sur le front, les yeux implorant le ciel, tout y est. Je referme le compte-rendu, satisfait de voir que mes finances se porteront encore à merveille pour le trimestre à venir. Après avoir refermé ma veste de costume, j'attrape mon manteau et mon écharpe. "Bon sang, où est encore passé Rayan ? – Je crois qu'il est parti chercher sa f… - En réalité, je m'en moque, je remarque juste qu'il n'est pas là. Tu lui diras que je veux voir les bilans comptables du secteur journalistique sur mon bureau demain matin à la première heure, et qu'il veille à ce que les préparatifs de la réunion de dix heures soient bouclés." Une fois mon écharpe passée, j'attrape ma serviette en cuir et je quitte le building d'un pas énergique. Il y a pratiquement un mois, une jeune femme blonde s'avérant être ma progéniture – d'où, ce terme ne sonne pas très "chaleureux" ? – s'est présentée à moi. Après un effort colossal pour ne pas la jeter sous un bus et enterrer son cadavre ni vu ni connu au fond d'une forêt polonaise, j'ai pris sur moi de ne pas reproduire les mêmes erreurs qu'avec Beni, jugeant préférable de faire en sorte qu'elle puisse avoir l'opportunité de mieux connaître sa famille biologique. Sur le plan personnel, je trouve cela encore très gênant, mais je ne nie pas d'emblée cette mince curiosité que j'éprouve à son égard. Au premier coup d'œil, j'ai vite remarqué quelques ressemblances d'un point de vue visant strictement la personnalité… Ce qui n'a pas été sans m'agacer et me rendre fier en même temps. Cependant, bien qu'elle ait mon numéro personnel sous la main grâce à un généreux don de ma part, elle n'a donné aucun signe de vie. Une semaine ou deux, passe encore. Je me suis posé des questions à partir de la troisième et, maintenant, j'ai décidé d'aller moi-même au devant des ennuis. Ou d'une seconde rencontre, appelez-ça comme vous le souhaiterez. J'ai donc pris ma voiture pour rallier l'université et la suivre de là. Un jeu d'enfant, c'est son frère qui la récupère et, machinalement, ils se rendent comme d'habitude à une salle de sport pour s'entraîner. Oui, je l'ai régulièrement suivie pour l'avoir à l'œil. Mauvaise pioche, je suis un père aussi distant émotionnellement qu'étouffant sur le plan de la sécurité. Je me gare à mon tour et arque un sourcil en me regardant de la tête aux pieds. Je ne suis guère en tenue adaptée, mais qu'importe : j'ai bien échappé à un attentat dans un costume sur mesure Hugo Boss à sept mille dollars, je peux parfaitement me rendre dans une salle de sport dans un autre complet d'une valeur similaire. Je franchis l'entrée et sourit de façon séductrice à l'hôtesse d'accueil qui, charmée, ne me demande même pas de partir me changer ou de payer une inscription pour avoir accès à la salle. A l'intérieur, je remarque plusieurs personnes sur des appareils de musculation, d'autres qui suivent un cours à part dans la salle… et ma fille, avec son demi-frère. Oliver, si mes souvenirs du dossier sont encore bons. Je m'attarde peu sur lui, fixant mon regard de glace sur Athéna qui ne met pas trop de temps à s'apercevoir de ma présence, non sans avoir rencontré le sol au terme d'une chute remarquablement bien exécutée. J'attends qu'elle congédie son frère pour approcher, les mains dans les poches de mon pantalon. "Je dirige une maison d'édition qui comprend plusieurs journaux… Et lorsqu'il n'y a pas de nouvelles, ce n'est jamais une bonne nouvelle." rétorquai-je avec un tact anglais qu'elle doit déjà connaître par cœur. Elle semble d'un coup assez gênée, chose dont je me satisfais presque ostensiblement. Après tout, elle est arrivée par surprise dans ma vie, elle m'excusera de me réjouir d'en faire autant dans son quotidien. "Je partirai plutôt sur un manque d'envie mêlé à une certaine appréhension de la situation au cas où vous vous seriez un peu trop attachée à la famille Shark, mais cette interprétation n'engage que moi." Ose me dire que ceci est un mensonge… navré, ma petite, mais nous avons malheureusement quelques points communs, toi et moi. Je monte sur le tapis et me plante devant elle, jusqu'à ce qu'une voix masculine ne se fasse entendre dans mon dos. "Pas d'chaussures sur le tapis, vieux." J'arque un sourcil en gardant mon regard étroitement fixé dans celui de ma fille. Comme si Satan s'étonnait qu'un de ses sujets se prenne à hausser le ton pour s'adresser à lui. Et sans avoir demandé audience au préalable. C'est donc sans prendre la peine de me retourner que je lui réponds. "Je vous conseille vivement de baisser d'un octave dans la portée de votre irrespectueuse bêtise si vous ne souhaitez pas rencontrer le tapis incessamment sous peu, misérable." Plus froid, ça s'appelle le Pôle Nord. Et encore, il est en train de fondre à cause du réchauffement climatique, alors que le ton que j'emploie, non. Le coach recule la tête avec un air stupéfait, je suis presque convaincu qu'il a à peine compris le quart de ce que je disais. Malheureusement, il fait l'erreur de poser sa main sur mon épaule pour me faire me retourner. Je pivote et le fixe droit dans les yeux, mon front pratiquement collé au sien. Imperturbable et sanguinaire jusque dans le fond de mes pupilles azur. Sans un seul mot, je lui fais comprendre qu'une parole supplémentaire signera son arrêt de mort. Le type recule rapidement et se ravise, reprenant son cours comme si de rien n'était. Je soupire sans le lâcher des yeux, puis je reviens à Athéna. "Je me suis dis que, peut-être, il serait bon que je fasse un pas dans votre direction, dans la mesure où vous avez fait le premier. N'y voyez là aucune forme de harcèlement, je peux tout aussi bien repartir. Cela étant, maintenant que je suis ici, j'imagine que votre frère ne vous en voudra pas s'il me voit en pleine conversation avec vous. N'est-ce pas ?" Je penche légèrement la tête sur le côté. Oui, il semblerait que ce cher Oliver soit juste derrière vous, jeune fille, et qu'il nous observe avec une serviette à la main, un peu interloqué.
