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vous avez passé trois jours sur une plage à boire du rhum ? - bienvenue aux caraïbes !

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MessageSujet: vous avez passé trois jours sur une plage à boire du rhum ? - bienvenue aux caraïbes ! Lun 9 Juin - 19:36



« ROMAN & EILEEN. ETE 2014. CARIBBEAN. »


En pleine mer des Caraïbes, au large de la Jamaïque, Eileen replaçait correctement ses lunettes de soleil dorées sur l’arête de son nez. Autour d’elle, le décor était digne d’une carte postale. Tout était paradisiaque, la mer turquoise, le soleil éclatant, le ciel d’un bleu incomparable. Elle aurait pu en avoir le souffle coupé si elle n’était pas habituée à ces paysages hors normes et à cette abondance de luxe depuis toujours. Aussi, princesse Rosenbach comptait profiter pleinement de ses vacances au soleil. La tradition voulait qu’elle se rende chaque année, durant une semaine ou deux, dans la mer des Caraïbes à bord du yacht familial. Parfois elle y rejoignait ses richissimes parents, parfois elle préférait s’accaparer les lieux pour y inviter ses plus fidèles amis. Cette année, elle n’avait pas convié n’importe qui pour cette escapade dépaysante, mais Roman, son plus proche et meilleur ami depuis près de cinq ans. Héliportée la veille depuis Kingston, la capitale de la Jamaïque, jusqu’à la piste d’hélicoptère se trouvant sur le toit de ce monstre des mers, elle y avait retrouvé Roman déjà présent depuis quelques jours. Elle avait la ferme intention de s’octroyer quelques jours de repos bien mérités, après les rebondissements survenus quelques semaines plus tôt lors de son périple dans les Hamptons. Gracieusement invité par Zadig dans la demeure époustouflante de son paternel sur les côtes de Long Island, les deux héritiers avaient fait des découvertes pour le moins surprenantes. Curieux de nature, ils étaient tombés par hasard sur des documents appartenant à son oncle Gaspard. Qualifiés de confidentiels et savamment planqués dans sa résidence secondaire, Eileen et Zadig n’auraient pour ainsi dire, jamais dû mettre la main dessus. Pourtant, ils avaient découvert une dizaine de dossiers tous plus sérieux les uns que les autres. Des listes de noms, des plans, des tableaux à huit chiffres. Ils n’y avaient pas cru dans un premier temps, puis ils avaient du se rendre à l’évidence. Gaspard et Gregory prévoyaient un énorme coup pour la rentrée prochaine. Racheter le mondialement connu et réputé Bellagio de Las Vegas. Loin d’être exclus du projet, ils avaient découvert au fil des pages que leurs parents avaient la ferme intention de les placer à des postes clés. Ils auraient enfin l’opportunité de faire leurs preuves si le projet devait se concrétiser, mieux encore, ils auraient des responsabilités dépassant les limites du réel. Déterminés à célébrer leur prochaine ascension, les deux héritiers avaient eu la brillante idée de poursuivre les festivités en Floride, à Miami. A peine conscients de leurs actes, parce que déjà trop imbibés de champagne et d’autres joyeusetés du même acabit, ils avaient involontairement saccagé une demeure de Hibiscus Island. Aussi, Eileen avait redonné ses lettres de noblesses au mot -scandale-, ce n’était pas la baraque d’un milliardaire inconnu au bataillon, mais bel et bien celle de sa presque-belle-mère. Abigail, anciennement Abigail Rosenbach, première femme de son père et mère officielle de Jorden. Une mission de destruction dans laquelle ne subsistait désormais que des ruines. Elle ignorait par quel miracle Abigail était parvenue à remonter jusqu’à elle, mais autant dire qu’elle en avait informé Gregory presque instantanément. Depuis, en plus d’être en froid avec son père, qui lui reprochait son comportement incontrôlable et immature, elle s’était faite retirée sa place future au Bellagio. Le rêve avait duré l’espace d’un instant, et elle serait contrainte d’observer Zadig se pavaner devant les incontournables fontaines pour le restant de ses jours. Ou, jusqu’à ce que le pouvoir change de main, que la roue tourne. Par conséquent, elle avait un milliard de choses à raconter à Roman, parce qu’elle savait d’ores et déjà qu’il lui promulguerait de très précieux conseils. Pire encore, elle avait ce besoin irrépressible de le retrouver. S’il y avait bien une personne qui lui avait manqué depuis la fin de l’année scolaire, c’était bien lui. « Roman, tu as soif ? » Elle se redressait de son transat face à l’absence de réponses de la part de l’intéressé. Moulée dans un minuscule maillot de bain noir et avec sa peau halée, Eileen était dangereusement séduisante et en avait parfaitement consciente. Mais, il n’était pas question de ça avec Roman. Ils étaient amis, et ils s’étaient jurés cinq ans plus tôt sur le toit de l’empire, de ne jamais retomber dans les bras l’un de l’autre. Une attraction aussi passionnée que dévastatrice qu’ils réprimaient en permanence par crainte de se perdre à jamais. Il était hors de question que Roman devienne son amant-régulier, et il était parfaitement improbable qu’elle finisse un jour par se mettre avec lui. Aussi, ils se contentaient d’être les meilleurs amis du monde, là où ils avaient toujours excellé, et où ils avaient fini par trouver un équilibre, une stabilité. « Roman, tu veux du champagne ? » Elle réitérait sa demande mais élevait davantage la voix cette fois-ci. Autour d’elle, sur le troisième pont du yacht, aucun trace de l’Epsilon. Elle soupirait, avant de regagner l’intérieur du bateau, décidée à mettre la main sur lui. Elle arrêtait chaque employé d’équipage qui croisait sa route, et tous lui indiquèrent que Monsieur Da Russo profitait d’une agréable sieste sur le pont inférieur. Déterminé à périr calciné en plein soleil, il semblait avoir déniché la parfaite façon de mourir. Seul, au milieu de l’océan, sur le yacht Rosenbach-Las Vegas. Des lettres d’aluminium qui recouvraient la coque du géant des mers et qui ne laissait planer aucun doute quant aux propriétaires. « Roman ! Roman ! Réveille-toi. » Elle poursuivait son épopée et ses pieds nus franchissaient des mètres et des mètres de parquet parfaitement lustré. Bientôt, elle trouvait le Saint-Graal, un magnum de champagne français bien frais, et deux coupes en cristal de Baccarat. Elle regagnait le pont d’un pas rapide, elle n’avait pas invité Roman pour qu’il passe son temps à somnoler plutôt que de l’écouter se plaindre inlassablement sur les membres de sa famille dérangée. Etendu comme une sardine sur un barbecue, Roman dormait à poings fermés, même une collision avec un Iceberg n’aurait pas eu raison de son réveil. « Monsieur Da Russo fait la fête toute la nuit mais n’assume pas le lendemain. Quelle tristesse. » Murmurait t’elle entre ses dents en avançant d’un pas de velours. La vieille au soir, ils s’étaient accordés une escale dans les rues brûlantes de Cuba. Cocktails à base de rhum, danses suaves jusqu’au bout de la nuit, musiques exotiques typiques du coin. Eileen et Roman avaient joué aux parfaits touristes jusqu’à tomber ensemble dans les bras de Morphée. Elle manquait d’immortaliser le moment avec son téléphone mais ses deux mains étaient prises, champagne dans l’une, verres dans l’autre. Dommage. Elle baissait les yeux vers son Roman complètement endormi et étouffait un petit rire moqueur. Elle ne se privait pas non plus pour l’observer sous toutes les coutures. Il avait un corps d’Apollon, alors même si elle se refusait d’y re-toucher, hors de question de ne pas profiter de la vue. Une moue boudeuse se dessinait clairement sur ses lèvres à l’instant où une idée plus que brillante fit irruption dans sa tête. Tout comme elle, Roman devait adorer les douches à base de champagne. Au réveil peut être moins, mais elle serait fixée d’ici quelques secondes. Avec une dextérité maitrisée, elle secoua la bouteille puis fit sauter le bouchon de champagne qui tomba quelques mètres plus loin. Le liquide ambré jaillissait, explosait, se répandait sur le pont, et surtout sur Roman. Moyen de réveil plutôt efficace ! Avec un sourire victorieux, elle observait son meilleur ami reprendre connaissance, il ne semblait pas vraiment ravi par cette intrusion Rosenbachienne dans son sommeil. Pourtant, dieu seul savait à quel point il était habitué aux frasques d’Eileen. Littéralement trempé jusqu’au os, elle versa le reste de la bouteille dans les deux coupes qu’elle avait soigneusement apporté. « Santé ! Alors ma surprise t’as plu ? » déclarait t’elle avec une touche de provocation dans la voix. « Pousse toi, fais moi une place. » Elle ne lui laissait même pas le temps de répliquer que déjà elle s’octroyait une place à ses cotés. Du coin de l’oeil, elle l’observait. Elle savait que Roman allait la suivre dans son petit jeu malsain et qu’il n’en resterait pas là. La vengeance allait débarquer d’une minute à l’autre, il restait encore la moitié de la bouteille. « Me regarde pas comme ça. Je voulais innover. Puis, tu as beaucoup moins chaud grâce à moi. » Elle déposait un baiser sur sa joue avant de planter sa tête sur son épaule. « Je suis une amie merveilleuse et incroyablement prévenante, je sais. » Elle fermait les yeux. Les éclats brûlants du soleil parcouraient sa peau, il n’y avait définitivement rien de plus délicieux sur Terre que les vacances. 
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MessageSujet: Re: vous avez passé trois jours sur une plage à boire du rhum ? - bienvenue aux caraïbes ! Mar 17 Juin - 14:37


 
bienvenue aux caraïbes !

 
 
Roman&Eileen ⊹ J'avais eu envie de fraicheur, d'humour et d'impertinence et j'avais été plus que servit aux côtés d'Eileen. Comment avais-je pu imaginer ne serait-ce qu'une seconde partir en Grèce cet été ? En faîtes, je mettais tellement poussée dans mon travail, avait tellement tenté de remonter ma réputation que je n'avais pas pensé une seule seconde à mes vacances et à ce que j'en ferais. Et puis la fin de l'année avait été assez mouvementée pour expliquer cette absence d'idée alléchante. Je venais de rompre avec Jules avant le début des vacances et au moins, ça, ça pouvait sembler crédible face au début de notre histoire. Alors après le scandale que l'on avait fait éclater, sans sourciller, en mêlant bon nombre de personnes autour de nous, je me disais qu'il était totalement normal que je n'ai pas pensé une seule seconde à partir en vacances et à même les organiser. Et puis tout mettait tombé dessus à la fin des examens de fin d'année. Catalina voulait que je parte avec elle pour me rattraper des beaux mensonges que je lui avais sortit à cause de ma relation avec Jules. Briséïs, ma cousine insupportable avait voulu que je parte avec elle en Grèce et j'avouais que ça ne pouvait pas être qu'une mauvaise idée. Se retrouver en famille, loin de filles avec qui j'aurais pu m'amuser était sûrement la meilleure chose à faire. Et puis finalement c'était Eileen qui avait gagné haut la main le droit de partir en vacances avec moi. Je ne pouvais décemment rien lui reprocher à elle de toute manière. Alors lorsqu'elle avait proposé de m'emmener sur le bateau de papa Rosenbach, j'avais sauté sur l'occasion. Parce que j'étais sûr de ne pas me prendre la tête avec elle, qu'elle me ferait passée des vacances inoubliables. Car dès qu'on était tous les deux, on faisait régner notre loi. On vendait du rêve à en faire perdre la tête. Elle vivait dans un monde qui semblait au-dessus de tous ceux que j'avais pu connaître jusque là et elle m'entraînait avec elle parce qu'elle en avait le pouvoir et qu'Eileen quand elle choisit quelqu'un pour vivre des semaines à ses côtés, c'est pas sur un coup de tête et il serait peu malin de refuser l'invitation qui semble être un honneur pour le commun des mortels. Alors j'avais laissé tomber toutes les autres invitations pour la suivre au bout du monde. J'en avais marre des femmes, marre de mes histoires avec tout et tout le monde. J'avais fait de belles conneries, mettais mis dans des situation inextricables et pourtant, avec Eileen, je savais que jamais je ne pourrais me prendre la tête de cette manière là. Mais à présent j'avoue être plus que troublé. Eileen a mis les bouchées doubles pour ces vacances. La veille au soir, c'est une virée dans les rues de Cuba qu'elle m'a offerte. Les cocktails tous plus colorés les uns que les autres ont défilés et avec eux, ma soif de ma vriller la tête et d'oublier toute cette année. Alors j'ai dansé, je me suis saoulé et j'ai dérivé dans les rues de Cuba en fête avec à mon bras Eileen, dans le même état que je pouvais être. Et puis il y avait eu les moyens où je l'avais vu dans les bras d'un cubain pendant que j'appréciais les courbes d'une danseuse exotique qui m'apprenait quelques déhanchées de salsa. Ni une ni deux j'avais délaissé ma partenaire pour arracher Eileen des griffes de cet apollon qui faisait deux têtes de plus que moi. La Eileen elle était à moi et rien que pour moi. C'était ma cerise sur le gâteau. Ma plus belle trouvaille, le plus beau des diamants que j'avais arraché des hauts du Nil pour garder bien précieusement auprès de moi. Alors personne y touchait. J'avais encerclé son corps de mon bras, l'avait attiré à moi avec toute la dévotion qu'il était capable de montrer et je mettais collé à elle pour exprimer mon besoin de possession envers tout son être malgré l'homme auquel elle s'était collée deux secondes avant. Et j'avais dansé avec elle. La soirée avait paru durer des heures, des semaines. Mais tout ce temps s'était écoulé tout autour de nous et nous avait épargné. La soirée parfaite, sous une chaleur de plomb, en pleine nuit, illuminés par des lumières à tous les coins de la ville pendant que la musique entraînait chacun dans la rue, que les corps s'échauffaient et que la boisson coulait à flot sur nos corps à moitié dévêtu en vue du temps paradisiaque qui chauffait notre peau déjà brûlante de plaisir. Alors je ne me rappelais pas vraiment comment j'étais rentrée mais tout ce que je savais, c'est qu'en vu du plaisir que me conférait l'endroit où j'étais et les douce vibrations qui s'emparaient du socle sur lequel j'étais posé, j'étais presque persuadé que j'étais de retour sur le magnifique yacht de la princesse Eileen. L'heure qu'il était ? Je n'en avais aucune idée. Mon corps était lourd, mes paupières encore plus et je sentais de nombreuses courbatures dans tous mes muscles. Qu'est-ce que j'avais pu faire pour ressentir autant de maux ? Je n'en avait aucune idée. Le soleil mordait ma peau mais je n'en avais que faire et n'avais pas l'attention de bouger d'un poil. Alors je m'évertuais à émerger doucement, reprendre conscience de la réalité qui m'entourait et du paradis que m'offrait ma meilleure amie chaque jour depuis qu'elle m'avait entraîné dans cette aventure. D'ailleurs où était-elle ? Je ne la sentais pas à mes côtés et je commençais à essayer de me remémorer mes derniers souvenirs de la soirée. J'espérais ne pas l'avoir oublié derrière moi au quel cas j'allais devoir retourner la ville. Mais je n'en avais pas besoin. J'entends une voix s'élever à travers le bruit des vagues calmes qui s'écrasent sur la coque du bâteau. Très bien, la plus belle des Rosenbach était vivante et je n'avais pas à mettre une ville à feu et à cent pour la récupérer. Mais maintenant que je l'entends se rapprocher au son de sa voix accrue, je ne peux m'empêcher de me contracter - dû moins autant que je le peux -. Je sais qu'elle va essayer de me réveiller, de me bouger de mon coma. Elle se rapproche, à pas de velours mais moi je suis toujours dans un brouillard qui paralyse mon cerveau et tous mes membres. Alors je la laisse s'approcher, comme un rêve, une illusion dû aux effluves d'alcool. Et puis je l'entends parler à mes pieds. Dans quelle pièce on se trouve ? Semble t'elle fatiguée ? Pas du tout. La Eileen, elle se moque de mon état mais d'un côté, avec tout le travail que j'ai fournit pour les cours mon entreprise et tout ce qui va autour, j'avouais que cette année n'avait pas été de tout repos et que ça faisait bien longtemps que je n'avais pas profité de moments de flemmardises extrêmes. Je grogne devant ses remarques mais ne bouge pas d'un millimêtre car je me fous de ses moqueries. Tout ce que je sais c'est que mon corps souffre et qu'elle m'emmerde profondément. Sauf qu'au moment où je pensais lui envoyer dans les dents une remarque des plus sarcastiques, je reçois une rasade de ... En vue du goût, champagne, sur le dos, le visage et toutes les parties de mon corps qui sont nues sur ce matelas. Fallait-il préciser que je ne savais pas ce que je foutais en sous-vêtement là alors qu'hier j'étais bel et bien habillé ? Qu'importe, je sursaute, grimace et me retourne non sans douleur. Mais t'es une grande cinglée ! Ni une ni deux, elle se jette contre moi sans que je ne puisse faire quoi que ce soit pour la repousser. J'essaie tant bien que mal de reprendre mes esprits pendant qu'elle se glisse contre mon corps et qu'elle parle. Mais qu'est-ce qu'elle cause la Eileen. Je l'ai connu pourtant, moins du matin ! Je passe une main sur mon visage en essayant d'enlever la raideur qui l'y habite pendant que je tente d'ouvrir mes yeux entièrement. Ce que tu peux causer, ça donne la migraine. Voila, Roman il mâche pas ses mots et il se fout que sa meilleure amie soit clairement canon dans ce mini maillot de bain. Peut-être la seule chose que j'ai remarqué depuis qu'elle m'ait réveillé aussi brutalement. C'est sûr, fait moi penser de te remercier. Que je dis en levant les yeux au ciel puis ni une ni deux, je ne la laisse pas se languir au gré de mes respirations que je me retourne pour me positionner au-dessus d'elle, emprisonnant ses poignées dans mes mains et la laissant en proie à tous mes désirs les plus cruels. Un sourire s'étire sur mon visage endormit pendant que je profite de son corps d'un regard des plus inquisiteur. J'attrape alors la bouteille qu'elle a posé à côté et dévisage l'étiquette d'un oeil sceptique. Qu'elle dommage de l'avoir gâché. Supplie moi. Que je dis tout en lui promettant par mes gestes de lui en renverser partout maintenant qu'elle est à ma merci... Mais sans attendre ses remarques des plus cinglantes, je retourne la bouteille sur son visage pour la vider entièrement tout en la faisant couler jusqu'en bas de son ventre. La vengeance est un plat qui se mange froid et pourtant je suis quelqu'un de trop sanguin pour attendre de la laisser se refroidir. Un sourire devant son air. Elle n'a sûrement qu'une envie, s'essuyer avec ses mains qui sont toujours prisonnières de la mienne. Je me penche enfin vers elle et lui plante un baiser dans le cou et apprécie finalement le goût du champagne sur sa peau. Finalement, il est plutôt pas mal, je pensais pas que c'était de cette manière là que tu voulais me servir. J'apprécie l'originalité. Dis-je en me redressant, les lèvres empreintes de l’amertume du liquide doré pendant que je relâche enfin mon étreinte sur sa peau.



