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tryin' to live without your love is one long sleepless night (roman&eileen)

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MessageSujet: tryin' to live without your love is one long sleepless night (roman&eileen) Dim 21 Sep - 23:33


« Pas de doute, sauf celui d’être tombé sur une nympho,
une allumeuse patentée, qui vous enflamme à fond les sens
et s’en va sans même vous laisser le temps d’éteindre l’incendie. »


La Ferrari rutilante d’Eileen Rosenbach arpentait les routes sinueuses des collines résidentielles de San Francisco. Sous un ciel d’encre, affrontant la nuit, elle se frayait un chemin jusqu’à la demeure impériale des Da Russo. Sans même marquer un bref temps d’arrêt ou annoncer sa présence à l’interphone, le portail démesurément grand s’ouvrit automatiquement pour la laisser entrer dans ce temple foutrement bien gardé. Des dizaines de petites caméras savamment cachées dans l’allée braquaient leurs yeux dénués de curiosité sur elle, plus loin, des gardes faisaient leur ronde quotidienne afin de veiller à la parfaite sécurité du lieu. Parfois, Roman Da Russo se prenait pour ce qu’il n’était pas, à savoir le président des Etats-Unis d’Amérique. Coupant le contact d’un geste vif, elle s’empressa d’attraper son sac à main en python jonché sur le siège passager, ainsi que le magnum de Roederer Cristal qui roulait sur le tapis. Prenant une longue inspiration, elle réajustait quelques mèches blondes qui se voulaient indomptables et quittait l’habitacle rassurant de l’italienne sans se retourner. Les diamants de sa Rolex lui annoncèrent qu’il était bientôt vingt-trois heures, ce qui en langage Rosenbach, signifiait qu’il était grand temps d’épancher sa soif au champagne millésimé. Face à la porte  blindée, elle hésita l’espace d’un instant, se remémorant les dernières semaines où Roman s’était effacé, jusqu’à disparaitre. Depuis leur séjour dans les Caraïbes, à bord du yacht familial, elle sentait de la part de son meilleur ami une certaine retenue, un éloignement désagréable, un abcès à crever d’urgence. Les conversations s’espaçaient, les rapprochements purement physiques étaient soigneusement évités, tout portait à croire qu’Eileen et Roman, pourtant inséparables, étaient des étrangers l’un pour l’autre. Persuadée qu’il lui cachait quelque chose de parfaitement inavouable, elle avait l’intention de mener son enquête avec ou sans son consentement préalable, elle comptait sur cette soirée pour rétablir la vérité. Il lui était inconcevable que les dérapages qui s’étaient produits entre Cuba et Kingston puissent être à l’origine d’une pareille indifférence semblable à du mépris. Ni une, ni deux, elle entra avec une démarche princière dont elle seule avait le secret. Ses talons affreusement hauts claquaient sur le marbre immaculé de l’entrée, et son corps, qui se voulait être une atteinte aux bonnes moeurs, se reflétait dans tous les miroirs. « Monsieur Da Russo, votre estimée meilleure amie vient d’arriver, vous pourriez -dans un monde idéal- avoir la courtoisie de venir la saluer, éventuellement de la prendre dans vos bras. » lançait t’elle, alors que sa voix mielleuse et surmontée d’une pointe de condescendance retentissait dans toute la pièce. Roman n’était visiblement pas là, ou alors pas disponible, ce qui l’agaçait fortement puisqu’elle estimait passer avant tout le reste. Absolument tout le reste. Rien ne pouvait concurrencer Eileen Rosenbach dans le coeur de Roman, du moins c’est ce qu’elle pensait. Poursuivant sa course, elle le trouva enfoncé dans un large fauteuil bleu Klein, le téléphone vissé sur l’oreille, une masse insipide de feuilles éparpillées sur la table basse face à lui. Les sourcils froncés, l’air contrarié, il portait encore son costume trois pièces de parfait héritier et lui accordait à peine un regard, visiblement trop concentré sur les paroles houleuses de son interlocuteur.


Flashforward - Septembre 2021

La demeure magistrale des Rosenbach-Da Russo s’étendait à perte de vue, telle une oasis verdoyante logée au milieu du désert des Mojaves, à quelques kilomètres de Las Vegas. Installée à l’arrière d’une limousine anthracite, Eileen observait le paysage lunaire défiler sous ses pupilles cristallines. Elle venait tout juste de quitter une réunion de la plus haute importance au Cosmopolitan, le palace qu’elle possédait avec Zadig Rosenbach et inauguré trois ans plus tôt. Entre ses griffes acérées vernies de Chanel, se tenait une bouteille de Dom Pérignon issue d’une cuvée exceptionnelle. « Ce serait trop vous demander de passer la quatrième ? Mon mari est en train de m’attendre et jouer avec sa patience est passible de la peine capitale. A bon entendeur. » se pressait t’elle de préciser, désireuse de retrouver son Roman dans les plus brefs délais. Plus qu’une envie impérieuse de se retrouver dans ses bras, elle était véritablement accro à son odeur, à ses paroles bienveillantes, à son sourire en coin. Roman était l’amour de sa vie, l’autre moitié d’un tout qu’elle avait rencontré trop tôt et appris à aimer trop tard. Adeptes des montagnes russes, ils s’étaient aimés puis haïs, séparés puis retrouvés, leur couple était semblable à un électrocardiogramme en perpétuel mouvement en quête d’un équilibre. Deux aimants inévitablement attirés l’un par l’autre jusqu’à s’entrechoquer brutalement, la folie poussée dans ses plus lointains retranchements, la passion exacerbée -depuis cette nuit-. Quittant la limousine, elle s’empressa d’entrer dans sa forteresse, elle jeta ses clés dans le vide poche en cristal de l’entrée, retira ses escarpins et marcha d’un pas pressé vers le bureau de l’unique homme qui comptait à ses yeux. Enfoncé dans son fauteuil ministériel, il soupirait bruyamment en insultant avec une sévérité maitrisé la personne à l’autre bout du fil. Le nouveau patron de Playboy dirigeait son entreprise d’une main de fer, en témoignait la pile astronomique de documents qui occupait le moindre centimètre carré de son bureau en bois précieux. Du revers de la main, elle envoya valser les feuilles et s’installa face à lui, délicatement elle caressait ses joues sculpturales. S’approchant, elle déposait un baiser sur ses lèvres. Il raccrochait.

S’approchant, elle déposait un baiser sur sa joue. Il ne raccrochait pas. « Navrée de m’interposer entre toi et le connard à l’autre bout du fil. Je monte dans ta chambre lancer le film, tu me rejoindras quand tu seras disponible. » sifflait t’elle en croisant les bras autour de sa poitrine et en agitant le boitier du -Loup de Wall-Street- de Martin Scorsese, un film qui aux dernières nouvelles, faisait parti du top dix de Roman. Vexée du peu d’attention qu’il lui avait témoigné, elle grimpait à l’étage en déchaussant ses escarpins dans les escaliers. Loin d’elle l’idée de mettre du désordre chez Roman mais l’indifférence dont il faisait preuve à son égard, lui donnait l’envie irrépressible de le voir chuter sur ces merveilles à quatre milles dollars. Pénétrant dans la chambre de Roman, qu’elle n’avait pas vue depuis presque un siècle, elle s’attarda sur le cadre qui trônait sur le bureau. Eux, un an plus tôt, bras dessus, bras dessous, à sa soirée d’anniversaire. « La classe, l’élégance, l’allure, ça ne s’invente pas. » concluait t’elle en posant la bouteille encore fraiche sur le bureau et en se laissant tomber sur le lit. Tout ici sentait le Chanel Allure Homme Sport, un savant mélange de raffinement et de virilité qui caractérisait parfaitement le propriétaire des lieux. Fixant longuement le plafond, elle perdait patience jusqu’à ce qu’une idée parfaitement déplacée immerge dans les profondeurs les plus sombres de son esprit. Convaincue que Roman lui cachait quelque chose qui expliquerait son brutal changement de comportement envers elle, Eileen s’octroya le droit divin de fouiner dans ses affaires afin de trouver le coupable parfait ou même l’ombre d’un indice pouvant la mettre sur la voie. Basculant son corps jusqu’à atteindre le tiroir de la table de chevet, elle hésita un court instant, violer l’intimité de Roman, parce que c’était précisément ce qu’elle était en train de faire, n’était pas une idée. Qu’importe, la curiosité prenait le dessus, et très largement. « Roman, membre éminent de la mafia Russe... » murmurait t’elle dans un soupir en s’emparant de sa trouvaille. Un Smith & Wesson flambant neuf, une crosse dorée rutilante, ses initiales gravées sur le manche. Elle ignorait qu’il était adepte des armes à feu, elle pensait qu’il n’y avait que Zadig pour posséder son armurerie personnelle, visiblement non. Roman craignait t’il pour sa sécurité au point de conserver un revolver dans sa table de nuit. Sans s’attarder davantage, elle referma le tiroir, le reste ne valait pas qu’on y accorde une attention particulière. Boites de médicaments, préservatifs, quelques pièces de monnaie, et des chewing-gums à la menthe. Rien. Se redressant dans la précipitation, elle ferma furtivement la porte afin de masquer son crime commis de sang-froid. Ses pupilles brillantes se baladaient dans la pièce, elle tentait de se mettre à sa place. Si elle était Roman, où cacherait t’elle les choses compromettantes. Instinctivement, elle se dirigea vers le bureau, ça pouvait sembler trop évident mais elle le connaissait bien, et il était très probable qu’il soit, comme son papa, amateur des tiroirs dotés d’un double fond. Dans une autre vie Eileen aurait pu être une experte en cambriolages, mais pour l’heure, la milliardaire était trop occupée à dilapider la fortune familiale. Sans hésiter cette fois, elle vida le contenu des deux tiroirs sur le bureau et s’apprêtait à taper le fond afin de vérifier ses estimations, sauf qu’un détail attirait son attention, l’a stoppait dans sa course. Une épaisse pochette crème portant la mention -Playboy-. Roman avait visiblement des projets, des projets qu’il avait jugé bon de garder sous silence. Elle feuilleta brièvement le contenu tout en ouvrant l’oreille au cas où il déciderait de la rejoindre plus tôt que prévu. Il s’agissait de documents relatifs à un éventuel rachat de la compagnie mondialement connue pour ses filles en string , et ses couvertures dépassants les limites de l’indécence. « L’enfoiré ! » grinçait t’elle, en refermant rapidement le dossier, si elle avait su ça plus tôt, elle lui aurait offert la suite du Palms pour son anniversaire. Donnant un coup fugace sur le fond du tiroir, elle entendait parfaitement le bruit creux caractéristique de la présence d’une section cachée. Tirant un minuscule loquet parfaitement dissimulé, elle tombait sur le trésor tant convoité. Tout d’abord, un petit sachet d’une poudre blanche non-identifiée, sûrement de la cocaïne, un cd gravé ne portant aucune indication supplémentaire, des photos préjudiciables de Roman à l’occasion de soirées trop arrosées. Il était accompagné de filles à moitiés nues, qui lui léchaient le visage avec une vulgarité nauséeuse, ça lui brulait la rétine et ça n’expliquait en rien son indifférence des dernières semaines. Allumant l’écran plat et le lecteur DVD, elle balança l’étrange cd à l’intérieur. Qu’est ce qui valait le coup d’être planqué aussi soigneusement ? Après un temps de chargement intenable, la vidéo démarrait enfin. Elle crut vomir, mourir sur place, dénoncer une trahison impardonnable. Roman Da Russo se foutait t’il de sa gueule ? Etait t’il obsédé par l’industrie du cul au point de conserver dans sa chambre une copie de la sextape de sa meilleure amie vieille de trois ans ? Il faisait donc ça le soir, lorsqu’il était tout seul chez lui, il prenait son pied en commentant les exploits sexuels passés d’Eileen. C’était glauque, et sale. Elle était à deux doigts de descendre comme une furie dans le salon et de lui attribuer la gifle la plus mémorable de sa vie mais, elle fut contrainte de se raviser, parce qu’elle avait fouillé. Parce qu’elle n’avait pas pu tomber là dessus par hasard. A force de chercher on finit toujours par trouver. Elle inspira un grand coup afin de garder le parfait contrôle de ses émotions, pourtant elle voyait rouge, elle avait des envies de meurtres. Véritablement. Puis, elle l’entendit, à l’étage du dessous, il venait de raccrocher, il serait là d’une minute à l’autre. Le temps pressait. Elle rangea rapidement les tiroirs qu’elle avait éventrés et chercha une solution qui justifierait que le film ne soit pas lancé, qu’elle ne se soit pas encore glissée sous les draps comme elle avait pour l’habitude de le faire. Sans prendre le temps de la réflexion, elle ouvrait la bouteille de champagne et en versa sur sa robe de couturier, jusqu’ici neuve et intacte. Son acte tenait du sacrilège, mais s’avérait être la seule excuse qu’il accepterait volontiers d’avaler. Elle retira sa robe en un dixième de seconde et se précipita dans le dressing de Roman parallèle à la chambre. Son palpitant battait à tout rompre, et elle commençait à sérieusement se demander pourquoi s’était toujours elle qui finissait à moitié-nue. Attentive au moindre bruit, elle percevait le grincement caractéristique de la porte. Roman venait d’entrer. « Ferme les yeux, je suis en sous-vêtements. Je me suis renversée du champagne dessus en voulant ouvrir la bouteille, ma robe est foutue. » expliquait t’elle en parfaite petite menteuse, alors qu’elle discernait des ricanements moqueurs s’échapper des lèvres de Roman. « Je t’emprunte une chemise, ça t’évitera de lécher les particules de champagne sur ma peau. Saint-Laurent ou Dior Homme ? » le questionnait t’elle en revenant dans la pièce avec deux cintres à bout de bras, et elle en lingerie Agent Provocateur au milieu. Pour dissiper tout soupçon, ensorcelez la cible. Dangereuse, sensuelle et provocatrice à souhaits, elle s’avançait vers lui avec une démarche féline, avant de se décider pour la Dior. « C’était qui au téléphone ? » Enfilant la pièce de soie, ses yeux se posèrent sur le bureau, elle avait oublié de remettre une feuille à sa place. Une facture insignifiante mais pas à sa place, il allait forcément le remarquer. Tant pis, elle trouverait une excuse au moment voulu, pour l’heure, elle devait impérativement détourner son attention. « Tu m’as manqué Roman. » Et pour cause, rester sans nouvelles de lui s’apparentait à de la torture, à un déchirement du coeur, à un abandon insurmontable. Cette soirée était placée sous le signe des retrouvailles, du moins elle l’espérait. Sans perdre davantage de temps, elle posa sa tête dans le creux de son cou, attendant avec un désir incommensurable qu’il l’a prenne dans ses bras. Elle avait besoin de lui, et elle espérait que c’était réciproque. Elle voulait le retrouver, parce qu’elle était, depuis cette nuit, à lui.

