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give it all away. june + matthias

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MessageSujet: give it all away. june + matthias Dim 9 Nov - 0:40

"why don't you teach your heart to talk and give your love love, give your love love, gimme, gimme what I need."
take that - love love


J'avançais dans les petites rues résidentielles de San Francisco, marchant sans réel but, sans même savoir où j'allais. La capuche rabattue sur la tête, les mains dans les poches, et le visage rivé au sol : tout dans mon comportement indiquait qu'il ne fallait pas venir me chercher, ou on allait me trouver.   Il n'était pas rare, ces derniers temps, que je sois d'une humeur de chien. Entre Alaina qui ne daignait pas donner de nouvelles et Thaïs qui venait de quitter San Francisco, inutile de dire que j'étais tendu et rapidement exaspéré. Sur les nerfs, prêt à mordre dès que l'instant devenait un brin trop compliqué. Fort heureusement, tout le monde semblait avoir compris qu'il n'était pas question de m'approcher, et chacun paraissait m'avoir placé sur sa liste de persona non-grata – ce qui, en toute franchise, n'était pas pour me déplaire. Solitaire et renfermé, je ne m'ouvrais guère aux autres.   J'estimais n'avoir besoin de personne, ou presque, pour me sentir bien. Je n'étais pas populaire, et je n'étais pas particulièrement aimé. Je n'étais pas plein d'amis, je snobais les réseaux sociaux, j'évitais les réunions officielles liées à l'université. Je n'avais pas pour habitude de disserter ou de raconter ma vie à qui voulait bien l'entendre. En bref, je ne faisais pas grand chose – ou plus exactement, je ne faisais strictement rien – pour me rendre accessible et pour me mettre au niveau des autres étudiants. Je préférais, et de loin, être et rester l'ancien Iota discret, au passé mi-flippant mi-trouble,  bon élève, peu bavard. Ça me convenait. Amplement, d'ailleurs. Ça évitait bien des spéculations et des rumeurs qui venaient de nulle part.  

J'avais quitté le chic quartier de Nob Hill depuis plus d'une demi-heure, en espérant que cette promenade me soit bénéfique et m'aide à relativiser ; ça n'avait pas franchement été le cas. Minuit venait tout juste de sonner, et une petite voix intérieure me soufflait que je n'étais pas prêt de remettre les pieds chez moi. Trop énervé, trop blessé, trop vexé : Alaina, puisqu'elle m'avait fait attendre tout l'été, pouvait bien patienter quelques heures supplémentaires. Je la revoyais encore, sur le seuil, l'air désolé. C'était bien beau tout ça, mais ça ne suffisait pas. À quoi s'attendait-elle, au juste ? Des semaines qu'elle ne donnait signe de vie que via quelques sms monosyllabiques, et elle s'attendait que je l'accueille les bras grands ouverts ? Que je l'excuse, que je lui pardonne, et que l'on passe à autre chose ? C'était mal me connaître. J'avais la rancune plutôt tenace, et dans son cas, la déception était grande. J'arrivais bientôt devant l'entrée du Golden Gate Park, un endroit de la ville que je chérissais tout particulièrement. Le lieu était chargé d'histoire, et qui contenait des petits trésors culturels, me fascinait. J'avais ici quelques uns de mes meilleurs souvenirs. Thaïs avait toujours apprécié la quiétude du jardin Japonais, tandis que Nattéo passait des après-midi complètes dans l'Académie des Sciences de Californie. Je me souvenais de ma mère nous amenant tous trois au Carrousel, alors que nous étions hauts comme trois pommes. Je me souvenais des pique-niques, des heures passées à lézarder à l'ombre d'un arbre ou à courir après un ballon. Je me souvenais m'y être longuement baladé en compagnie de June, l'été suivant le moment où nous nous étions mis en couple. Ça faisait maintenant presque dix ans. Mes doigts effleurèrent avec nostalgie l'écriteau indiquant que tout adulte non accompagné d'un enfant ne pouvait prétendre pouvoir entrer dans le Carrousel. Un fin sourire glissa brièvement sur mes lèvres, avant que je ne reprenne ma ballade nocturne. Chacun de mes pas me renvoyait toujours un peu plus loin dans mes souvenirs, faisant resurgir des émotions que je préférais habituellement garder enfouies, voire que j'occultais carrément. Pas pour oublier, mais pour mieux me préserver. Je quittais finalement le Golden Gate Park, pour aller ensuite faire quelques pas le long des plages de Sunset District. Là où, une fois de plus, j'avais des souvenirs inoubliables avec June. À croire qu'il n'existait pas un endroit dans la ville qui me soit complètement neutre, dénué de tout souvenir. Un endroit où mes vieux démons ne me rattraperaient pas. Je me suis emparé de mon portable pour voir l'heure. Un rapide coup d’œil à l'écran m'indiqua qu'il était minuit et demie, que j'avais quatre appels manqués, deux messages, et quelques notifications sur les réseaux sociaux. Peu désireux d'avoir à interagir avec Alaina ce soir, j'évitais soigneusement les appels et messages au profit des autres nouveautés. Thaïs et Nael qui avaient commenté une vieille photo, Kilian qui me demandait si j'étais toujours en vie, et June qui avait posté une nouvelle photo, accompagnée d'un statut qui me laissa pensif. Une petite voix dans mon esprit se manifesta, et me souffla que l'omniprésence de June ce soir n'était pas le fruit du hasard et qu'il serait grand temps pour moi d'aller m'excuser. Mon regard se posa sur la plage, qui s'étendait à perte de vue. Effectivement. Il était grand temps d'aller clarifier les choses. La situation n'avait que trop traînée. Oubliant toute forme de raison, et les règles élémentaires de politesse, je me suis dirigé vers chez l'Epsilon.

Encore trois minutes, et il serait une heure du matin. Toute personne normalement constituée dort, regarde la télévision, ou travaille. Pas moi. Pris d'un soudain élan de motivation et de franchise, je me tiens sur le palier de June Martin. J'hésite un instant à sonner, mais je réalise aussitôt que ce n'est pas la meilleure solution. Sa fille doit sans doute dormir, et l’Epsilon appréciera sans doute l'intention. Je frappe quelques petits coups secs à sa porte d'entrée, attendant patiemment qu'elle vienne m'ouvrir. Et au cours du temps qui s'écoule, j'ai le temps de me poser mille questions. Et si elle n'est pas là ? Et si elle n'a envie de voir personne ? Et si elle refuse de me parler ? Et si je ne suis pas à la hauteur ? Et si mes excuses ne... Mais je n'ai plus le temps de réfléchir que la porte s'ouvre, et la silhouette fine et élancée de June s'offre à mon regard. Ses yeux s'écarquillèrent de surprise, et la Suédoise resta sans voix. Je lui laissais le temps de réaliser que ce qu'il se passait sous ses yeux n'était pas que le fruit de son imagination, avant d'ouvrir la bouche. « Bonsoir June. » La saluais-je poliment. Les doigts de ma main droite allèrent tirer sur ma capuche, la faisant tomber sur mes épaules. Non, ce n'est pas un mirage. Je suis bel et bien là. « Je te dérange ? » Demandais-je, conscient que ce n'était pas franchement une heure décente pour rendre une petite visite de courtoisie. A fortiori lorsque vous êtes officiellement en froid avec la personne chez laquelle vous vous pointez.
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Wren Rosenbach
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MessageSujet: Re: give it all away. june + matthias Jeu 13 Nov - 21:38


