AccueilAccueil  FAQFAQ  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez|

we don't have to be ordinary w/ nate

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
Invité
Invité

MessageSujet: we don't have to be ordinary w/ nate Lun 15 Sep - 22:58

I would rather have one breath of his hair, one kiss of his
mouth, one touch of his hand than an eternity without it.

15h29. Elle a le regard incertain et le sourire plein d'espoir. Ses souvenirs se fracassent contre une tête un peu trop pleine. La peau bronzée et les lunettes sur le nez, on devine qu'elle a passé son été au soleil. Entre son voyage en Grèce et celui en Italie, elle n'a que rarement vu le sol Américain ces derniers mois. Alors quand elle se pose enfin sur les draps de sa chambre, elle se remémore chaque instant. Il y a cette soirée sur la plage en compagnie de Jake, ses virées avec Cassandre, l'euphorie des soirées à Rome et ses nuits en compagnie d'homme qu'elle ne reverra jamais. Elle aurait pu profiter d'avantage. Si seulement il n'y avait pas eu Nate. Hantée par un baiser tant espéré dans le passé. Au détour d'un regard échangé avec ce dernier, elle s'était proclamée petite amie de Llewelyn-Davies. Echappant à un groupe de garçons qui ne cessait pas de lui faire des allusions sulfureuses, elle avait trouvé en lui un échappatoire. L'onde sensuelle qu'il dégageait l'avait poussé à officialiser un amour bidon. Ses mains posées sur sa nuque, ils avaient échangé un baiser. On aurait pu faire mieux. Même elle n'y a pas cru. Pourtant, il y a eu ce sourire de trop. Un bien être indicible. Comme si tout avait changé. Il lui avait offert ce qu'elle avait tant voulu un an plus tôt. Un baiser qui aurait pu la retenir, qui aurait pu dire: ne pars pas, reste avec moi. Tu verras, je changerais ta vision du monde et de l'amour. Elle qui s'interdisait tout attachement. L'engagement, elle le gardait pour le Tennis et ses cours. Bien trop occupée à prendre soin d'elle-même, elle ne se sentait pas assez forte pour veiller sur quelqu'un d'autre, prononcer son prénom plus que le sien, se remettre en question plutôt que de lui donner tous les tords. Il y a eu ce regard, celui de la révélation, et ses lèvres ont rejoint les siennes. Elle se sent adolescente. Elle n'a pas attendu d'appel de sa part. Leurs chemins se sont séparés de nouveau. Ils ont profité chacun de leurs côtés comme si rien ne s'était passé et pourtant, cette image ne la quittait pas. Elle était là, dans un coin de sa tête. Elle aurait pu aller le voir et lui dire de tout laisser tomber, de tout oublier, de ne jamais revenir en arrière et de toujours vivre dans le présent. Encore faudrait-il qu'elle en ait le courage, et l'envie. Elle s'était laissé aller aux plaisirs charnels pendant un mois et avait presque oublié ce que cela faisait d'être avec quelqu'un de bien. Mais une fois de retour, elle avait l'impression que son passé lui revenait en pleine face. Une vague de souvenir qui la bouleversa. Elle qui avait la mauvaise habitude de tout laissé derrière et de ne jamais s'attarder sur les évènements, même les plus marquants, il lui était presque impossible de continuer ainsi. Elle avait en elle, la dangereuse envie de se rendre à son appartement et de tout lui avouer. La raison de son départ d'Angleterre, ses craintes de s'attacher, d'aimer quelqu'un plus qu'elle n'aime la vie, de s'oublier, de ne vivre que pour lui. Le pire, c'est qu'elle avait peut de l'échec, de se retrouver face à lui et qu'il lui dise que tout ça n'était qu'un simple baiser donné dans la détresse. Elle qui s'était imaginé une possible suite. La naïveté avait fait son apparition, balayant sur son passage ses convictions et sa vision du monde. Pour la première fois, elle se sentait en danger, elle perdait le contrôle de ses sentiments. Pourtant, on la connaissait pour son honnêteté, sa franchise et son fort caractère. Sincère jusqu'au bout, elle avait besoin de tout lui déballer, de lui raconter son été, de lui dire qu'au fond, elle n'a pensé qu'à une seule personne: lui. Etait-ce le fait qu'elle ne s'était confié à personne, le fait qu'elle ait besoin de se livrer? Elle n'avait plus de nouvelles de son frère, ce qui la rongeait de l'intérieur, elle n'avait pas revu Babi et Sara depuis des mois et Garrett prenait surement du bon temps à l'étranger. A peine les valises posées, elle s'est mis en tête d'aller voir Nate et de tout lui raconter.

22h13. Elle déteste la sensation qu'elle ressent au creux de ses mains. Elles les frottent l'une contre l'autre et elle expire tout l'air qui se trouve dans ses poumons. Elle espère que ça la soulage un peu mais rien à faire. Elle angoisse. Elle trouve quand même le courage de reprendre un peu de consistance. Si douée pour jouer avec les apparences, elle n'aura surement aucun mal à tout camoufler sous une tonne de sous-entendus et d'un peu d'assurance. Elle a l'impression d'entre dans sur le terrain. La peur de l'échec, de se ridiculiser. On ne lui a jamais appris à ne pas avoir honte de ses sentiments. Tout ce qu'on lui a dit c'est de tout faire pour obtenir ce qu'elle souhaite. A défaut d'avoir eu l'affection de ses parents qui s'occupait davantage de Caleb, elle avait eu l'entraînement d'un coach qui souhaitait ne jamais la voir baisser les bras. Ce soir, elle suivait ses conseils à la lettre. Franche mais incertaine, elle n'a jamais fait ça, elle ne s'est jamais totalement livrée à personne. Et quand sa main fit retentir la sonnette à l'intérieur de l'appartement, toutes ses incertitudes se sont envolées, laissant place à une froideur extrême. Technique de défense qu'elle avait mise en place depuis toute petite pour ne jamais se laisser atteindre. Elle oublia très vite ce pour quoi elle était venue, préférant presque feindre un besoin de sucre pour un gâteau ou de farine pour une tarte. Si seulement elle savait cuisiner au moins des pâtes. Les secondes passent à l'allure de minutes et elle sent qu'elle veut faire demi-tour mais elle reste plantée devant la porte comme une pauvre plante. Finalement elle s'ouvre et il apparait face à elle. « Bonsoir. » Elle se sent légèrement stupide. Cependant, elle ne montre rien. Elle garde visage froid et pourtant, on peut lire en elle comme dans un livre ouvert. Elle a le regard qui brille face à lui et elle ne s'en rend même pas compte. On dirait une enfant. Elle est incapable de dissimuler le sourire qui se dessine sur ses lèvres. C’est comme si il était capable de faire tomber tous les murs qu’elle s’était construit autour d’elle. Il passait au-dessus de tout et ce, depuis toujours. Il avait ce pouvoir sur elle que personne n’avait. Pas même ses meilleurs amis. Il était différent et elle l’était aussi quand elle était avec Nate. Elle n’avait pas besoin de mentir ni de jouer la comédie. Il la voyait telle qu’elle était vraiment sans se baser sur ce petit jeu qu’elle avait mis en place pour se protéger. Pourtant, elle était incapable de lui dire ce qu’elle avait sur le cœur. Elle lui sourit et c’est une belle idiote qui reste inerte sur l’entrée. « Je suis venue te parler de quelque chose d’important. Ca ne pouvait pas attendre. » Elle marque une pause qui se termine rapidement. Elle ne sait pas réellement comment elle va lui dire, elle s’attend à tout et en même temps à rien. Elle ne s’est jamais autant sentit en danger qu’à cet instant. Elle est comme prisonnière de son envie de tout lui avouer et de sa mauvaise habitude à tout refouler. Sa voix est douce et calme mais elle tremble légèrement, elle est presque serrée tant qu’elle redoute sa réaction. Pourtant, elle ne s’est jamais sentit aussi bien. « Je peux rentrer? S’il te plait. »
Revenir en haut Aller en bas
Adriel Eynsford-Baxter
there's no place like berkeley
avatar
prénom, pseudo : julia.
date d'inscription : 20/02/2011
nombre de messages : 19702
avatar : francisco lachowski.

