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so shut up, live, travel, adventure, bless and don't be sorry. (swan)

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MessageSujet: so shut up, live, travel, adventure, bless and don't be sorry. (swan) Sam 31 Mai - 15:16


Citation :
“I like too many things and get all confused and hung-up running from one falling star to another till I drop. This is the night, what it does to you. I had nothing to offer anybody except my own confusion.”

Le soleil brûlant de San Francisco picorait la peau satinée de Zadig. Regard ambré planté vers l'horizon rutilant, surplombé par un ciel azuré qui s'étendait à l'infini au dessus de son crâne. Chemise blanche, un jean Levis qui moulait ses muscles, un paquet de clopes dans sa poche arrière, mèches cuivrées en bataille, un vieux sac en cuir usé à ses pieds, l'air fier, le regard lointain, monsieur Rosenbach illustrait, comme tant d'autres fois passées, l'aristocratie insolente et dévouée à une liberté sans bornes ni limites. Un week-end sur les routes d'asphalte tiède, à dérober à l'existence ce qu'elle avait de plus fou, pour s'abreuver de toutes ces sensations effrontées, qui s'offriraient à eux comme elles viendraient ; un projet qui n'avait mis qu'un instant à séduire les deux esprits assoiffés de liberté de Swan et Zadig. Autour de deux verres de scotch à demi-vides, à parler de tout et n'importe quoi en ponctuant leurs débats des rires de la sud-africaine, de ceux de l'héritier, autour de ce duo atypique l'idée s'était glissée et était demeurée, absorbée par les esprits. Ça lui était venu comme ça, l'idée s'était imposée à lui, comme une évidence. Un roadtrip de quelques jours, à peine, à rouler à pleine vitesse sur une route déserte, à avaler les kilomètres en fumant clope sur clope, en passant en boucle les vieux cd de Ray Charles qu'avait Swan, et puis descendre ou bout d'heures à dériver le long de paysages inconnus. Elle avait déjà fait, ça, elle avait déjà découvert l'Europe sac sur les épaules, ses petites jambes nues malmenées par la distance. Il l'imaginait, ce petit bout de femme s'acharnant sous le cieul capricieux, qu'il déverse sur elle ses eaux grises ou son soleil de plomb. Mais elle avait accepté, avec cette sorte de nonchalence distraite qui se traduisait par un simple « why not », comme si elle avait d'autres choses auxquelles songer, alors qu'il savait qu'au fond d'elle, l'envie lui crevait le cœur. On en résiste pas à la route une fois l'avoir goûté. C'était à ses risques et périls. Un petit sourire pensif se glissa sur ses lèvres sanguines. Il y avait cette urgence qui brouillait la canicule californienne, cet appel grave de la route, derrière lui le métal chaud d'une vieille Buick – empruntée à la collection personnelle de son cher père – faisait irradier sa chaleur tout contre le dos droit du bel étudiant. Il était beau, comme ça, avec ce côté bohème, cette petit barbe de deux jours qui venait poindre le long de ses joues et de sa mâchoire finement dessinée et son arrogance exubérante qui se lisait dans son regard ambitieux, plongé loin dans le bleu charmeur du ciel. Sa beauté diablesse lui conférait son inaccessibilité, sa distance soignée des autres, de la plèbe, de ces gens qui connaissait la dure labeure de la vie ; des gens qui n'étaient pas lui. Tout en cultivant son impatience agacée, adossé comme il était à cette vieille bagnole qui en avait vu plus qu'il n'en verrait jamais, il s'alluma une cigarette. La petite flamme rougeoyante du briquet embrasa le bout de papier blanc, consommant sa course le long de celui-ci, consumant ce cylindre assassin en en libérant tous les effets. Et elle arriva, les galbes singuliers de sa silhouette se balancèrent devant lui, la jolie môme aux lèvres carmin progressa, armée d'un simple sac à peine grossi par son contenu. « J'aurais presque attendu, glissa-t-il en soufflant lentement la fumée grise qui s'enroula en courbes sinueuses au dessus de sa tête. Ton carosse, princesse.  il s'écarta pour la laisser contempler la carosserie vert d'eau impeccable. Le soleil inondait la scène d'un éclat irréel. Une Buick, typique des roadtrip, c'en serait presque une tradition. Enfin, en matière de roadtrip, tu t'y connais mieux que moi. » il conclut ses paroles d'un grande inspiration de nicotine, noircissant encore un peu plus ses poumons. Il n'était plus à ça près. Swan et Zadig incarnaient ce que la bourgeoisie irrévérencieuse avait de plus vagabonde, de plus assoiffée de liberté, de plus indépendante, mais aussi, et en toutes circonstances, ce que les gens comblés avaient de plus tourmentés, de plus complexes. Ils représentaient le revers de cette aristocratie qui avait tout ; ils étaient la deuxième dimension qui vivait dans ceux qui n'avait plus besoin de rien, celle dans laquelle les regrets, les remords, le manque et tous les autres poisons trinquaient à leur gloire, un champ de bataille ensanglanté né de l'absence, celle d'une mère, celle d'un équilibre qu'ils avaient tant de mal à trouver. Ils étaient des beautés lointaines, érudites et compliquées : il s'avérait être le parfait salaud et s'en félicitait allègrement en laissant mourir son humanité, et elle... Personne ne pouvait la définir mieux qu'elle-même ne se définirait, mais il savait que la force de mademoiselle Cartwright-Hansen n'était pas inébranlable. « Prête à partir conquérir la Californie ? Je te préviens, c'est ma bagnole, je conduis, il accompagna ses mots par le grincement sourd du coffre et le bruit mat de son sac contre la parois. Il lui jeta un léger regard. Fais pas cette tête-là, si t'es sage, je te passerai peut-être le volant. » Une fois le sac de la brune jeté dans le compartiment, sa crinière ondulant dans la brise fiévreuse, il lui ouvrit la portière côté passager. « Promis, appuya-t-il en l'incitant à s'asseoir et à écouter le bourdonnement paisible de la voiture. » Il savait à quel point elle aimait conduire, à quel point elle l'aurait haï s'il l'avait enfermé dans une condition de femme docile endormie sur la banquette tandis qu'il découvrirait les reliefs colorés d'un monde à redécouvrir derrière le tableau de commande. Ils se partageraient équitablement la route, rien ne serait possible sans cette promesse. Zadig se complaisait déjà dans ses fantasmes fugitifs d'un voyage digne du fameux bouquin de Kerouac que la demoiselle prônait tant. Il voulait découvrir ces fameux tronçons restants de l'historique et indémodable route 66, et manger dans de ses petits diner qui la bordait ; il voulait passer la prochaine nuit dans un vieux motel vintage, il voulait du vintage, de l'asphalte, il voulait que ça pétille, que rien n'ait d'importance, que tout ne soit que plaisir, qu'oubli, il voulait dévorer chaque instants des jours à venir avec une joie infinie. « Alors, où va-t'on, mademoiselle ? » qu'il lui lança avec son beau timbre grave, il avait tant d'envies, tant de directions à prendre, mais il lui laissait le bénéfice de pouvoir changer leur itinéraire comme elle le voudrait. Bientôt, ils ne seraient plus que trois. Lui, elle et la route.
We understood each other on other levels of madness

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Swan Cartwright-Hansen
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MessageSujet: Re: so shut up, live, travel, adventure, bless and don't be sorry. (swan) Lun 16 Juin - 17:40


Citation :
" Thinking of the stars night after night I begin to realize 'The stars are words' and all the innumerable worlds in the Milky Way are words, and so is this world too. And I realize that no matter where I am, whether in a little room full of thought, or in this endless universe of stars and mountains, it’s all in my mind " j. kerouac, lonesome traveler
. m u s i c .
It's how you know you really got a home. When you leave it there's this feeling you can't shake. You just miss it  —  L'idée. L'idée de partir lui était venue lors d'une fraîche soirée de printemps, où elle flânait seule dans les rues poussiéreuses de Johannesburg. Swan avait 16 ans, encore le visage d'une enfant, l’innocence de la jeunesse et la soif de l'aventure ancrée à ses pores. Sous ses yeux de gamine, de lourdes poches de cernes traduisaient tristement de ses insomnies à répétition, et des repas qu'elle avait pris l'habitude de sauter sans la moindre difficulté. Elle n'arrivait pas à oublier l'odeur de l'hôpital, et celle de la mort qui courrait dans chaque couloirs. Elle n'arrivait pas à comprendre ce monde qui tournait toujours dans le même sens, ces gens qui se hâtaient matin et soir pour rentrer chez eux, leurs quotidiens qui n'avaient pas changer d'un pouce, et le sien, bouleversé, dévasté, qui peinait à tenir debout. Oppressée, elle se sentait oppressée. Comme pousser dans un four. Partout, l'air était irrespirable, ça sentait la maladie, ça empestait la souffrance. Alors, l'idée de partir était survenue comme une issue de secours, un moyen de fuir cette douleur, et la laisser ici, dans ce pays qu'il l'avait vu naître. Pour s'en sortir, pour s'accrocher à la vie, pour guérir, elle était parti conquérir l'Europe. « Je suis certain que tu en meurs d'envie. Regardes toi, on dirait que tu es née pour ça. » Les paroles de Zadig résonnaient encore en elle comme une simple évidence. Avec son sourire charmeur et son charisme persuasif, il avait su rallumer en elle le petit feu de frénésie au cœur de son cerveau. Dès lors, elle savait qu'elle ne parviendrait pas à en éteindre les flammes. Swan n'a jamais cessé de croire que cette vie-là lui était suffisante. Qu'elle en était heureuse. Qu'elle s'en contenterais. La route avait sûrement tué beaucoup de choses en elle, elle en avait sauvé aussi. Pourquoi pas, qu'elle avait répondu à Zadig en entamant son troisième verre de scotch ce soir-là, séduite par l'idée de tout plaquer du jour au lendemain et de partir sans prévenir personne. Même pas Nael. Personne. La clé tournée à double tours dans la serrure de son appartement, elle s'était levé tôt ce matin-là, prête à retrouver sa deuxième maison, longue de kilomètres et kilomètres, et si grande qu'on ne pouvait en mesurer l'espace. Celui de la Californie, peut-être cette fois-ci. Sac à dos de voyage aux couleurs mêlées du drapeau sud-africain sur les épaules, Swan déplia délicatement une carte de l’État américain et tâcha de repérer son chemin. A pieds sur le bord d'une route déserte, la voix ensorcelante d'Ella Fiztgerald dans les oreilles, elle découvrit les premières lueurs du jour, cette rosée du matin qui lui picorait la peau. Le souffle tiède du vent emporta des mèches brunes sur son visage, et avec lui, ses peurs et ses mauvais souvenirs. Déjà, elle sentait la sueur naître sur son front trempé, le bitume brûlant écrasé par ses bottines à lacets caramel, l'odeur de cette route humide. Les grandes sensations retrouvées d'une fille sur la route. Cigarette au bec, chemise blanche légèrement entrouverte, Swan apparut sous la chaleur écrasante du petit matin et reconnut enfin le visage de son Rosenbach adoré en train de patienter derrière le capot de sa bagnole. Une Buick, qu'elle devina avant même qu'il n'en prononce la marque. « Crois moi ou pas, j'ai fais de mon mieux pour arriver à l'heure. Vraiment. » insista t-elle en lui montrant ce qu'elle tenait entre ses mains : une pancarte en carton, où  elle avait griffonné au marqueur un ' GOING EVERYWHERE ' plus pour déconner que pour se faire embarquer dans la voiture d'un inconnu. « Personne n'a voulu me prendre. Sans doute parce que je n'ai pas assez déboutonné ma chemise. » acheva t-elle d'un air faussement sérieux. Zadig, beau comme un dieu avec son allure espiègle et son air badin, lui présenta son petit bijou ambulant. Du plat de sa main, Swan caressa le métal incendiant de la voiture, un large sourire dessiné au coin de ses lèvres rouges sanguines. Et qui s'effaça aussi vite lorsque son ami se désigna comme le conducteur de leur périple dans le dédale californien. Pas la peine d'insister, il lui promis de goûter elle aussi à cette place qu'elle voulait sienne, et dieu sait qu'il avait intérêt à s'y tenir. « Tu me le payeras Rosenbach. Tu vas voir, je vais être exécrable, insupportable, chiante à mourir. Je t'emmerderai tellement que t'auras envie de me jeter de ta voiture. Et pour une fois, tu ne pourras pas dire que je ne t'ai pas prévenue. » qu'elle affirma en lui balançant dans la figure ses voluptés de fumée de cigarette à chaque début de phrase. Un rictus amusé sur le visage, Swan s'installa non sans mal sur le siège passager. A la question de savoir où ils allaient bien pouvoir se rendre, la sud-africaine laissa sa réponse en suspends, les yeux rivés sur la longue route d'asphalte qui s'étirait en face d'eux. Elle se souvint qu'elle n'avait jamais choisi son lieu de destination, c'était la route qui la guidait, la route qui la menait là où elle était susceptible de trouver tout ce qu'elle ne trouvait pas ailleurs. « Démarres, qu'elle lui dit, et continues tout droit. On verra bien là où ça nous mènera. » Le bruit du moteur vrombissant retentit dans un bastringue étouffé alors qu'ils se jetaient tout droit vers l'inconnu. Fruits d'une bourgeoisie clinquante et symbole du bon-chic-bon-genre, Swan et Zadig formaient ensembles un tandem sensationnel, deux êtres culottés à qui la vie avait tout donnée puis tout repris en un rien de temps, et qui n'avaient pas d'autre choix que de faire avec. Ils roulèrent ainsi plusieurs heures, les fenêtres grandes ouvertes, un disque de Ray Charles tournant dans l'auto-radio, en grignotant les kilomètres sans se soucier de leurs tracas quotidiens. La route change la façon d'aborder le monde. On le contemple chaque jour d'un nouveau regard. Un paysage en remplace un autre,  et l'éclat du soleil n'est jamais totalement le même. Cachée derrière les verres fumés de ses lunettes de soleil, la sud-africaine ralluma sa cigarette avec les mégots de celle de Zadig, un air de désinvolture nonchalante sur le visage. Puis, elle s'amusa à capturer leurs sourires béats et leurs grimaces de mômes avec son viel appareil polaroid vintage. Qu'elle aimait cette vie-là, plonger dans les entrailles du monde, à ne savoir où aller, à ne savoir où dormir. Cette vie-là sans contrainte où il était presque banal d'être complètement saoul en plein milieu de l'après-midi, et de dîner à trois heures du matin. « Arrêtes-toi là.  » qu'elle lança en lui désignant du doigt une petite bâtisse sur le bord de la route. Voiture garée sur le bas côté, ils regagnèrent les lieux en quelques minutes. Swan poussa la première la porte battante de l'entrée de ce...bar, semblerait-il, dont l'ambiance très old school était bien différente de celle qu'ils connaissaient. A l'intérieur, quelques incontournables clients de bon matin bécotaient déjà leurs verres d'alcool. « Un petit quelque chose, ma chérie ? » Derrière son comptoir, la barman lui lança une œillade complice, comme si elle la connaissait depuis toujours. Deux bières commandées, histoire de commencer en douceur. Ils s'installèrent à une table dont les baies vitrées donnaient directement sur la route 66. A peine assise, Swan décapsula d'un geste sa bouteille, but une gorgée et sentit son cœur faire un bond de trop. Très vite, elle comprit. Ses yeux noyés de vert lurent le nom du bar, inscrit en toutes lettres sur le mur d'en face. Elle manqua de s'étouffer.  « Retournes-toi discrètement et lis ce qu'il y a écrit. Et surtout, n’ai pas l'air surpris. » Bon sang qu'elle avait envie d'éclater de rire. Un bar gay, bah tiens. Ils allaient s'amuser.
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MessageSujet: Re: so shut up, live, travel, adventure, bless and don't be sorry. (swan) Dim 13 Juil - 23:00