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MessageSujet: Re: i was beginning to think the best I could do was "frenemy". (joe) Mar 30 Déc - 20:28


Si je suis surprise de voir Joe Shark se pointer dans la salle dans laquelle ? Evidemment, puisque cet endroit est tel un sanctuaire à mes yeux, un endroit dans lequel je pouvais venir me vider l'esprit à tout moment de la journée, un lieu où je me sentais en pleine sécurité. Oliver et moi, nous y rendions au moins deux fois par semaine, mais je m'y rendais également seule afin d'avoir un peu de temps à moi. Mais dans tous les cas, personne, encore, n'était venue me perturber de la sorte. Ce n'est même pas le costume sur-mesure et hors de prix ainsi que les chaussures impeccablement cirées qui frôlaient le tapis qui venaient à me perturber, mais bien sa présence. « Vous oubliez un détail : je ne suis pas l'un de vos journaux. » Les gens qui me forcent la main ? Trop peu pour moi et si Joe n'était pas mon père et si je n'avais pas une once de respect pour lui, il serait déjà hors de la salle ou allongé sur le tapis avec le souffle coupé. Finalement, il s'avère que cet endroit n'est plus un lieu si sûr que cela. Si je lui en voulais ? Évidemment, hormis les habitués de cette salle que je ne fréquentais en rien, mais que je me contentais de croiser, personne dans mon entourage ne savait que j'avais l'habitude de m'y rendre. Il me faut donc me rendre à l'évidence que Joe a mené en quelque sorte sa petite enquête, par quelque moyen que ce soit. Et cela me déplaît. Énormément. M'approcher de Shark n'a pas été chose facile, mais lui accorder ma confiance est une chose encore plus difficile à faire, autant dire qu'aujourd'hui, il vient de franchir une ligne qu'il n'aurait pas dû outrepasser dans l'immédiat. « M'attacher ? Alors que vous avez déjà montré une facette particulièrement désagréable de vous, que votre fils à la langue bien pendue pour un garçon de son âge et que les flammes de l'Enfer dansent dans les yeux de votre fille ? Sans façon. » Le portrait à charge de la famille Shark, rajoutez-y le manque de foi d'Athéna et vous aurez un sacré gratin. Mon regard reste posé sur l'homme qui se trouve être mon père, une idée à laquelle je ne me ferais probablement jamais à ce rythme, mes pupilles noisette se perdant dans cet océan bleu que reflètent ses yeux. Je ne me préoccupe même pas de l'homme se pointant dans son dos et venant à l'interpeller. En fait, il n'y a qu'un seul détail à souligner dans cette scène, mon sourcil arqué, tout comme le sien, raison de plus de baisser à nouveau la tête en m'humidifiant les lèvres. Au final, je lui ressemble un peu plus que ce que je veux bien admettre ou même croire. J'observe cette altercation entre le coach et mon paternel d'un œil presque amusé, pour ne pas dire admiratif. Dans le fond, j'ai toujours attendu d'un père cette force de caractère. Non pas que mon père adoptif était du genre à esquiver tout conflit, mais il n'était pas souvent présent pour que je le vois, autant dire que je ne le connaissais pas tant bien que cela. Si je ne peux qu'apercevoir le dos de Shark et son opposant faire un pas en arrière, je suppose de par le silence qui règne, qu'un simple regard a su faire rebrousser chemin à un sacré gaillard travaillant dans cette salle. Croisant les bras contre ma poitrine en redressant fièrement la tête au moment où toute l'attention de Joe se rive à nouveau sur moi, je suis contrainte de me retourner suite à ces dernières paroles. « Excellente question. » Oliver nous observe, son regard ne sachant plus sur qui se poser. Lui non plus, ne s'attendait pas à voir mon véritable père entre ses quatre murs. « Qu'est-c'que tu en penses ? », lançais-je à mon frère qui se montrait assez méfiant en cet instant. Il était tiraillé entre le fait de vouloir interrompre cet instant et rebrousser chemin. Difficile de choisir lorsque l'on veut à la fois protéger sa sœur et la laisser prendre contact à sa guise avec un homme qu'elle connaît à peine. Il hésite, mais mon regard se fait insistant. « Du moment que cette conversation ne tourne pas en un quelconque règlement de comptes et que vous me la ramenez saine et sauve après coup, je n'en voudrais à personne. », vient-il à annoncer à l'encontre de l'éditeur. Ce n'est pas tant qu'il m'en veut de parler à mon père, mais il en veut plutôt à Joe d'avoir le culot de se pointer ici. J'adresse un fin sourire à mon frère en guise de remerciement de ne pas s'initier dans pareil moment. « Fais attention à toi, tu m'appelles au moindre problème. » Ses sourcils se froncent le temps d'un instant, histoire de me faire comprendre que même s'il ne sera pas dans les parages, il accourra au moindre souci rencontré. « Tout ira bien, à toute à l'heure. » Un signe de la tête plus tard, et Oliver rebrousse chemin vers les vestiaires, me laissant à nouveau seule en compagnie de Joe. « Alors, comment avez-vous atterri ici ? Un mouchard dans ma poche ? Un homme payé pour me suivre ? N'allez pas me dire que vous vous êtes vous-même donné la peine de m'espionner. » Autant jouer cartes sur table dés le début, à l'image de notre précédente et première rencontre où le ton est monté d'un cran au bout de trente secondes à peine.