MessageSujet: Re: we don't have to be ordinary w/ nate Ven 19 Sep - 19:09

“.Do magic : enter her heart without touching her. - The first kiss was so intense. i didn’t know whether to shatter into pieces or create more. I want a girl who gets excited to talk to me. A girl who saves stories throughout the day just to tell them to me later. I want someone who texts me every morning to tell me to have a good day, even if I’ve been up at school for 3 hours already. I just want someone that cares.” + jules m. hastings-fields & nate j. llewelyn-davies


- Ça se passe comment avec la fille là… tu sais …la fille ?
- Pardon ?
- Bah oui, la fille en Grèce, Jules. Tous le monde en parle.
- Oh...
… Cette fille. Ça ne se passe pas. Ou bien tout se déroulait dans sa tête et son imagination seule guidée par le souvenir des lèvres fruitées de Jules sur les siennes écrivait une histoire fabriquée et un peu fantaisiste sur le papier de sa mémoire. Il n'y avait rien à dire de plus que la pièce qu'ils avaient improvisé à la va-vite, là-bas en Grèce. Ce qui devait être vu l'avait été, ce qui devait se savoir l'était et sur le fond, il n'y avait rien de plus à raconter que cette mascarade. L'histoire s'arrêtait là, en l'attente d'une suite qui arriverait ou n'arriverait pas. Lui-même ne pouvait en dire plus, puisqu'il manquait indéniablement de réponse. Nate contempla ses camarades curieux et avides de plus de détails l'inciter à conter plus. À livrer ses impressions, qu'elles soient sommaires ou plus profondes. À dire à voix hautes ce que sa morale en pensait, et plus important (et croustillant encore), ce que son cœur en avait pensé sur l'instant, et maintenant encore. Ah, les littéraires, toujours à la recherche d'une source d'inspiration en plus, toujours en quête de la romance qui fera rêver au point de stimuler un peu plus leur don certain pour l'écriture. La romance, la romance. En était-ce vraiment une, entre Jules et lui, finalement ? S'il se laissait parfois aller à s'imaginer qu'ils auraient une conversation passionnante sur la teneur en ambiguïté de leur baiser enflammé, et que cet intermède se ponctuerait par un autre de ces baisers auquel il rêvait béatement sans jamais se l'avouer, Nate n'en demeurait pas moins lucide. Jules préférera prétendre qu'elle l'abhorre, ou au moins qu'elle s'en moque, parce que c'est plus simple et que Jules est Jules. Et Jules ne viendra jamais à lui…

Plus tard…
Premier sujet de philosophie de l'année : ''Les mots ont-ils assez de puissance pour exprimer l'amour ?'' Devoir à rendre pour la semaine suivante, coefficient deux qui s'ajoutera à la note de fin de semestre, à traiter sur une trentaine de pages minimum. Et évidemment, il fallait que le sujet se rapporte à l'amour. S'il était doué pour l'écriture, et ne manquait de toute évidence pas de vocabulaire, disserter sur l'amour et la puissance des mots lui apporta du fil à retorde. Du vocabulaire, il pouvait en avoir autant qu'il voulait, en attendant celui-ci ne l'aidait qu'à meubler péniblement un devoir pour lequel l'inspiration lui manqua, et qui déjà au bout de quelques pages lui sembla tirer en longueur. Comment disserter sur l'amour lorsqu'on s'avère si peu doué dans ce domaine ? Voilà un sujet palpitant et parfaitement dans ses cordes, qu'il aurait aimé voir tomber. Toutefois à s'y mettre sur les coups de 16h00 et sans s'éparpiller, Nate arriva à élaborer un devoir … potable et qui aurait contribué à gonfler sa moyenne en philosophie d'un beau A+ . Ce qu'il s'acharnait à écrire depuis quelques heures déjà s'avérait être s'avérait potable, brillamment moyen. Sachant évidemment qu'il n'avait pas mieux en réserve. Saleté de devoir délicat, porté sur un sujet trop laborieux pour lui qu'il s'obstina à vouloir terminer ce soir, coûte que coûte, ce même s'il avait encore une bonne semaine pour  le rendre. Après bien des heures (trop d'heures, compte tenu du fait qu'il était 22h) de travail, Nate se contenta de tracer une grosse rature sur sa copie brouillonne, et de donner pour conclusion au devoir une citation latine de Platon :  “Every heart sings a song, incomplete, until another heart whispers back. Those who wish to sing always find a song. At the touch of a lover, everyone becomes a poet.”. Peu de contenu ( et passable en plus ), une introduction sommaire, un plan médiocre et insuffisant, et une conclusion encore pas trop mauvaise. Après avoir fait swinguer son stylo sur la table basse, Nate se laissa dorloter paisiblement dans le confort de son sofa, tout en tentant vainement de chasser la migraine phénoménale offerte par trop d'heures de réflexions, lorsqu'on vint sonner.  Seul dans son immense loft et n'attendant de toute évidence personne, il fronça les sourcils et scruta l'heure d'un regard suspect. Oh 'Lexie, tu as encore oublié tes clefs… soupira-t-il à voix basse, avant de réaliser qu'elle ne terminait son service à l'hôpital qu'au petit matin, pas avant. Probablement s'étalerait-elle sur son lit avec autant d'élégance qu'un phoque sur la banquise une fois rentrée, sans prendre le temps de lui dire bonjour lorsque son réveil à lui sonnerait le début d'une nouvelle journée de cours. Donc en enlevant Alexie, personne n'avait de raison de venir le voir. Même les flics préféreraient passer un coup de fil plutôt que passer. Et après quelques micro secondes de profonde réflexion, ainsi qu'un courage inhumain pour lever ses fesses de son canapé, Nate se décida enfin à ouvrir la porte. Un faible courant d'air s'engouffra dans l'appartement et son regard rencontra celui de Jules. Il resta un instant hypnotisé, explora chaque trait de son visage de femme-enfant et buta sur ses lèvres qui se rappelèrent à lui dans le souvenir d'un baiser ardent, passionné. L'embrasser pour la fois revenait à découvrir une nouvelle gourmandise qu'on a vraiment aimé. Le genre de gourmandise qu'on goûte pour la première fois, et à laquelle on pense sans arrêt. Celle qui donne envie, vraiment, beaucoup. Il s’accommoda de cette vision enchanteresse et inespérée, et tenta de chasser l'idée qu'il puisse l'embrasser comme ça, sans préavis ni permission sur le pas de la porte, en la détaillant d'un regard à la fois épris et surpris. « .Oh. Euh. Oui. Bonsoir. » balbutia-t-il finalement, inévitablement surpris. Wow. Lamentable. Nailed it, Nathaniel, niveau entrée en matière on fait difficilement pire. Aussi s'insulta-t-il grassement en silence, tout en essayant de paraître le plus neutre et naturel possible. Incapable de se comporter de façon sereine face à pareille apparition, Nate n'en fut que plus déstabilisé lorsqu'il commença à se questionner sur les raisons de sa venue… surtout compte tenu de leur dernier échange bien particulier, dans un cadre qui l'était tout autant. Qu'elle finisse par préciser qu'elle se tenait là, devant lui, pour une raison importante qu'il ne pouvait plus attendre ne fit qu'embraser plus sa curiosité. Ah oui, à 22h30, tu m'étonnes que ça ne pouvait pas attendre, songea-t-il sans pouvoir masquer son étonnement. Qu'est-ce que j'ai fais encore… pensa-t-il, tout en recréant les détails de leur séjour en Grèce… ou bien même le reste de ses vacances. Oh my, she's smiling, remarqua-t-il finalement, en oubliant toutes ses question. Fatalement sous le charme, Nate lui concéda à son tour un sourire des plus francs. « .Bien sûr, vas y, je t'en pris. » Voilà qu'il en oubliait les convenances. Il l'invita d'un geste ample à pénétrer dans son humble demeure : un ancien hangar réaménagé en luxueux loft dont il avait récemment fait l'acquisition. Jules dans son appartement, lui-même ne l'aurait pas cru des semaines, voir des jours, voir des minutes avant. Pourtant elle était là, jolie comme un cœur, souriante et incertaine, dans son salon. « .J'étais sur le point de me faire un thé. Tu en veux un ?. » proposa-t-il, galant comme à son habitude. Non, c'est pas vrai. Plutôt que d'envisager de prendre le thé, il agonisait piteusement sur son sofa, la tête dans ses bouquins. Allons Nathaniel, on s'en moque de ton thé, on s'en moque de ta tentative idiote de meubler la conversation. Putain d'anglais avec son thé à la con. Il se dépêcha de mettre la bouilloire en marche et de sortir les tasses, avant de se retourner et de s'accouder contre le bar aménagé pour séparer la cuisine ouverte et le salon. « .Ça va ? Tu m'as l'air tourmentée. » Traduction : ''Allez, dis-moi, j'en crève d'envie, j'en peux plus, trop de suspense. '' D'un geste bref de la tête, il l'invita à prendre place à table, ou bien sur le sofa, ou bien sur l'un des sièges, l'un des poufs autour de la table basse. Où elle voulait. « .Il y a quelque chose dont tu voulais me parler… ? . »
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité

MessageSujet: Re: we don't have to be ordinary w/ nate Sam 27 Sep - 12:10

It was strange, really. A couple months ago, I had
thought I could live without him. Apparently I couldn't.