" The only people for me are the mad ones, the ones who are mad to live, mad to talk, mad to be saved, desirous of everything at the same time, the ones who never yawn or say a commonplace thing, but burn, burn, burn like fabulous yellow roman candles exploding like spiders across the stars." on the road

Zadig avait rencontré Swan au détour d'un bar bondé, secoué par une musique trop forte. Sous les spots colorés du Burlesque, il avait aperçut cette crinière brune se trémousser contre la nuque de sa propriétaire, occupée à secouer ses longues gambettes sous les yeux captivés d'une mare bruyante de spectateurs. Il attachait une importance particulière aux circonstances, les premières impressions avaient cet art divin de s'imprimer dans les cœurs et les esprits, en le sien elles se marquaient tout particulièrement. Et cette fraîcheur euphorique qu'on lisait sur ses traits fins, alors que sous sa peau caramel ses muscles roulaient au rythme de la musique déchaînée, avait laissé dans son esprit une empreinte teintée d'une poésie qui était désormais propre à Swan : cette délicatesse aux allures rustres qu'elle savait dompter. Il l'avait observé de loin, se trémousser sur des airs de Charleston en faisant voler les volants scintillants de sa courte robe, tout en sirotant distraitement un verre de mojito, accoudé au bar, son visage découpé de grandes taches d'ombre. Ils ne s'étaient pas parlé cette soirée-là, sans doute ne l'avait-elle pas remarqué, cette silhouette carrée assise au bord d'un haut tabouret, occupée à ingurgiter un alcool sucré. La semaine qui suivie, il revint dans cet havre de frénésie gaie, contempler une nouvelle fois la chair satinée de la danseuse aux lèvres magenta, esseulé dans sa tranquilité. Des jeunes filles faisaient reluire leur talent provocant devant la mélasse de corps las qui abreuvaient le spectacle de leur attention joyeuse. Mais sur le parquet ambré de la scène manquait la figure bronzée de mademoiselle Cartwright-Hansen, qui, campée sur son siège surplombait avec sa nonchalance sublime l'instant. Zadig s'était approprié le seul siège vide à sa gauche, avait commandé un whisky et trois glaçons et s'était laissé pénétrer par la musique. Tel que l'alcool sait délier les langues, deux regards de croisant les avaient conduits, inconsciemment, à une longue nuit de discussion, accoudés au comptoire, à se conter mille et une folie, à rire, faire la moue, et avaler au détour d'une phrase le contenu de son verre. Et ces premiers bavardages tardifs n'avaient pas été les seuls, ils s'en était suivi une copieuse tournée de soirées comme celle-là, écoulées à se raconter leur vie décousue, à apprendre à apprivoiser l'inconnu qui faisait face. Des échanges truffés de futilités qui faisaient gentiment pouffer, et d'un autre côté de paroles plus profondes, de souvenirs dilués par un temps assassin, souvent marqué par un visage maternel. Ce fut l'appel triste de deux âmes bouillonnantes qui mena à ce duo incongru. Voilà comment on arrivait par un chemin limpide de simplicité à cette formation si complexe de deux personnalités tempétueuses groupées. Ils s'étaient compris, en sachant analyser l'un et l'autre dans leur entité, composée de plusieurs facettes, qui se mêlaient et créaient ce qu'ils étaient. Des ouragans. Et ils étaient fiers de ce qu'ils étaient, malgré leurs travers, leurs coups tordus, et cette étincelle délurée dont ils savaient s'habiter. Alors partir avec elle, dans cette Buik qui en avait vu passer des kilomètres, rien ne lui avait semblé plus naturel. Mademoiselle Swan était compliquée, et il se savait l'être tout autant. « Swan Cartwright-Hansen à l'heure ? Ce serait bien une première. » il leva les yeux au ciel avant de les déposer sur le rectangle de carton qu'elle serrait sous sa manucure impeccable. « Je te le fais pas dire. Pour te faire monter là-dedans, il jeta un coup de menton vers la bagnole contre laquelle il était adossé, j'exigerais au moins que tu l'enlèves complètement. » sur ce point, tous les hommes s'accordaient, la sud-africaine s'était toujours vêtu d'une beauté vagabonde qui en faisait craquer plus d'un. Et ceci dit, toutes les femmes s'accordaient sur le fait que Zadig aussi était, indéniablement, un sex symbol adulé. Outre son statut d'héritier d'une fortune colossale, qui lui conférait, il fallait l'avouer, une classe smart, il s'était payé le luxe d'avoir une si belle gueule qui faisait fondre ces dames et qui aurait presque pu rendre le pull noué autour des épaules sexy. Non seulement seuls ils représentaient la beauté cérébrale issue de cette aristocratie élitiste, mais à deux ils étaient un assemblage resplendissant. Et fiers de l'être, qui plus est. « Ça va, ça devrait pas trop me changer de d'habitude. » glissa-t-il alors qu'elle l'avertissait des effets de néfaste de sa présence côté passager. « OK, elle était facile celle-là. » consentit Zadig à avouer. Il glissa sa main dans la poche de son perfecto et en tira une paire de Marc Jacobs flambant neuves, qu'il déposa sur l'arête de son nez régulier. Le Rosenbach se saisit de cette élégance virile dont il se drapait avec constance et laissa ses grands yeux noisette se perdre dans un ciel terni par les deux vitres ambrées dont il avait coupé son regard. Il s'engonça dans le cuir marron du siège conducteur et déposa son étreinte fiévreuse sur le volant. Le paysage attirait ces deux cœurs aventureux, tout autour d'eux convergeait en un seul point, un seul appel affamé ; la route. Logés dans le creux brûlant de la Californie, l'asphalte déroulant son tapis anthracite au milieu de ces plaines à la beauté sauvage, ils allaient se laisser enivrer par le ronronnement doucereux de la voiture et continuer de rêver monts et merveilles en débitant leurs longs discours à la poésie maladroite, un peu rude, la clope au coin des lèvres. Zadig prit une grande gorgée de cet atmosphère chauffé par la fournaise californienne et il laissa enfler son excitation, ficelée à son cœur, vivifiée par ses battements. On lui avait offert tant de chose, dans de milliers de dollars scintillants s'étaient reflétés à travers des objets hors de prix, mais jamais il n'avait pu goûté à la sensation folle d'être ivre de liberté. Et, tel que le timbre rocailleux de sa fumeuse aux cheveux chocolat le lui avait ordonné, ils roulèrent tout droit sur plusieurs kilomètres, en épuisant les vieilles enceintes de l'auto, hurlant les notes ensorcelées de Ray Charles, délivrant sa voix grave à tout ce calme rutilant qui les enveloppait comme un coton compact et libérateur. Ils filèrent le long de la vue spectaculaire, le moteur accompagnant les vieux airs fredonnés par cette figure noire. Ils continuèrent de découvrir de plus près un horizon prometteur qu'ils s'étaient toujours contenté de fixer immobiles. Jusqu'à ce que la voix claire de Swan s'élève plus distinctement dans l'entremêlements confus de notes de musique et de réflexions prononcées à voix haute, partagée dans cette intimité ouverte sur le monde désert. Il s'arrêta sur le bord de la route, descendit de la vieille Buick à la carrosserie brunie par la poussière ocre soulevée sur leur passage. L'enseigne éteinte surplombait une petite porte de verre flanquée d'un panneau de métal aux lettres tracées dans un rouge foncé, aux airs manuscrits. « OPEN ». Il entra à la suite de l'audacieuse silhouette de son binôme d'un temps. Ils s'approchèrent du comptoire où un homme barbu adressa un large sourire à Swan. Zadig s'approcha à son tour, progressant sur le carrelage à carreaux blancs et rouge à travers ce décor aux airs antiques. Il sortit son portefeuille en cuir devant cette plèbe alcolisée dès la fin de matinée qui constituait une partie intégrante de l'atmosphère libre de cette aventure à travers les ères. Entre les billets siégeaient deux polaroids pris pas plus d'une heure auparavant, sur lesquels Swan et lui, emprisonnés dans leur monstre de fer défiaient la distance, elle souriait de toutes ses dents devant l'objectif tandis que lui lui jetait un regard amusé en tirant une taffe sur sa cigarette, une main distraite s'attardant sur le volant. Il déposa un billet de vingt dollars sur le comptoir tandis que son acolyte se saisissait des deux demi de bière qu'on leur servit. « Gardez la monnaie. » fut les seuls mots qu'il lâcha devant cette assemblée matinale qui se taquinait à grands coups de tapes dans le dos. Le bel aventurier s'assit en face de la brune et déposa ses longs doigts contre le verre froid. Il ne réussit pas immédiatement à capter le regard vagabond de Swan qui voletait d'un objet à l'autre à travers cette antre old school qui survivait aux années, et quand enfin les grandes iris vert-d'eau vinrent se planter à travers les siennes, il perçut ce sourire rieur qui s'arqua sur le bas du visage de la demoiselle. Il n'eut pas le temps de poser de question qu'elle lui soufflait discrètement quelques mots. Sa tête pivota, son visage peint d'une neutralité feinte se tourna vers l'enseigne. En une seconde, il comprit. Un bar gay. Il comprenait mieux les longs regards qu'il avait sentit dégouliner sur son jean en passant. Il étouffa un gloussement. « Tu vas me le payer. » siffla-t-il, le sourire aux lèvres. « Il y avait un message personnel caché ? Parce que je suis tout ce qu'il y a de plus hétéro. Si tu as des doutes là-dessus, je n'hésiterai pas à te le prouver. » chuchota-t-il. Evidemment, qu'elle n'y était pour rien dans ce théâtre comique qu'ils jouaient, mais il se sentit obligé de continuer de lui parler, pour éviter de sentir le malaise pesant ou le fou rire proches. « Catwright-Hansen a décidé de me caser ! Et avec un mec, en plus ! » lâcha-t-il, sans se défaire de son large sourire. Il but une nouvelle gorgée de bière fraîche et croisa le regard de la diablesse. Il suffit de ce contact visuel et il déposa son verre, étouffa le premier éclat de rire mais ne put retenir les autres. Au milieu de ce silence perplexe, ils explosèrent de rire, laissèrent leurs exclamations remplirent le silence. Le fou rire secouait les deux corps qui se tortillaient sur leur chaise, aussi absurde que cela eu pu paraître, ces deux figures érudites libérèrent leurs éclats de rires et continuèrent d'insuffler une vie frénétique à ce bar esseulé au bord de la route 66.
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Swan Cartwright-Hansen
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MessageSujet: Re: so shut up, live, travel, adventure, bless and don't be sorry. (swan) Dim 27 Juil - 22:24