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MessageSujet: Re: i was beginning to think the best I could do was "frenemy". (joe) Mer 31 Déc - 8:04



Les flatteries sur le si beau regard de Camille n'y changeront rien, je constate qu'Athéna est encore en proie au doute sur le bien-fondé de sa démarche. C'est pour cette raison qu'il faut pouvoir jouer serré afin de ne pas non plus lui permettre de comprendre que j'éprouve à mon tour une sorte de curiosité à son égard maintenant qu'elle est dans le secteur. Tout était plus simple lorsqu'elle était loin, tenue dans le secret le plus absolu sur ma seule existence ou, pire, notre lien de parenté. Comment l'ignorer pleinement maintenant qu'elle est à San Francisco ? Je soupire, j'aimerai tant qu'on me retire ce maigre pourcentage d'humanité dont on m'a affublé à la naissance, cela aurait pu me faciliter grandement la tâche. Toujours est-il qu'avant de prendre la moindre décision, je fais remarquer la présence du frère de la jeune femme dans son dos. J'arque un sourcil en le détaillant des pieds à la tête avec un snobisme directement hérité de mes ascendants britanniques. De bonne constitution, mais trop cavalier à mon goût dans son attitude. "Je n'ai guère de comptes à régler avec une enfant sur un tatami, au risque de vous surprendre." lâchai-je avec une ironie légèrement désespérée. Quels griefs pourrais-je avoir à l'égard d'une jeune femme qui, pour l'heure, ne m'a rien fait d'autre que l'affront de naître ? Aucun, donc elle n'a pas de soucis à se faire. Je croise les bras sur mon torse sans lâcher Oliver des yeux, signe que je ne suis en rien gêné ou impressionné par sa présence. J'attends d'ailleurs qu'il ait véritablement quitté la salle pour détacher mes prunelles de son dos afin de fixer Athéna de nouveau. "Charmant, votre frère. Je n'imaginais pas qu'à votre âge, vous ayez encore besoin de la surveillance d'un adulte responsable." Une Shark doit savoir se débrouiller par ses propres moyens... Et la pousser à bout me semble être une tactique recevable pour tester sa propension à l'indépendance, encore plus face à un homme qu'elle n'apprécie encore que peu, soyons honnêtes. "Ne vous jetez pas de fleurs trop vite, je n'irai pas dépenser une fortune dans un dispositif de traçage ou déranger un professionnel pour quelque chose qui s'avère être un jeu d'enfant." Oui, j'ai pris la peine de la suivre, mais je ne l'admettrai pas pleinement. Je préfère de loin dévier ses sarcasmes dans sa direction. "Votre frère et vous êtes des créatures routinières, faciles à pister. En quelques heures tout au plus, j'ai envisagé la majeure partie de votre quotidien. Si je reconnais avoir gaspillé ce temps à vous connaître, je n'en suis pas moins navré de constater que vous n'avez pas une vie particulièrement... captivante." Un mince sourire en coin, ironie moqueuse, se dessine au coin de ma bouche tandis que je me débarrasse de mon manteau, de ma veste de costume et de mes chaussures ainsi que de mes chaussettes. Alors que je retrousse les manches de ma chemise soigneusement jusqu'au coude, je poursuis sur ma lancée. "Si mes calculs sont bons, votre frère va commander votre repas chinois. Après tout, nous sommes mercredi." Effrayant, non ? Ce n'est pas à un agent de plus de vingt ans d'expérience qu'on va la faire à l'envers. Une fois de retour sur le tapis, je me place face à l'étudiante que j'observe de haut, sans sourire. "Puisque vous avez le temps et la bénédiction de votre aîné, pourquoi ne pas mettre ce temps à profit ? Vous êtes distraite ces derniers temps, alors maintenant que je suis ici, discutons." Je me mets en garde et j'attends un mouvement de sa part. Oui, c'est avec votre vieux père que vous allez vous entraîner, jeune fille. J'affiche un regard déterminé et glacial, de quoi faire naître en elle l'envie de se surpasser pour rompre cette distance blasée qui s'est instaurée en quelques secondes. Je ne remets pas ses compétences au combat en doute, loin s'en faut, j'ai même plutôt hâte de savoir ce qu'elle cache. Pour avoir moi-même participé à l'endurcissement de Benedikt, je brûle de savoir si toute jeune femme qu'elle est, Athéna mérite d'être associée à cette divinité grecque ou non. Mes poings se referment, l'un en face de l'autre, les pieds ancrés dans le sol. Give me your best shot. "Pourquoi ne pas avoir appelé ? Nul ne vous jugera si vous avez simplement... peur." Provocation ? Si peu.