 
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MessageSujet: Re: tryin' to live without your love is one long sleepless night (roman&eileen) Dim 5 Oct - 19:14


tryin' to live without your love is one long sleepless night



Roman&Eileen ⊹ Roman Da Russo trônait sur l’immense fauteuil qui paradait au centre de deux canapés aux dimensions titanesques. D’un bleu nuit contrastant avec le blanc immaculé des immenses pans de murs qui entouraient la pièce, il était le siège du salon, l’objet sur lequel tous les regards se tournaient. Sublimé par des contours en dorure caractéristique des pays arabes, il avait payé une fortune pour obtenir cette pièce de collection mais dorénavant, le velours typique du coussin faisait pâlir les nombreuses fortunes qui étaient entrés en ces lieux et lui donnait l’impression d’avoir encore fait, la plus merveilleuse des affaires. Assit sur l’objet de convoitise des grands collectionneurs du pays, il soupirait encore et encore. Son regard sombre n’était rien d’habitude comparé à l’humeur qui se dégageait dorénavant de son visage fermé et d’un désarroi des plus totales. A ce moment précis, et même s’il gardait un sang froid implacable, il aurait pu très bien jeter le téléphone que qu’il tenait en main, à travers la pièce, pour le faire passer par la baie vitrée colossale, ouverte sur une piscine abyssale où les eaux se noyaient à la vue de la mer, qui se profilait à l’horizon sans aucun discernement possible entre les deux bassins. La lumière s’y reflétait en cascade d’étoiles qui baignaient le salon d’une aura céleste. Mais ce qu’il imaginait autour de lui n’était pas un doux paradis mais plutôt les flammes de l’enfer, crépitant au rythme des battements irréguliers de son cœur et en accord avec les pulsations de son sang, qui cognait à travers ses veines, constatant ainsi la colère qui l’habitait tout entier. Sa voix s’élevant dans le silence pesant de la demeure de taille inégalé sur la côte, avait quelque chose d’affreusement grisant. Comme s’il proclamait des évidences dont il n’arrivait à me résoudre totalement. Désagréable et méticuleusement prêt à rendre responsable son interlocuteur de certains désastres économiques qui touchaient le journal, il ne prenait cependant pas un malin plaisir à appuyer sur chaque problème qui aurait pu être résout quand bien même il s’occupait de presque tout, de San Francisco. Ses bureaux s’étaient ouverts dans l’agence évènementiel dans laquelle il travaillait en free-lance et il avait reprit les reines en main d’un empire qu’il avait créé à ses vingt ans et qu’il considérait comme le plus beau des projets qu’il avait accomplit et dressé jusqu’à un sommet plus ou moins flou à présent. Mais ça n’avait pas toujours été ainsi. Sans modération il s’était voué à son travail et avait procuré à cette ambition, l’énergie colossale qu’il y avait à fournir pour créer un magasine qui pourrait détrôner un jour Playboy. Mais tout commençait à s’effondrer sans que Roman Da Russo ne puisse tenter de redresser les colonnes vertigineuses qui s’écroulaient les unes sur les autres, balayant l’édifice de sa vie en l’espace de quelques secondes affreusement longues qui lui permettait d’assister au désastre sans avoir la force nécessaire pour stopper ce mouvement de domino. Responsable d’une affaire qui l’avait fait connaître bien jeune et aimé de nombreux investisseurs et actionnaires, il était clair aujourd’hui que, si Roman Da Russo n’était pas prêt dorénavant à quitter la stratosphère des affaires, son magasine lui, pouvait à tout moment détruire un avenir qu’il avait toujours imaginé dans le business hautement étriqué du charme féminin. Le bonheur des hommes par le plaisir des hommes. C’était son business, son rêve de grandeur. Parce que Roman Da Russo aimait les femmes mais aussi parce qu’il aimait l’insolence, les vices et plaisirs secrets, le sexe à s’en retourner les sens, les fêtes délurés sans nuances et aussi parce que l’héritier d’une famille au nom prisé était fou du fric. Il aimait ça, voulait s’y baigner dedans. Depuis son plus jeune âge il avait été couvé et choyé comme jamais. Un gosse pourri gâté où l’engrenage de sa vie le poussait à reprendre les traces de son père mais à s’élever encore plus haut. De la fratrie, Roman avait toujours été le plus visionnaire. Celui qui accumulait les idées rocambolesques et les folies luxuriantes à n’en plus pouvoir comprendre ce qu’il se passait réellement dans sa magnifique tête brune. Et l’argent il fallait le gagner autrement qu’en faisant comme tout le monde. Ouvrir une société innovante c’était fait et refait. Les idées se volaient, les entreprises se chevauchaient pour tenter de combler leur notoriété empiétant sur celle des autres. La guerre des médias était enclenchée quand bien même finalement, ils en restaient au même stade. Des monopoles, il n’en existait qu’une mince poignée. Mais Roman voulait révolutionner cela. Autant choisir un marché sur lequel il ne se sentirait pas enraciner, inextirpable parmi les nombreux concurrents qui entouraient son corps. Roman Da Russo avait besoin d’être vu, il ne se mêlait pas à la foule et il était hors de question qu’il s’immisce au milieu d’une masse grouillante d’entreprises pour n’en ressortir sans aucune image supplémentaire. Alors il s’était tourné vers le marché du sexe. Et ça avait marché. Incroyablement intelligent, doué d’un charisme exceptionnel, Roman Da Russo était considéré comme un leader d’opinion qui élevait sa voix bien au-dessus des autres. Il avait su créer un empire grâce à sa fougue talentueuse et à son ascendant incroyablement culotté pour son jeune âge. Mais ça avait fonctionné, on l’avait suivit dans cette aventure, les investisseurs avaient marché et sortis des liasses de billets verts qu’il avait mit dans l’objet de tous ses désirs. Mais il était partit à Berkeley. Et le revers de la médaille s’était écrasé sur toute sa bonne volonté. Des mois de dur labeur pour rattraper le tir avaient été un achèvement physique déterminant. Aujourd’hui et durant l’été, les ventes avaient redécollées, les effectifs avaient doublé et la société semblait reprendre sa croissance qui avait été ralentit pendant un temps restreint mais des plus dangereusement ébranlant. Mais ça n’avait pas l’air de suffire apparemment. Alexander au bout du fil, il pestait contre la nature méprisante de son appel. Il lui faisait part des estimations et autres pourcentages de croissance future dont l’epsilon se fichait éperdument. Qu’on lui dise qu’il ne peut pas faire quelque chose et il le ferait. Et s’il avait écouté toutes les mauvaises langues qui lui avait dit que le journal ne tiendrait pas plus de quelques mois, il aurait été bien déçu de lui-même. Quatre ans que que le Da Russo tenait d’une main ferme les reines d’une presse écrite les plus lues du monde entier. Les journaux d’actualité s’effondraient alors que cette activité s’élevait sans cesse un peu plus. Mais pas assez. Ses rêves de grandeur empiétaient sur la réalité du marché et sur les répercutions tenaces d’une crise qui endeuillait les plus beaux projets de jeunes adultes comme le jeune homme. C’était les rêves d’une enfance qui avait conduit à ce terme. Mais la société s’écroulait peu à peu et son projet flambait avec elle. Les banques n’aideraient pas car elles avaient déjà bien du mal à s’en sortir toutes seules. Roman aurait dû lâcher prise mais il en était hors de question, il n’imaginait pas une seule seconde anéantir tout son travail au profil du néant. Parce qu’en plus de tenir à ce projet il en avait d’autres en tête. Mais ce que l’epsilon désirait réellement c’était pouvoir conquérir tous les marchés et ne pas enjamber chacune des barrières qui les encerclaient afin de s’y installer une place de maître mais qui serait d’une unicité désarmante. Roman Da Russo voulait conquérir tous les emplacements possibles. Mais comment était-ce possible s’il assumait l’idée de mettre la clé sous la porte aujourd’hui ? Ce n’était en rien une solution envisageable et intraitable sur le sujet il le montrait avec véhémence pendant que son interlocuteur s’égosillait pour exposer son point de vue à travers les retombées négatives qu’exprimaient Roman. Il lui coupait la parole, n’admettait pas les critiques de son meilleur ami et associé. Alexander était le seul qui semblait pouvoir lui tenir de tels propos avec un respect presque dissimulé derrière l’irritation grandissante que lui provoquait le déni de Roman. Mais alors que l’epsilon haussait de nouveau le ton pour gronder son insupportable mépris, son attention se portait en une fraction de seconde sur l’immense porte d’entrée qui s’était ouverte plus loin. En échos, le son des talons aiguille de son non-désiré invité, se répercute à travers le haut plafond et les colonnes de marbre brut qui longe l’entrée surdimensionné de la villa. Il n’a même pas besoin de tourner le regard vers l’impertinence de l’hôte pour savoir de qu’il s’agit. Qui serait entré sans même se permettre de sonner à la porte ministérielle qui laissait les intrus à ses pieds ? Eileen Rosenbach, personne d’autre. Car personne n’était assez fou pour venir le déranger lorsqu’il n’en était pas convié. Personne n’aurait imaginé que les convenances étaient de venir délier un Da Russo de ses activités quand bien même ses pensées s’affairaient à une situation des plus houleuses. Il entend sa voix déstabilisante s’élever avec force vers lui mais concentré sur les paroles du jeune Astoria toujours plus contraignantes pour lui et leur amitié ébranlée chaque jour par le cœur de leur alliance. Non, il ne faut pas se concentrer sur Eileen mais plutôt sur le sujet de sa révolte qu’il tentait de taire par un calme presque inhumain en vue de la situation face à laquelle il devait faire face. Une main cache son regard et il entend à demi-bruit, la Rosenbach se dresser contre l’immensité des escaliers colossaux pour rejoindre sa chambre. Douce tentation pour de nombreuses femmes, Eileen pouvait au moins se dire qu’elle avait eu l’honneur incommensurable d’y entrer un nombre improbable de fois. C’était bien la seule qui avait son laisser passer, dédicacé et plébiscité par toute la gente féminine aux alentours. Il soupirait de nouveau, détachait son regard de la paperasse nombreuse, qui s’éparpillait sur la table en marbre, prostrée face à son insupportable caractère, poussé à son point culminant dorénavant. Il se reposait enfin contre le dossier du siège en passant une main désobligeante dans sa longue chevelure aux reflets cuivrés en maugréant contre les aléas du marché. Bougonnant un au revoir des plus glaciales, il raccrochait enfin, le nœud dans sa poitrine, tenaillant sa gorge et transformant sa voix en un pic de rudesse et de rigidité qu’il était impossible de contrôler.

