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you and me are floating on a tidal wave. (w/nate)

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Adriel Eynsford-Baxter
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MessageSujet: Re: you and me are floating on a tidal wave. (w/nate) Mar 28 Oct - 22:53

En quoi n'était-ce pas une option ? Couper court à une agonie de neuf mois et bien plus n'était-il pas plus éthique, plus moral que de mettre au monde en enfant qui finirait dieu seul sait où à se demander ce qu'il/elle a bien pu faire de mal d'entrée de jeu pour mériter l'abandon pur et simple ? Pour lui, ça l'était. Il comprenait bien sûr les femmes qui refusaient de se soumettre à l'avortement sous prétexte qu'on enlevait la vie, en quelque sorte. Mais à leurs âges et compte tenu de leurs vies actuelles, de l'état lamentable de leurs maturités respectives et surtout de leur relation, couper court lui sembla être la meilleure des solutions. Vieux jeu, Nate ne pouvait concevoir avoir un enfant en dehors d'un couple sein. Il manqua de lui demander comment elle faisait pour vivre en harmonie avec elle-même, et avec l'idée d'abandonner son propre sang aux mains d'un système social douteux. Mais à la place il dû se contenter d'un regard écœuré et rien de plus, tout ça au nom de la bienséance, et d'un respect risible. Parce que, comme toujours, Nate était celui qui acceptait sans rechigner, que ça lui plaise ou non. Qu'elle ose l'autoriser à faire ce qu'il voulait aurait pu le faire rire, d'un rire jaune et nerveux, si seulement la situation n'était pas aussi grave et s'il n'en avait pas pleinement conscience. « .Oh pitié, » débuta-t-il dans un soupir, tout en se frottant vigoureusement l'arête du nez. « .s'il était question de moi prenant une décision, nous n'en serions pas là. » Elle verrait très bien où il voulait en venir, et non, il ne se lasserait jamais de lui rappeler combien cette grossesse était une erreur monumentale. S'il avait le droit à un avis, ou mieux à une décision, elle serait allée faire un tour à l'hôpital dès le premier jour, comme toutes les gamines immatures le font dans ce genre de situation, et lui se serait probablement attribué la mission divine de lui tenir la main dans ce moment d'adversité. « .Je suis curieux, vois-tu. En quoi avorter est contre tes principes, mais la débauche, donc la consommation d'alcool et le sexe avant le mariage en gros, ne le sont pas ? . » Condescendant, un peu ? Sacrément frustré surtout. Et qu'elle n'ose pas lui dire que malgré son éducation stricte, lui non plus n'avait pas attendu le mariage pour consommer allègrement. Parce qu'éducation stricte ne signifiait pas ceinture de chasteté, bague de pureté et tout le barda. Son éducation n'avait rien à voir avec de la religion, ou n'importe quel autre principe grotesque, ou allégeance vers un dieu, ou quoi que ce soit de la sorte. Certes, la restriction sur le plan sexe lui avait été suggérée pendant bien longtemps, mais hey, un mec reste un mec et Nate, tout homme ayant des besoins qu'il était, n'avait jamais caché un attrait bien particulier pour la femme. Toutefois, il avait encore assez de recul pour se rendre compte que ce n'était ni l'endroit, ni l'heure pour ce genre de débat, et surtout qu'il n'avait pas la force de se disputer encore avec elle, qu'une crise de nerfs de plus l'enverrait plus profond dans l'abîme dans lequel il se perdait déjà à trop réfléchir à leur situation commune. « .Non, tu sais quoi, je ne veux même pas rentrer dans ce débat. Tu as toutes mes excuses pour avoir osé cette question. » Truth is, ses excuses n'avaient aucun fond. Il ne regrettait pas un seul instant de s'être lancé sur cette pente glissante, et le faisait dans le seul but de la provoquer, sans vraiment ce rendre compte que toute cette histoire le rendait plus amer qu'il ne