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MessageSujet: Re: i was beginning to think the best I could do was "frenemy". (joe) Ven 2 Jan - 20:46


Mieux vaut ne pas se fier aux apparences. Si Oliver peut paraître comme le preux chevalier en cet instant, il peut très bien se transformer en une véritable machine de guerre en un quart de seconde à peine. L'impulsivité n'est pas ce qui lui manque, d'où le regard noir que je peux lire sur son visage. Calmer cette envie de meurtre qui doit tournoyer dans son esprit reste en fin de compte un véritable jeu d'enfant. Sans doute suis-je la seule à pouvoir le canaliser de la sorte. Si je ne veux pas m'interposer entre les deux, je ne veux pas non plus entendre quoi que se soit à l'égard de ce puissant lien qui nous lie. « Ma relation avec mon frère ne vous regarde en rien. », sifflais-je subitement tout en adressant un regard noir à l'encontre de Joe. Oliver a tout fait pour m'aider là où d'autres m'ont laissé sur le côté. Il a été le premier à prendre ma défense des années en arrière, alors qu'on m'avait harcelé au cours de mon adolescence, le premier à me protéger des autres et à me soutenir alors que j'étais au plus mal. Ces années avaient été douloureuses et tandis que je perdais amis et popularité, mon frère est resté à mes côtés. Plus encore suite à la mort de nos parents. Il n'était pas là, cette fameuse nuit où leurs vies leur ont été prises, mais je sais qu'il n'a jamais cessé de s'en vouloir et que pour se racheter, il agissait de la sorte. En véritable chevalier, prêt à me protéger contre vents et marées. Et j'en ai pris goût. Il m'a donc suivi, Joe Shark a donc cherché à me connaître d'une certaine manière et j'en suis la première étonnée. Je ne pensais pas qu'il se donnerait tant de peine à mon égard, pas après une première rencontre plus ou moins catastrophique. Pourtant, c'est ce qu'il venait d'avouer et comment ne pas tressaillir face à pareilles révélations. « Peu importe, je mène ma vie comme bon me semble et non comme vous la voulez. Captivante ou non, elle ne vous regarde en rien. » Tout du moins, pas pour le moment, parce que je refuse qu'il fasse partie intégrante de ma vie dans l'immédiat. Haussant un sourcil, j'observe méticuleusement le moindre de ses gestes, assez étonnée de le voir retirer quelques vêtements et retrousser un instant plus tard les manches de sa chemise. Aucun mot n'est prononcé, je le laisse s'exprimer tout en analysant ses moindres faits et gestes, fronçant finalement les sourcils alors que l'éditeur semble avoir une idée bien précise en tête. « Vous appelez ça discuter ? C'est une caméra cachée, rassurez-moi ? J'ai un minimum de respect à votre égard, vous mettre au tapis n'est pas nécessairement dans mes projets. Même si cela ne me dérangerait en rien, inutile de vous le cacher. » Les mains postées sur mes hanches, je refuse très clairement cet affront. Si je ne l'apprécie pas tant que ça, je ne vois aucune raison apparente à engager les hostilités. À quoi joue-t-il donc ? Sans doute doit-il vouloir me mettre à l'épreuve, d'une quelconque manière que se soit, mais autant dire que son plan de croisade est voué à l'échec, il m'en faudra bien plus pour plier et lui offrir ce qu'il recherche. « Et ça serait dommage pour votre chemise et votre pantalon qui semblent hors de prix. » Je fais quelques pas de côté, tout en mettant un peu plus de distance entre nous, non sans lâcher mon paternel du regard. Ne t'avise même pas de m'approcher et de me toucher sans mon approbation, tu risques de le regretter. Il ne faut pas croire que je me bats par simple plaisir, juste pour pouvoir attaquer les autres à ma guise, non, loin de là. J'estime avoir assez enduré ces dernières années, placée en victime à la merci des autres sans pouvoir me défendre. Ces étudiantes qui m'ont physiquement agressé et qui ont laissé des marques sur mon corps pendant des mois, sans compter ses tueurs qui ont su faire bien pire de moi et qui ont marqué mon âme à tout jamais. Hors de question de basculer à nouveau dans ces cauchemars. « Je n'avais pas peur, c'est clair ? Je n'avais tout simplement rien à vous dire et je n'allais certainement pas appeler afin de prendre des nouvelles qui ne m'intéressaient guère. », lançais-je sur un ton sec et détaché tout en faisant à nouveau face à Joe. Et non, je ne cherche toujours pas l'affront, mais je vais te donner une bonne raison de continuer l'affront que tu mènes. « Vous avez quand même une sacrée dégaine. Malgré votre âge avancé. » Si tu crois être le seul à être capable de jouer la carte de la provocation dans cette histoire, tu te trompes grandement.