THEY ARE NOT SIMPLE EXS ... THEY ARE FRIENDS ABOVE ALL
"Why, when people are leaving their partners because they're having an affair with someone else, do they think it will seem better to pretend there is no one else involved? Do they think it will be less hurtful for their partners to think they just walked out because they couldn't stand them any more and then had the good fortune to meet some tall Omar Sharif-figure with a gentleman's handbag two weeks afterwards while the ex-partner is spending his evenings bursting into tears at the sight of the toothbrush mug? It's like those people who invent a lie as an excuse rather than the truth, even when the truth is better than the lie."  ― Helen Fielding  for June & Matthias

Bientôt minuit et la jeune femme est incapable de trouver le sommeil. Elle s’était couchée vers vingt trois heures, se retournant dans tous les sens pendant près d’une heure dans son lit. Le son de la pluie et de l’orage que June avait mis pour dormir n’avait guère eu plus d’effet pour l’aider à tomber dans les bras de Morphée. Vaincue, elle avait fini par se relever, et se diriger vers son canapé. Tombant sur une rediffusion d’un vieil épisode de Friends, June s’était confortablement emmitouflée dans un plaid Disney, Cosmo, le chat perdu et adopté par Eileen, Lily et elle sur ses pieds. Même si elle ne trouvait pas le sommeil, au moins parviendrait-elle à se reposer de la sorte. Fermant les yeux, elle se laisse bercer par le ronronnement du chat et par les blagues de Chandler à la télé. Mais même ce rythme là ne l’aide pas à trouver le sommeil. En même temps, son esprit est tellement occupé, tellement rempli de vastes choses, que l’epsilon se demande encore comment elle est parvenue à trouver le sommeil depuis ce jour fatidique de fin septembre, ce jour où elle était censée unir sa vie à celle de Seth, le jour où ils n’étaient censé ne faire plus qu’un, être une famille, officiellement. Le regard effaré de Seth la hante encore, son esprit marqué au fer rouge par la mine si triste et embuée du delta, prêt à ranger son côté volage pour un peu de stabilité. Le pire, c’est l’excuse qu’elle lui a donné, l’excuse pourrie jusqu’à la moelle, prétendant qu’elle ne peut pas épouser quelqu’un que ses amis n’approuvent pas. Bien sur que si elle peut, bien sur qu’elle en est capable. Ecouter l’avis et les conseils de ses proches ? Oui. Les laisser dicter sa vie ? Certainement pas. Aussi, ce qu’elle avait donné comme raison à Seth était en réalité une véritable connerie, un mensonge effronté, pour palier à la vérité, une vérité un peu trop violente pour elle. Depuis un long moment elle s’était rendue à l’évidence, June était prête à vivre une vie rangée, à s’engager auprès de Seth, ce qui avait été un peu plus dur pour le jeune homme à réaliser. Et finalement, ils avaient fini par être sur la même longueur d’onde, s’accordant sur ce qu’ils désiraient pour la vie, une vie à trois, ensemble. Pourtant, au moment venu, June avait pris peur, peur de cet engagement, de cette vie éternelle au côté de Seth. A l’époque où elle était en couple avec Arthur, les choses semblaient plus évidentes car il était le père de Savannah, ainsi, se marier avec lui pouvait sembler logique. Avec Seth, même si leur couple était comme une évidence, l’engagement que Seth était prêt à accepter ne l’était pas pour June. Cette vérité, elle ne l’avait confié qu’à Helsye et Eileen, sachant pertinemment que ces deux jeunes femmes la comprendraient parfaitement, à l’inverse de Leyna qui aurait pris le risque de la juger. Les jeunes femmes l’avaient compris et n’avaient pas cherché à faire la morale à June, sachant qu’elle avait fait le bon choix, sans avoir utilisé la bonne manière cependant. Elle avait tenu à garder ça secret, mais l’apparition de la Seven Society à Berkeley avait changé la donne, ces derniers ayant dévoilés aux yeux de tous l’acte cruel dont June avait été l’investigatrice. Mais finalement, elle se moquait que tous soient au courant de ce mensonge. Seth n’était plus à San Francisco et donc n’était plus présent pour subir une quelconque humiliation, et well… June ne considérait pas ceci comme une humiliation, plutôt comme la libération d’un poids. Et qu’importe ce que les gens peuvent penser, leur avis n’a que peu d’importance. Mais toute cette situation, combinée à son amitié retrouvée avec Caleb, le départ de Levy, et tant d’autres choses, l’empêche de trouver le sommeil et la sérénité. Mais quelque chose d’autre vient troubler sa tranquillité. Voilà près d’une heure qu’elle est posée tranquillement sur son canapé, le choix s’était roulé en boule sur elle. L’horloge frôlait les une heure du matin, et quelqu’un vint frapper à la porte. Agacée que la personne puisse insister et prendre le risque de réveiller Savannah, la jeune femme se lève rapidement, prenant soin de poser Cosmopolitan sur le canapé, qui râle d’avoir été dérangé dans son sommeil félin. Approchant doucement de la porte, elle reste néanmoins inquiète de ce qui va se trouver derrière la porte. Un fou issu de la Seven Society ? Ou quelqu’un venant pour lui annoncer une mauvaise nouvelle ? Deux possibilités que June n’a envie d’affronter ni l’une ni l’autre. Ouvrant la porte avec une certaine crainte, la jeune femme tombe nez à nez avec une silhouette presque masquée par sa capuche. C’est lorsque celle-ci se décide à parler que June reconnait la voix et comprend de qui il s’agit. Matthias. Matthias Dupont de Calendre, le seul et l’unique. Il débarque à pas d’heure, et ose lui demander s’il ne la dérange pas. Il faut croire que le jeune homme manque de jugeote ces derniers temps. « Matthias, quelle surprise. Il y a un problème ? Quelque chose est arrivé à Naël ? »  C’est la première chose à laquelle la jeune femme pense, parce qu’elle ne comprend pas quelle autre raison aurait pu pousser l’ancien iota à venir jusque chez elle à une heure pareille. La dernière fois qu’ils se sont parlés, ces deux là ont fini par s’engueuler, Matthias l’accusant de lui avoir caché qu’il était le père de la petite, sous prétexte que son ancienne petite amie Eden lui avait soufflé l’idée, et parce que Savannah avait les cheveux blonds comme Matthias. Bien sur qu’il n’était pas le père, et bien sur que la seule fois où ils avaient recouché ensemble après leur séparation n’avait pas été suffisante pour concevoir Savannah. Certes, une seule fois l’avait été avec Arthur, mais c’était quelques jours avant ses retrouvailles avec Matthias. Aussi, le jeune homme avait agi bêtement, s’énervant pour un rien et sur les conseils peu avisés d’une débile profonde, cherchant à faire son intéressante. « Entre donc, ne restes pas dehors, tu vas attraper la crève ! » Elle lui en veut de son comportement de ces dernières semaines mais ce n’est pas pour autant qu’elle lui souhaite du mal. Se décalant pour le laisser passer, elle remarque que Matthias a toujours fière allure et une silhouette terriblement bien dessinée. Pas étonnant que la jeune femme soit tombée sous le charme du français aux allures de viking.  « Pendant que je vais nous chercher quelque chose à boire, racontes moi ce qui t’amènes ici, parce que je t’avoue que je suis un peu surprise. » S’en allant dans la cuisine, elle hésite. Soda ou vodka ? Vu l’heure, pourquoi pas les deux ? Elle apporte le tout sur un plateau et pose tout devant Matthias. « Je suis toute  à toi, je t’écoute. » Qu’elle répond un peu plus sèchement, particulièrement impatience et inquiète de connaître sa raison ici.  
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MessageSujet: Re: give it all away. june + matthias Jeu 20 Nov - 22:20