le pensait, et ne pouvait ne supporter. « .Alexie est au courant aussi, pour tout. » jugea-t-il bon de la prévenir. Alexie, toujours perspicace et affreusement observatrice, s'était rendue compte que quelque chose clochait dès qu'il avait posé un pied dans l'appartement, en rentrant de son rendez-vous catastrophique avec Reed et le secret n'avait pas tardé à éclater, en même temps qu'une crise de nerfs/angoisse/larmes qu'elle avait apaisé sans mal. De toute façon, elle l'aurait su. Reed et elle se considéraient comme des sœurs, forcément qu'elle l'aurait su à un moment donné. Que ce soit de lui ou bien d'elle, Alexie demeurait encore la seule capable de tempérer, et conseiller le mieux ses deux tendres amis. Il écouta ses mots sans y accorder trop d'attention, puisque rien dans son discours n'était neuf. Elle ne voulait pas de lui durant sa grossesse, elle voulait se débrouiller seule, mener sa barque comme bon lui semblait et lui n'avait pas son mot à dire. Du moins, pas s'il s'en mêlait par dépit et non par envie. Incapable de mentir, et de lui dire qu'il en avait envie, Nate n'osa pas aller à l'encontre ses petites exigences. Reed le frustrait à un point tel qu'il n'arrivait même plus à la regarder droit dans les yeux. « .Personne n'a besoin de le savoir certes, mais moi je veux en être certain, ce pourquoi nous allons nous soumettre à un test de paternité. » déclara-t-il finalement, tout cérémonieux. Dans son sérieux résidait son arme ultime pour ne pas craquer lamentablement, et montrer quelconque marque de faiblesse. « .C'est un peu rude de me part de t'imposer ça, j'en conviens, mais tu sais que je viens d'un monde, et surtout d'une famille, assez... » à cheval sur des valeurs ancestrales incluant la fidélité et la procréation emprisonnée dans l'étau du mariage ? Pas besoin d'en dire plus, elle savait. Sans trop connaître sa famille, sans l'avoir rencontrée plus que les convenances ne l'obligeaient chez les Llewelyn-Davies, elle en savait assez pour comprendre qu'il vivait dans un monde guindé, où l'écart n'était pas admis et qu'il lui fallait donc être sûr de ce qu'elle avançait avant de se jeter dans le bain d'abomination et de honte qui l'attendait s'il était véritablement le père de son bébé. Si encore le doute n'avait pas été permis, très bien. Mais la seule existence de Neal l'obligeait à rester sur ses gardes, ce malgré des années d'amitié. « .Ce sera ma dernière demande, après je te laisse tranquille. » acheva-t-il, honteux de formuler pareille demande. La simple idée de retourner à sa vie '' comme si de rien n'était '' lui sembla toute aussi idiote que la première fois qu'elle l'avait suggéré. « .Comme si de rien n'était. » répéta-t-il, d'une voix éteinte, le regard vide. « .Je ne sais pas comment tu fais pour même envisager de faire comme si de rien n'était. » Lui en serait incapable. L'idée que son propre enfant puisse être quelque part, là, sous ses yeux, mais pourtant sans lui ou bien au bout du monde, le rendrait dingue avant son premier anniversaire. Loin d'être sot, Nate se savait déjà atrocement tourmenté par cette grossesse, et était parfaitement conscient que la naissance ne ferait qu'amplifier son trouble. Seulement il se laissait encore malmener, comme toujours, et préférait taire son angoisse pour contenter Reed, et se convaincre que l'adoption était la meilleure solution. « .Mais d'un côté je t'envie d'être capable de le faire. » finit-il par ajouter, après quelques secondes de longues réflexions. Complètement à court de phrase bien pensante, il remercia silencieusement Jules de faire son entrée dans le paysage et de l'extirper de ce calvaire. « .Nate !. » héla-t-elle au loin, armée d'un sourire que Nate lui rendit dans un automatisme saisissant. « .J'arrive. » céda-t-il à son tour, heureux (mais pas visiblement) de trouver une excuse (et la meilleure) pour s'extraire de cette conversation. « .Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à m'appeler. » Malgré qu'il lui en veuille, malgré que rien n'était simple, certaines choses ne changeaient toujours pas. Peut-être trop gentil, trop prévenant à son propre péril, Nate n'en oubliait pas les dernières années passées à ses côtés, et ne pouvait se résoudre à lui fermer sa porte au nez complètement. « .Je sais que ça peut paraître simple à dire, mais je le pense. » continua-t-il, d'une sincérité alarmante, avant de se détourner et de rejoindre Jules, puis finalement de se retourner une ultime fois, à mi-chemin. « .Oh et… Je suis désolé, et triste surtout, d'en être arrivé là. »



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MessageSujet: Re: you and me are floating on a tidal wave. (w/nate) Jeu 13 Nov - 23:39

C'était une chose de savoir que sa relation avec Nate prenait un chemin duquel il était impossible de revenir, c'en était une autre de lire dans son regard tout le mépris qu'elle lui inspirait. Elle, l'amie de toujours, l'amante, le premier amour, qui s'était figuré être un jour le dernier et qui à présent réalisait à quel point ce qui venait de se casser entre eux ne pouvait être réparer. Si certains parvenaient à recoller les morceaux, eux, elle le savait, n'aurait jamais cette possibilité. Pas après avoir été si proches. Pas après avoir tout su l'un de l'autre, jusqu'à l'information la plus futile. Elle le sentait, ce regard amer posé sur elle, le dégoût qu'il éprouvait à présent à simplement la regarder. Reed pouvait prétendre tout ce qu'elle voulait, jurait que tout ça lui était égal, quelque chose se brisa en elle. Quelque chose, peut-être son cœur, peut-être son innocence, ou bien son âme d'enfant. Elle laissa involontairement échapper un rire mesquin. Ah, Nate, le genre idéal, Nate qui n'était responsable de rien et qui, à sa place, aurait tout su faire mieux qu'elle. Parce que, franchement Reed, pourquoi tiens-tu tellement à emmerder la terre entière en menant ta grossesse à terme quand il serait si facile de s'en débarrasser purement et simplement ? « Dommage que tu n'aies pas pris la décision de ne pas coucher avec moi, ça aurait évité tellement de complications » répliqua-t-elle, mauvaise, consciente qu'elle lui tendait le bâton pour se faire battre. Mais ils avaient été deux, cette nuit-là, et si ses souvenirs lui rendaient justice, Nate n'avait rien fait pour empêcher leurs ébats de se produire. Il les avait encouragés. Pire, c'était même lui qui avait initié le mouvement dans un élan d'ivresse. Mais Nathaniel James Llewelyn-Davies ne commettait pas d'erreur, naturellement. Qui d'autre que Reed pour tomber enceinte comme ça, bêtement ? Elle le fixa, incrédule. Jamais, jamais il n'aurait osé se montrer si odieux avec elle auparavant. Lui qui connaissait sa vie, qui connaissait son entourage, ses parents, qui savait à quel point tous idéalisaient la famille, et se permettait à présent de juger un choix déjà difficile à assumer. « Je ne vois pas le rapport. » Elle leva les yeux au ciel. « Ah, cette classe magistrale. Pourquoi ne pas dire les choses franchement, plutôt que d'y aller par des chemins détournés ? Tu m'en veux parce que je suis en train de foutre ta vie en l'air ? Pour info, c'est la mienne que je fous en l'air aussi. Jusqu'à preuve du contraire, c'est moi qui le porte ce gosse. Mais j'oubliais, moi je suis une débauchée, ça devait bien finir par m'arriver, tandis que toi... Saint Nate... » Elle s'arrêta en plein milieu de sa phrase, refusant d'aller plus loin au risque d'aller justement trop loin. Quoi que de toute évidence, il n'existait plus aucune limite dans l'amertume qu'ils pouvaient s'envoyer en pleine figure. Naturellement, il avait mis Alexie au courant. Elle l'aurait fait, s'il ne l'avait pas fait avant elle. Alexie était