ray charles + natalie cole, fever


' The trip was to be an odyssey in the fullest sense of the word, an epic journey that would change everything '
• • • • • •
Tous les regards fusèrent sur leurs deux corps étrangers autour de ce tableau d'éternels habitués. Peu ordinaire pour eux, sans doute, de recevoir par ici de si jeunes clients venues s'hasarder sur cette route où le nombre de voitures ne dépassent guère la dizaine à la journée. Ce bar, situé au bord de la  mythique route 66, possédait encore le style carmin des années vingts. Symbole d'une époque où la liberté secouait les femmes d'une Amérique fermée et puritaine, désireuses de plaire et d'être aimé à leur manière dans un univers dominé par les hommes. Les lumières tamisées accrochées au plafond ajoutait une sombre ambiance électrisante où se mariaient parfaitement extravagance et élégance. C'était exactement comme dans les grandes villes urbaines du pays, à l'exception qu'il n'était pas rare de croiser des types déjà bien éméchés à peine les douze coups de midi sonnés, en train de bavarder dans un océan de fumée de tabac. Pour la première fois depuis de longs mois, cette petite bâtisse perdue au cœur des montagnes californiennes accueillait de nouveaux clients, si charmants et séduisants soient-ils, et qui ne manqueraient pas d'immortaliser leur passage. Au centre de toutes les attentions environnantes, les deux étudiants insufflaient tout autour d'eux leur fougue naturelle, imposant à ces murs dont le bois défraichi traduisait le poids des années passées, leur soudain fou rire exalté. Bien que si modestement vêtus, l'un comme l'autre resplendissait d'une beauté foudroyante, celle d'une jeunesse sans prise de tête qui ouvre grand les bras à ce que le monde a crée de plus beau sur Terre. « Sait-on jamais. Rien ne me dit que tu n'as pas changer de bord, Rosenbach. » réussit-elle à marmonner entre deux souffles, avant de siroter une gorgée de bière blonde dans l'espoir de reprendre un temps soit peu, un minimum ses esprits. Swan, quand elle était partie dans ses délires de vieille dame moitié cinglée, c'était foutu. Elle était du genre à prendre trois plombs pour s'arrêter de ricaner, et quand bien même elle y parvenait, elle n'avait qu'à croiser le regard rieur de son acolyte pour retrouver tout ses éclats. Alors autant dire que pour retrouver pleinement son sérieux, elle n'eut pas d'autre choix que de boire d'une traite le fonds encore bien rempli de son verre. « Tu devrais peut-être tenter, genre juste pour voir. Si ça se trouve, ça te plairait. » Sa voix étouffée retint de justesse quelques rires au fond de sa gorge, alors que dans le même temps, elle se mordilla délicatement l'intérieur des joues, veillant à ne pas remuer les traits de son visage pour éviter un nouveau fou rire. Un court instant d’accalmie s'amorça. Elle en profita pour jeter un bref coup d’œil à travers la salle. Sans surprise, Swan constata que la petite assemblée matinale continuait de les scruter avec insistance, comme s'ils étaient deux appâts à dévorer sur place. Les clients ne s'attardaient même plus sur leur boisson du jour, totalement obnubilés par leur présence. « Dans le genre discret, j'crois que c'est foutu. » conclu t-elle en observant les collines asséchées qui longeaient la route déserte. Mais quoi qu'ils puissent en dire, ce n'était pas dans leurs habitudes de passer inaperçus. Pétillants de folie, Swan et Zadig étaient deux êtres au charisme inébranlable. Ils faisaient frémir le monde entier par leur beauté, ils pouvaient avoir qui ils désiraient à leurs pieds. Sans le vouloir, ils étaient à eux deux un spectacle ambulant capable d'embraser tous les désirs. A croire qu'ils se fondaient  parfaitement dans ce décor rétro. Alors qu'elle s'apprêtait à commander un deuxième verre, la silhouette d'un jukebox se fondant parfaitement dans le décor très rétro des lieux capta son attention. « Tu as vu ça ? » qu'elle s'exclama à la fois émerveillée et curieuse de s'en approcher. Cela faisait des années qu'elle n'avait pas eu l’occasion d'en apercevoir, elle qui mourrait d'envie d'en avoir un depuis l'enfance. Swan était une vraie passionnée, tout ce qui se rattachait de près ou de loin aux années folles l'intéressait. Les yeux grands ouverts comme ceux d'une petite fille éblouie par les joies simples de la vie, la jeune vagabonde se leva de sa chaise et se précipita comme une gamine sur la vieille machine. Ses doigts effilés glissèrent aisément sur les petites touches ovales pour sélectionner un morceau de musique. Et elle tarda pas à trouver son bonheur. Une reprise ensorcelante de Fever par Ray Charles, accompagnée d'une irrésistible Natalie Cole. Un sourire extatique se forma joliment sur son visage lorsque les premières notes se mirent à résonner. Poussée par un élan de folie, Swan alluma une cigarette en rejoignant après quelques pas une petite scène légèrement éclairée par des néons écarlates. D'une main décidée, elle attrapa un micro à pieds et commença à susurrer les paroles de cette chanson légendaire. Certes, elle n'avait rien d'une grande chanteuse et ne s'était d'ailleurs jamais revendiqué comme telle, mais il fallait bien avoué que sa jolie voix emprisonnait un grain de séduction capable de faire craquer n'importe quel homme. Au summum de l'élégance, la sud africaine s'amusa à jouer de ses atouts, en déboutonnant un par un les attaches de sa chemise à l'aide de son pouce et son index. Petit clin d’œil à la remarque ô combien amusée du Rosenbach quelques heures plus tôt. Sans cesser de chanter, elle lui adressa un sourire, ignorant les sifflets étouffés des uns et les œillades complices des autres. Qu'il était beau ce sourire, source d'attrait et de grâce, comme on en croise une ou deux fois dans sa vie. Un sourire à mettre n'importe qui sur les fesses, en se focalisant uniquement sur vous comme s'il vous accordait un grand privilège. Un éclair de feu dansait dans ses yeux. C'était dans ce genre de situation que se révélait toute l’ambiguïté de leur relation : entre Swan et Zadig, c'était du style ' platonique ' comme certains disent. Ils savaient qu'ils se plaisaient, et en jouaient l'un et l'autre sans jamais franchir le pas. Ce jeu de séduction ne les a pour l'heure pas encore trahi. Un peu comme le jeu du chat et de la souris, ils se courent après depuis des années mais ni elle ni lui n'est parvenu à s'attraper pour de bon. Des trainées de fumée grise s'échappèrent au-dessus de sa chevelure brune alors qu'elle continua de entonner un voluptueux « fever », le regard toujours plongé dans les yeux du prince de Vegas. Sa chemise blanche entièrement déboutonnée, ne laissait  pourtant entrevoir qu'une petite partie de son ventre à la peau brune, et parfois, l'ombre de son nombril sans jamais basculer dans la vulgarité. Tout était dans la finesse et l'ingéniosité, un jeu d'enfant pour une habituée comme elle de la scène. A la fin de la chanson, une pluie d'applaudissements fit trembler les tables des clients et assourdir les oreilles des spectateurs. Swan salua le public tout à sa cause en pleine effervescence et effectua une révérence pleine de grâce avant de retourner à sa place. Zadig, toujours assis, avait l'air de n'avoir raté aucune miette de la scène. « Tu sais, tu peux très bien être hétéro, elle acheva de reboutonner sa chemise au niveau de sa poitrine, et ne pas être intéressé par ces trucs-là. » Le coude posé sur la table, elle tira une nouvelle bouffée de cigarette et envoya des nuages de fumées vers le plafond. « Ahhh ! Tu veux me prouver que tu es à cent pour cent un grand amoureux des femmes ? Et comment comptes-tu t'y prendre ? » A moins de tomber sur une perle rare, toutes les filles de ce bar étaient à priori des lesbiennes assumées et n'avaient d'yeux que pour elle. Et il va s'en dire que sa petite performance musicale ne les a pour le moins pas laissé insensibles –  à en juger les regards complices que certaines d'entre elles se pressaient de lui lancer – La mine insouciante, Swan tâcha de les ignorer en se cachant derrière son verre qu'on lui avait gentiment rempli, sans doute pendant sa prestation. Certes, il lui était arrivé au cours de soirées étudiantes bien arrosées d'échanger quelques baisers avec des filles, elle devait se rendre à l'évidence : elle n'avait pas encore assez bu pour répondre à leurs avances. De toute façon, ils n'allaient pas tarder à se casser d'ici, qu'elle se disait. Déjà, elle avait envie de reprendre la route. Et cette fois-ci, ce sera elle la pilote. « Je pourrais bien t'aider, elle laissa son index doucement frôler le plat de sa main histoire de mettre fin aux espoirs cachés des autres clients avant de se raviser à la dernière minute, mais... je vais t'laisser te démerder. »
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MessageSujet: Re: so shut up, live, travel, adventure, bless and don't be sorry. (swan) Mar 5 Aoû - 13:08


I want to go on a road trip, just you, me, the high way and the radio. The blue sky, the black roads and the windows down. We'll talk about everything and nothing. And we'll sing our hearts out. And we'll make memories we'll never, ever forget. just you and me.