Le visage à demi-dissimulé sous ma capuche, j'attendais nerveusement que June vienne m'ouvrir.  Inquiet de la réaction qu'elle allait avoir en me découvrant sur son palier – et en même temps, il y avait de quoi – je me demandais si aller frapper chez elle au beau milieu de la nuit l'aiderait à me pardonner. Ce n'était guère probable. Mieux valait attendre le lendemain. Ou de la croiser à l'université. J'étais sur le point de tourner les talons lorsqu'elle ouvrit la porte. Son air d'abord méfiant laissa place à la surprise, lorsque je lui dévoilais mon visage. « Non, pas de souci. » Commençais-je avant d'être rapidement interrompu par une autre question de June. Ma présence était forcément pour elle signe que quelque chose n'allait pas. Je réalisais à quel point notre relation s'était dégradée. Nous qui avions toujours été en bons termes, et qui avions l'habitude de débarquer chez l'un ou chez l'autre pour parler de tout et rien, nous en étions désormais réduits à penser au pire lorsque l'autre nous imposait sa présence. Un immense gâchis. Voilà ce que c'était. Voilà ce que j'avais fait. Ce que j'avais créé, ce que j'avais provoqué. « Aux dernières nouvelles, il se porte comme un charme. » Assurais-je, cherchant d'emblée à la rassurer quant à mon cousin. Non, je ne suis pas venu ici pour jouer les oiseaux de mauvaise augure, ni même pour une visite de courtoisie. Enfin... J'aurais pu, à une heure un peu plus décente, si nous avions été en meilleurs termes. Ce qui n'était plus le cas, depuis que ma meilleure ennemie, Eden (aussi dite la dinde), avait décidé de semer la discorde entre June et moi. Cette garce allait payer, j'y mettais un point d'honneur. Ça prendrait sans doute du temps, mais peu importe : j'étais quelqu'un de patient, et de déterminé. « Merci. » Dis-je avec reconnaissance en faisant un pas dans le couloir d'entrée. La partie était loin d'être gagnée, mais elle semblait prête à me laisser une chance. Sinon elle m'aurait envoyé bouler, et m'aurait claqué la porte au nez. En tout cas, je tentais de m'en convaincre. June referma ensuite la porte d'entrée, et m'entraîna à sa suite jusqu'au salon. Je suis resté planté là, debout et silencieux, alors que l'Epsilon filait, sans doute en direction de la cuisine, pour aller nous chercher à boire. Les mains sagement rangées dans la poche de mon sweat, j'observais les alentours avec intérêt et curiosité. J'avais l'impression de découvrir à nouveau June, avec quelques années de plus. Tellement semblable à ce qu'elle était lorsque nous nous étions quittés, et en même temps totalement différente. Mon regard s'arrêta en particulier sur un cadre, où l'Epsilon tenait sa fille serrée contre elle. Leurs larges sourires immortalisés pour l'éternité indiquaient que l'instant qu'elles partageaient devait être proche d'un moment idyllique. J'ai rapidement baissé les yeux, désirant échapper à cette vision qui me faisait d'autant plus culpabiliser. Mal à l'aise ? Je l'étais, sans aucun doute. Je me sentais illégitime ici. Je m'en voulais d'avoir cru ce qu'une garce avait pu affirmer, pour le simple plaisir de me porter préjudice. J'ai dégluti, osant finalement relever les yeux vers cette photo innocente, et débordante de bonheur. Je me suis approché d'un pas, puis d'un deuxième, jusqu'à contempler la photo au plus près. Savannah était blonde, c'était un fait. Elle avait aussi les yeux clairs – mais marrons, pas bleus. Là s'arrêtaient nos points communs. Elle avait les traits fins de June, son air rieur, ses cheveux ébènes, mais possédait un sourire qui m'était complètement étranger. « Je ne vais pas t'importuner longtemps. » Dis-je en la voyant poser un plateau sur la table basse du salon. J'admirais June et son air détaché, sa politesse et ses bonnes manières en toutes circonstances. Elle avait tout d'une excellente actrice – et ce n'était pas nouveau, je lui répétais depuis des années. Mais même ses talents ne me trompaient pas ; la sécheresse de son ton et son empressement manifeste m'indiquaient qu'elle s'attendait à des explications, et que celles-ci avaient plutôt intérêt à être convaincantes. À moi d'être bon. « Je sais que je n'ai aucune légitimité à être ici. » Ajoutais-je, jouant la carte de l'honnêteté. « Je suis venu pour m'excuser. Je sais que j'ai déconné. » Ça, c'était l'euphémisme de l'année. Après qu'Eden m'eut révélé ce pseudo secret, j'étais directement aller trouver June. Je l'avais accusée de tous les maux, à commencer par celui de m'avoir caché l'existence de ma fille. Je lui avais bien fait comprendre à quel point sa trahison m'était difficile à supporter, à quel point je regrettais la nuit que nous avions eu avant que je ne parte en Irak (celle-là même où Savannah aurait été conçue), et à quel point je pouvais la détester pour tout cela. Maintenant que le pot aux roses avait été révélé, je me rendais compte de mes inepties. Je me demandais même si l'Epsilon avait, sur le coup, compris les maux que je lui reprochais. « La Hastings m'a induit en erreur pour se divertir, et foutre le bordel dans ma vie. » Déclarais-je sur un ton méprisant. « Ce qui a été une belle réussite. » Ajoutais-je, plus pour moi-même que pour June. Mon couple avec Tessa avait ensuite pris l'eau, Alaina avait eu du mal à croire en ma parfaite ignorance, et j'avais moi-même fait voler en éclats mon amitié sincère avec June. Un beau gâchis, voilà ce que ça avait été. Tout ça à cause d'un secret trop lourd et trop honteux, que nous avions trop longtemps gardé, et qui avait fini par nous exploser au visage. « Mais qu'importe, c'est du passé. Je suis venu te dire que je n'aurais pas dû l'écouter. Je n'aurais pas dû lui faire confiance – surtout vu le passé commun que nous avons. J'aurais dû t'écouter toi, plutôt que de te blâmer d'emblée. J'aurais dû te laisser t'expliquer, et me prouver par a + b qu'elle avait tort. » Je reconnais mes fautes, les mains toujours dans les poches, le dos légèrement voûté. Il était évident que je n'étais pas fier de mes conneries, et que j'étais prêt à accepter la moindre de ses remarques – même les plus acerbes et les plus désobligeantes. « Tu avais toujours été là pour moi. Dans les bons comme dans les mauvais moments. Et tu me connaissais par cœur. » Dis-je, avant de continuer : « Maintenant que j'ai eu le temps de réfléchir posément et de me calmer, je sais que tu ne m'aurais jamais caché un truc pareil. Surtout suite au drame que ma famille avait vécu. » Sans mettre des mots clairs dessus, je faisais implicitement référence au décès brutal de mon petit frère, Thybalt. « Je suis désolé du merdier que j'ai foutu, et je voulais te le dire au moins une fois de vive-voix. » Impulsif parfois, mais jamais lâche. J'assumais ce que je faisais, ce que je pensais.
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MessageSujet: Re: give it all away. june + matthias Mer 3 Déc - 0:07