sans doute leur dernière connexion, peu importait que celle-ci ait encore de la valeur ou non. Elle l'aurait appris d'une façon ou d'une autre. Reed se surprit à regretter de n'avoir pas pu le faire elle-même, peut-être pour tenter de se dédouaner. Ou éviter que Nate ne la fasse passer pour la méchante de l'histoire, au choix. « Pas de problème. Je compte en parler à ma famille dans les jours qui viennent. » Et, par égard pour leur amitié, ou au moins les cendres qu'il en restait, elle se garderait de leur donner l'identité du père, mettant la grossesse sur le compte d'une soirée trop alcoolisée (ce qui était, après tout, la pure vérité) et des souvenirs trop flous pour l'affirmer avec certitude. La précieuse réputation de Nate serait protégée, et elle passerait pour ce qu'elle était, d'après ses dires du moins : la débauchée de service couchant avec tout le monde et n'importe qui. Nate qui savait pourtant mieux que personne qu'elle n'était pas que ça, qu'elle n'était pas ça du tout, d'ailleurs. Qu'elle n'avait rien d'une débauchée et que tout ça n'était qu'un accident de parcours. Elle accueillit sa demande d'un bref haussement d'épaules, s'empêcha de lui rétorquer qu'elle préfèrerait, elle aussi, être enceinte de n'importe qui, plutôt que de lui et se mordit l'intérieur de la joue jusqu'au sang pour ne pas se montrer trop mesquine. Pas le moment, Reed, se sermonna-t-elle. Il est simplement en colère et bouleversé, comme tu l'as été toi aussi. « Comme tu voudras. Si ma parole ne te suffit pas, va pour un test de paternité. » Le simple fait qu'il puisse douter de ce qu'elle avançait en disait long sur l'étendu du fossé qui les séparait à présent. Consciente que c'était surtout lui, plutôt que sa famille, qui avait besoin de cette confirmation, elle se contenta de pousser un soupir las, épuisée de cette querelle qui ne disait pas son nom, et de tous les non-dits qu'ils se retenaient de balancer à l'autre, par égard pour ce qu'ils avaient été, ou par peur d'être celui qui briserait définitivement près de vingt ans d'amitié. Comment pouvait-elle envisager de faire comme si de rien n'était ? Elle détourna le regard, fatiguée de devoir se justifier. Nate ne comprenait pas et ne comprendrait jamais. Ainsi qu'il l'avait si adroitement fait remarquer, ils ne venaient pas du même monde. Et dans le monde de Reed, vivre avec des oeillères était une seconde nature qui permettait d'avoir les épaules assez larges pour tout encaisser. « Tu penses que c'est facile ? Que je dis ça sereinement ? Tu n'as aucune idée de ce que je vis, tu ne penses qu'à toi, et à ton petit monde en train de s'effondrer. Et je le comprends, Nate, je le comprends. Mais est-ce que tu pourrais envisager une seconde, rien qu'une, de te mettre à ma place ? Faire comme si de rien n'était, c'est tout ce que je suis capable de faire pour ne pas m'effondrer et me rouler en boule pour le reste de mes jours. » Et lui, plus que n'importe qui, aurait du le savoir. Tout comme il aurait du savoir qu'il existait un monde entre l'image qu'elle renvoyait et ce qu'elle pouvait réellement ressentir. Jules mit un terme à cette discussion qui tournait en rond et menaçait sérieusement de virer à l'orage. Elle l'observa, quelques mètres plus loin, avec indifférence. Si en temps normal savoir Nate en couple avec elle l'aurait dévastée, les histoires de cœur de ce dernier étaient actuellement le cadet de ses soucis. « Noté » répondit-elle, éteinte, l'observant rejoindre la Iota sans savoir si elle devait ajouter quelque chose ou garder le silence. A mi-chemin, il fit volte face et Reed haussa un sourcil inquisiteur. Une ombre de sourire, à peine une esquisse triste, se dessina sur ses lèvres. « Moi aussi. » Et triste, surtout, de constater qu'aucune amitié, si solide eut-elle un jour été, n'était éternelle. Pas même la leur. Surtout pas la leur.