 
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MessageSujet: Re: vous avez passé trois jours sur une plage à boire du rhum ? - bienvenue aux caraïbes ! Ven 20 Juin - 18:49



« ROMAN & EILEEN. ETE 2014. CARIBBEAN. »


Eileen avançait d’un pas aérien, le parquet flottant du troisième pont semblait glisser sous ses pieds. Sans relâche, insistante, voir même quelque peu agaçante, elle cherchait désespérément Roman. Hurlant son nom à plusieurs reprises, elle s’impatientait en constatant que le principal intéressé ne répondait pas à ses appels. Elle avait le besoin impérieux de lui parler, et autant dire que les désirs de Mademoiselle Rosenbach n’attendaient pas. Elle n’avait pas eu de petits moments privilégiés avec Roman depuis des mois, ce qui à ses yeux pouvait être comparable à l’éternité. Roman avait travaillé d’arrache pieds pour propulser son précieux magazine, pendant ce temps elle s’était emparé du coeur de Jayan. Ensuite, il avait jugé pertinent d’avoir une fausse et incroyablement stupide histoire avec Jules, tandis que de son coté elle redoublait d’ingéniosité pour mener à bien ses plans machiavéliques avec Zadig. Aussi, eux qui prétendaient être les meilleurs amis du monde s’étaient perdus de vue. Néanmoins, la princesse de Vegas était incapable d’assumer une telle situation, et afin de ne pas faillir à sa réputation, elle l’avait très généreusement invité au milieu de la mer des Caraïbes. Le yacht de son papa était un véritable petit bijou mêlant luxe et technologie. Le diamant des mers serait le seul témoin de ces vacances hors normes, illimitées, et excessives. Roman et Eileen ne se refuseraient rien. Champagne, soirées, provocations gratuites, retrouvailles explosives, bronzage pailleté. Arrivée sur le yacht depuis moins de vingt-quatre heures, elle n’avait pas encore eu l’occasion d’avoir une réelle discussion avec lui. Pourtant, les sujets de conversation ne manquaient pas. Des tonnes de questions lui brulaient les lèvres, des révélations par centaines. Elle voulait se confier sous le soleil de Jamaïque, revenir sur le départ de Jayan, le retour de Xavier, les manigances permanentes de son père, ce baiser interdit qu’elle avait offert à Zadig. Elle n’avait jamais eu de secrets pour Roman, et ce n’était certainement pas aujourd’hui que les choses allaient changer. Roman ne l’a jugeait pas, il ne l’a traitait pas comme une princesse, ne se pliait pas en dix pour elle, ne prenait pas de pincettes lorsqu’il avait quelque chose à lui dire. Elle l’aimait pour ça. Il était irremplaçable pour ça. Un connard au grand coeur peut-être, mais le meilleur.  « Faut qu’on parle. » tranchait t’elle d’un ton faussement grave pour le faire réagir. Une bouteille de champagne hors de prix à lui main, elle croisait les bras en l’admirant roupiller en plein soleil. Actif toute l’année, Roman montrait son vrai visage lorsque les beaux jours arrivaient, instantanément, il devenait une véritable loque humaine. Un zombie carburant au champagne, dépendant des rayons salvateurs du soleil. Visiblement, il n’en menait pas la large, la soirée de la veille l’avait éreinté plus que d’ordinaire. A force de trainer avec des joueuses de tennis idiotes il avait perdu le rythme effréné auquel Eileen l’avait habitué.  Pourtant, dans les rues de Cuba, Roman s’était montré sous son meilleur jour. Sans broncher il s’était laissé embarquer dans une aventure Rosenbachienne. Tournée générale des bars de la ville, descente de verres de rhum, danses rythmées jusqu’au petit jour. D’ailleurs, elle se souvenait la rapidité avec laquelle il s’était empressé d’éloigner tous les hommes qui virevoltaient autour d’Eileen. Elle avait ri, c’était typique de Roman ça, personne ne pouvait s’accorder le droit de lui emprunter son plus beau trophée. Et dieu seul savait à quel point ils étaient beaux. Foutrement beaux. Bras dessus, bras dessous, les yeux imbibés d’alcool, ils prouvaient à tous à quel point ils étaient légendaires, géniaux en toutes circonstances. Inséparables jusqu’à la fin des temps. Elle titubait en regagnant le port, riait aux éclats, si bien qu’il avait fini par la porter sur ses épaules. Rentrés en un seul morceaux, ils avaient fini par s’endormir l’un contre l’autre. La nuit avait été courte, mais l’action ne s’arrêtait jamais avec Eileen. Le répit était proscrit. Aussi, sans plus attendre, Eileen décidait de mettre son plan démoniaque à exécution. Roman devait se réveiller prestement, rien de tel qu’un bon choc pour le faire décoller de sa léthargie. La bouteille  était devenue une véritable arme de destruction massive, le champagne jaillissait, explosait, le réveillait sur le champ. « Hallelujah ! Tu es vivant, et je constate que tu n’as rien perdu de ton sale caractère habituel. Tu sais que des gens tueraient pour être sur ce yacht avec moi. Sois mignon tu veux, fais un grand sourire. » répliquait t’elle avec une bonne humeur peu commune. En temps normal elle se serait agacée, mais pas là. En vacances, Eileen devenait presque un ange, mais employait toujours des méthodes radicales. Prenant place sur le matelas à ses cotés, elle comptait profiter quelques temps du soleil en sa compagnie. Elle était bien là. Le tête posé sur son torse nu, les gouttes de champagne qui ruisselaient encore sur eux, le timbre de sa voix qu’elle adorait détester. C’était le paradis. Le vrai. « Non, non, ce sont les quantités industrielles de rhum que tu as ingurgité hier soir qui te donnent la migraine. Pas moi. » Et pourtant, elle lui avait plusieurs fois conseillé de baisser la cadence. D’arrêter de se prendre pour un mexicain. Mais Roman n’en faisait qu’à sa tête, bien fait ! « Merci Eileen. » soufflait t’elle dans un murmure tout en sachant pertinemment que Monsieur Da Russo ne lui accorderait jamais cette petite victoire. Jamais il ne remercierait la folle furieuse qui lui servait de meilleure amie pour cette douche saveur Möet & Chandon. Pourtant il aurait pu. « Mais pourquoi tu bouges ? J’étais bien calée là ! » Qu’elle commençait à hurler en sentant le corps de Roman se déplacer. Ne pouvait t’il donc pas tenir en place plus de cinq minutes ? Personne ne lui avait apprit ? Toujours les yeux fermés, profitant du soleil brulant des Caraïbes, elle ne voyait rien du petit manège de l’Epsilon. Ce ne fut que lorsqu’il exerça un vive pression sur ses poignets qu’elle fut contrainte d’ouvrir les yeux. Bordel, qu’il était beau. Elle n’aurait pas fait un pacte avec lui quelques années plus tôt sur le toit de son empire qu’elle se serait jetée à son cou sans même prendre le temps de la réflexion. Elle lui rendait son sourire adorablement cruel, elle détestait être prise au piège, sauf que Roman avait le don de rendre le jeu horriblement séduisant. « Te supplier de quoi ? De me lâcher ? » demandait t’elle en haussant un sourcil tandis qu’il s’emparait de la bouteille de champagne. Il n’était pas difficile de deviner les plans de Roman, il était prévisible, trop. Un de ses pires défauts. « Je le ferai pas. Ton corps est un orgasme visuel dont je ne suis pas prête de me lasser. » Elle concluait ses paroles pleines de poésie avec un large sourire. Elle se complaisait tellement dans ce jeu permanent de provocations et de séduction. Elle adorait envenimer les choses dès lors que l’occasion se présentait. Depuis des années maintenant, Roman était habitué aux manoeuvres sordides, dérangeantes, mais addictives d’Eileen. Ils fonctionnaient comme ça. C’était tout ou rien. La demie-mesure très peu pour eux. Lorsqu’ils étaient en froid, c’était la troisième guerre mondiale. Lorsqu’ils festoyaient, c’était à la hauteur de Gatsby. Lorsqu’ils jouaient, c’était sans règles, sans interdits, sans limites. Finalement, ce qui devait arriver arriva. Roman lui versait du champagne en plein visage, puis sur le ventre avec un plaisir certain. Toujours prisonnière, et incapable de faire le poids face à la paire de muscles de Roman, elle restait immobile et silencieuse. Sa tactique consistait à le laisser croire qu’il avait gagné, pour mieux se venger. Mais, contre toute attente, il s’approchait davantage d’elle et déposait un délicieux baiser dans son cou. La température venait soudainement de grimper de quelques degrés. Il voulait vraiment jouer à ce petit jeu là ? Avec elle ? Savait t’il au moins qu’Eileen Rosenbach n’avait rien d’une débutante. Satisfait de son geste, il relâchait finalement l’emprise qu’il avait sur elle. Doucement, elle se remettait de ses émotions tandis qu’un éclair de génie traversa ses pensées. Une nouvelle manière de boire du champagne disait t’il ? Elle ne manquait pas d’idées. « Roman. Laisse-toi faire. » murmurait t’elle avec une once de séduction dans la voix. A la manière d’une lionne face à sa proie, elle enfonçait ses pupilles cristallines dans les siennes. Cette fois-ci Roman ne lui échapperait pas. Eileen allait élever ce petit jeu à un nouveau niveau, beaucoup plus ... intéressant. Sans réfléchir un seul instant à la conséquence que pourrait avoir ses actes, elle enjamba le corps de Roman. Une jambe de part et d’autre de son corps, elle déversa le reste de la bouteille de champagne sur son torse, puis emprisonna ses poignets. Les places échangées, elle pouvait enfin passer aux choses sérieuses, reprendre le contrôle. Désireuse d’avoir toute l’attention de Roman, elle savait que ce serait désormais le cas. Lentement, elle dirigeait ses lèvres vers son corps nu. Elle embrassait son ventre dans une danse dangereuse avec la tentation. Elle léchait savamment les particules de champagne qui perlaient sur ses abdominaux. Le tension était palpable, ils n’avaient plus été si proches depuis le soir de leur rencontre. Vegas, cinq ans plus tôt. Avec un talent d’experte, elle remontait jusqu’à son visage. Elle frôlait ses lèvres sans y gouter, elle maintenait cette infime distance entre eux, si infime qu’elle ne subsisterait pas longtemps à leurs instincts. « Tu aimes ? » demandait t’elle dans un souffle en humectant ses lèvres. La provocation était son art de vivre, Roman sa plus belle source d’inspiration. Ensemble, ils ne pouvaient faire qu’un chef d’oeuvre.  
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MessageSujet: Re: vous avez passé trois jours sur une plage à boire du rhum ? - bienvenue aux caraïbes ! Dim 29 Juin - 22:44


bienvenue aux caraïbes !