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"Why, when people are leaving their partners because they're having an affair with someone else, do they think it will seem better to pretend there is no one else involved? Do they think it will be less hurtful for their partners to think they just walked out because they couldn't stand them any more and then had the good fortune to meet some tall Omar Sharif-figure with a gentleman's handbag two weeks afterwards while the ex-partner is spending his evenings bursting into tears at the sight of the toothbrush mug? It's like those people who invent a lie as an excuse rather than the truth, even when the truth is better than the lie."  ― Helen Fielding  for June & Matthias

Matthias sur le pas de sa porte, voilà bien une chose à laquelle la Martin ne s’attendait absolument pas. Aux dernières nouvelles, ces deux là s’étaient engueulés comme les pieds, à cause d’une garce nommée Eden – quelle ironie ce prénom -, qui avait cherché à monter la tête de Matthias contre June, insinuant que Matthias était le père de Savannah, et non Arthur. Voilà bien une chose totalement absurde. S’il avait été le père biologique de la petite fille, jamais June ne lui aurait caché un tel secret. Et par extension, elle ne se serait pas encombrée d’Arthur, gros chieur à ses heures perdues de connard. Autant dire que depuis leur dispute à ce sujet, les deux anciens amoureux de jeunesse ne se sont guère adressés la parole, si ce n’est lorsqu’ils y étaient forcés. Evidemment, à la vue de son ex, June ne peut s’empêcher d’être quelque peu sur la défensive et imaginer le pire. Jamais Matthias ne viendrait ici sans raison. Et la seule plausible aux yeux de June, est qu’il soit arrivé quelque chose à Naël. C’est triste d’en arriver à de si vite conclusions alors qu’auparavant, ils n’hésitaient pas à passer un moment ensemble, de la manière la plus agréable qui soit. Mais les choses n’étant plus ce qu’elles étaient auparavant, et June n’a plus aucune confiance en son premier amour. « Ouf, tu me rassures, je commençais à m’inquiéter. » Cela n'explique cependant pas pourquoi Matthias se trouve dans l'appartement de la jeune femme, alors qu'ils n'ont absolument rien à se dire. Ils doivent cependant être sur la même longueur d'onde lorsque Matthias explique ne pas rester longtemps, employant surtout le terme importuner, plutôt révélateur de leur situation actuelle. Acquiesçant de la tête, elle l'invite à continuer dans sa lancée, étant plutôt curieuse de savoir ce que le jeune homme peut bien lui vouloir. Et voilà les mots tant attendus et tellement surprenants. Matthias désolé, Matthias reconnaissait avoir merdé. June a l'impression d'avoir mal entendu. Ca ne peut pas être autrement. Matthias n'est pas du genre à s'excuser, à faire amende honorable. Et là, June ne sait pas quoi dire. Pourtant, c'est le genre de nanas à toujours avoir quelque chose à dire, même la moindre petite connerie. Mais face à une telle surprise, il faut bien avouer qu'elle est sans voix. « Dé..Désolé? » c'est bien là la seule chose que June est capable de sortir. Elle sait bien que c'est stupide et qu'il va très probablement mal le prendre de voir que c'est la seule chose qu'elle trouve à dire, mais elle se sent tellement couillonne sur le moment, qu'elle ne pourrait offrir guère mieux à l'ancien militaire. « La Hasting est une connasse, c'est bien connu. Tu aurais du t'en rendre compte bien avant, d'autant que vous ne semblez guère en bon terme. » Allez hop, je te place un c'est de ta faute, tout discret mais assez explicite quand même. Cette Eden a tout fait pour faire de la vie de June et ses amies un enfer. Elle en avait fait baver à la pauvre Lily-Rose parce qu'elle ne supportait pas de la voir avec Adriel, alors elle l'avait rabaissé plus bas que terre, faisant rager June et Eileen au plus haut point. Mais Eden n'avait guère beaucoup d'amis, c'était bien connu et cela expliquait grandement pourquoi elle s'était barrée de l'Université, emportant avec elle, sa malade de sœur. « Pourquoi, elle a fait d'autres conneries encore plus grave que celle là? Parce que déjà qu'avec ça elle en tenait une couche, alors si elle a réussi pire, putain on peut lui décerner l'oscar de la salope de l'année. Et oui je suis d'une grossièreté extrême. » qu'elle s'empresse d'ajouter, sachant que son franc parler peut parfois être assez mal perçu auprès des autres. Elle laisse son ex petit ami s'expliquer, et elle doit bien reconnaître qu'après de telles paroles, son égo est particulièrement regonflé. Il ne manquerait plus qu'elle bombe la poitrine et affiche un sourire satisfait au tableau et on aurait la june parfaitement fière. Mais chaque chose en son temps, et s'il y a bien une chose que la jeune femme peut admettre, c'est que ces paroles émanant de Matthias doivent lui être très compliqués à exprimer. « Comme tu dis, c'est du passé. Mais il est vrai que j'aurai aimé que tu m'écoutes, que tu prennes le temps d'entendre mes explications plutôt que de les balayer d'un revers de main. Toi plus que quiconque me connait et sait que jamais je ne t'aurai caché un truc pareil. » Et c'est bien vrai. Ex, certes, mais amis malgré tout. Et entre Matthias et June existe ou du moins existait une relation des plus exceptionnelles, quelque chose d'unique, que la Martin n'a avec personne d'autre. Et elle doit bien l'admettre, avoir perdu ça, voir que Matthias n'avait plus aucune confiance en elle l'avait profondément blessée. « Bien sur que je ne t'aurai jamais fait ça. Y'a trop d'histoires et de passé entre nous pour que je ne te cache quoi que ce soit. T'es l'une des seules personnes à qui je ne pourrais jamais mentir Matthias, tu le sais, et tu l'as toujours su. » Elle lui fait des reproches à demii-mots, sous entendant à la fois plein de choses. Etait-il amoureux d'Eden pour croire ses balivernes? Ou simplement n'était-il pas soucieux de mettre un terme à leur relation si particulière et avait cherché n'importe lequel des prétextes valables. « Mais je suis contente que tu m'ais dit tout ça Matthias. Ca signifie beaucoup pour moi et je t'en remercie. » qu'elle répond sobrement tout en se servant un verre de vodka. Elle n'est pas avec Naël mais après tout, ils sont de la même famille, la vodka doit être un truc familial. Et puis vu la situation qui se présente à eux, la vodka peut être de rigueur. D'autant que June s'apprête à jeter un pavé dans la mare, balançant ce qui la triture depuis quelques semaines maintenant. « Je me demande quand même quelque chose Matthias. Est-ce qu'au fond, ça ne t'arrangeait pas de croire un truc pareil? Est-ce que tu n'avais pas besoin d'un truc qui foute le bordel dans ta vie ? Ou simplement qui te donne une raison de m'en vouloir ? Parce qu'au fond, c'est ce que je me suis demandée… Est-ce que finalement, tu n'avais tout simplement plus envie de moi dans ta vie ?» C'est peut-être l'occasion pour Matthias de dire les choses telles qu'elles sont, de tirer un trait sur eux, si tel est son désir.
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MessageSujet: Re: give it all away. june + matthias Lun 22 Déc - 1:05