Flashforward . Le bureau siégeait au milieu de la pièce d’une immensité presque ridicule par rapport à celles qui la juxtaposaient à quelques mètres de là, derrière la porte close. Son regard longeant les pics des immenses bâtiments en acier et en verre, Roman Da Russo semblait au sommet du monde, au-dessus de toutes figures humaines, là où personne ne semblait l’atteindre. Téléphone coincée contre l’oreille, son attention n’était pas maximale et, les pieds négligemment posé sur le coin du mobilier ancien, il aspirait à voyager. Rapidement mais sûrement, le travail colossal dont il témoignait par sa position culminante, ne lui avait pas laissé une seule minute de répit. Si d’ordinaire, il avait toujours été d’une nature à donner chaque parcelle de ses idées créatives, à l’élévation de son prénom et nom assemblés, il remarquait dorénavant, qu’une pause aurait été accueillit avec une allégresse non feinte. Par quelques remarques subtiles il présageait à son interlocuteur les bonnes manières d’accomplir un travail qui serait sûrement plus apprécié à la prochaine parution du journal. Sa phrase n’était achevée qu’il apercevait alors, la porte s’ouvrir et les immenses jambes d’Eileen, se profiler sur le pas de l’entrée. Divine tentation qui semblait inébranlable même après tant d’années de dévotion, le regard de l’actuel directeur général de Playboy, ne se détachait plus de sa démarche affreusement féline, qui obnubilait son attention, et persécutait le moindre de ses souvenirs qui se ravivaient sans cesse lorsque leur deux regards se mêlaient. Il lâchait alors le stylo Swarovski qu’il tenait en main quand bien même il n’avait finit de rédiger ses notes de sa discussion et venait alors se repositionner contre le dossier de l’immense siège en cuir d’un noir de jais, avec un sourire radieux sur les lèvres. Il faut que je te laisse, j’ai une urgence. Je raccrochais sans même attendre la moindre réaction de la personne au bout du combiné. Lorsque Roman Da Russo se retrouvait face à sa femme, il fallait l’oublier. Complètement. Le baiser que sa dulcinée lui avait volé avait assez envoûté son esprit pour qu’il s’attribue une pause et peut-être bien à un terme plus avancé. Empoignant la taille fine de Madame Rosenbach-Da Russo qui était dorénavant assise face à lui, il déposait un baiser fugace au creux de son cou en se redressant face à elle, la coinçant au creux de son étreinte pour profiter de sa présence au milieu du fléau que représentait la compagnie Playboy. Roman Da Russo avait réussit et avait revigoré la compagnie en redorant le blason d’une entreprise qui virait à une obscénité impensable. Alors l’ancien epsilon avait revu la classe et l’élégance du milieu en faisant du corps de la femme une œuvre d’art bien plus qu’un simple produit de consommation. Il avait changé les idées du plus grand et ce, contre la volonté de nombreux actionnaires qui l’avait prit pour un fou de penser une seule minute qu’il pouvait avoir tous les droits même au sommet. Mais ça avait marché. Embrassant avidement les lèvres d’Eileen, Roman s’écartait alors, non sans garder prise sur le corps de la jeune femme qui était sienne depuis plusieurs années et même au-delà. Une main glissant le long de sa cuisse qui encadrait à présent son bassin, Roman admirait chaque trait parfait du visage de son ancienne meilleure amie avant de prendre la peine de lui dire à quel point chaque minute loin d’elle était un supplice inédit. Les apparitions de ce genre sont les mieux accueillie. Tu devrais venir bien plus souvent. Et ça tombe bien que tu sois là, j’aurais quelque chose à te demander. Il prend son temps, caressant son visage tout en passant une mèche de ses cheveux rebels, derrière son oreille où pendait des diamants qu’il lui avait offert à leur anniversaire de mariage. Evidement, ce cadeau n’avait été que l’amuse bouche avant le véritable déluge d’offrandes qui ne seraient jamais à la hauteur de sa magnificence. Est-ce que ça te dirait de partir en vacances ? Paris peut-être … Ou les Caraïbes… Un sourire malicieux étreignait son visage en proposant devant elle les deux lieux qui avait marqués leur relation à un stade des plus débridés. Il était comme ça le Da Russo, toujours à jouer malgré leur destin qui s’était dorénavant unis à jamais.[flash off]

Roman Da Russo tentait de reprendre contenance et de se redresser. Dénouant sa cravate, il la jetait alors sur le canapé adjacent le fauteuil sur lequel il siégeait et se frottait le visage comme pour essuyer les dernières traces d’ennuis si caractéristiques de ses agissements. Il se redresse et désosse son cou à droite et à gauche comme pour se rassurer que personne n’aurait été témoin de ses ennuis honteusement peu assumés. Roman détestait ce sentiment de trahison parce qu’il reconnaissait en Alexander, de grands atouts mais aussi la responsabilité de ce qui arrivait. Parce que pour l’epsilon, son travail encore et encore aurait dû payer et l’avait fait. Mais aujourd’hui on lui annonçait que ce ne serait pas suffisant. Alors pour l’héritier, cela signifiait une seule chose, que son meilleur ami ne faisait pas son travail de son côté. C’en était trop. Entre ce qu’il ressentait vis-à-vis de ses derniers souvenirs avec Eileen et dorénavant ça. Frustré déjà, de devoir affronter une autre réalité douloureuse, Roman s’avançait tel un homme allant à la mort, vers sa chambre. Les marches défilaient sous ses chaussures italiennes et c’est lorsqu’il arrivait enfin dans l’immense pièce d’une cruelle beauté brut qu’il se perdait dans la contemplation d’Eileen Rosenbach, en proie à un dilemme cornélien. Dior ou Saint Laurent. Ou sinon nue ou rester en sous-vêtement ce n’était pas possible ? Quel con. Roman Da Russo ne contrôlait pas ses pensées qui restaient d’une morosité désespérante. Elle parlait mais ses propos étaient vite ternis par la fatigue qui rongeait son visage et étreignait chacun de ses sentiments confus. Sa vie basculait, les doutes s’accumulaient. Pour tout en ce moment. Elle en faisait partie, grandement. Mais hors de question d’y penser actuellement, dans la situation présente. Une chose à la fois c’était déjà bien suffisant. Il rigole de la situation alors qu’il ne ferme absolument pas les yeux. Depuis quand cédait-il à ses envies quand le plaisir impensable s’exposait à mon regard ? Alexander. Mais ce n’est pas important. Il n’avait pas envie d’en parler, aucune envie de revenir là-dessus. Elle parle de nouveau et ses paroles sont comme un déluge de souffrance supplémentaire. Roman fait n’importe quoi en ce moment et ce genre de propos il n’était pas censé les entendre parce qu’ils étaient inséparables depuis ce jour, depuis cette vie. Excuse moi Eileen, j’ai été débordé ces derniers temps. Mentir, terrible menteur qu’il fait lorsqu’il encercle le corps de sa meilleure amie dans l’étreinte la plus rassurance qu’il tente de transmettre. Son regard s’éparpille dans la pièce pendant qu’il hume son parfum à travers sa chevelure blonde. Un papier sur son bureau attire son regard. Mais il n’y fait pas attention parce qu’il veut profiter de la présence d’Eileen pour se faire pardonner de son absence suspecte. Alors dis moi, tu t’es remise de nos vacances ? Et me dis pas que tu m’as ramené pirates des caraïbes à regarder ! Sourire en coin il faisait mine de rien. Comme si leurs vacances n’avaient absolument pas dérapée. Comme si tout était comme avant. Mais ça ne le saura jamais. Parce que ça n’avait été qu’un mensonge depuis toujours… Pourtant, malgré l'absence total d'envie de démêler les supplices que révélaient Eileen en son fort intérieur, Roman ne pouvait songer à autre chose dorénavant que ce papier, laisser négligemment sur son bureau. Persuadé de ne jamais avoir laissé cette pièce précieuse s'égarer à une place aussi indélicate que celle-ci, le jeune homme fronçait des sourcils et attendait avant d'en parler. Reportait-il le malaise que causait la présence de la jeune femme envers cette simple anecdote ? Possible. Dis Eileen, qu'est-ce que tu faisais dans ma chambre ? Il avait parlé d'une voix calme, dissimulant la paranoïa qui le guettait. Relâchant son emprise sur la jeune femme, il s'avançait dans la pièce et prenait en main le papier qui était resté là, d'une manière si suspecte, qu'il fallait être aveugle pour ne pas comprendre ce qu'il avait bien pu se passer durant son absence. A ma connaissance, ce document n'était pas ici une heure plus tôt... Il ne l'accusait pas néanmoins, il voulait savoir ce qu'elle avait bien pu tramer ici avant son arrivée. Et de la part d'Eileen, il s'attendait toujours à tout, d'où ses suspicions qu'il trouvait, peu veines.



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MessageSujet: Re: tryin' to live without your love is one long sleepless night (roman&eileen) Dim 9 Nov - 23:04

www.musicasparabaixar.org on Grooveshark">I See Ghost (Ghost Gunfighters) by Va - www.musicasparabaixar.org on Grooveshark

« Pas de doute, sauf celui d’être tombé sur une nympho,
une allumeuse patentée, qui vous enflamme à fond les sens
et s’en va sans même vous laisser le temps d’éteindre l’incendie. »