Roman&Eileen ⊹ Elle martèle mon esprit, mes tripes et tout ce qui fait de moi un homme sans aucune loi, qui ne suit que la sienne. Qui n'a de maître que sa détermination la plus puissante. Mais elle, elle fait tout pour montrer son pouvoir sur moi. Comme si je lui appartenais. Comme si on s'appartenait mutuellement. On le sait, je ne le cacherais jamais si elle me le demandait et pourtant, je ne peux supporter cette idée comme elle n'aimerait sûrement pas s'entendre dire qu'elle n'a pas toute sa liberté. Mais mine de rien, Eileen elle balance ses ordres comme ça, sans encombre, en un claquement de doigt. Faut qu'on parle. Et puis quoi encore ?! Tu veux pas non-plus que je t'offre une myriade de diamants ?! Elle tempère, elle prône sa supériorité encore et encore, inlassablement et moi je lève les yeux d'exaspération, je l'ignore la plupart du temps, je la rembarre presque l'autre moitié. Parce que je veux me montrer qu'elle m'insupporte en jouant de la sorte tout autant qu'elle me rend fou lorsqu'elle hausse le ton pour montrer que la mot quémander n'est pas dans son vocabulaire. Je ne me pousse pas. Lui balance des remarques acerbes au visage en priant pour qu'elle fasse demi-tour et aille jouer avec son magnifique postérieur autre part. Ils sont nombreux les hommes qui s'occupent de son joli yacht et encore plus qui tueraient pour pouvoir courtiser ses formes et lui voler toute innocence qu'ils auraient pu dénicher chez elle. Oh la Eileen, elle peut faire tout ce qu'elle veut, elle aura toujours le monde à ses pieds mais ce serait indigne d'elle si la jeune femme se laissait aller dans les bras de la populace et encore plus indigne de ma part de la laisser s'y jeter. Mais à défaut de vouloir montrer que j'en avais quelque chose à foutre de ce qu'elle pouvait faire de sa vie sexuelle, je ne bougerais pas le petit doigt. Et puis il vaut mieux la caresser dans la sens de sa longue chevelure blonde. Après tout, j'étais le seul invité d'honneur sur ce magnifique bâtiment et je ne me voyais pas finir mes jours ici, disparu à jamais parce que la jeune femme aurait été outrée par mon comportement des plus déplacés. J'aurais dû au moins prévenir Catalina que je montais sur ce bateau avec Eileen. J'aurais dû lui dire où j'allais précisément, lui donner un plan, une carte. N'importe quoi qui aurait pu définir ma position en cas de disparition suspecte. Mais je ne l'aurais pas fait. Parce que Catalina et moi ce n'était plus comme avant. Je l'avais fait souffrir en lui montant honteusement sur ma vie amoureuse avec Jules. Eileen s'en était fichue en découvrant le poteau rose après notre soit-disant rupture - trop médiatisée - qui en avait fait parlé plus d'un. Mais Catalina était rancunière au moins que mon mensonge ne passait pas encore. Alors elle m'en voulait depuis la fin des examens et j'avouais ressentir une profonde gêne face à son comportement et à l'absence de mon amie d'enfance dans ma vie. Mais au moins Eileen me changeait les idées. Et quelles idées j'avais envers elle ! Depuis le début du voyage elle était encore plus provocatrice qu'avant, enchaînant les faux pas, me mettant dans des conditions parfois si insurmontables que j'étais à deux doigts de commettre l'irréparable. Mais ça fait partie du jeu. Celui qu'on a débuté sur ce fameux toit à Vegas et qui n'a eu de cesse que de prendre de l'ampleur depuis. Je ne sais pas où tout ça nous mènera car je nous connais assez bien pour savoir que nous n'avons aucune limite. Notre folie n'a aucune égale alors je ne peux sembler maître de moi-même en sa présence. Je perd le contrôle. Je deviens un autre homme. Encore moins sérieux qu'avant. Qui ne cherche même plus à se tenir. Qui est souvent d'une bassesse sans nom et qui ne le regrette jamais parce qu'elle me fait vivre un même calvaire. C'est une drogue cette fille et je suis fière de dire, malgré mes grimaces matinales, que c'est ma meilleure amie. Ben si t'es pas contente t'avais qu'à inviter quelqu'un d'autre. Je suis pas tout le monde. Si tu me fais chier, tu me fais chier. Je vais pas mâcher mes mots pour me mettre à tes pieds. Faut pas déconner. Là au moins ça à le mérite d'être clair et pourtant je regrette légèrement le ton sec que j'emploie pour lui cracher ces mots à la figure. Signe de ma fatigue, du moment fatidique où elle me prend à revers. Très bien Eileen, t'as choisit le meilleur moment de la journée pour venir me faire un beau et long spectacle. Parce qu'Eileen c'est plus qu'une comédienne, à elle toute seule c'est un vrai volcan qui peut jaillir à n'importe quel moment. Et soyez sûr qu'en général, vous n'êtes jamais prêt. J'essaie de me redresser mais une douleur vient transpercer ma tempe et je m'écrase de nouveau sur l'oreiller, la main pressé contre mon crâne endoloris, venant confirmer ses paroles. Putain, je crois que t'as raison... J'ai dû ingurgiter des litres de Rhum pour être dans un pareil état. Le sang tambourine contre mes tempes et mon corps est endoloris par toutes sortes de courbatures. A des endroits mêmes dont je ne n'aurais même pas imaginé l'existence. Sauf qu'elle se jette sur moi. Une manie vous m'avez dit ? Son corps brûlant réchauffe le mien instantanément pendant que son souffle vient chatouiller la peau hâlé de mon cou. Sa peau se colle contre la mienne, c'est un brasier ardent qui réchauffe instantanément tous mes sens. Le bain de soleil qu'elle a dû prendre récemment semble avoir nourrit tout son corps. Au point que je réitère l'idée que Eileen, c'est un vrai brasier. Et puis je ne tiens plus, je ne supporte pas l'idée qu'elle ait pu se jouer de moi aussi facilement alors je me retourne totalement. Oubliant les demi-mesures à son égard, oubliant même de garder une certaine distance entre nous. Là je fous tout en l'air, je brise l'idée même que la vue de son corps pourrait me donner des envies particulièrement obscènes et que je n'étais pas bien sûr de résister face à cette vue des plus délicieuses. Mais c'est elle qui m'en fait la remarque la première. A croire qu'Eileen aujourd'hui, elle a oublié toutes bonnes manières, qu'elle s'en contre balance de tout ce que j'essaie de me convaincre. Elle fonce. La belle, elle est en vacances et elle a encore moins de limite qu'avant. Et quand la jeune femme est dans ce genre de jour, mieux vaut suivre le rythme si on ne veut pas se retrouver trois pas derrière, complètement largué, à regarder ses magnifiques formes galbées s'éloigner rapidement. Un sourire s'étire sur mes lèvres. Elle joue avec mes nerfs. Je semble le roi du monde mais elle s'offre à moi sans problème. Qui a le pouvoir finalement ? Alors continue de t'en délecter, c'est le genre de pêché dont je ne m'offenserais pas. Et puis le liquide dorée dégouline sur son corps, une vision de toute beauté, d'une sensualité dévorante qui frôle le sadisme pur envers mon esprit. Je me torture mais le jeu en vaux la chandelle. Mes lèvres s'attarde sur son cou toujours chaud et je libère enfin ses mains des miennes. Dont elle n'en restera pas là. Je le sais très bien et dans l'action du moment, je la relâche parce qu'au fond de moi, je n'ai qu'une envie, qu'elle reprenne de plus belle ce jeu malsain que nous partageons à présent et qui n'a pas atteint son point culminant. Ses cuisses se resserrent sur ma taille. Au moins qu'elle me fait basculer de nouveau et que ses cuisses chevauchent de par et d'autre mon corps, bandé comme une arme qui ne doit pas céder à la tentation du moment. Je ne sais pas ce qu'elle veut faire mais son regard brûle d'une lueur des plus féroces. Je reconnaîtrais ce regard entre mille. C'est le même regard qu'elle m'a lancé à Vegas, la première nuit où nous nous sommes rencontrés lorsqu'elle s'est offerte à moi, au bord d'une balustrade menant tout droit dans les profondeurs de la ville. Tu n'as même pas besoin de me le demander. Que je lui réponds dans un souffle parce que je ne sais absolument pas ce qu'elle va entreprendre. Mais au fond de moi, je sais déjà que sa remarque est assez subtile pour me faire douter du bien fondé de ses actions. De ce que nous faisons. Qu'importe, on joue avec le feu, quitte à s'y brûler, je préfère mourir sur le bucher à ses côtés plutôt que d'attendre patiemment sur le côté. Alors je la laisse faire. Mes muscles se contractent au même moment que le champagne s'y répands et elle se penche alors. Sa langue glisse d'abord en bas de mon ventre. Et là je ferme les yeux. Détachant mon regard de son magnifique corps, de ses mains contre ma peau, de sa langue glissant contre mon torse. Je me contracte parce que je ne sais même pas comment je fais pour encore me contenir à présent. Elle y va fort l'impétueuse et le pire c'est qu'elle continue en plaçant la barre encore plus haut, glissant jusqu'en haut de mon torse pour venir frôler mes lèvres. Mâchoire complètement serré, les poings crispés, trahissant l'envie de briser l'étreinte dans laquelle Eileen veut m'emprisonner tant bien que mal. Mon cerveau est à son point culminant, les informations ne passent plus, mon corps se réchauffe de seconde en seconde, je ne réponds plus de rien. Et puis une question. Je la fixe enfin, rouvrant les yeux pour apercevoir sa parfaite silhouette penchée sur mon corps tendue comme un arc. Et puis je détache mes mains prises dans ses poings pour venir en placer une sur son bassin. Je la plaque alors soudain contre mon corps, crispant mes doigts sur les bords du bas de son maillot de bain qui semble bien trop petit à présent. Mon autre main s'empare de sa crinière blonde qui dansait avant sur mon corps pour venir les tirer en arrière appréciant la vue de la jeune femme totalement à ma merci sur mon corps qui ne réponds plus de rien. Je me redresse alors, sa poitrine écrasée sur la mienne pendant que j'attaque son cou avec mes lèvres. La scène est addictive, orgasmique même. Mon souffle s'accélère parce que là, je réagir avec mon instinct sans prendre conscience que je dépasse encore plus les limites. Et puis ma langue vient chercher les dernières gouttes de champagne qui parsème son corps, la faisant courir sur son cou jusqu'à sa poitrine et je m'arrête soudain. Putain mais qu'est-ce que tu fous Roman ?! Je me réveille d'un coup. Comme d'un songe qui aurait durer malgré moi. Je relâche la pression que j'appliquais sur mon corps, m'écrase de nouveau sur l'oreiller, comme si de rien n'était. Comme si je n'avais pas dépassé les limites de son intimité et bien plus encore et la repousse doucement sur le côté pour sortir enfin du lit. Je lui tourne le dos, assis sur le rebord. Non. C'est pas comme ça que t’arrivera à me réveiller. Ha bon ?! Parce que j'avais l'impression que ça t'avais fait l'effet d'une caisse pleine de redbull ! Je me redresse lentement, ne me tourne pas de suite vers elle et tente de m'étirer pour aiguiser mes paroles. Je tourne enfin mon regard vers le plaisir démesuré qu'elle représente. Et si t'allais à l'eau ? T'as l'air d'avoir un peu trop chaud. Vas-y retourne la situation Roman, cache le fait que ton cerveau brûle de doutes et de questions sans réponse ...




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MessageSujet: Re: vous avez passé trois jours sur une plage à boire du rhum ? - bienvenue aux caraïbes ! Lun 14 Juil - 22:14



« ROMAN & EILEEN. ETE 2014. CARIBBEAN. »