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MessageSujet: Re: i was beginning to think the best I could do was "frenemy". (joe) Sam 10 Jan - 12:04



J'opine du chef, conscient que je n'ai aucun regard à porter sur la relation qu'Athéna entretient avec son demi-frère. Et pour tout dire, cela m'arrange dans la mesure où je ne me soucie pour ainsi dire presque jamais de la vie sociale d'autrui. Néanmoins, je ne peux m'empêcher de lui adresser un regard sensiblement amusé par son comportement à mon égard. De l'intimidation ? Sérieusement ? C'est adorable, mais cela ne prend pas avec moi, jeune fille. Une fois en position sur le tapis, j'attends qu'elle se décide à réagir face à cette invitation muette à partager un entraînement à deux. Elle refuse, elle se dérobe. Je me mure dans l'immobilité sans la lâcher des yeux, aucune forme de sourire ne vient à fissurer le masque détaché que je lui offre. "Votre esprit conciliant me touche, mais j'espérais ne pas avoir engendré une fille aussi… précautionneuse." Ce qui pourrait être une qualité sonne étrangement comme une moquerie et un défaut dans le ton que j'emploie pour m'adresser à elle. Ajoutez-y une brève lueur de jugement, assez pour lui faire comprendre que je n'attends pas de traitement de faveur, mais que je n'ai pas non plus peur de l'affronter. Il n'est pas question de faire la démonstration de nos talents respectifs, chose dont je ne doute pas lorsque j'observe sa silhouette et le détail de ses muscles fins, mais plutôt de trouver un terrain propice à un échange qui se veut moins gênant et formel que ce que nous aurions peur d'affronter. Se mettre simplement à une table en face à face ne nous ressemblerait pas… ceci l'est davantage. "Un manque d'intérêt, n'est-ce pas ? Pourtant, vous auriez pu repartir avec votre frère." Je rebondis sur ses mots, peu impressionné par son attitude qui se veut de plus en plus préventive. Elle se cache derrière l'indifférence… Classique de la famille. C'est assez perturbant, quand j'y pense. Mes pupilles azur ne la lâchent pas tandis que j'avance doucement dans sa direction comme si j'approchais d'un mur qu'un coup de tête suffirait à démolir. "Mon âge avancé pourrait encore vous surprendre." lâchai-je, les dents serrées et le regard légèrement plissé. Attaquer Joe Shark sur son âge, gravissime erreur. Je suis très susceptible à ce sujet. Et cela n'a rien à voir avec une double carrière au sommet, une famille plus nombreuse que prévu, et une compagne de vingt ans ma cadette… J'ai mis au tapis plus d'ennemis de la nation britannique qu'elle n'a jeté d'opposants dans ses entraînements de clubs de toute sa vie, alors à d'autres. Une fois près d'elle, je la considère de haut, sans aucune forme de compassion, puis j'agis avec une vivacité redoutable : je saisis son poignet, la fait tourner et enserre son cou de mon bras libre. Une clé dans le dos, je la force à se courber vers l'arrière pour l'empêcher de se servir de ses jambes à des endroits que j'aimerai conserver intacts. Bien que je ne souhaite en aucun cas lui faire du mal, je tiens juste à marquer un premier point. "Et les gens ont coutume de trouver la jeunesse créative ou surprenante… c'est décevant." Je la repousse en avant en relâchant ma prise, puis je me remets en position comme si de rien n'était. Seul un fin sourire hante mon visage. Ce sourire, je le porte depuis des décennies. Il en a déstabilisé plus d'un, et en toutes circonstances. "Bien, alors puisque vous ne souhaitez pas être loquace pour l'heure, je vais commencer." Je tourne lentement autour de la jeune femme, sans la lâcher des yeux. Fier comme un tigre jouant avec sa proie, sûr de lui. Juste ce qu'il faut pour la piquer dans sa fierté. "J'ai trouvé le temps de penser à vous et à ce que vous êtes venue chercher à San Francisco. Je suis convaincu qu'au fond, vous ne souhaitez pas seulement mettre un visage sur un nom, autrement vous seriez déjà partie poursuivre votre vie ailleurs. En réalité, vous souhaitez apprendre à me connaître, ainsi que la famille Shark que vous venez de découvrir, mais sans oser l'admettre. C'est compréhensible, peut-être même encore trop frais pour parvenir à un résultat probant. Toutefois, vous ne me ferez pas croire que vous ne portez aucune forme d'intérêt ou de curiosité à l'égard de votre branche paternelle. Plus maintenant, en tout cas." Depuis que sa famille avait été massacrée et qu'il ne lui restait que son frère, j'étais certain que sa part encore "enfantine" cherchait un soutien, même lointain. Un soutien que son frère seul ne pourrait pas lui apporter. Sans parler d'une relation idolâtrée, une présence suffirait dans un premier temps. "Aussi cavalier que cela puisse-t-être, je reconnais que j'ai envie d'en savoir plus sur vous. Appelez cela l'instinct paternel, bien que je pense en être parfaitement dépourvu, mais les circonstances ont fait évoluer ma mentalité à ce sujet. Reste à savoir si vous vous pensez de taille à le reconnaître et aller doucement en ce sens." Je m'arrête et ne bouge plus, attendant un mouvement ou une parole. Voire les deux.