Pendant une fraction de seconde, je me suis demandé comment je me serais comporté si j'avais dû venir annoncer une mauvaise nouvelle à l'Epsilon. Je serais probablement venu à une heure plus décente, et habillé avec une tenue de circonstance. Et surtout, je l'aurais serrée contre moi. Fort, très fort, pour qu'elle se laisse aller à sa peine. Mais, par chance, ce n'était pas le cas. Pas de mauvaise nouvelle en prévision. « Ben... Oui. » Dis-je après une seconde d'hésitation, ne sachant pas trop comment interpréter la réaction de l'Epsilon. Il était clair qu'elle était parfaitement incrédule, sans doute déroutée par mon comportement. Ce qui n'était guère surprenant, puisque je ne l'avais pas franchement habituée à mon côté enfant de chœur. Elle m'avait rencontré alors que j'étais le parfait playboy en devenir, et m'avait appris qu'être amoureux n'était ni une tare, ni un défaut. Elle m'avait calmé, apaisé, m'avait fait découvrir la vie sous un angle plus serein. June avait été une bouffée d'air frais, à un moment où j'aurais pu mal tourner. « Je suis désolé. » Répétais-je, affirmant une nouvelle fois ce pourquoi j'étais venu la trouver. J'ai soupiré, après que June m'eut rappelé les évidentes vérités concernant la Hastings-Matveïv. Connasse lui allait comme un gant, à mon sens. C'était même un brin en dessous la vérité. « On n'est pas en bons termes. » Assurais-je en secouant la tête, souhaitant à tout prix rejeter cette idée loin de mon esprit. Ça n'avait d'ailleurs jamais été le cas ; même lorsque Nastassia et Eden étaient inséparables, je n'avais eu pour l'Epsilon que de l'indifférence. Aucune animosité, aucun sentiment négatif ; tout cela n'était arrivé qu'après. « Mais on avait un secret en commun. » Un secret par très glorieux, pas très louable, pas très avouable. Un secret que nous avions, sans surprise, décidé de garder pour nous. Jusqu'à ce que l'Epsilon n'en joue pour me faire flancher – avec un succès certain. « Peu de temps après l'accident de mon frère, on s'est croisé à une soirée. Nasty avait insisté pour que je me rende à une soirée quelconque, même si elle ne pouvait pas venir. Et c'est ce que j'ai fait. Je l'ai écoutée. » Confessais-je dans un soupire las. J'avais l'impression d'avoir expliqué cette maudite histoire déjà bien trop de fois. À ma sœur. À Alaina. À Tessa. « La Hastings et moi nous sommes trouvés un tas de points communs, ce soir là. Nos histoires étaient étrangement semblables, et elle me comprenait mieux que personne. Il n'en a pas fallu plus. » Shame on me. Je n'avais pas besoin de poursuivre ; j'étais convaincu que June avait parfaitement vu où je voulais en venir. J'ai répondu à la question de l'Epsilon, profitant de l'occasion pour en finir avec ce sujet désagréable. « Mon couple avec Tessa n'y a pas survécu, et Alaina a eu du mal à croire que je n'étais au courant de rien. » Dis-je en haussant les épaules. Mais ça, ça n'avait pas été si grave. « Je crois que le pire, ça a été le regard de Thaïs. » Elle n'avait rien dit, mais ses yeux avaient parlé pour elle. Elle avait été déçue. Déçue que je ne prenne pas mes responsabilités au sérieux. Déçue que je taise un événement pareil. Déçue que je ne fasse rien – pire encore, que je me brouille avec June – pour connaître l'enfant. « Et surtout, elle m'a touché là où ça fait mal. La famille. La confiance. » Cette garce avait, malheureusement pour moi et pour ceux qu'elle avait dans le collimateur, un cerveau. De quoi faire des dégâts sur son passage. Des dégâts plus ou moins rattrapables. Mais j'avais eu de la chance ; lorsque le pot aux roses avaient été révélé, mon entourage avait été plutôt compréhensif. Malheureusement, ça n'avait pas réparé les erreurs que j'avais moi-même commise suite à ces révélations. June figurait en tête de liste, évidemment. « Je sais. J'ai été très impulsif. » Fis-je remarquer, repensant avec amertume au comportement que j'avais eu à son égard. Une véritable furie, l'accusant de tous les maux, et la maudissant pour avoir osé me cacher l'existence de ma fille. « T'es une bonne personne. J'ai juste mis énormément de temps à m'en souvenir. » Déclarais-je en lui souriant légèrement, affichant un air peiné sincère. Une grosse erreur de ma part, cela allait sans dire. « N'essaye même pas. » Dis-je en secouant la tête, affichant un sourire un peu plus large. J'adoptais un ton faussement menaçant, histoire de détendre l'atmosphère. « Je le prendrais mal. » Même si sincèrement, vu mon comportement des derniers temps, je n'aurais pas mérité mieux. Elle aurait pu me foutre dehors à grands coups de talons au derrière que je n'aurais rien à y redire. Elle aurait pu m'insulter, me mettre minable, et me traîner dans la boue si elle l'avait voulu. Mais elle avait été plus intelligente que moi. Et elle avait accepté de me pardonner. Je mesurais à peine la chance que j'avais. « Je t'en prie. » Dis-je en hochant la tête. « C'était la moindre des choses. » Ajoutais-je, alors que l'Epsilon était en train de se servir un verre de vodka. Elle releva la tête vers moi, un air interrogateur sur le visage. J'ai hoché la tête, et me suis emparé du verre une fois qu'elle eut terminé. « A ta santé. » Murmurais-je en faisant tinter nos verres, et de vider la dose qu'elle venait de me servir cul-sec. « Et toi ? Comment tu vas ? » Demandais-je en m'asseyant face à elle. Je n'étais pas sans savoir qu'elle avait mis fin à sa relation avec Seth. Ce choix m'avait d'ailleurs surpris, puisque l'Epsilon et le Delta semblaient filer le parfait amour. Mais mon éloignement soudain d’avec June ne m'avait pas permis d'essayer de comprendre ce qu'il s'était passé entre ces deux-là. Elle se confia, puis me posa une question qui me glaça le sang. « Ohh ma June. » Dis-je en posant mon verre sur la table, avant d'aller m'installer à ses côtés. J'ai pris mon portable, qui se trouvait dans ma poche, et j'ai commencé à pianoter activement sur l'écran tactile. Mot de passe, photos. Mon pouce glissa à plusieurs reprises, jusqu'à tomber sur les photos que je cherchais. « Regarde ça. » Dis-je en lui tendant mon téléphone. Sur l'écran, une image figée pour l'éternité. Une image qui témoignait de nos adolescences heureuses et paisibles, où nos principales occupations étaient de savoir si notre bulletin serait suffisamment bon pour que nous puissions passer nos vacances sur la Côte d'Azur, si nos parents nous laisseraient aller à la traditionnelle fête du samedi soir, et si nous allions devoir faire le mur pour nous voir en cachette, ou si nos parents, d'humeur généreuse, toléreraient la présence de l'autre. Une image qui nous représentaient, June et moi, enlacés au pied de la tour Eiffel. Les précédentes étaient du même genre ; pris en flagrant délit par une tierce personne en train de nous bécotter lors d'une soirée ; allongés dans un coin ombragé du Golden Gate Park ; et bien d'autres encore. « Je les ai gardées. » Finis-je par dire après un petit moment de silence. «Toutes. Sans exception. Parce que ça fait parti de mon passé. Parce que je n'en ai pas honte. Parce que je suis heureux d'avoir vécu ces moments avec toi. » Soufflais-je, sans la quitter des yeux. « Si j'avais voulu te sortir de ma vie, je n'aurais certainement pas gardé des traces de notre passé. » Nulle part, à aucun endroit. Mais ça n'avait pas été le cas. Il n'y avait pas que des photos qui me rappelaient notre passé commun. Il y avait les souvenirs, aussi. Nos vacances à San Francisco, au cours du dernier été que nous avions passé ensemble. Les longues ballades le long de la Seine, à Paris. Les week-end à Deauville, pour le festival du cinéma Américain. Les soirées avec Nael, Thaïs et Nattéo, avachis sur la banquette, à se gaver de pizza, pop-corn et coca-cola devant des films comiques. Notre première nuit ensemble. « Ne crois pas un seul instant que je regrette. Jamais. » Murmurais-je d'une voix profonde, souhaitant à tout prix qu'elle ne se méprenne pas.
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Wren Rosenbach
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MessageSujet: Re: give it all away. june + matthias Sam 3 Jan - 19:44