Au sommet de la colline, chancelante, prête à sombrer dans la noirceur et la misère de la ville, se tenait l’imposante demeure de Roman Da Russo. Par delà un mur infranchissable et une allée d’arbres exotiques taillés avec soin, on découvrait avec une stimulation palpable, une réplique étonnante du château de Versailles. La technologie en plus, la royauté en moins. La façade illuminée en permanence de mille feux aveuglants laissait penser qu’un personnage emblématique de l’oeuvre de Fitzgerald demeurait en ces lieux. Or, lorsqu’on s’approchait davantage, ou qu’on avait comme Eileen, la chance inestimable d’être invité, on s’apercevait que tout ce faste et cette abondance de dorures n’étaient rien d’autre qu’un bouclier destiné à faire fuir la laideur environnante. Roman, à l’instar de ses semblables, qui eux aussi évoluaient dans des classes sociales où l’argent était le seul roi, voulait vivre parmi les belles choses, s’abreuvoir de millésimes français, et contempler avec un détestable rictus l’étendue de son immense fortune. Figure énigmatique, atteinte d’un narcissisme exacerbé, il se complaisait au milieu d’un bonheur surfait où chaque miroir lui renvoyait sa propre image à l’infini. Celle d’un homme qui avait déjà tout, mais que le destin avait enfermé dans une solitude morose et nostalgique. Une prison dorée couverte de marbre italien, d’appareils de surveillance, de vigiles baraqués gonflés de testostérone, d’un téléphone encombrant qui lui rappelait que le château de cartes qu’il avait si minutieusement érigé pouvait s’écrouler d’un instant à l’autre. Lui qui aurait voulu s’accommoder d’une vie composée uniquement de plaisirs simples se retrouvait contraint d’assumer une multitude de responsabilités, d’affronter avec courage et détermination ses propres démons, de franchir avec une obstination maladive les méandres que formaient le ruissellement permanent de ses sentiments et de ses impulsions bestiales. Si le feu ardent de la passion qui brulait entre eux existait, Roman avait pris un soin tout particulier à le condamner, à l’enfermer dans une ridicule boite dans les tréfonds de cette demeure clinquante. Il se vantait d’être imperméable à l’amour, aussi froid et anguleux qu’un bloc de glace, depuis qu’ils étaient revenus des Caraïbes, il s’était renfermé sur lui-même, avait éteint l’étincelle d’un souffle cruel. Roman Da Russo s’interdisait les épanchements du coeur de peur de devenir semblable aux personnes faibles et niaises qu’il avait coutume de mépriser. Les sentiments ne le transpercerait jamais. Ni dans cette vie, ni dans la suivante. Et si, elle avait par mégarde, réussi l’exploit brillant de l’effleurer près d’une plage de Cuba, ceci n’était désormais qu’un vague souvenir, une erreur de trajectoire qu’il mettait sur le dos du soleil brulant et de la consommation abusive de rhum. En ce sens, elle s’octroyait le divin de le qualifier de connard sournois. Il se voilait la face de peur de s’enliser dans une fange sentimentale et de lier davantage son destin au sien. Néanmoins, même si elle avait le culot de lui reprocher toutes ces choses et son comportement déplacé, elle ne valait pas mieux. Elle désirait le voir se prosterner à ses pieds alors qu’elle ne se projetait absolument pas avec lui. Depuis que le pacte avait éclaté en un milliard de petits morceaux qui ne s’assembleraient plus jamais, elle craignait de se voir profiler à l’horizon la fin d’une amitié qu’elle estimait plus que tout. Quel était l’intérêt de jouer encore après que la partie soit définitivement terminée ? Il n’y aurait pas de revanche. Elle avait perdu en l’embrassant, il avait gagné en résistant. Des bribes d’amitié perduraient mais pour combien de temps, elle sentait l’atmosphère se charger d’orage et de tumultes, elle prévoyait un cataclysme sacrificiel qui les blesserait tout les deux. Une guerre était en marche, parce qu’elle avait conscience qu’il ne se conterait jamais de ce croquis vulgaire de relation. Roman visait l’exceptionnel, l’exaltation des sens, la surprise et l’adrénaline continue. Jamais, il serait satisfait par une amitié bancale et éclopée, un peu usée par les ravages du temps et des tentations. C’était tout ou rien, ça l’avait toujours été. Le temps était compté et maintenant, les chiffres défilaient, un compte à rebours planait au dessus de leur amitié. Parfois il ralentissait, lorsque son regard croisait furtivement le sien, et d’autres fois, il s’alarmait, s’agitait, quand il haussait la voix et qu’elle découvrait des indices d’une possible bataille. Un disque, à première vue innocent, pouvait être le déclencheur d’un véritable massacre, des secrets soigneusement tus concernant un possible rachat d’une multinationale de l’industrie du cul étaient vus comme une trahison impardonnable. Tout partait en vrille. Avant, elle n’aurait jamais eu l’audace et l’impertinence de mettre à mal ses tiroirs. Avant, elle savait qu’ils étaient liés par un jeu délirant qui les maintenaient enchainés l’un à l’autre. Aujourd’hui il n’y avait plus rien, ni confiance, ni révélations, seulement un désir sauvage profondément enfoui que ni l’un, ni l’autre n’était prêt à assumer. Si elle regrettait de l’avoir embrassé ? Oui. Si on lui offrait la chance de revenir en arrière commettrait t’elle la même erreur ? Absolument. Sa bouche était un appel au vice, une tentation divine, en parfait accord avec ses propres lèvres. « C’est au sujet de The Mating Mind ? » demandait t’elle en enfilant rapidement une chemise sombre signée Christian Dior. Roman ne lui parlait presque jamais de son précieux magazine et encore moins d’Alexander, à qui elle vouait une haine réciproque et viscérale. Néanmoins, depuis qu’elle avait découvert quelques minutes plus tôt qu’il comptait sérieusement s’emparer des rennes de Playboy, elle trouvait répugnant le fait qu’il garde le silence. Depuis qu’ils étaient rentrés de vacances, se taire était la norme, la politique à suivre au pied de la lettre, ça tombait bien, Eileen Rosenbach adorait transgresser les règles établies et dépasser les limites avec une insolence caractéristique de sa petite personne. Puisqu’il décidait de ne rien dire, elle prendrait le parti de tout révéler afin de rééquilibrer les rôles, à commencer par elle-même, sujet de conversation infini et ô combien passionnant et polémique. « J’étais débordée aussi. C’était un défilé dans mon lit. » articulait t’elle alors que ses mots étaient pareils à des lames tranchantes et impitoyables. Le manque de temps était un prétexte bidon, Roman avait tout le loisir de s’en servir avec ses connaissances et ses amis, mais pas avec elle. Hors de question. Elle n’acceptait pas qu’il se cache derrière son prétendu emploi du temps de ministre pour légitimer son absence pesante des derniers jours. « Moi qui pensais ne jamais re-coucher avec Cavendish, j’étais la première surprise. » poursuivait t’elle en affichant un délicat sourire mais en maintenant l’étreinte de Roman contre son corps presque nu. « Garrett, Grace, le barman du Marquee... Dé-bor-dée, dans tous les sens du terme. » concluait t’elle en explosant les compteurs de l’odieux et du vulgaire. Roman récoltait ce qu’il avait semé, elle répondait à son -foutage de gueule- par une vérité limpide et incisive. La fin de la guerre froide, les prémisses de l’offensive. S’éloignant doucement de lui, elle se laissait, putassière de l’extreme, tomber sur les plumes de son lit. Ses jambes interminables et dépourvues de toute trace de tissu s’agitaient dans une danse macabre, Eileen était un appel au viol, suintant d’un désir saupoudré de provocations. Les yeux rivés en direction des lumières scintillantes du plafond, elle se tortillait dans un enchainement de poses suggestives destinées à lui faire du mal, elle le torturait psychologiquement avec un talent dépassant l’entendement. Elle fit sauter un bouton, puis deux, avant de se redresser brutalement dans un râle d’exaltation. Madame était possédée par la rage, imbibée par la folie, une à une, elle abattait les cartes les plus redoutables du jeu. Sensuellement, elle passait une main dans ses mèches dorées, caressait son cou, laissait son index glisser jusqu’au commencement de son décolleté. « Je me suis remise de nos vacances. » Impossible d’être plus explicite, que ce soit dans les mots ou dans les actes. Elle lui prouvait ainsi, qu’elle avait tourné la page, rapidement, aisément et grâce à de nombreuses personnes qui s’ajoutaient dorénavant sur son mythique tableau de chasse. Roman ne parviendrait jamais à faire taire ce goût pour le danger qui brulait dans les entrailles de sa poitrine, jamais il ne pourrait l’endormir avec une vague de compliments et d’humour savamment dosé. Eileen ne jouait plus dans cette cour depuis des années, et pour le faire réagir elle était prête à prendre tous les risques. Elle n’avait plus rien à perdre depuis qu’elle avait officialisé sa défaite sur le yacht familial. « J’avais ramené le loup de Wall-Street, mais peut-être que tu as dans ta vidéothèque personnelle quelque chose de plus ... amateur. » sifflait t’elle en tentant le bras vers la bouteille de champagne déjà ouverte. Prête à porter un toast en l’honneur de la perversité débordante de Roman qui conservait soigneusement depuis trois ans une copie de sa sextape. Elle connaissait ses penchants pour le sexe, ses méthodes parfois tordues, ses envies presque sales, mais là, ça dépassait tout ce qu’elle aurait pu imaginer, même sous l’influence de substances illégales. Comment Roman pouvait prendre du plaisir seul en regardant ça. « Tu n’imagines pas tout ce qu’on peut faire avec un caméscope Sony à quatre-cent dollars. » Volontairement, elle multipliait les sous-entendus de sa fabuleuse découverte. Eileen était capable d’encaisser énormément de choses, il était difficile de la choquer habituellement, mais sur ce coup, Roman méritait une médaille d’or. Le champagne se déversait lentement dans sa coupe en cristal tandis qu’un silence morbide s’installait dans la pièce, ses yeux quittèrent le regard terne de Roman pour contempler la photographie sur le bureau. Ils paraissaient si heureux avant, si soudés, autrefois, ils étaient indissociables l’un de l’autre, ils incarnaient une amitié fulgurante et profondément sincère comme on en voit peu, on lisait sur leurs sourires un amour véritable, une dévotion à l’autre inaltérable. Plus dure en sera la chute. « Sauf qu’on va sniffer une ligne de cocaïne avant, question de vie ou de mort. » Sa mort à lui. Elle était animée par une telle hargne à l’intérieur qu’elle aurait pu se lever d’un bond et lui crever les deux yeux. Elle avait envie de le voir par terre à l’agonie, se tordre de douleur et supplier la grande faucheuse de l’achever. Roman l’insupportait, dans ses paroles remplies de fausses attentions, dans ses actes calculés destinés à la manipuler, dans son comportement creux, vide et inexpressif, il se planquait derrière une vingtaine de couches de peinture mal-odorante, se voilait la face comme le premier abruti venu. Il devenait l’homme médiocre qu’elle lui avait toujours interdit d’être. Quatre ans plus tôt, dans les entrailles de Vegas, elle avait transformé son existence banale en un scénario digne d’un chef d’oeuvre Hollywoodien. Elle lui avait fait découvrir les vertiges de sa destinée diamantée, elle lui avait montré toutes les possibilités mirifiques qui s’offraient à eux, elle lui avait fait la promesse d’une amitié qui échaufferait à jamais ses espérances et qui le comblerait jusqu’à la tombe. En échange, il avait juré d’être à la hauteur et d’assumer ce rôle. Ce soir, par son comportement et ses cadavres planqués dans les tiroirs, il bafouait tout. « J’essayais de trouver le nom de ma remplaçante, ta nouvelle pute, appelle-la comme tu veux. Quelque chose qui expliquerait ton foutu comportement. Mais rien. » répliquait t’elle sèchement en croisant les bras contre sa poitrine, mettant Roman devant le fait accompli. Elle savait qu’il n’avait aucune petite-amie ou quoi que ce soit dans ce gout là, ce qui dans un sens, était dommage parce que ça aurait pu légitimer ses agissements, ou plutôt son absence d’agissements. Roman ne donnait plus de nouvelles. Eileen était devenue un nom dans son répertoire téléphonique, rien de plus. Néanmoins, elle ne reconnaissait pas avoir fouiné dans ses tiroirs à la recherche d’une quelconque preuve matérielle, elle estimait que du moment qu’elle n’avouait pas son crime, elle ne saurait en être coupable. De plus, elle partait du principe que la fin justifiait amplement les moyens. Elle aurait du ne rien découvrir du tout, ni un flingue, ni de la cocaïne, ni des documents concernant Playboy et encore l’une des ultimes copies de sa sextape. « Je cherchais un paquet de mouchoirs pour éponger ma robe, navrée d’avoir violé l’intimité de tes tiroirs. Mais c’est pas comme si tu avais des choses à cacher... enfin aux autres peut-être, mais pas à moi. » souffla t’elle en vidant sa coupe d’une traite et en considérant une nouvelle fois Roman de haut en bas. « N’est ce pas ? ». Elle se mordait la lèvre inférieure, à l’intérieur, elle sentait son palpitant battre à tout rompre, ses poumons qui manquaient d’air, sa cage thoracique se comprimer lentement sous l’effet de la colère, pourtant, elle aurait voulu que les choses se déroulent autrement. Roman était nécessaire à sa survie, elle l’aimait plus que n’importe qui sur cette planète, prendre le risque de le perdre à jamais n’était pas envisageable. Prenant une longue inspiration, elle tentait de retrouver une sérénité passagère. Elle le détestait autant qu’elle l’adorait. « Tu veux pas me prendre dans tes bras et m’embrasser ? Parce que ce sera peut-être la dernière fois. » murmurait t’elle dans un souffle glacial en prenant conscience que tout ce qu’elle avait dit depuis le début de la soirée ne pourrait pas être chassé du revers de la main. C’était le dernier moment d’accalmie avant le début d’une guerre qui serait sans merci.  Il l’avait trahi, avait enfoncé un couteau en plein dans son organe vital, l’avait bercer de mensonges et de belles paroles, même dans un monde idéal il ne pourrait pas s’en sortir indemne. C’était la descente effrayante vers les Enfers. C’était le début de la fin. Le début de la fin.