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MessageSujet: Re: i was beginning to think the best I could do was "frenemy". (joe) Dim 11 Jan - 13:36


Toutes ses paroles n'ont pas le temps de m'atteindre que déjà, elles sont balayées d'un simple revers de main. J'ai encaissé bien plus qu'il n'y parait en une vingtaine d'années, de quoi défier l'autorité de n'importe qui, y compris celle de Satan en personne. Ainsi, je ne rapplique pas, je me contente de le fixer avec une façade de marbre sans doute propre aux Shark. Pas un seul sourcil ne se hausse lorsque Joe fond sur moi, hors de question de lui donner le plaisir de me voir trembler ou tomber sur le sol par simple crainte de le voir avancer dans ma direction. Cependant, je reste sur le qui-vive, parée à toute éventualité... Ou presque. Enfermée dans cette prise à laquelle Joe vient tout juste de me soumettre, certaines images et certains sons ne tardent pas à refaire surface sur les bords de mon esprit. Une fraction de seconde plus tard et de mes yeux s'échappent quelques larmes tandis que j'essaie de me débattre de cette emprise maintenue par Joe. Je me revois, pendant un instant, à nouveau à la merci de ces hommes ayant massacré mes parents sous mes yeux, ces mêmes hommes qui ont su abuser de moi et qui ont marqué mon âme à tout jamais. Malgré les mois écoulés, il m'est encore impossible de passer au travers de ces évènements traumatisants. Je pensais néanmoins être parvenue à apaiser certaines tensions, mais aucun doute que Shark venait de ruiner des semaines et des semaines d'efforts à néant. Finalement repoussée, je garde la tête baissée et fuis très clairement le regard de l'homme, cherchant par tous les moyens de protéger l'état dans lequel je viens d'être mise. Malgré tout, je n'en reste pas moins vigilante, bien au contraire. Le prochain affront sera détourné sans une once de pitié, quitte à lui tordre un bras ou lui casser une jambe. Écoutant chaque propos coulant d'entre ses lèvres, je peux sentir une très nette rage me consumer alors qu'il parade autour de moi. Les mots déferlent à une vitesse susceptible de me faire perdre la tête, mais je reste focalisée sur les moindres mouvements que pouvait faire Shark, essuyant au passage les dernières perles d'eau présente sur mon visage avant de redresser ce dernier à peine s'arrêta-t-il aussi bien de parler que de bouger. « Vous voulez en savoir plus sur moi ? Alors voilà un détail croustillant qui vous servira à l'avenir et qu'il vaudrait mieux pour vous de ne pas oublier. Ne vous avisez plus de me toucher. » Sans plus de cérémonie, ma main saisie son poignet afin de tordre son bras et la paume de ma main libre se presse autant que possible contre son omoplate, le contraignant à se retrouver face contre le tapis en une seconde à peine. Un genou placé sur son dos pour le garder immobile et son bras toujours contorsionné sans pour autant chercher à lui faire mal à mon tour, j'en profite pour placer quelques mots. « Alors oui, vous avez probablement raison. Peut-être que je suis animée par une sorte de curiosité à votre égard. Peut-être que je veux à mon tour apprendre à vous connaître, vous tout comme cette part de famille qui me reste. Mais n'allez pas me le reprocher. Et n'allez pas non plus me blâmer pour ne pas sauter dans vos bras afin de tout savoir sur vous. » Le lâchant, je finis par me redresser en faisant deux pas en arrière afin de lui laisser l'opportunité de se redresser. Cette fois, c'est parti, je suis aussi bien prête à me défendre qu'à l'attaquer.  « Un autre point, j'ai horreur que l'on me piste, que l'on me suive ou appelez ça comme vous voulez. Si vous voulez la moindre information, adressez-vous directement à moi au lieu de jouer à l'agent sur le retour. » Cette manière d'agir ne m'aide aucunement à vouloir faire un pas dans la direction de Shark, bien au contraire, j'en ferais plutôt deux en arrière, si ce n'est plus. Malgré tout, il y a un détail qui me pousse à rester ici, à vouloir de sa présence continuellement sans pour autant le lui montrer ou le lui faire comprendre. Si Oliver avait su assurer ma sécurité depuis le meurtre de nos parents, je me devais d'admettre qu'il ne me suffisait plus ces derniers temps. Il y avait un petit je ne sais quoi qui me manquait à ses côtés, un point que je trouvais cependant en la présence de mon paternel. Même si je refusais de me l'admettre. « Mais si vous y tenez, poursuivons donc sur cette voie. Vous n'auriez pas dû venir ici. Encore moins vous comporter de la sorte. Je ne sais pas à quoi vous vous attendiez, peut-être à quelques confessions, mais vous n'aurez rien de plus que ce que je viens de vous offrir jusqu'à présent. Comprenez donc que votre entêtement ne vous mènera à rien avec moi et que cela ne fera que mettre une certaine distance entre vous. Et après vous avoir écouté, ce n'est visiblement pas ce que vous souhaitez. » Je pourrais très bien partir maintenant et chercher à le fuir, mais au fond, je reste intriguée par ce que je ressens au plus profond de moi. Ce presque sentiment de sécurité malgré cette situation peu commune.