Parfois, les silences étaient bien plus significatifs que les mots. A cet instant, son regard en disait long sur ses sentiments et elle était presque incapable de cacher ce qu’elle ressentait car à travers son regard, on pouvait comprendre qu’elle mourrait d’envie de se jeter dans ses bras et de l’embrasser au point d’en avoir des crampes. Elle ne se souvient pas avoir déjà ressenti ça un jour. Son cœur qui bat si fort qu’il pourrait exploser, son estomac qui se tord de douleur tant elle a peur de se ridiculiser, ses mains moites. Pourtant malgré ce malaise apparent, elle était légère, presque euphorique d’être face à lui ce soir. Elle s’apprêtait à faire le truc le plus fou qu’elle n’ait jamais imaginé faire. L’amour, ce grand mystère qu’elle n’a pas su comprendre plus tôt mais qui la dominait depuis des semaines. Elle était prête à tout lui avouer, quelques mots plus tard et il serait au courant de tout. Aucune censure, rien que la vérité et son cœur sur la table. Il allait devoir réagir vite parce qu’elle allait s’ouvrir, se dévoiler et lui laisser le choix. Choisis moi, viens on s’aime comme on était supposé le faire, on s’aime et on oublie tout. C’est affreux, elle se sent stupide à lui sourire comme ça, à peine la porte ouverte. Elle a 15 ans de nouveau et c’est comme si elle allait embrasser pour la première fois le garçon le plus beau de sa classe. Parce qu’il était le plus beau à ses yeux. Elle a longtemps été aveuglée par la réussite, l’investissement, elle a oublié d’aimer et d’être aimé. Parce que ça lui importait peu finalement, elle se suffisait à elle-même, mais croiser son regard pour la première fois depuis un an lui a fait réaliser qu’elle voulait bien plus à présent. C’était le plus beau, le plus gentil, le plus intelligent, mais surtout, c’était le plus adorable de tous les garçons qu’elle a jamais rencontré. Rien n’était faux entre eux, mise à part son comportement envers lui ces derniers mois. Et même si rien n’indiquait que tout ce qu’elle ressentait était réciproque, elle s’était sentit en confiance avec lui, comme depuis toujours, elle avait l’impression qu’elle pouvait être elle-même car si elle s’efforçait d’être froide et distante pour ne pas se laisser atteindre par ses remarques et son manque d’attention, il faisait ressortir ce qu’il y avait de meilleur en elle, bien plus que n’importe qui. Aujourd’hui, c’était une évidence, elle le voulait lui et personne d’autre. Du haut de son mètre soixante-cinq, elle le regarde et pénètre dans son appartement. Elle ne s’était jamais imaginée franchir cette porte. Si on lui avait dit, elle ne l’aurait pas cru et pourtant, la voilà dons son entrée, puis dans son grand salon. A vrai dire c’était un peu la même chose. Elle ne fut même pas étonnée devant la splendeur des lieux, ça lui ressemblait énormément. Il voyait les choses en grand, depuis toujours. Il ne faisait pas dans la simplicité, tout comme elle. Tous deux étaient ambitieux et tentait d’aller toujours plus loin. Pourtant, ce soir, c’était beaucoup trop pour elle. Qu’elle idée d’aller chez lui ? Elle se dit qu’à cet instant, elle pourrait être en train de dormir sereinement dans son lit, mais non, au lieu de ça elle a eu la brillante idée d’aller le voir et de tout lui dévoiler. Parce que pour Jules, c’était tout ou rien. Elle ne pouvait pas se contenter de passer à côté de lui, de le croiser dans les couloirs et de lui sourire comme si il ne s’était jamais rien passé. Elle voulait savoir, elle ne tenait plus une seconde, elle était prête à tout envoyer dans le simple but d’être fixée. Mais ce qui lui faisait le plus peur n’était pas forcément qu’il la repousse. Non, c’était qu’il ressente la même chose. Après tout, elle n’a jamais eu de relation sérieuse. La seule qui pourrait être considéré comme telle, fut un désastre total. Et si c’était elle le problème au final ? Voilà qu’elle commence à se remettre en question. Il lui fait tourner la tête et elle commence à douter d’elle. Impossible. Elle reprend ses esprits et tente de paraitre le plus à l’aise possible (ce qui n’est clairement pas le cas). « Ouais. Enfin.. oui. S’il te plait. Je veux bien. » Elle se contente de s’assoir au bar, en face de lui. Et il n’y avait plus que ça qui les séparait, ce petit meuble, pas plus large qu’elle. Plus le temps passait et moins elle s’en sentait capable. Elle ne s’est même pas préparée. Comme d’habitude, elle est partie au quart de tour et elle s’est lancée sans vraiment réfléchir à son entrée en scène. Elle pousse une mèche de cheveux derrière son oreille, machinalement, parce qu’elle ne sait pas quoi faire de ses mains. Et c’est là qu’il lui pose la fameuse question. Bon de toute manière il fallait bien qu’elle se lance à un moment ou un autre. Elle finit par aller s’assoir sur le canapé et une fois qu’ils sont assis tous les deux, elle se tourne enfin vers lui, les mains unis contre ses cuisses. « Je pense que tu sais de quoi je veux te parler. » Je l’espère surtout. « J’ai pas arrêté de me faire des scénarios dans la tête. J’ai repensé à tout ce qui a pu se passer ces deux dernières années. Oh putain.. j’sais pas comment te dire ça. » Elle commence légèrement à paniquer. L’improvisation ce n’est pas son truc. Elle est presque psychorigide la fille, elle contrôle tout et elle se lance dans un petit discours qui va peut-être tout changer et non, elle n’a pas pensé à ce qu’elle allait lui dire. « Bon, je crois que le plus simple c’est de commencer par le début. » T’as raison, retarde le truc encore plus. « Tu sais, je te considérais comme un très bon ami à l’époque où nous nous parlions encore. Puis t’es arrivé là, comme ça, t’as débarqué et tu m’as dit que tu voulais plus. Je venais de vivre un échec, j’ai complètement foiré le tennis, j’étais démolie, j’avais qu’une hâte c’était de m’enfermer et pleurer. Et je pense que j’ai pris peur. En fait, j’en suis sûre. J’étais amoureuse de toi. Vraiment. Je veux dire, j’en avais rien à faire du mec avec qui j’étais, je voulais juste être avec toi, mais j’ai pas pu. J’avais besoin de sentir que j’avais pas complètement foiré ma vie. C’est pour ça que je suis partie. » Et finalement, c’était beaucoup plus simple de tout lui dire, bien plus qu’elle ne l’aurait pensé. Elle se sentait soulagé. Plus les mots sortaient et moins elle avait peur. L’angoisse qui l’habitait laissait place à un profond bien-être, le bonheur d’avoir dit les secrets les mieux gardés mais aussi les plus lourds. « Ce que j’essaye de te dire Nate, c’est que.. Malgré ce que tu as toujours pensé, je n’ai jamais essayé de te faire du mal, pas intentionnellement. Au contraire, je pense c’était mieux pour toi. J’étais qu’une gamine, je savais pas ce que je faisais.. Je ne savais pas ce que je voulais. Et je pense que c’est toujours le cas aujourd’hui. Mais on s’est embrassé et.. je sais pas. » On a connu mieux comme conclusion. Elle a fait mieux comme discours mais les choses étaient dites. Ou presque. Les sous-entendus restaient clairs malgré tout. Elle était complètement perdue. Elle ressentait quelque chose de fort pour lui, des sentiments qu’elle n’a eus pour personne auparavant mais elle était incapable de dire ce que cela signifiait même si elle se doutait que tout ça dépassait le stade de l’amitié. De toute manière, ils n’étaient pas faits pour être amis. Le temps leur a prouvé. Quand on y réfléchit, ils vivaient les choses entièrement quand ils étaient ensemble. Ils adoraient, ils détestaient, mais il n’y avait jamais de juste milieu. Comme leur relation. Ils atteignaient les pics, une seconde ils s’adorent, ne peuvent plus se passer l’un de l’autre, et juste après, ils sont incapable de se parler sans sortir les grands mots. La passion les habitait, une âme qui s’enflamme au contact de l’autre. « J’arrive pas à me le sortir de la tête. Je vais surement paraitre ridicule. Juliett, la fille le moins crédible quand il s’agit de sentiments.. Pourtant, je te jure Nate, j’arrête pas d’y penser.. »
Revenir en haut Aller en bas
Adriel Eynsford-Baxter
there's no place like berkeley
avatar
prénom, pseudo : julia.
date d'inscription : 20/02/2011
nombre de messages : 19702
avatar : francisco lachowski.