 
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MessageSujet: Re: tryin' to live without your love is one long sleepless night (roman&eileen) Mer 19 Nov - 16:31


tryin' to live without your love is one long sleepless night



Roman&Eileen ⊹ Roman avait la capacité troublante de se délester facilement des personnes qui frôlaient l’intimité presqu’imperméable de son esprit.  Voulant se procurer le plaisir de se sentir indépendant et sans forme d’attachement aucune, l’epsilon exprimait ses besoins en détalant lorsque le danger apparaissait trop vif, proche, imperceptiblement menaçant devant lui. Il ne comptait plus les fois où son cœur et sa raison avait faillit se distordre à cause d’une seule et même personne mais à chaque fois il avait récupéré assez de conscience tactique pour s’extraire de ses longs bras ensorceleurs qui s’agrippaient chaque jour un peu plus à son corps diablement attirant. Gravitant autour du sommet culminant de l’olympe, éreinté de voir autant d’obstacles délicieux sur sa route, Roman se démarquait par sa maîtrise de lui et sa discipline imprenable. Il avait connu quelques engourdissements de son cerveau à la lueur terne qui dissimulait les corps frêles et idyllique des femmes qui avait poursuivi sa route en martelant son corps de mille et un coups violents. Pour Roman, l’amour était une faiblesse de plus dans un monde emplit de déclinaisons sordides. Il ne voulait pas s’arrêter sur ces basses besognes car elles amollissaient l’esprit et les sens, le prenant en traite à chaque avancée subtile de sa part. Il se statuait sur ces souffrances permanentes comme une perte de temps indéniable qui ne ferait que le repousser, loin de son but ultime, celui d’atteindre l’extrême extravagance de fructifier ses rêves au creux d’une pèle de gens élégants et raffinés tirés à quatre épingles. Son esprit pourtant, s’était suffisamment étiolé pour qu’il comprenne ses priorités et les fasse passer avant tout. Ainsi, il avait trahit Ellie, berner Alexis et avait même traité comme une moins que rien, Jules, quand bien même elle lui rendait le plus grand des services et n’avait rien à tirer de plus de ses belles magouilles managériales. Odieux personnage d’une impudence à toute épreuve, il s’enivrait d’un caractère difficile, hautement indélicat qui écumait les rivages de l’enfer en mettant de côté les prémices de certains troubles qui ne s’en iraient jamais même en fermant les yeux dessus. Car Roman avait beau pourfendre les femmes, leur bonheur et la vie qu’elles avaient espérée à ses côtés, il était en train de faire la même chose avec la seule personne capable de le comprendre sous chacun de ses angles, accepter le moindre de ses caprices, partager les mêmes problèmes futiles d’une immoralité déconcertante. C’était cet idéalisme sentimentale qu’il devait préserver à tout prix et pourtant Roman était en train de piétiner chaque attente d’Eileen en la faisait passer à travers ses différentes conquêtes, à l’ombre même d’un arbre qu’il aurait planté dans son jardin secret, afin de récolter leurs larmoyantes déceptions le concernant. Mû avant, par le désir exclusif de l’argent facile, Roman Da Russo, depuis la rentrée, était en proie à des démons intérieurs qui prenaient de plus en plus de place, faisant reculer son impassibilité dans laquelle il se murait depuis toujours. Un élément catholique d’une grandeur épique avait prit soin de lui faire ouvrir les yeux sur le cauchemar qui l’habitait tout en lui exposant la beauté superlative qu’il n’était pas prêt à admettre au sein même d’une de ses plus belles créations. Son amitié avec la Rosenbach n’avait rien de banale. C’était même tout le contraire. Exposés à la face du monde comme des divins fanatiques des plus grands orgasmes vivifiants, ils passaient leur vie à se battre contre les limites de l’humanisme afin de s’élever à une catégorie plus voluptueuse encore, au rang de tête. Virtuose dans sa manière de jongler avec les gens qui l’entouraient et à ne pas se laisser aplatir par certaines trahisons dont il était le déclencheur premier, Roman avait bien dû mal à se définir comme peu conquis par les images qui se dévoilaient à son esprit, prenant de plus en plus de place… Souvenirs galopants dans les tréfonds de son âme, Roman se ressassait des images déconcertantes et les sentiments consistants qui les accompagnaient, traumatisant son être de mille blessures porteuses d’un terrible secret dont il n’arrivait qu’à apercevoir les formes sans y lire les grandes lignes. Cet été là, Roman et Eileen avait trépassé les barrières lointaines, qu’ils avaient un jour instaurées, dans leur relation et aujourd’hui encore, il se demandait si finalement, ce n’était tout simplement pas lui, qui avait brisé le pacte qu’ils avaient battit l’un face à l’autre, même si les douces lèvres d’Eileen avait été l’apothéose finale qui avait mis fin aux perspectives d’avenir qu’il avait toujours imaginé comme déterminantes pour eux. Aujourd’hui, l’homme au port de tête royale, n’affichait plus qu’une couronne mortuaire face aux doutes qui l’assaillaient et à ses certitudes qui se brisaient, délaissant en lui une douce sensation de vide impossible à combler. Ses espoirs s’égrenaient, ses pensées lui dictaient bien autre chose que d’habitude et toutes ses suppositions étaient vaines quand à l’explication de tout ce qu’il ressentait depuis son retour en ville. Comment lui en vouloir alors, dans une telle situation accablante, d’être l’homme le plus distant du monde envers tous ses semblables et … Envers elle ? Elle avait usurpé ce qui fondait les bases du Roman Da Russo, brisant la vanité éphémère qu’il avait ressentit face à sa gloire temporaire de se sentir au-dessus du lot depuis toujours. Il n’avait rêvé que d’elle dès son retour et ces songes étaient bien connus pour être les désirs de l’âme. Du moins c’est ce que lui avait toujours répété inlassablement Coleen à chaque fois qu’elle tentait de s’immiscer dans sa chambre, assise sur son immense lit, les jambes pendues dans le vide, en se dandinant pour extraire chaque centimètre des pensées de son frère alors qu’il semblait si imprenable. Roman Da Russo n’avait pas été assez vigilant. A force de vouloir se prouver quelque chose d’incertain, il avait finit par se brûler au contact des flammes incandescentes qui se délecteraient bientôt de sa peau imprégnée de la douce odeur d’Eileen. Précurseuse de ses plus grands fantasmes, Roman caressait la longue chevelure dorée de sa meilleure amie alors qu’elle était emprisonnée au creux de ses bras. Mais la poigne était incertaine. Elle n’avait rien à voir avec les élans qui le prenaient lors de leurs longs moments d’absence, lorsqu’il la serrait si fort qu’il aurait pu la sentir s’émietter à son contact. Il laissait de côté ses pensées moroses pour venir se préoccuper du document qui dominait sa vue à présent, simple morceau de feuille bafouée par l’écriture noirâtre times new roman et qui pourtant, avait une importance considérable pour son futur élogieux. Oui, en quelque sorte … Il éludait la question car il réfléchissait toujours à ce qu’elle avait bien pu tramer dans son atmosphère privée. Reportant son regard sur elle, il frissonnait en se disant qu’il laissait entrer le diable dans son antre et qu’en plus, il ne se méfiait absolument pas. Et puis il restait évasif, peu enclin à affronter un sujet houleux car oui, il parlait de The Mating Mind mais il pensait aussi aux épreuves moraux qu’Alexander lui infligeaient quand chaque mot était consigné afin de lui ouvrir les yeux sur sa relation avec Eileen.  De toute manière, l’epsilon était condamné, résigné à errer toute sa vie au bras pâle de la splendeur qui s’était incarnée sous ses yeux et qui filtrait chaque instant de sa vie avec emphase. Mais Eileen semblait piquée au vif par les propos de l’homme pendant qu’elle se reculait et partait dans des élucubrations dont il n’était sûr de comprendre réellement la portée. Immédiatement, la colère qui l’avait assaillit sur le pont du yacht Rosenbach, vint se réveiller en lui, comme un démon inatteignable qu’il avait pensé garder enfermer pour l’éternité. Il se réveillait, prenait possession de chacun de ses mouvements. Roman se contrôlait et gardait ses lèvres pincées afin qu’aucune erreur ne soit commise aux mêmes titres que celles qui avaient dévasté leur soirée cet été, concluant avec ferveur, l’une des plus grandes histoires de ce siècle. T’as pas perdu de temps. Qu’il répondait d’une voix calme, bien trop calme même pour que son impassibilité soit légèrement crédible. La tension palpable sur son visage contredisait les sentiments platoniques qu’il exprimait mais c’était à contre cœur, qu’il s’obligeait à fermer sa joli bouche, épuisée par les sarcasmes. Si vide de toi que tu as besoin de te remplir… Qu’il sortait avec un petit sourire en coin comme s’il jouait comme à leur habitude, à qui provoquerait le plus les sentiments exaltés de l’autre. Mais ce n’était pas une blague de mauvais goût, prononcé avec délicatesse malgré son contenu scandaleux. Non. C’était ce qu’il pensait réellement et elle n’allait pas tarder à comprendre que finalement, Roman ne se foutait pas totalement des activités de la demoiselle. Pour l’instant il restait calme, sur ses gardes, presque comme s’il tentait de contenir tout le flot incessant de pensées abjectes qui frétillaient sous son nez. Et puis, devant sa mine désinvolte, elle s’élançait sur les draps de soie, caressant son corps divin, lui offrant la vue de ses jambes longues et divines accompagnées de son corps complètement dénudé sous le vêtement qu’il lui avait prêté mais dont il apercevait les formes. Se sentant brûler de l’intérieur, Roman observait le spectacle avec un dégoût proche de la répugnance. Mortifié par le scandale portant le nom de la princesse de Vegas, elle exaltait devant lui, ses sens tournés vers un ridicule qui l’aurait presque fait tourner de l’œil d’affadissement si seulement il avait été plus lâche. Ce n’était pas le cas. Alors il observait le spectacle d’un regard exaspéré pendant qu’il exprimait sur son visage, une torpeur désabusé, aux confins d’une aversion profonde pour les attitudes outrageuses d’Eileen. C’est bon, t’as finit tes conneries ? Qu’il disait gardant le contrôle de son corps qui trahissait ses premières volontés. Assidument esclave du spectacle qu’Eileen venait de lui offrir, il s’approchait alors d’elle, redressée enfin après avoir brisé les enclaves d’un monde où elle n’était que le seul pêché. Oui, je vois ça ! En même temps, cela semble si dur pour toi de ne pas t’offrir à n’importe qui en ce moment que je trouvais ça légèrement suspect de te voir tenir plus de deux jours. Roman pointait du doigt la finesse de la jeune femme et son élégance qui se perdait au fur et à mesure que le temps passait. Au moins nous sommes deux. Les nouvelles recrues bêtas ont l’air d’apprécier ma compagnie en ce moment, j’ai pas l’impression d’avoir passé une seule nuit seul. La solitude me manque… Qu’il disait avec un sourire. Un message qu’il lui envoyait ? Sûrement pour lui faire comprendre qu’en ce moment même, en affichant de tels gestes, elle était de trop dans sa chambre. Mais bien évidement, le jeune homme se garderait bien de lui exprimer clairement le fond de sa pensée et préférait jouer sur les mots à défaut de vouloir réellement la blesser. Après tout, tout ça n’était qu’un jeu de plus parmi leurs nombreuses autres incartades envers les règles d’une amitié trop anodine. Sourire en coin à sa remarque, il se disait aux premiers abords qu’elle le connaissait par cœur ayant ramené son film préféré. Mais une ombre passa soudain sur sa splendeur lorsqu’elle répandait un léger arrière goût d’insinuation qu’il ne pouvait dénigrer. Roman avait bon nombre de secrets, il ne serait jamais et pour personne, clair comme une eau limpide au creux d’un volcan. Il garderait toujours pour lui certains secrets et bien évidement, la feuille de papier qu’il avait aperçu trainer sur son bureau était déjà la première preuve qui lui faisait remarquer qu’il avait des raisons de s’inquiéter. Roman Da Russo passait outre les nombreuses incartades d’Eileen mais n’était pas idiot et commençait réellement à comprendre l’ampleur du problème de l’avoir laissé seule, dans sa chambre. Moi non, mais toi tu en sais quelque chose. N’est-ce pas Eileen ? Je me demande d’ailleurs quand tes exploits seront diffusés partout à la télé. Après tout, tu es une petite célébrité et de ce que je vois, plus rien ne te semble hors de portée. Qu’il disait à la suite de ces nombreuses envies de lui insuffler l’idée qu’elle savait tout et qu’elle n’attendait qu’une chose, le mettre devant le fait accomplit, au bas des marches ivoires en haut desquelles, elle l’attendrait pour qu’il s’en prenne plein le visage. Il accentuait chacune de ses remarques, appuyant sur la petite célébrité, écrasant ses nombreux impairs de ses derniers mots… Roman ne supportait plus l’offrande qu’elle lui faisait sans vraiment savoir si elle allait lui donner entièrement le fin mot de cette histoire. Eileen, ma vie entière ne tourne pas autour de ta petite personne. Tu n’es pas supposée fouiller dans mes affaires et je ne me le permettrais jamais avec toi. C’est une chose que tu deviennes la plus grande impertinente de cette université, que tu sois de plus en plus rabaissée par tes actes mais ce n’est pas une raison pour changer tes principes avec moi juste parce que t’as l’envie de complètement dénigrer ce qui me plaisait chez toi ! Qui était ? Qu’elle semblait intouchable et mêlait dans son lit que des hommes aux multiples talents. Aujourd’hui, elle les prenait à l’université, faisait des plans à trois, couchait avec qui le lui demandait et écartait les jambes pour un oui ou pour un non. En clair, Eileen était en train de descendre dans son estime et bien évidement, Zadig et lui-même, se permettraient de le dire haut et fort jusqu’à ce que ça lui rentre en tête. Laisse tomber, en fait je m’en tape, fais ce que tu veux. Qu’il disait en se dirigeant alors vers le bout de papier pour le ranger alors à sa place initiale, se foutant dorénavant éperdument, qu’elle voit qu’il n’avait plus de honte à lui ouvrir son jardin secret. Roman n’était pas dupe, il savait qu’elle avait découvert ce qu’il tramait. Ce qu’il fallait savoir c’était ce qu’elle avait pu découvrir. Et figures toi que si je garde cette vidéo ce n’est pas pour mon plaisir personnel. Si j’ai cette vidéo c’est uniquement pour que son possesseur premier ne l’aie plus en main. T’imagines pas ce que j’ai dû faire pour arrêter ce massacre pathétique alors viens pas ensuite me faire la morale sur mes manières peu habiles de te montrer mon amitié. Parce que Roman s’était toujours évertué à détruire ce qu’il pouvait rester de cette vidéo. Ne voulant pas que les autres consomment impunément les délits virtuoses que représentaient le corps de la jeune femme, il avait fracassé le propriétaire de cet enregistrement pour le lui reprendre. Depuis, elle séjournait, enfermée dans ce bloc d’acier. Il savait que c’était peine perdue. Que d’autres enregistrements feraient le tour des mains perverses des autres admirateurs de la Rosenbach. Mais c’était déjà ça, sa victoire personnelle d’essayer de mettre fin à cette erreur de la belle blonde. Roman l’a protégerait toujours, envers et contre tout même contre ses propres folies qu’elle exprimait à qui voulait l’entendre. Il était comme ça. S’installant à ses côtés dans l’immense lit, il réfutait son invitation à embrasser ses lèvres en levant les yeux au ciel. C’est ce que t’avais dit sur le toit de ce palace à Vegas. A croire que t’as l’air de pas vraiment tenir tes promesses. Il se faisait dédaigneux, totalement défiant face à ses remarques qu’il exécrait. Mais il bouillait intérieurement de rage pendant qu’il s’immisçait à ses côtés, observant son visage proche du sien. Enfouit dans les oreillers de plumes, il détournait ses pupilles vertes vers les lumières du plafond, dansant dans sa chevelure cuivrée. Tu sais quoi Eileen ? Je commence à en avoir marre de tes agissements. Voila qu’il lâchait une bombe, la voix posée, le regard portant toujours son attention sur le plafond surélevé. Ce qu’il lui prenait ? Un ras le bol général car Roman était piégé par la haine des propos de la jeune femme, par la révolte intérieur qui faisait rage au creux de ses veines et surtout, par les sentiments immoraux qui écloraient en prenant place dans chaque centimètre de son cœur, faisant éclater sa vie petit à petit sous son regard impuissant. Alors la solution était peut-être là. Arrêter de jouer à un jeu, arrêter de la laisser penser qu’elle pouvait tout se permettre, arrêter de penser que tout avait changé, au creux de ses pensées les plus enfouies, depuis cet été…