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Adriel Eynsford-Baxter
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MessageSujet: Re: you and me are floating on a tidal wave. (w/nate) Lun 1 Déc - 14:13

30/11/2014. Il regarda Alexie courir dans toutes les directions, un biper hurlant accroché à l'espèce de toile bleu disgracieuse qui lui servait de pantalon, et son téléphone dans les mains. Si porter un stéthoscope autour du cou lui donnait un côté très professionnel qu'il ne manqua pas d'admirer, en revanche sa tenue bleu ciel trop large dissipa tout le sex appeal (cliché certes) de l'infirmière qu'il s'était imaginé. Parce qu'une analyse des tenues hospitalières était bien tout ce qui lui restait pour passer le temps. Alexie avait déployé des trésors d'inventivités pour le persuader de venir la récupérer à la fin de son service en voiture (qu'il ne conduisait jamais, tout comme il ne mettait quasiment pas son permis de conduire à profit). Service qui était terminé depuis une heure, plus ou moins. Si la pluie battante à l'extérieur l'avait convaincu de céder, il regretta amèrement son manque de fermeté en constatant que son service se prolongeait, encore et toujours. Trop gentil pour rentrer chez lui sans son estimée colocataire, et surtout puisqu'il était déjà là et poireautait déjà depuis un bon moment (trop longtemps pour qu'il puisse abandonner), il accorda une attention toute particulière à son téléphone une fois que son inspection des troupes fut achevée. Il était déjà le 30 novembre. Dans moins d'un mois, les fêtes de Noël. Dans un mois et un jour, une nouvelle année. Le temps passe vite, songea-t-il, réalisant qu'il devrait quitter l'Amérique en Juin, et que son expérience américaine était déjà rongée de moitié. Son regard flirta un moment avec les dates clefs de son agenda, et un point rose sur la date d'aujourd'hui piqua sa curiosité. La gorge nouée, son regard resta figé sur la date et l'heure quand il réalisa soudain qu'il était actuellement à l'hôpital où Reed avait rendez-vous pour l'une de ses échographies, et à l'heure. Ce talent. Cette bêtise aussi. Ou bien était-ce Alexie qui se jouait de lui, une énième fois, en l'attirant dans la gueule du loup. Celle-ci n'était plus là pour se justifier et Nate, devenu livide, se demanda si … non. Hésitation. «.Qu'est-ce que je fais. J'y vais ou j'y vais pas. Elle va me bombarder de reproches. C'est pas aujourd'hui qu'elle va découvrir le sexe ? J'en sais rien. Je peux pas y aller. Aller si. » songea-t-il, tourmenté. Et comme un robot, il s'était levé, et marchait déjà vers l'aile de l'hôpital dédié aux futures mamans. « Gros con » s'insulta-t-il, déjà à la recherche d'une explication rationnelle à donner à Reed. Chacun de ses rendez-vous était noté sur son téléphone. Alexie connaissait toutes les dates, et lui les avait notées sur son téléphone sans réfléchir… ni sans s'expliquer pourquoi. Faisant mine de se servir un café à la machine du coin, il glissa un coup d’œil dans une salle d'attente bondée, mais pas trop et y découvrit une Reed silencieuse, en train de lire et qui releva le regard uniquement lorsque son regard à lui s'attarda trop sur elle, et trop longtemps, pour ne plus être perceptible. « .Avant que tu ne dises quoi que ce soit : non, je ne suis pas là par obligation. » disons plutôt par hasard, un peu, et par inconscience peut-être. Non, il était là par envie… plus ou moins. Seulement guidé par son cœur et plus par sa tête, il s'était retrouvé là, et lui-même restait perplexe devant sa propre conduite. « .Je suis juste curieux. » Curieux et bien informé.  Quoi que curieux n'était pas exactement le mot adéquate pour le décrire... si tant est qu'un autre mot en particulier puisse rendre justice à son venue héroïque (et toujours indécise). Héroïsme grotesque, mais héroïsme tout de même. Comme s'il se sentait investi d'une mission divine. Un sentiment suffisant pour qu'il puisse justifier sa présence pour lui-même… pour le moment. Il ne comptait pas lui faire l'affront de quelconque question idiote, ou commentaire concernant son état physique, ce même s'il envisagea de la complimenter en dardant brièvement un regard à la dérobé sur elle. La grossesse te va bien, s'empêcha-t-il de lâcher. La légende concernant le halo angélique, l'espèce de magnificence qui entourait les femmes prêtes à donner la vie, s'avérait plutôt vrai la concernant. Seulement elle aurait été d'autant plus belle si elle n'était pas enceinte de lui. Ou bien, laissons sa grossesse aux mains des utopistes, s'ils avaient quelques années de plus, un cadre de vie idyllique et une relation saine, équilibrée et soigneusement encadrée par un mariage. T'es foutu, songea-t-il, pour la énième fois de la journée. Mais quitte à être foutu, autant faire les choses bien avec au moins une personne. Si sa famille s'était chargée de le renier dans les formes, ses parents du moins, et que Jules vagabondait dernièrement partout excepté prêt de lui depuis qu'il lui avait révélé son plus grand secret et fardeau en fanfare, il pouvait bien faire au moins quelque chose pour Reed : arrêter d'être aussi con, et de ne penser qu'à lui, et à son malheur. De toute façon, son futur était foutu, qu'il le veuille ou non. Sa mère avait été très claire lors de l'annonce : '' Tu n'auras pas la maison d'édition Nathaniel ''. Ses mots, et son ton condescendant bourdonnaient encore dans son esprit. « .Et je crois qu'un peu de compagnie ne serait pas superflue. » commenta-t-il, tout en ratissant la pièce du regard. Trois couples attendaient eux aussi de voir leurs progénitures respectives faire coucou sur un écran en noir et blanc et chacun d'eux rayonnait de bonheur, à tel point que c'en était aveuglant. Nate n'eut aucun mal à deviner que d'être seule, et si jeune, en fasse de trois couples stéréotypés transpirant l'extase pré-natale ne devait pas être l'expérience la plus gratifiante. D'autant qu'à en juger par les petits regards en biais loin d'être subtiles, Nate devina que les jugements silencieux devaient aller bon train. « .Mais peut-être que je me trompe. » ponctua-t-il, en dégustant enfin une gorgée de son café déjà tiède. Autrement dit, choice is yours. Est-ce qu'une situation pouvait-être plus délicate, plus inconfortablement inédite que celle-ci ? Certainement pas.