Eileen tomba des nues en entendant les paroles cruelles qui sortaient de la bouche de Roman. Dressée devant le matelas crème sur lequel il avait élu domicile, elle l’observait incrédule prononcer son flot incommensurables d’absurdités. Déterminé à blesser la reine de Vegas dans son égo surdimensionné, il redoublait d’inventivité pour cracher un maximum de venin en un minimum de temps. Contrainte de l’écouter déblatérer, elle n’en restait pas moins excédée par son manque de maturité confondante, et l’absence totale de respect dans ses propos. Dès lors qu’il était en vacances, l’image du parfait gentleman qui enveloppait habituellement Roman s’évaporait et laissait place à un goujat de la pire espèce, une sorte d’hybride mêlant Zadig Rosenbach, un des barbares de Game Of Thrones et Christian Grey. A vomir. Eileen attendait sagement le moment opportun pour répliquer à ces attaques infondées, et dieu seul savait qu’en plus d’avoir une belle plastique, le ciel lui avait également fait le don précieux d’une éloquence maitrisée. La guerre avait beau être enfantine, elle n’acceptait pas l’échec, surtout pas face à Roman. « Mais si t’es pas content, tu peux mettre les voiles. Vas-y, fous le camp, je ne te retiens pas. Trouve une compagnie plus agréable que moi avec qui passer tes vacances. » Elle ne gênait nullement pour employer le même ton cruel que lui. Autant dire qu’elle refusait de supporter plus longtemps les caprices misérables d’un Roman mal luné. S’il ne se plaisait pas ici, au beau milieu des Caraïbes, il n’avait qu’à le signaler et elle se ferait un plaisir de lui affréter un hélicoptère. Aussi, Roman et son sarcasme pourraient rentrer main dans la main jusqu’en Californie. Elle se foutait éperdument que Monsieur le roi des Océans ait passé une mauvaise nuit, qu’il soit prit de migraines atroces, il n’avait pas le droit de la traiter de la sorte. Il n’avait pas le droit de la traiter de profonde emmerdeuse alors qu’elle venait avec un adorable sourire lui servir du champagne français. C’était incorrect, impardonnable, du grand Roman. « Je te fais chier ? Et bien, laisse moi te dire que t’es qu’un sale con doublé d’un ingrat. Un minable gamin capricieux. Je t’ai pas demandé de te mettre à mes pieds, je voulais juste parler avec toi. Tu vois, même dans ton rôle de meilleur ami tu es incompétent. Pauvre tâche. Roi des emmerdeurs. A part tes putes et ton magazine de cul, il y a pas grand chose qui t’intéresse. » Fallait pas la chercher. Le ton employé était sec, cassant, sans retour en arrière possible. Mais, ce genre d’altercations c’était monnaie courante entre Eileen et Roman. Sans cesse, ils se lançaient des pics plus venimeux à chaque fois, s’insultaient, se crachaient au visage, manquaient d’en venir aux mains. C’était leur manière à eux de se dire qu’ils s’adoraient, qu’ils ne pourraient pas vivre sans la présence de l’autre. Avec le temps, ils étaient devenus accro à ces prises de becs à répétitions, ces échanges sauvages étaient le ciment même de leur relation. C’est ce qui les faisait tenir. Eux, pouvait se pourrir et s’insulter pendant des heures, des jours, mais personne d’autre n’avait le droit d’agir de la sorte. Clairement, Eileen Rosenbach n’accepterait jamais que quelqu’un d’autre que Roman s’adresse à elle de cette manière. C’était son privilège. « C’est bien fait pour toi ! » concluait t’elle en prenant place à ses cotés. Monsieur avait une migraine doublée d’une gueule de bois faramineuse, tant pis pour lui, il n’avait pas intérêt à compter sur Eileen pour jouer aux infirmières. Puis, après une brève accalmie de quelques secondes, Roman reprenait du poil de la bête et attaquait le premier. Il était l’initiateur de ce petit jeu dangereux et ne pourrait s’en prendre qu’à lui même si les choses venaient à mal finir. Prise au piège par Roman, recouverte de perles de champagne ambrées et condamnée à se délecter de son corps d’Apollon, elle profitait pleinement du spectacle qui s’offrait à elle. Elle n’avait pas vu le corps de Roman si peu couvert de tissus depuis un certain temps, et autant dire que le paysage n’avait rien de désagréable. « On aurait presque envie de faire des enfants avec toi, quand tu es comme ça. Juste beau et que tu la fermes. » Elle agrémentait ses paroles d’un sourire provocant dont elle seule avait le secret. Aussi, elle repensait à cette nuit brûlante à Las Vegas, cinq ans plus tôt. Et s’il était resté au lieu de partir aux premières lueurs du jour, et s’ils avaient décidé d’être plus que des amis, et si, et si, et si. Avec des si elle aurait pu refaire le monde, réécrire leur histoire. Parce que Roman, malgré son caractère parfaitement détestable, ses sautes d’humeur permanentes, et sa fierté mal placée, c’était typiquement le genre d’homme dont elle aurait pu tomber éperdument amoureuse. Bâtir avec lui une histoire basée sur la passion. Une histoire sans répits, digne d’une tragique grecque ou d’un blockbuster hollywoodien. Mais ils avaient fixé les limites de l’interdit. Ils pouvaient être avec n’importe qui sur cette planète, mais pas ensemble, jamais. Leur chance ils l’avaient laissé passer. Leur prétendue histoire d’amour, elle l’avait condamné avant même qu’elle n’existe sur le toit de son empire. Point final. Néanmoins, elle ne pouvait réprimer le plaisir indéfinissable qu’elle ressentait lorsqu’il s’emparait de son cou, qu’il faisait glisser ses lèvres sur sa peau brûlante. Le température montait trop vite, et il ignorait grâce à quel miracle elle n’était pas encore en train de l’embrasser, de se jeter littéralement sur lui. Finalement, oui, elle aurait du le supplier d’arrêter plutôt que d’attiser davantage les flammes de la séduction, de se lancer à corps perdu dans ce jeu dangereux. Mais sa fierté Rosenbachienne l’en empêchait, alors elle résistait tant bien que mal. Elle attendait que le pouvoir change de main en profitant pleinement de ses quelques instants qui avait le goût de l’Eden. (...) « Tu peux dire stop à tout moment, si c’est trop pour toi. » murmurait t’elle en riant au creux de son oreille. Il avait fini par la lâcher et elle en avait profité pour échanger leurs places. A califourchon au dessus de Roman, elle l’emprisonnait entre ses jambes, appliquait une pression sur ses poignets afin qu’il ne puisse pas s’échapper. Doucement, une fine couche de champagne ruisselait sur le torse nu de Roman, ses éclats scintillaient sous la lumière du soleil. Sous elle, il se crispait, résistait péniblement à la tentation qu’elle représentait. Etaient-ils vraiment encore en train de jouer ? Il suffisait d’un rien pour qu’ils se bondissent dessus. Néanmoins, même si les limites entre le jeu et la réalité devenaient de plus en plus floues, Eileen ne le reconnaitrait jamais de vive voix. Une question d’orgueil, de fierté. Hors de question de briser le pacte maintenant, d’avouer le moindre sentiment, le moindre doute, la moindre faiblesse, la moindre hésitation sur la nature de leur relation. C’était impensable, ça tenait du domaine de l’impossible. Ils réfrénaient leurs envies, contrôlaient leurs pulsions primaires, faisaient semblant de ne rien ressentir du tout. Comme si c’était normal, comme si ça l’avait toujours été. Lentement, elle embrassait son corps, les contours de son visage, elle léchait délicatement les dernières gouttes de champagne, elle mordillait sa peau sucrée avec délectation. Elle aurait voulu trouver le bouton pause, ou le bouton marche-arrière mais c’était impossible. Pas pour revenir dix minutes plus tôt. Mais pour revenir cinq ans plus tôt. Là où tout avait commencé. « Roman. » prononçait t’elle dans un souffle d’exaltation alors qu’il se libérait. C’était un signal d’alarme, signal que tout allait trop loin, qu’ils n’avaient plus le contrôle du tout. Mais il n’entendait pas, et elle n’eut pas la force de se répéter. Il caressait ses hanches, s’agrippait à ses mèches blondes, il n’y avait plus le moindre espace vide entre eux. Corps contre corps, leurs souffles se mêlaient, leurs bouches se frôlaient, la température était semblable à celle d’un cratère de volcan, la tension était palpable, et l’envie à son apogée. Elle aurait pu mourir sur place. Puis, alors qu’il attrapait du bout des lèvres les ultimes particules de champagne sur sa poitrine, elle ne luttait plus. Personne n’aurait pu. Elle s’apprêtait à l’embrasser, prise d’une fièvre incontrôlable, elle s’apprêtait à commettre l’irréparable et à foutre au fond de l’océan des années d’envie réprimée, mais il cessa brutalement. Silencieuse, il lui fallu quelques secondes pour reprendre ses esprits. Il avait eu la force de s’arrêter mais il aurait tout aussi pu ne pas le faire, et quelque part, ça l’effrayait. Ils avaient toujours su se maitriser, se contrôler, jusqu’à aujourd’hui. Aussi, Roman décidait de tout nier, de faire comme si cet épisode brulant n’avait été qu’un rêve éphémère. Rien d’autre qu’une illusion, qu’un caprice supplémentaire, qu’une manière quasi-normale de se dire bonjour. Sans un mot, il s’éloignait et quittait le matelas, l’a laissant seule assise au milieu des plumes et de la soie. Encore à bout de souffle, et bien incapable de prononcer la moindre parole, elle l’observait silencieuse en cherchant désespérément une issue de secours. N’importe quoi, elle avait besoin en urgence d’une bouée de sauvetage. Il était séduisant, attirant, il représentait une tentation mortelle, irrésistible, envoûtante, ensorcelante. Elle regrettait presque son penchant inconditionnel pour la provocation tant elle avait dépassé ses propres limites. « Ok. » Eileen Rosenbach toute répartie envolée, incapable de dire quoi que ce soit de plus construit. Il était réveillé le Roman, aucun doute là dessus, même s’il prétendait le contraire. Elle ressentait encore la pression de ses lèvres sur sa peau, aussi délicieux qu’interdit. « Faut que je passe un coup de fil à Zadig. J’ai promis que je l’appellerai pour connaitre l’avancée du projet Bellagio. » concluait t’elle brièvement en s’éloignant à son tour. Elle ne pouvait définitivement pas rester là, plantée devant lui et se poser un milliard de question. « Mon père et mon oncle envisagent de racheter le-dit hôtel, et tu serais au courant si tu m’écoutais quand je te parle au lieu de ... » m’embrasser dans le cou, boire du champagne sur ma poitrine, fondre devant mon corps, avoir envie de m’embrasser, jouer aux durs, prétendre qu’il ne se passe rien... « Au lieu de rien ... laisse tomber. » Elle caressait doucement son bras du bout des doigts avant de se retirer dans sa chambre. Elle avait envie de faire le point avec toutes ses pensées, de tenter de clarifier la situation. Il lui restait environ trois bonnes heures avant que le repas soit servi. Trois heures pour enfiler quelque chose de plus décent, prendre une douche, et mettre au point une tactique pour prétendre que tout va bien. Trois heures pour espérer un miracle. En cinq ans, elle avait presque oublié la saveur de sa peau, mais tout était revenu brutalement, sans prévenir, en un quart de seconde, projetée dans le passé. Elle avait pour habitude de jouer avec le feu, mais aujourd’hui elle s’était brulée. Roman Da Russo était une flamme qui ne faisait pas de cadeau.  

« Mais si tu m'apprivoises, nous aurons besoin l'un de l'autre.
Tu seras pour moi unique au monde. Je serai pour toi unique au monde. »
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MessageSujet: Re: vous avez passé trois jours sur une plage à boire du rhum ? - bienvenue aux caraïbes ! Dim 27 Juil - 18:09


bienvenue aux caraïbes !



Roman&Eileen ⊹ Je ne suis pas le maître des convenances. Je m'abreuve du pouvoir que m'apporte mon nom de famille et n'en fait profiter personne. Seul mes amis les plus proches ont droit à ce plaisir. Le plaisir de vivre dans la décadence la plus totale, au milieu de cette jeunesse d'incrédules qui brûle la vie par les deux bouts, enduisant d'or tout ce qu'il touche du bout de leur doigt presque divins. J'arbore un visage inflexible face à ses paroles, une mine des plus impassibles face à ces remontrances et plus les paroles débordent de sa bouche plus sa voix se transforme en un cri confus, poignardant et extrêmement dés-enchanteur à mon oreille. Mais je la laisse briser notre étonnante unification que l'on formait pour les quelques secondes où son esprit n'est plus qu'une arme destructrice visant à briser toutes mes défenses sans pitié aucune. Sans même la regarder, c'est un sourire conquis sur mon visage qui s'affiche pendant que mes yeux se ferment face à ses mots, tous, semblant chargés des pires sentiments au monde. Je lui en fais baver à Eileen parce que je suis d'une franchise intarissable et que mon mauvais comportement ne se change pas à son contact. Je suis un goujat de la pire espèce, un mania des mauvaises manies et beaucoup me trouve imbuvable. Qu'importe que je lui fasse partager mon côté rustre à présent. Le gentleman que j'étais pouvais facilement s'évanouir dans la nature et c'était malgré moi que je la blessais. Évidemment, l'epsilon se fourvoyait, s'emportait bien plus pour préserver sa fierté qui se sentait à chaque fois brinquebalante sous mes airs méprisables de dictateur borné. Mais moi, malgré les efforts qu'elle met à tenter de me redescendre de mon nuage orné de saphirs, je ne peut que me complaire devant mon aplomb et ses menaces. Elle me subjuguait plus par ses coups de colère plutôt que par n'importe quel autre moyen qu'elle mettait à disposition du conquistador que je semblais être. Avec Eileen rien ne semblait insipide, ce qu'elle m'offrait cet été était encore plus orgasmique que n'importe quel moment passé ensemble. Et pourtant, jamais aucun de ces moments ne se ressemblaient parce qu'on ne faisait rien à moitié, on tentait de gagner des sommets olympiens juste pour le plaisir de ressembler à des dieux notoires. Alors on faisait tout en conséquence. Nos ports altiers s'appliquaient à nous rendre princiers pendant que mon charisme indéniable et sa démarche féline abolissaient toutes tentatives de notre entourage de nous prouver le contraire. Oh combien nous étions beaux et ses cris contre moi étaient un plaisir jouissif que j'accueillais avec un sourire presque insolent. Je devais l'énerver encore plus mais c'était cette fougue extrême qui habitait notre relation qui m'avait fait l'aimer comme jamais. Alors je la laisse me hurler dessus, ses paroles faisant mouche à chaque fois mais je garde un sang-froid impénétrable face à ses côtés glaciales et sans aucun humour. Elle me méprise en cette seconde et moi pourtant j'aimerais la dévorer passionnellement de suite. Je dois être maso c'est sûr. Pourtant, elle me rend fou lorsque la tigresse sort de ce corps pour venir m'attaquer, tête baissée en première position. Eileen elle a peur de rien et de personne et cette aura royale qu'elle dégage me confirme que j'ai réellement bien fait de dérober son corps aux yeux de tous à Vegas pour m'enfermer avec elle sur ce toit. Arrêtes Eileen, tu te fatigues pour rien. Si t'as autant d'énergie à revendre, ne la perd pas en paroles inutiles. Tiens, recule un peu ... Et danse pour moi veux tu ? Grand prince qui ordonne à sa meilleure amie de le distraire pendant qu'il trône fièrement au sommet de la dynastie. Son courroux est sans précédent et je sais dès lors que je risque bien réellement d'en prendre pour mon grade mais je ne la laisse pas faire. Attaquant ses remarques d'une voix des plus lasses. Tu sais, on peut arranger ça si c'est ce que tu veux ... Je tombais dans son propre piège. Eileen était succulente sous mon regard de braise. Ses provocations que je ne manquais pas de relever ne me donnait qu'encore plus l'envie de jouer avec son corps. A présent, je n'avais qu'une envie, la faire mienne, ne plus la lâcher du regard une seule seconde. Je craquais définitivement devant ce sourire belliqueux, les mèches or de ses cheveux éparpillés sur l'oreiller. Son regard qui détruisait toutes mes envies de batailler contre elle. Alors je préférais ranger les armes, qu'elle m'abatte de suite parce que sinon j'allais l'enlever du champs de bataille pour ne l'avoir rien que pour moi. C'était la première fois depuis des années - des siècles il me semblait - que je l'avais contre moi, aussi peu habillée. Et c'était aussi l'une des premières fois que je ressentais autant de passion et d'envie à son égard. Encore une fois. Tout d'un coup je commençais à brûler d'une envie si intarissable que je prenais conscience, vainement, qu'il fallait reprendre mes esprits et m'enfuir avant qu'il ne soit trop tard. Mais c'était déjà trop tard. Nous on fonçait toujours tête baissée, dans les disputes, dans les retrouvailles, dans les fêtes fantasmagoriques et on n'était friand de ne rien laisser au hasard. Cette fois-ci on se fourvoyait à un tel point que faire demi-tour aurait été plus salvateur. Évidemment, oublions la morale de cette histoire, il n'y en avait aucune. Elle me testait encore de ses paroles, me poussant à libérer mes instincts les plus primaires. Et c'était ce que j'avais fait lorsque les rôles s'étaient enfin échangés. Mais je ne savais pas vraiment si je regrettais ma manière appliquée de lui montrer à quel point j'avais eu soudain envie d'elle. De ressentir son corps se mêler aux miens, mes mains glissant sur sa peau brûlante pendant que j'aurais combler ses lèvres de mille pêchés. Je m'enhardissais au fur et à mesure que je découvrais de nouveau sa peau sous ma bouche divine. Désabusé de remarquer à quel point je n'arrivais à enrayer ces images qui défilaient dans ma tête, j'avais choisit la solution de facilité et avait suivit tout ce que mon instinct d'homme épris me hurlais de faire. J'entendis mon nom se glisser dans un souffle au travers de lèvres d'Eileen et là les pulsions de mon coeur s'accélérèrent. Ma respiration se fit plus saccadée pendant que je brisais le serment qui nous liait depuis toujours. Je m'approchais de l'interdiction qu'elle avait proclamé comme l'unique règle à suivre entre nous. C'était bien la première fois que je tentais de la repousser et Eileen ne semblait pas grande fervente de sa préservation à présent. Je la voulais, là, tout de suite, ça se sentait sur tout mon corps, à travers la fièvre qui me gagnait et mes baisers sur sa peau qui n'avait plus rien d'anodin. Mais non. Je mettais arrêté. Une prise de conscience des plus exemplaire qui me laissait le goût le plus amère dans la bouche. Celui du regret. Je me sentais torturé de l'intérieur. Jamais je n'aurais détourné mes pensées si seulement ce n'était pas elles. J'avais bien couché avec Francesca une nuit où mon esprit s'était embrumé. Je m'adonnais passionnellement à une amitié des plus confuse avec Catalina juste parce qu'on aimait se montrer que l'on tenait à l'autre d'une manière qui laissait pantois plus d'un. Mais Eileen c'était différent. En quoi ça l'était ? Pourquoi ne pouvais-je pas m'amuser avec elle, laissant paitre cette maudite promesse que l'on s'était faite il y a si longtemps ? Peut-être parce qu'avec elle, tout serait différent. Cette simple pensée me foutu une trouille bleue et m'éloigner fut la seule solution que j'eus pour ne pas foutre le camp aussi rapidement que me le permettais mes cinq sens. Et puis elle parla enfin. Ses paroles, je les entendais comme de loin à présent et ma présence semblait analogue à un rocher au milieu d'une mer en furie. Mon corps tentait de se détendre mais je ressentais la résurgence des envies qui m'avaient épris la première nuit où nous nous étions offerts l'un à l'autre. Je ne semble même pas réagir à l'annonce qu'elle me fait. Pourtant elle est d'une importance capitale dans notre monde. Tout pourrait changer pour elle mais je suis en nage, j'ai besoin de reprendre mes esprits. A présent, je ne suis pas le meilleur ami qu'elle attends de moi. Pour me préserver je préfère tenter de jouer au salop qui se fiche de ses paroles plutôt que de sembler secoué par toutes les sensations que j'ai ressentit en l'espace de quelques minutes. Elle semble comprendre; Ou peut-être pas. Quoi qu'il en soit, elle s'éclipse sans que je n'ai pu avoir l'occasion de lui répondre quoi que ce soit et d'émettre un commentaire constructif. Tant pis j'avais brisé notre destinée qui semblait établie depuis des années à présent et j'allais m'en mordre les doigts à coup sûr ...