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MessageSujet: Re: tryin' to live without your love is one long sleepless night (roman&eileen) Sam 20 Déc - 2:25


« Pas de doute, sauf celui d’être tombé sur une nympho,
une allumeuse patentée, qui vous enflamme à fond les sens
et s’en va sans même vous laisser le temps d’éteindre l’incendie. »


Sylphide des nuits du désert, elle déambulait dans des tombeaux pyramidaux contre lesquels le sable se transformait en or, mais à l’intérieur il n’y avait que des sarcophages. Des êtres embaumés pour l’éternité, condamnés à errer dans des couloirs labyrinthiques et infinis, à épancher continuellement une soif imaginaire afin de trouver une raison d’exister. L’essence de Las Vegas coulait dans ses veines, elle était la représentation personnifiée d’une ville gouvernée par le vice. Dotée d’un pouvoir démiurgique, elle se vantait d’être l’architecte du chaos à l’origine de la malédiction qui s’était abattue sur la métropole du jeu. Ici, en plein coeur du Nevada, l’amour n’existait pas, tout n’était qu’une partie. Une partie de blackjack, une partie de poker ou une partie de jambes en l’air. Toute son existence reposait sur l’art et la manière de jouer, de tricher et surtout de gagner. Faire chuter les potentiels adversaires pour s’octroyer une place au sommet était l’une des bases de son éducation douteuse. Éclairée par des néons tapageurs, l’artère principale de Vegas était son terrain de jeux privatif où elle exhibait sa grandeur, glorifiait son nom, se perdait dans les limbes d’un Enfer qui lui était destiné. Dans son sillage il avait de la musique, des airs entrainants et extatiques, des perles de champagne, quelques flocons de poudre blanche. Eileen, non contente de s’amuser du malheur des gens, entendait défier la vie, parfaire ses idéaux jusqu’au paroxysme du délire, faire de la folie un état d’esprit, une ligne de conduite. Elle était l’archétype d’une société à la dérive, noyée par l’argent, inondée de privilèges illégitimes et perdue dans les méandres du matérialisme. La princesse qui ne serait jamais déchue de son trône d’ivoire consumait la vie par les deux bouts, imperméable aux malheurs, vaccinée contre la pauvreté, immunisée contre les ravages du temps. Alors, elle évoluait dans son temple clinquant en enchainant les plaisirs sans jamais y trouver une complète satisfaction, parce qu’elle avait tout, sauf l’essentiel. L’invisible, l’immatériel, l’aérien, le condamné, l’interdit, l’épanchement du coeur. On lui avait appris à aimer pour quelques heures et à oublier pour toujours, c’était paradoxal mais ça lui apparaissait normal parce qu’elle était née dans la double capitale mondiale du mariage et du divorce. Réfractaire à toutes formes de stabilité dans ses relations avec le sexe opposé, elle passait auprès de tous pour une nymphomane pathologique atteinte de névroses sérieuses. Un statut qu’elle assumait parfaitement et qui lui conférait une liberté presque infinie. La fidélité n’était qu’une vague notion qui virevoltait dans son esprit embrumé de plaisirs éphémères et libidinaux, l’union qu’une vaste utopie. Par deux fois, elle s’était autorisée à croire aux promesses d’Hollywood. Par deux fois, elle avait récolté du néant, du vide, du rien, c’était comme chercher à attraper de l’air avec ses mains, inutile. Croire que c’est le bon, le retenir, s’épuiser, s’acharner pour au final, s’écorcher vive. Eileen refusait de souffrir, de maltraiter son organe vital pour une passion vouée à l’échec. C’était l’avantage avec les amants d’une nuit, ils n’avaient pas le temps de poignarder son coeur et de s’enfuir avec, parce qu’au matin, elle était déjà loin. Sauf qu’elle était armée contre la trahison, mais pas armée contre lui. Roman était le vestige d’une relation avortée, jamais débutée, condamnée à la platitude éternelle d’une amitié. Pendant quatre ans, ils avaient dansé sur la même rengaine avec lassitude, insatisfaits mais trop fiers pour l’admettre. Leurs lèvres séparées par un pacte invisible, qui désormais n’existait plus. Dans un flou artistique complètement improvisé, où il n’y avait pas la moindre petite règle, ils oscillaient entre haine réciproque et passion dévorante, entre confidences et invectives tranchantes. C’était tout ou rien. Surtout rien. Parce qu’elle se raccrochait naïvement aux souvenirs de cette amitié qui n’était plus et ne serait plus, l’espoir avait foutu le camp au milieu de la mer des Caraïbes. Les morceaux ne recolleraient plus pour former un tout, ni dans cette vie, ni dans la suivante. Elle en avait conscience maintenant, mais pas lui. Roman ne renonçait jamais, il était incapable de faire preuve d’abnégation et pourtant, elle voulait le confronter à la réalité. Il devait visualiser l’étendue des dégâts pour comprendre qu’ils étaient toxiques l’un pour l’autre, que tout était déjà mort et enterré. Terminé. « J’ai seulement appris à tourner la page. » répliquait t’elle sèchement en refusant d’admettre clairement qu’elle avait tout fait pour rendre son absence supportable dans les bras d’autres hommes. Eileen avait fait le deuil de cette amitié à sa manière, aux quatre coins du pays, persuadée que lui s’en fichait. Pourtant, ses reproches ressemblaient davantage à de la jalousie maladive qu’à du véritable dégout. Si elle n’avait pas perdu de temps, lui à l’inverse l’avait laissé filer pendant quatre années. Eileen et Roman manquaient cruellement de synchronisation, quant elle l’aimait, il ne l’aimait pas. Quant il était jaloux, elle exultait. « J’ignorais qu’il y avait des sujets tabous entre nous. Tu as décidé d’instaurer de nouvelles règles pour sauver ce qu’on avait ? » Poursuivait t’elle en sentant les flammes de la colère monter en elle, bouillonnante, prête à imploser, elle déversait son venin dans l’objectif cruel de lui faire mal. De lui rendre, quatre ans après, la véritable monnaie de sa pièce. « On ne doit plus parler de sexe, mais tu as le droit de posséder une vidéothèque de ma personne. On est supposé être amis, mais autant s’ignorer royalement pendant des semaines, ça prend moins de temps. Du temps que je pourrai utiliser comme bon me semble, pour me remplir par exemple. Pendant que toi, tu iras te vider dans ton fan-club de groupies bêtas. » Ses yeux comme deux lances-flammes pointés vers les siens, elle s’allongeait sur le lit vide. Regard lubrique tendu vers le plafond immaculé, elle applaudissait le comportement égotique de Roman en caressant sa peau nue. « Je pensais pas qu’on trouverait un terrain d’entente aussi facilement. » murmurait t’elle dans un ricanement aux sonorités irréelles. Eileen paraissait possédée, comme si elle était devenue folle, incapable d’affronter la situation autrement qu’en enchainant les provocations les plus concupiscentes qui soient. Elle lui offrait une ultime fois, le spectacle de son corps, de ses mèches dorés qui dansaient sur ses épaules dénudées, de sa lingerie affriolante en dentelle noire, de ses soupirements d’extase prêts à s’écraser contre les murs. Non, elle n’en avait pas terminé avec ses conneries. Elle voulait le pousser dans ses retranchements les plus lointains, parce qu’ils méritaient une fin au moins aussi grandiose que le début. Elle espérait le rendre fou, qu’il l’a déteste pour toujours et à jamais, à partir de cette nuit. « Ta présence me manque. » soufflait t’elle imperceptiblement, en s’apercevant des dommages irréparables qu’elle était en train de causer. Roman lui était indispensable, essentiel et primordial mais quelque chose, elle ne parvenait pas à savoir quoi, s’était brisé. Ou était apparu. Et ça changeait toute l’équation, toute la donne, tous les enjeux. Roman n’était plus son Roman. Jamais, il ne se serait permis de lui balancer toutes ces vulgarités au visage, par respect au moins. Jamais, il ne l’aurait volontairement blessé pour prouver sa suprématie. D’amis, ils étaient devenus ennemis et luttaient à présent pour déterminer qui était le plus fort. « Parlons-en de ce qui te plaisait chez moi. Tu fais bien te conjuguer au passé. » proposait t’elle meurtrie dans son égo, elle avait mal. Elle savait qu’elle était en train de le perdre mais, elle ne pouvait se résoudre à mettre ses principes de coté pour le retenir. La vérité c’était qu’il n’y avait plus rien à sauver et que, pourtant, elle se savait intimement lié à lui, pour toujours. C’était un gâchis monumental, colossal, et elle le regretterait éternellement. Les paroles de Roman n’étaient plus qu’un simple fond sonore qu’elle n’écoutait plus, dans une ultime minute de conscience, elle s’apprêtait à rebrousser chemin, s’excuser, consumer sa fierté plutôt que leur duo. Croire en la possibilité d’un nouveau départ et stopper définitivement ce jeu sordide qui ne conduisait qu’à une destruction réciproque. Alors, elle se redressait, s’approchait de lui avec un lueur de désespoir au fond du regard, elle l’implorait de ne pas l’abandonner là. Pas maintenant, pas comme ça. Il lui avait fait la promesse, de ne jamais agir comme ces types qui lui avaient fait du mal, il avait juré d’être présent pour toujours à ses cotés. Sauf qu’il dévoilait son véritable visage, celui d’un homme impulsif, définitivement incapable de gérer le flot de ses sentiments. Il refusait d’aimer par peur de devenir faible, elle refusait de croire en la possibilité d’une histoire de peur de ne pas s’en remettre cette fois-ci. « Roman. » murmurait t’elle comme un appel à l’aide alors qu’il s’installait à ses cotés, refusant de lui offrir l’ultime baiser qui signerait leur fin, refermerait le livre de leur histoire. Elle cherchait les mots, en vain, sans parvenir à les trouver. Rien ne semblait suffisamment poignant, fort, puissant, et sincère pour rattraper la situation. « Tu avais promis de ne pas me laisser. » articulait t’elle en se redressant d’un bond, et en ouvrant le tiroir de la table de chevet. A l’intérieur, parfaitement rangé dans son écrin doré, un revolver flambant neuf gravé des initiales de Roman. La crosse rutilante rayonnait sous la lumière du lustre, et littéralement fascinée par sa trouvaille, elle décrocha un rire méphistophélique. Il en avait marre de ses agissements, marre de supporter cette gamine qui faisait l’apologie de la folie en permanence. La vie du grand Roman Da Russo serait tellement plus belle, limpide et simple sans la présence dérangeante d’Eileen dedans. Il pourrait voguer de conquêtes en conquêtes, faire fructifier son précieux magazine avec l’aide indispensable de son acolyte débile, dépenser ses milliards en chaussures italiennes sans se préoccuper des dérives permanentes de l’héritière Rosenbach. Sauf qu’il avait dit la phrase de trop, celle qui compromettait tout, qui n’offrait pas de retour en arrière. Qui signait le début de la guerre. « C’est tellement facile de faire le procès des autres, de m’attaquer exactement là où ça fait mal. Mais tu sais quoi Roman, sur le banc des accusés tu as tout autant ta place que moi. Depuis qu’on se connait tu te voiles la face, tout le temps, constamment. Tu te trouves des prétextes pour éviter les problèmes. C’est tout toi, ça, la fuite. D’abord trop jeune, ensuite trop pute, maintenant c’est parce que j’agis mal. C’est quoi ton putain de problème Roman ? » Hurlait t’elle en chargeant le revolver et le pointant sur lui, entre ses deux yeux, bientôt animés par la peur. Parce qu’elle était capable de tout, et donc de tirer. « Pourquoi tu m’ignores depuis des semaines pour ensuite me faire la morale sur mon comportement ? Depuis quand Monsieur est offusqué par les crétins que je me tape ? T’es devenu jaloux dans la nuit ? Tu as décrété que je t’appartenais parce que tu as une foutue bague dans ta poche ? » Elle le bombardait de questions, haussant toujours plus la voix, elle aurait pu le tuer. Il suffisait que son doigt dérape et tout prendrait fin. « Réveille toi mon grand, on est pas mariés, c’était des conneries tout ça. Rien de plus qu’un jeu pour passer le temps. Les promesses ça fait bien longtemps qu’on les tient plus. Tu as qu’à continuer à te soucier de tes petits tiroirs et de tes grands secrets. Le coup du mec mystérieux ça marche toujours. Et sincèrement, j’espère que tu regretteras. » concluait t’elle, en pointant l’arme sur le cadre posé sur la table de nuit. Eileen et Roman avant, lorsque tout allait bien, au détour d’une soirée, immortalisés sur un cliché. C’était le passé. Envolé, disparu, condamné. Alors, elle appuyait sur la détente en espérant que la balle vienne se loger exactement entre leurs deux visages. Prisonnière du papier. Sauf que, sous le coup de l’émotion, de la hargne, de la colère, et des tremblements, le canon s’était décalé sur la droite. Là où il était. Droit dans son viseur, comme si inconsciemment, elle avait voulu le tuer lui, plutôt qu’eux deux. L’instinct de survie, la fierté, le narcissisme poussé à l’extrême. Le temps était soudainement suspendu. Elle entendait un cri de douleur lui percer les tympans, la panique glisser dans ses veines, des injures lancées comme des poignards, et la scène se parsemer de rouge. Paralysée, incapable de faire le moindre mouvement, elle était en état de choc, avait t’elle vraiment fait ça ? L’arme glissait de ses mains et tombait brutalement sur le sol, dans un fracas qui l’a ramenait instantanément au monde réel. Tout s’était passé beaucoup trop vite, elle avait perdu le contrôle de la situation. Ils allaient trop loin, et en étaient les premières victimes. Jeu dangereux, mortel. Le souffle court, complètement affolée par la situation et l’étendue des dégâts, elle se précipitait sur Roman. La balle avait effleuré son épaule avec une violence inouïe, arrachant sa chair, faisant couler son sang. Il en garderait une cicatrice éternelle, l’expression de la folie d’Eileen tatoué dans sa peau. « Je suis désolée Roman, je voulais pas ... » tenter de te tuer. Soufflait t’elle honteusement, alors qu’une larme glissait sur sa joue. Mais, consciente qu’il n’y avait pas de temps à perdre, elle retirait sa chemise, qu’elle enroulait tant bien que mal autour de son bras pour en faire un garrot de fortune. Les mains recouvertes de sang, elle avait gagné la première bataille de cette guerre mais elle n’en était absolument pas fière. Elle aurait voulu lui rendre l’arme pour qu’il lui se venge à son tour dans un souci d’équité. « Je t’amènes à l’hopital, on pas le temps pour une ambulance. » La Ferrari roulait plus vite, et quand bien même Roman n’était pas mourant, elle l’imaginait déjà se vider de son sang, et périr sur son lit d’hôpital. Elle refusait que son dernier souvenir de lui soit cette phrase idiote -Je commence à en avoir marre de tes agissements- bien que soudainement, elle prenait tout son sens. Elle enfilait sa robe, poussait la porte, dévalait les escaliers, menaçait les cinq gardes du corps de Roman de mort s’ils refusaient de la laisser conduire le propriétaire des lieux à l’autre bout de la ville, quand bien même elle n’était pas du tout en étant de prendre le volant, puis elle démarrait en trombe. Kilomètre après kilomètre, elle revoyait le film de leur amitié défiler en boucle jusqu’à l’instant fatidique. Vegas, l’amour au dessus du vide, l’abandon au petit matin, l’union sur le toit, ce pacte débile et l’échange de bague, les soirées, les disputes, les caraïbes, le baiser qui avait redistribué toutes les cartes. « Roman, tout ce que je t’ai dis, j’en pensais pas un mot. » commençait t’elle, les yeux rivés sur la route, fonçant dans l’obscurité, tentant de se faire pardonner trop tard. Elle devait être honnête, maintenant plus que jamais. Alors, elle ravalait sa fierté, se laissait envahir par la culpabilité, les remords, les regrets, les actes de manqués. « J’avais juste peur... » articulait t’elle dans la plus grande des difficultés, ne sachant même pas s’il écoutait ou non. « De te perdre une deuxième fois. » à défaut elle avait failli le perdre pour l’éternité. Incapable de tourner le visage dans sa direction, appuyait sur la pédale d’accélération convaincue que tout aurait pu être différent. Convaincue que sans lui, elle n’était rien. Convaincue que l’amitié avait été chassée par un sentiment plus passionnel et dévastateur. La haine ou l’amour ? Elle avait déjà une vague idée de la réponse.
 