Il y avait cet accueil muet, ces regards posés sur eux dans lesquels ne tourbillonnait plus aucune hostilité. C'était une invitation silencieuse, ils regardaient ces deux corps étrangers avec une bienveillance perplexe, mais leurs cœurs leur clamaient venez, venez dans l'antre des être égarés. Et ils étaient fiers de rejoindre une masse bruyante et docilement alcoolisée. Zadig laissait ses doigts parcourir les boutons nacrés de sa chemise, il vérifia discrètement qu'il ne laissait pas trop de chair exposée aux yeux brûlants. C'était la poésie du lieu qui surprenait, derrière les demi de bières blondes et les marcel blancs des mecs appuyés au comptoir, il y avait l'éclat argenté des souvenirs, le fantôme bleuté d'une autre époque, dansante et chantante, qui vivait à travers cette bicoque accoudée à la route 66, toute raffistolée qu'elle était. C'était comme un brouillard invisible qui léchait les murs, les meubles, qui affleurait du parquet, qui serpentait entre leurs corps exsangues, un brouillard avec les parfums d'une autre époque, ceux des années folles. Ils étaient entrés en territoire accaparé par les réminiscences délurées, dévoilées à leurs yeux purs. Zadig se sentait bien ici, malgré le ridicule du lieu, malgré cette ambiance incongrue qui flottait dans le bar gay, il se sentait reprendre une énergie volée à son corps. Cela faisait trop longtemps qu'il carburait à rien, il moulinait dans un vide couleur nuit, il avait puisé son énergie dans sa chair, il avait râcler dans sa matière première, dans lui ; son corps épuisé qui hurlait à la mort, sans ressources, démuni par la vie. Il avait eu envie de leur dire regardez, regardez comment je puise dans mon être, dans mes atômes pour fonctionner, pour faire tourner tout ça. Maintenant il se nourrirait de ces images scintillantes de promesse, il ne marcherait, penserait, travaillerait, ne vivrait que grâce aux polaroids dérobés à la vie joueuse par Swan. « Moi ? Changer de bord ? T'en as de l'imagination, Swan. » il lui envoya son plus beau sourire, encadré par sa barbe de deux jours aux reflets cuivrés. Ses grands yeux plantés dans les siens, il repensa à ce tableau tempétueux qu'ils avaient l'art et la manière de peindre quand ils étaient ensemble. Alors oui, avec Eileen il se sentait capable de n'importe quoi, mais ce pouvoir exacerbé dans son esprit était surtout crée par son rapports aux limites, aux frontières de la raison. Mais avec Swan, c'était son rapport à la liberté qui lui permettait ces folies rieuses qu'ils réalisaient la clope au bec. Il se taisait devant la beauté vagabonde qui l'observait, ils se connaissaient de travers, sous des angles différents de ceux qu'on expose d'habitude. Il connaissait le cancer de sa mère, sa passion pour les années 20, il la voyait d'un œil prudent mais aventureux. La où les autres ne connaissait d'elle que ses gala, la bougeotte effrénée de ses parents et les photos de mode qu'elle faisait était petite, lui connaissait le fond de Swan. Alors non, il n'en avait pas découvert toutes les contrées, toutes les nuances, mais il avait réussit à faire frémir une partie de l'entité complexe qu'elle était et il se disait que c'était déjà pas mal. « Faudrait déjà que je trouve un partenaire à ma hauteur, c'est pas une mince affaire. » siffla-t-il. Le timbre rauque, rocailleux il se laissa tomber en arrière, il s'engonça contre le dossier inconfortable de sa chaise en sirotant sa bière, happé par l'air léger et les rumeurs alentours... ces bruits futiles qu'il apprenait à savourer. Il songea que c'était plaisant, vraiment, cette tranquillité singulière qui leur était offerte dès leur arrivée. Après les kilomètres avalés au volant d'une vieille Buick vert-d'eau au métal bruni par le vent rayeur et les années rieuses, ils avaient droit au réconfort dissonant de cet antre paisible imbibée d'alcool et de tabac. Ces plaisirs simples n'avaient rien à voir avec les habituels siens. Les couleurs sépia s'éloignaient tellement de cette débauche dorée qu'il s'offrait constamment, perché sur un fauteuil, maître du champagne et des plaisirs pulvérulents, les seuls qu'il ai jamais su apprécier. Cette folie infuse qui s'était emparée de lui, comme un poison s'infiltre dans les veines, répandu par une sud-africaine aux allures de princesse lui insufflait une force irisée, c'était comme une onde tiède qui se répandait dans son corps. Et il savourait. Quand le rire les pris comme l'ouragan avale la terre, les muscles contractés, le souffle court, il avait entendu le brisement de ses chaînes. Il avait suffit d'un contact visuel, l'engrenage s'était enclenché et ça avait été comme un chant lyrique, ces petits éclats de bonheur qui avaient éclaboussé la fournaise californienne. Et ces étincelles dans leurs yeux, et cette expression dénouée qu'ils avaient eu, il s'était lavé du discours prosaïque déversé sur eux comme une poisse ébène durant des mois entiers, il s'était ouvert à la poésie du monde. Le calme s'était imposé tout doucement, il le fallait bien, il sentait les regards intrigués brûler le tissu bleuté de sa chemise. A peine avaient-ils recouverts une respiration plus lente, à peine le rythme s'était-il éteint en ne laissant pour seule trace que leurs sourires bêtas, que mademoiselle Cartwright-Hansen se levait de sa chaise, serpentait entre les tables ambrées inondées d'une lumière sanguine. Les galbes de sa silhouette se dandinaient, offerts aux yeux curieux, ses hanches se balançaient gracieusement, ses longues jambes satinées enchaînaient les petits pas empressés, lancée vers ce monstre de métal donc la silhouette adossée au mur crémeux attirait la princesse de la route comme un aimant. « C'est juste un jukebox, Swan, keep calm... » mais elle était déjà partie caresser la surface d'acier de l'engin, en louchant dangereusement sur les boutons, prête à faire rugir cet ancêtre dans l'enceinte du bar. Les jeunes femmes attablées se manquaient pas de repasser leurs regards encore et encore sur ce corps électrique agité devant une telle rareté. Amusé, il suivait les longs doigts rouges de la demoiselle s'agiter au dessus du vide, ondulant avec une élégance aristocratique au dessus des ovales blancs. Quel morceau déverserait ses notes dans les prochaine seconde ? Swan, avec son inconscience charmeuse tenait la plèbe alcoolisée en haleine, tous s'attardaient sur ses doigts indécis qui dansaient dans le néant sans rien toucher de solide. Elle prenait un soin particulier à créer l'atmosphère délurée qu'elle affectionnait tant, le spectacle ne faisait que commencer. Le rythme enivrant de Fever de Ray Charles et Natalie Cole emplit l'air de son rythme flegmatique. Les voix commencèrent à s'élever en même temps que la fumée grisâtre de la clope de la sud-africaine qui marquait le rythme délicatement en secouant sa taille d'un côté à l'autre, s'approchant d'un air de défi d'une vieille scène éclairée d'un halo carmin. Une main pour sa clope, l'autre pour le vieux micro esseulé au milieu des planches. Un sourire amusé aux lèvres, il leva les yeux au ciel quand elle commençait à déboutonner silencieusement les boutons de sa chemise, l'ouverture sur sa peau caramel s'échancrant, dévoilant plus encore les teintes hâlées de sa chair. Ses longs cheveux trônaient autour d'un visage rayonnant de provocation, quand elle entonnait cet air qu'elle aimait tant. D'une voix au grain délicatement fascinateur, elle planta ses grands yeux verts dans les siens, continuant de s'agiter au rythme divin de la ritournelle vintage, tirant quelques rapides bouffées de nicotine et recrachant une fumée anthracite au dessus de sa tête, son visage baignée de la lumière rouge. Il n'en démordit pas, il suivit son regard, arcquant un sourcil parfois. Il se délecta de son impudeur qui teintait la prestation de sa beauté sauvage. Il baissait quelques fois les yeux vers son ventre dénudé, vers l'ombre suggéré de son nombril et le bas de son visage se peignait d'un bref sourire carnassier. Le jeu de la séduction s'était instauré depuis longtemps entre eux deux, c'était un accord tacite prononcé à demi-mot dans la chaleur doucereuse du burlesque, c'était un serment inéluctable, une chasse prude sans contacts, même si les mains lui brûlaient. Ils se séduisaient mutuellement, savaient se plaire et tournoyaient encore et encore dans cette valse avec l'indécence sans jamais franchir le pas redouté. La musique mourut dans une salve bruyante d'applaudissements. Les gens avaient les yeux pleins d'étoiles, et auréolée d'une grâce pailletée, sa vagabonde le rejoint, se plantant bien en face de lui, ses mains jouant habilement avec les petits boutons de sa chemise. « Oh mais qui te dis que je ne m'y intéresse pas ? C'est juste que je préfère regarder les gens dans les yeux quand je leur parle... » il appuya ses mots d'une oeillade malicieuse plantée bien au milieu de celle de sa coéquipière, puis fit mine de descendre sensiblement les yeux vers sa poitrine avant de les remonter précipitamment vers son visage, le sourire aux lèvres, espérant que le message était passé. « Te prouver que je suis bien hétéro ? » il glissa un léger sourire sur ses lèvres fines mais sanguines, passa une main dans ses mèches cuivrées et se leva se son siège, sa chemise le drapant, les manches retroussées, dévoilant ses bras bronzés parsemés de poils blondis par le soleil. Il s'humecta les lèvres. « Je vais voir ce que je peux faire... » lui souffla-t-il en lui prenant sa clope des mains et tirant une longue taffe dessus. Gardant la cigarette fumante calée entre ses lèvres, il se dirigea à son tour vers le jukebox. Il fit pianoter ses doigts dans le vide, cherchant une chanson qui pourrait lui convenir. Au milieu des morceaux des années vingt trônaient quelques morceaux qui l'intéressaient. Il avait envie de s'amuser un peu, il recracha une haute colonne de fumée emmêlée en arabesques qui tournoyaient autour de son visage concentré. Son doigt pressa un bouton et la musique emplit l'espace, les guitares et la batterie rugirent dans le calme griffé des voix rauques des habitués. Le patron, un cinquantenaire bedonnant observait la scène de derrière son comptoir, curieux de savoir ce que les deux amoureux de route leur réservait encore. L'héritier enchaîna quelques pas élégants, toujours avec son détachement provocateur sur le visage, tapant parterre avec son pied pour marquer le rythme, pliant les genoux, la tête tournée vers le sol, se concentrant sur la manière dont il dansait le rock sur la chanson Born to be wild des Steppenwolf – il n'avait pu trouver que ça. Il retourna vers Swan, son regard bien planté dans le sien, l'électricité passant à travers le contact. « Lèves-toi. » il ordonnait. Devant son hésitation, il s'emparait de sa main tiédie par son précédent passage sur scène. A peine debout il la soulevait du sol et se pressait vers la scène. Il la déposait face à lui, leurs deux crinières châtains hirsutes, leurs deux visages souriants, éclairés par cette lumière rouge sous laquelle les lèvres mauves de sa fumeuse bien aimée se fondait dans sa peau dorée. « Si madame veut bien m'accorder cette danse. » plus qu'une invitation, une affirmation. Il s'empara de sa main. Le vernis rouge disparaissait sous cette océan de couleur semblable. Et ils dansèrent, sur cette toute petite scène il la fit tournoyer, ses longues mèches brunes ondulaient, quittaient ses épaules et se déployaient dans un air chargé de souffles déchaînés. Il la fit tourner, la retourna, la plaça dos à lui, un, deux, trois, nouveau tournoiement dans la chaleur poussiéreuse, regards croisés, pas effectués, alors qu'il chantait à son tour de sa belle voix rocailleuse « … lookin' for adventure, and wathever comes away, yeah darlin' go make it happen... » oeillade complice, les mouvements effectués, gracieux mais sauvages, avec l'énergie de la liberté, alors qu'elle riait, qu'elle pétillait devant cette effervescence qu'elle recouvrait de nouveau après une minute de répis entre deux sauts sur la scène. Ils sentirent la fin de la chanson venir, il accéléra le pas et finalement la renversa en arrière. Un nouveau tonnerre d'applaudissements s'éleva devant ce final qui sonnait comme une promesse, c'est juré, ils fallaient qu'ils reviennent. Les hommes dévoraient la musculateur éclairée de rouge du prince de Vegas et les femmes le corps galbé écroulé dans des bras puissants. Tout doucement, il se pencha vers elle, ses lèvres à un minuscule centimètre de son oreille. « Toujours pas convaincue ? »
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MessageSujet: Re: so shut up, live, travel, adventure, bless and don't be sorry. (swan) Lun 11 Aoû - 1:24