THEY ARE NOT SIMPLE EXS ... THEY ARE FRIENDS ABOVE ALL
"Why, when people are leaving their partners because they're having an affair with someone else, do they think it will seem better to pretend there is no one else involved? Do they think it will be less hurtful for their partners to think they just walked out because they couldn't stand them any more and then had the good fortune to meet some tall Omar Sharif-figure with a gentleman's handbag two weeks afterwards while the ex-partner is spending his evenings bursting into tears at the sight of the toothbrush mug? It's like those people who invent a lie as an excuse rather than the truth, even when the truth is better than the lie."  ― Helen Fielding  for June & Matthias


11 000 MESSAGES POUR MA NANETTE ET NOTRE LIEN PARFAIT :mimi: :plop:
Matthias prend son temps pour expliquer quel est donc ce gros secret qu'il partageait avec Eden et qui l'a forcé à la croire, à lui faire confiance. Peut-être le faisait-elle chanter grâce à ce secret? June ne savait pas et ne voulait pas vraiment savoir en sachant comme se comporte en temps normal la Hasting-Metveïv. Cousine ou non de Caleb, Eden fait partie des êtres méprisables et ignobles auquel June n'a même pas envie d'accorder un regard, une once de gratitude. A la différence de Jules qu'elle déteste fortement, June lui accorde un certain respect qu'elle parvient à lui montrer. Mais en ce qui concerne Eden, il n'y a aucune place pour le respect. C'est tellement un être méprisable que June n'arrive pas à la regarder dans le blanc des yeux sans avoir une envie folle de lui en coller une dans la tronche. Autant dire que lorsque June comprend que Matthias et Eden ont partagé plus qu'un échange de politesse, son sang ne fait qu'un tour dans sa tête  et lui donne envie de frapper Eden un peu plus. Eden et Matthias, dieu qu'elle a envie d'effacer cette image de sa tête à l'instant précis où elle se l'imagine. C'est juste un cauchemar, une de ses pires ennemies avec son premier amour, avec Matthias, celui en qui elle a toujours eu confiance. « Je te passerai mes commentaires, je risquerai d'être un peu trop piquante. » qu'elle se contente de dire en haussant les épaules. Il est bien mieux qu'elle se taise et se contente d'écouter la suite plutôt que de ressasser ce souvenir qu'il vient de lui conter. « Alaina n'a pas cru que tu n'étais pas au courant que tu avais une fille? Mon dieu mais cette fille est complètement allumée ! Et Tessa était loin de te mériter, ce n'est pas une grosse perte.» June avait toujours détester Tessa et n'avait jamais compris ce que Matthias avait bien pu lui trouver. Mais après tout, le cœur a ses raisons que la raison ignore. Quant à Alaina… Yeurk, au moins la béta avait un certain charisme à l'inverse de la gamma. Mais encore une fois, cela n'engageait que June. « Si tu veux je peux parler à Thaïs. On s'est toujours bien entendu, je ne vois pas pourquoi elle ne me croirait pas, si je lui donne ma version des faits. » Matthias montre à quel point il a été touché par tout ça, à quel point Eden avait été capable d'appuyer là où ça fait mal, là où Matthias est capable de montrer une véritable sensibilité. Connasse d'Eden. Mais finalement, Matthias reconnait qu'il a été impulsif et s'est emporté. Et même si June est contente que Matthias l'ait compris, elle n'arrive pas à imaginer l'ampleur que toute cette situation a pris. « En même temps, je le cache sous une bonne couche de saloperie, c'est compliqué de le voir ressortir quand tu ne vois que le mauvais en moi. » Qu'elle cherche à rigoler pour détendre l'atmosphère. Il essaie de balayer tout ça derrière eux et demande à June comment elle va. Honnêtement, c'est une question à laquelle elle ne sait pas vraiment répondre.  Depuis quelques semaines, c'est une question qui la turlupine, qui la titille, et qui ne trouve pas de réponse. Alors en donner une à Matthias serait bien compliqué. « Ca va, la fin de mes fiançailles est toujours difficile à assumer. Mais on fait avec. Et puis j'ai Savannah pour me remonter le moral, alors ca va. » c'est assez effrayant de mentionner Savannah devant Matthias, mais après tout, elle ne va pas se cacher du bien que lui offre sa fille juste parce que c'est une situation étrange. Matthias sera bien amené un jour à revoir Savannah tout en ayant pleinement conscience que ce n'est pas sa fille. Dieu que cette situation est fatigante. Et puis finalement, le moment venu, le moment où la question lui brûle un peu trop les lèvres, June parvient à la lui poser, à savoir s'il a vraiment envie d'être proche d'elle, d'être dans une relation avec elle, qu'importe ce que serait la relation. Matthias semble horrifier d'entendre les paroles de la jeune femme. Mais elle ne peut s'empêcher de penser que c'est la seule explication valable face à toute cette situation. Pourtant, Matthias balaie tout cette idée en dégainant son téléphone et en montrant à son ex-petite amie tous les souvenirs qu'ils ont eu ensemble, toutes les photos qu'il a conservé, que ce soit lors de leur voyage à l'étranger, comme leur vie parisienne. « Tu as raison, c'était stupide de penser ainsi.. C'est juste que c'était la seule explication plausible. » elle baisse le regard, se sentant idiote d'avoir pensé ainsi. « Pour moi aussi ça a été une période de ma vie plus que géniale, que je ne pourrais jamais oublier. C'est simplement que j'avais l'impression que ce n'était pas réciproque. » Matthias chercher à la rassurer avec des mots doux, des mots simples qui arriveraient à lui montrer à quel point il tient à elle. Bien sur qu'elle tient à lui et qu'elle ne veut pas oublier toutes ces souvenirs heureux. Alors forcément, elle pose sa tête, sur l'épaule de son premier amour, innocemment, juste pour retrouver un peu de cette complicité qu'elle croyait envolée depuis un certain temps maintenant. Mais à les voir ainsi, à une heure avancée de la nuit, sirotant leur cocktail tels deux amis profitant de la vie ensemble. Sauf qu'ils ne sont pas que de simples amis, ils ne sont pas simplement deux personnes partageant quelques secrets, quelques confidences. Ils sont plus que ça, bien plus que ça. Au-delà d'une amitié forte, ils ont un passé, des souvenirs amoureux, tout un passif qui les force à être plus que des amis. Pas amants, mais pas amis non plus. Un autre niveau de relation, une autre sorte d'échange, que eux seuls sont capables d'aborder. June ne sait pas où tout cela va les amener, où ils vont se diriger mais une chose est sure, ils vont définitivement vers la même direction, peut-être pas ensemble, mais regardant le même horizon. June relève doucement la tête vers Matthias, plongeant son regard dans le sien, fusionnant avec le jeune homme qui fut un temps son amant, son meilleur ami, son premier amour. Et finalement, tout en posant une main sur sa joue, elle vient déposer un doux baiser sur ses lèvres qui se fait un peu plus pressant, un peu plus passionnel. Et elle le sait, Matthias ne la repoussera pas, car ce soir, il n'y a plus d'Alaina, plus de Seth, plus d'autres personnes, uniquement eux deux, deux êtres liés à vie.
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MessageSujet: Re: give it all away. june + matthias Lun 26 Jan - 16:40