Mon regard d'habitude incendiaire, trésaille à la vue de la magnificence que m'offre le spectacle des flots. Plus loin le rivage semble tenter de surenchérir avec l'aspect féérique d'une myriades de lumières, toutes provenant d'une des nombreuses îles que nous explorons depuis maintenant une semaine. Je ne suis pas totalement à l'aise. Pourtant le spectacle est divin, je devrais me complaire dans l'idée que j'ai bien plus que n'aurons la majorité des habitants de cette planète. Je suis au sommet des cieux, ce voyage est un rêve dont j'abuse à volonté mais bien sûr, mon esprit n'est focalisée que sur une seule et même image qui me reste dans les pensées, inlassable contraction de mon esprit qui ne daigne pas faire ce que je lui ordonne. C'est là, bloqué dans mon esprit et je suis tenaillé par l'idée que rien n'est dû au hasard. Je repense à Eileen, trois heures plus tôt. Et de mon corps contre le sien. Pire, de l'effet même que ça m'a procuré, au delà du désir charnel que j'éprouve pour toutes femmes dans ce genre de situation. Là c'était bien autre chose, mon cerveau brûlant ne déniait pas me montrer le contraire. Et puis une silhouette finit par se découper dans ce paysage. La beauté du lieu n'est rien comparé à la femme qui avance vers moi. Sa silhouette élancée s'avance et je la contemple sans broncher, laissant cette vue ôter tous doutes de mon esprit. Pourtant c'est bien pire encore de l'admirer de la sorte. Je sirote distraitement le whisky que je suis fait servir devant mon incompétence à diriger mes pensées comme j'en ai envie et j'entreprends de ne pas sembler envouter par Eileen, remarquablement seigneuriale ce soir ... Elle se poste devant moi, siégeant sur tous mes aprioris et je la dévisage longuement avant de lui lancer un sourire désarmant. Tu es magnifique. Tu es sûr qu'on sort ce soir ? Après une allure comme la tienne, il serait peut-être bon d'éviter cette idée ... Je ne savais pas comment lui parler de ce qu'il s'était passé tout à l'heure alors j'embrayais la discussion d'une toute autre manière. Mais j'avais raison, c'était périlleux non ? De laisser une telle femme s'envoler dans les rues d'une ville inconnue. Mais je ne la lâcherais pas. Jamais. Il y a trois heures tout avait changé. Je pouvais le reconnaître à présent, cette fille je l'avais dans la peau, après toutes ces années et toutes ces promesses. Il ne servait à rien de tergiverser plus longtemps sur le bien fondé de cet avis indéniablement vrai. C'est quoi ... cette histoire avec Zadig ? J'étais hésitant malgré mes airs graves. Depuis quand étais-je si soumis à son regard envoûtant ? Depuis toujours mon cher Da Russo, depuis toujours ...




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MessageSujet: Re: vous avez passé trois jours sur une plage à boire du rhum ? - bienvenue aux caraïbes ! Jeu 4 Sep - 0:52


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« ROMAN & EILEEN. ETE 2014. CARIBBEAN. »


Les éclats aveuglants du soleil scintillaient sur les verres de ses Tom Ford, tandis que confortablement installé dans son matelas, il poursuivait son discours soporifique. Au milieu de l’océan, Roman était coupé du monde, si bien qu’il lui était parfaitement impossible de s’attaquer à quelqu’un d’autre qu’Eileen. Elle était la seule adversaire encore disponible et sur laquelle il pourrait aisément et injustement passer sa mauvaise humeur et ses contrariétés liées à sa consommation abusive de mojitos. Convaincu qu’il survivrait à une nuit dans les rues de Cuba, et qu’il s’en sortirait sans la moindre égratignure, Roman avait voulu défier les cocktails les plus légendaires de l’ile, en vain. Il avait perdu et n’avait remporté qu’une migraine handicapante. Désireux de se servir des mots en guise d’armes, il enchainait les provocations plus ou moins directes et blessantes, dans l’espoir impossible d’atteindre la sensibilité de princesse Rosenbach. Peut-être avait t’elle eu un coeur un jour, à présent elle répondait à ces paroles navrantes et fades par un vague haussement de sourcils. Pourtant, Roman l’avait habitué à un niveau de repartie bien supérieur à celui qu’il employait actuellement, elle le savait suffisamment ingénieux pour dénicher les répliques les plus poignantes et mémorables mais, il semblait que le Da Russo en vacances se complaisait dans sa propre médiocrité. Le soleil des Caraïbes tapant beaucoup trop fort sur le sommet de son crâne, il perdait des neurones à une vitesse cosmique, adieu l’inventivité, l’imagination exacerbée, elle n’avait droit qu’à des attaques puériles d’une bassesse confondante. Ce n’était plus qu’une question de micro-secondes avant qu’elle ne s’ennuie fermement à ce petit jeu. Aussi, elle croisait les bras et se pinçait les lèvres de façon caractéristique, son regard bleu longeait le corps de Roman avec une condescendance soulignée. Presque méprisante envers son estimé meilleur-ami dans son attitude, elle n’en demeurait pas moins heureuse de partager ses vacances avec lui, sauf qu’elle ne le montrait pas. Les milliardaires ont une fierté mal placée, c’est bien connu. Clairement, la surnommée -reine de Vegas- perdait patience face aux paroles sordides et insensées de Roman. Elle désirait boire du champagne français dans une ambiance sereine, profiter de la chaleur du soleil sur sa peau dorée, et parfaire son bronzage avant la rentrée. De plus, Roman n’avait pas été convié ici uniquement pour dormir, nager et boire. Il était son meilleur ami et à ce titre, il avait des devoirs, des obligations, des conditions à remplir pour garder son si précieux statut. Tout d’abord, il se devait d’écouter les plaintes permanentes d’Eileen à propos de sa légendaire famille, du personnel incompétent de ce bateau, de la nouvelle collection Chanel complètement ratée. Ensuite, il se devait d’être au courant de tout, rumeurs, potins, scandales, puis, enfin il devait la conseiller, et l’aider à faire les meilleurs choix. Pour l’heure, la seule préoccupation du seigneur Da Russo semblait être l’emplacement du soleil et l’avancé du nuage à sa gauche. Palpitant. Exaspérée, elle l’écoutait sans broncher- pour le moment- lui hurler dessus, l’assommer de petites attaques déplacées et non fondées et se prendre littéralement pour le Roi Soleil. Or, toutes ces choses n’étaient pas prévues dans son contrat de meilleur-ami. Soupirant bruyamment, elle commençait à se questionner sur l’existence ou non d’un service après-vente de meilleurs-amis. Défaut technique du constructeur, pannes récurrentes, piles non fournies... Peut-être pourrait t’elle échanger l'ancien modèle avec un nouveau, doté celui là d'une intelligence et de compassion. Manque de chance, elle avait perdu le ticket de caisse le jour où elle lui avait ouvert les portes de son royaume. Elle s'était auto-condamnée, avait scellé un boulet d'un mètre quatre-vingt dix autour de sa cheville et sans le vouloir, de son coeur. Forcée de l'écouter jusqu'à ce qu'il s'épuise tout seul comme un grand, ou s'avoue vaincu, elle manquait de se rouler par terre et de rire comme une hystérique, en attendant son ultime réplique. Danser ? pour lui. Il avait vu la vierge Marie pendant son sommeil ? C'était bien beau de croire à ses rêves, mais là, ça tenait du domaine de l'inconcevable. « Hooo mais oui, je veux. J'osais pas te le proposer, mais depuis qu'on est montés à bord de ce bateau je rêve de danser en bikini devant toi. Me verser du champagne sur le corps, envoyer mes cheveux de gauche à droite dans des mouvements sensuels …» répondait t’elle sur un ton rempli de sarcasmes en exagérément volontairement sa posture. N’en pensant pas un traitre mot, elle jouait tellement bien son rôle de groupie qu’on aurait pu lui décerner un Oscar. « Je danserai pour toi lorsque tu m'auras passer la bague au doigt. C'est à dire, jamais. En attendant t'es bien aimable, mais je dépense mon énergie comme je le désire. » concluait-elle finalement en reprenant son sérieux, avec un agacement perceptible au fond de la voix. Le pauvre Roman s'attaquait à plus fort que lui et allait le regretter amèrement. Aussi, elle s'approchait de lui et se retrouvait bientôt prise au piège. Désireux de reprendre le contrôle de la situation, ou du moins de la tourner à son avantage, Roman employait la force. C'était plus efficace que la parole, mais définitivement pas suffisant pour venir à bout de la Rosenbitch. Prise au piège, elle ne pouvait s’empêcher d’admirer la vue, corps sculpté, délicatement halé, tablette de chocolat et muscles à profusion. Orgasme visuel. Statue Grecque. Atteinte aux bonnes moeurs. Ce qui réveillait chez elle des souvenirs délicieusement charnels, et peu religieux. Néanmoins, elle possédait encore suffisamment de lucidité pour se contrôler et donc répliquer. Elle fixa ses yeux noisettes. « Donc tes précieux conseils, je te suggère de les garder précieusement pour toi et de les regrouper dans ton autobiographie. En clair, partage avec quelqu'un qui en a quelque chose à foutre... sait-on jamais, Monsieur Da Russo pourrait gagner des fans au passage. » Un sourire délicieusement malsain se dessinait à la commissure de ses lèvres. Il ne fallait pas oublier que l'experte en provocations sur ce bateau c'était elle, personne d'autre. « Tu pourras ajouter une nouvelle catégorie à ton tableau de chasse, après putes, inconnues et meilleures amies -au pluriel-, les fans ! » le score s’établissait désormais à un pour la Rosenbitch et zéro pour le Da Russo, et elle n'en était pas peu fière. Roman aimait les plaisirs que pouvait lui procurer son existence dorée, il lui suffisait de claquer des doigts pour voir une ribambelle de filles se presser à ses pieds. Aussi, même s'il ne lui avouait pas toute la vérité dans ses moindres petits détails, Eileen était prête à parier qu'il avait couché avec Catalina et Francesca à un moment donné, voir même avec les deux en même-temps, ça ne l'aurait pas étonnée. (...) Puis, les événements s’enchaînèrent sans qu’ils eurent le moindre contrôle dessus. Les limites à ne pas franchir se fragilisaient, puis cédaient une à une. Bientôt, elle aspirait sur son corps d’infimes particules de champagne, embrassait le creux de son cou, baladait ses mains sur ses courbes divines qu’elle avait autrefois connues. « Hooo mais on va s’arranger. » lâchait t’elle dans un souffle extatique, à peine consciente de la portée de ses paroles. Roman lui faisait tourner la tête sévèrement. Elle allait l’embrasser, sa bouche n’était plus qu’à quelques millimètres de la sienne. Elle allait réduire à néant le pacte qu’ils avaient scellé au sommet de la ville du vice, elle allait commettre l’irréparable... puis il s’éloigna et elle reprenait brutalement conscience. Ils auraient pu. C’était la seule phrase qui tournait en boucle dans sa tête. Ils avaient failli. Prise à son propre jeu, forcée de hisser un drapeau blanc, elle opta pour l’unique solution qui se présentait désormais à elle : la fuite. Prétextant un coup de fil urgent, elle regagna l’intérieur du yacht encore troublée par les récents événements. Elle avait aimé ce contact avec lui, ce rapprochement soudain et inattendu. L’espace d’une seconde elle l’avait vu autrement, elle avait envisagé qu’il soit plus que son meilleur ami. Elle devait se sortir cette idée de la tête le plus rapidement possible, et la meilleure façon qu’elle connaissait pour ne plus penser à rien restait encore le sexe. A croire que le seigneur avait entendu ses inavouables prières puisqu’il décidait de placer sur sa route un charmant jeune homme, à moitié nu, employé sur le bateau depuis le début de l’été. Qu’importe son nom, son prénom, son statut, il pourrait lui faire passer l’envie de Roman quelques heures et c’était tout ce qu’elle demandait. Sans lui laisser le choix, elle l’embarquait dans sa chambre et prenait soin de fermer la porte à clé. Dans un abandon total d’elle même, elle savourait les plaisirs charnels avec allégresse. Première fois depuis sa naissance qu’Eileen se contentait de moins bien, à défaut de ne pouvoir obtenir celui qu’elle voulait vraiment. La roue tourne.