“ . She's the places that she has a desire to visit,
she's the pieces of quotes that are splattered in ink in her favorite books,
she's the road trips she hopes to go on ; she's the beautiful characters that mesmerized
her in her favorite books. she's full of dreams, and I hope they one day come true . ”  
—  alexa evangelista


lana del rey, driving in cars with boys
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« Oh mais qui te dis que je ne m'y intéresse pas ? C'est juste que je préfère regarder les gens dans les yeux quand je leur parle... » C'était déroutant, cette drôle de façon qu'il avait de la regarder avec sa paire d'yeux verts foncés. On aurait dit un lion enfermé dans une cage essayant d'amadouer sa proie pour l'attirer entre ses griffes sauvages. Zadig est malin, bien plus malin qu'elle pour le coup : il sait comment la troubler et y parvient avec un énorme succès. Histoire d'appuyer ses paroles par des actes concrets, il laissa son regard d'enjôleur se poser sur ses yeux mystérieux, puis il fit mine de mater l'encolure échancrée de sa chemise blanche, qui révélait les premières formes galbées de sa poitrine. Bon joueur le Rosenbach, tellement bon d'ailleurs qu'il lui cloua le bec. Prise au dépourvu, Swan se figea dans son petit sourire en coin avec ses deux adorables fossettes sur les joues. La bouche à peine entrouverte, elle ne lâcha  pourtant pas un mot. Pour être surprenant, ça l'était carrément. Non pas le fait qu'il se permette de la séduire ouvertement - ça faisait partie de leur jeu après tout – C'était plutôt dû à la manière dont il avait réussi à la faire taire. Elle pourtant connue pour être une pipelette assumée et grande déferlante de mots à la seconde. Là, et c'était bien une première, elle ne trouva rien à dire et resta bêtement à le regarder – l'expression '' dévorer des yeux '' serait même plus approprié -  comme les idiotes des séries télés incapable de prononcer quoi que ce soit, si ce n'est en bafouillant. Bordel ressaisis-toi, tu vaux mieux que ça, qu'elle s'ordonna en replaçant minutieusement une mèche derrière son oreille. Elle but une gorgée de son deuxième verre de bière blonde et parvint ainsi à détourner son regard du sien. Charmeur dans l'âme, Zadig lui adressa un délicieux sourire joueur, symbole d'un défi lancé qu'il semblait ravi de pouvoir relever. « Je ne demande qu'à voir. Surprends-moi. » Comme si elle ne l'avait pas encore été, tiens. L'air amusé à l'idée de se prêter au jeu, elle le vit se lever de sa chaise, puis, se pencher délicatement vers elle pour lui chourer avec audace la clope qu'elle avait coincée entre son index et son majeur  - et dieu sait que chez elle, c'était sacré – Avant qu'il ne fasse volte-face, elle parvint de justesse à balancer  un nuage de fumée tout droit sur son visage d'ange. Une fois qu'il eut le dos tourné, elle en profita pour pester un « Enfoiré. » à peine audible certes, mais bien assez pour qu'il puisse l'entendre. A son tour, il se dirigea vers le jukebox sous les regards curieux des clients, impatients d'assister à l'acte II du spectacle offert gracieusement par leurs deux charmants visiteurs. Le temps de le laisser découvrir la playlist de l'engin, Swan se ralluma une cigarette. Bah quoi... elle n'avait même pas eu le temps de la finir, la sienne. A peine eut-elle envoyé son premier jet de fumée dans les airs que les notes électriques de la musique firent gonfler d'un seul coup les enceintes du bar. L'air  incendiant des Steppenwolf foudroya les lieux dès les premières secondes, renvoyant cette maison d'habitués dans la folie des années sixties. Devant un public déjà acquis à sa cause, le prince de Vegas improvisa des petits pas charmants sous le son grisant des guitares électriques. Les lumières rouges des projecteurs scintillèrent sur le vernis de ses chaussures, elles s'accrochèrent à sa silhouette de danseur, à son sourire de séducteur, faisant de lui l'attrait de toutes les attentions. D'un pas chaloupé, Zadig se rapprocha d'elle lui offrant sa main pour l'inviter à le rejoindre. Inviter ? Non, il lui avait carrément ordonné de se lever. Le truc, c'est que Swan, on ne lui obligeait à rien, c'était quand elle voulait et surtout, si elle le désirait. En aucun cas elle n'acceptait qu'on lui parle ainsi, et encore moins si cela venait d'un homme. Les bras croisés, sa bouche carmin laissa échapper une colonne de fumée de tabac en sa direction, mimant son mécontentement. Alors qu'elle s'apprêtait à lui répondre, il la prit de cours, s'empara de sa main, et l'attrapa entre ses bras pour l'emmener jusqu'à la piste de danse.  Il avait peur de quoi au juste ? Qu'elle s'envole ou refuse de l'accompagner ? Sans doute aucun des deux. Elle en conclut que cela devait faire parti du plan. L'un en face de l'autre, il en profita pour réitérer sa demande, cette fois-ci, en bonne et due forme. « Dis toi bien que tu as de la chance que je me sois levée. La prochaine fois que tu me donnes des ordres Rosenbach, dis adieu à ta belle gueule d'ange. » lança t-elle dans un sourire avec sa voix de féministe avant qu'il ne vienne presser sa main. Désormais, la scène leur appartenait. Elle dansait, et dansait encore, ondulant son corps divin au rythme de la musique. Et lui, autour d'elle, s'amusait à la faire tourner, virevolter dans tous les sens. Du regard ils se défiaient, basculant d'un pas à un autre sans ciller. Tout le monde les voyait, les admirait, en souriant. On ne pouvait détacher les yeux de telles beautés qui, il fallait bien l'avouer, allaient très bien ensembles. Avec son joli visage de pin up, Swan se laissa porter par la mélodie, chantant à haute voix, souriant aux éclats. Les dernières notes du refrain annoncèrent une fin imminente. Synonyme d'un bouquet final explosif. Zadig la fit tournoyer une dernière fois, l'attrapa par la taille, rapprocha à toute vitesse son corps du sien, et la bascula en l'arrière, une main derrière son dos. La salle explosa de joie. Les clients les applaudirent longuement, et des sourires qui s'apparentaient davantage à des désirs de passion s'élevèrent jusqu'à eux. Ils en redemandaient encore, ces deux-là suscitaient l'envie, créaient cette atmosphère surchauffée qui déchaînaient les passions. Une tournée générale fut lancé et le patron du bar s'en frotta les mains derrière le comptoir. Sous l'effervescence et l'euphorie des clients, il la gratifia d'un de ces regards enchanteurs dont lui seul avait le secret. « Disons tu ne t'es pas trop mal débrouillé pour m'ôter l'ombre d'un doute. » qu'elle marmonna, des éclairs dans les yeux. Pas trop mal ? Disons plutôt qu'il avait été excellent, mieux, il l'avait épaté. Jamais elle n'avait vu un garçon comme lui danser. Ça au moins, elle pouvait bien l'avouer. Une main posée derrière sa nuque, Swan se redressa et finit par remercier le public en ébullition. Elle adressa un regard vers la sortie. Non pas qu'elle s'ennuyait, mais la route les attendait. « Bon, et si on bougeait notre cul d'ici ? » qu'elle s'enquit en s'emparant de ses lunettes de soleil, coincé dans la poche de son jean, et qu'elle posa sur  la courbe fine de son nez. Elle n'attendit pas de réponse et s'engagea dès lors vers la porte d'entrée. Ils quittèrent les lieux, dans une ambiance bien plus assourdissante que celle qu'ils avaient connus. On les siffla de joie tout en buvant une pinte de bière, on les supplia de rester  mais trop tard, ils étaient déjà partis rejoindre la Buick, garée entre les deux seules voitures que comptait le parking du bar. « Au fait... je l'ai toujours su. Que tu étais hétéro. » avoua t-elle en sur un ton nettement plus sérieux. Arrivé le premier devant la porte passager, la jeune sud-africaine en profita pour se rapprocher de Zadig, l'obligeant même à reculer. Astucieusement, elle laissa sa main frôler son épaule, puis descendre le long de son bras. « Rien qu'à voir comment tu m'as regardé la première fois que l'on s'est vus... j'ai compris. » et elle parla, presqu'en chuchotant, avec cette voix devenue plus voluptueuse. Les yeux rivés sur lui, Swan continua de balader sa main tantôt sur ses doigts, son poignet, effleurant parfois son entrejambe. A deux doigts d'atteindre son but, elle profita d'un instant de faiblesse pour enfouir sa main dans la poche de son jean et y récupérer les clés de la voiture. « Attends.. tu t'attendais à quoi ? » qu'elle lui balança avec ce regard à la Uman Thurman dans la publicité pour Schweppes, le fameux '' what did you expect ''. Elle riait de joie, en brandissant victorieuse son précieux devant ses yeux.  « Bon dieu les mecs, si seulement vous réfléchissiez plus souvent avec votre tête plutôt qu'avec ce qui vous chatouille dans l'entrejambe ! » A grandes foulées, Swan regagna le siège conducteur et s'y installa comme si elle l'avait déjà fait des centaines de fois. Une main passée dans sa chevelure brune, elle attrapa le volant d'une main, et fit démarrer la vieille Buick en trombe de l'autre. Ce fut dans un nuage de poussière qu'ils partirent poursuivre leur périple à l'autre bout des frontières de la Californie. Le bruit criard du moteur se propageait à nouveau dans la tiède atmosphère de cette route. Fenêtres grandes ouvertes et stéréos montés au maximum, la vagabonde mangeait par moment le bas côté de la route, et s’immisçait parfois sur la voie d'en face, où fort heureusement, il n'y avait personne. Swan était une très mauvaise conductrice, dépassant aisément les cent dix kilomètres heures là où il ne fallait frôler les soixante dix. Mieux donc valait-il s'accrocher durement lorsque l'on se trouvait en voiture avec elle. Cheveux au vent et soleil couchant, ils ont roulés toute la journée, s'octroyant quelques pauses entre deux bières. Ils savouraient cette liberté du temps, cette sensation de se dire qu'ils pourraient aller n'importe où ensembles juste en suivant leur instinct. Qu'il fasse jour ou nuit, les paysages  continueraient de défiler sous leurs yeux et ils n'en rateront pas une seconde. Le soleil déclinant à l'horizon, ils  finirent par s'arrêter devant un motel égaré sur le bord de la route. Bagages en main, ils louèrent une petite chambre situé au dernier étage. Dans un décor sommaire, la pièce n'était composée que d'une petite table avec une lampe de chevet et d'un immense lit double en bois de palissandre. Rien d'autre. Pas l'ombre d'un canapé qui n'aurait de toute évidence pas eu la place de rentrer. « Eh bien.. on va se contenter de ça. » déclara t-elle sur un air ironique, en se dirigeant vers la grande fenêtre de la chambre. Elle donnait sur un petit plan d'eau, éclairé par la lumière des réverbères. « J'aurai bien pris le lit pour moi toute seule, mais j'aurai eu trop pitié de toi. »
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MessageSujet: Re: so shut up, live, travel, adventure, bless and don't be sorry. (swan) Jeu 21 Aoû - 12:57