Lorsque j'étais venu ici, avec en tête l'idée de m'excuser, je n'avais jamais pensé en arriver à de telles confidences. Néanmoins, et vu le tournant que la discussion avait pris, il avait été impossible d'éviter cet aveu dérangeant. Et la réaction qui en avait découlé. « Crois-moi, l'envie de m'auto-flageler a longtemps été forte. » Déclarais-je en levant les yeux au ciel, moi-même conscient de ma lamentable erreur. Rien n'avait été logique, dans cette histoire sordide. Rien n'avait fait sens. Et j'avais amèrement regretté cette trahison, faite à Nastassia, sans pour autant jamais lui révéler la vérité par peur de la perdre définitivement. Elle n'avait pas mérité ça. Ni la tromperie, ni mon silence coupable, ni ma présence à ses côtés. « Je ne peux pas les blâmer. Aucune d'entre elles. Elles savent que je n'ai jamais franchement été un enfant de chœur... » Fis-je remarquer en haussant les épaules. Et ça, c'était le moins que l'on puisse dire. June le savait parfaitement, puisque sentimentalement parlant, nous avions nous-même orchestré et joué un rôle crucial dans quelques ruptures restées mémorables. « Et les dates coïncidaient à la perfection. Je peux comprendre les soupçons. » Ce qui ne signifiait pas que je les acceptais. Surtout venant de la part d'Alaina. J'aurais préféré qu'elle vienne m'en parler, qu'on mette les choses à plat, plutôt que de la voir s'éloigner et prendre tout pour argent-comptant. Un fin sourire glissa sur mes lèvres alors que June finissait en descendant complètement Tessa. « J'avais oublié que j'avais besoin de ton approbation. » Notais-je, un brin moqueur. La vérité étant, je n'avais jamais été amoureux de la Bêta. Oh bien sur, elle était jolie et gentille. Attentionnée et délicate. Sure d'elle et déterminée. Elle m'avait plu, mais ça n'avait jamais été autre chose qu'un coup de cœur, puis une douce habitude. « Ça ira. C'est passé maintenant. C'est la seule qui m'a demandé des explications, et qui a accepté de me croire sur parole. Mais sur le coup, ça l'a choquée. Elle ne pensait pas que je serais du genre à abandonner un enfant après ce qu'il est arrivé à.... » Notre petit frère. Mais les mots vinrent mourir sur le bout de mes lèvres, et ne sortirent jamais. Qu'importe ; June savait. Elle était suffisamment intelligente et vive d'esprit pour faire le rapprochement. « Enfin tu vois, quoi. » Conclusion maladroite pour me dépêtrer des confidences dans lesquelles je m'étais involontairement engouffré. Un fin sourire passa pendant quelques instants sur mes lèvres, alors que l'Epsilon faisait référence à son habituel comportement. Celui d'une garce, qui n'hésite pas à éclabousser les autres si cela se révèle être nécessaire. Une façade, en réalité. « C'est peut-être ce que tu veux montrer. » Fis-je remarquer en haussant les épaules, peu convaincu par les propos de l'Epsilon. June, la reine des saloperies ? En apparence, oui. C'était d'ailleurs cette arrogance qui m'avait d'abord plu en elle. Mais j'avais dépassé ce stade depuis bien longtemps. Et son épaisse couche, la carapace qu'elle réservait habituellement aux inconnus, cela faisait bien longtemps qu'elle s'en débarrassait auprès de ceux qui lui étaient proches. « Mais ce n'est pas ce que je vois. » Ajoutais-je, presque désolé de ma propre clairvoyance à son égard. Le temps avait peut-être passé et gommé nos habitudes, mais il n'avait eu aucun effet sur la connaissance profonde que nous avions l'un de l'autre. « Mais je te connais, et je sais que tu es honnête. Ne me cherche pas d'excuses, je suis indéfendable sur ce coup. » Fis-je remarquer d'une voix calme et posée, acceptant sans rechigner la responsabilité que j'avais eu dans cette histoire. Elle pouvait se la jouer garce ou reine des glaces en public, je m'en fichais complètement. Sa carrière, sa notoriété, ses ennemis mondains, c'était ses problèmes. Je pouvais comprendre son attitude, mais la mienne restait... Terrible. Ridicule. Honteuse. Mais le mal était fait. Trop tard. Profitant de l'apaisement de la situation, et du soulagement qui naturellement s'en suivait, je l'ai interrogée sur sa relation avec le Delta. Je savais que