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MessageSujet: Re: i was beginning to think the best I could do was "frenemy". (joe) Sam 17 Jan - 10:07



Bien qu'elle cherche à fuir mon regard, je ne suis pas sans remarquer qu'une larme a coulé le long de sa joue. Aucune forme d'émotion ne vient altérer le marbre qui recouvre mon visage, mais je ne suis pas sans m'interroger sur la raison de cette réaction. Sans prétendre la connaître sur le bout des doigts, j'augure que le traumatisme du meurtre de ses parents et des sévices infligés par ceux qui ont choisi de s'en prendre à elle ne sont pas effacés, loin de là. Sans m'arrêter de tourner autour d'elle, j'attends une réaction, et j'imagine qu'elle sera bien plus virulente que les piques qu'elle a pu m'envoyer jusqu'ici : je ne suis pas déçu lorsqu'elle esquisse un rapide mouvement dans ma direction. Allongé au sol, je sens son genou s'enfoncer contre ma colonne vertébrale et mon bras inutilisable. Un sourire point au coin de ma bouche. Bien, jeune fille, tout espoir n'est donc pas perdu. Je l'écoute sans me débattre une seule seconde, fronçant les sourcils. Si quelques années plus tôt, j'aurais expédié Athéna au fin fond d'une tribu perdue en Afrique pour être certain qu'elle ne s'approche pas des Shark, jamais il ne me viendrait désormais à l'esprit de lui reprocher de vouloir apprendre à connaître sa famille. Je me relève une fois libéré de sa prise puis j'époussète mon pantalon en la regardant droit dans les yeux. Horreur qu'on la piste ? "Amusant que vous me reprochiez une tactique d'approche que vous avez-vous-même effectuée afin de me retrouver." Sans me suivre à distance, elle s'est renseignée sur mon compte et a rassemblé les informations nécessaires pour me mettre la main dessus. Si nous ne nous étions pas rencontrés par hasard à ce bureau administratif, je suis convaincu qu'elle aurait avant tout cherché à me suivre avant de m'aborder de front. Pas à moi, je sais à peu près comment certaines choses fonctionnent dans cette petite tête blonde. J'accuse ses paroles sans broncher, puis je me décide enfin à répliquer en la fixant droit dans les yeux, avançant mon regard comme un iceberg se placerait en obstacle inévitable sur la trajectoire de l'étudiante. "Bien, j'accepte de reconnaître un certain manque de tact de ma part. Cela étant, je n'y aurais pas eu recours si vous aviez au moins eu la présence d'esprit de me faire remarquer toute ces choses que vous venez de dire au préalable. Cela m'aurait épargné une perte de temps et de carburant." Le ton est aussi sec que glacial, dissimulant un fait aussi banal que "honteux" à mes yeux : je me suis tout bonnement inquiété pour celle qui s'avère être ma fille. Les lèvres pincées, j'avance lentement en direction d'Athéna, laissant planer le doute sur mes intentions. Attaque ou non ? "Vous devez déjà vous en douter, mais je suis un père relativement peu compétent. Je laisse cette qualité à tous ces misérables qui se complaisent dans une vie de pépère pantouflard. J'exècre la sentimentalité, parfois au détriment des besoins de mes propres enfants, et j'imagine que ce n'est désormais pas un secret pour vous." Malgré mes quelques efforts pour compenser la perte de Sophie, j'ai évidemment remarqué que Connor manquait souvent de cette présence plus douce et plus attentive. "Je ne sais tout simplement pas… comment m'y prendre. Je sais mieux parler à mes employés qu'à mes propres enfants, il m'a fallu au moins un an pour pouvoir m'adresser à mon fils aîné comme à un véritable fils. La vie n'a pas été évidente pour vous ces derniers temps, et je ne sais absolument pas comment vous aborder sans vous… déranger." Moment historique : Joe Shark confesse qu'il veut apprendre à connaître quelqu'un sans avoir d'intérêt égoïste à la clé. Mieux encore, il fait attention d'une certaine manière à la vie de quelqu'un d'autre que lui. Je soupire, puis je pose mes mains sur mes hanches, ne souhaitant pas toucher Athéna pour l'instant, puisqu'elle l'a expressément demandé. Planté juste devant elle, je la toise, mais sans animosité. Je renvoie l'image d'un homme qui ne se laisse pas atteindre par quoique ce soit, mais capable de poser un regard attentif à sa fille. Pas encore doux, mais juste un brin soucieux. "Je veux que vous soyez certaine qu'à aucun moment, il ne vous sera reproché de vouloir apprendre à connaître votre famille paternelle. Je ne peux vous garantir non plus une relation père-fille aussi idyllique que dans ces stupides sitcoms, mais j'ose espérer que ce n'est pas non plus ce que vous cherchez." Les gros câlins, je préfère encore me faire éviscérer en place publique plutôt que d'avoir à y céder. Dans un léger soupir, je regarde autour de moi, puis j'en reviens à Athéna. "Dites-moi seulement quoi faire. J'imaginais pendant un instant vous proposer de m'accompagner à Londres afin de rencontrer votre grand-mère qui, à mon sens, a toutes les chances d'être la mieux placée pour vous offrir ce que vous semblez rechercher : un point de départ." Quiconque a déjà rencontré la matriarche Shark, alias la Mère du Démon, peut s'estimer heureux car elle est l'une des seules femmes que j'ai passé ma vie à protéger envers et contre tous. Je me souviens que sa rencontre avec Beni a été, et de loin, l'une des meilleures choses à faire pour entamer notre relation père/fils, je me suis alors figuré que cela pourrait aussi être un déclencheur pour la jeune femme. Ma mère a toujours su s'y prendre avec son fils et ses petits-enfants, garante d'un équilibre que j'ai parfois un mal fou à ordonner en raison de mon incompétence affective avérée. Je me remets en position, attendant un mouvement de la part d'Athéna, maintenant que j'ai pu lui présenter les choses sous un angle sensiblement différent. "Bien sûr, vous n'êtes obligée en rien. Cela dit, c'est pour l'heure la seule idée qui me soit venue… J'ai peur que nos confrontations directes ne soient pas réellement constructives, du moins jusqu'ici." Un médiateur, c'est peut-être ce qu'il nous faut au départ, tout du moins. J'attends néanmoins l'opinion d'Athéna à ce sujet.