“He couldn’t undo the past, nor could he know how he had already altered the future. But that didn’t matter. What he really cared about was captured in the warmth of their interlaced fingers. What mattered was the life the two of them made together now.”

on the road again, angus and julia stone

Avec eux, la vie prenait un goût brûlant, tout devenait délicieusement jouissif, les paysages s'embrumaient des flammes de leur appétit intarissable pour le monde offert à eux. La tignasse décoiffée, les clopes fumées au coin du bec, les yeux dansant avec les couleurs d'un bar old school, leur petit bout de chemin les avait mené jusqu'au creux d'un monde pas tout à fait mort. Le dernier lieu d'une ère enterrée, animé par les vibrations amples d'un vieux jukebox. Le goût du houblon frais au bord des lèvres, les chemises blanches dévoilant des fragments de peaux hâlées, la foule bruissante murmurant au rythme de leurs gestes déraisonnés. Zadig logea ses grandes pupilles mordorées contre celle de sa vagabonde, profondément satisfait de ce silence tâché de son air discrètement interloqué. Il avait réussit à faire taire la grande Swan, l'éternelle bavarde qui clopait en vous contant mille et une fantaisies délicieuses sur un monde fauve qu'elle avait connu enfant, fille des panthère et d'une savane baignée d'un soleil couchant, petite fille africaine à la peau claire. Elle vous rabattait les oreilles de répliques cinglantes, entre deux rêves éveillés au beau milieu de la terre chaude des royaumes réculés. Alors il savoura sa victoire avec ce sourire en coin dont il avait le secret, peint sur une bouche humide d'alcool. Il se retint de lui asséner un cruel "et alors, on dit plus rien maintenant ?" mais il savait qu'elle saurait lui rendre la pareille en temps voulu. Elle le foudroyait de ses grands yeux verts griffés d'échardes dorées, l'oeil incendié de son orgueil piqué à vif. Ses longues lèvres mauves entrouvertes, Zadig reprit une gorgée de bière. Son tour venait de prouver son goût pour les femmes. Il se lècha soigneusement les lèvres de toutes dernière effluves d'alcool, s'empara d'une main distraite de la clope de mademoiselle Cartwright-Hansen, désinvolte dans sa grande arrogance. Elle le gratifia d'un somptueux "enfoiré" dont elle avait le secret, libérant une longue arabesque de fumée grise qui vint caresser les courbes du visage du Rosenbach. « Encore un truc qu'on a en commun, toi et moi. » lui siffla-t-il, affrontant le nuage anthracite les yeux ouverts. Grandes enjambées assurées jusqu'au jukebox, son jean serré moulant de longues jambes sculptées de muscles. Longue danse endiablée, main dans la main avec la sud africaine à la crinière ébène, yeux dans les yeux avec une beauté diablesse qui tournoyait face à un charme qui l'était tout autant. Il semblait lui avoir aisément prouvé ce qu'il cherchait à appuyer, son hétérosexualité exarcerbée dont personne à par elle n'aurait pu feindre douter. Il jeta un regard distrait au bar, ses yeux de frottèrent aux visages de tous ces clients qui avaient lâchés leur pinte pour contempler deux corps pantins du rock'n'roll. Zadig en était mordu, la férocité de la musique, son tempo nonchalant, rapide, ce fourmillement inassouvi qui grimpait le long de ses jambes quand les batteries lançaient les grandes salves de coups savants, retentissants, entremêlés aux notes d'une guitare électrique. Il se délecta de ce nouvel instant de gloire d'un tout nouvel accabi, tous ces regards envieux déposés sur eux comme une brûlure salace glissant le long de leurs peaux dorées. La lumière rouge les baignait du sang de la gloire, il se sentait enflé sous le plaisir simple de la scène. Avec Swan, la facilité du bonheur déliait les angoisses, il se sentait battre d'un coeur nouveau, parce qu'elle emballait son myocarde, le insufflait ce poison cristallin qu'était la folie des instants de bonheur volés. Les applaudissements cassèrent un silence frappé de leur arrogance rayonnante. Un trentenaire en blouson de cuir siffla un grand coup, lança une grande tournée générale et d'un regard complice, le gérant les remercia d'une oeillade qui voulait tout dire. Ils étaient ici chez eux. L'appel de la route réunissait les âmes errantes, et ces deux tornades violentées par la vie s'étaient trouvées une âme camarade au détour d'une vie jonchée d'une mélancolique banalité. Ils rirent devant l'enthousiasme euphorique qu'ils avaient déclenché. Zadig jeta un coup d'oeil à son acolyte, un regard pétillant d'une audace toute nouvelle. « "pas trop mal débrouillé" ? Je pensais pas que ta mauvaise foi était si grande, Cartwright-Hansen. » qu'il lui lançait, un large sourire bordant le bas de son visage rosi par ce dernier rock déchaîné. Il se sentait bien, une frénésie joyeuse s'était dtisillée à travers ses veines pendant qu'ils dansaient de cette façon sauvage qui se couplait avec celle qu'ils avaient de vivre. C'était leur charme corrosif qui éblouissait ce petit peuple amassé autour du duo, les yeux grands comme le firmament. Mais une impatience ténue disséminée dans leur sang chaud leur ramenait encore et toujours vers la route. Elle replaça ses lunettes de soleil sur le bout de son nez régulier et il en fit de même. Ils saluèrent, un sourire gai mais terriblement empressé sur les lèvres, serpentèrent entre ces gens qui les suppliaient de rester, frôlaient leurs bras de leurs doigts rugueux, les appelaient, mais leurs esprits étaient déjà partis le long de la route 66. La foule comment à se dissiper, la clameur retourna s'emprisonner entre les murs rougi par la lumière de ce bar qu'ils avaient éclairé de leurs présences irrévérencieuses. Il s'apprêtait à monter à bord de leur carrosse de ferraille quand le timbre rauque de la fumeuse s'éleva, sa voix emprunte d'un sérieux suave glissa contre son tympan comme une caresse. Il se retourna. « C'est bien de l'admettre, princesse. » il lui sourit, un triomphe retentissant bordait ses lèvres. Mais à mesure que le petit corps se dandinait devant lui, il sentit qu'elle n'en avait pas fini de parler et qu'elle voulait perpétrer ce match sans fin qu'ils jouaient depuis qu'ils s'étaient rencontrés. Ils en connaissaient bien trop l'un sur l'autre pour entretenir une saine amitié, leur cynisme la teintait de vermeil, ils s'aimaient bien ainsi, dans un duel continuel qu'ils disputaient sans relâche. Gare à celui qui le perdrait. Avec toute son élégance aristocratique, elle commença à laisser sa main traîner sur la peau du Rosenbach. Le bout de ses doigts glissant contre l'articulation de son poignet, descendant contre sa main, puis effleurant le jean de son pantalon elle s'attardait brièvement aux endroit les plus sensibles. Brusquement, elle recula ses longs doigts manucurés et les enfouit dans la poche arrière de son jean, se saisissant du petit trousseau où se trouvait la clef de la Buick, attendant ses maîtres. Elle s'esclaffa, il ne put que se fendre d'un large sourire amusé. Un partout, match nul. La belle Swan Cartwright-Hansen avait réussi, à son tour, à faire taire le grand Zadig Rosenbach. Ils détenaient chacun une douce victoire. Il remonta dans le véhicule, toujours ce sourire amusé avec quelques discrètes ombres honteuses sur les lèvres. Elle démarra, le monteur tout grondant et vrombissant qu'il était cracha une fumée opaque grise et ils s'élancèrent de nouveau contre l'asphalte tiède de cette fin de matinée. Les paysages se succédèrent derrière les larges vitres brunie par endroit d'une fine poussière grumeleuse. Ils roulèrent toute la journée, les cd s'enchaînèrent avec une fluidité percée de quelques entractes pour parloter à propos de ce monde enflammé. Ils étaient dans leur élément, la route, elle connaissait. Et lui, il commençait à connaître Swan et la magie que le monde libérait quand ils se laissaient aller à une folie délicieusement déraisonnable. Ils chantaient, usaient les pellicules du polaroid de la vagabonde, les pneus soulevant doucement de longs nuages bruns de poussières ocre. Il lui sembla, un instant, que ce qui les entourait était doux. Rien de comparable à cette agitation excentrique des grandes villes, le paysages les baignait gracieusement de sa lumière et les accueillait en son sein. Ils étaient libres et heureux. Ivres d'une joie étrangère, quelque chose que seule la route savait déchaîner dans les esprits. En fin de journée, quand l'astre soleil commençait à disparaître derrière un horizon nouveau, ils s'arrêtèrent dans un petit motel perdu au milieu de nulle part. Zadig avait toujours détesté ces endroit où le confort était une notion très approximative et où le luxe avait été dénigré, seuls survivants les investissements obligatoires. Ces établissements lui auraient toujours inspiré ce profond dégoût et il aurait encore préféré dormir dans sa bagnole si Swan n'avait pas été là. Tout avait pris de drôles de couleurs vives, il avait l'impression d'être dans un film et il se délectait de ces nouveaux instants dont il se repaîtrait jusqu'à ne plus pouvoir s'abreuver de quoi que ce soit d'autre. Il conservait ces grands souvenirs tourbillonnants de folie au creux de son esprit, comme dans une petite boîte en fer dans laquelle on aurait rangé avec ce soin tout particulier les derniers petits bibelots poussiéreux d'une vie antérieure. Il les serrait bien contre son cœur, il voulait s'enivrer de liberté jusqu'à en être entièrement imbibé. Il se sentait discrètement changer, personnage cruellement impie, l'illustre Zadig Rosenbach se défaisait d'un peu de son arrogante condescendance pour savourer ces moments de simplicité. Un fois passés à l'accueil, après s'être entretenus avec un maigre réceptionniste en tee-shirt gris, les cheveux gras mais souriant béatement devant la silhouette galbée de mademoiselle Cartwright-Hansen, ils découvrirent la drôle de pièce dans laquelle ils allaient devoir passer la nuit. Un lit double et une table de nuit. C'était tout. Les toilettes étaient au bout du couloir. Il se racla la gorge. « Je crois qu'on va être obligés. » il soupira doucement, laissa sa main passer sur le couvre-lit d'un drôle de pourpre délavé par endroit, jeta un coup d’œil inquiet aux plaintes jaunies par endroit. Il enleva ses chaussures et ses chaussettes et les jeta dans un coin. La moquette lui grattait la plante des pieds. Bon. Il songea à Eileen, aux hôtels luxueux dans lesquels ils avaient pu dormir, au Bellagio, aux voyages fabuleux, et il reporta son regard sur une pièce modestement meublée de meubles miteux. Swan savait mieux que quiconque déranger ses habitudes. « Trop aimable. » grinça-t-il. Face à un énième remarque cynique, il se refusa le calme et décida que c'était son tour de lui rendre la pareille pour celle alléchante scène rapidement brisée adossée à la Buick. Il fit mine de regarder autour de lui, l'air de chercher quelque chose. « Par contre... Tu te doutes bien que je ne peux pas dormir tout habillé. » il feint une petite moue embêtée. « Et... oh, mais c'est trop bête, visiblement nous n'avons pas de salle de bain dans notre chambre. Il n'y a que cette pièce là... » de nouveau, il feint l'embêtement très grossièrement, en secouant doucement la tête. « Je ne vois pas d'autres solutions, on va devoir se changer dans la même pièce... » il brisa son théâtre d'un large sourire amusé. Doucement, il fit glisser ses mains jusqu'aux boutons de sa chemise, les yeux bien plantés dans ceux de Swan, son sourire amusé flanqué sur ses lèvres sanguines. Un par un, il les fit sauter, plantant un regard amusé sur elle, les mains agiles s'agitant contre le tissu. Chacun son tour, songea-t-il. Sa chemise blanche entièrement ouverte dévoilait un torse lisse à la peau hâlée, les pans masquaient encore de blanc en un fin voile les contours de son ventre. Il s'en défit complètement, la jeta sur le lit. Torse nu, la lumière artificielle déversant de longs rayons jaunes sur les muscles saillant sous la peau dorée, ses mains descendirent vers la boucle de sa ceinture. Il prit l'air le plus innocent possible, arqua un peu les sourcils, comme s'il ne faisait rien de mal. Rien qui puisse entrer le moins du monde dans ce jeu de la séduction acharné qu'ils menaient avec acharnement. Ses longs doigts fins vinrent défaire la boucle de sa ceinture, puis il la glissa pour la sortir de tous les passants de son jean. Continuant toujours en feignant l'innocence, il fit sauter le bouton de son pantalon, un sourire naissant aux coins des lèvres. Il le baissa jusqu'aux chevilles avant de l'enlever complètement. Il jeta le vêtement sur le lit à son tour, à présent un large sourire déployé sur son visage carnassier. A présent en boxer noir Calvin Klein, son long corps musclé inondé d'une lumière jaunâtre, il contempla Swan, guettant une réaction. « Tu sais bien que d'habitude je suis très pudique - il eut un grand sourire. Mais on sait bien qu'entre nous il n'y a aucune ambiguïté, donc ce n'est pas un problème, n'est-ce pas ? » il la gratifia d'un grand sourire victorieux. A ton tour, Swan.
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Swan Cartwright-Hansen
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MessageSujet: Re: so shut up, live, travel, adventure, bless and don't be sorry. (swan) Mar 7 Oct - 22:26