MessageSujet: Re: we don't have to be ordinary w/ nate Dim 5 Oct - 21:28


Sa venue n'avait rien d'innocente, lui-même n'avait aucun mal à le deviner, ce même s'il avait bien du mal à la cerner depuis… des années. Jules Hastings-Fields ne faisait jamais rien sans arrière pensée, rien de sa part ne pouvait être innocent, où ne pas être à la recherche d'une contrepartie, en quête d'un but. En hôte remarquablement bien élevé, Nate se contenta de lui adresser un sourire de circonstance, ne sachant dans le fond pas s'il devait se réjouir de sa présence ou bien à l'inverse s'en méfier. S'occupant à préparer le thé comme l'anglais véritable qu'il était, il manqua toutefois de renverser une tasse ou deux sur le parquet avant de se poser à son tour sur le sofa. Autant mettre cette maladresse inhabituel sur le compte de la nervosité, se justifia-t-il silencieusement. Avide de connaître la réponse à sa question plutôt anodine et le motif de cette visite impromptue ( et au combien délicieuse ), Nate laissa son regard flirter sur les traits d'une remarquable finesse de Jules, tout en lui laissant le loisir de s'expliquer. Autant se régaler pleinement de la vue et de cette proximité inédite un moment, et accorder une attention sommaire, mais tout de même réelle à la locutrice, plutôt que de louper une seule miette d'un sourire qui pourrait apparaître à tout moment sur ses lèvres. Toutefois il fut rapidement amené à se questionner, et à se détacher de sa contemplation pour prêter un peu plus de réflexion à la conversation. Ah Nathaniel ce n'est pas aujourd'hui que tu pourras la regarder bêtement et amoureusement. Comment ça il savait de quoi elle voulait parler ? Il la contempla un instant, hébété, à la recherche d'une réponse silencieuse qu'elle pourrait lui transmettre au travers d'un regard, en vain. S'il lui arrivait parfois de résoudre quelques mystères, ou bien simplement d'être logique, Nate était en revanche bien mauvais aux devinettes. Non, il ne voyait pas du tout ce dont elle voulait parler. Ou bien il était à présent trop obnubilé par sa seule présence pour en oublier le reste. Les vacances, le baiser, et le goût permanent d'inachevé qui siégeait en permanence dans sa bouche, sur ses lèvres avide depuis. Il savait tout naturellement de quoi elle voulait parler, mais encore fallait-il que son esprit anesthésié ne lui transmette l'information, et ne l'extirpe de cette envie embarrassante et toute fiévreuse de réitérer l'expérience du baiser en question « .Oh. Disons… non, pas vraiment non. » Ce manque flagrant d'éloquence, Nathaniel ! Lui qui savait pourtant si bien manier les mots et avait inévitablement l'habitude de discuter, se retrouvait bouche bée, à la frontière du mutisme devant une Jules qui l'impressionnait bien plus qu'il ne réalisa sur le moment. Qui plus est, elle venait de lâcher un '' Oh putain '' qui ne lui ressemblait pas du tout, ce qui jeta inévitablement Nate dans un malaise profond. Pour qu'elle puisse jurer de cette façon, il fallait au moins qu'elle lui annonce un crime, ou un mort. L'idée qu'elle puisse venir confesser quelques sentiments ne l'effleura pas même une demi-seconde, tant il n'espérait plus. Il l'examina du regard, anxieux et navré par avance de ne pouvoir lui apporter quelconque aide, de ne pas pouvoir lui souffler les mots qu'elle n'arrivait plus à trouver. Auditeur attentif, Nate se concentra sur ses lèvres en mouvements, l'obligeant à se mordre la lèvre inférieur pour ne pas s'imaginer l'embrasser bêtement à nouveau, et décréta qu'une écoute attentive l'obligerait à ne plus repenser (trop) à la Grèce et à ses inégalables souvenirs. Il l'écouta non sans peine, non sans confusion, non sans y laisser un bout de cervelle et quelques petites crises cardiaques, et avala ses mots comme on avale une soupe délicieuse, mais improvisée. Faite d'imagination et de ce qu'il reste dans le frigo un dimanche soir. Après quelques minutes de silence et de conversation confuse avec lui-même, Nate tenta de prendre à son tour la parole. En guise de première réponse, il se mit à babiller nerveusement, à bafouiller comme un enfant dyslexique invité à réciter une poésie compliquée devant toute sa classe. Conscient qu'il se ridiculisait de façon monumentale, Nate s'imposa un silence pensif le temps de mettre ses idées en place et son cœur au diapason, en déposant son main sur sa bouche.  On expire, on inspire, on se racle la gorge. Go. « .Tout ceci me laisse…  ma foi perplexe, et très confus. » avoua-t-il en toute sincérité.  Elle était amoureuse de lui, pas de l'autre gars, mais ne pouvait pas, ne savait pas, était partie, mais finalement y repensait, mais ne sait toujours pas. Oh dearie. Une fille, une vraie, dans son état naturel. Trop complexe pour être décortiquée, ou seulement comprise par l'homme à l'esprit trop simplet et pas assez agile qu'était Nate. Pourtant il était si intelligent, Nate. Mais visiblement pas assez pour cerner Jules et son flot incontrôlable de mots, et ses divagations. Ou bien ses explications ne pouvaient remplir leur office si elle ne les délivrait que par bribes rangées de façon si confuse. Finalement il s'octroya le plaisir de la regarder simplement, de repenser chaque mot de son discours pour ne souligner qu'un passage, et lui accorda son plus beau sourire. « . Tout ce que j'ai entendu, ce que t'étais amoureuse de moi. » et ça lui suffisait amplement, même si elle en parlait au passé. Tout le reste était recouvert d'un épais brouillard et le semblait dérisoire à côté du fait qu'elle était amoureuse de lui. Même s'il s'agissait du passé, même si tout pouvait être à présent révolu et que la suite était laissée en pâture à l'imagination. Le fait qu'elle ait été un jour amoureuse de lui lui procura une satisfaction certaine – et un bonheur non dissimulé, directement affiché sur sa bouche en un sourire conquis. Il poussa un soupir morose, changeant d'humeur d'un coup en y repensant à nouveau. « .Mais tu m'as fais croire le contraire, en me disant que tu préférais quelqu'un d'autre, et que tu ne voulais pas être avec moi, et tu es partie. » relata-t-il à voix basse, à la fois amer, perdu et étrangement soulagé. Le regard perdu vers un point invisible au sol, il souleva un pan de l'histoire qu'il ne connaissait pas et qui prenait plus d'ampleur une fois avouée à haute voix. Bien sûr, il lui en voulait d'avoir fabriqué ce mensonge de toute pièce. Au moins un peu. Mais le fait qu'elle vienne lui dire la vérité de façon aussi intègre et loyale, sans parler du mot ''amoureuse'' qui résonnait dans tout son être, l'incita a passer outre. La confusion régnait aussi pour lui, ce pourquoi il n'eut aucun mal à être empathique avec elle. Combien de fois avait-il repensé minutieusement chaque situation, chaque fois où tout aurait pu être différent si les mots avaient été mieux choisis, si ses gestes avaient été différents.   « .Tu n'es pas ridicule. J'ai compris pour le baiser en Grèce, vraiment. Tu n'imagines pas combien je comprends, et je compatis et ... » et beaucoup d'autres choses inexplicables, et longues, et fastidieuses, et tout. Il déposa sur elle un regard compréhensif et s'imposa à nouveau un silence pensif d'une demi seconde, cherchant les mots qui conviendraient. Seulement il n'y en avait pas, ainsi la spontanéité prit le pas sur la réflexion. « .Quand je te regarde j'ai envie de t'embrasser encore. » finit-il par lâcher, accompagnant cette vérité d'un rire nerveux. Spontané et peut-être un peu trop, Nate se frotta les yeux du bout des doigts, parfaitement conscient de son quotient ridicule, mais toujours irrésistiblement souriant. « .J'en reviens pas d'avoir osé dire ça. » se moqua-t-il, de lui-même assurément. Pourtant il s'agissait là de la vérité et Nate, étant trop vrai trop naturel, ne pouvait rien faire pour la dissimuler. Et le ridicule n'avait chez lui rien à voir avec l'honnêteté, et tant pis. « .Mais tu me perturbes, et j'ai déjà fais les frais de cette histoire-là une fois et tu ne sais pas non plus et... » ajouta-t-il, finalement plus sérieux et à son tour confus. Ça fait beaucoup de '' et '' dans une seule conversation Nathaniel, songea-t-il, désespéré d'être si peu éloquent.  Finalement il se laissa divaguer en touillant son thé à la cuillère, en y ajouter quelques sucres tout en réfléchissant à la situation silencieusement. « .Qu'est-ce que tu veux ? . » finit-il par lâcher, sérieux. « .Je veux dire vraiment. Qu'est-ce que tu veux vraiment ? Là, maintenant, de suite, avec moi. Qu'est-ce que tu attends ? Ne me dis pas que tu ne sais pas, ok ? Parce que je ne peux pas savoir pour toi et je pense que tu sais très bien ce que moi je veux. Parce que c'est ce que j'ai toujours voulu et ça n'a pas changé, surtout pas depuis la Grèce. Mais maintenant ce qui compte c'est ce que toi tu veux. Et je pense que tu le sais déjà sinon tu ne serais pas là. T'as juste encore un peu peur de te lancer vraiment. » de se lancer dans quoi ? Lui-même n'aurait su le dire. Seulement il était certain de plusieurs choses : il n'était pas là pour une visite de courtoisie, elle avait été amoureuse de lui et réciproquement, il bouillonnait d'envie de l'embrasser et elle repensait au baiser de la Grèce. Que demander de plus ? D'être rassurée avant de se lancer dans l'inconnu, qui ne l'était pas tant que ça pour lui finalement, peut-être. « .Tu sais que je ne ferais jamais rien pour te blesser, n'est-ce pas ? . » allons, y-a-t-il un cœur plus pur et chargé de bonnes intentions que celui de Nate sur cette planète ? Probably not. Nate était, et serait toujours, celui dont il ne faut jamais avoir peur.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité

MessageSujet: Re: we don't have to be ordinary w/ nate Jeu 30 Oct - 16:28

We do what we have to when we fall in love.