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MessageSujet: Re: you and me are floating on a tidal wave. (w/nate) Lun 8 Déc - 21:58

Dans la liste des choses que Reed n'aurait jamais pensé vivre avant d'atteindre trente ans... voire jamais dans toute sa vie, aller passer une échographie figurait tout en haut du classement. Si elle commençait à s'habituer à la vie qui grandissait en elle, acceptait de voir son corps déformé par la grossesse, ne niait plus que tout cela était bien réel, expérimenter la toute première échographie était une étape à laquelle elle ne s'était jamais préparée psychologiquement. Dans sa tête, grâce aux innombrables séries télé qu'elle suivait, elle se contentait d'entrer dans une salle, de s'allonger sur un lit d'hôpital, de frissonner en sentant le gel sur son ventre, et d'observer un truc en noir et blanc sur un écran. Pas une seule seconde n'avait-elle envisagé qu'il s'agissait d'une expérience périlleuse mentalement, qui nécessitait un peu de préparation. Ce fut son premier constat lorsque la femme de l'accueil lui fit signe de patienter dans la salle d'attente. Remplie de couples énamourés, venus partager à deux la joie de voir grandir leur enfant, la salle était un concentré de niaiserie écoeurante et oppressante. Elle n'eut pas le temps de faire trois pas que plusieurs paires d'yeux se posèrent sur elle, souvent jugeurs, remplis de ce mépris auquel elle avait régulièrement le droit. Pauvre enfant, enceinte alors qu'elle a à peine l'air majeure. Encore une qui s'est faite engrosser par le premier type venu et a oublié de se protéger. Dans le mille, mes amis. Si l'on remplaçait seulement premier type venu par premier amour qui l'ignorait plus ou moins depuis la joyeuse annonce de sa paternité. Elle n'attendait pas de Nate qu'il vienne, elle supposait qu'il devait être au courant grâce à Alexie qui n'aurait pas manqué de le prévenir, du moins avant que Reed la bannisse pour une durée indéfinie de sa vie suite aux révélations de la Seven Society. Reed comptait la rancune parmi ses pires défauts, et apprendre une nouvelle de cette ampleur, et de cette façon, l'avait convaincue d'ignorer soigneusement celle qu'elle avait considérée comme une sœur pendant tant d'années. Elle ne décrochait pas aux appels d'Alexie, ne prenait même plus la peine de lire ses messages et l'évitait soigneusement lorsque d'aventure elle la croisait dans les couloirs. L'éveil sentimental d'Alexie était le problème de trop, celui qu'elle n'était pas en mesure ni d'accepter, ni de gérer. La vie de Reed, décousue comme elle l'était, n'aurait pu s'embarrasser d'un problème supplémentaire et écouter les explications et excuses de son amie n'auraient fait que l'agacer davantage. En quelques mois, Reed avait perdu les deux piliers de sa vie sans rien voir venir mais elle avait des préoccupations plus urgentes en tête. Elle ignora soigneusement les regards toujours rivés sur elle, s'installa sur l'une des chaises libres et sortit un livre de son sac. Elle ne releva pas la tête avant de sentir un regard plus pesant encore que les autres sur elle. Ses yeux se posèrent sur Nate, visiblement confus de se trouver ici. Elle haussa un sourcil, referma son livre. Ainsi donc il n'avait pas oublié. Une perspective plutôt bonne, dans l'absolu, si ce n'était qu'elle s'était montrée parfaitement claire : Reed pouvait gérer sa grossesse seule et refusait d'avoir Nate dans sa vie s'il s'en sentait forcé. Or, la distance qu'il avait mise entre eux deux, tandis qu'il prétendait vivre le grand amour avec Jules, semblait indiquer qu'en effet, se montrer présent pour elle était une obligation, plus qu'une