' Hey Clark '', he said.’ Tell me something good ’. I stared out of the window at the bright-blue Swiss sky and I told him a story of two people. Two people who shouldn’t have met, and who didn’t like each other much when they did, but who found they were the only two people in the world who could possibly have understood each other. And I told him of the adventures they had, the places they had gone, and the things I had seen that I had never expected to. I conjured for him electric skies and iridescent seas and evenings full of laughter and silly jokes. I drew a world for him, a world far from a Swiss industrial estate, a world in which he was still somehow the person he had wanted to be. I drew the world he had created for me, full of wonder and possibility. - ME BEFORE YOU
▬▬▬  

Elle l'avait bien vu venir. Vous savez, l'archi-type du grand séducteur qui s'assoit à vos côtés pour commander un bon whisky, et accessoirement, pour vous taper la discute. Sous les néons carmin du cabaret où elle avait pris l'habitude de danser s'était pointé tel un ange égarré dans cet univers de luxure, la silhouette robuste d'un jeune homme. Zadig, qu'il disait s'appeler. Zadig Rosenbach plus exactement, comme si son nom de famille symbolisait à lui seul une dynastie royale. Sur le papier, il avait tout l'air du mec parfait. Un physique de tombeur, un sombre regard de désinvolture à la James Dean, et des liasses de billets que l'on verrait déborder délibérément des poches de son jean. En somme, un genre de prince charmant des temps modernes. De son côté, Swan ressemblait à une sirène voluptueuse dans une petite robe  noire ourlée d'une cascade de franges cristallines. Ses incontournables Mary-Jane aux pieds, elle jouissait d'une liberté de garçon, qui séduisait aussi bien qu'elle pouvait gêner. Au final, c'était simple : Elle, elle était la jolie fille du bar avec qui on aurait rêvé couché, Lui, le beau garçon du bar qu'on crèverait d'épouser. Ensembles, ils représentaient deux âmes effrontées, perdus sur le quai d'une gare, attendant le train qui saurait épargner leurs cœurs, déjà trop lourds et chargés de malheurs. Charmeur indiscutable dans son costume Armani, Zadig s'était adressé à la jolie fille du bar, sûr de lui, et sans savoir qu'il allait passer avec elle encore quelques instants de sa vie. C'était la première fois qu'elle l'avait vu, ce sourire là, pincé sur le coin de sa bouche, et empreint d'une folie démesurée. Le même rictus immaculé, qui bordait ses lèvres joueuses, à peine éclairée par les plafonniers de cette chambre d'hôtel. Swan, elle détestait ce sourire. Il voulait dire que les cartes du jeu étaient lancées. Et que cette fois-ci, elle n'aurait pas tous les pions pour gagner. D'un air faussement gêné, Zadig haussa les épaules, puis survola la pièce du regard en un quart de secondes. En tant que meneur de la partie, il se fit un malin plaisir à lui souligner l'étroitesse des lieux, et le manque d'intimité que cela pouvait engendrer. « On va devoir se changer dans la même pièce. » qu'il conclu, net. Pas d'alternative possible ni d'issue de secours en tête, et pourtant, la sud-africaine s'apprêtait à riposter mais à l'évidence, il l'avait encore devancé. Gestes minutieusement orchestrées, et visage taquin. Le digne héritier de l'empire Rosenbach sortit sous ses yeux toute son artillerie de bellâtre. Il commença par délaisser sa chemise blanche, quelque peu jaunie par la poussière, puis s’attela avec lenteur à la ceinture de son pantalon. Sa bouche carmin encore légèrement entrouverte, Swan resta incrédule, simple spectatrice, maudissant ce sourire narquois à l'effet ravageur, qu'il affichait sans retenu. Incapable de le quitter du regard, elle étudia attentivement chaque tissu de chair de cette silhouette romaine. Si son visage jouissait d'un charme désarmant, mais le reste... était encore mieux. De petits poils dorés parsemaient son buste râblé, offert en pâture pour raviver les sens. Embrasé par le halo d'une lumière pâle, Zadig irradiait d'une beauté divine comme celle, qui caractérisait jadis les Dieux de la mythologie grec. Après l'avoir dévoré de la tête aux pieds, Swan sentit un boomerang agiter son cœur. Délecté de toute pudeur, son compagnon de route s'était déshabillé sous ses yeux. Mais la vérité, c'est qu'elle était gênée. Mal à l'aise. Et l'idée de se retrouver à son tour à demie-nue face à lui ne faisait qu'entretenir cette sensation d'embarras. Ne devrait-elle pas, au contraire, éprouver une sorte de frénésie, un désir refoulé ? Ils jouaient, ils avaient toujours joué. Mais pour combien de temps. « Non.. non et non ! Je sais ce que tu penses, et je ne le ferai pas. Hors de question. » lança t-elle rigide, bras croisés et ton tonitruant. Son visage de poupée russe conserva une moue catégorique, dissimulant avec adresse l'immense torrent de pensées qui la dévorait de l'intérieur. « Tu as dit que TU ne pouvais pas dormir tout habillé. Moi, rien ne m'empêche de le faire. » Trois. Elle releva la tête, les épaules légèrement en arrière, le menton hissé vers le haut. Deux. Elle s'efforça de ne pas flancher, campant sur ses positions. Un. Elle tenu bon, se confronta à son regard provocateur. Zéro. Elle plongea dans la profondeur enivrante de ses yeux, trop tard, il l'a eu. Elle a perdu. « Très bien.. J'ai compris ! » qu'elle gueula en soufflant tout l'air comprimé dans ses poumons. Ses petits bras pendaient comme des lambeaux le long de son corps de danseuse. « Mais... je te préviens, la prochaine fois que tu veux me voir à poil, tâches de te trouver une autre excuse. » Ses joues rosèrent dans la fureur de l'instant, mais la vagabonde de Paris, Johannesburg et de Californie reprit les rênes du jeu, bien décidée à égaliser. Sans plus réfléchir, Swan saisit le bas de sa chemise, la souleva, et la jeta d'un geste vif sur son ami. Une masse d'air frais vint lui picoter le cou, et hisser les poils de ses avant-bras. Résolue de continuer sur sa lancée, elle fit mine de dérouler la fermeture éclair de son short en jean. « Maintenant, on le fait à ma façon. Éteins la lumière. » elle ordonna – en oubliant délibérément toute forme de politesse – et il exécuta. Une étincelle flamboyante scintillait au fond de ses yeux bleus. La force et la hargne d'une lionne sauvage. Lorsque la chambre fut plongée dans l’obscurité, elle afficha un sourire, mince et séduisant, qui traduisait tout son génie. Cette capacité folle qu'elle avait à amadouer les hommes, à les réduire à ceux que bons nombres d'entre eux se vantaient de faire à leurs femmes, de simples soumis, dominés par le sexe opposé.  Avec son air mystérieux, elle s'avança  à pas lents vers son appât, les mains liées devant ses hanches comme pour cacher sa poitrine. Ses yeux de braise foudroyèrent les siens en un éclair. Une fois arrivée à sa hauteur, Swan s'empara de ses mains avec une certaine délicatesse qu'on ne lui connaissait pas. Puis, elle vint les poser avec la même légèreté sur le visage de son ami platonique, contraint de se plier à ses ordres. Et de fermer les yeux. « Si tu regardes, je te tue. » chuchota t-elle d'une voix faussement assassine, coloré d'un grain de sensualité. Sans perdre patiente, elle attendit que ses paupières soient fermées pour pivoter sur elle-même, et se retrouver dos face à lui. Dans un silence assourdissant, ses doigts effilés vinrent dégrafer son soutien gorge, dévoilant la peau dorée de ses omoplates. Il regardait, c'était sûr. Derrière ses mains plaquées contre son visage, il devait être là, grand sourire, essayant d'entrevoir en toute discrétion une partie de sa chair dénuée, si ce n'est plus. Voilà comment elle imaginait le tableau. Conservant son sang froid et son habilité de danseuse, elle attrapa d'une main la chemise de Zadig, posée comme un chiffon au bout du lit,  l'enfila, retroussa les manches et se retourna enfin vers lui. « Tu m'aides ? » qu'elle lui demanda, avec une voix fausset de petite fille, mêlée d'innocence et de sagesse. Ce qu'elle lui demandait ? Reboutonner sa – propre – chemise, et éviter de succomber à ses réflexes masculins en plongeant sa tête dans son décolleté. Yeux dans les yeux. Elle soutenu son regard sans vaciller un seul instant, alors que la fraîcheur de ses mains vint effleurer le haut de son ventre et lui arracher quelques frissons. Et lorsqu'elle sentit le menton de l'epsilon s'incliner, même avec la plus grande discrétion qui soit, elle ne manqua pas de s'en emparer. Simple rappel à l'ordre. Sa longue chevelure brune vint couvrir sa chair bronzée à demie-nue, dissimuler ce corps juvénile d'une curiosité grandissante. De quoi rendre l'instant on ne peut plus insoutenable. Une étincelle jaillit dans cette obscurité nocturne, lumière lunaire, et acheva la scène. Une nouvelle cigarette coincée entre ses lèvres se consumait à petit feu. Toute menue dans cette chemise pour homme dont elle aurait parié qu'elle eut été faîtes sur mesure pour le prince de Vegas, Swan ressemblait à Brigitte Bardot dans Et Dieu créa la femme. Une beauté rare, à l'allure joueuse, avec cette clope brûlant à ses doigts, et consumant le peu de sagesse humaine qu'elle détenait en elle.
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MessageSujet: Re: so shut up, live, travel, adventure, bless and don't be sorry. (swan) Dim 23 Nov - 13:26

So many people live within unhappy circumstances and yet will not take the initiative to change their situation because they are conditioned to a life of security, conformity, and conservatism, all of which may appear to give one peace of mind, but in reality nothing is more dangerous to the adventurous spirit within a man than a secure future. The very basic core of a man’s living spirit is his passion for adventure. The joy of life comes from our encounters with new experiences, and hence there is no greater joy than to have an endlessly changing horizon, for each day to have a new and different sun. ~ jon krakauer for swan and zadig