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MessageSujet: Re: tryin' to live without your love is one long sleepless night (roman&eileen) Sam 3 Jan - 13:43


tryin' to live without your love is one long sleepless night



Roman&Eileen ⊹ Roman et Eileen n’était plus qu’une analepse à leur union passé. Ils s’étaient cabrés face au dandysme de leur vie, à cet ensemble de manières et comportements qu’ils prônaient, sujet tendre et élégiatique.  Ils n’étaient que des fabulistes, qui contaient leur vie, leur fléau, leur envie et leur avenir, sans y croire. Ils jetaient de la porcelaine sur leur chemin en s’efforçant de se dire qu’ils ne se couperaient pas sur les morceaux brisés par la violence de leur lancée. Leur sang s’égarait avec souffrance sur le seuil de leur incapacité à se comprendre et ils avanceraient ainsi, de moins en moins aisément parce qu’ils se vidaient peu à peu dans leur course folle contre la montre. Celle-ci indiquait l’heure définitive de leur arrêt de mort, de la fin d’une histoire sublime mais qui n’avait de sens que pour ces deux idiots perdus dans une romance épique et inégalable. Mais plus Roman s’enfonçait dans les prunelles de sa belle, plus il se faisait misanthrope, s’abandonnant à une réclusion prospère juste pour lui appartenir totalement, au détriment de sa vie, de ses buts, ses privilèges et sa liberté. Roman vivait un déficit moral qui l’incombait depuis leur été passé ensemble, il mourrait dans le cœur d’une chimère qu’il façonnait sans en voir les couleurs. Alors tout était dans son imagination, leur bonheur, leur vie à deux, leur amitié qui n’était plus depuis longtemps. Son absence dans la vie d’Eileen était la seule protection qu’il pouvait se permettre sans en perdre la raison et la vie. Soumis à une colère inquisitrice qui grondait au sein de son cœur, il se délestait des poids qui le poussaient vers le bas mais cela signifiait jeter dans le vide, leurs espoirs communs, sa façon peu commune de la mettre sur un pied d’estal et surtout, d’écraser à jamais, les doutes qui lui collaient à la peau en pensant à sa meilleure amie. Ainsi, il finirait par se détacher de l’étreinte presque suffocante dorénavant, de la jeune femme, pour pouvoir vivre lui-même, presque aboutit mais totalement lasse du trou béant que son absence créerait en lui. Roman ne savait pas s’il pouvait devenir insensible à son hypnose mais il voulait tenter de se dominer autrement qu’en y croyant fièrement sans le faire pour autant. C’était vivre avec elle, frustré à jamais, en mourant à petit feu, ou bannir leur relation pour tenter de se retrouver et d’avancer comme il le faisait avant qu’elle n’empiète sa vie de son souffle sucré. Lorsqu’il imaginait sa vie avec Eileen, c’était comme pourtant, l’aboutissement d’un rêve loin, le partage enflammé, le charisme électrisé, un magnétisme incomparable, la renaissance d’un sourire au creux de son cœur. Mais il n’aurait jamais ce qu’il désirait réellement et ce qu’il ne pourrait sûrement jamais lui dire. Car Eileen ne l’aimerait jamais comme il l’aimait, c’en était certain. Elle était indécise, incontrôlable, indépendante et ne voyait sûrement pas la lueur qui s’était allumée dans le regard vert de l’homme lorsqu’elle avait brisé leurs règles, insinuant dans son esprit, le poison de l’amour impossible, sa langue écorchant ses barrières, son parfum méprisant ses sens. Ainsi Roman voulait de nouveau travailler sa sagesse primitive, sévissant solitairement, dans des tours vitrées qui domineraient l’horizon sablonneux en espérant ne jamais regretter ce qui devenait un échappatoire, le plus plausible mais aussi le plus nuisible. Il vivrait sans Eileen et au sein d’un ordre social défectueux et hypnotique. Son regard courrait sur les silhouettes qui l’entouraient, espérant voir errer dans la lumière blafarde et poudreuse, le visage de celle qu’il aurait délaissé pour se protéger. D’elle, de ce qu’elle créait en lui, des sentiments qu’elle provoquait sans s’en rendre compte, écrasant sa poitrine, brûlant ses intentions, émergent les désirs les plus fous, amers, brutaux, presque impardonnables. Roman désirait Eileen lorsqu’elle semblait le plus loin de lui à présent, un désir qui devenait brouillon mais débordant. Il fronçait les sourcils, tentait de déceler le moindre soupçon en son cœur, qui aurait pu lui montrer devant ses propos qu’elle ressentait ces mêmes troubles. Mais Eileen avait la plus grande force du monde, celle de faire disparaître ses émotions, offrir de l’espoir par de belles paroles, pour les subtiliser à la suite. Elle lui avait avoué l’avoir aimer mais en cette même réplique puissante, lui avait volé la douce sensation procurée en utilisant le passé. Son regard clos, noir, souffrant, il avait accepté bien au-delà de ce qu’il avait pensé pouvoir encaisser. Lui, il l’aimait. C’en était certain. Mais au plus mauvais moment, quand elle ne semblait plus que voir en lui, l’immonde salaud qui la brutalisait. C’était peut-être mieux ainsi et empêcherait de cette manière, le cher trésor du Da Russo, de l’abattre d’une flèche empoisonnée en pleine poitrine par son impulsivité légendaire. Parce que tu m’as demandé une seule fois mon avis pour instaurer les tiennes ? Il n’aurait pas dû dire ça. C’était comme si lui prouver que rien n’allait, qu’il s’était toujours plié à ses conditions juste pour continuer de convoiter sa beauté et la caresser du bout des doigts, aussi proche qu’elle lui autorisait d’approcher. Oui j’ai l’impression qu’on est sur la bonne voix pour signer un autre de tes foutus contrats. Alors comme ça, j’ai pas le droit de dire quand je ne suis pas d’accord avec toi ? Excuse moi grande Eileen, j’avais oublié que tu as toujours apprécié apposer toi-même les règles de tes récits que tu façonnes aussi bien que tu me contrôles. Roman se braquait enfin. Il ne reviendrait pas sur la jalousie maladive qui crevait sa bouche jusqu’à ses tympans. Il ne reculerait pas non-plus devant l’hostilité qu’il lisait dorénavant en sa dulcinée ni au travers des barrières qu’elle migrait entre eux devant l’incompréhension qui venait de plus en plus, à les séparer. Roman se rembrunis alors face à ses paroles. Sa voix était à la limite du chevrotant. Jamais il ne l’avait vu l’implorer ainsi. Son ton lui glaça le dos, l’échine, la courbure de ses traits, le bout de ses longs doigts jusqu’à la pointe de ses cheveux en bataille. Méprisant tout d’un coup les pensées qui le taraudaient, les résolutions qu’ils allaient prendre pour se préserver de l’amour qui l’anéantissait de toute part, il souffrait face à ce regard. Mais il restait impassible, étrangement ennuyé au fond de lui, il ne tressaillait pas une seule seconde. Roman Da Russo offrait le regard « super connard » breveté à son nom et ça lui allait comme un gant. C’était se sauver où bruler sous les coups qu’elle lui infligerait. Se serait mourir en enfer pour avoir porté les yeux sur elle, s’égorger encore et encore en étant à ses côtés sans jamais pouvoir l’aimer. C’était détruire son être de supplications inaudibles pour elle mais qui briseraient de leur tonalité stridente, ce qu’il restait de son âme. Roman Da Russo, en continuant à vivre aux côtés d’Eileen de cette façon, se voyait partager le reste de sa vie, avec une solitude d’une noirceur indomptable. Des doutes, des tourments, un calvaire sans précédent. Il aurait le monde à ses pieds mais lui, serait à genoux face à sa meilleure amie, en espérant qu’un jour, ne cesse dans sa tête, les sentiments qui progressaient, la bataille qui rageait pour les dominer, les contraindre à faire marche arrière. Ce serait chaque jour se lever avec l’idée qu’il devrait revêtir de nouveau son armure pour se battre contre tout ce qu’il ressentait. Et il savait dès lors qu’en un regard face à Eileen, il aurait perdu. Il souffrirait. Leur amitié serait perdue, une amitié à l’allure d’une façade vide de sens, carlingue d’un avion a la dérive des cieux, tremblotante dès les premières brises de vent, pour finir par s’écraser sur les flancs d’une montagne. L’acier broyé, compactée, repliée, il n’y aurait pas de survivants dans la fournaise qu’il élancerait par son crash brutal mais préméditée. Voila, Roman avait un parachute et