Le plus dur dans ce genre de situation ce n’est pas de parler, ni même d’ouvrir son cœur, c’est d’attendre. Une réponse un signe, elle aurait donné n’importe quoi pour savoir à l’avance ce qu’il allait répondre. Simplement, ça ne marche pas comme ça. Le destin, le karma, tout ça n’entre pas compte. Tout se joue dans les premières secondes. Elle était face à lui et elle se sentait comme on se sent devant le père noël. Impatient, terrorisé, excité. Un tas de sentiments qui se fracassent contre sa poitrine, dans sa tête. Elle a longtemps mentit sur les raisons de son départ et quelque part, elle s’était presque mise à y croire aussi. Jules a fini par se dire que tout ça c’était ce qui devait arriver, elle devait quitter l’Angleterre pour le bien de sa carrière, pour son bien à elle. Mais peut-être que son destin aurait été différent, mieux, si elle était restée près de lui. Pourtant, elle ne regrettait pas dans le fond. Elle n’aurait jamais ressentis le manque, le besoin de le voir. Être loin de lui pendant un mois entier lui avait prouvé qu’elle ne voulait qu’une seule chose : Nate. C’est drôle comme la vie peut nous surprendre. Elle avait fuis la vérité et aujourd’hui, elle était dans son appartement, prête à tout lui révéler. Quelques mots confus, une voix tremblante et des frissons plus tard, elle avait lâché un poids. Il connaissait tout maintenant. Les mensonges, la vérité. Il ne semblait pas plus à l’aise qu’elle ne l’était. Quoi de plus étonnant. Elle aurait voulu partir en courant. Loin, très loin. Mais elle était toujours là, sur son canapé à attendre un signe de lui, une raison qui la pousserait à ne plus jamais s’en aller. Elle se sent stupide. Elle a l’impression de revivre un film romantique assez pitoyable pour que n’importe quelle adolescente puisse s’émerveiller devant. Elle tortille ses mains dans tous les sens, les fait virevolter à chacun de ses mots et elle le fixe, cherchant un indice dans son regard. Quelque chose qui puisse lui faire comprendre qu’elle ne doit pas regretter d’être venue. Et les premiers mots qu’il déballe ne sont pas ceux qu’elle aurait espérés. Pour la première fois, elle sent son cœur exploser. Elle pense, pendant quelques secondes, que c’était une erreur. Mais elle ne bouge pas et s’enfonce dans le canapé avec fatalité. Mais son sourire illumina la pièce, comme une lueur qui laisse entrevoir l’espoir. Elle ne peut s’empêcher de sourire à son tour. Il a le visage enfantin, la bouche malicieuse et les yeux qui forment une jolie lune. Cet instant elle aimerait le capturer, le regarder en mémoire afin de s’en souvenir toute sa vie. Ah, c’est ça le bonheur alors ? se met-elle à penser. C’était bien plus. La joie de se sentir bien plus qu’elle-même, un peu plus à travers son regard. « C’est tout ce que tu as retenu ? » Et tout s’évanouit. La lumière ne rayonne plus et la sentence tombe. Elle avait mentit et elle était partis. N’est-elle pas la meilleure quand il s’agit de foutre en l’air la vie des autres afin d’enrichir la sienne ? Cette fois ci, personne n’avait été gagnant. Elle avait même plus perdu que lui. Dans un sens, elle lui avait laissé la chance de connaître quelqu’un de mieux et peut-être qu’il avait vécu une belle histoire avec une fille bien mieux qu’elle. Elle n’était pas spécialement mauvaise, ni même méchante avec les personnes qu’elle aime mais elle ne pouvait s’empêcher d’être égoïste, de ne penser qu’à elle. A l’époque elle était consciente que cela pouvait finir par lui nuire. Mais ce soir, elle avait sauté le pas. Elle était prête à tout remettre en question. Pour la première fois, elle se sentait capable d’aimer quelqu’un bien plus qu’elle ne s’aime elle-même. Et pourtant, elle se souvient encore de sa discussion avec Garrett avant son départ pour l’été. Son long discours sur combien c’est agréable de pouvoir profiter de la vie sans se référer à quelqu’un, sans prendre soin de regarder si les autres sont tout aussi heureux. Elle s’était même dit que c’était ce genre de vie qu’elle voulait. Mais dans le fond, elle ne comptait pas Caleb, ni Sara, et encore moins Babi. Tous ces êtres dont elle prend soin dans le secret. Elle était revenue sur tous ces mots, toutes ses paroles qui n’avaient plus d’importance ce soir parce qu’elle était avec lui. « Tu me dis que tu comprends, mais as-tu vraiment conscience de ce que cela signifie ? » Est-ce que tu sais à quel point c’est pesant ? De repenser sans cesse à cette scène, à tes lèvres sur les miennes ? Elle sent encore la saveur alcoolisé des siennes. Ses yeux se dressent dans les siens et sa sincérité la frappe en pleins cœur. Comme un coup de poing mais qui, bizarrement, lui procure plus de bien qu’autre chose. Sa bouche se resserre et elle se mordille la joue comme une gamine à qui on vient de dire qu’elle peut avoir le plus beau des cadeaux. Elle se met à rire en cœur avec lui et le silence l’achève. Que peut-on répondre à ça ? Aussi spontané que lui, elle ne cherche pas à passer par différent chemin pour dire ce qu’elle a sur le cœur. « Rien ne t’en empêche. » Ou peut-être que si. Elle-même. Elle et ses discours qui n’ont pas vraiment de route et qui partent dans tous les sens. Qui disent implicitement qu’elle ne veut mais qui explicitement avoue qu’elle ne sait pas. Hastings-Fields ne sait pas ce qu’elle souhaite. On connaissait Jules pour ses caprices et ses envies de tout et de rien. Elle avait conscience de tout ce qu’elle voulait et pourtant, ce soir, elle avait l’occasion de lui dire ce qu’elle souhaitait le plus au monde et était incapable de lui faire comprendre. Par peur. « Il y a une chose que je sais. Je n’ai pas envie de te faire de mal. Tu connais ma réputation. » Elle savait très bien que Nate n’est pas de ceux qui se basent sur des ‘’on dit’’ mais il connaissait son passé sulfureux et peu respectable. Elle n’en était pas fière mais c’est ce qu’elle était : une allumeuse, dragueuse, dévergondée, etc. Inutile d’énumérer tous les noms que l’on a pu lui offrir derrière son dos. Elle jouissait de cette notoriété peu glorieuse et faisait parler d’elle de la meilleure manière qu’il soit et tous les moyens étaient bon. Elle et son foutu besoin de reconnaissance. Qu’est-ce que tu veux ? Elle-même se le demandait. Tous les jours. Il la connaissait maintenant et son manque d’assurance n’était plus un secret à ses yeux. Elle savait être forte et fière sur le terrain, devant les journalistes, face aux gens, mais en ce qui concerne ses relations, elle manquait un peu de tout. Elle n’avait pas la fibre. Elle était incapable d’être bonne envers les autres. Parfois même, elle se surprenait à ne pas être tendre avec ses amis les plus proches ; et pire, avec son frère. Comment pouvait-elle l’être avec lui ? « Tu te souviens de la toute première fois où l’on s’est rencontré ? On s’est revu plusieurs fois après ça. Puis il y a eu celui qui allait me mener à la victoire. Enfin c’est ce que je pensais. Je venais d’accéder à l’étape finale. La dernière. J’atteignais mon but, celui que je m’étais fixée et tu sais ce que je souhaitais le plus à cet instant ? Ce n’était pas d’appeler mes parents, ni même mon frère, et encore moins de me pavaner devant les autres. Tout ce que je voulais, c’était te voir et lire dans tes yeux à quel point tu étais fier de moi. C’est à ce moment que j’ai su que j’aurais donné n’importe quoi pour être avec toi. » Ses paroles se dressaient au passé et pourtant, elles reflétaient ses envies d’aujourd’hui. Etre avec lui. Mais il était capable de lire ses craintes dans son regard. Elle se sentait presque vulnérable face à lui qui lisait en elle avait tant de facilité. Il n’avait pas besoin de la connaître pour deviner ses pensées, elles s’offraient à lui sans retenue. Elle s’approcha de lui et regarda ses mains s’agiter autour de sa tasse. Elle n’avait pas touché à la sienne et pendant quelques secondes, elle perdit ses pensées. Elle redressa son visage afin de lui faire face et capter son regard. « Je sais que tu ne me feras jamais de mal. J’ai peur que ce soit moi qui te fasse souffrir. » Car malgré tout, si elle ne bénéficiait pas d’un catalogue remplit de qualités qui lui était destinées, elle était, et ce, depuis toujours, protectrice. Elle faisait en sorte de ne jamais voir ses proches souffrir et ce soit, elle le protégeait d’elle-même. Pourtant, elle n’avait qu’une envie, être égoïste, tout oublier, chasser de son esprit ses craintes de lui faire du mal et se jeter dans ses bras. Elle glissa sa main sur sa bouche et prit une grande inspiration. Tout était entre là, elle avait les cartes, elle pouvait en faire ce qu’elle voulait. Elle qui aimait le contrôle, elle se retrouvait d’un coup face à un grand puit d’incertitude, d’envie et de peur. « Je ne sais pas ce que je veux mais je sais ce que je ne veux pas.. Et.. je ne veux pas regretter une seule seconde d’avoir quitté cet appartement sans t’avoir à mes côtés » Une phrase peu explicite mais qui, pourtant, scellait un engagement, celui de ne plus jamais être loin de lui. Il était temps qu’elle affronte ce qu’elle souhaitait depuis toujours. Dire qu’elle ne craint pas la suite serait un mensonge, mais qui n’est pas effrayé à l’idée de donner son cœur ? Qui n’a pas peur de se retrouver seul ? Et qui ne souhaite pas trouver quelqu’un qui vous aime et que l’on aime aussi ? Elle s’approcha doucement de lui et glissa sa bouche près de son oreille. « Embrasse-moi. » Son visage frôlait le sien. Ils ne s’étaient échangé que deux baisers. Pourtant, le vrai, le seul, celui qui allait définir leur avenir était là, au creux de ses lèvres, prêt à être donné. C’était une promesse. Celle de toujours être présent, de ne plus se quitter, d’être ensemble. C’est tout.
Revenir en haut Aller en bas
Adriel Eynsford-Baxter
there's no place like berkeley
avatar
prénom, pseudo : julia.
date d'inscription : 20/02/2011
nombre de messages : 19702
avatar : francisco lachowski.