envie. Reed ne lui en voulait pas, comment aurait-elle pu alors qu'elle-même avait déjà du mal à accepter une situation qui n'avait rien de très surprenante compte tenu de son mode de vie parfois débridé ? Lui, il voyait ses rêves futurs mis en péril, et à sa place, Reed aurait probablement choisi de l'ignorer également. « Je ne comptais rien dire » répondit-elle avec douceur. La colère qu'elle avait ressentie pour lui, quelques semaines plus tôt, s'était évaporée. A présent, elle ne ressentait plus que de la tristesse, de la nostalgie, une pointe d'amertume. Il aurait été stupide de chercher à le blâmer plus que nécessaire, sans même parler du fait que cela ne lui apportait aucun soulagement. Elle en vint même à esquisser un sourire un rien moqueur. « Je ne vois vraiment pas ce qui te fait dire ça... » plaisanta-t-elle à voix basse. Mais elle croisa le regard des autres couples, et toute trace de jugement avait disparu de leurs prunelles. Elle hésita quelques secondes à dire à haute voix qu'il était le père, et qu'ils pouvaient arrêter leurs critiques hâtives, mais ç'aurait été puéril de sa part. Se trompait-il, en insinuant que sa présence était la bienvenue ? Non. Oui. Elle n'aurait su le dire. Elle n'avait simplement pas imaginé le voir ici, encore moins assister à son échographie, mais elle pouvait concevoir que l'appel de la curiosité ait été plus fort que toute envie de rester éloigné. « Ce n'est pas indispensable mais je n'y suis pas opposée » finit-elle par trancher, tentant de mettre dans la douceur de sa voix tout ce qu'elle n'aurait pas été capable de lui dire. Qu'elle ne lui en voulait pas, qu'elle était navrée que leur vie ait pris un tel tournant, qu'il lui manquait tous les jours et qu'elle aurait eu grand besoin de l'avoir en permanence auprès d'elle. Mais qu'elle ne voulait rien lui imposer, qu'elle était capable de se gérer toute seule, même si c'était faux. Le gynécologue obstétricien mit fin à une situation qui risquait de devenir embarrassante en appelant son nom. Il jeta un coup d'oeil perplexe à Nate, et Reed se souvint qu'elle ne l'avait pas prévenu. « C'est le père. Il est venu assister à l'échographie » expliqua-t-elle sur un ton badin, comme si toute la situation était parfaitement normale, qu'ils formaient un couple heureux attendant leur premier enfant, comme tous ces couples dégoulinants de mièvrerie assis autour d'eux. Le médecin eut la délicatesse de ne pas faire d'autre commentaire et de se contenter d'acquiescer. Il leur désigna la salle d'examen et elle adressa un regard à Nate. « Tu peux encore partir si tu veux. Après ce sera trop tard. » Elle le sentait encore hésitant, ce qu'elle comprenait fort bien. « Mais c'est aujourd'hui que je vais savoir si c'est une fille ou un garçon, ce serait dommage de passer à côté de la nouvelle. » Nate ne fit pas mine de partir et, rassérénée par sa présence, elle pénétra dans ce qui s'apparentait à une salle de torture. Le médecin lui désigna le lit, sur lequel elle s'installa sans demander son reste, priant seulement pour que l'échographie se termine le plus tôt possible et qu'elle puisse arrêter d'envisager ce fœtus comme un être humain qu'elle abandonnerait sitôt sorti de son ventre. Elle jeta un regard à Nate, ses traits se firent nerveux. « Je crois que c'est le moment le plus étrange de toute ma vie » fit-elle à voix basse, plus vraiment certaine de savoir si elle s'adressait à Nate, ou bien seulement à elle-même.
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MessageSujet: Re: you and me are floating on a tidal wave. (w/nate) Ven 20 Mar - 23:47

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