Assise sur le rebord de son lit, les yeux perdus dans le vague, elle enfilait une paire de Jimmy Choo stratosphériques et une robe scandaleusement courte. L’heure était venue d’affronter la vérité en face, d’avoir une discussion sérieuse avec Roman, elle refusait de rester plus longtemps sous l’emprise des doutes et des incertitudes. Elle devait expressément savoir si Roman considérait cet écart de bonne conduite comme une erreur, ou comme une envie sur fond d’inachevé. Quittant finalement sa prestigieuse cabine en bois verni et dorures clinquantes, elle avançait avec une nonchalance caractéristique vers le pont où le repas devait être servi et où Roman l’attendait. Gagnée par une certaine appréhension, elle se demandait s’il ne serait pas plus judicieux de repoussé cette confrontation à plus tard, puis, elle se souvenait qu’elle était une Rosenbach et que de ce fait, il était hors de question qu’elle se voile la face. Madame assumait tout, ses erreurs, ses dérapages et ses envies malsaines. Jouer les saintes ni touche, elle laissait volontiers ça aux gamines naïves qui peuplaient Berkeley. Lentement, elle s’approchait et remarquait Roman, un verre de whisky à la main, le regard perdu dans les vagues couleur encre, beau, simplement beau. Regardant à gauche, puis à droite, elle guettait l’arrivée d’une supposée coupe de champagne pour étancher sa soif, mais l’équipage de ce bateau était inutile en dehors de son nouvel esclave sexuel au nom inconnu. « Quelle élégance Roman ! Je ne sais toujours pas si je te préfère en costume trois pièces ou torse-nu... Tu veux pas enlever ta chemise que je puisse comparer ? » lançait t’elle un brin mesquine en jouant avec le col immaculé de la chemise de Roman. Eileen Rosenbach prenait un soin particulier à soigner ses entrées, celle-ci ne dérogeait pas à la règle mais derrière son humour piquant se cachait des craintes bien plus profondes. Ses pupilles cristallines cherchaient le regard ténébreux de Roman, elle devait lui parler, impérativement. Elle avait trop de questions en tête, ça l’étouffait, elle manquait d’air. « J’aimerais qu’on reste ici ce soir. Etre ensemble comme au bon vieux temps, manger du homard, parler de tout et de rien, regarder un film puéril en mangeant des quantités phénoménales de glaces...et s’endormir. C’est tout. » proposait t’elle dans ce qui ressemblait à un murmure. Elle avait besoin de retrouver son meilleur-ami, de vivre des instants simples mais authentiques, loin des lumières de Vegas, des ruelles embrumées de Cuba et des regards sévères des étudiants de Berkeley. « Rejouer la scène de Titanic. » balançait t’elle dans un rire mélodieux alors qu’elle s’accrochait aux rambardes du yacht. Son rire résonnait, puis s’écrasait sur les flots, détruit par l’eau. « Une longue histoire. Tu veux vraiment qu’on parle de Zadig maintenant ? » son ton devenait brutalement glacial, comme une attaque, un coup de poignard. Elle le défiait visuellement d’oser esquiver le vrai sujet. Dans un haussement de sourcils condescendant à souhait, elle allait s’assoir à table, Roman à sa suite. Elle ne parlerait pas de Zadig ou de qui que ce soit d’autre, sans avoir préalablement crever l’abcès. « Champagne ! » ordonnait t’elle au serveur qui se trouvait là et qui s’avérait être nulle autre que son plaisir sucré de l’après-midi. Idiot comme il était, il se permettait de lui lancer une oeillade complice et déplacée et absolument pas discrète. Elle avait tué des gens pour moins que ça, que croyait t’il ? Avoir une chance avec elle ? se hisser socialement dans des sphères plus luxueuses ? Foutaises. Revenant avec une coupe à la main, il se permettait de nouvelles familiarités, frôlant le diamant délicat qu’elle portait au majeur. Roman spectateur de la scène, ne devait rien y comprendre. Aussi, elle décidait de mettre les choses au clair dès lors que l’impertinent disparu dans les cuisines du navire. « Tu voudrais pas l’initier à la boxe ? J’ai couché avec lui cet après-midi et maintenant il semble prendre ses rêves pour des réalités. Peut-être qu’un bon coup sur la tête remettra ses idées en place. Tu peux aussi lui annoncer qu’il est viré aussi si ça te branche. » Elle guettait la réaction de Roman face à cette révélation choc, bien qu’elle n’avait de toute façon pas grand chose à perdre de plus. Portant sa coupe de champagne à ses lèvres, elle décidait de saupoudrer le tout d’une énième provocation Rosenbachienne. « Tu voulais une danse non ? Je suis même prête à te faire un strip-tease pour ne plus voir cet abruti se pavaner sur mon yacht. » Eileen ou l’art de rendre les choses toujours plus compliquées qu’elles ne l’étaient au départ. S’enfonçant dans son fauteuil, elle attrapait la main de Roman. Elle devait lui dire encore une chose avant de le laisser répliquer à son tour. « Roman... ». Elle fermait les yeux, inspirait un grand coup, hors de question de se dégonfler maintenant. « Ce qui s’est passé toute à l’heure, c’était juste un jeu ... pas vrai ? » Qu’est ce que ça pouvait être d’autre ? des sentiments ? Oh grand jamais. Et pourtant ...
 
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MessageSujet: Re: vous avez passé trois jours sur une plage à boire du rhum ? - bienvenue aux caraïbes ! Dim 21 Sep - 23:17


bienvenue aux caraïbes !



Roman&Eileen ⊹ Douce et soumise. Voila comment j'aurais préféré voir Eileen à présent que mon incommensurable dédain venait lui sauter à la gorge pour la faire plier à mes règles sataniques et drôlement perverses. Mais la Rosenbach n'aurais pas été celle que tout le monde connaît si elle avait respecté ne serait-ce qu'un seul de mes désirs. Pourtant il était ambitieux d'imaginer même qu'elle aurait pu se prosterner au moins une fois à mes pieds juste pour le plaisir de me donner satisfaction au moins une fois. Mais entre nous, il n'y avait jamais de vainqueurs. C'était donnant donnant, une guerre sans merci qui faisait rage. Elle était mêlée de tous les plaisirs les plus mortels et nous on y croquait dedans avec fierté juste pour voir si le goût n'avait pas changé entre temps. On dansait avec la vie comme avec les gens, détruisait notre bon vouloir et brûlait notre temps sans concession. Nous sommes des dieux dans un monde misérable qui ne saura jamais comment nous satisfaire pleinement. Elle parle, elle me noie de paroles sarcastiques et déplaisantes. On frôle l'ambiguïté à tout va, on pousse à son paroxysme la définition du mot limite. On déploie tant d'énergie à se contredire, s'aimer, se déchirer et surenchérir sur les paroles de l'autre qu'on en devient inhumain. Toute cette énergie n'ait souvent concentré que sur notre seule et unique relation. Parce qu'il n'y a que dans celle-ci que je pourrais la perdre sans m'en mordre les doigts un jour ou l'autre. Elle en vaut le coup. Tout ça. Cette vie, cette fille à mes côtés, chaque instant à l'admirer et pourtant à tenter de détruire chaque infime partie de son égo surdimensionné qui semblait de temps en temps oser faire de l'oeil au mien. Il était hors de question que sa fierté vienne faire plier la mienne et dans ce combat herculéen j'en retirais bien plus de plaisirs que n'importe quel autre moment d'une divine beauté. Non, là c'en était malsain au possible et j'adorais ça. La majorité des gens se damneraient pour continuer à vivre les rêves que leurs pensées évoquent dans leurs heures d'oublis. Moi je le vivais chaque jour à ses côtés. Car lorsqu'on a trouvé la perles rares, on oublie qu'il peut exister mieux sur cette terre. Mais l'impotente est difficile à dresser et les moments de tendresse que l'on s'échange sont tout autant de moments à se tester mutuellement d'une manière honteusement décadente. Alors cette fois-ci je la laisse dire. Elle veut toujours avoir le dernier mot tout comme moi. Sauf que, plus âgé, j'ai la maturité suffisante pour la laisser apprécier les dernières paroles racées qui sortiraient de ses lèvres incroyablement divines. Alors je fais des concessions et laisse l'enfant qu'est ma meilleure amie se délecter de mon silence. Gagner ? Elle sait déjà très bien que ce n'est pas le cas mais rien n'est perdu simplement, à ce moment précis, je suis en train de me délecter sans concession de ses courbes qui me font de l'oeil d'une manière presqu'obscène et mon simple regard devrait représenter une surenchère totalement indécente. Les gestes valent des fois bien mieux que la parole. Mais Eileen, elle aime que les hommes la dévorent du regard. Ce n'est pas pour rien que l'epsilon est l'une des plus en vogue de toute l'université et la princesse de Vegas. Mais ce regard que je lui lance à présent est assez indécent pour que je puisse regarder n'importe quelle fille d'une nuit de la sorte. Le goujat qui sait parfaitement que ce regard là, elle le déteste. Parce qu'Eileen, elle adore attiser les désirs mais elle ne supporte pas être une parmi tant d'autres. Mais ma bassesse est vite détrôner par l'intarissable envie de réfréner ses paroles par mes gestes déplacés. Mais ses propos continuent de résonner dans ma tête. Inlassablement et d'une manière surprenante, je les entends encore et encore qui résonnent en écho sans que je ne puisse rien faire pour les arrêter et garder un silence poignant, orchestrer mes idées. Lui passer la bague au doigt, les faire des enfants, vivre d'une vie attachée à l'un et l'autre, prônant l'interdiction suprême de se séparer quand bien même nous nous étions interdits à vie de succomber de nouveau au charme de l'un et de l'autre. Le pêché suprême devant une envie qui serait toujours présente. Du moins elle l'était à en voir le faux pas que nous venions de commettre. Le premier d'une ultime période de chasteté amicale. Nous n'avions jamais craqué quand bien même nos corps s'étaient souvent retrouvés dans le prolongement de l'autre ou même lorsque nos regards se chevauchaient à l'unisson, délicieusement coupable d'une imagination débordante d'envies coupables. En même temps, comment résister devant deux êtres de notre envergure ? A croire que nous incarnions à nous seuls, la perfection de ce monde.