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MessageSujet: Re: i was beginning to think the best I could do was "frenemy". (joe) Dim 18 Jan - 19:16


C'est pratiquement un sourire malsain qui fait irruption sur mes lèvres suite à sa remarque. Je ne le soulignerais pas à haute voix, mais il semblerait bien que nous avions plus de points communs que ce que nous pouvions  admettre ou bien même espérer, des ressemblances qui ne nous aident pas à nous rapprocher pour autant, ceci dit. D'accord, j'ai moi aussi décidé de pister Joe avant notre rencontre hasardeuse sans lui demander une quelconque approbation et sans même qu'il ne sache que je suivais ses pas. Raison pour laquelle je ne rapplique pas, il a totalement raison. Face à son ton glacial, je fronce cependant les sourcils. « Comme si cela vous dérangez en fin de compte. Vous avez vous-même dit que vous souhaitez en savoir plus sur moi, sans quoi vous seriez déjà parti et vous n'aurez même pas pris la peine d'ôter votre veste. » Je ne le retiens après tout pas. Si l'éditeur et professeur souhaitait passer son temps autrement qu'en la compagnie de sa fille, que grand Dieu lui fasse, je n'avais après tout pas sollicité sa présence. Il était venu de son plein gré et avait décidé d'y rester. Lorsqu'il avance en ma direction, mes genoux se fléchissent légèrement et mes poings remontent quelque peu, parée à une attaque qui, en fin de compte, n'arrive pas. Je baisse alors quelque peu ma garde, pas complètement tout de même, afin de me concentrer sur chaque mot prononcé par l'homme me faisant face. Mon regard reste ancré dans ses pupilles bleutées, refusant de lâcher ces dernières tandis que je garde le silence. Que pouvais-je rappliquer alors que je ne savais pas moi-même comment il était possible de m'aborder dans pareille condition. Sans doute un travail à faire sur moi-même avant de lui donner la clé de la réussite. Je prends peu à peu conscience de sa véritable envie à faire un pas dans ma direction, tandis que de mon côté, je ne cesse de mettre des barrières entre nous afin de ne pas le laisser s'approcher de trop près. Peut-être serait-il tant de les faire tomber et de lui donner l'opportunité de faire un véritable pas en ma direction plutôt que de continuer à faire du sur-place. « Si vous parlez d'une quelconque démonstration d'affection, embrassade, accolade, journées shopping où votre carte bancaire fumerait ou peu importe quelles autres idioties dans le genre... Trop peu pour moi. Vous n'avez pas à vous en faire de ce côté-là. » Pour le moment, je ne veux même pas lui dévoiler ce que je cherche en me trouvant à ses côtés. S'il m'a abandonné, j'estime malgré tout qu'il ne me doit rien. Tout du moins, pas pour le moment. Sauter à pieds joints dans sa vie n'est après tout pas l'une de mes priorités. Bouche-bée, j'ai l'impression de sortir tout droit d'un cauchemar en l'entendant à nouveau. Après ses enfants, il s'agit de sa mère ? Sérieusement ? Je n'étais déjà pas très enchantée, dans le fond, à l'idée de lui faire face à un moment donné, alors encore tomber nez-à-nez avec ce qu'il me reste de famille... Un maigre rire franchit la barrière d'entre mes lèvres, comme si nos rencontres avaient, après tout, été nombreuses. Comme s'il était possible d'arranger une telle situation en quelques heures à peine. Ma jambe s'élève alors dans les airs, mon pied proche de heurter son estomac, mais c'était sans compter le mouvement de côté perpétué par Joe qui évite ainsi le coup. Je ne reste cependant pas sur ma faim et enchaîne en glissant une jambe derrière la sienne, portant ma main à son cou et le déséquilibrant pour qu'il tombe en arrière sur le sol. « Toujours pas surpris par la jeunesse ? », lançais-je tout en faisant un pas en arrière afin de laisser l'occasion à Shark de se redresser. A présent, revenons-en à la demande faite par ce dernier avant qu'il ne rencontre une fois de plus le tapis. « Et ma réponse sera non. J'ai déjà accepté votre élan de charité lorsqu'il s'agissait de faire la connaissance de vos enfants, mais je n'accepterais pas cette nouvelle proposition. » J'avais une famille, il n'y a pas si longtemps de ça. Des parents, des grands-parents, des oncles, des tantes et tout ce qui s'en suivait. Les premiers avaient été sauvagement assassinés tandis que j'avais coupé les ponts avec tous les autres membres de ma famille, hormis mon frère, suite à ce drame survenu. Comme si leur compassion allait changer quoi que se soit à ce qui s'était déroulé. « Je ne dis pas cela de gaieté de cœur, mais plutôt parce que j'estime que ce n'est pas le bon moment. Que votre proposition vient un peu trop tôt. Cela fait moins d'un mois que... Et disons que je ne vous ai jamais laissé la moindre chance, contrairement à vous. Vous avez su m'en donner plus d'une en si peu de temps. » Croisant les bras contre ma poitrine tout en faisant deux pas sur le côté puisque je suis presque incapable de rester statique, je baisse le regard alors qu'une question martèle mon esprit, mais refuse presque d'en sortir. « Et si je vous laissé une chance de m'approcher ? Peut-être que les choses évolueront. » Finalement, ce n'est pas si compliquer de parler, de s'exprimer et de lui avouer les choses telles qu'elles le sont. « Mais si au final, cela s'avouerait être un cuisant échec, j'accepterais volontiers de venir avec vous à Londres pour... une séance de thérapie ou appelez ça comme vous voulez. » Autant dire que je n'ai pas tellement envie de me retrouver assise dans le même canapé que Joe, avec installée en face, sa mère, qui s'avère n'être nulle autre que ma grand-mère.
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