MessageSujet: Re: we don't have to be ordinary w/ nate Mar 11 Nov - 14:21


« .Je crois que c'est l'essentiel, non ?. » se contenta-t-il de répondre à son tour, cachant son besoin d'approbation derrière un sourire étincelant. Qu'elle puisse avoir été un seul instant, même une petite seconde et rien de plus, amoureuse de lui satisfaisait pleinement son appétit d'elle. Cela signifiait à ses yeux que la brèche était là, et qu'il lui fallait plus ou moins creuser pour s'y engouffrer, s'il en avait toujours le cœur. Et Nate aurait toujours le cœur pour ces choses-là, particulièrement avec elle qui n'était plus un échec cuisant, désillusion cruelle et insupportable, mais bien une occasion manquée. Et cela ouvrait tout un tas d'autres perspectives, et l'incitait à réviser leur relation, ou peu importe ce qui pouvait bien les unir, avec ces nouveaux paramètres. Peut-être n'était pas si compliqué qu'il le pensait finalement, ou peut-être que ça l'était encore plus que ce qu'il imaginait. En attendant de pouvoir repenser toute cette situation au calme, Nate se contenta de la scruter d'un regard mélangé de perplexité, d'avidité, et de tendresse, et de mettre toute sa spontanéité dans chacune des réponses qu'il formulait à son égard. « .De ce que signifie quoi ?. » Le baiser ? Ce qu'il révélait ? Ou bien encore ce que signifiait le discours maladroit qu'elle venait de lui accorder et avec lequel il composait avec plus ou moins d'adresse ? Affichant un sourire de façade, il se laissa convaincre qu'elle essayait d'arranger les choses entre eux et de lui dévoiler le fond de sa pensée, de son cœur (soyons fous) avec une maladresse telle qu'elle en devenait désarmante, et étonnamment envoûtante. Chose qui intensifia son sourire, et l'incita à l'apprécier plus à sa juste valeur. À ce stade-là, le simple fait qu'elle se retrouve dans son appartement suffisait à fasciner tant sa raison que son coeur. « .Je pense que tu essayes de me dire quelque chose et pour être tout à fait franc avec toi, ce n'est pas très clair. Mais je crois avoir compris l'essentiel. »  Et l'essentiel restait : Elle était amoureuse de lui. Il revenait, et reviendrait pendant longtemps encore, dessus tant la nouvelle lui était précieuse. Là se trouvait tout ce qu'il avait besoin de savoir. Du moins, tout ce qui pouvait le contenter. Ça et quelques petites explications… quelques détails à souligner, comme le fait qu'elle avait délibérément menti pour se protéger, et en le blessant vigoureusement au passage. En venant à scruter ses lèvres et ne plus être assez vigilant pour dissimuler son envie pressante d'y goûter à nouveau, Nate se laissa surprendre par sa réponse, son incitation délibérée à l'embrasser. Ne s'attendant pas à pareille invitation, c'est d'un rire à la fois embarrassé et franc qu'il exprima sa réponse. Tout l'en empêchait. Ou du moins, il s'en empêchait au nom de la bienséance, des règles dans ce genre de situation et surtout, surtout… du fait qu'il devait la prendre avec des pincettes et pas du bout des lèvres. Lui donnait-elle la permission de vaincre ses craintes et de l'embrasser ? Ah, si seulement il était plus simple pour lui d'arrêter les réflexions et de se jeter une bonne fois pour toute. Aussi maladroits que deux adolescents qui se découvrent et apprennent à s'apprivoiser, une scène qui, s'il n'en était pas l'illustre protagoniste, aurait pu l'attendrir.  Qu'elle ne veuille pas lui faire du mal était une victoire, compte tenu du personnage, et s'il manqua de lui répondre qu'elle l'avait déjà fait par le passé, en revanche la pensée qu'elle puisse recommencer vint lui arracher son sourire des lèvres et le fit redescendre de son nuage un bref instant. Si seulement elle n'avait pas mentionné sa réputation, et sa faculté à heurter quiconque osait s'enticher d'elle, probablement aurait-il était capable de l'embrasser sur le champs. « .Oui, je connais ta réputation. » finit-il par admettre, dans un soupir las, sans pour autant se départir d'un sourire qui malgré tout s'était atténué. Comment pouvait-il échapper aux rumeurs ? Ici ou ailleurs, par le passé ou dans le présent, Nate était renseigné sur le compte de chacun avant de pouvoir même décider s'il voulait l'être. Jules mettait un point d'honneur à faire parler d'elle, peu importe la façon. Ce qu'il ne pouvait de toute évidence par comprendre, ne cherchant la reconnaissance, ni même l'attention de personne, si ce n'est la sienne et dans un contexte totalement différent. On disait d'elle qu'elle aimait assouvir les besoins de sa vorace luxure. Ou du moins, le disait-il de façon plus romanesque, plus imagée, pour pouvoir extraire une grosse part d'indécence à ce qu'elle faisait pour satisfaire son appétit de l'autre. Lui aussi couchait comme ça, de temps en temps, mais en toute discrétion et lui n'avait pour réputation que celle du mec idéal. Toutefois était-ce une raison pour la juger ? On est comme on est, préféra-t-il conclure sagement, pour lui-même. « .Mais si je devais m'y fier, il y a de forte chance pour que toi et moi ne soyons même pas en train d'avoir cette conversation. » commenta-t-il à nouveau, sûr de ce qu'il avançait. Il ne lui aurait jamais ouvert sa porte, ni ne se serait rapproché d'elle comme il l'avait fait il y a de ça des années. Heureusement pour lui, pour elle, et pour les autres, Nate savait très bien faire abstraction des rumeurs, et préférait de loin se confronter à la personne directement plutôt que de se laisser envoûter par des mauvaises langues. Il n'avait aucun problème avec sa réputation, si et seulement si celle-ci ne venait pas le menacer lui. Indéniablement passionné, Nate se mordit la lèvre en écoutant avec attention son histoire et celle-ci, plus que de flatter son ego, sa raison, son cœur, et tout le reste, lui donna le droit de croire qu'il y avait plus que quelques sentiments sous la carapace que Jules s'était forgée. Ne sachant que répondre, il se contenta de lui offrir un large sourire gourmand.   « .J'ai déjà été blessé par le passé, et je sais que ça se reproduira. Tout comme il m'est arrivé de blesser des personnes qui m'étaient proches. » assura-t-il à son tour, non sans tressaillir du regard une fraction de seconde. Assez longtemps pour lui rappeler qui l'avait blessé par le passé, qu'elle en faisait parti et qu'il y avait de grandes chances pour que d'autres noms se rajoutent à la liste, et que le sien y apparaisse à nouveau. Mais il était sage de penser qu'ainsi se déroulait la vie. Comme le précisait si bien John Green dans son désormais trop célèbre The Fault in our Stars : '' You don't get to choose if you get hurt in this world...but you do have some say in who hurts you. I like my choices, I hope she like hers. ''. Et son choix premier se trouvait devant lui, belle comme tout, et dotée d'un sourire qui valait bien quelques peines de cœurs. Lui non plus n'était pas infaillible, et même s'il ne le faisait jamais de son plein gré, il lui était arrivé de blesser autour de lui. Chacun sa croix. « .C'est comme ça, ça arrive. L'important, c'est que ça vaille la peine. » ponctua-t-il, lui assurant du regard qu'il était sûr, dans le fond, qu'avec elle ça en vaudrait la peine. " If you find someone you love enough to ruin your entire life for, it’s always worth it." Ou au moins, ils pouvaient bien essayer. Séduit par ses mots et par leur proximité naissante, Nate se laissa docilement ensorceler par Jules, et ses murmures pleins de promesses. Le palpitant affolé, il se laissa aller à une contemplation brève et pourtant appuyée de ses lèvres s'approchant dangereusement des siennes, sans les toucher.  Elle était à sa portée au point où il pouvait sentir ses lèvres frôler les siennes, les effleurer de façon aérienne, lui laissant l'opportunité d'imaginer de ce que pourrait être ce baiser au moment où il déciderait de sceller ses lèvres aux siennes. Parce qu'il le déciderait, coûte que coûte. À ce moment-là il n'y avait plus aucune incertitude. Une seconde de contemplation et pas une de plus, livrée à son imagination, le transportant en Grèce, à l'instant précis où le premier baiser avait eu lieu. Il se rappela de combien le premier l'avait touché, au point de le hanter pendant des semaines interminables, jusqu'à arriver aujourd'hui, maintenant. Seulement ce  souvenir fit pâle figure à côté de ce qu'il pu ressentir lorsqu'enfin il l'embrassa à nouveau. Sa main glissa habilement dans sa nuque pour la rapprocher un peu plus de lui, comme si c'était possible, et son cœur sembla prendre feu, mais de la façon la plus exquise qui soit. À tel point qu'il refusa de se détacher d'elle, et prolongea jusqu'à plus de souffle. « .Ou bien tu peux encore ne pas quitter cet appartement du tout. » se chargea-t-il de murmurer en plusieurs fois, cherchant le temps de placer un mot par-ci, un mot par là entre la fièvre de plusieurs baisers.
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité

MessageSujet: Re: we don't have to be ordinary w/ nate Dim 7 Déc - 19:32

if somebody hurts you i want to fight but
my hands been broken, one too many times.