même si sa survie ne tenait qu’à un fil, il ne s’en ferait profiter que lui. Pour l’honneur. Pour rien du tout. Peut-être pour vivre encore plus bas. Sans Eileen rien n’allait, tout mourrait. Mais avec elle c’était pire encore. Il suffisait de voir les dernières semaines qu’il avait vécu. L’amitié n’existait plus dans sa tête. Alors sans barrière ni limite, avec une abondance de nouvelles sensations qui émergeaient au creux de sa poitrine, il était sûr qu’il devrait laisser le pilotage automatique pour s’échapper in-extrémiste de la future catastrophe qui irradiait à ses pieds. J’ai mentit. Qu’il dit, le cœur brisé, la fierté au plus bas, l’amertume à son apogée. Roman venait de faillir à sa promesse, à celle qu’il lui avait faite à ELLE. Pourtant il avait pensé chacune de ses paroles et chaque son qu’il avait lancé pour qu’elle en saisisse le sens et l’attrape à la volée pour en garder protéger, l’impact secondaire qu’il cachait derrière les formes qu’il y mettait. Eileen s’était redressée, farfouillait dans ses affaires, dans son tiroir et soudain, il vit cette lueur vive au creux du regard de son ancienne amante. C’était le regard de la folie qu’il connaissait trop bien. Il était apparut la première fois au bord d’un vide vegassien et aujourd’hui il refaisait surface lorsqu’elle attrapait la crosse de son arme. Il sautait du lit et reculait d’un pas, l’œil aux aguets, le palpitant manquant un battement, les frissons affluents pour y loger la sensation de peur. Arrêtes Eileen, tu vas te blesser ! Qu’il tente de lancer devant sa fureur. Mais les mots s’enchainent dans sa bouche, ils le brûle parce qu’elle a raison mais il ne peut pas répondre à ses questions. Il n’ose pas, il ne veut pas. Alors au moment où il lève une main pour s’avancer vers elle, il se braque et s’immobile aussitôt. La Rosenbach hors d’elle, venait de charger l’arme et qui était dorénavant,  pointée sur lui. A cet instant précis, Roman ne s’imaginait pas une seule seconde qu’elle ne tirait pas. Il l’en savait capable. C’était ça qu’il avait toujours aimé chez elle. Ce déferlement de folie qui l’a rendait si éblouissante, désirable, puissante. Pour cela, à ce moment précis, il hésitait entre l’effroi, l’admiration mais aussi le désir urgent de lui arracher son arme et de la renverser sur le lit. Mais c’était aussi pour ce genre de sensations qu’il était prêt à tirer définitivement un trait sur leur amitié. Regardes toi, pitoyable. Tu vas me tuer c’est ça ?! Appuie et tu me donneras définitivement raison. Qu’il crache alors qu’il redoute l’instant où son doigt appuiera sur la détente. Mais Roman se sent perdu de toute manière. Qu’il crève à l’instant, sous le coup d’Eileen, tant pis. Il l’aimait, chaque jour il se consumerait à cette simple idée. Le mot l’effrayait aussi vivement que l’arme pointée sur lui quand il s’éclairait dans sa tête, face au regard éberlué d’Eileen. Il l’aimait. Il l’aimait putain ! La révélation était diablement mal ficelée, réveillant en lui la plus vaste des colères. Il l’aimait et il crèverait pour ça. Belle histoire, désastre imminent. Je ne reviendrais pas sur mes paroles Eileen, t’es folle à lier ! Sa réplique à peine terminée, elle tournait le canon sur la photo d’eux deux qui ornaient sa table de nuit mais, son bras tremblant, son visage ensanglanté par la haine, elle décochait la balle en plein dans sa peau. Eileen aurait pu viser le cœur que ce serait revenue au même. S’écroulant sous la douleur, Roman sentait ses muscles se déchirer avec la même précision qu’elle avait eue à l’atteindre quand il souffrait si faible sous sa main. Lâchant un râle de douleur, il grimaçait. En état de choc, Roman exaltait. Dégage Eileen putain tu… Tu m’as tiré dessus ! Qu’il tentait de formuler à travers ses lèvres pincées sous la douleur. Mais il l’a laissait faire lorsqu’elle tentait de l’aider pour le redresser. Descendant les marches qui se couvraient du sang coulant de sa plaie, il montait sur le siège passager pour la laisser le conduire à l’hôpital. Ses mains tremblaient encore plus, son regard fuyait sur la route mais toute sa peur était tournée vers Roman. Quand à lui, il la maudissait, il voulait sortir de cet engin. Pour l’héritier, il était sûr de ne pas finir dans l’institut de soin mais plutôt dans le fossé en contre bas. Jamais il n’atteindrait vraiment l’hôpital, elle était dangereuse, insondable, une malade potentielle qui venait de décocher la plus grande des traitrises pour condamner le corps de son meilleur ami à disparaître sous les assauts de haine qui le dévoraient entièrement. Il l’entendait balbutier, s’excuser. Qu’importe tout était finit et la colère était encore plus grande que le sentiment d’amour qui le renflouait, restait imprégné, bien timidement, derrière toute l’animosité qu’il lui montrait. La ferme Eileen ! Regardes la route, tu vas finir par réellement me tuer ! Qu’il lui hurlait dessus pendant que ses articulations se blanchissaient sur le cuir du volant. La route défilait, la nuit devenait suffocante et Roman luttait pour ne pas vomir là son dégout profond pour une amitié réduite à néant. T’as réussit ton jeu Eileen. Bravo. Qu’il disait d’une voix plus calme, presque plus effrayante que ses précédentes paroles. Son regard perdu dans le lointain, affecté par la douleur de leur déclin à tous les deux, Roman ne parlait plus. Il la laisserait débiner ses conneries mais il se murait dans le silence le plus total. Il était choqué, presque traumatisé par le geste d’Eileen. Alors c’était comme ça que ça devait se finir ? Par une balle décochée à bout portant pour clore le chapitre d’une vie où il avait commencé à vivre pour la première fois ? Elle l’avait éveillé pour mieux l’enterrer ensuite. (…) Arrivés à l’hôpital, des infirmiers, sous les cris d’Eileen, venaient l’aider à avancer. Tentant de garder son bras stable, il ne se préoccupait même plus de la présence de la Rosenbach qui devait sûrement suivre derrière à entendre les sons clinquants de ses hauts talons sur le sol virginale du lieu. Ils furent tout d’un coup séparés mais c’est sans un regard vers elle qu’on s’occupait alors de sa blessure, de recoudre le trou béant qu’elle avait laissé mais là encore, il n’était pas satisfait. Sa chair n’était pas la plus à plaindre, c’était l’organe vital qui était en train de pisser le sang à sans faire virer de couleur.  Adieu le rouge écarlate, bonjour le gris endeuillé, du pourri, du rafistolé. (…) S’asseyant sur un lit vide au sein des urgences, il observait Eileen un peu plus loin, en pleine discussion avec des agents de police. Il ne l’avait jamais vu dans un tel état. Sa longue crinière d’or virevoltait en nœuds indomptables à certains endroits et ses mains se contusionnaient sous les assauts répétés de ses doigts qui s’entrechoquaient pour faire taire son stress immanquable. Des cernes ornaient le bas de ses yeux et la couleur de son visage tirait vers le blanc maladif. Eileen n’était plus qu’une vague copie de la femme qu’il avait côtoyé durant ces quatre longues années mais c’était peut-être dû au fait, qu’aujourd’hui, Roman et Eileen n’était plus que de simples fantômes, égarés, d’une vie qui semblait bien lointaine dorénavant. Leurs regards se croisèrent alors, il détournait son regard au moment même où un agent venait à lui parler. C’est elle. Qu’il lâchait après une maigre hésitation, en tendant son bras vers Eileen, le doigt brandit face à elle comme Judas pour dénoncer Jésus. Le visage d’Eileen se liquéfiait soudain. Quand à Roman, il n’était plus qu’une enveloppe vide qui agissait à défaut de trouver en son être, la moindre envie. Seul le désir de ne plus la protéger était encore assez vivace pour en tenir compte. Voila. Leurs regards se chevauchaient mais ne se comprenaient plus. Il la dénonçait ouvertement, sans le moindre soupçon de remord et le pire, c’est qu’il se disait qu’il continuerait à l’aimer cette salope. Peut-être bien la seule qu’il aimerait à ce point pour se laisser abattre avec autant de facilité…



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MessageSujet: Re: tryin' to live without your love is one long sleepless night (roman&eileen) Ven 20 Mar - 23:41

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