La Rosenbach avait disparu depuis trop longtemps pour que je ne daigne me poser des questions. Mouvements du regard à droite et à gauche, je me demandais bien où ma meilleure amie pouvait se trouver quand bien même elle était du genre à ne pas tenir en place. Les sourcils froncés, le regard encore plus sombre que d'habitude, les évènements qui s'étaient déroulés précédemment, avaient eu raison de ma bonne humeur estivale. A un point que je n'avais presqu'une envie, prendre une douche froide et faire le comateux dans le lit aux dimensions olympiques qui m'avait été convié pour toute la durée du séjour. Etait-il nécessaire de dire que cette nuit là, je ne l'imaginais plus du tout auprès de mon hôte si désirable ? Non. L'heure était au calme, il fallait que je retrouve cette sérénité qui me caractérisait très souvent mais qui semblait être un point oublié de mon être dès que je me retrouvais en compagnie de mon amie d'aventures rocambolesques. Au moment même où j'apercevais la donzelle, je sentis ma peau me brûler comme un linceuil ardent. Pourtant le soleil avait rendu l'âme quelques heures plus tôt et il était donc étrange que je ressente encore sa chaleur comme s'il s'acharnait sur ma peau ambrée d'un hâle lumineux. Avec emphase j'entamais la conversation mais Eileen était une épreuve des plus tenace sur ma route et aujourd'hui je le remarquais encore bien plus. A jouer avec le feu elle allait se brûler et dans la tourmente de ses idées folles et déloyales, elle en venait à entraîner avec elle son meilleur camarade de jeu. A voir si j'allais sauté par dessus bord en route en comprenant pour nous deux, l'ampleur des dégâts que nous pouvions causer sur notre passage... Je répugnais à l'idée de devoir me contenir face à elle alors que je ne l'avais jamais fait jusqu'alors mais elle ne semblait en rien troubler alors que j'entamais le processus d'analyse intensive de chaque trait de son visage. Comme pour tenter d'y discerner le moindre trouble qui aurait pu me faire comprendre qu'elle montrait enfin un peu de son humanité comme je le faisais à présent. Rare moment de faiblesse, mon impassibilité avait été tellement travaillé qu'elle ne devait pas non-plus se douter une seule seconde de ce que je pouvais réellement penser. Tant mieux, je ne voulais pas être le con qui ne savais pas se recentrer lorsqu'une fille venait à lui faire de l'effet. C'était peinant sérieusement. La colère m'envahit l'espace d'une nano seconde. Mais ce fut suffisant pour que je reprenne contenance. C'était un jeu, une simple connerie dont nous avions l'habitude. On poussait à un tel point qu'à force il fallait bien qu'un jour je me pose des questions. Mais c'était inutile, on était comme ça, depuis toujours et ça ne changerait pas. Point barre. Et puis elle jouait bien avec la surabondance de signes contradictoires qu'elle m'envoyait. Quelle garce, quelle magnifique garce... Si tu fais de même, on peut toujours s'arranger. Tout semblait une histoire d'arrangements entre nous depuis que l'ambiguïté passive de notre relation avait pris une tournure incontrôlable mais des plus divine. Mes sens semblaient exaltés face au point de mire que façonnait Eileen de ses pupilles bleutés, narguant mon regard avec une vivacité féline. Chaque geste de la duchesse était incroyablement contrôlée, un jeu qu'elle semblait maîtrisé depuis sa plus tendre enfance. J'en attendais pas moins de toi. Ça tombe bien, je me sens d'humeur magnanime et près à te concéder chacun de tes désirs. Mais à la condition de ne pas vouloir mon corps toute la nuit. Tu sais très bien qu'il est dédié à d'autres jolies jambes... L'enfoiré qui piquait la nervosité de la diva outrageusement sensuelle cette nuit. Mais à défaut de pouvoir exprimer les folles envies qui étaient venues assaillir mon esprit quelques heures plus tôt, je jouais de la même manière que d'habitude. En me pavanant sur mes nombreuses conquêtes. Derrière Eileen, même l'eau semblait se pavoiser devant mon regard d'un vert atrocement beau et la lune renvoyait à mes yeux une dégringolade de lumières sur les flancs des collines moussues qui se séparaient au loin à travers le paysage. La scène emblématique encadrait le visage parfait d'Eileen. Une nuit des plus incroyablement belle. Je nous imaginais, les nuits passées, au bord de l'immense piscine du yacht avec des cocktails exotiques à la main qui reflétaient un doux art de vivre. C'était l'extase pur, célébration inconditionnelle de notre pouvoir cet été là, l'un avec l'autre. Elle pose ses mains sur la balustrade et j'admire la sveltesse de sa silhouette se découper sur le rivage pendant que je m'imaginais très bien en Dicaprio, empoignant la jeune femme de mes bras protecteurs pour embrasser pleinement ses lèvres. Non, pas vraiment. Mais tu semblais tellement prête à m'en parler que je ne daignais pas te dire à quel point je préférais largement que tu m'abreuves de paroles sur nous plutôt que sur le reste du monde. Comment lui faire comprendre que pour moi, il n'y avait que nous à présent et qu'il ne devait pas en être autrement dans ce monde de rêves. J'avais perçu son ton glacial mais j'étais plutôt en train de cajoler toutes ses paroles de mes réflexions divinement pensé. Mais il était tant de manger, de se délecter des plus grands mets que l'équipage nous avait préparé et je m'installais à sa suite dans l'un des immense fauteuils en velour qui trônait devant la table majestueusement posée juste pour notre bon vouloir. Le serveur apparut à la suite de l'ordre sec de la Rosenbach qui appréciait à coeur déployé des pouvoirs que lui conférait notre statut. Mais le petit jeu qui se tramait devant moi n'avait rien à voir avec ce que j'aurais imaginé pour la suite de ce repas. Les regards appuyés et plus que prononcé du serveur s'imposaient à mon regard. Mon poing se serra. Pour qui se prenait t'il cet idiot à jouir d'un droit qu'on ne lui avait jamais donné ? Son rôle était pourtant bien assigné et pourtant, il redoublait d'efforts pour faire passer un message à mon hôte. Mon front se plissa mais au moment même où j'allais le répudier d'un geste autoritaire et déplaisant, Eileen vint capter mon attention lorsque mes lèvres se trempaient déjà dans les paillettes d'or du millésime qu'on venait de me servir, d'une manière bien moins affriolante qu'à Eileen. Ses paroles n'eurent aucun impact sur la façade implacable de mon visage mais à l'intérieur, mon sang ne fit qu'un tour. La plénitude que je ressentais jusqu'à présent se fit évincer par une incontrôlable envie d'envoyer balader Eileen et toutes sa cliques royales de manières peu crédibles pour moi, à présent. Mon regard se tourna lentement vers le sien pendant que je l'empoignais avec force et sévérité. Taper dans la médiocrité. Je n'en attendais pas moins que toi. Même le barman avait l'air bien mieux équipé que ce mal propre. Tu baisses dans mon estime, à croire que tu avais trop faim pour te soucier de la qualité de ton diner. Ma voix est impassible mais mon ton est sec et sans convenance. Je la jauge et reprends une gorgée de ma coupe pour tempérer mes ardeurs et les envies violentes qui me viennent. C'est bon, je ne suis pas l'un de tes nombreux jouets. Te voir te déshabiller devant moi ne viendra que frôler mes bas instincts. Rien d'autre. Tu es ma meilleure amie Eileen, pas un vulgaire morceau de viande qui serait là pour m’appâter. Je remettais les choses dans l'ordre, les points sur les i, les accents sur tous les e de mon vocabulaire poignant. Elle avait jouait cet après-midi quand bien même j'avais respecté tout ce que j'avais ressentit. J'aurais pu filer voir les magnifiques créatures qui séjournaient sur ce yacht mais je ne l'avais pas fait. A croire que je gardais bien plus facilement mes ardeurs que la demoiselle. Mais elle en avait le droit. Pas vrai ? Semblais-je au moins crédible dans mes paroles ? Je n'en étais pas sûre mais à la réflexion, je bouillais de l'intérieur et chaque seconde devenait interminables. Jusqu'à ce que sa main empoigne la mienne et vienne faire redescendre d'un coup toutes les idées noirs qui s’agglutinaient dans mon esprit. Je tentais de calmer les battements de mon coeur trop rapide et l'effroyable sensation de trahison qui persécutait mes sens. Sa question me prit au dépourvu et mon souffle s'arrêta soudain. Son regard plongé dans le mien, je ne pouvais feinter une telle question car pour la première fois depuis le début de cette soirée, elle semblait cruellement sincère et sa question semblait lui tenir à coeur. Comme pour se rassurer. De quoi ? Se rassurer de nous ? Ou être assuré que je ne commençais pas à déraper pour de sombres et obscures raisons ? Merde, me prenait-elle dorénavant pour le pire des idiots ? Comme toujours. C'est notre truc ça. Que je lui rétorque avec un sourire doux et serein en caressant à présent son visage. Eileen je ... Si tu as trouvé que j'étais allé trop loin, tu devrais me le dire. Voila qui était fait. Je préférais clairement qu'elle me dise qu'elle s'était sentie mal plutôt que d'imaginer qu'elle avait autant apprécié que moi. Mais le serveur revenait. Encore. Servant des plans à la suite, en appréciant le décolleté plongeant d'Eileen. Même alors qu'il s'éloignait, son regard resta un laps de temps bien trop long à mon goût, sur le désir charnel que représentait la belle. Je me tournais alors de nouveau vers Eileen avec cette même mine calme et totalement dans le contrôle. Tu m'excuse deux minutes ? Je me levais alors et prenais la suite du jeune homme qui avait disparu dans les cuisines. J'attrapais alors le haut de son col au moment où il traversait mon horizon et cognait d'un coup brusque et sans appel. Ne le laissant pas le temps de comprendre ce qu'il se passait, je le poussais contre une immense armoire et lui assenait déjà un nouveau coup à la mâchoire, enchaînant les brutalités d'une importance rare. Je ne me battais que très rarement. Mais lorsque je le faisais, je laissais une marque indélébile dans l'esprit de ma victime. Son visage en sang, les mains déployés devant son visage, il hurlait que j'arrête. Ecoutes moi bien infâme vermine. A la prochaine escale tu descends. Et je t'interdis jusque là de la toucher et de la regarder. T'as pas intérêt à te trouver au même endroit qu'elle et surtout, je te défends même de penser à elle, t'as compris ?! Il fait signe que oui d'un air hésitant et je repars vers le pont, là où mon amie m'attends. Mais ma chemise tachée de sang et les cris des cuisiniers lors de cette altercation n'ont pas du être très discret. Mes mains sont dans un piteux état mais ma mâchoire est si serrée qu'il faudrait bien me faire redescendre de deux étages avant que je ne ressente une quelconque douleur. Je me rassois comme si de rien n'était et attrape la première serviette en soie pour essuyer les traces du carnage sur mes mains. Si tu recommences, ne me le dis pas. Mon ton est sans appel et montre que je n'ai aucune envie qu'elle me pose des questions. Ma franchise pourra la perturber mais je suis si tendu que je ne pense pas une seule seconde à ce que peuvent bien dire mes paroles lorsqu'on tente d'en identifier le sens... Fais attention Roman, tu glisses sur une pente des plus dangereuses et cette fois-ci, ce n'est pas sûr qu'Eileen te suivra ...




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MessageSujet: Re: vous avez passé trois jours sur une plage à boire du rhum ? - bienvenue aux caraïbes ! Dim 5 Oct - 0:46



« ROMAN & EILEEN. ETE 2014. CARIBBEAN. »