Leurs voix devenaient des murmures et ses mots réchauffaient les parcelles glacées de son cœur un peu trop brute. Il réussissait à calmer ses maux, adoucir ses colères et tempérer son caractère par sa seule présence. Ses angoissent s’envolaient peu à peu, à mesure où la conversation avançait. Ils se dévoilaient comme ils le font rarement ; comme elle ne l’a jamais fait. Son sourire rayonnait et les éclats de bonheur qui se reflétaient dans ses yeux étaient flagrants. Personne n’aurait pu rater ce tendre moment, tout le monde aurait pu découvrir une toute autre personne en Jules ce soir. Il révélait ses meilleurs côtés et elle se sentait presque unique à travers lui. Son regard parcourait le sien, faisait baisser les murs qu’ils avaient peu à peu construit avec la distance et tout semblait évident. Il était si beau. Il était l’être le plus gentil et le plus sincère qu’elle connaissait et son cœur si pur lui donnait envie d’être aussi parfaite qu’il l’était, ne serait-ce que pour le mériter. Elle était consciente qu’elle n’était pas à la hauteur de Nate. Il était un peu plus pour chaque chose, un peu plus qu’elle, un peu plus que les autres. Et c’était lui. Et il l’avait choisi elle. Parmi toutes les autres, elle était la seule et l’unique. Et peu importe sa maladresse et son terrible manque d’expérience en amour, elle était prête à tout lui donner. Son corps, son âme. Elle, toute entière. Et ses lèvres étaient là, prêtes à offrir le plus beau des baisers. Son cœur s’embrase quand sa peau frôle la sienne et que leurs souffles ne forment plus qu’un. Tel un roman, ils venaient d’écrire la première page de leur histoire, dans un livre qui raconterait comment deux êtres différents tombèrent amoureux l’un de l’autre. Le récit d’une jolie colombe avide de liberté effrayé par ses semblables et d’un grand rêveur aux pensées pleines de couleurs. Les premières lignes parlent du premier baiser échangé, mais surtout du second, celui qui marque le début de quelque chose qui les guide vers l’inconnu. A mesure où la distance entre leurs deux corps se réduit, Jules ne peut s’empêcher de le serrer un peu plus, comme pour se prouver à elle-même que tout ça est bien réel, que cela n’a rien d’un rêve. Elle ressent chaque battement de son cœur comme si c’était le sien et ses lèvres refusent de se libérer des siennes. Ses mains viennent s’agripper à lui et elle hoche la tête comme pour approuver ses dernières paroles. Le sourire qui se dessine sur son visage évoque toute la joie qu’elle ressent à cet instant et seul peut comprendre à quel point ce moment est précieux et à quel point il ne ressemble à aucun autre. Il leur appartient. A tout jamais.

december ~ C’est une atmosphère féérique qui règne dans l’appartement des trois meilleures amies. L’odeur de popcorn envahit chaque pièce et le son d’une douce musique retentit dans le salon. L’écharpe autour du cou, le bonnet autour de la tête et le téléphone dans les mains, Jules se prépare à partir rejoindre Nate. Elle souhaite une bonne soirée aux filles et s’éclipse bruyamment juste après avoir dit aurevoir à Caleb. Elle s’engouffre dans sa voiture et prend vite la route. Les dernières semaines ont été agitées. Rythmées par les révélations de moins en moins plaisantes, c’est avec le cœur lourd qu’elle traîne son corps frêle à travers les couloirs de Berkeley. Si elle avait pris l’habitude de se faire remarquer à chaque pas, si on la connaissait imposante et peu discrète, aujourd’hui, elle n’était plus qu’une ombre. Flirtant avec celui qu’elle appelle ‘’darling’’, elle s’était vite retrouvé au centre des conversations. On parlait de leur couple, des photos d’eux sur les réseaux sociaux, dans les magazines, on les voyait partout, tout le temps. Mais les révélations récentes l’avaient poussée à ne plus réellement exister pour elle-même. Aujourd’hui, Garrett était au cœur de ses pensées et de son attention. Son secret avait été offert, presque donné à toutes les personnes qui souhaitaient lui faire du mal. Et si en apparence il semblait prendre tout ça à la légère, elle ne pouvait s’empêcher de croire qu’il était plus touché qu’il ne le laissait paraitre. Sans compter sur le fait qu’elle avait, au même moment, apprit qu’Alexie était amoureuse de Nate. Reed enceinte. Et quelques semaines plus tard, elle découvrait qu’une nouvelle tumeur avait décidé de ruiner tous les espoirs de guérison de son meilleur ami. Certes, c’était bénin, et ce n’était pas dangereux. Pourtant, elle était incapable de penser à autre chose. Seul Nate était en mesure de lui faire oublier les malheurs qui s’abattent sur son existence. Et depuis quelques temps, leurs discussions tournaient autour de la grossesse inattendue de Reed. Elle n’avait rien trouvé de mieux pour feindre un désintérêt total par rapport à ce qui se passe autour d’elle. Elle cherchait surtout à comprendre comment elle avait pu laisser une telle chose arriver. Et même si elles se connaissaient depuis plusieurs années, Jules ne la connaissait pas aussi bien que Nate. C’est pour cette raison qu’elle se tournait plus particulièrement vers lui pour avoir des réponses à ses questions. Arrivée devant chez lui, cela ne lui prit pas plus de 5 minutes avant d’entrée dans l’appartement. Elle était venue ici si souvent qu’elle se sentait chez elle. Un lieu où elle peut tout laisser à l’entrée. C’était devenu son refuge. A chaque moment de crise, de trop pleins, elle venait se réfugier ici, auprès de celui qui la comblait de mille et une manières. Elle frotte énergiquement ses mains avant d’enlever le surplus de vêtements et de parcourir l’appartement. Passant presque tout son temps libre avec Garrett ces derniers temps, elle lui avait promis, le matin même, de passer toute la soirée, ainsi que la nuit, à ses côtés. Lui, en contre parti, faisait en sorte d’avoir l’appartement rien que pour eux. Depuis la réunion des confréries, Jules était incapable de se sortir de la tête le fait qu’Alexie habitait avec Nate. Elle se souvient encore des fois où elle se levait et la voyait en sous-vêtements dans la cuisine, ou encore, toutes ces fois où elle les a vu extrêmement proches. Jake n’avait pas manqué de relever ce fait à plusieurs reprises ces derniers temps. Il était bien le seul à réellement la comprendre. Il l’avait surpris, étonné par son besoin d’être si proche de son frère et son envie d’être présent pour lui. Alors il lui avait fait part d’un tas de choses, dont les rapports qu’entretenait son petit ami avec son amie la plus proche. Pas besoin d’en faire des tonnes, rien que d’y penser, Jules se refermait aussi vite et se faisait un tas de films dans sa tête. Rien de bien glorieux. Elle n’avait pas tellement peur de Nate. Elle avait confiance en lui. C’est d’elle qu’elle doutait. Impulsive, dure et imprévisible, elle était capable du meilleur mais surtout du pire. Alors elle avait besoin de ces petits moments pour pouvoir reprendre son souffle. Elle entra dans l’immense salon et le trouva enfin, posé dans le canapé, accompagné d’un livre. Cette image la fit sourire et alla le rejoindre aussi vite que possible. Elle attrapa son visage par derrière et lui vola un baiser. « Bonsoir. Ca va ? » Elle alla s’assoir à côté de lui, agrippant un plaid au passage avec lequel elle se recouvrit. La bouche en cœur, les yeux qui papillonnent, elle était comblée. Au creux de ses bras, elle déposa ses lèvres sur sa joue et se mit à sourire. « Tu veux boire quelque chose ? Je vais me faire un thé. » En quelques secondes, elle se retrouva dans la cuisine. Attrapant deux tasses dans une armoire, elle fit chauffer de l’eau. « Tu sais que j’ai vu Reed ce midi ? Et j’ai aussi pu voir son ventre. Enfin tu vas me dire, comment le rater. On ne voit plus que ça. Ca va devenir difficile de le cacher. » Elle en parlait comme on parle météo. Elles n’étaient plus tellement proches depuis son départ d’Angleterre, elles se disaient à peine bonjour et depuis la grande révélation, elles ne se croisaient presque plus. Pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de penser à Nate. Après tout, ils étaient très proches à une époque. Elle cherchait à savoir ce qu’il en pensait, comment il prenait la nouvelle. Pas de la manière la plus subtile, certes, mais quand même.  
Revenir en haut Aller en bas
Adriel Eynsford-Baxter
there's no place like berkeley
avatar
prénom, pseudo : julia.
date d'inscription : 20/02/2011
nombre de messages : 19702
avatar : francisco lachowski.