je marchais sur des œufs, et je pris toutes les précautions nécessaires. Je ne voulais pas la blesser à nouveau. « Qu'est-ce qu'il s'est passé, au juste ? » Demandais-je d'une voix douce, qui n'était ni pressante, ni cassante. Voyant qu'elle s'apprêtait à me répondre, et anticipant sur des propos qui n'étaient que pures balivernes, je l'ai immédiatement stoppée. « Et s'il te plaît, épargne-moi le couplet dénué de sens que tu as servi aux média et aux autres étudiants. Ça prend pas avec moi. » Elle avait peut-être avoir trompé tout son monde avec ses talents d'actrice, mais derrière la façade et les déclarations bien huilées se cachait une vérité toute autre. J'en étais convaincu. « Elle est partout. » Fis-je remarquer en souriant, pointant du doigt un cadre derrière June. Sur la photo, Savannah souriait largement devant l'objectif, et avait cet air innocent si caractéristique de l'enfance. « Et elle te ressemble énormément, physiquement. » Quant au reste, je n'en avais strictement aucune idée. Mais une petite voix dans ma tête me disait que bientôt, cette ignorance ne serait plus. Bientôt, j'apprendrais à connaître Savannah. Surtout maintenant que j'étais réconcilié avec sa mère. « Je préfère que tu me demandes, plutôt que de rester avec des doutes pareils. » Assurais-je, alors qu'elle me disait que ses interrogations avaient été les seules explications qu'elle avait trouvé. « Et puis tu me connais ; si je veux dégager des gens de ma vie, je les tiens au courant. » Parce que je fais ça dans les règles de l'art moi, même si ce n'est pas souvent de la manière la plus douce qu'il soit. Finalement, mon géniteur m'avait peut-être légué quelque chose – même si j'étais nettement moins procédurier que lui. Les tribunaux étaient loin d'être mon lieu de scène préféré. « Le temps a passé. Ce sont des souvenirs lointains. » Des souvenirs que l'on n'avait peu mentionnés, que l'on avait peu partagés, que l'on avait peu ravivés. Qui, de toute façon, était là pour témoigner du bon vieux temps ? Les gens que nous fréquentions lorsque nous étions à Paris étaient soit en France, soit dispersés aux quatre coins du monde. « Mais je ne les nie pas et ne nierai jamais. » Parce qu'ils font parti de moi, de mon histoire, de la personne que j'étais devenue aujourd'hui. « Et si jamais un jour, tu viens à en douter à nouveau, viens me trouver. Je te prouverai le contraire. » Parce que quoiqu'elle en pense, cette période de mon adolescence avait été géniale. Je la savais révolue, mais l'échange que je venais d'avoir avec June ne faisait qu'entretenir la pérennité de nos moments. Je l'ai laissée faire lorsqu'elle a posé sa tête sur mon épaule. Laissée faire lorsqu'elle a posé sa main sur ma joue. Et laissée faire lorsque, naturellement, ses lèvres se sont posées sur les miennes. Pourquoi me soustraire à ce contact agréable, de toute façon ? Mon couple ne serait plus d'ici quelques heures, nous venions de nous réconcilier, et il semblait évident que nous avions besoin d'un contact familier et rassurant – et donc l'un de l'autre. Mes lèvres abandonnèrent les siennes pour glisser vers son cou, tandis que mes mains l'invitait à se rapprocher davantage. « Rassure-moi, j'ai ton approbation là ? » Souriais-je en me reculant légèrement, faisant explicitement aux mots que nous avions échangé quelques minutes plus tôt. Je profitais de ce court moment d'interlude pour retirer une mèche rebelle qui venait chatouiller le front de l'Epsilon, et pour l'observer comme je ne l'avais plus fait depuis des années. Ses cheveux légèrement ondulés, sa peau délicatement bronzée, son sourire mutin... June était, entièrement, un appel à la tentation, au désir, à la luxure, à la débauche la plus totale. Qu'elle en eût conscience ou non, elle l'avait toujours été : j'étais probablement l'un des mieux placés pour pour en témoigner. Et ce soir, une fois de plus, je me laisserais tenter sans aucune crainte, sans aucune honte, sans aucun regret.
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MessageSujet: Re: give it all away. june + matthias Ven 20 Mar - 23:45

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