Les enfants de la route carburaient à la splendeur, marchaient au sublime. L'horizon était leur eau, la lune leur pain et la route leur oxygène. Fous des beautés sans pareils, ils étaient deux corps palpitant lancés à vive allure sur un infini de couleurs, deux silhouettes débordantes d'un trop plein de sensations, dégoulinante de teintes, de pensées, de parfums, de rêves, d'envies, de visions, de parcelles de vie stockées au creux de leurs esprits fiévreux. Dopés aux vertiges des paysages enflammés, leur monde tournoyait autour d'un seul axe ; celui de l'asphalte, de l'air tiède des terres inconnues, celui de la route. Swan et Zadig étaient de ces enfants passionnés, trop longtemps coincés entre les diamants de la société mondaine et les cours particuliers, ils ne prenaient plus leur vie avec des pincettes ; ils la saisissaient à pleines mains, la sirotaient par longues gorgées sucrées, dilapidaient leurs jeunes années en parcours aventureux au milieu d'un prometteur nulle part, heureux de ce qu'ils obtenaient. Une fois libérés de la grisaille du quotidien, ils s'étaient élancés tout les deux dans cette Buick, doyen de tous les voyages, dans une Californie bienveillante qui leur ouvrait de longs bras couleur ocre. C'était cette même mère américaine qui les avait conduit jusqu'à ce bar qui bordait la route 66. Comme les vagues apportent les coquillages sur la grève, la Californie les avait échoué en pleine folie douce, entre scène rougeoyante et jukebox. Ils étaient montés sur les planches poussiéreuses, avaient enchaînés des pas de danse endiablés, s'étaient donné corps et âme à la musique, dévoués pour toujours à l'effervescence de ces lieux atypiques. les yeux les avait parcouru, tous le bar les avait acclamé, lord et demoiselle des terres infinies, qui réussissaient à tournoyer dans un parfait rock sur ces vestiges de spectacles endiablés, qui avaient dansé sur les ruines d'une époque avec l'assurance d'antan. Zadig avait sillonné ces planches de bois avec au bras la crinière indomptable d'une sud-africaine fière de son charme de vagabonde, cette prénommée Swan qui avait les lèvres rouge sang et le buste à peine voilé d'une chemise blanche. Cette même muse du monde entier qui s'était déhanché en entamant un langoureux chant au milieu de ce peuple suant qui l'acclamait. Seule femme n'étant pas de sa famille à qui il avait voué son respect, elle était sa partenaire, son acolyte du bitume, la deuxième unique paire de main qui puisse agripper le volant de l'ancêtre qu'était sa Buick. Bordés d'insolence, ils avaient repris la route, quittés l'endroit qui leur avait fait connaître le triomphe et ces deux âmes vagabondes s'étaient envolées vers des directions qu'eux seuls pouvaient définir, guidés par la seule étoile qu'étaient leurs tempêtueux esprits. Ils vivaient de ça : de tout, de rien, des entités violentes qui explosaient autour d'eux, de ce spectacle grandiose fait de millions d'étincelles. Tout en roulant le long des paysages inconnus qui devenaient maintenant de nouveaux amis, de nouveaux ensemble de nuances qui se gravaient en eux éternellement, Zadig repensa à leur rencontre, à ces verres partagés le long d'un comptoire ambré, à parler de tout, de rien. Petit à petit leurs plaies, leurs blessures étaient venues jallonner la conversation, leurs mères s'étaient rencontrées à travers ces récits lâchés l'air de rien, comme si rien n'avait de réelle importance, comme si tout était d'une douce futilité. Tout ne l'était pas, ils avaient approchés au plus près les rivages de leurs souffrances, les avait abordé ensemble, dans ces séances de thérapie où tout ortait en vrac, se succédait sans suite logique et surtout, sans importance, sans attendre de retour ni vouloir de réponses, tout avait été dit parce que les souvenirs s'étaient échappés d'entre leurs coffres de fer, s'étaient glissés en dehors de leurs boîtes de Pandore et avait été découvert au grand jour. Ils avaient parlé des morts qui les avait marqué, à travers des sous-entendu, des tournures de phrases imprécises qui pouvaient vouloir dire cent choses à la fois, mais dans leurs imprécisions, dans leurs réticences, ils se comprenaient et lisaient l'autre sous son jour sombre. Swan était la seule à qui il ait discrètement glissé au détour d'une conversation la mort d'un de ses amis pendant leur course de voiture illégale sur le périphérique. Elle était la seule qui ai connaissance de cette graine de culpabilité qui ne demandait qu'à éclore au creux de sa poitrine, qui l'étouffait parfois, de son poids. Car Zadig se noyait parfois, dans les eaux troubles de son propre esprit, écrasé par le poids des secrets et des réminiscences. Et ils étaient ensemble, deux âmes blessées trop orgueilleuses pour extérioriser leurs douleurs, réunies dans cette chambre de motel insalubre qui leur offrait un vaste champ de défis. Ils étaient désormais dans un provoquant face à face dont la seule issue était la défait de l'un ou de l'autre. Dans la chambre d'un motel paumé au coeur d'un vaste décor endormi, ils se jaugèrent d'un regard prudent. Habitués à ces batailles enfantines, deux gamins vagabonds jouant à qui serait le plus fort, ils s'apprêtaient à entamer une nouvelle partie. Manège curieux, amusé, ils se tournaient autour sans jamais se toucher et menaient un nouveau round, solidement persuadés de leur supériorité respective. Mais le plus excitant avec elle n'était pas de gagner, c'était de jouer. Dans la drôle d'intimité poussiéreuse de la pièce, il laissait le luxe sur le seuil de la porte et préférait jouir d'un tout autre privilège : provoquer la demoiselle Cartwright-Hansen. Expert en cette sévère discipline, il s'appliquait à faire reluire son flambant caractère de connard assumé tout en défaisant la boucle de sa ceinture. « Swan joue les prudes... On aura tout vu. » souffla-t-il alors qu'elle se dandinait devant lui, irritée de ses propositions glissées entre deux sourires. Le visage bordé de ce charme tenace, plein d'une sublime vilainie due à son étouffante fierté, Zadig se pavanait, continuait de se dénuder face à elle. Faussement affolée, refusant de se donner à ce nouveau jeu qu'il instaurait entre eux, son amie se voulait offusquée face à ses propositions qu'elle refusait ardemment. Il embrassa d'un regard confiant toute cette décrépitude, le papier peint qui s'effritait en petits lambeaux, pétales fânés d'une époque où cet hôtel était neuf, sentait bon les produits ménagers. Ses yeux rencontrèrent le couvre-lit couleur lin, parcoururent le matelas épuisé par ses années de service, son regard se perdit dans le théâtre de leur complicité, de cette planotique amitié qu'ils s'amusaient à feindre ambiguë. « Comme tu veux, je suis impatient de t'entendre râler toute la nuit à propos de ton short qui se scie la taille... » il lui lança un de ces grands sourires provocateurs dont il avait le secret et se complut dans le spectacle de cette fausse gamine effarouchée qui souriait derrière ses moues boudeuses. Swan était belle. Une beauté forte, atypique, des lèvres pulpeuses aux teintes sanguines, un regard aux longs cils qui ombrageaient deux prunelles vert-d'eau, et un long corps frémissant, incapable de se soumettre à l'immobilité, à la tranquillité. Une bombe à retardement maquillée de rouge. Ils soutinrent l'un et l'autre le regard de leur adversaire pendant une infime poignée de secondes, deux grands corps qui se fixaient dans cette clarté jaune que leur prodiguait l'ampoule nue au plafond. Il l'attendait au tournant, et Swan céda à ses caprices de garçon gâté. Elle l'intima à la cessité, lui refusa le privilège de se dévêtir face à lui comme il venait de le faire, mais il n'en attendait pas moins de cette tête de mûle aux stratagèmes multiples. La jeune femme lui ordonna d'éteindre la lumière tout en lui lançant le tissu blanchâtre de sa chemise. Il s'exécuta, impatient de voir jusqu'où la vagabonde s'aventurerait dans les délirs de leurs âmes d'enfants. Dissimulant légèrement sa poitrine toujours voilée par le tissu de son soutien-gorge, elle s'avança dans la lumière de la lune jusqu'à lui, d'une démarche féline, ses hanches se balançaient et il la laissa s'approcher de lui, joueuse. Il sourit à ses diatribes moitié amusées, moitié vengeresses et attendit une suite qu'elle lui laissait entrevoir à travers ses épaules nues. Les mains sur les yeux, il tenta d'entrevoir les courbes drapée de nuit de sa sud-africaine bien aimée mais il ne put en saisir que quelques détails, sublimes certes, mais qui ne restèrent que de fugaces apparitions dérobées à la jeune femme. La minute d'après, il avait les yeux grands ouverts, les mains posées sur les boutons de sa propre chemise qui caressait la peau de cette amoureuse de la route. Il boutonnait lentement le vêtement quand son regard vint tomber contre la chair dorée du décolleté de Swan qui le prit immédiatement à ce petit jeu de voyeurisme. Le menton calé entre l'index et le pouce de son acolyte, il comprit qu'il lui faudrait la faire revêtir l'habit yeux dans les yeux, ce qui n'était pas tâche aisée quand se déployait sous vos mains les galbes d'une jeune femme à moitié nue. Mais il tint bon, planta ses grands orbes mordorés dans ceux bleus de Swan et ses doigts assemblèrent les deux pans de la chemise ensemble, méthodiquement, ne pouvant se concentrer que sur ce visage durant cet interminable moment de silence. « Zadig Rosenbach, champion toutes disciplines. » souffla-t-il, fier de son exploit. Une fois sa tâches achevée, la poitrine de Swan recouverte de tissu, n'étant désormais plus sujet de déconcentration pour sa vision, il lui lança un regard amusé. Doucement, il se retourna vers le mur, silencieux observateur de cette drôle de scène masquée de ténèbres, commença à progresser jusqu'à l'immobile porte qui les séparait des couloirs hantés de grincements du motel. Il tourna son visage vers son acolyte des routes. « Je sors faire un tour. » invitation déguisée, il l'enjoignit à le rejoindre d'un mouvement de tête orné d'un irrésistible sourire - simple ombre sur le bas de son visage. Et dans la nuit noire, ces deux silhouettes déambulaient sur la terre aride de Californie, marchaient dans la fraîcheur des nuits, les deux amis, loup et lionne pour toujours, aux âmes tissées des mêmes fils, frère et sœur tempête. La grosse lune argentée paradait dans un ciel d'encre et la fumée de leurs clopes se déroulaient en longues arabesques grises. Le cœur bombé d'adrénaline, incapable de sentir la fatigue, Zadig guidait ce minuscule convois dans l'infini des terres américaines. Âmes incontrôlables, ils arrivèrent jusqu'aux vestiges d'une station automobile. Toute recouverte de poussière dorée qu'elle l'était, elle se fondait dans la nature, les plantes s'étaient enroulées autour du bas des pompes à essence. Dans ce cimetière urbain, paumé au milieu des abords de la vallée de la mort, près d'un Lancaster qu'on ne voyait qu'à peine briller au loin, l'héritier s'assit dans la poussière, offrit son visage à la lune, attendit de sortir la présence de la sud africaine à côté de lui. Il sortit une carte de la Californie et de ses environs de sa poche, l'étala sur le sol sale. « Vas-y, je te laisse choisir notre direction de demain. » il planta son regard dans le sien. « Ferme les yeux. » elle obtempéra. « Maintenant laisse tomber ton doigt où tu voudras sur le papier. » et ils attendirent un instant, dans cette nuit bienveillante qui les enveloppait de ses grands bras bleus. Le doigt de Swan s'abattit dans un petit bruit mat. Il sourit. Ils avaient leur direction du lendemain. Il se leva de nouveau. Zadig sortit ses clefs de voiture de sa poche, s'approcha de la bordure de bitume du terre-plein sur lequel était placé les pompes à essence. Il approcha les clefs du métal de la pompe, commença à gratter la peinture pour écrire. D'une écriture assurée, il grava pendant de longues minutes leur phrase, qui se ferait manger par les herbes folles dans quelques mois. - THE SON AND THE DAUGHTER OF THE ROAD HAS LAID DOWN HERE - satisfait, il se releva et marcha vers la lumière tremblottante de l'hôtel. Ils étaient temps pour eux de se laisser happer par le sommeil.
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so shut up, live, travel, adventure, bless and don't be sorry. (swan)

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