MessageSujet: Re: we don't have to be ordinary w/ nate Dim 25 Jan - 16:15

« .Dis-lui. » Certainement pas. Nate était entré depuis quelques heures dans une nouvelle phase grotesque où il considérait, de la façon la plus nonchalante qui soit, que divulguer la vérité sur le père du bébé de Reed à Jules qui n'avait que ce potin à la bouche dernièrement, serait une erreur assez grossière pour qu'il puisse s'en passer. Vivant en général pour l'honnêteté et la sagesse de la vérité, il reniait pourtant ses principes dernièrement afin de sauver son couple avec Jules à n'importe quel prix. Excepté que maintenant tout reposait sur un mensonge qui lui était difficile, voir quasi impossible de porter. Et Alexie Lancaster, dans sa grande mansuétude, ne l'aidait évidemment pas dans sa tâche. Vautré dans son canapé un livre à la main depuis bien des heures, il tentait de maintenir une impassibilité ferme en la présence d'une Alexie résolument énervée, et prête à en découdre pour faire valoir son opinion. Excédé, et loin d'être en pleine possession de ses facultés de réflexions, Nate y alla donc de petit son commentaire caustique et au combien désobligeant :   « .Pourquoi faire ? Toi tu comptais bien garder ton amour secret, pourquoi ne pourrais-je pas faire la même chose et préserver Jules de cette histoire ?. » Bad move, Nathaniel. Bad. Move. Par réflexe, sachant pertinemment que cette seule réflexion allait réveiller le démon en elle « .NATHANIEL. » Oh purée. Nathaniel, carrément. Elle était en colère contre lui au point de l'appeler par son prénom complet. Point de non retour à l'horizon. « .Tu vas lui dire, parce que c'est ce qu'il y a de plus juste à faire… et que je ne quitterais plus cette maison pour que vous soyez en tête à tête tant qu'elle ne saura rien. » exigea-t-elle, après avoir récupéré un calme de circonstance (personne ne se hurle dessus dans cette maison). « .Très bien. » céda-t-il de mauvaise grâce, sans lui accorder l'ombre d'un regard.   « .Tu sais que j'ai raison. » ajouta-t-elle, prête à s'en aller prendre son satané service, dans son satané hôpital. « .Très bien, j'ai dis. » siffla-t-il, avant qu'elle ne ferme la porte sur cette conversation, et probablement sur leur amitié qui se dégradait. Rien d'irréparable cependant, fort heureusement.

Your name burns hot when I write it, feels heavy when I say it out loud.  Bien des heures plus tard, Nate, n'ayant pas bougé d'un centimètre, mais avancé d'une trentaine de chapitres dans sa lecture, poussa un soupir éreinté en entendant la porte claquer. Jules fit une entrée simple, et pourtant remarquée, et câline au point de lui arracher un sourire qu'il ne sortait désormais qu'en sa présence. Si sa chaleur arrivait à apaiser les douleurs morales dont il était la victime perpétuelle depuis sa nuit avec Reed, elle lui était aussi d'un inconfort à peine supportable, tant il se savait être un menteur. Il portait préjudice à leur couple qui n'en serait probablement plus un bientôt, et qu'elle continuait à se montrer parfaite avec lui sans savoir ce qu'il s'obstinait à lui cacher.  Avant qu'elle n'arrive, il en était arrivé au point d'espérer qu'elle ne vienne pas, et lui épargne ainsi une occasion de plus de paraître étrange, ou bien pire : de lâcher un aveux malheureux qui condamnerait leur couple. Mais Alexie avait raison. Lui n'était pas un menteur, n'était pas faux et ne tentait pas de falsifier la réalité à son seul avantage. Jules méritait la vérité et plus que ça, lui ne méritait plus ses efforts pour lui ouvrir son cœur.   « .Bien, merci, et toi ? Raconte-moi ta journée. » Autant qu'elle fasse la conversation un maximum, l'histoire qu'il puisse mettre ses idées en place. « .Un thé serait le bienvenue, oui. » accepta-t-il, tout en se frottant les yeux du bout des doigts. C'est presque s'il n'y lâcha pas un bâillement au passage. À croire que d'éviter à la fois Reed, Jules, et le reste du monde l'épuisait au point de l'endormir devant un livre pourtant passionnant. Néanmoins la crise qu'il s'apprêtait à aborder le tenait bien éveillé. Son regard transit d'amour flirta avec une Jules souriante qui ne le serait bientôt plus, et c'est en silence qu'il préféra s'abreuver de cette vision avant que celle-ci ne change à jamais. Repoussant son livre contre la table basse, il poussa un soupir avant d'être rapidement emprisonné par une anxiété trop intense pour lui. Reed, Reed, Reed. Il eut l'impression, non fondée évidemment, que Jules le poussait à se confesser en mentionnant Reed et sa grossesse. « .Oh pitié ! Assez, assez avec Reed. Arrête de parler d'elle. À croire que tu n'as que ça à la bouche. Elle est enceinte, pas lépreuse. » s'énerva-t-il, avant de se rendre compte en un claquement qu'il allait bien trop loin pour une simple réflexion (malvenue certes) de la part de sa petite amie. Elle ne savait pas, ne pouvait pas savoir que Reed était un sujet sensible, voir carrément tabou pour lui. En même temps comment pourrait-elle savoir, puisqu'il se tuait à tout garder.   « .Excuse-moi, c'est juste que tous le monde en parle et je suis un peu à cran. » Un peu ? Ah l'euphémisme. Il marchait en permanence sur des œufs, s'agaçait d'un rien. Le terme ''à cran '' résumait, effleurait à peine l'état dans lequel il se trouvait. Il s'approcha d'elle d'un pas lourd, chacun de ses muscles contractés et armé d'un air sérieux qu'on lui connaissait peu. Sa main effleura la sienne, pour remonter jusqu'à ses épaules et se loger dans sa nuque. Sur elle se fixa un regard à la fois tendre et anxieux, avant qu'il ne lui dérobe un baiser léger sur la joue, puis un autre sur la commissure des lèvres. Puis avant qu'il n'ose aventurer ses lèvres sur les siennes, il réalisa que le temps était venu, et qu'il ne méritait pas non plus un dernier vrai baiser. « .Jules, je suis désolé. » débuta-t-il, son palpitant vibrant assez fort dans sa poitrine pour le blesser, et lui faire signe de ne pas aller plus loin. Mais la raison … la raison, celle qui rythmait sa vie saine et rangée, lui ordonna de continuer. « .J'ai menti. Ou du moins je t'ai caché la vérité et je n'ai pas le droit de le faire plus longtemps. Je te dois le vérité et je préfère que tu l'apprennes de moi, plutôt que de quelqu'un d'autre. »  Du style la Seven Society qui semblait savoir tout sur tout. Il adoptait le style « Reed ». Celui du '' moi plutôt qu'un autre ''. Celui qu'il avait détesté lorsqu'elle était venue le trouver dans la librairie, et qu'il détestait plus encore maintenant qu'il l'utilisait sur Jules. Sa main logée dans sa nuque glissa dans sa chevelure courte, avant de trouver refuge dans la poche de son pantalon. La proximité qu'il avait instauré lui devenait si insupportable au fil de la conversation qu'il jugea judicieux de s'éloigner de l'objet de sa convoitise : elle. S'il respirait encore une fois son parfum, probablement allait-il mourir de regrets de devoir lui faire ces quelques aveux. « .Sache juste que je suis vraiment désolé, que si je ne t'ai rien dis avant c'était par crainte de te perdre et que je t'aime. » poursuivit-il, espérant qu'elle s'en souviendrait et que ces aveux-là sauraient apaiser l'aigreur apportée par ceux qui arrivaient. « .Vraiment. » insista-t-il, fixant son regard droit dans le sien pour preuve de sa sincérité. Et après un faible silence… « .Le père du bébé de Reed c'est moi. » Les mots s'étaient échappés avec difficulté, et il serra les dents pour ne pas paraître plus pathétique qu'il ne l'était déjà, à en rajouter. Simple et efficace. Et douloureux. Le dire à voix haute rendait la chose plus réelle et donc beaucoup moins tolérable. Tant et si bien qu'il décida que la regarder, elle, était de trop. Il baissa les yeux et fixa le sol avec avidité. « .C'était au début de l'été, j'étais complètement ivre et je m'en rappelle à peine, et… j'ai tellement honte si tu savais. » ajouta-t-il, sans croire une seule minute que ses explications suffiraient à arranger la situation en sa faveur.




Spoiler:
 
Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité

MessageSujet: Re: we don't have to be ordinary w/ nate Ven 20 Mar - 23:40

:out:
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: we don't have to be ordinary w/ nate

Revenir en haut Aller en bas

we don't have to be ordinary w/ nate

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» chasing pavements (nate)
» NATE ? d'aller plus vite que le vent on en oublie les beaux instants.
» Someone like you + Nate & Grace
» omg • nate
» Nate Grey, X-Man [Terminé]

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
the great escape :: flood and trash :: corbeille rp-