Les talons vertigineux d’Eileen Rosenbach martelaient le parquet brillant du yacht, et offraient à sa démarche un chaloupé encore plus sensuel que d’ordinaire. Ses mèches blondes s’élevaient dans l’air iodé et silencieux de la nuit, et sa robe ridiculement courte dévoilait presque tout de ses jambes interminables. Au milieu de l’obscurité, elle rayonnait à la manière d’un éclat d’étoile, une présence scintillante et indispensable, semblable à la Grande Ourse, elle prenait du plaisir à croire qu’elle était un point de repère pour Roman. La seule capable de lui montrer le bon chemin à emprunter pour ne pas s’égarer dans les méandres mielleux des sentiments. Quatre ans plus tôt, face à lui, sur le point culminant de l’empire qui portait son nom, au milieu de la ville que sa famille avait fait sienne, elle avait condamné l’amour au profit d’une amitié extraordinaire qui dépasserait toutes leurs espérances. En le regardant droit dans les yeux, elle lui avait fait la promesse d’un avenir où l’ennui n’existerait pas, elle avait juré d’être sienne, depuis cette nuit et jusqu’à la fin des temps, à la seule condition qu’il ne franchisse jamais les limites qu’elle lui avait alors édictées. Ils pourraient voguer sur les vagues de la séduction, se perdre dans des marées floues où les frontières entre l’amitié et l’amour s’amoindrissent, mais jamais plus il ne devrait gouter à la saveur salée de ses lèvres ou à la chaleur suffocante de son étreinte. Ce qui n’était alors qu’un pari risqué promulgué par une adolescente en quête de sensations fortes, s’était rapidement transformé en un quotidien qui mêlait le désir et la frustration. Au fil des années, les enjeux avaient progressé et désormais, sa plus grande crainte n’était pas d’éprouver des sentiments pour lui, qu’ils soient réciproques ou non, mais bel et bien, de perdre à son propre jeu. Installée sur un trône coulé dans l’or massif et serti de diamants, Eileen Rosenbach ne concevait pas l’idée même de l’échec, elle s’estimait auto-programmée pour la réussite, née pour la grandeur. Il suffisait pourtant de presque rien pour la faire chuter à tout jamais de son zénith doré, un simple effleurement, le frôlement de deux bouches qu’on aurait séparées trop tôt et qui à force de se chercher depuis quatre années, finiraient par se retrouver, logiquement, prédestinées depuis toujours à ne faire qu’un. Seulement, elle ne devait pas en être l’instigatrice, et ce, malgré ses envies parfois irrépressibles, ses montées d’adrénaline et ses fantasmes les plus secrets. « A force de pactiser avec le diable, tu risques de te bruler les ailes. » murmura t’elle d’une voix suave et maitrisée dans le creux de son oreille, alors que, dans le même temps, ses doigts s’accrochaient au noeud de sa cravate parfaitement exécuté. « Même lorsqu’on ne se parlait pas, ou qu’on était en froid, Jorden venait me voir pour que je noue sa cravate. Depuis, il est quelque part en Asie en train de gérer les affaires de papa. » Elle ignorait pourquoi la conversation était en train de dévier sur Jorden, peut-être qu’il lui manquait, même si elle refusait de l’admettre, peut-être que l’éloignement de Jorden avait creusé davantage le trou béant qui se trouvait dans sa poitrine depuis que Jayan avait quitté la ville. Elle se rappelait très précisément des jours, puis des semaines qui avaient suivi son départ. D’abord le déni, le refus de se confronter à une réalité que l’on avait pas désirée, ensuite le manque, l’interminable et cruel manque, son omniprésence qui transformait tout en vide magistral, en néant. Enfin, il avait fallu apprendre à faire sans, à remplacer l’amour par le sexe, les -je t’aime- par des cris d’exaltation qui se fracassent contre les murs des palaces californiens, danser de nouveau avec la grande faucheuse et sourire aux interdits. Les narines blanches, la gorge brulée par l’alcool et le regard éteint, elle fonçait, inconsciente, vers des gouffres plus sombres encore. On l’avait laissé s’enfoncer, encore et encore, jusqu’à toucher le fond, parce que c’était précisément là, le meilleur moyen de prendre une impulsion qui puisse la faire remonter jusqu’à la surface, et entrevoir la lumière divine de la rédemption. Personne n’osait stopper sa folie contagieuse, freiner ses instincts primaires ou modérer ses envies frénétiques pour les substances dangereuses. Pas même Roman, il avait été le spectateur d’une descente aux Enfers sur lequel il n’avait eu aucun contrôle, il l’avait regardé des heures durant valser avec des effervescences malsaines, tenir l’équilibre sur un fil aussi fin qu’une toile de soie. Impuissant. « J’aimerais juste que tu me prennes dans tes bras. » C’était là son seul et modeste désir pour le moment, bien loin de ses requêtes habituelles plus excessives. Elle plongeait ses pupilles cristallines dans les siennes à la recherche d’une parcelle de douceur qu’il n’offrait à aucune autre femme qu’elle. Contrairement à la horde de filles avec lesquelles il prenait du plaisir, mais qui n’avaient droit qu’à la virilité de son tempérament et à la vue étourdissante de son corps, Eileen, grâce à son statut de meilleure amie devant l’éternel, pouvait se targuer fièrement, de disposer, à son usage exclusif, de petits moments de douceur. Roman le Don Juan, le bourreau des coeurs, celui qu’on prétendait insensible à toutes formes de sentiments, montrait son véritable visage en sa compagnie. Devant Eileen, il n’avait pas besoin de faire semblant, il lui était inutile de jouer à l’homme d’affaire énigmatique et intouchable pour l’impressionner. Roman devait juste se contenter d’être lui, avec ses défauts charmants, ses sous-entendus pénétrants et ses attaques franches et acérées. La tête délicatement posée contre son épaule, les yeux presque clos, elle sentait un frisson désagréable l’a parcourir, l’irradier de haut en bas. Il avait prononcé le mot fatal -nous-, et elle ignorait grâce à quelle force surnaturelle ou inspiration divine, elle pourrait parler d’eux sans revenir sur les événements de l’après-midi. Hors de contrôle. Les perles de champagne sur sa peau nue et sa langue partant à la redécouverte de son corps, les bouts de ses ongles qui avaient vainement tenté de mémoriser les reliefs complexes de ses muscles, la température qui n’avait cessé d’augmenter jusqu’à incendier ses veines et à faire tourner sa tête. Puis, brutalement, l’arrêt du jeu qui prenait des proportions que ni l’un, ni l’autre n’était en mesure d’assumer. La respiration saccadée, le souffle haletant, elle avait cru mourir sur place tandis que, dans un rire cruel, il s’était levé d’un bond, optant pour la fuite. « Si tu savais à quel point le reste du monde m’importe peu, là maintenant. » lançait t’elle sans prendre conscience de la portée véritable de ses paroles. Son esprit songeait à Zadig, à sa famille légendaire et aux gens de Berkeley qu’elle n’avait nullement envie de croiser avant le mois de septembre, son palpitant en revanche, parlait de choses bien plus complexes dont elle ignorait encore l’existence. Se séparant doucement de l’étreinte sécurisante que formait ses bras, elle l’entrainait vers la table dressée juste pour eux à l’avant du bateau. C’était un petit havre de paix, le berceau d’un amour interdit, qui suintait le romantisme et qui dégoulinait de niaiseries. Chandelles immaculées et  compositions florales décoratives figuraient au menu, mais Eileen Rosenbach s’en moquait, elle ne mangeait qu’à la carte et ses exigences devaient être expressément comblées. Elle réclamait du champagne, elle voulait redécouvrir les joies d’une ivresse suspendue grâce à l’élixir des Dieux, un claquement de doigts plus tard, elle obtenait son précieux sésame dans une coupe cristalline où se reflétait les lueurs diffuses des bougies. Mais, elle eut à peine le temps d’étancher sa soif qu’elle fut submergée par la contrariété. Déambulant autour de la table, comme s’il était le troisième et tant attendu convive, il s’immisçait irrespectueusement dans une conversation qui ne le concernait pas, frôlait la paume de sa main et déposait sur elle des regards appuyés empreints d’une sensualité déplacée. Elle connaissait son corps, mais ignorait son nom. Il n’était qu’un larbin, embauché par son père pour satisfaire ses caprices frivoles, un domestique supposé l’abreuvoir de champagne et disparaitre. Autour de cette table fastueuse, il n’y avait de la place que pour deux, et il n’en faisait malheureusement pas parti. Victime de l’humeur extatique d’Eileen en fin d’après-midi, il prenait désormais ses rêves pour des réalités, un Pretty-Woman avec inversion des rôles qui réveillait sa libido en berne. Mais, il n’avait été qu’une pute au masculin, dans laquelle on exalte ses désirs inachevés, ses infortunes passagères, ses appétits incontrôlables sur le moment. La volupté sensuelle qu’on aurait voulu partager avec un autre que lui. Taper dans la médiocrité à défaut de pouvoir obtenir l’objet central de ses désirs, c’était exactement ça. Roman visait juste, du premier coup, en plein dans le mille, au milieu du coeur. Elle tressaillit un instant, à peine capable de soutenir son regard sinistre et ses traits froids, pas une seconde, elle n’avait cru que Roman réagirait de la sorte. En temps normal, il se serait amusé de cette situation houleuse, aurait ri des péripéties sexuelles de sa meilleure amie, mais pas maintenant ... plus maintenant. Elle tombait d’un étage, puis de dix, les mots de Roman semblables à des flèches imprégnées de poison s’enfonçaient dans sa chair, l’a marquant à jamais des stigmates de la honte. Alors qu’elle l’implorait d’expédier ce nuisible, il s’évertuait à lui dire qu’elle n’était qu’une garce nymphomane, mais y mettait les formes. « Je t’emmerde. Tu veux qu’on fasse ton procès après le mien ? On en parle des pétasses qui se sont baladées en string dans ta maison pendant tout le mois de juillet ? » Les lèvres pincées, un regard meurtrier braqué dans le sien, elle élaborait mentalement son coup fatal, celui duquel il ne se relèverait pas. « Tiens, mais tu as perdu ton sens de l’humour en prime. Tu devrais t’envoyer en l’air, ça te détendrait. Toi et tes bas instincts. Et pour ta gouverne, sache que si j’avais réellement eu l’intention de t’appâter, j’y serais parvenu sans retirer le moindre morceau de tissu. Mais on ne va pas s’y essayer, parce qu’entre nous, tu sais déjà que j’ai raison. » Elle concluait sa réplique par un sourire exaspérant à souhaits dont elle seule avait le secret, et serrait ses poings afin de garder le peu de sang-froid encore à sa disposition. Elle n’avait pas cru abuser de son amabilité en lui demandant de virer ce type de son yacht, et en lui racontant brièvement le pourquoi du comment, ça faisait parti de ses obligations de meilleur ami, fonction qu’il assumait de moins en moins ces derniers temps. Mais plus les minutes défilaient, plus elle s’éloignait du véritable problème, de ce qui l’a rongeait depuis des heures et qu’elle gardait sur le coeur. La situation n’était pas claire, elle progressait dans un tunnel dépourvu de lumière qui ne prenait jamais fin. Etait-ce un jeu supplémentaire, une tentative désespérée de gagner le pacte en aveuglant l’autre, un désir véritable qu’ils n’avaient su contenir et qui les avaient incendié, brulé tout entier ? Elle n’en savait strictement rien, et par une question équivoque, elle espérait qu’il ait la réponse miraculeuse à cette interrogation. Reprenant doucement son calme, elle attrapait sa main, le souffle court et le regard plus doux que d’ordinaire, on voyait clairement qu’elle ne jouait plus. Eileen était sérieuse, affreusement sérieuse. Se voulant rassurant, il affirmait que tout était normal, que c’était le jeu établit entre eux depuis bientôt quatre ans, qui prenaient des proportions un peu plus extrêmes, rien d’autre. Bien entendu qu’il était allé trop loin, qu’ils étaient allés trop loin, mais de là à l’admettre il y avait un monde. « Oui, comme toujours. C’est juste que... » Juste qu’elle avait apprécié l’instant comme ce n’était pas permis, qu’elle en redemandait, qu’elle aimait la saveur de sa peau sous langue, l’odeur de son cou et la sensation de ses mains sur son corps. Et qu’elle n’aurait pas du. « Rien ne va jamais trop loin pour un Rosenbach. » pouffait t’elle dans un rire crispée qui, elle l’espérait suffirait à masquer ses véritables pensées. Par chance, le serveur rappliquait au même instant, brisant la conversation et la main douce de Roman contre sa joue. L’espace d’un instant, elle avait entrevu un avenir commun, une relation passionnelle et éternelle, mais ce n’était qu’un mirage aussi vite oublié, à peine un songe. Les rôles étaient déjà définis et dans cette vie, Roman était son meilleur ami, rien d’autre. Restant parfaitement immobile, elle l’observa s’éloigner vers l’intérieur du bateau, sachant pertinemment ce qui était en train de se passer. Roman ne l’épargnerait pas, car contrairement à d’autre, il ne partageait pas. Parfois jaloux, parfois odieux, il n’en demeurait pas moins qu’Eileen était sienne et qu’à cette condition personne ne pouvait s’octroyer le droit divin de la reluquer dès lors qu’il était présent. Beaucoup s’y étaient risqués, peu avaient été couronnés par le succès. S’humectant les lèvres d’un champagne hors de prix, elle ne cilla pas lorsqu’elle entendit distinctement la violence des coups. S’ensuivit des hurlements, des implorations, puis un silence effroyable presque morbide. On entendait le bruit des vagues qui venaient s’abattre contre la coque, le souffle du vent de la Mer des Caraïbes et même, les ultimes bulles de champagne qui crépitaient au fond de sa coupe. S’il n’était pas mort, elle savait qu’il n’était plus en mesure de parler. La réapparition de Roman dans son champ de vision ne fit que confirmer ses hypothèses, il avait les mains recouvertes d’un sang qui n’était pas le sien, les sourcils froncés, le regard impitoyable. Silencieuse, elle attendait qu’il reprenne place autour de la table pour le remercier de son dévouement, mais il l’a freina dans ses élans en parlant le premier. La goutte d’eau qui faisait déborder le vase. L’insupportable doute qui reprenait de l’ampleur. La colère trop vite éteinte et qui désormais, avait gagné en intensité. « Excuse-moi ! » hurlait t’elle décontenancée par ses propos, en se levant d’un bond de sa chaise. Comment ça ne devait t’elle pas lui dire, eux qui s’étaient toujours jurés de n’avoir aucun secret l’un envers l’autre, Roman n’était pas en mesure de supporter une pauvre histoire de coucherie insignifiante ? Elle croyait halluciner, le monde était déglingué. « Donne moi une seule bonne raison de ne pas te le dire ! Une seule. Aux dernières nouvelles tu es supposé être mon meilleur ami, je t’ai déjà raconté des choses infiniment pire que celle-là, qu’est ce qui a changé entre temps ? » Furieuse, elle fonçait vers lui à la manière d’un missile qui aurait préalablement verrouillé sa cible. « Tu as décidé de remettre la censure au goût du jour ? Parce que de ton coté tu n’assumes pas tes relations ? C’est ça ? Regarde-moi dans les yeux et arrête de me prendre pour une conne ! Tu veux qu’on en parle de Catalina, de Francesca, de Jules et de toutes les autres. Je m’en fous de tes pétasses Roman, complètement ! Mais t’es mignon, moi, tu ne me mets pas dans le même sac, t’essaye pas de m’assommer avec tes réprimandes à deux balles. » Entre temps, il avait quitté son précieux fauteuil pour lui faire face, les yeux dans les yeux, la tension était palpable et bientôt elle atteindrait son point culminant. Eileen avait décidé que l’heure était venue de vider son sac et de régler ses comptes, tout ce qu’elle avait gardé pour elle, tout ce qu’elle n’avait pas voulu critiquer par respect pour lui, tout sortait dans un flot interminable de paroles assassines mais méritées. « Contrairement à toi, j’assume parfaitement mes relations, je me place pas en victime. Mais si tu veux jouer à ça, pas de problème, je vais faire un truc que j’assumerai pas du tout, et on verra bien si la situation est meilleure, ou pire. » S’humectant les lèvres, elle le défiait. Il n’y avait qu’une seule chose qu’elle n’admettait pas, qu’elle ne concevait pas, qu’elle n’assumerait jamais; l’échec. Ce soir, elle pouvait faire le choix de perdre, décider de le laisser gagner, juste pour lui prouver qu’il ne faisait qu’empirer les choses avec son comportement. Il suffisait qu’elle s’approche un peu plus, qu’elle joigne ses lèvres aux siennes, qu’elle s’avoue vaincue, qu’elle brise une promesse vieille de quatre ans en une demie-seconde. Mais avait t’elle seulement suffisamment de cran, de courage, pour le faire ? Etait t’elle prête à mettre sa fierté de coté, à l’abandonner au fond de l’eau ? Pas si-sûr. Un silence lourd, intenable, insupportable s’était installé. Ses lèvres à quelques centimètres des siennes comme une tentation défendue, ses pupilles cristallines plantées dans ses yeux, les battements de son coeur qui s’accroissaient encore et encore. Suspens intenable, une hésitation qui l’a rendait folle, jamais elle n’avait eu à faire un choix aussi cornélien. L’embrasser et perdre, ou fuir et perdre sa confiance. Elle fermait les yeux, prit une longue inspiration et décida de s’éloigner d’ici, sur-le-champ. Elle avait besoin de calme, de sommeil, d’être éloignée de lui, de se repasser mentalement le film de cette soirée en boucle pour comprendre à quel moment ça n’avait pas marché. Il ne l’a retenait pas, ses talons frappaient contre le parquet flottant, plus qu’un pas et elle serait à l’intérieur. Plus qu’un. Et elle fut incapable de le faire. Happée par un désir incontrôlable, une exaltation fulgurante, une ardeur irréelle, elle revint sur ses pas, brutalement. Elle se précipitait contre lui, le poussait contre la rembarre du bateau, se jetait à ses lèvres. Elle l’embrassait comme jamais, en se donnant toute entière, sans limites, sans bornes, sans frontières, comme s’il s’agissait du dernier baiser de sa vie. C’était une explosion de lascivité, d’érotisme, de volupté et de luxure. C’était le cadenas qui sautait après quatre années de retenue, où elle s’était contrôlée, modérée, où elle avait refusé d’écouter ses désirs les plus fantasmatiques. Dans sa défaite, elle se sentait libre. Elle rassasiait sa faim à la saveur de ses lèvres, comparait l’instant à des souvenirs d’une autre époque, laissait ses mains se promener sur son visage. Le souffle coupé, le palpitant qui menaçait d’imploser tant ses battements étaient continus, elle profitait pleinement, sauvagement, entièrement de la défaite qu’elle s’était octroyée. Elle aurait pu, poursuivre ainsi pendant une éternité, jusqu’à tomber dans les pommes, jusqu’à l’arrêt total du coeur, mais il fallait revenir sur Terre. Faire cesser le rêve, et affronter l’impitoyable réalité. « Félicitations. Tu gagnes, je perds. » Elle marquait une brève pause, la voix tremblante, incapable d’admettre la suite de ses paroles. « On n’est plus obligé de prétendre être les meilleurs amis du monde. On était lié par un jeu, maintenant il n’y en a plus. Maintenant il n’y a plus rien. » Une larme imperceptible s’échappa de sa pupille, et glissa le long de sa joue avant d’être chassée d’un revers de la main. Elle le fixa pendant une seconde supplémentaire qui semblait durer une heure et elle disparu, pour de bon. Elle courrait vers sa chambre, prête à recevoir sa sentence, prête à supporter le gout acide de l’échec, prête à crever seule, à fondre en sanglots comme la dernière des connes qui à force de jouer avec le feu, se serait véritablement brulée. Elle avait perdu Jayan, puis Wren, elle avait gardé la tête haute, sa fierté légendaire, son tempérament incendiaire, mais perdre l’amitié de Roman, elle ne le surmonterait pas. Il était nécessaire à son équilibre, à son bonheur, il était le ciment qui tenait tous les morceaux en place, qui l’empêchait de s’effondrer. Le perdre lui, signerait sa fin.
 
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MessageSujet: Re: vous avez passé trois jours sur une plage à boire du rhum ? - bienvenue aux caraïbes !

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vous avez passé trois jours sur une plage à boire du rhum ? - bienvenue aux caraïbes !

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